La Trinité de Guerre: naissance.

Note auteur: Bonne lecture.

ATTENTION: Ceci est un SLASH (relation entre deux hommes). Un Ares/Joxer pour être plus précise.

Disclaimer: rien ne m'appartient des séries Xena ou Hercules. Par contre ma muse m'a encore frappée avec l'idée ^^.

P.S: Toutes les erreurs m'appartiennent ^^


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chapitre 9

Guerre se transporta directement dans la petite maison de la vallée cachée. Et bien que ses instincts lui crient de marquer le dormeur comme sien, le sentiment de paix qui surgit en lui à retrouver cette précieuse présence... lui donnait le vertige.

Guerre se sentait soudain encore plus perdu qu'avant, quoique différemment. Un rien de l'esprit de Ares était revenu et lui murmurait qu'il devrait séduire et non prendre. Que pour garder cet être il devrait à tout prix éviter de le blesser. Et que le posséder sans son accord ferait plus de mal que de bien.

Guidé par ces pensées, Guerre quitta la demeure par la porte d'entrée, se dirigeant vers le jardin secret qu'il avait un jour demandé à sa grand-mère Gaïa de créer. Il fit alors le choix de laisser Joxer se réveiller. Peut-être que son absence permettrait à l'homme de se détendre. Et si cela n'avait aucun effet, alors Guerre ne pouvait rien faire d'autre. Car tous ses instincts hurlaient déjà à lui pour cette seule action de quitter la demeure.

Mais Ares avait raison. Autant qu'ils veuillent tous deux garder Joxer dans ce sommeil forcé pour ne pas avoir à affronter le mortel et peut-être le perdre, ils ne pouvaient non plus supporter l'idée que l'homme ne les choisisse pas de lui-même. C'était un risque à prendre.

Joxer revint à lui, seul. Le feu dans l'âtre réchauffait étrangement son âme et calmait ses inquiétudes. Les souvenirs de ses derniers instants éveillés avaient moins de pouvoir à la lueur de ces flammes. Et il ne pensait même pas être sous le sort d'un dieu. Ou s'il l'était ce dieu, ou déesse, n'avait pas de mauvaises intentions.

Fermant les yeux, Joxer se demanda ce qu'il ferait si Ares revenait. Le dieu n'était apparemment pas lui-même, sans quoi Joxer serait ignoré et seulement témoin de l'une des multiples confrontations entre le dieu de la guerre et Xena, voir même Hercules.

Et si Ares était toujours sous l'influence d'une flèche d'amour, comme il en avait tiré la conclusion? Joxer ne pouvait résister au pouvoir de son dieu ni à ses demandes. Ares était assez fort pour le maîtriser s'il essayait de fuir. Et il pouvait aussi sans difficulté l'attacher, le bâillonner, ou simplement l'endormir comme il l'avait déjà fait.

Joxer pouvait-il vivre avec l'idée d'être forcé à quelque chose qu'il pouvait aisément donner à ce dieu qu'il avait choisi de vénérer? Et après tout... ce n'était qu'un corps... et probablement qu'une nuit. Il souffrirait certainement plus d'être à nouveau ignoré une fois le sort sur son dieu passé, que de passer une nuit avec lui.

Les yeux que Joxer rouvrit sur la chambre étaient pleins d'une douleur qui n'y avait pas été avant. Parce qu'il savait que cette décision allait le blesser mais que tout était pour le mieux. Même si le mieux n'était pas le mieux pour lui mais pour un autre.

Il finit par s'assoir lentement et rouler hors du lit. Le tapis sous ses pieds aidèrent un peu à réchauffer son corps à défaut de son âme. Mais dés qu'il toucha le sol de pierre qui le séparait de ce qu'il pouvait voir être une salle de bain, son être entier fut parcourut de frissons.

Il parcourut la pièce sur des jambes tremblantes. Il n'essaya même pas de voir si la porte était fermée et la fenêtre incassable. Il avait la certitude que tel était le cas. Il ne doutait jamais que son dieu n'hésiterait devant rien pour avoir ce qu'il voulait. Et ce que Ares voulait semblait être un guerrier incapable et lamentable. Ce qui ne l'aurait pas retenu de prendre quelques précautions pour l'empêcher de fuir.

En attendant... Joxer pouvait deviner, au manque d'hygiène de son corps que cela faisait plusieurs jours au moins qu'il n'avait pas pris de bain... Et étant donné qu'il était sur le point de prendre son premier en un mois juste avant d'être enlevé... Il était encore plus surpris d'avoir attiré l'attention d'un dieu. Mais surtout de son dieu.

Avec un soupir, Joxer observa la grande baignoire qui se trouvait dans la pièce qu'il venait d'atteindre. Sans grande surprise il remarqua le manque de fenêtre ou de porte de secours... Très utiles pour un homme qui comme lui voulait fuir très loin. Même s'il ne serait pas vraiment allé très loin. Après tout son dieu pouvait le retrouver n'importe où à cause, ou grâce selon la personne concernée, au lien qu'il avait lui-même créé en choisissant d'entrer à son service.

Vraiment... si ce n'était pour ce petit défaut, avoir choisit Ares entre tous les dieux aurait été parfait. Malheureusement rien ne l'était jamais.

Joxer se glissa dans l'eau avec un nouveau soupir. De soulagement cette fois à trouver l'eau chaude. Il n'était pas sûr qu'elle ne le soit pas constamment. Quand on est un dieu il n'est pas difficile d'avoir l'eau toujours à bonne température et toujours propre. A moins que Ares vienne juste de préparer ce bain. Dans ce cas Joxer espérait que c'était bien pour lui et non pas pour le dieu lui-même. Y avait-il une punition particulière pour un fidèle qui vole l'eau du bain de son dieu?

Il ne manquerait plus aussi que Ares entre pile à ce moment pour prendre son bain et trouvant Joxer nu dans son eau décide d'en profiter.... mauvaise pensée Joxer.

Décidant que le risque en valait la peine. Et qu'il le méritait bien après les récents évènements. Joxer pris tout son temps, se relaxant autant que possible. Il avait toujours aimé l'eau. A peu près depuis que son père avait essayé de le mettre en feu lors d'une démonstration à ses soldats, et malgré la fois où il avait aussi essayé de le noyer.

L'eau nettoyait le sang et les blessures. L'eau effaçait l'effarante douleur d'un corps meurtri.

On pouvait sauter dans l'eau du haut d'une falaise pour échapper à un danger, pour tomber dans ses bras et nager en sécurité. Et même le danger de ne pas remonter à la surface était moindre dans ce cas.

On pouvait purifier son âme dans l'eau.

Et c'est ce que Joxer faisait. Il se préparait pour ce qui viendrait si Ares était toujours sous cet étrange sort. Et pour ce faire il devait faire peau neuve. Effacer qui il était et offrir bien plus que ce qu'il serait jamais.

Il quitta la baignoire avec regret. Surtout pour éviter de ressembler à une prune. Il sursauta en voyant la robe de bain rouge sang pliée sur un petit tabouret. Elle n'y était pas lorsqu'il était entré.

Après s'être essuyé avec la large serviette aussi mystérieusement apparue, il enfila le peignoir aussi doux que de la soie. La couleur était, il le savait, un autre moyen du dieu de déclarer qu'il lui appartenait.

A peine avait-il passé la porte menant à la chambre qu'il fut saisit par deux bras puissants. Le dos maintenu contre un torse solide, il n'y avait aucun doute sur l'identité de l'autre.

Coincé dans l'étrange embrasse, lui qui ne s'était jamais trouvé dans une telle position ne savait comment réagir.

Un baiser déposé sur sa nuque le fit se figer de peur. Même s'il savait ce qui allait arriver il n'en avait pas moins des craintes valables et presque insurmontables. Les bras autour de lui se resserrant et le son de grognements pitoyables, lui firent oublier tout doute. Il avait fait un choix et s'y conformerait pour le bien de cet être qui en ce moment n'était plus le dieu de la guerre mais un homme perdu. Il était facile de reconnaître la part animale de celui qui le tenait, il pouvait voir que Ares n'avait plus toute sa raison. Il semblait même blessé par la peur que ressentait Joxer. Alors Joxer serait celui qui devrait faire en sorte que tout se passe au mieux.

Le mortel se détendit et posa sa tête sur l'épaule derrière lui en signe de soumission. Les bras se relaxèrent autour de lui et l'un d'eux tenta une douce caresse.

Fermant les yeux Joxer se disait que pour son dieux il pouvait tout faire et que si Ares avait besoin de lui ainsi... alors il se soumettait... sans peur à présent. Cet être divin avait déjà son âme, il aurait bientôt son innocence au désir d'un homme et son coeur.

Ares entendait les pensées de Joxer et la part possessive en lui se réjouissait d'être le premier et le seul à posséder cet homme de cette manière.

Les caresses se faisaient plus insistantes et Ares baissa la robe pour embrasser les épaules nues.

Bientôt, Joxer était allongé sur le lit et à la merci de son dieu. Il ne résistait pas et participait tant qu'il pouvait. Il ne voulait pas que Ares s'en veuille, s'il était possible qu'un dieu ressente du remord, une fois qu'il serait redevenu normal. Alors il disait à Ares qu'il s'offrait à lui parce qu'il lui appartiendrait toujours, que ce soit en suivant, en ami ou en amant, il n'était à partir de ce jour qu'à Ares.

"Peu importe ce que je suis pour toi Ares, sache que je serais toujours là." Et peu importait aussi, si passé demain Ares le renvoyait de cette maison et lui interdisait de prononcer son nom. Peu importait s'il en revenait à vouvoyer son dieu avec tout le respects qu'il ressentait pour lui. Et même si Ares rejetait ses prières, Joxer savait qu'à partir de cette heure son âme ne serait plus la sienne et que pour toujours il dédicacerait sa vie à ce dieu qu'il... aimait.

Si cet amour avait commencé comme celui d'un guerrier pour son général, et s'il finissait sur celui brisé d'un homme usé pour le bonheur d'un autre... ce serait un amour aussi fort qu'au premier jour. La différence serait qu'entre les deux Joxer aurait vraiment vécu tout ce que la vie avait à offrir. Et qu'il aurait offert tout ce qu'il avait en lui pour la vivre.

L'accouplement était sauvage mais tendre par moment, comme si Ares se souvenait que Joxer était mortel et fragile avant d'être submergé à nouveau par la rage de son pouvoir et la possessivité.

C'était une expérience pour Joxer. Plus que cela il savait que c'était le don ultime qu'il ferait à Ares. Et il était heureux que ce don soit fait non pas au 'dieu' mais à l'âme qu'il pouvait voir à travers la passion du regard de Ares. C'était ce qui était si différent chez le dieu de la guerre en ce jour. Son âme était à jour. Et Joxer savait qu'il serait le seul être au monde à jamais voir ce mystère dévoilé.

La joie de cette réalisation était accompagnée de la plus grande peine. Pourquoi lui? Il devait y avoir une raison pour qu'il ait été choisi. Il espérait qu'il y en ait une. Parce que, de ce jour à la fin des temps, il venait de se lier à cet être rare et puissant. Et il savait que rien ne le séparerait plus de Ares. Rien du moins... autre que Ares lui-même s'il le décidait. Mais Joxer espérait qu'une fois redevenu le dieu que tout le monde connaissait, Ares aurait pitié de lui et lui laisserait au moins continuer son service dans la même ombre que toujours.

Joxer perdit connaissance sous l'intense sensation de plaisir et de douleur que lui donnait Ares. Autant physique qu'elle était morale.

Il revint à lui dans la nuit, pris à nouveau, dos posé contre le torse mouvant de celui qui le possédait avec passion. Et ainsi le cycle d'union se poursuivit jusqu'à l'aube.

Au matin, reprenant connaissance pour la dernière fois, Joxer s'inquiéta de voir que Ares n'était plus là. Mais épuisé, il s'endormit à nouveau, inconscient d'être une fois encore sous le pouvoir et le vouloir du dieu de guerre.

Il ne savait pas ce qui le réveilla plus tard la nuit suivante. Il se leva, se lava et effaça avec tristesse la preuve de ses récents ébats. La peur du lendemain était revenue, bien plus forte qu'avant. Devrait-il supplier son dieu? Ou aurait-il la chance de continuer à voir l'âme derrière la façade?

Une heure après son bain, le front posé contre l'unique fenêtre de la maison, il se mit à prier son dieu. Comme à chaque fois qu'il le faisait, ses mots étaient plus destinés à un ami qu'ils ne l'étaient à un dieu de l'Olympe.

"Je sais que je suis si peu dans ce monde. Mais si j'ai pu être assez pour une nuit... et si vous êtes à nouveau votre habituel dieu de guerre enragé." Fit-il avec un humour qu'il trouva soudain bienvenu. "Si vous êtes dieu et non homme comme j'ai vu ce soir... laissez moi vous rester fidèle. Parce que cette nuit ne change rien pour moi. Elle m'a donné plus. Autant que j'espère avoir donné. Mais en rien elle n'a changé mon désir de rester fidèle à Ares plus qu'à n'importe quel autre dieu."

Joxer soupira avec plus de sérieux qu'il n'avait affiché devant quiconque, autre que ses propres frères.

"Juste Ares. Vous êtes juste Ares pour moi. Comme toujours. Et si je pouvais être juste Joxer pour vous... même si c'est un Joxer que vous ignorez. Ne me rejetez pas. Parce que je ne prierais que vous et ne chercherait à faire de mon mieux que pour vous. Qu'importe que le résultat soit moi... face dans la boue à cause de ma maladresse. Laissez moi être moi... pour vous." Priait Joxer tout en regardant petit à petit la nuit faire place au jour.

Lorsque le ciel se fit noir et coléreux, Joxer comprit que Zeus devait être dans une grande rage ou bien au mieux en train de se battre quelque part... cela le laissa étrangement froid. Et ce lien, qu'il ne savait pas avoir renforcé au point de non retour avec Ares et Guerre, était figé en attente de ce arrivait au plus haut du mont des dieux.