Oui ! Oui ! Vous ne rêvez pas il est là et bien là !(rire) Voici enfin le neuvième chapitre qui malheureusement a pris – une fois encore, et oui une fois n'est pas coutume – beaucoup de retard. Je renouvelle mes excuses auprès de vous tous mais j'espère toutefois que ce chapitre sera à la hauteur de vos attentes. Néanmoins, je me vois dans le regret de vous dire que nous arrivons bientôt au terme de cette histoire, mais je ne saurais vous dire si ce chapitre est l'avant-dernier ou s'il restera encore deux chapitres avant la fin. Enfin, nous n'en sommes pas encore là alors sur ce je vous souhaite à tous une bonne lecture.

Disclaimer : les personnages de saint seiya ne m'appartiennent pas malheureusement, les autres sont de ma création.

Rating : T

Couple : plusieurs

Genre : Romance, yaoi, lemon, aventure

Réponse aux reviews :

Andromède333 : Je suis ravie de voir que le chapitre 8 t'ai plu d'autant plus que l'idée du collier et du tableau. En vérité, j'avais déjà érigé un plan de travail avec la chronologie des événements de l'histoire, mais parfois il m'arrivait de modifier certaines choses, je me devais alors de relier chaque faits par une discussion ou autre chose. C'est ainsi que me sont venus l'idée de ces deux objets, et je suis entièrement d'accord avec toi si cette toile existait je me ferais un plaisir de la contempler également ^^. Pour ce qu'il en est de Shina je crois que nous partageons le même point de vue et le fait que tu déteste son comportement me montre bien que mon travail a porté ses fruits et j'en suis heureuse. Milo et Camus se sont quittés sur de mauvais termes. Je t'invite à lire ce chapitre pour découvrir la suite des événements. Merci pour ta fidélité et bonne lecture à toi.

Renn : Je te remercie tout d'abord de m'avoir laissé une review, en effet dans ton commentaire tu spécifiais que ta famille t'attendais alors je te remercie une fois encore d'avoir prit de ton temps pour me laisser tes impressions. Je serais franche en te disant que j'ai rougi sous l'avalanche de compliment que tu m'as si gentiment donné. Je suis contente de voir que mon travail te plaise à ce point là et j'espère continuer à te satisfaire. En ce qui concerne les fautes, malheureusement je crois bien que cette malédiction me poursuivra toute ma vie ^^. Il a en vérité des règles de pluriel ou de conjugaison surtout que je ne maîtrise plus très bien et Monsieur google ne parvient pas toujours à me renseigner comme je le désirais ( pas gentil lol). Enfin, j'espère que cela ne ternira pas trop l'image que tu as de l'histoire. Merci encore pour tes compliments. Amicalement.

Tàri : Je vois que cette question de la mystérieuse lettre te préoccupes beaucoup mais ne t'en fais pas tu auras les réponses à tes questions plus vite que tu ne le crois. Tes impressions sur le chapitre 8 m'ont fait très plaisir et je t'en remercie énormément. Il est vrai que je ne suis pas des plus tendres avec notre jeune couple mais que veux-tu je voulais mettre un peu de piquant dans leur vie. Et puis, cela peut paraître étrange mais j'apprécie beaucoup les passages dans les animes ou mangas dans lesquels les héros sont blessés ou encore confrontés à des situations difficiles, ils font ressortir leur vulnérabilité et montrent la partie sensible de leur être. Du moins cela reste mon avis personnel. Les interrogations que tu te poses sur Camus et Milo sont compréhensives d'autant plus que chacun arrive à un tournant de leur vie mais ne t'en fais tu auras bientôt tes réponses. Merci pour tes gentils compliments et je te souhaite une agréable lecture à toi. Bisous.

Millenium d'argent : Je suis heureuse de constater que le chapitre 8 t'ai plu, d'autant plus que tu avais pris le soin de décrire en quelque mots les étapes principales de ce chapitre. Il est vrai que j'ai voulu que Camus et Milo se penchent davantage sur leurs sentiments dès la départ pour tu puisses, ainsi que les autres lecteurs, faire un point sur ce que ressentait chaque personnage. Ce ne fut pas une des parties les plus simples du chapitres et je suis contente qu'il t'ai ému. Shina et compagnie n'ont malheureusement pas finit de faire souffrir notre jeune couple et Marine ne restera pas sur la touche nous aurons encore l'occasion de la revoir. Du côté de Kanon et Radamanthe, j'ai absolument tenu à les introduire dans l'histoire et, je serais sincère en disant que depuis la saga Hadés il soit devenu l'un de mes couples fétiches ^^. Je te remercie infiniment pour ta fidélité et j'espère de tout cœur que ce chapitre te satisfera. Gros bisous.

Hyoga dC : Wouah je te remercie tout d'abord pour la longue review que tu m'as laissé sur le chapitre précédent cela m'a beaucoup touché soit en sûre. Tes envies de meurtres vis à vis de Shina m'ont fait rire et je comprends parfaitement la rancœur que tu éprouves pour cette charmante demoiselle ^^. Je suis ravie que de ton point de vue je parviennes à faire ressortir le caractère, je dirais, « original » de Camus, moi qui suis très axée sur les sentiments j'ai beaucoup de mal à ne pas le faire passer pour un homme dégoulinant de beaux sentiments ^^. Sinon, pour en venir à Milo, si sa personnalité te plaît alors soit rassurée je pense que je lui accorderais la même dans toutes mes histoires futures si tu venais à en lire lol. En effet, je ne parviens pas très bien à faire de l'humour que certain pourrait qualifier de « fin », alors je m'abstiendrais de lui donner un caractère de petit enfant gâté même si je trouve que beaucoup d'auteurs y parviennent et que j'apprécie leurs travails. Enfin, tout comme beaucoup d'autre, tu te questionnes sur la suite des événements mais je resterai énigmatique en disant que les réponses arriveront bientôt ( oui je sais je suis sadique ^^ ). Sur ce je te souhaite une agréable lecture.

Eternity : Toujours là, je te remercie pour ta fidélité et pour la gentillesse que tu m'apportes dans tes commentaires. En effet, tes impressions m'ont fait très plaisir et j'espère rester à la hauteur de ce que tu attends de mon travail à venir. Je suis heureuse d'être parvenue à te faire ressentir les sentiments de Camus et Milo, leurs scènes n'étaient pas des plus simples et continueront je crois jusqu'au bout à me donner du fil à retordre ^^. Ne t'inquiète surtout pas, mon retard est, je sais, très excessif mais je te promets de terminer cette histoire. Je me suis beaucoup attachée à mes couples et à leurs aventures et votre soutien me pousse à continuer alors oui je l'achèverais cette histoire soit en certaine. J'ai cru comprendre qu'il y avait de nombreuses scènes que tu désirais lire mais je resterai muette comme bonne auteure sadique que je suis en te disant que les réponses arriveront bientôt lol. Gros bisous et bonne lecture à toi.

Lilith : Ah ma chère lilith et sa tronçonneuse infernale lol, je ne t'avais pas oublié et je me doutais bien que la fin du précédent chapitre attiserai quelques pulsions lol. Je tenais d'abord à te dire que ta fidélité me touche beaucoup et que je tenais à ce que tu le saches. Je suis d'accord avec toi lorsque tu écris que le chapitre était des plus moroses, je n'ai pas été très tendres avec notre couple mais que veux-tu la vie n'est pas toujours comme un long fleuve tranquille. Décidément, cette histoire de lettre semble perturber bien du monde je trouve, mais pas de favoritisme désolée lol. Eh oui, je demeurais l'auteure sadique dont j'ai fait la réputation et je te dirais que les réponses à tes interrogations viendront dans peu de temps. Allez, je te souhaite une très bonne lecture. Bisous.

Murza : En effet, il me semblait bien ne pas t'avoir encore eu comme revieweuse alors je te souhaite la bienvenue. Tout d'abord tu n'as pas à t'excuser de quoique se soit. Au départ, je lisais de nombreuses fics sur ce site sans laisser aucun commentaire, avec tout ce que j'entendais sur Internet j'osais peu y laisser une trace écrite, ou autre chose. Et puis un jour j'ai commencé comme revieweuse anonyme puis ensuite j'ai créé mon compte au bout d'un certain bout de temps ( wouah quelle montée en grade lol ^^). Tout cela pour dire que ce n'est pas grave du tout, mais je te remercie tout de même d'avoir pris le temps pour me laisser tes impressions c'est gentil à toi. De même, tes compliments m'ont fait très plaisir et je suis ravie que mon travail te plaise à ce point et ne t'en fais surtout pas je ne tiens pas à arrêter en aussi bon chemin. Merci encore et très bonne lecture à toi.

Grandier : Attends, Attends, Attends, Attends, ai-je bien lu ? Tu as lu mon histoire du début jusqu'ici en une seule fois ?! Wouah merci infiniment cela me fait extrêmement plaisir, je suis heureuse que mon histoire t'ai plu et j'espère qu'il en sera de même pour la suite. En effet, comme tu l'écris si bien la fin du chapitre 8 n'était pas des plus joyeuses, et je dois bien reconnaître que je martyrise méchamment notre jeune couple. Mais bon, et comme tu l'as également dit, je vous ai réservé quelques petites choses encore et j'espère qu'elles seront à la hauteur de tes attentes. Sur ce, je te souhaite une très bonne lecture et te remercie encore pour ta review. ( Juste une petite question : te serais-tu inspirée de André Grandier de « Lady Oscar » pour choisir ton surnom ? Je reconnais que cela m'a toujours intrigué ^^ )

Sami-saka : Tout d'abord je tenais à te remercier pour les reviews que tu m'as envoyé cela m'a fait énormément plaisir. En effet, elles ont prouvé ton attachement à mon histoire et cela me touche beaucoup tout comme les compliments que tu m'as gentiment laissé. Tu rejoins de nombreux lecteurs en disant que tu prétends haïr Shina et cela me rassure toujours de voir que l'image que je lui ai donné soit parfaitement bien passée. Autre chose, Camus et Milo est ton couple préféré ? Alors on devrait bien s'entendre lol ( même si je reconnais avoir de forts penchants pour certains autres ^^' ( Kanon et Radamanthe par exemple…)). Je suis ravie de constater que la situation de notre jeune couple t'ai ému, c'est un couple des plus particuliers où deux personnalités bien contradictoires se rencontrent alors il est parfois difficile de conserver leur personnalité tout en les ouvrant à l'amour. Sur ce je te remercie encore du fond du cœur pour tes encouragement et j'espère que ce chapitre te plaira. Gros bisous.

Encore merci à tous pour votre soutien.


Drapé dans un tissu écru, allongé et le soleil le réveillant avec peine, Milo avait eu encore plus de mal à dormir que la nuit précédente. Ouvrant difficilement les yeux, les traits tirés, il se redressa malaisément. Il resta assit un moment, le dos appuyé contre le montant du lit.

Cela faisait trois jours, trois jours qu'il ne dormait presque plus, ne mangeait presque rien. Quand ses cours étaient finis il rentrait directement chez lui pour s'allonger, se distraire au mieux, buvant une bière de temps en temps. Il étudiait comme un forcené prétextant mille et une raisons à ses compagnons pour ne pas sortir, il lisait, veillait jusqu'à tard le soir. Juste faire illusion, et ne penser à rien…Mais ce à quoi il ne désirait songer le jour, la nuit lui rappelait toujours….

« Tu as toujours était là pour moi. »

Une petite voix résonnait dans sa tête le torturant un peu plus chaque jour. Milo fixa le vide dans sa chambre faiblement éclairée, son esprit s'ouvrant à des souvenirs douloureux.

« Tu ne me connais pas. »

Il revoyait défiler des images sous ses yeux revivant toujours avec intensité des instants joyeux pour basculer aussitôt vers un univers martelant son cœur déjà meurtri.

« Tu es quelqu'un de bien Milo, généreux et attentionné. »

Chaque fois que le sommeil l'emportait ses paroles lui revinrent en mémoire, toujours plus déchirantes et déstabilisantes ; comme s'il revivait ses souvenirs une seconde fois.

« Ne me touche pas !! »

Milo se pencha un peu plus vers l'avant, ses cheveux lui tombant sur le visage. Le dos courbé, les épaules rentrées, le Milo jovial et vivant n'était plus, laissant place à un autre lui-même. Une personnalité qui ne lui convenait pas, un être fatigué, maussade, détruit presque…

« Merci Milo. »

Milo mit brutalement ses mains sur sa tête comme si une migraine venait subitement de le foudroyer. Serrant ses doigts à lui en arracher les cheveux, Milo tremblait de douleur, semblant vouloir faire fuir ces sombres pensées qui vinrent l'assaillir. Il ramena ses genoux contre son torse, tel un enfant apeuré désireux de se protéger de tout. Il tremblait toujours, ses épaules prises de spasmes violents lui donnèrent un air misérable. Milo laissa échapper un gémissement.

« Tu me dégoûtes. »

Une nouvelle plainte franchit les lèvres tremblantes du jeune homme. A bout de force, las de cette douleur qui ne semblait vouloir s'apaiser, Milo s'allongea toujours recroquevillé.

Ces trois dernières nuits ont été un véritable supplice pour lui, les paroles de Camus revenant le hanter quand il se laissait aller au sommeil. Il était perdu, confus dans ses propres jugements. Que croire ? Il ne le savait pas. Que faire ? Encore moins. Tout ce qui s'était passé entre le français et lui paraissait si illusoire, si lointain à présent. Toutefois, un minime, un infime espoir survivait encore. Malgré la douleur d'avoir été bafoué, rejeté, humilié par cet être qui lui était devenu si précieux, il ne pouvait se résoudre à l'effacer de sa vie en un aussi lapse de temps.

Mais…mon Dieu….ce que çà lui faisait mal….

« Tu me répugnes ! »

Milo agrippa encore plus fortement ses cheveux. Les souffrances, la fatigue, rien ne pouvait rivaliser avec le tumulte qui envahissait son esprit. Bien tragique dirait-on en voyant ce jeune homme qui pour la première de sa vie ressentait la perte d'un pair.

Les rayons du soleil filtrèrent davantage les rideaux de la chambre, éclairant un peu plus la pièce. On ne peut rien effacer, les souvenirs sont toujours là, ravivant les plus profondes blessures. Milo eut un soubresaut plus violent, ses membres tremblèrent, ses doigts se crispèrent à lui faire mal. Milo pleurait…..une fois encore……

Et le réveil sonna….


Même scénario, mais pas les mêmes acteurs. Dans une chambre à coucher aux couleurs néanmoins plus ternes, au mobilier plus simple, un autre jeune homme n'était parvenu à dormir également. Allongé cependant, il fixait silencieusement le plafond, ses pupilles brillants dans l'obscurité de la pièce. Sa respiration était légèrement sifflante et il ne bougeait pas.

Camus était resté ainsi une bonne partie de la nuit, sans se mouvoir, sans parler, réfléchissant seulement à ses derniers actes.

« Si tu n'étais pas rentré dans ma vie j'aurais été plus épanoui. »

Il avait essayé…sincérement..de reprendre sa vie, son quotidien d'autrefois, ses habitudes, ses passe-temps pour oublier…oublier simplement.

« Des instants que je regretterai certainement toute ma vie. »

Le silence avait été son compagnon durant de longues années. Ses proches s'en étaient inquiétés même. Etait-ce le choc ? L'accident ? Serait-il devenu muet ? Cela aurait été certainement plus simplement pour lui à l'époque, mais malgré leur inquiétude ils étaient loin de toute vérité. Il avait perdu sa mère, sa source de chaleur et de réconfort alors, pour protéger ceux qui lui restaient, il voulait étouffer son égoïsme infantile, que chacune de ses paroles ne deviennent source de problèmes pour eux.

Au fond, ce ne lui fut pas si terrible que cela. Il avait toujours été quelqu'un de réservé, d'introverti, cacher un temps soit peu plus ses émotions ne représentait donc pas quelque chose d'insupportable. Il grandi alors dans la solitude.

« Je ne veux plus te voir. »

Camus se tourna, se mettant sur son flanc.

« Tu me dégoûtes Milo. »

Il ferma violemment ses yeux en serrant le drap contre sa poitrine.

« Tu me répugnes ! »

Un tremblement imperceptible fit remuer ses mains. Il serait impossible de décrire le trouble qui habitait le français, bien trop insaisissable ou bien…trop incommensurable pour l'exprimer par de simples mots. Trois jours, trois jours qu'il tentait d'oublier les horreurs qu'il avait osé prononcer, effacer ce visage son esprit…

Camus trembla légèrement en relevant doucement son visage. Ses pupilles brillèrent plus intensément par les larmes qui menaçaient de couler. Il frotta ses yeux avec rage avant de les porter sur sa table de chevet. Il se redressa en s'appuyant sur l'un de ses coudes pour saisir ce qu'il avait poser sur le meuble. Il fixa l'objet silencieusement. Son regard se fit brusquement glacial, ses mains froissèrent le papier.

« Saleté !! »

Camus jeta l'enveloppe au sol, une sourde colère faisait vibrer ses pupilles. C'est tout son corps cette fois-ci qui se mit à frissonner, contenant difficilement la tempête qui venait de renaître. Il se laissa tomber sur son oreiller, remémorant une fois encore ce qu'il avait été contraint de faire.

Délaissant sur le parquet la source de tout son malheur.


Dans le garage souterrain de son immeuble, Milo mit son casque pour partir à la faculté. Une fois sa chemise dans le coffre et les clefs sur le contact il roula à vive allure pour une nouvelle journée de cours. Il parcourait le même trajet depuis le début de sa licence, il était désormais en mesure de savoir combien de temps il lui prendrait et comment anticiper chaque contre-temps.

Il s'arrêta à un carrefour et attendit que la signalisation lui accorde le droit de passage. Ce croisement étant très fréquenté, l'attente pouvait facilement durer une ou deux minutes au maximum. Un pied à terre, Milo réfléchit. Décidément cette funeste soirée ne cessera donc jamais de le perturber, c'est à peine s'il pouvait petit-déjeuner sans y songer. A croire que chaque gestuel, chaque élément lui rappelait…enfin….

Milo soupira dans son casque. Il ne parvenait toujours pas à comprendre ce changement brutal de comportement chez le français, lui qui semblait sur le point de s'ouvrir définitivement à tous voilà que tout s'envolait en un coup de vent. Car bien que Camus se soit montré plus démonstratif avec lui, il en était moins sûr avec les autres. Quoique vu ce qu'il s'est passé il doute que cela se reproduise.

Son moral était décidément bien bas.

« Des gens comme toi ne méritent que mon mépris. »

Milo serra davantage ses doigts sur les manettes de frein. Il ne saurait dire si le fait d'avoir brisé leur relation lui fit plus de mal que de l'avoir insulté de part ses préférences sexuelles. Tout était si confus. S'il cela le dérangeait autant pourquoi ne pas lui en avoir parlé ? Pourquoi être resté avec nous aussi longtemps ? Avec lui tout bonnement ?…Que de question et bien peu de réponse, qui plongèrent Milo dans une incompréhension la plus totale qui soit.

Il continua sa route pour arriver quelque minutes après devant l'université polytechnique. Milo gara ensuite sa moto, prit sa chemise et entra dans le hall du bâtiment A.

De nombreux étudiants attendaient déjà devant les quelques amphithéâtres du rez-de-chaussée mais en cela pas assez pour faire effet de masse et gêner les quelques passants. Milo se rendit alors vers l'amphi où il devait rejoindre ses compagnons. Il passa à travers un petit groupe d'étudiant mais un mauvais geste de sa part fit tomber sa chemise qui laissa échapper des feuilles de son trieur.

« Çà commence bien. » grommela Milo entre ses dents.

Il se baissa donc pour ramasser ses cours. Toujours accroupis il rangea ses feuilles dans les étuis prévus pour chaque matière. Une fois terminé il se redressa pour reprendre sa marche.

Il s'arrêta brusquement.

D'une démarche légère et élancée, sa chevelure se balançant au grès de ses pas ; Camus s'avança dans sa direction mais, regardant le sol, il n'avait remarqué sa présence. Néanmoins voulant également passer entre les étudiants qui patientaient devant l'amphithéâtre, il leva son regard.

Milo contrôla un nouveau frisson. Le regard du français n'avait plus de similitude aucune avec celui qui l'avait fixé la dernière fois. Une pupille noir entouré d'un lac gelé, se fut la première image que Milo se fit. Les yeux du français ne lui rappelait que trop bien ceux qu'il avait rencontré en début d'année. Lugubre à vous glacer sur place. Description simple mais pourtant bien réelle des faits.

Camus, lui, ne s'était que partiellement arrêté, plus exactement il ralentit sa marche. Son regard limpide plongé dans celui tumultueux du grec. Ses pupilles semblèrent changer imperceptiblement de couleur pour balancer vers des nuances plus profondes, plus sombres aussi. Milo réprima d'un geste de recul.

Il ne sut que faire, quoi dire à présent, il n'aurait jamais songé le revoir aussi vite après leur « échange ». Camus se rapprocha davantage, son regard n'ayant toujours pas quitté le sien. On aurait plus y lire une véritable tempête.

Milo reprit un peu de contenance devant le jeune homme qui continuait de s'avancer. Il prit une décision face à cela. Il ne voulait pas changer, les propos de Camus ont certes été tranchants, ceux-ci l'ayant énormément blessé mais il ne voulait pas perdre la face et changer de comportement pour autant.

D'un effort qu'il lui demanda plus de force qu'il ne l'aurait jamais cru, Milo leva la main. Il enserra le tissu de son pantalon de l'autre pour ne pas céder et en étirant les commissures de ses lèvres offrit un sourire qu'il voulait accueillant mais, qui vu de l'extérieur montrait peu d'assurance malgré son control. Camus était devant lui.

« Bonjour Ca… »

Sa voix se tut, plus aucun son ne franchit ses lèvres. D'un pas dangereusement lent, sa chevelure flottant dans son dos, Camus…passa près de lui…sans un regard. Milo en ouvrit faiblement la bouche. Camus continua son chemin sans se préoccuper du jeune homme près duquel il venait de passer, tel un parfait étranger.

Milo, toujours main levée, avait perdu son sourire, sa main sur son jean s'était soudainement desserrée pour tomber nonchalante le long de son corps, sa chemise tombant au sol une seconde fois. Il baissa le regard, ses mèches de cheveux cachant ses yeux écarquillés.

« Je ne veux plus te voir . »

Milo abaissa son autre main.


A l'autre bout du bâtiment, qui en distance n'était pas si extraordinaire que l'on pourrait le penser, notre petit groupe d'amis discutait tranquillement devant les portes de leur amphi.

« Ah bin il était temps qu'il arrive. Encore cinq minutes et il était en retard. » dit Aiolia en indiquant du doigt le rassemblement d'étudiant.

Tous se tournèrent pour en effet constater que Milo venait de rentrer dans le bâtiment, non pressé certes, mais présent tout de même. Le petit groupe sourit. A cet instant tous virent Milo ramasser les affaires qu'il avait accidentellement fait tomber à terre. Puis vint le moment où Camus rejoignit leur ami.

« Mais c'est qu'ils se quittent plus ma parole ! » dit Aphrodite sous le ton de la plaisanterie.

« Il va finir par nous le monopoliser, j'vous l'avais dit. » intervint Angelo sous le même ton.

« Ah ah t'exagère Angie tu… »

Aiolia ne finit pas sa phrase, fixant toujours les deux jeunes hommes. Intrigués et inquiets par l'expression peinte sur le visage du grec, tous se tournèrent une fois de plus vers où ils avaient aperçu leurs compagnons. Un silence s'installa subitement.

« Vous…vous avez bien vu…ce que j'ai vu ?! » dit Aiolia d'une voix neutre mais non moins surpris.

« Euh je crois que oui….enfin..je crois.» répondit Aphrodite peu sûr de lui. « On est loin faut dire, j'interprète p'être mal. »

« J'dois bien reconnaître que c'est une première. » remarqua simplement Angelo.

« Je vois pas où est le problème. » intervient Shura.

« Tu ne vois pas l'problème ?! » dit Aiolia effaré.

« Non. » répondit sincèrement l'espagnol. « Je crois comprendre parfaitement ce à quoi tu pense Aio mais comme dit Aphro, on est loin, on est pas avec eux alors calmos ok ? » ajouta t-il doucement.

« Mouais, tu as sans doute raison. Avec du recul, c'est vrai que… » dit Aiolia.

« Camus qui ne saluerai pas Milo alors qu'il le suit comme son ombre. T'as raison on a dû se tromper. » intervient Aphro.

« Non mais vous vous êtes regardés, vous vous inquiétez vraiment pour un rien. Fais attention mon cœur tu vas finir par avoir des ch'veux blancs. » dit Angelo en taquinant son amant.

Ils rirent franchement de leur bêtise et revinrent à leur discussion en attendant que leur camarade les rejoigne. Cependant, un peu plus en retrait et n'ayant prononcé aucune parole à ce sujet, Shaka haussa un sourcil, intrigué par ce qu'il venait de se produire. Formuler son opinion n'aurait rien apporté, mais surtout, il voulait vérifier par lui-même ce qu'il pensait avoir interprété de cette petite scène entre ses deux compagnons.

Au première étage, penché nonchalant sur la balustrade…Rune esquissa un sourire satisfait.


Le soir même à la terrasse d'un petit café, nos jeunes étudiants discutaient joyeusement autour de quelques rafraîchissements. Milo de son côté faisait bonne figure et participait aux conversations, bien que le cœur n'y était pas. Son esprit vaquait à mille lieux de là où il se trouvait, perdu encore dans ses songes qui lui valut de temps en temps quelques secondes d'absences et, qui revenant à la réalité espérait n'avoir pas était vu. Cela pourtant ne l'empêcha pas de pousser de temps à autre certains soupirs discrets.

Sa rencontre avec Camus l'avait perturbé plus que de raison, à tel point qu'il n'avait suivit aucun cours de toute la matinée. Se posant d'innombrables questions, le peu d'espoir qu'il avait conservé jusqu'ici semblait s'être définitivement volatilisé, laissant place à une mélancolie des plus difficiles à dissimuler.

« Encore quelque minutes » se disait-il. « Encore quelque minutes… »

Toutefois la douleur peut parfois s'avérer bien trop puissante pour être voilée parfaitement. Quelques regards, quelques gestes fatigués peuvent suffire, du moins, pour ceux qui savent lire les signes.

« Tu vas bien Milo ? »

L'interpellé revint subitement à lui sans pour autant pleinement le montrer.

« Oh oui çà va merci, juste un peu de fatigue. »

« … »

Shaka ne répondit rien à cela.

Comme l'avait pensé Milo, une demie-heure plus tard l'addition fut payée et tous se levèrent pour s'apprêter à retourner chez eux. Devant le café chacun finissait leur discussion pour ensuite se saluer. Milo qui se retenait difficilement de partir en courant, sourit à ses amis tout en leur souhaitant une bonne soirée. Néanmoins, un bras enroula subitement ses épaules stoppant son départ.

« Désolé les amis mais je ne vous accompagne pas ce soir….Milo m'avait promis de me faire visiter son appartement. »

Milo, stupéfait, regarda Shaka avec incompréhension. Aucun ne firent d'objection, il était vrai qu'il ne s'était encore jamais rendu avec le grec depuis qu'ils se connaissaient, cela ne surpris donc personne que ce dernier l'ait invité. L'indou quand à lui regarda intensément son amant qui, d'un regard complice lui donna son accord, plus malin qu'il voulait bien le montrer Mü avait compris où son amant voulait en venir.

Alors que tous s'éloignèrent avec de grands gestes pour saluer une dernière fois leurs compagnons, Shaka se pencha à l'oreille du jeune grec.

« Je souhaiterai discuter un moment avec toi Milo, peut-on aller chez toi ? »

De plus en plus intrigué et la demande de Shaka appelant aucune objection, Milo l'amena au parking où il lui donna le deuxième casque. Arrivé chez lui, il fit entrer son ami dans l'enceinte de l'immeuble pour finalement entrer dans son appartement.

Milo déposa les deux casques sur une commode disposée dans le salon.

« De quoi voulais-tu me parler ? » demanda t-il en se tournant vers son invité.

« Çà risque d'être un peu long je pense. »

« Veux-tu un café ? »

« Avec plaisir. »

« Installe-toi et je reviens. »

Shaka alla donc s'asseoir dans le canapé attendant patiemment que son hôte revienne de la cuisine. Curieux, il regarda le mobilier tout en sentant monter une délicieuse odeur de café. Il n'eut cependant pas à attendre longtemps car déjà Milo réapparut avec deux tasses fumantes sur un plateau de bois clair. Il en tendit une à Shaka qui le remercia et prit ensuite la sienne. Milo s'installa à ses côtés.

« Alors ? Je t'écoute. » dit Milo en soufflant délicatement sur le breuvage.

Shaka le fixa silencieusement, réfléchissant rapidement par où commencer. La question était délicate et au fond cela le gêner de devoir s'immiscer dans une affaire qui ne le concernait peut-être pas…quoique…en y réfléchissant bien. Il tourna son regard vers sa tasse, peut-être valait-il mieux être franc dés le début ? Ce genre de chose ne peuvent jamais être véritablement pris avec finesse, alors….Milo voulut prendre une gorgée, jugeant son café à bonne température.

« Se serait-il passé quelque chose avec Camus ? »

La voix de Shaka fut calme, ne voulant en aucun cas brusquer les choses, cela n'aurait servi à rien. Il avait remarqué la lassitude de son ami, ses traits tirés et son inattention avec les autres, ce n'était pas normal ou du moins le pensait-il. De même que ce qui s'était passé ce matin valait le coût d'éclaircir certaines choses si cela révélait un réel problème.

Milo, lui, avait suspendu son geste, sa tasse au niveau des lèvres. Il lui semblait réfléchir à des dizaines de pensées à la fois.

« Je ne comprends pas. » dit Milo sans animosité.

L'indou fronça les sourcils.

« Milo…Tu sais très bien où je voulais en venir. » tenta Shaka.

Milo reposa sa tasse sur la table basse n'ayant de ce fait goutté au café. Il se pencha vers l'avant et posa ses avants bras sur ses cuisses pour s'y appuyer. Shaka soupira et posa lui aussi son mug.

« Ecoute, je ne suis pas ici pour te forcer à me dire quoique ce soit. Mais s'il s'est réellement passé quelque chose qui pourrait vous nuire tous les deux alors il faut intervenir. Camus et toi êtes très proches, et ce qui vous arrivent nous concernent tous, tu comprends ?»

Face au silence de son compagnon, Shaka posa délicatement sa main sur l'épaule de Milo dont les yeux étaient dissimulés sous sa frange. Dans un geste apaisant il serra doucement son épaule. Soudain…Shaka ouvrit de grands yeux, il lui paraissait sentir de faible tremblement sous sa paume.

« Milo ? »

Shaka se rapprocha, jusqu'à encercler les épaules du grec. D'une lenteur effrayante Milo leva son regard pour le plonger dans celui de l'indou. Celui ne put réprimer un léger recul. Ses yeux….ses yeux exprimaient tant de souffrance. Les pupilles de Milo vibraient tant la douleur contenue devenait insoutenable, incontrôlable, les larmes noyaient l'océan de ses yeux glissant ensuite lentement sur ses joues. Shaka resta un moment les yeux écarquillés, ce qu'il put lire dans le regard de son ami l'alerta davantage, la situation s'avérait bien plus grave qui ne l'aurait imaginé. C'était une bête blessée qui agonisait devant lui. Par des plaintes douloureuses et lascives, Milo soudainement se jeta dans les bras de son ami déversant le flot d'émotions qu'il ne put contenir plus longtemps, évoquer Camus ayant briser ses dernières volontés. Shaka attristé par la faiblesse de son ami l'entoura délicatement, caressant ses cheveux dans un geste apaisant. Les pleurs de Milo durèrent longtemps mais il n'en avait cure, qu'il déverse sa peine cela ne pourra que le soulager, ne serait-ce qu'un peu.

Les gémissements s'atténuèrent progressivement, les pleures devinrent silencieux mais n'avaient guère cessé. Shaka n'arrêta cependant pas ses caresses. Au bout, d'un moment Milo se releva péniblement, s'arrachant doucement à la chaleur de cette étreinte.

« Çà va mieux ? »

Milo inclina positivement la tête. L'indou sourit tendrement.

« Je…je suis désolé. » dit Milo honteux de sa conduite.

« Non Milo, c'est moi. Je n'aurai pas dû te brusquer comme je l'ai fait. »

« Tu n'y est pour rien.» ajouta Milo en essuyant ses larmes. « J'aurai dû me contrôler. »

« Ne dis pas çà, les larmes ne sont pas une honte. » dit Shaka.

Un silence s'installa, un silence religieux. Shaka sentait instinctivement que Milo désirait prendre la parole alors il attendit dans le calme. Milo se tordait nerveusement les doigts alors que sa respiration sifflante revenait à la normale. Milo n'entretenait certes pas les mêmes relations avec l'indou qu'avec ses autres compagnons mais il ne pouvait lui retirer son sens du respect et de l'amitié. Il ne s'était pas rit de lui et pour cela il lui en était extrêmement reconnaissant.

« Je…enfin..je… »

Shaka sentit la difficulté avec laquelle Milo avait à s'exprimer et décida alors d'intervenir.

« Milo si tu ne veux pas t'expliquer… »

« Si ! » s'exclama Milo. « Si…je veux en parler….mais..s'il te plaît ne m'interrompe pas... » demanda presque suppliant.

« Entendu. »

Commença alors le début d'un long récit. Milo conta ce qu'il s'était passé après les résultats du concours, chaque parole, chaque geste…Cela fut une véritable épreuve pour lui de raconter dans les détails ce qui le tourmentait depuis quelques jours mais chacune de ses phrases le soulageait d'un poids certain malgré que la douleur soit toujours présente. Shaka l'écouta attentivement, plus Milo avançait dans son histoire et plus il était affligé voir outré par le comportement que Camus ait pu avoir. Cependant il ne pouvait pas nier que certains faits étaient pour le moins étranges, l'attitude du français lui paraissant tout à fait inhabituelle. Quand Milo eut finit, il soupira de soulagement et demeura silencieux quelques instants pour ensuite se tourner vers son voisin.

« Merci de m'avoir écouté. »

« C'est normal Milo ne me remercie pas. » répondit Shaka. « Es-tu allé le voir depuis ce soir là ? Vous en avez rediscuté ? »

« Non…il..il me l'a bien fait comprendre. Il ne veux plus me voir. »

« Son comportement m'étonne. »

« J'étais le premier surpris. » dit Milo plus à l'aise. « Je crois..qu'il m'évite. »

« Milo, je ne comprends pas plus que toi ce qui s'est passé, cette attitude ne lui ressemble pas mais…si j'étais à ta place j'en parlerai avec lui, rester sur des doutes et des non-dits n'est pas sain aussi bien pour lui que pour toi. »

« …..Je n'sais pas. »

« Ce n'est qu'un conseil Milo à toi de le prendre en compte ou non, toi seul doit décider du comportement à suivre. »

Milo soupira de nouveau.

« Tu as peut-être raison…….Je..je vais lui parler. »

« Tu as pris la bonne décision. »

« …Merci encore Shaka. »

Ce dernier sourit. Une nouvelle complicité venait de naître entre les deux jeunes hommes ; Camus les auront rapprocher plus qu'ils ne l'auraient jamais espéré. Ils se turent un moment savourant la plénitude qui venait de s'installer. Néanmoins, le portable de Shaka brisa cet instant agréable.

« C'est Mü, il va falloir que je te laisse. »

« Je t'en prie, il se fait tard, c'est normal qu'il t'appelle. »

« Tu es sûr que çà va aller ? Je peux le rappeler, tu sais il comprendra. »

« Non, çà va beaucoup mieux je t'assure. Va le rejoindre il doit t'attendre. »

Ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte d'entrée.

« Une petite soirée en amoureux ? » taquina Milo pour la forme.

« Sûrement oui.» dit Shaka en souriant franchement.

« Je vous envie beaucoup…tous les deux. »

Milo avait baissé le regard, un brin de nostalgie y brillant faiblement.

« Tu sais….. » Commença Shaka l'air rêveur. « Je n'aurais jamais cru que ce genre de chose m'arriverai un jour. Je l'ai rencontré par hasard, on s'ait découvert des points communs, on se voyait plus souvent et de fil en aiguille cela a débouché sur des sentiments plus profonds. L'amour est fantastique lorsque l'on a trouvé la personne avec qui le partager. Parfois, un petit quelque chose, un évènement suffit pour te faire comprendre que tu l'as trouvé. »

«………..Et si..euh…si Mü venait à, je n'sais pas, à avoir des propos blessants envers toi ? »

Il eut un silence.

« …P…Pardon..Pardon...c'est pas mes oignons !! D'ailleurs je sais même pas pourquoi je te demande çà. » se reprit Milo en passant sa main dans ses cheveux en un geste nerveux.

Shaka posa une fois encore sa main sur son épaule.

« Ne t'excuse pas Milo, ce n'est pas gênant. Pour te répondre, personne n'est parfait et je sais qu'avec Mü on ne peut pas toujours s'entendre sur tout. Les disputes font partie de la vie de couple et lorsque l'on s'engage à partager la vie de quelqu'un c'est aussi accepter tous ces petits désagréments. Mais si Mü me disait une méchanceté…eh bien….je lui pardonnerais. » finit-il sur un sourire éclatant.

Milo, surpris, ouvrit les yeux de surprise par une telle sincérité.

« On se connaît bien tous les deux alors des fois le ton monte et on laisse échapper des paroles qui dépassent notre pensée. Mais on s'adore et on veut rester ensemble, alors on réfléchit on réalise qu'on s'est blessés alors on finit par se pardonner. »

Notre jeune ami compris alors ce que Mü avait pu autant apprécié chez Shaka. Il était heureux pour eux, sincèrement. Etrangement au fond de lui-même il désirait un jour connaître la même chose, tout ce que ces vives conquêtes n'ont su lui apporter. Un visage lui apparu en pensée, il piqua un fard.

« Bon je vais y aller, je te souhaite une bonne soirée Milo. Si tu veux discuter n'hésite pas à m'appeler surtout, d'accord ? »

« J'y penserai, bonne soirée à toi aussi. »

Une fois Shaka partit, Milo alla s'affaler dans le canapé, songeant à une rencontre future qu'il n'en doute pas sera bien éprouvante.


Le lendemain, un nouveau soleil se leva en ce début de mois de mars. Les athéniens ne craignant plus les méfaits de la demie-saison laissèrent de côté les manches trois-quart et pulls fins grisonnants pour se vêtirent de T-shirts et débardeurs aux couleurs plus chaudes. A l'université polytechniques en demie-journée, les étudiants commencèrent à converser sur les prochains partiels prévus pour mai prochain. Dans un des nombreux couloirs du bâtiment C, Shaka appuyé contre le mur patientait tout près d'une salle de cours. Une fois l'heure arrivée, les étudiants sortaient de cour. Shaka salua la personne qu'il avait attendu.

« Bonjour Shaka, tu m'attendais ? » demanda Camus.

« Oui je voulais te proposer de déjeuner avec moi ce midi, cela te tentes ? »

« Avec plaisir. »

Le restaurant universitaire étant à l'extrémité du complexe cela vaudra à eux deux une marche de cinq minutes. Shaka en profita alors pour entamer la discussion.

« C'est dommage que tu ne sois pas venu nous rejoindre hier soir çà a été très agréable. » commença t-il.

« J'avais une dissertation à rédiger. » répondit évasivement Camus à la question muette.

L'indou n'était pas totalement convaincu par l'excuse de son camarade bien qu'il était parfaitement conscient qu'à l'approche de la fin du semestre le travail fournit était plus important. Il poursuivit donc.

« Angelo et Shura se chamaillent toujours autant, enfin ce n'est jamais bien méchant. Heureusement qu'Aphrodite est là pour calmer un peu ce petit monde….mais je trouve cela plaisant, ils ajoutent ce petit grain de folie qui fait toute la différence. »

Camus resta silencieux mais cela ne déstabilisa pas Shaka qui connaissait assez bien son ami pour savoir que son mutisme ne prouvait que davantage sa profonde attention.

« Aiolia d'ailleurs nous a informé que Saga était redescendu à la capitale il y a deux jours, il aurait prit des jours de congés pour profiter de son frère. Aiolos cependant n'a pas pu venir, son travail ne le permettait pas. »

Ils continuèrent de marcher, à emprunter les couloirs, descendre les escaliers, un véritable labyrinthe dont il se sentaient parfaitement à l'aise. Shaka continua à lui raconter leur petite soirée et les anecdotes qu'on lui avait raconté.

« Milo quand à lui était bien calme. »

Shaka jeta un vive regard sur le profil de Camus, il lui semblait y avoir distingué un infime froncement de sourcil. Visiblement cela semblait affecter aussi bien les deux concernés.

« Je l'ai trouvé particulièrement fatigué hier soir, les journées ont été dures ces temps s'y. Toutefois…. »

Nouveau froncement de sourcil.

« Aphrodite et Angelo m'ont fait part de leur inquiétude, il ne mange plus rien depuis lundi. Rien d'alarmant, mais il ne pense pas l'avoir déjà vu se comporter comme çà. Alors les changements d'habitude suscitent toujours la suspicion. » mentit l'indou. « Qu'est-ce que tu en penses ? Vu que vous êtes souvent ensemble tu as peut-être remarqué un détail qui nous aurait échappé. »

Camus avait ralentit sa marche, sans le savoir, Shaka avait perturbé le peu de chance qu'il lui restait de ne pas songer au grec de toute la journée. Ce n'était pas faute d'avoir essayé depuis le petit déjeuner pourtant. Il serra la lanière de sa chemise.

« Je ne sais pas. Je ne l'ai pas vu depuis le début de la semaine. »

« Oh. »

Shaka n'approfondit pas davantage la discussion. Pousser trop rapidement Camus à lui faire dire ce qu'il avait appris par Milo ne pourrai que le faire soupçonner. Le peu de réaction que lui avait offert son camarade lui avait suffit, il espérait juste que Milo ait plus de chance que lui. Shaka redoutait que les choses empirent entre eux deux et que ce malentendu, ou du moins ose t-il le croire, ne persiste pas pour déboucher sur une relation houleuse qui les ferrait souffrir mutuellement.

Ils arrivèrent enfin au restaurant où ils y restèrent une bonne heure.


La nuit venait de tomber sur les côtes Athéniennes, la lune vint délicatement illuminer les quelques nuages qui envahissaient le ciel. Les chats sortaient des sombres ruelles et, les chiens errants partirent faire les poubelles des restaurants pour remplir leurs estomacs affamés. Non loin du centre ville, Kanon arriva à son appartement de fonction, fatigué par sa journée mais heureux de pouvoir enfin rentrer chez lui. Nerveux cependant, il sortit son trousseau de clef et ouvrit la porte de son studio.

« Je suis rentré. » dit-il une voix grave en entrant dans le hall.

« Je suis dans le salon. » sonna une autre voix.

Le hall donnant directement sur la salle à manger, le salon restait dissimulé par les murs blancs du hall d'entrée. Dans le cliquetis singulier des clefs qui s'entrechoquent, Kanon ferma la porte et accrocha son manteau sur l'objet fixé au mur et prévu à cet effet. Il s'avança davantage pour avoir vue sur les canapés et la télévision, il sourit à celui qui lisait sur l'un deux.

« Bonsoir petit frère, bonne journée ? » demanda Saga à son frère en enlevant ses lunettes.

« Ereintante mais oui je te remercie. » répondit Kanon. « J'ai invité quelqu'un à dîner. » ajouta t-il ensuite.

« Ah ? Tu ne m'en avait pas parlé. Si j'avais su j'aurais fait la cuisine. »

Kanon se tourna sur le côté pour laisser s'avancer le fameux invité.

« Saga, je te présente Radamanthe Wyvern. Radamanthe voici mon frère. »

Saga se leva, posa son livre en marquant la page et s'approcha du jeune homme. Radamanthe était vêtu d'une chemise blanche parfaitement repassé et d'un jean foncé impeccablement coupé. Saga en eut déjà bonne impression de voir que cet homme avait du maintient et de l'allure. Il lui tendit la main en guise de salue, qui lui fut rendu simplement.

« Je suis enchanté Mr Wyvern. »

« Moi de même. » dit Radamanthe dans un sourire.

« Radamanthe est médecin à l'Université polytechnique. » intervint Kanon.

« Celle d'Aiolia et des autres ? »

« Tout à fait. » répondit le médecin.

« Vous les connaissez ? » demanda Saga intrigué.

« Oui, mais je peux vous rassurer, je ne les vois jamais dans mon bureau. »

La remarque fit sourire Saga.

« Ne restons pas dans l'entrée. » intervint une fois de plus Kanon. « Radamanthe je suis désolé je n'ai pas eu le temps de préparer le repas, alors se sera assez simple. »

« Ne t'inquiète surtout pas pour moi, je mange de tout alors se sera très bien. »

Kanon partit donc à la cuisine pour concocter ce qu'il pouvait avec le peu que contenait son frigidaire.

« Excusez-le il a parfois la tête ailleurs. »

« Je sais bien ne vous en fait pas, mais çà fait partit de son caractère. »

A peine eut-il achevé sa phrase qu'ils entendirent un bruit assourdissant provenant justement de la dite cuisine.

« Ce n'est rien. » cria Kanon.

Saga et Radamanthe se regardèrent un instant, il eut un bref silence avant que les deux jeunes hommes ne laissèrent éclater leur hilarité. Ils rigolèrent franchement durant quelques minutes, apaisant l'atmosphère de cette nouvelle rencontre. Ils rejoignirent Kanon dans la cuisine qui après avoir finit de préparer le dîner ramassait le reste des assiettes brisées éparpillé sur le carrelage. Radamanthe aida les deux frères à installer la table et ils dînèrent tous les trois dans la salle à manger.

L'ambiance était plaisante et les discussions variées. Saga était particulièrement intéressé par le métier qu'exerçait Radamanthe et lui posa de nombreuses questions auxquelles l'anglais eut plaisir de répondre. Le repas fut simple mais très apprécié de chacun ce qui rapprocha davantage le trio. A l'approche du dessert, Kanon se leva pour débarrasser. Radamanthe toujours aussi serviable l'aida et ils rapportèrent la vaisselle sale en cuisine.

Kanon sortit la glace du réfrigérateur qu'il disposa dans des coupes. Perdu dans ses pensées il en fit tomber sur le plan de travail.

« C'est pas vrai ! »

Irrité il prit une éponge pour diminuer les dégâts quand une main se posa sur la sienne. Kanon se tourna pour tomber sur deux orbes dorés à l'éclat éblouissant. Il s'arrêta un moment pour contempler son amant.

« Çà ira...tout se passera bien. » dit Radamanthe sur un ton apaisant.

Toute la tension de Kanon disparu, son amant a toujours eut le don de le rassurer par des mots ou des gestes simples. Ils se complétaient en quelque sorte. Chacun apportant un semblant d'équilibre à leur couple et ce malgré la distance qui les séparait parfois. D'un caractère plus impulsif que son amant, Kanon ajoutait un petit brin de fantaisie à leur relation tandis que Radamanthe atténuait les tourments de son compagnon quand celui-ci se laissait trop déborder par ses émotions. Il était la douceur, l'apaisement qu'inconsciemment Kanon avait recherché, peut-être que ses aventures autrefois difficiles y étaient pour quelque chose.

Kanon offrit un sourire à Radamanthe, comme pour le rassurer. Il finit donc de nettoyer et tous deux retournèrent à table. Ils discutèrent calmement durant un long moment, Kanon désirant malgré le sourire de son compagnon retarder le moment fatidique le plus longtemps possible. Cependant, le regard compatissant de Radamanthe le décida à réagir malgré la douleur qui ressentait au creux de son estomac.

« Saga… »

La voix de Kanon était peu assurée mais il fit son possible pour se reprendre, il ne voulait pas que son malaise interfère dans le jugement de son frère.

« Oui. » dit Saga.

« En fait…J'aurais quelque chose à te dire. »

Saga s'appuya confortablement contre le dos de chaise. Bien que son frère avait tenté de le dissimuler il avait parfaitement ressentit son trouble. Intrigué, il l'insista donc à continuer.

« Je t'écoute. »

« C'est assez délicat. »

« Oh ? » dit Saga de plus en plus curieux. Sa réaction pourtant ne fit qu'accentuer l'appréhension de son frère.

Sous la table, Kanon joua nerveusement avec un bout de la nappe, il ne s'était encore jamais senti aussi tendu. Il aurait voulu regarder Radamanthe mais cela aurait fait comprendre à Saga où il désirait en venir. Son frère était intelligent et depuis le temps qu'il se renseignait sur ses contacts la réalité lui aurait sauté aux yeux. Kanon prit une profonde mais discrète inspiration.

« Voilà…J'ai cherché une quelconque manière pour te le dire enfin, mais….la franchise me paraît être la solution la plus simple…tu es mon frère et je te dois bien çà…»

« …. »

« Ce que j'essaie te de te dire c'est que…. »

Cette fois-ci Kanon se tourna en direction de son amour et lui prit délicatement la main en un geste tendre et aimant.

« Radamanthe et moi…on est ensemble… »

Un silence tomba subitement dans l'appartement. Kanon attendait le cœur battant une réaction de la part de son frère, un cri, une remontrance, une leçon de morale, qu'il se lève, qu'il frappe la table, n'importe quoi mais…se fut bien pire qu'il n'aurait pu le croire. Saga sur sa chaise croisa les bras, et baissa la tête jusqu'à dissimuler son regard. Le sang de Kanon sembla se glacer dans ses veines, la tension revint brutalement et ce qui devait arriver arriva,…il paniqua.

« S…Saga écoute, Radamanthe est quelqu'un de bien je t'assure…il…il n'est pas comme les autres. Je me sens bien avec lui…je sais qu'il ne me traiteras pas comme les autres l'on fait…C'est quelqu'un de sincère…Je t'en supplie crois-moi Saga….je…. »

« Depuis quand ? »

« …Quoi ? »

« Depuis quand êtes-vous ensemble ? »

Kanon ne sut quoi répondre déstabilisé par le ton qu'avait employé son jumeau.

« Cela fera deux ans le mois prochain. »

Kanon regarda son amant qui venait de répondre. Radamanthe avait su conserver son calme et, bien qu'il ne le montrait pas, lui aussi était inquiet par le verdict de Saga. Il ne pourrait pas supporter que par sa faute son amour soit en froid avec son frère. Alors autant se montrer confiant en leur avenir en temps que couple, peut-être que cela ouvrirait les yeux du grec sur la sincérité de leurs rapports.

« Deux ans ? » souffla Saga.

« …Oui.. » ne put que répondre Kanon.

« Deux ans… » répéta l'aîné comme pour réaliser l'étendu de cette nouvelle.

Kanon attendit, inquiet où son frère voulait en venir. Quand Saga releva son visage vers lui, la surprise se peignit sur son visage. Les yeux ouverts de stupeur il fixa son jumeau. Saga pleurait, des larmes cristallines déferlant silencieusement sur ses joues.

« Je suis désolé Kanon…..tellement désolé. »

« Saga… » murmura Kanon en voulant se rapprocher de lui sans lâcher la main chaude de son amant.

« Non, attends…je…il y a aussi des choses que j'aimerais te dire… »

Kanon se rassit donc, attentif à ce que désirait lui dire son jumeau.

« Tu es mon frère Kanon…la seule famille qui me reste…je n'aurais pas pu supporter qu'il t'arrive quoique se soit…je voulais te protéger de tout ce qui pourrait te nuire alors..quand j'ai vu ce que ces gens ont fait de toi, je ne me le suis pas pardonné.. Alors, j'ai usé de d'autre moyens, je voulais être au courant de tout ce qui te concernait, tes amis, tes amants, tes collègues de travail ou du moins au maximum…Mais je me suis rendus compte que je m'étais trompé…lourdement…» dit Saga alors que ses pleurs n'avaient cessé.

« Saga… » souffla Kanon, des larmes perlant aux coins des yeux.

« …Tu es adulte, responsable… et çà, je n'avais pas su le voir et ma surprotection t'a étouffé au point d'en empoisonner ta vie…Mais…à présent je suis heureux de voir… » Saga se tourna vers Radamanthe. « que tu te sois relevé et que tu ais trouvé quelqu'un comme lui. »

Kanon ouvrit de grand yeux, ses larmes glissèrent cette fois-ci n'y tenant plus. Emporté par la magie du moment il prit son jumeau dans ses bras. L'amour fraternel qui les unissait en cet instant n'avait jamais connu une telle intensité, quelque chose venait de se reconstruire entre eux, un lien puissant qu'ils avaient retrouvé. Ils pleurèrent de bonheur dans les bras l'un de l'autre pendant un moment. Radamanthe regarda les deux frères avec tendresse, heureux de voir que tout s'arrangeait pour eux deux. Ce tableau le toucha.

« Pourras-tu me pardonner ? » demanda Saga toujours dans les bras de son cadet.

« Tu n'as rien à te faire pardonner, tu es mon frère et tu as voulu me protéger, ne t'excuse pas, c'est le passé. » dit Kanon avec tout l'amour qu'il avait pour son jumeau.

Ils se séparèrent sans pour autant briser la magie de l'instant. Saga déposa un baiser sur le front de Kanon avant de regarder leur invité.

« Tu as intérêt à le rendre heureux ! » dit Saga en taquinant l'anglais même s'il connaissait déjà la réponse.

« Compte sur moi. Kanon m'a raconté ce qu'il lui était arrivé et comme il te l'a dit je ne suis pas comme eux. J'aime ton frère et je saurais prendre soin de lui comme il le fait si bien avec moi. »

Radamanthe s'était levé en prononçant ces paroles et s'était rapproché des jumeaux. Le regard qu'échangea son cadet et le jeune médecin suffit à Saga pour croire en un avenir meilleur pour son jumeau.

La lune était haute dans le ciel et semblait sourire devant cet attendrissant spectacle.


A plusieurs ruelles de là, dans un bâtiment conçu pour les logements étudiants, Mü et Shaka rentèrent discrètement chez eux afin de ne pas perturber le voisinage. Une fois avoir rangé leur manteau et fermé la porte ils s'affalèrent tous les deux dans le canapé de leur petit salon. Trop éloignés selon eux ils avaient loué un petit studio tout près du complexe universitaire pour débuter leur vie de couple. Certes le mobilier était simple mais le loyer était convenable et leur vie confortable, et puis ils étaient ensemble alors quoi demander de plus.

« Merci encore pour le dîner »

« Ne me remercie pas Mü çà m'a fait plaisir de t'inviter. » dit Shaka en enlaçant les épaules du tibétain.

Ils restèrent ainsi quelque minutes, savourant le silence du moment. Mü qui voulut demander quelque chose à son amant s'arrêta en percevant l'expression sur le visage de son compagnon.

« Quelque chose ne va pas ? »

Revenant brusquement à la réalité, Shaka regarda son amant avant de lui offrir un sourire rassurant.

« Non tout va bien Mü rassure-toi. »

« Donc çà veut dire que çà va pas. »

« ??? »

« Shaka je te connais. »

Dépité et amusé à la fois, Shaka poussa un soupir à fendre l'âme.

« Peut-être trop bien même. »

Il devint subitement plus sérieux et, se détacha de son amant pour confortablement s'installer dans le fond du canapé. Presque pour alléger le poids qui semblait s'être soudain posé sur ses épaules, il s'allongea à moitié sans pour autant quitter son amour des yeux.

« Je m'inquiète pour Camus et Milo. » avoua t-il finalement.

Attendri par l'inquiétude de Shaka pour ses deux amis, Mü s'allongea à ses côtés et ne mit longtemps à être emprisonné par les bras frêles de son amant. Il n'avait fallu beaucoup de temps à l'indou pour raconter les dires de Milo à Mü qu'il considérait aussi en un sens comme son confident. Mü l'avait écouté avec attention et sa réaction avait rejointe celle qu'avait eu son compagnon, consterné mais aussi étonné.

« Je dois bien reconnaître que c'est assez étrange. »

« Pas qu' « assez » si tu veux mon avis. Venant de Camus cela me surprends d'avantage, lui qui est de nature si calme je le vois mal dire de telle, de telle…ragh. »

Mü se colla davantage contre lui comme pour apaiser l'animosité qu'il sentait naître chez son amant. On peut avoir été élevé avec l'enseignement de Bouddha et se laisser emporter lorsqu'un évènement touche un proche. Mü sentit Shaka se détendre peu à peu.

« Il est vrai que certains éléments ne collent pas. » dit Mü.

« Je t'écoute. » dit Shaka.

« Eh bien, si j'ai bien compris ce que t'a dit Milo, cela s'est passé juste après les résultats du concours n'est-ce pas ? »

« Oui en effet. »

« Et il l'aurait rejeté, humilié à peine quelque jours après notre sortie au restaurant ? Je peux comprendre que les sentiments sont incontrôlables parfois mais que les choses basculent subitement en un aussi lapse de temps et si violemment cela donne matière à réfléchir……..Il ne s'était rien passé entre-temps ? »

« Oh euh, je te l'ai pas dit… »

« Quoi donc ? »

« Oh…rien d'important. » dit Shaka avec une pointe de gêne.

« Shaka… » dit Mü sous un ton qui voulait bien dire qu'il n'était pas dupe.

Shaka d'ailleurs ne mit pas longtemps à lui dire pour le baiser que Milo avait donné à Camus en le ramenant chez lui. Cependant, il ne put s'éterniser dessus, Milo étant resté très évasive sur le sujet, difficile à confesser sans doute.

« Je vois, cela pourrait expliquer bien des choses. » dit Mü

« Toutefois si on n'y réfléchit bien….si Camus n'avait effectivement pas pardonné l'attitude de Milo, il n'aurait pas exposé une toile le représentant. C'est contradictoire comme comportement. » contredit Shaka.

« C'est aussi à se demander pourquoi il l'avait pris comme modèle, une œuvre est très personnelle, elle symbolise l'âme du peintre. » examina Mü.

« Vu comme çà,…. » dit Shaka……..Il eut soudain comme une illumination. « Dis-moi, tu crois que Milo…enfin que Camus et lui seraient… »

« Ce n'est pas à exclure. » coupa Mü qui comprenait bien où son amant voulait en venir. « Ils peuvent parfois être si naïfs qu'ils ne s'en sont peut-être pas encore rendus compte…regarde-nous çà a été pareil. »

« Tu n'as pas tord. »

Mü sourit avant de redevenir sérieux.

« Toutefois, cela pose encore d'avantage de question…s'ils se sont rapprochés à ce point pourquoi cette réaction si soudaine de la part de Camus ? ». Mü réfléchit un instant avant de poursuivre. « Shaka ? »

« Oui ? »

« …Comment va Camus ? Enfin je veux dire, comment est-il avec toi ? Son comportement a changé ? »

« Je lui ai parlé il y a peu de temps pour voir s'il ne serait pas près à me confier ce qu'il s'était passé. Mais je me suis heurté à un mur. Toutefois, j'ai remarqué que dès que je parlais de Milo il semblait réagir instantanément, même si ce n'était que très léger. Sinon, non, il se comporte à peu près comme d'habitude, un peu plus muet qu'avant mais à par çà je n'ai pas noté de changement. Pourquoi ? » demanda Shaka.

« Tu ne trouve pas çà étonnant ? »

« Ce ne sera pas la première fois depuis que nous avons commencé à en parler. » dit Shaka en souriant.

« Non, bien sûr, mais Milo t'as bien certifié que Camus l'avait repoussé car il ne tolérait pas les, disons, les « gens comme lui » si je reprends tes mots. » commença Mü.

« Où veux-tu en venir ? » demanda Shaka qui au fond pensait au raisonnement qu'il avait eu le soir où Milo lui avait confessé son altercation avec le français.

« Si Camus pensait sérieusement ce qu'il disait, tu ne crois pas qu'il aurait aussi coupé les ponts avec toi en sachant que tu sors avec un homme ? »

« Hmm hmm cette idée m'était venu à l'esprit aussi, mais vu qu'il me voyait toujours…»

« En clair, tout se retourne vers Milo, reste à connaître l'origine exacte du problème. »

« Espérons juste qu'il ait plus de chance que moi. Je pense que l'aider ne ferrai qu'empirer les choses. » souffla Shaka désespéré.

« Tu crois qu'il faudrait qu'on en parle aux autres ? » demanda Mü.

« Je ne sais pas, les mettre dans le secret ne serai pas une mauvaise chose, nous serions plus nombreux à les protéger tous les deux, mais j'aurai aussi l'impression de trahir la confiance de Milo. »

« Je te rappelle juste que tu m'as tout avoué il y a quelque minutes seulement. » dit Mü avec un sourire.

« Mais toi ce n'est pas pareil. » dit Shaka en le regardant amoureusement avant de déposer un baiser papillon sur son front. « On reverra çà demain, d'accord ? »

Ils restèrent un moment enlacés sur le canapé savourant la chaleur de l'autre, baignant tous les deux dans les rayons de l'astre lunaire. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas eu un tel moment d'intimité. Malgré qu'ils dînaient ensemble tous les soirs et, qu'ils vivaient dans le même appartement, les révisions et leur emploi du temps ne leur permettaient pas de profiter agréablement des moments qu'ils pouvaient passer à deux.

Mü se cala davantage contre le torse de son amour, les battements de son cœur le berçant avec douceur. Il aurait sombré dans les brumes du sommeil si la main de Shaka ne le caressait pas si sensuellement dans le bas du dos. Gardant les yeux fermés pour apprécier les sensations que ce geste lui procurait, Mü sentit de délicieux frissons monter le long de sa colonne vertébrale. Shaka n'arrangea d'ailleurs pas les choses car, aventureux, il passa cette même main sous le T-shirt du tibétain pour effleurer sa peau du bout des doigts. Un courant électrique semblait avoir traversé le corps de Mü qui, bien ayant déjà reçu ce genre d'attention de sa part, sentit plus d'assurance chez son amant.

Il releva son regard pour le plonger dans deux lagons cristallins dans lesquels brillaient une toute nouvelle lueur. Irrésistiblement attiré, Mü s'approcha du visage de Shaka pour sceller ses lèvres aux siennes dans un doux baiser. Shaka l'approfondit en posant son autre main sur la nuque du tibétain. Le baiser devint vite plus passionné, leurs langues se retrouvèrent et entamèrent un ballet sensuel sans qu'aucun ne domine l'autre.

Emporté par la passion du moment, Shaka changea de position et se plaça au-dessus de son amant sans briser le lien de leurs lèvres. Il laissa ses mains parcourir les flancs de son amant pour remonter délicieusement sur son torse frissonnant. Mü émit un gémissement étouffé par leur baiser, sa réaction électrisa Shaka qui continua sa torture en caressant ses cuisses. Inconsciemment ils se frottèrent l'un contre l'autre. Shaka délaissa les lèvres pleines de Mü pour attaquer la chaire fine de son cou.

« Shaka…a…attends. »

Shaka stoppa net son exploration et regarda son amour. Un feu semblait s'être ravivé dans leur regard faisant inexorablement monter la température ambiante. Ils n'avaient besoin d'aucune paroles pour comprendre comment se terminera leur soirée.

« Pas ici… »

Obéissant et désireux que tout se passe au mieux, Shaka se redressa et prit Mü dans ses bras telle une mariée que l'on conduisait à sa nuit de noce. Mü rougissant devant tant de tendresse et d'anticipation par rapport à ce qu'il allait se passer à présent. Shaka le porta ainsi jusqu'à leur chambre et ferma la porte d'un léger coup de pied.

La nuit fut brulante mais remplie de passion et d'amour. Aucune brutalité, aucune voracité dans cette union qui fut leur première fois malgré le désir qu'ils ressentaient l'un pour l'autre. Shaka fut passionné, Mü attentionné, chacun désireux de prouver à l'autre l'étendue de son amour sincère. Il eut une union charnelle sans aucune retenue, sans aucune honte de se donner à l'autre entièrement. Ils s'aimèrent tout simplement.

Les étoiles leur parurent plus brillantes ce soir là.


En une autre fin de journée, l'université athénienne se vidait rapidement, les étudiants heureux de pouvoir rentrer chez eux après leurs quotas d'heures de cours. Toutefois, dans l'un de ces innombrables couloirs, un d'entre eux marchait d'une démarche lente et peu assurée. Ses pas résonnaient dans l'immensité du bâtiment à présent vide du moindre bruit. Sa chevelure rebelle se balançant au grés de sa marche, Milo réfléchissait. La veille au soir il avait consulté son emploi du temps pour connaître le numéro de la salle d'une de ses séances de travaux dirigés. Mais avant de ne se déconnecter, il avait décidé de regarder l'emploi du temps d'une toute autre filière. C'est de cette manière qu'il a pris connaissance de la salle dans laquelle Camus finissait sa journée.

Milo avait pensé à diverses manières d'aborder ce dont il voulait parler avec lui, mais il se connaissait assez pour savoir que dès qu'il sera devant le français son improvisation sera mise de côté. Il soupira devant sa faiblesse. Alors qu'il empruntait un nouveau couloir, il lui sembla distinguer des bruits de pas différents des siens. Il continua d'avancer, les sons devenant plus puissant au fur et à mesure. C'est à cet instant qu'il le vit.

De dos, sa longue chevelure flottant majestueusement, Camus sortait d'une salle de cours pour rejoindre l'escalier central qui se trouvait un peu plus loin. Milo s'était arrêté, l'observant silencieusement, il aurait était difficile de dire à quoi il pensait véritablement. Les pensées s'entremêlaient dans son esprit, un tourbillon de paroles qui devinrent insensées s'entrelaçait. Mais une seule pensée demeurait, la seule qui lui redonna de l'assurance. Déterminé Milo marcha un pas rapide vers le français.

« Camus » l'appela t-il vivement.

L'interpellé s'arrêta. Camus tourna légèrement la tête jusqu'à ce que Milo puisse en voir son profil gauche. Si ce dernier n'avait pas été encore aussi loin, il aurait pu voir la surprise dans ses yeux et, ses lèvres faiblement entrouvertes. Camus, lui, n'aurait jamais cru voir Milo aussi rapidement, et le fait qu'il soit dans ce bâtiment, seul, et à cette heure si de la journée ne cachait rien de ses intentions.

Il détourna le regard et ferma fortement les yeux avant de reprendre sa marche. Il entendit les bruits de pas s'accélérer derrière lui.

« Attends je voudrais te parler. » s'exclama Milo qui le rattrapait.

Milo sentit sa patience s'atténuait face à tant d'ignorance envers lui. Camus faisait la sourde oreille, çà il le voyait très bien et cela l'exaspérait. Arrivé à sa hauteur il agrippa brusquement le poignée du français pour le retourner d'un geste rapide tout en veillant à ne pas lui faire mal.

« Maintenant çà suffit, tu vas m'écouter ! » s'écria t-il.

Camus n'avait pas relever son regard vers lui, le gardant obstinément vers le sol comme si une main invisible l'avait détourné de sa route et qu'il ne s'était aperçu de sa présence.

« Pourquoi est-ce que tu me fuis ? Qu'est-ce que je t'ai fait à la fin pour que tu m'ignores ? Hein ? Je veux une explication ! » dit Milo déterminé.

Il ne quitta pas Camus des yeux une seule seconde, les minutes semblaient s'écouler fort lentement. Il attendit longtemps mais n'ayant aucune réaction de la part du français, il calma ses ardeurs et opta pour une méthode plus douce.

« S'il te plaît, réponds-moi je ne comprends pas ce qui se passe. Un jour tout va bien entre nous et le lendemain tout s'effondre, tu me craches à la figure…. Je veux juste comprendre. » dit Milo comme un murmure.

Il crut sentir un tremblement sous la paume de sa main.

« Je croyais pourtant avoir était assez clair. » dit Camus d'une voix glaciale.

Camus releva la tête pour planter ses yeux limpides dans ceux océan du jeune grec qui sous le ton qu'avait employé le français en avait lâché sa main et s'était reculé.

« Alors je vais me répéter. » ajouta Camus.

Celui-ci s'approcha lentement de Milo, tel un fauve s'en allant vers sa proie. Pourtant, un trouble affreusement douloureux lui tiraillait l'estomac. A se faire mal, il serra son pantalon avec force et pour que Milo ne perçoive sa douleur, il prononça ses paroles avec le plus de dédain qu'il le pouvait.

« Je ne veux plus te voir Milo..plus jamais tu m'entends ! Je te croyais différent de tout ce que j'entendais, que tu étais un homme d'honneur, sincère et loyale. »

Camus émit comme un petit rire malsain.

« Belles paroles que toutes celles que tu m'as dite, j'ai bien finit par y croire comme cette lettre que tu m'as envoyé. Tu es un beau parleur Milo, tu t'es joué de moi et de ce que j'ai pu ressentir. Tu as dû bien rire quand je t'ai raconté mon passé sur ma mère n'est-ce pas ?…Tu t'es joué de moi mais en plus d'être un lâche et un menteur, tu n'es…tu n'es…qu'un… »

Les yeux de Camus brillèrent. Milo resta interdit un instant, étaient-ce des larmes ?….Mais de quelle natures étaient telles exactement ?

« Oui Camus… » commença Milo d'une voix tranchante. « Je ne suis qu'un quoi ?! » avait-il dit plus fortement en se rapprochant.

Camus grinça des dents, il sentit un goût métallique envahir sa bouche.

« Qu'un….qu'un…..qu'un sale petit….petit salaud !! Tu n'es qu'un salaud Milo…..Je ne veux rien avoir à faire avec un type qui profite de la faiblesse des gens pour assouvir ses sales pulsions sexuelles. »

Milo se retint de ne pas sortir une parole qu'il pourrait regretter, les yeux de Camus brillant encore plus d'intensité sous ses dernières paroles.

« Tu me répugnes Milo alors… » répéta Camus comme la dernière fois.

Milo lui serra à son tour un bout de son jean, désirant apaiser la douleur qui semblait piétiner son cœur comme jamais. Une boule s'était formée au plus profond de sa gorge, lui faisant monter des larmes qui commençaient à lui brûler les yeux. Camus semblait quand à lui chercher ses mots pour en finir au plus vite, sentant ses dernières barrières se fissurer.

« Alors….je t'en prie..ne t'approches plus de moi… » finit Camus presque dans un souffle.

Le jeune grec eut un faible sursaut, il en eut ses yeux grands ouverts. Camus comprit que Milo avait enfin compris qu'il ne désirait plus le revoir et que cela m'était définitivement un terme à toute leur relation. Il sentit un profond soulagement face à cela, il pourra peut-être pouvoir soulager un temps soit peu cette brûlure qui consumait son cœur……….Hors..ce ne fut pas le cas.

« Je…t'en prie ? » dit Milo intrigué.

Camus souleva un sourcil devant cette réaction.

« Tu..me supplies de ne plus te revoir ? » continua Milo sur le même ton.

Le français commença à ressentir un faible tiraillement.

« Depuis quand supplies-tu un salaud Camus ? » interrogea Milo.

Camus sentit soudain une sourde panique le submerger, il ouvrit inconsciemment ses yeux de stupeur. Ses tremblements se firent plus violents mais pas assez pour que Milo s'en aperçoive. Ses dents grincèrent à force de les serrer et ses ongles rentrèrent finalement dans sa peau laissant couler un liquide poisseux qui fut absorbé par son pantalon. Mais ce qu'y suivit fut bien pire…

« Il s'est passé quelque chose n'est-ce pas ?! » s'exclama Milo comme si une révélation venait brusquement de le foudroyer.

Sans véritablement le vouloir, Camus eut un geste de recul, ce qui accentua l'excitation du jeune grec. Milo se précipita sur lui et lui agrippa soudainement les épaules. Ses pupilles vibrèrent sous la force de l'espoir insensé qui avait jailli au plus profond de son être.

« C'est çà hein ?! J'ai raison! Qu'est-ce qui s'est passé ? Réponds-moi !! Qu'est-ce qui s'est passé ?! » cria presque Milo en le secouant.

Les mains de Milo se crispèrent davantage sur la chemise du français. Camus resta étourdi devant un tel revirement de situation, il pouvait sentir le regard de Milo sur lui, ses mains le secouer avec frénésie, entendre ses paroles étrangement mélangées entre l'incompréhension et la mélancolie. Toutefois, une partie de son esprit avait survécu à cette avalanche qu'il n'avait vu venir. Il sentait la situation lui échapper, l'espoir renaître chez Milo, ses yeux s'illuminer de cette même flamme qui l'avait attiré…séduit….Non ! Il se devait de réagir et peu lui importait que cela reste sa dernière tentative, alors….

« LACHE-MOI !! » hurla t-il.

Camus posa brusquement ses mains sur le torse de Milo pour le pousser violemment. Milo, déstabilisé par le geste du français desserra sa prise et perdit l'équilibre. Dans un bruit sourd il tomba au sol, sa chute résonnant dans l'immensité du couloir. Mal réceptionné sur le béton grisâtre, sa hanche lui brûla un instant. Il releva néanmoins son visage vers celui de Camus. Celui-ci reprenait sa respiration par voix orale, le visage en sueur, il donnait l'impression d'avoir usé beaucoup de sa force comme si cet effort lui avait beaucoup coûté.

« Ne me touche plus, c'est clair !! » ajouta t-il moins bruyamment mais toujours avec hargne.

Il baissa son regard. Il serra durement ses poings, son corps trembla subitement sans pouvoir se contrôler. Milo le regarda en silence, jamais encore il n'avait vu Camus dans un tel état, coléreux, hargneux, furieux, ce tableau ne lui correspondait pas et le pousser malgré les agissement du français à croire en l'espoir qui semblait s'être ranimé en lui. Néanmoins, le comportement de Camus l'effrayait en un sens, qu'avait-il bien pu lui arrivé pour qu'il puisse agir ainsi ?

Milo fixa le français avec intensité. Celui-ci releva son visage vers lui, ses pupilles semblant avoir perdu leur magnifique éclat cristallin et précipitamment…..se retourna pour s'enfuir dans les escaliers. Milo se releva brutalement.

« Camus ! Attends ! »

Il courut à sa suite mais hélas à peine avait-il eut le temps d'arriver au début des marches qu' il n'entendit plus que les faibles bruits de sa course effrénée. Milo se fit soudain silencieux à l'écoute du moindre son jusqu'à ne plus entendre qu'un profond silence. Il se cala contre un mur pour se laisser lourdement glisser au sol. Les épaules basses, il sentit toute la lourdeur de l'échange tomber sur lui mais aussi…sa poitrine vibrait sous les battements affolés de cœur…son cœur qui sembla revivre cette soirée là…


Dans le détour d'un couloir, dissimulées par l'obscurité de la bâtis, deux émeraudes étincelèrent autour de deux fentes noirâtres. Tel un félin surgissant des abîmes, ses yeux ont fixé sa proie avec ivresse…mais..bien vite…son regard s'était fait haine et bestialité. Shina disparût dans le couloir à l'abri de tous regards. Elle sortit son portable de la poche de son pantalon. Une sonnerie stridente se fit entendre durant quelque secondes avant que de ses lèvres maquillées d'un rouge vermeil sa voix blanche ne sonne.

« C'est moi…Prépare-toi pour samedi. »

Et elle raccrocha pour s'enfoncer une fois encore dans les ténèbres.


La nuit était tombée sur la capitale, les enfants dormaient, l'université était fermée et les boîtes de nuit étaient bruyantes. Dans son studio, Milo se préparait à sortir pour rejoindre ses amis qui l'attendaient déjà dans l'une d'entre-elles. Il ajusta ses quelques mèches rebelles, ferma sa combinaison et prit son trousseau de clef. Avant de partir il s'arrêta et levant le regard vers la commode du salon. Il s'en approcha et effleura du bout des doigts la toile qu'il avait ramené de la faculté.

Après son altercation avec Camus, Milo était resté un moment assis dans le couloir à méditer sur les derniers événements. Mais alors qu'il allait rentré chez lui, il avait fait un détour par la salle d'art où était entreposé les œuvres exposées aux portes ouvertes. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps avant de décider de ramener celle que le français avait peinte.

Revenu au présent, Milo sourit tendrement devant le tableau et finalement quitta son appartement pour chevaucher sa moto en direction d'une nuit qu'il sentit bien longue.


Dans le centre de la ville, les files d'attentes demeuraient encore bien longues devant les boîtes de nuits qui faisaient la réputation de certains quartiers. C'était justement dans l'une d'entres elles que nous rejoignons notre petit groupe d'amis. Shura, Angelo et Aphrodite faisaient des envieux sur la pistes de danse tandis que Aiolia, Kanon, Mü et Shaka essayaient de discuter autour d'un verre malgré le bruit assourdissant de la musique techno. Au bout d'un moment, le disco jockey pris une pause ce qui fit revenir nos trois danseurs. Ils discutèrent tous joyeusement, le samedi soir restant pour eux le meilleur moment pour ce genre de sortie.

« Tu as pu joindre Milo ? » demanda Aphrodite à Aiolia.

« Non, je viens de tomber sur son répondeur. Il doit être en route. » répondit Aiolia en prenant une gorgée de son cocktail.

« Eh Kanon, je voulais te demander… » dit Angelo.

« Oui »

« Ton frère et Aioros ont prévu une date pour leur mariage ? »

La question intéressa subitement tout le monde qui resta suspendu aux lèvres de leur aîné.

« Je ne vous l'avais pas dit ? » demanda Kanon.

« C'est possible, mais en ce qui me concerne je ne m'en rappelle pas désolé. » intervient Aphro, et dont la remarque semblait être la même pour tous.

« Eh bien, d'après ce que Saga m'a dit, ils n'auraient pas fixé de date précise mais…il souhaiterait que cela se fasse dans le courant de l'été. »

« Aussi vite ?! » s'exclama Aphrodite.

Il n'était d'ailleurs pas le seul à avoir eu cette réaction, tous s'attendant dans des fiançailles plus longues que cela. Kanon sourit devant leurs comportements auxquels il s'était attendu d'ailleurs.

« J'ai eu la même réaction que vous quand il me l'a annoncé, mais ils s'aiment alors je peux comprendre leur impatience. »

La stupéfaction laissa vite place à des sourires tendres, envieux par tant de bonheur que pouvait partagé les deux fiancés. Les discutions ont finalement repris, les sujets restaient variés sans pour autant faire référence aux études bien que l'université restait le lieu où ils se voyaient le plus souvent.

« Et vous les tourtereaux, vous êtes bien silencieux. » taquina Aphrodite en se tournant vers Mü et Shaka qui rougirent sous la remarque. « je sais que vous n'êtes pas de grands bavards mais là… »

La gêne du couple s'envola soudain bien rapidement. Les deux jeunes hommes se regardèrent semblant s'interroger du regard et ce comportement ne plaisait pas beaucoup au Suédois.

« Quelque chose ne va pas ? » dit-il avec sérieux.

Les autres s'étaient brusquement tus, ils avaient sentit l'animosité du suédois partir avec une rapidité déconcertante, et bien qu'ils ne parlaient pas avec lui à ce moment là ils l'avaient parfaitement ressenti. Ils se tournèrent alors vers lui pour finalement dévier vers le jeune couple qui sentit que le moment était venu. Ils se regardèrent une fois encore avant que Mü ne se décide à parler.

« Ecoutez, nous…avons des choses à vous dire… »

« On vous écoute » dit Aphrodite toujours avec sérieux.

« Au sujet de Milo… »

« Et de Camus aussi… » intervient Shaka gravement.

« Comment çà ? » dit Aiolia avec une pointe d'inquiétude.

Shaka qui était le mieux placé pour en parler, leur conta tout ce qu'il savait au sujet de leurs deux amis. Il leur fit bien comprendre dans quel état Milo lui avait raconté tout ce qu'il savait et par conséquent que leur discussion devait rester entre eux. De plus il en profita avec l'aide de son compagnon pour leur exposer leurs points vues sur la situation. Quand ils en eurent terminés, il y eut un lourd silence durant lequel chacun se remit en question.

« On est vraiment nul. » dit finalement Aiolia.

Tous le fixèrent pour sa remarque.

« Nous sommes leur amis, et on a rien vu. C'est vrai quoi !…D'habitude ils ne se quittent pas, ils se voient tous les jours et maintenant cela va faire plus d'une semaine que Camus ne vient plus avec nous. On aurait dû le voir…On aurait dû… »

Ses camarades pesèrent ses paroles qui étaient, malheureusement, pleines de vérité. Ils s'en voulurent profondément.

« Mais vous savez ce qui est pire… » commença Aiolia. « C'est que je ne sais même pas combien de temps çà aurait duré si tu ne nous l'avais pas dit ce soir. »

Aiolia avait levé les yeux vers Shaka en disant cela, son regard était rempli de regrets mais aussi…d'une grande gratitude.

« Merci » termina t-il dans un souffle.

Shaka lui offrit un sourire rassurant et posa amicalement sa main sur son bras.

« Bien que vous l'avoir déjà dit, je préfère me répéter. Si je vous ais raconté tout çà c'est pour le bien être de nos amis, mais Milo ne sais bien évidemment pas que j'allais vous en parler alors, j'en appelle à votre discrétion. »

« Tu peux compter sur nous, ne t'inquiète pas pour çà. » Intervint Angelo et dont les paroles étaient approuvées par tous.

Puisque Milo n'étaient toujours pas avec eux, ils en profitèrent pour essayer de trouver une éventuelle solution au problème malgré le peu d'information dont ils disposaient.


Un peu plus loin, dans une autre discothèque, l'ambiance était festive, les lasers fusillaient les danseurs et les comptoirs n'avaient plus de place assise. Sur l'une des tables disposées un peu à l'écart, trois jeunes filles conversaient tranquillement. L'une d'entre-elle regarda sa montre en retroussant sa manche et se leva.

« Où vas-tu ? » demanda Miho.

« J'étouffe un peu je vais allée prendre l'air. »

« Ok on t'attends. »

Marine regarda son amie se perdre dans la foule. Depuis le jour, où elle l'avait vu discuter avec ce jeune homme derrière l'amphithéâtre elle n'avait de cesse d'avoir des doutes sur son comportement. Elle l'appréciait beaucoup mais elle ne pouvait pas nier le danger que représentait sa camarade pour certaines personnes. Elle connaissait l'existence de ses virées nocturnes dans les quartiers malfamées de la ville et que certaines de ses fréquentations n'étaient pas des plus respectables.

Inquiète, elle se leva à son tour.

« Toi aussi tu m'abandonnes ? » taquina Miho.

« Non, je vais juste aux toilettes et je reviens. » dit Marine avec un sourire.

« Très bien, je te garde ta place. »

« Merci. »

Marine passa entre les clients de l'établissement et tout en étant persuadée que Miho ne l'ai vu, elle bifurqua pour se diriger vers où son amie était partie. Elle prit alors la porte arrière de la discothèque donnant sur une ruelle lugubre, où les chats se disputaient les contenus des poubelles. Marine n'eut cependant aucun mal à apercevoir Shina qui se tenait de dos à quelque mètres d'elle. Elle se posta discrètement près de la porte.

« Oui, c'est encore moi…..Il vient de quitter son job, il devrait rentré chez lui dans moins demie-heure….tu sais ce qu'il te reste à faire…. »

La jeune fille sentit un frisson lui parcourir le corps, elle n'appréciait pas beaucoup la tournure de cette discussion. Elle connaissait assez Shina pour savoir ce que cela signifiait et çà ne lui plu pas.

« Je veux que se soit réglé dès ce soir……. » continua Shina d'une voix tranchante. « Je veux que Camus se souvienne de cette nuit tout sa vie. C'est clair ? »

Marine posa subitement sa main sur sa bouche pour empêcher un cri nerveux de franchir ses lèvres. Une sueur froide coula le long de sa colonne vertébrale alors que Shina raccrocha et s'apprêta à rentrer à l'intérieure. L'italienne leva les yeux vers le ciel, fixant la pleine lune d'un regard sauvage. Elle eut un sourire mauvais et satisfait à la fois puis, elle retourna à l'intérieur où la musique était toujours aussi forte alors qu'elle rejoignait Miho.

« Où est Marine ? » demanda Shina en s'asseyant.

« Elle est partie aux toilettes.» répondit Miho. « Ah non là voilà. »

En effet, Marine réapparut à travers la foule, son portable en main.

« Désolée pour l'attente…Je suis désolée les filles je vais devoir vous laisser. » dit Marine.

« Pourquoi çà ? » demanda Miho.

« J'ai reçu un appel d'Aiolia, il a oublié ses clefs à la maison. » mentit Marine en montrant son portable.

« Oh décidément qu'est-ce qu'il ne ferait pas sans toi ? » dit Miho pour la taquiner. « Mais c'est dommage il à peine 7h30.»

« Oui je sais, je suis désolée mais il ne pourra pas rentrer sinon. »

Marine rassembla ses affaires et mit son manteau.

« Passez une bonne soirée les filles et désolée une fois encore. »

« Ce n'est pas grave Marine, rentre bien. On se fera une soirée une autre fois. » dit Shina.

La jeune fille salua ses amies avant de marcher vers la sortie. Néanmoins à peine fut-elle à l'extérieur qu'elle courut précipitamment vers la rue opposée. Ses cheveux au vent, son sac à main tapant contre sa cuisse elle accéléra son allure comme désespérée. Il ne lui restait plus beaucoup de temps….


Sur un parking, Milo gara sa moto. Il la sécurisa à l'aide d'une chaîne et enleva son casque qu'il rangea dans son coffre. Il remit un peu d'ordre à ses cheveux avant de vérifier une fois encore que sa moto était parfaitement sécurisée. La lune brillait faiblement entre les quelques nuages qui la dissimulait, donnant un semblant de romantisme à ces quartiers sinistres et bruyants. Milo s'attarda un instant à la contempler avant de ne se décider à rejoindre ses amis qui devaient l'attendre depuis un moment. Néanmoins, à peine eut-il commencer à marcher vers la boîte de nuit qu'il s'arrêta, un bruit l'ayant interpellé. Il regarda autour de lui, rien, à par peut-être quelques chats de gouttières qui miaulaient sur les couvercles des bennes à ordures. Haussant les épaules, il continua jusqu'à la route. Il s'arrêta une fois encore.

Le même bruit, lointain mais bien présent. Il regarda une fois de plus autour de lui, jusqu'à stopper son regard vers une ruelle mal éclairée. Les réverbères n'éclairant que sur de faible surface il ne parvenait pas à voir jusqu'au fin fond de la ruelle. Cependant, plus les secondes passaient, plus il lui semblait voir une forme se détacher de l'obscurité. Plissant les yeux, Milo voulut se focaliser sur celle-ci. La forme s'allongea, se mut, jusqu'à prendre forme humaine. Il la distingua plus nettement. Il voyait une personne de taille moyenne, courant énergiquement, son manteau bougeant dans tout sens dans sa course. C'était une jeune femme.

« MILO ! »

L'interpellé se surprit d'entendre son nom hurlé par la demoiselle. Mais ce n'est non pas, qu'elle soit en sueur, qu'elle soit venue à lui en courant ou hurlant qu'il l'avait déstabilisé, non, mais la détresse et l'angoisse qui avait fait vibrer son cri.

Une fois devant lui, la jeune fille posa une de ses mains sur son cœur comme pour en apaiser les battements. Elle avait la tête baissée et la respiration sifflante. Toutefois, elle releva brusquement son regard noisette vers lui, la peur y était visible ce qui piqua inconsciemment une sourde angoisse dans l'être du jeune homme.

« Je te connais toi. » dit Milo. « Tu es Marine, non ? La petite amie d'Aiolia. »

Marine, bien que sa gorge la faisait souffrir par le manque d'air, agrippa le bras du grec et parla d'une voix hachée mais vibrante d'inquiétude. Son corps en tremblait.

« Milo..C'est….C'est Camus !!…. » dit-elle en deux bouffées d'air.

Le cœur du jeune homme rata un battement. L'affolement de Marine fit accroître l'angoisse qu'il avait sentit naître en lui. Les yeux écarquillés et le corps crispé, il empoigna les épaules de la frêle jeune fille.

« Qu'est-ce qui s'passe ?! Qu'est-ce qu'il a ?! Hein ? Qu'est-ce qu'il a ?! » cria t-il presque.

Sa surprise passée par un tel changement de comportement, Marine se reprit.

« Vite..chez lui…il….il est en danger !!… » s'exclama t-elle.

Le corps de Milo cessa subitement de trembler. Il n'eut plus aucun sons autour d'eux, il n'eut plus de lumière, la lune était cachée, Marine n'existait plus. Puis….une brise légère se leva, les feuilles et les papiers sur le trottoir tourbillonnèrent et les nuages glissèrent funestement. Les rayons lunaires éclairèrent la ruelle et les deux jeunes gens. Marine avait repris son souffle et fixa ahuris le jeune homme qui la maintenait toujours. La lune éclaira le grec. Marine eut un hoquet. Les yeux océans de Milo devinrent ténèbres, ses cheveux par le vent se hissèrent tel la crinière d'un fauve. Soudainement, il lâcha la jeune fille qui en fut déséquilibrée. Milo courut vers sa moto, en leva les chaînes à en les arracher. Sans casque, il démarra pour disparaître dans la noirceur de la ruelle dans un terrible bruit de moteur.


« Il est long. »

« De qui tu parles ? » demanda Angelo à son amant.

« De Milo, cela fait un moment qu'il aurait dû être là. » répondit Aphrodite.

« Oh t'en fais pas va, on est samedi, les gens sortent, il a peut-être eu un contre-temps sur la route. » intervint Kanon.

« Il a raison Aphro, ne t'inquièt…. »

Aiolia ne finit pas sa phrase car il se leva.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Aphro.

Le groupe se tourna dans la direction du regard de leur compagnon. A travers la foule des nouveaux arrivants, une personne s'en détacha.

« Marine ? » dit Aiolia surpris.


Dans le nord de la ville, quelqu'un rentra d'un pas las vers son appartement. Dans un bruit discret il ouvra la porte de son studio pour la refermer derrière lui. Camus alluma la lumière avec l'interrupteur de l'entrée et se dirigea vers le canapé du salon où il s'y affala sans grâce aucune. Le travail l'avait épuisée et, il s'y attendait. Les jeunes et les étudiants étaient toujours nombreux ce jour là de la semaine et puis, cela lui avait permis d'oublier, un peu, ses soucis l'espace de quelques heures….Quoique…

Camus rejeta sa tête vers l'arrière et soupira bruyamment. En vérité, il ne s'était pas écoulé une seule seconde durant laquelle il n'y avait pas pensé. Il avait mal, très mal même de ce qu'il avait dû faire. Sa discussion avec Milo l'avait beaucoup bouleversé, au point de culpabiliser davantage de ce qu'il lui avait dit la première fois. Machinalement, il porta sa main à son cou. Il sortit délicatement le médaillon qui ne l'avait pas quitté depuis plusieurs jours, depuis que Milo lui avait offert en fait. Il sourit devant le présent. Il n'aurait jamais dû croire un instant que Milo l'abandonnerait aussi vite et ce qu'importe les paroles qu'il ait pu lui dire.

Au fond, il s'était sentit soulagé de voir que Milo avait des doutes et qu'il persistait à croire que l'attitude qu'il avait eut n'était pas la sienne. Son sourire devient tendre. Il…Il était heureux..tellement heureux. C'était la première fois que quelqu'un avait appris à le connaître, certes peut-être pas entièrement mais assez pour cerner sa personnalité profonde. Il regrettait tellement ce qu'il lui avait dit, chaque parole avait été si douloureuse à prononcer et la souffrance de Milo lui avait tellement fait saigner le cœur.

Camus serra fortement le médaillon dans sa main. A quoi bon tout ce cirque ? Il ne pourra pas mentir plus longtemps et il le savait ; mais il espérait trouver une solution avant que la situation ne lui échappe totalement. Mais, dans un sens, il voudrait tellement voir Milo, maintenant, et tout lui dire, lui avouer pourquoi il avait agit de cette manière. Camus rougit. Décidément toutes ses pensées lui ramener inexorablement vers le grec. Son visage lui apparut en songe. Son cœur s'accéléra et ses joues se chauffèrent davantage. Camus porta une de ses mains au visage avant de se lever vers la cuisine, il avait besoin d'un rafraîchissement.

On toqua soudain à la porte. Camus regarda l'heure sur l'horloge du salon. Il était tard. Cela intrigua le français qui se dirigea tout de même vers la porte d'entrée où de faible coup se firent entendre. Camus prit son trousseau. Mais…à peine eut-il eut le temps d'ouvrir légèrement la porte que celle-ci s'ouvrit brusquement dans un bruit sourd et fracassant. La force avec laquelle la porte s'était ouverte avait projeté le français au sol. Il n'eut cependant le temps de se remettre de ses émotions car la lumière fut éteinte et qu'une puissante poigne sur sa gorge lui coupa le souffle. Il entendit la porte se refermait silencieusement.

La lumière se ralluma, l'éblouissant.

Toujours avec cette pression sur la gorge, Camus regarda autour de lui. Un frisson d'horreur le transperça.

« Bonsoir Camus. » sonna une voix.

Le français put enfin voir le visage de son agresseur. Il était plus âgé que lui, à califourchon sur son ventre, il resserra sa prise sur son cou le faisant tousser. Il ne le connaissait pas, cet homme avait une balafre sur la joue gauche et un regard sadique qui ne fit qu'accroître son malaise. Il ne les vit pas très bien mais deux autres hommes étaient dans la pièce, un positionné dans l'entrée et l'autre devant celle de la cuisine. Ils avaient la même corpulence que celui qui le maintenait ainsi que l'aura néfaste qui semblait se dégageait dans leur attitude. Néanmoins ce ne fut aucun deux qui avaient prononcé ses paroles.

« Enfin je fais ta connaissance. »

Camus dirigea son regard vers celui qui avait dit cela. Un jeune homme sortit de l'entrée, il était grand, sa peau était aussi claire que la sienne, sa démarche était lente presque angoissante tout comme le ton qu'il avait employé.

« Qui…qui êtes-vous ? » dit Camus péniblement en agrippant le poignet du balafré.

Le jeune homme s'arrêta près de lui et s'accroupit pour pouvoir se pencher légèrement au-dessus de son visage.

« Mon nom ne te diras rien. » dit-il d'une voix assurée.

« Qu'est-ce…que vous me voulez ? » dit Camus qui avait du mal à respirer.

L'inconnu posa une main sur l'épaule de celui qui le maintenait au sol.

« Pas aussi fort. »

Ces trois mots furent suffisants pour que la poigne se relâche doucement. Une bouffée d'air rentra subitement dans les poumons du français qui se mit à respirer comme s'il en avait manqué depuis longtemps. Néanmoins la prise était encore assez puissante pour lui couper tout envie de bouger. L'inconnu continua de le fixer, un sourire mystérieux flottant sur ses lèvres.

« Qui êtes-vous ? » répéta Camus.

Le jeune homme regarda l'homme à côté de lui et eut un faible mouvement de tête sur le côté. Le balafré tira violemment sur le cou du français qui sentit l'air se couper une fois encore. Le colosse le traîna sur le sol jusqu'à la table basse où il l'allongea avec brutalité. Ne s'y attendant pas, Camus eut une grimace de douleur, sa tête ayant fracassé trop rapidement le verre de la table.

« Tu n'es pas en position de me poser des questions Camus. » dit l'inconnu en se rapprochant de lui pour s'accroupir sans le quitter des yeux.

Camus tourna la tête vers lui.

« Mais vous, vous semblez me connaître. » dit le français en ignorant sa remarque.

L'homme élargit son sourire devant la réplique.

« On peut dire çà. » dit-il d'un ton amusé.

Camus haussa un sourcil, intrigué par le comportement de cet homme mais aussi par autre chose. Il ne saurait dire pourquoi, cependant il sentit qu'il l'avait déjà vu quelque part. Son attitude, sa personnalité lui rappelait vaguement quelque chose, il ne se trompait pas, il avait toujours eut une excellente mémoire. Néanmoins, s'il n'était en mesure de mettre un nom sur son visage c'est que cela devait dater d'il y a longtemps à présent. Mais quand ?

« Alors c'est ici que tu habites ? » dit l'homme avait détachement. « Hum pas mal. »

L'inconnu se tourna légèrement sur le côté fixant le mobilier sans vraiment le voir. Il voulut se lever et pour prendre appuie il posa ses deux mains à terre pour ne pas perdre l'équilibre. Il se redressa vers l'avant, son corps suivant parfaitement le mouvement, et sa chevelure argenté se soulevant lestement.

Camus ouvrit subitement les yeux.

« Je me souviens de toi ! »

Le jeune homme se retourna, ses prunelles violacées marquant sa surprise. Cependant, il reprit vite son visage impassible pour revenir aux côtés du français s'asseyant cette fois-ci sur la table basse.

« Oh vraiment ? »

« Tu étais…au stade…..Milo…..t'avais battu à la course. »

Camus sentit une vive douleur le tirer vers l'arrière. Rune par un mouvement vif lui avait agrippé une poignée de cheveux, ses yeux s'étaient fait féroce à l'évocation de sa lourde défaite qui lui avait value la perte de son honneur. Son visage n'était plus du tout impassible, ses traits exprimèrent toute sa rancœur et sa haine envers celui qui avait ravivé ses plaies. Il se pencha davantage sur le français.

« Bravo je te félicite, tu as une très bonne mémoire….Dommage, elle ne te serviras à rien ce soir. »

Rune le lâcha pour se relever, faisant quelque pas dans le salon comme un fauve en cage, exposant toute sa rage.

« Milo m'a humilié, a bafoué mon honneur, détruit la réputation que j'avais auprès des autres et çà… » il s'arrêta un instant. « crois-moi, je lui ferais payer. »

L'étudiant s'était rapproché de Camus en prononçant ces derniers mots. Celui-ci avait ressentit une sourde angoisse monter en lui, cet homme avait une sérieuse rancœur envers Milo, son comportement le lui faisait parfaitement comprendre. Il était de ceux qui ne supporter pas les échecs , et vu les manières qu'il employait envers lui alors qu'il ne lui avait rien fait il n'osait imaginé ce s'il pourrait faire subir à Milo. Non ! Çà il ne pouvait le tolérer !

Mais avant toute chose.

« Si c'est à Milo que tu en veux….Pourquoi es-tu chez moi ? »

Rune rit devant la question du français.

« Eraste est intelligent, si je m'attaquais à lui cela n'aurait aucun effet, et puis…. » Rune se rapprocha du visage du français qui ne se trouvait plus qu'à quelque centimètres du sien. « que sont les souffrances physiques comparés à celles du cœur ? »

Camus réprima un frisson de dégoût.

« Que veux-tu dire ? »

« Tout simplement que s'attaquer à ses proches n'en sera que plus fatale….. »

« Je….je ne comprends pas. »

« Ses amis sont trop solidaires, et bien que cela m'enrage de l'avouer, ils nous démoliraient sans problèmes, en revanche…. » Rune passa son doigt sur la joue pâle du français. « si je m'en prends à son mec çà n'en sera que plus existant. »

Cette dernière phrase eut l'effet d'une bombe.

« Qu'est-ce…..qu'est-ce que tu as dit ? » dit Camus sous la surprise.

« Dis-moi çà fait quel effet d'être le copain du gars le plus côté de toute l'université ? Hein ? » Rune eut un rire mauvais. « Il se ramollit le pauvre, il n'a pas eut une seule aventure depuis des mois,..du moins c'est ce que dit la rumeur…..tu dois sacrément bien le satisfaire. »

L'étudiant laissa glisser son regard sur le corps du français qu'il sentit trembler sous son inspection.

« Hum t'es plutôt pas mal. » dit-il en posant sa main sur sa hanche.

Camus sentit son cœur s'emballer sous le geste et son sang ne faire qu'un tour. Il se débattit violemment surprenant le colosse qui le lâcha. Camus qui voyait peut-être là une occasion de s'enfuir se leva précipitamment en poussant l'homme à terre. Cependant, à peine fit-il quelque pas qu'il se sentit retourner vers l'arrière. Un coup puissant partit pour le frapper en pleine figure le projetant durement contre le mur. Il eut un petit bruit aiguë. L'impact fut tel que Camus se retrouva à moitié assommé, allongé sur le flanc.

Il lui resta tout de même assez de force pour reprendre rapidement ses esprits et réouvrir les yeux. Il entendit des éclats de voix sûrement l'étudiant qui réprimandait l'autre homme pour l'avoir lâché, mais surtout il vit un léger éclat lumineux tout près de lui. Sa vue s'améliora et il put distinguer ce que s'était. Le coup qu'il avait reçu au visage de part sa puissance et sa mauvaise précision avait rompu la chaîne en or qu'il portait. Camus ne voulait en aucun cas que ces brutes le lui prenne, même si cela n'était pas dans leur attention, peu lui importait, il ne les laisserait pas le lui prendre. Il tendit péniblement la main jusqu'à atteindre les restes de la chaîne qui heureusement avait gardé le médaillon en place. Camus esquissa un sourire….sourire qui fut vite remplacé par un cri de douleur.

« Maintenant finit de jouer. » dit Rune d'un ton malveillant.

Il appuya davantage son pied sur les doigts de Camus qui ne tardèrent par à craquer sous l'agression, le français retient un nouveau cri, ne voulant lui accorder ce plaisir. D'ailleurs il le darda de son regard le plus glacial, ses pupilles devenant plus froide que jamais. Son audace accentua la colère de Rune qui ordonna aux deux hommes présents dans le salon de l'immobiliser sur la table basse. Camus se fit brutalement soulever et allonger face contre le verre, mais tenant toujours dans sa main le précieux médaillon.

« Je pensais faire çà plus en douceur, mais…. »

Rune partit précipitamment dans la cuisine pour en revenir avec une chaise en bois qu'il plaça dans un coin de la pièce, de telle sorte qu'il puisse voir le visage du français. Il s'assit dessus en croisant les bras. Son regard n'était que mépris et sans lâcher le regard de Camus il dit :

« On change le plan….. »

Les deux hommes ainsi que celui dans l'entrée restèrent silencieux attendant les instructions.

« …faites-en ce que vous voulez. »

Camus paniqua, les rires vicieux des deux hommes qui le maintenaient accentuant davantage la peur qui commençait à le paralyser. Il sentit une sueur froide lui parcourir tout le long du dos. Il n'eut le temps de réagir car déjà les deux hommes le retournèrent, un lui tenant les cuisses et l'autre les poignées qu'il plaça au-dessus de sa tête. Le balafré qui se trouvait devant lui, le scrutait d'un regard obscène et impur, s'attardant sur les endroits les plus intimes de son anatomie. Camus voulut se libérer en se débattant, bougeant dans tout sens, mais ils étaient deux et leurs forces étaient bien trop importante face à la sienne. Néanmoins s'agitait comme il le faisait énerva l'homme qui le gifla. Rune lui observa la scène avec plaisir savoura la peur qu'il pouvait lire chez lui.

Le colosse eut assez de force pour maintenir ses deux cuisses pour avec son autre main partir à la découverte de son corps. Camus sentit la nausée l'envahir, un frisson de dégoût lui remontant tout le corps ce qui attisa le désir bestial du balafré. Celui-ci sans douceur et avec un rire vicelard déchira le haut du français qui voulut crier mais le deuxième homme lui bâillonna les lèvres d'une de ses mains. L'autre homme fit parcourir sa main sur la peau laiteuse du français comme un animal avide de chair. Camus sentit des larmes lui monter aux yeux, il ne voulait pas, non, il ne voulait pas. Hurler, appeler de l'aide si seulement il pouvait le faire, que quelqu'un l'entende! L'homme ne se préoccupa pas des tremblements du français, et continua de toucher sans gêne le torse de celui-ci pour ensuite descendre vers son pantalon. Camus paniqua davantage quand il sentit sa fermeture éclair s'ouvrir. Le balafré fit descendre le vêtement presque impatiemment touchant les cuisses au passage. Les larmes se versèrent cette fois-ci sans retenue.

Deux coups se firent entendre.

Il eut un silence pesant. Les quatre hommes se regardèrent, stoppant tous leur activité. Rune se tourna vers celui posté dans l'entrée et par un regard lui ordonna de voir de quoi il s'agissait. L'homme alla à la porte. Il se retourna une dernière fois vers les autres puis tourna doucement la poignée. Il l'ouvrit doucement puis….

Avec une force considérable fut brutalement projeté vers l'arrière. La porte fut ouverte avec une telle agressivité qu'il fut assommé net, le nez en sang et l'arcade sourcilière ouverte. Rune se leva brusquement suivit des deux autres. D'un pas mesuré et oppressant l'intrus rentra dans le hall. Les trois hommes se mirent systématiquement en position de défense. Rune, lui, ouvrit les yeux de stupeur. L'intrus survola la pièce du regard pour tomber sur le centre du salon. Ses yeux s'attardèrent sur les deux hommes pour glisser sur le corps Camus, qui, paralysé par la peur et son entrée inattendue paraissait dans un état second. Il vit des bouts de tissus éparpillés le sol, le torse nu du français, son pantalon baissé jusqu'aux chevilles et les deux hommes qui l'entouraient. Ce constat fit monter une rage sauvage chez le jeune homme, son sang sembla devenir bouillant.

« Espèce de salaud !! »

Milo se jeta sur les deux hommes qui bien que surpris par une telle agressivité se défendirent face à cet homme qu'il ne connaissait pas. Milo se mit d'abord à affronter celui qui avait touché Camus et de par sa technique et la rage qui avait augmenté la puissance de ses coups ce dernier ne mit pas longtemps à être battu, bien amoché également. Furieux et dont la rage ne semblait voir s'apaisait le jeune grec se tourna vers le deuxième homme qui terrifié par une telle brutalité qui n'avait plus rien d'humaine, était en sueur et tremblait. Les yeux de Milo étaient terrifiants, envoûtants, monstrueux. Mais l'homme ne désirant finir comme ses deux camarades sortit un couteau de son pantalon et se rua sur Milo qui par une feinte rapide agrippa son bras et le lui tordit dans un geste brusque, faisant tomber le couteau à l'autre bout de la pièce. D'un mouvement souple, le grec propulsa l'homme qui alla atterrir près de son compagnon.

Milo avait le souffle court puis reporta son regard sur Camus qui ne paraissait toujours pas avoir repris conscience de ce qui l'entourait. Les pupilles du grec s'éclaircirent, sa respiration redevint normale et ses traits se détendirent pour peindre de l'inquiétude sur son visage. Il se pencha sur le français.

« Camus ?! Camus ?! C'est moi ! Camus… » dit Milo inquiet de ne le voir réagir.

Il remit son pantalon en place, le recouvrit de sa veste et le prit dans ses bras pour l'allonger sur le canapé avec des gestes tendres et délicats.

« Mais qui voilà, Milo Eraste nous fait l'honneur de sa présence. »

Cette phrase fit l'effet d'une bombe, Milo se redressa. Il se retourna avec une lenteur angoissante vers celui dont la voix ne lui était pas inconnue, quand il le vit, il lui sembla que toute sa furie était revenue au galop.

« Rune » souffla t-il.

« Eraste » rétorqua t-il sur le même ton.

« C'est toi qui est responsable de çà ? » dit Milo d'une voix tranchante.

« Dommage que tu sois arrivé maintenant Eraste…çà commencer tout juste à être intéressant… »

« Tu es pire que ce que je pensais. » cracha Milo en serrant les poings.

« Arrête, tu me flattes. » dit Rune d'un ton neutre. « Tout de même….j'aurais aimé savoir………pendant combien de temps ton mec allait tenir avant de crier son plaisir… »

« Sale petite ordure !! »

Milo se jeta littéralement sur Rune, mais celui-ci possédait assez de technique pour pouvoir rivaliser avec le grec. Commença alors une lutte acharnée entre les deux jeunes hommes, les coups fusèrent, les poings frappèrent, chacun usant de leur maîtrise au combat pour achever l'autre. Milo eut plus de mal qu'il l'aurait cru, Rune étant plus agile que lui. C'est pour cela qu'il parvint un moment à immobiliser ses bras et à le projeter contre le miroir du salon qui se brisa dans un fracas suraiguë, éparpillant des débris un peu partout sur le sol. Rune avec sa main essuya le sang qui coulait de ses lèvres ouvertes. Son regard avait un brin de folie.

C'est à ce moment là que Camus revint un temps soit peu à la réalité. Il cligna des yeux plusieurs fois avant de se redresser, alarmé par un bruit strident. Il eut un regard horrifié. Milo était au sol, des débris tout autour de lui et du sang qui dégoulinait en une traînée fine sur le visage. Le jeune homme aux longs cheveux argentés paraissait fixé son ennemi avec haine, cependant il regarda subitement ensuite dans sa direction. Camus ne put réprimer un nouveau soubresaut devant le sourire qu'affichait le jeune homme. Il le vit mettre sa main dans sa poche alors que Milo s'était remit sur ses pieds.

Cela ne durant qu'un instant. Terrifié, Camus vit le jeune homme se jeter sur Milo sortant sa main de sa poche droite. Ce dernier encore sonné n'avait pu prévoir son geste. Rune plaqua de son poids Milo contre le mur. Le grec ouvrit grand les yeux. Il voulut hurler mais le son mourut dans sa gorge alors qu'il plongea son regard dans celui cristallin du français. Rune se retira vivement tandis que Milo se laissa glisser le long du mur blanchâtre une main sur la hanche.

Camus vit le sourire de Rune s'élargir et ses pupilles se rétrécirent alors que dans sa main le couteau qu'il avait récupéré de l'un de ses complices tâchait le sol de goûtes rougeâtres.

« MILOOOOO !!! »

Camus se leva précipitamment et courut désespérément vers Milo qui contre le mur baigné dans son propre sang. Camus enleva la veste qu'il avait sur lui et l'appuya sur la plaie pour stopper l'écoulement. Milo commença à fermer les yeux.

« Milo ! Milo réponds-moi ! Milo !! »

Le français se retourna vers Rune qui n'avait toujours pas bougé se délectant de voir sa vengeance enfin accomplie. Toutefois, un cri venant du fin fond du couloir alerta Rune qui jetant un dernier regard sur son ennemi s'enfuit par la porte d'entrée. Camus regarda Milo paniqué de le voir se vider de son sang et de ne pouvoir rien faire alors que celui-ci somnolait de plus en plus.

« Accroche-toi Milo, je t'en pris… » dit Camus désespéré.

Des pas résonnèrent dans le couloir pour devenir plus proches. Finalement une personne entra dans l'appartement.

« Camus ? » appela t-elle.

« Aiolia, on est là. »

Aiolia apparut dans le salon accompagné de Kanon. Ils constatèrent le désordre qui régnait dans le studio ainsi que la présence des trois hommes inconscients. Quand Aiolia vit l'état de son ami son teint devint livide et il se précipita à ses côtés.

« Nom de Dieu, Milo ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Mais Milo ne répondit pas, affaiblit par sa blessure sanguinolente.

« Kanon, appelle l'hôpital dépêche-toi !» s'écria Aiolia.

L'interpellé sortit à la hâte son portable de la poche de son jean et composa l'appel d'urgence. Il donna l'adresse et l'état de leur compagnon à son interlocuteur avant de raccrocher.

« Une ambulance arrive dans cinq minutes. »

Ainsi, Camus et Aiolia restèrent auprès de leur ami pour panser au maximum la blessure et diminuer la perte de sang qui devenait bien trop importante. Camus avait l'esprit totalement embrouillé perdu entre toutes les émotions auxquelles il fut confronté ce soir là. Mais plus rien n'avait d'importance à cet instant précis, ni l'enveloppe qu'il avait reçu, ni ces hommes qui étaient venus chez lui, tout ce qu'il lui importait c'était Milo…que Milo et rien que lui….Milo qui d'ailleurs, s'enfonça un peu plus dans le sommeil.

« Non Milo, tu dois resté éveillé tu m'entends ? Milo tu m'entends ? » dit Camus en haussant la voix, affligé et appuyant toujours sur sa plaie.

Milo par cet éclat de voix rouvrit péniblement les yeux pour les plonger, dans ceux brillants du français. Son visage était tout près du sien, sa vue était trouble mais il pouvait parfaitement voir les contours de son visage. Alors il tendit sa main tremblante, mais non tâchée de son sang, et la posa délicatement sur la peau douce de sa joue. Camus eut un sursaut à ce contact, il serra cette main avec la sienne comme pour en accentuer davantage la sensation sur sa peau. Milo ouvrit péniblement les lèvres.

« Tu…vas..bien. »

Camus ouvrit les yeux de stupeur, Milo était devant lui se vidant de son sang, fatigué, blessé et…tout ce qu'il le préoccupait…c'était…qu'il aille bien ?!….Les larmes coulèrent une fois de plus sur les joues pâles du français, des larmes de tristesse, de joie, de peine et, d'angoisse…Mon Dieu comment a t-il pu se comporter comme il l'avait fait envers un être aussi merveilleux ?

Le jeune grec caressa tendrement sa joue avec son pouce. Camus pencha la tête pour en apprécier la douceur, il lui offrit son plus beau sourire. Milo avait retrouvé le Camus qu'il avait perdu. Il sourit à son tour.

« Ca..Camus……je…»

Milo perdit son sourire…ses lèvres se fermèrent…son teint devint vitreux…sa main tomba dans un bruit sourd sur les débris du miroir….Quelque chose sembla s'être brisé.

« MILLOOOOOOOOOOOOOOOOO »

Au loin…une sirène retentit…


Eh voilà, le neuvième chapitre est enfin terminé. Alors ? Review ?

J'espère vous revoir pour le dixième. Gros bisous à tous.