Les semaines passèrent à un rythme effréné, Harry et Drago consacrèrent toutes leurs soirées aux études afin de se maintenir toujours dans les meilleurs. Ils étaient des habitués de la bibliothèque au même titre que les Serdaigle et une jeune fille de Gryffondor solitaire. Chaque soir après avoir fait leurs devoirs, ils prenaient un livre au hasard et le lisaient même s'il était d'un ennui épouvantable. C'était comme un défi pour eux et avec le temps, ils acquirent une redoutable culture générale. Ils s'installaient toujours au même endroit, à une table un peu à l'écart et la table derrière eux était occupée par la Gryffondor. Elle restait encore plus longtemps qu'eux à la bibliothèque, sûrement pour arriver à les dépasser car Harry était premier de son année et Drago ex-aqueo avec elle à la seconde place.

Cela énervait prodigieusement Drago mais il reconnaissait à contrecœur qu'elle était douée à chaque fois qu'Harry le rappelait à l'ordre. Ce jour là alors qu'ils travaillaient sur un devoir assez compliqué de métamorphose, la jeune fille arriva plus tard que d'habitude et malgré ses efforts pour le cacher, ils s'aperçurent qu'elle pleurait. Harry avec curiosité l'observa s'échiner à travailler malgré sa peine et faire un gâchis irrécupérable de son devoir car les larmes trop nombreuses se mêlaient à l'encre.

-Est-ce que ça va, chuchota Harry, je ne suis pas certain que McGonnagall veuille d'un devoir taché de larmes.

-C'est un brouillon, renifla-t-elle sans relever les yeux de son parchemin.

-Tu arriverais à déchiffrer ça, l'interrogea Drago, s'intéressant de leur conversation.

-Probablement pas, avoua-t-elle en souriant légèrement.

-Tu t'appelles Hermione Granger, n'est ce pas? Moi c'est Harry Potter.

-Salut, dit-elle faiblement.

-Ils l'ont sûrement insulté en face cette fois-ci au lieu de parler dans son dos. Moi c'est Drago Malfoy, déclara-t-il en écrivant la dernière phrase de son devoir.

-Je sais qui tu es, répondit Granger, qui ne le sait pas?

-De qui parles-tu Dray? demanda Harry.

-Des Gryffondor ce sont eux qui t'ont mis dans cette état, je me trompe?

-Oui, ils m'ont traité de miss je sais tout parce que j'ai refusé de les aider à faire leurs devoirs, dit-elle en essuyant ses larmes du dos de la main. Drago eut un rire discret.

-Drago, fit Harry désapprobateur en voyant qu'Hermione se remettait à pleurer.

-Ce n'est pas ce que tu crois, se défendit le blond. C'est qu'ils ne sont pas du tout originaux. Ils m'ont traité de je sais tout moi aussi la semaine dernière.

-Toi, fit Hermione surprise.

-Bien sûr... Ils sont juste jaloux ne pas être aussi intelligent que mo... nous.

-Merci mais ce n'est pas la peine d'inventer.

-Tu ne me crois pas, s'étonna Drago. Est-ce parce que je suis à Serpentard? La maison de la perversion, de la dépravation et des suppôts de Satan en tout genre? C'est tellement ridicule ce que vous pouvez croire vous les Gryffondor.

-Tu connais Satan, s'étonna la jeune fille.

-Mmmm Pas personnellement, fit-il en relevant un sourcil.

-Non ce n'est pas ce que je veux dire. C'est la personnification du mal chez les moldus chrétiens.

-Je sais. C'est Harry qui m'a passé un roman moldu sur l'inquisition, répondit-il.

-Mais les Serpentard ne sont-ils pas tous des sangs purs?

-Qu'est ce que tu sous entend? demanda Harry, qu'on n'est pas normaux parce qu'on en t'a pas traité de sang de bourbe comme les autres? Tu préférais qu'on le fasse?

-Non bien entendu. Vous ne méprisez pas les nés de moldu comme moi?

-On ne te parlerait pas si c'était le cas, remarqua Drago.

-Ma mère a vécu dans le monde moldu dans son enfance, ajouta Harry. Tu sais tu n'as qu'a les ignorer ces Gryffondor ne les laisse pas voir qu'ils t'atteignent. Sois, fière de tes capacités. Sérieusement on pense tout deux que tu es très douée même si ça écorche la gorge de Drago de l'avouer. Il est un peu orgueilleux, n'est ce pas Dray.

-... répondit-il vexé.

-Sois confiante en ta valeur, ne laisse pas les autres te faire croire le contraire. Conseil de Serpentard, conclut Harry achevant de lui rendre son sourire.

-Merci, je crois que ça va mieux.

-Bien J'en suis heureux... Ça te dirait de faire tes devoirs avec nous? Ne t'inquiète pas on ne te volera pas tes idées mais ça serait plus plaisant, proposa Harry avec l'accord visuel de Drago.

-J'accepte, dit-elle enthousiaste et elle prit ses affaires et s'installa en face d'eux.

-Tu en es où pour le devoir de Potion d'hier, demanda Drago bien qu'un peu vexé.

-Je l'ai déjà fini, l'informa-t-elle.

-J'en étais certain! Tu fais tout à l'avance, n'est ce pas?

-Oui et vous?

-Pareil, répondit Harry.

-J'étais sûr qu'on arriverait à s'entendre, fit Drago et ils se remirent au travail.


Un peu plus tard quand l'heure du dîner arriva, c'est à contrecœur qu'ils quittèrent la bibliothèque et se séparèrent avant d'entrer dans la grande salle. Harry et Drago s'installèrent comme à leur habitude en face de Théo et Blaise qui les accueillirent avec un sourire moqueur.

-Alors les rats de bibliothèque bien travaillé? dit Blaise.

-Toujours en retard dans tes devoirs Blaise? Comment était ta dernière retenue, demanda Drago narquois.

-Chiante à souhait, répondit-il.

-On a fait connaissance avec Hermione Granger, dit Harry pour changer de sujet. Parfois c'est deux là s'asticotaient pendant des heures.

-La Gryffondor mit à l'écart qui lève toujours la main en cours?, dit Théodore en prenant du jus de citrouille.

-Oui celle-là précisément. Elle est douée et bizarrement supportable pour une Gryffondor, précisa Harry.

-Elle n'a pas été encore contaminée, rigola Drago, elle aurait dû aller à Serdaigle elle est très studieuse.

-Vous deux aussi. Je suis persuadé que le choixpeau ne s'est pas posé la question en te voyant Dray. Il a sûrement fait «Malfoy? Serpentard! Passons au prochain j'espère qu'il n'aura pas de poux.»

-Blaise, l'avertit Théo ne goûtant pas la plaisanterie. Il avait été répartit juste après Drago.

-Je plaisantais...

-Justement ne sais-tu faire autre chose, se moqua le blond.

-Je suis plutôt bon en Métamorphose, se défendit-il.

-Oui c'est pourquoi McGonnagall t'a donné une retenue aujourd'hui.

-Et alors? C'était tellement drôle de voir la tête de Weasel quand sa tasse a prit la forme d'une araignée. Il en avait une peur bleue et elle n'était même pas animée.

-Je sais mais tu nous as fait perdre des points.

-Pas autant que les Gryffondor en perdent à cause des jumeaux Weasley, protesta Blaise.

-Tu devrais t'acoquiner avec eux. Je suis certain que vous vous trouveriez des points communs, dit Harry en levant les yeux au ciel.

-Excellente idée, je leur en parlerai demain, s'exclama-t-il les yeux brillants en imaginant déjà les coups tordus qu'ils pourraient faire à eux trois. Pour un peu et il jubilait. Puis soudainement Quirrell fit une entrée fracassante en criant:

-Un, un troll! Dans, dans les cachots!

Les élèves se levèrent en criant, épouvantés.

-Pas de panique, ordonna Dumbeldore. Harry haussa un sourcil la plupart des Serpentard avaient continué à manger sans réagir à l'annonce autrement que par manifesté une curiosité mêlée d'indifférence.

-Ce qu'ils peuvent être stupides. Il est dans les cachots ce troll. On ne risque rien ici, remarqua Théo placidement.

-Et ça se dit courageux? Pff satanés lions, renchérit Blaise.

-Préfets assurez-vous que chaque élève est présent et retourner dans votre salle commune.

-Il est complètement fou, s'indigna Drago, il croit qu'elle est où notre salle commune? Dans les cachots par Salazar!

-Définitivement taré, approuva Harry sans manifesté une once de peur.

-Tu n'as pas peur Harry de te retrouver face à ce monstre? demanda Blaise surprit de le voir si calme.

-Oh mais il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Les trolls sont des brutes sans cervelle. Au pire tu lui lance deux trois sorts de magie noire et tu le réduis en bouillie.

-Et c'est sensé nous rassuré ça? J'ai un psychopathe comme ami, s'écria Blaise mi figue mi raisin.

-Tu aurais une si mauvaise opinion de moi? demanda Harry amusé.

-Moi je ferais attention si j'étais toi. Si tu savais ce que sa mère a fait à son père, commença Drago sur le ton de la confidence.

-Dray tu n'es pas plus à l'abri de ma colère.

-Désolé mon seigneur, se moqua ce dernier avant de recevoir une tape sur la tête.

-Sadique! Qu'es ce que t'as fais à mes cheveux?

-Ils sont parfaits, Drago, fit Harry ennuyé, tout le monde nous attends pour sortir de la salle.

-Oups...

-C'est le moins qu'on puisse dire, approuva Harry.


Au mois d'octobre à Halloween comme à chaque année, Voldemort s'invita au manoir Potter. Lily habituée à ces visites annuelles préparait déjà le café comme ils l'aimaient tout deux. Heureuse de le revoir même s'ils n'avaient plus eux de relations sexuelles. Ce n'était arrivé qu'une fois comme un coup de foudre soudain. Ce moment était resté gravé dans sa mémoire et aux cour des années elle s'interrogea longuement sur le pourquoi de la chose.

Peut-être était-ce l'excitation de s'être libérée de Potter? Ou le besoin d'affirmer sa liberté nouvelle? De prouver que plus rien ne la retenait? S'il n'avait pas été là peut-être que cela aurait été un tout autre homme qu'il lui aurait fait oublier ces étreintes douloureuses et humiliantes. Cela aurait pu être n'importe qui... Ou c'était plus étroitement lié à lui ce mage noir inaccessible, mystérieux et séduisant? Lui qu'elle voyait pour la première fois. Qu'avait-il pensé en le voyant elle? Habitué à ce que le moindre de ses désirs soit assouvis ne l'avait-il pas baisé par caprice? Ou par vengeance envers Potter?

C'était futile de s'attarder sur cet événement qui ne s'était jamais reproduit, comme s'il avait suffit qu'une fois. Comme s'il cela ne l'intéressait plus. Comme si elle aurait aimé qu'il eu cet intérêt. Comme si elle en avait envie elle. Comme si c'était une erreur. Pourquoi revenait-il alors? Pourquoi?

Revenir la voir, prendre de ses nouvelles, parler comme si tout cela n'avait été qu'un rêve bon ou mauvais. Qu'est-ce qui motivait ces visites? Elle ne comprenait plus rien. Peut-être ne le comprenait-il pas non plus... C'était comme si quelque d'indescriptible les poussaient l'un vers l'autre. Quelque chose comme le destin? L'attirance ou un sentiment plus profond? Pourraient-ils en allé autrement? Pourquoi ne lui disait-elle pas à propos d'Harry? Pourquoi le cacher?

Elle posa les yeux sur sa tasse de café pour ne pas le voir arriver. Faisait-elle cela pour retrouver l'instant de surprise de leur première rencontre? Elle n'en savait vraiment plus rien.

-Bonjour Lily, dit-il de sa voix sans émotion qui néanmoins devenait de plus en plus amicale à chaque fois. Ils devenaient plus proches à chaque année.

-Bonjour... dit-elle en croisant ses yeux. Ses damnés yeux rouges hypnotisants.

-Tu vas bien? Tu as l'air troublée, répondit-il en l'observant. Il l'a tutoyais maintenant? C'était nouveau et elle ne savait pas si la démolition de cette barrière entre eux deux la réjouissait ou pas. Que ferait une personne normale à sa place? Encore une fois elle ne le savait pas. Elle s'était toujours senti différente, presque anormale... Peut-être que lui aussi?

-Je ne sais pas, avoua-t-elle puis elle se raccrocha à une réalité sûre. Tu veux du café?» Ça y était elle venait de le tutoyer pour la première fois en une dizaine d'année.

-Avec plaisir... Ton fils il...

-À Poudlard.

-Déjà? Cela fait-il donc si longtemps, dit-il songeur.

-Il est à Serpentard, ajouta Lily pour combler le silence qui s'annonçait.

-Ah. Cela fait si longtemps que je ne l'ai vu. Quatre ou cinq ans? Alors qu'il dormait, dit-il doucement. Lily mal à l'aise ne répondit pas, elle n'était pas prête à lui avouer que c'était son propre fils. Malgré toutes ses années elle avait encore des doutes. Comme si Lord Voldemort aurait pu être un père décent, se morigéna-t-elle.

-Oui il est adorable lorsqu'il dort on dirait un petit ange, dit-elle finalement après avoir bu une énième gorgée de café.

-Un ange?

-Oui un ange démoniaque, sourit-elle.

-Il est ami avec le fils Malfoy?

-Meilleur ami. Ces deux là sont inséparables.

-J'aurai aimé pouvoir être comme eux, souffla Voldemort les yeux soudainement triste et douloureux. Ça c'était inhabituel, toujours il venait et elle parlait de sa vie. Il l'a questionnait mais il ne s'était jamais livré.

-Comment?

-Jeune et si insouciant à cet âge là.

-Ah, répondit-elle sans l'encourager à en parler un peu plus. Elle le respectait trop pour ce faire. Du respect? Était-ce là tout ce qu'elle ressentait pour lui?

-Mon enfance n'a pas été comme dirait-on heureuse, finit-il par dire de lui même, dans un soupir. Il finit son café et lui demanda un autre d'un ton aimable. Puis sans avertissement il lui raconta l'orphelinat, les moqueries, le rejet, sa différence, Poudlard, sa déception... Comment ce monde avait été cruel avec lui. Comment il voulait sous l'influence d'une rage aveugle parfois tout détruire, causé la même souffrance qu'il éprouvait, aux autres. Pour qu'on le comprenne un instant rien qu'un instant. Comment vivre n'avait que rarement un sens pour lui. Ses efforts pour sortir le monde de la magie hors de sa réclusion à perpétuité. De leur refus de voir que le monde changeait et qu'eux stagnaient dans la même merde, la même injustice, la même suprématie des sangs purs. Comment tout cela l'enrageait et comment il devait se servir des autres dans ce but sans le montrer. Car si peu d'entre eux comprenaient l'état des choses vraiment. Comment il ne pouvait que se fier qu'à lui même.

Il lui parla de sa solitude, de son but ultime, de ses aspirations et de ses défauts. Il se savait imparfait: mauvais même, mais s'il pouvait réussir à changer quoi ce soit toute sa vie aurait enfin un sens. À la fin de ses heures de souffrances verbalisées, d'une conversation à sens unique, elle pleurait à chaudes larmes. Les larmes que sa fierté, que son masque, son personnage lui refusait. Les larmes qu'il ne pouvait pleurer qu'il aurait tant pouvoir pleurer. Il aurait tant voulu se laisser aller pour de bon. Il savait qu'elle ne le jugerait pas ou sinon pas trop durement. Cependant l'habitude, la stupide règle inique qui obligeait les hommes à ne pas pleurer, à caché leur souffrance, à resté fort, le retint une fois de plus.

Mais Lily l'avait comprit, l'avait lut dans ses yeux et rien d'autre ne comptait plus à ce moment là pour lui. Ces yeux verts si purs si beaux qui semblaient contenir toute la douleur et la compréhension du monde. Oh, comme il aurait aimé être regardé par ceux-ci à jamais.

-Maintenant que tu sais... Je dois te tuer...

Réviser 01/05/09