Titre : Glimpses

Auteur : LilyIsAwesomerThanYou

Traducteur : Gini95

Correcteur : Merci à lucy in the sky 14

Résumé : Quand Harry est retiré de chez les Dursley par les services sociaux, Severus Rogue est obligé de l'adopter. Mentions d'abus (non détaillés). NO SLASH.

Disclaimer : Rien ne m'appartient, je ne suis qu'une simple traductrice. L'univers d'Harry Potter est du ressort de J.K Rowling.

Commentaires de la traductrice : Merci pour vos reviews! Ce chapitre est une sorte d'intermède avant le prochain, dont la fin devrez vous plaire! Normalement je devrais passer à une publication régulière: toutes les deux semaines et en générale le dimanche.

Les paroles de Rogue pesèrent lourd sur le cœur d'Harry et ce pendant plusieurs heures. Il était là, couché dans le lit chaud, à regarder le plafond sombre au-dessus de lui. Ce n'était pas la première fois qu'il ne trouvait pas le sommeil. Ses yeux verts parcouraient chaque recoin de la pièce, plus particulièrement les rideaux qu'il en connaissaient maintenant chaque particularité, chaque pli, chaque centimètre de la couture. Il pourrait les redessiner de mémoire.

Il avait tout fait pour tenter d'oublier son oncle et sa tante, mais il ne pouvait pas. Il avait pris leur mode de fonctionnement à partir du moment où il avait été déposé sur le pas de leur porte, et Harry savait que ce ne serait pas facile pour lui d'oublier tout cela. Un soupir s'échappa de ses lèvres. Ce n'était pas un échec, il n'avait pas échoué… Il luttait pour se rassurer, tout en essayant de mettre ses pensées misérables derrière lui. Et pourtant…

Harry regarda autour de lui à nouveau, avant de se rappeler qu'aucune horloge ne se trouvait dans cette pièce. Comment diable suis-je censée être à l'heure, se questionna-t-il avec colère. C'était l'un des jurons favoris de son oncle. Il ne serait jamais capable de se lever à l'heure pour préparer le petit déjeuner s'il n'y avait aucune horloge dans la pièce. Monstre stupide, se réprimanda-t-il en se rappelant qu'il n'avait pas à préparer le petit déjeuner dans cette nouvelle maison.

Severus Rogue était différent, c'était même quelqu'un de bien. Il n'avait jamais rencontré par le passé un adulte qui l'avait traité comme tel. Pendant toute sa vie, il n'avait rencontré que des grandes personnes qui le haïssaient ou l'ignoraient. Rogue lui avait offert ce dont il avait besoin et qu'il n'avait jamais pu avoir. La seule personne qui s'était un minimum préoccupée de lui était avant Mme Meath, et Harry se doutait qu'il ne la reverrait jamais.

Tu ne changeras jamais qui tu es, se rappela lamentablement Harry. Tu es toujours un montre. Un bon à rien non désiré, un petit monstre. Il sortit de son lit et se dirigea tranquillement vers ce qui était dans son esprit formaté, ses quartiers. Il se trouva rapidement devant le placard à ingrédients et soupira. Il savait pourquoi il était venu ici. C'était le seul endroit où il se sentait à l'aise après toutes ces années à vivre dans une pièce semblable.

Il eut un moment d'hésitation avant d'entrer, imaginant la colère dans laquelle serait l'homme s'il le découvrait ici une fois de plus. Il n'aura qu'à tout simplement retourner dans sa chambre avant qu'on ne le trouve. Il avait toujours su se cacher.

Harry se recroquevilla sur lui-même dans sa position fœtale qui lui était maintenant familière, sentant les odeurs des différents flacons posés autour de lui. Il se sentait vraiment bien, ses épaules reposant sur la face inférieure de la tablette du bas, se laissant aller dans l'oubli.

oOoOo

Rogue griffonna rapidement une note avec sa plume, brisant le calme de ses quartiers. Il la laissa sur la table avant de passer la tête par la porte de la chambre de Potter. Rassuré d'apercevoir le garçon, il jeta une poignée de poudre de cheminette et chuchota sa destination. Il retint son souffle, autant pour éviter d'avaler de la suie que pour se préparer à l'entrevu qui allait se dérouler.

Arrivé à destination, il toussa légèrement et lança un charme pour nettoyer ses vêtements. Il se releva de l'endroit où la cheminée l'avait expulsé, le Chaudron Baveur. Le pub était presque vide, seuls quelques sorciers isolés étaient assis misérablement au bar. Severus frissonna en pensant qu'il aurait pu devenir comme eux.

Il se dirigea rapidement vers la porte pour se retrouver dans les rues froides du Londres Moldu. C'était bientôt noël, à sa grande déception, mais une note plus joyeuse vint remplacer cette pensée funeste : aucun étudiant ne serait là pour le déranger en cette période, ce qui le rendait heureux. Et Harry n'avait aucun moyen de sortir de ses quartiers sans surveillance. Non pas que l'idée lui viendrait maintenant.

Il lança un charme rapide sur ses bottes pour qu'elles repoussent l'humidité et le froid de la neige qui tombait, et commença à avancer dans la rue, la mine renfrognée (à la Moldu). Il en apercevait plusieurs à la lueur des réverbères, à moitié ivre. Dès qu'il trouva une ruelle sombre, il transplana, ressentant l'écœurement habituel que provoquait cette action. Arrivé à destination, il prit une grande inspiration pour se calmer et reprit sa route. Il s'arrêta devant un petit hôtel. Par Merlin, il y avait maintenant des années de cela qu'il n'avait pas séjourné dans un lieu pareil. Il s'arrêta soudainement, essayant de se rappeler s'il avait déjà séjourné dans un hôtel Moldu. Alors qu'il reprenait rapidement sa marche vers l'entrée, ses pensées le rattrapèrent et lui dirent clairement « non ». Il n'avait certainement jamais été accueilli par une musique douce et une odeur dégoutante et nauséabonde qu'il entendit et sentit lorsqu'il traversa les portes automatiques. Automatiques ? Il semblait que les Moldus savaient faire de la magie.

« Puis je vous aider ? » La voix qui l'accueillit sonnait faux, et Rogue ne changea en rien son expression de dégoût.

« Je suppose que vous pouvez, répondit-il froidement. J'ai besoin d'un endroit pour passer la nuit. »

La personne en face de lui fit un sourire forcé : « Les tarifs des chambres sont affichés juste ici, » dit-elle en tendant une feuille bleue. Il la prit, faignant poliment de jeter un œil dessus. « Êtes-vous en mesure de payer ? »

« Je suis en toute capacité de le faire, je vous remercie, » répondit-il sèchement en regardant son badge d'identité. Il n'y avait pas de nom de famille, ce qui le dérouta légèrement. « Mlle… Verity, je vous assure que je n'aurai pas mis les pieds dans ce bâtiment si je n'étais pas en mesure de couvrir les frais requis. Maintenant si vous voulez bien me montrer ma chambre, j'ai besoin de me lever tôt demain pour une réunion. Et un peu de sommeil serait souhaitable. »

À son ton glacial et insultant, le visage de la femme se tordit en un regard de dégoût. Jamais auparavant quelqu'un avait dit son prénom de façon si insultante. Et encore, elle ne connaissait pas le fond de la pensée de la personne en face d'elle, cela aurait pu être électrique. Elle le conduisit à sa chambre tout en fulminant de colère. Arrivé sur place, elle l'abandonna pour retourner à la réception et s'y installer. Elle ouvrit une fenêtre de son navigateur pour vérifier combien de personnes avait aimé sa page du réseau social où elle était inscrite. Pas assez selon elle.

Rogue s'assit brutalement sur le matelas dur et y resta un moment avant de tirer de sa poche un flacon contenant un liquide bleu-vert. Potion de sommeil sans rêves. Il n'avait jamais vraiment reçu de salutations gentilles de quelqu'un, à part Albus bien sûr, mais il ne s'attendait pas à l'accueil qui lui avait réservé la jeune fille. Il but d'une traite le contenu du flacon et se laissa dériver dans un sommeil profond.

oOoOo

Le lendemain, Rogue se réveilla de bonne humeur, fort de constater qu'il avait bien dormit. Il se laissa rapidement glisser hors du lit à 5 heures, regardant autour de lui avant de se réfugier dans la douche.

Une heure plus tard, il se retrouva assis en face de deux hommes moldus, les agents Edwards et Leatherby, comme ils s'étaient présentés à lui. Il les prévient qu'ils pouvaient l'appeler Rogue. Il regardait calmement Leatherby qui semblait dans le même état d'esprit que le Maître de Potions. L'agent se retourna vers lui, impassible, ses yeux noisettes rempli d'une amertume de longue date.

Rogue déplaça son regard vers le collègue, qui semblait plus agréable. L'agent Edwards. Ses cheveux couleurs sable et son doux sourire le rendait plus sympathique. Mais le regard que lui lançait l'homme fit Rogue se crisper dans son fauteuil. Il avait pendant un moment cru voir Dumbledore, dû aux yeux bleus de l'agent. Mais après un examen plus rapproché, il vit trop de différences pour conclure que c'était le directeur lui-même qui était assis en face de lui. Le regard détaché qui passait sur le visage d'Edward et les questions qui semblaient lui traverser l'esprit finir par convaincre définitivement Rogue qu'Albus Dumbledore dormait dans son lit à Poudlard. Rogue secoua infiniment la tête avant d'ouvrir la bouche :

« J'ai cru comprendre que vous aviez retiré Harry Potter de la maison de ses parents il y a maintenant cinq jours, commença-t-il tranquillement. Le visage de Leatherby se durcit brusquement à la mention du nom de l'enfant.

- Oui, répondit son interlocuteur sévèrement. Nous l'avons fait. »

Rogue tourna son attention vers l'homme aux cheveux noirs. « Et M. Leatherby, que s'est-il passé ? Il semble qu'à chaque fois que je prononce le nom du garçon vous vous mettez en colère. Que vous a-t-il fait ? »

Sa question était simple et sincère. Il avait hâte d'en savoir plus au sujet du garçon, trouver une raison de le détester, et l'homme en face de lui semblait être le plus apte à lui en dire plus. À la surprise de Rogue, Leatherby sauta sur ses pieds, laissant déferler sa colère dans la pièce.

« Que m'a-t-il fait ? Je ne sais pas qui vous êtes, Rogue, ni la raison de votre soudain pour ce jeune homme, mais je peux vous assurer que Harry ne m'a rien fait ! »

Rogue regarda avec intérêt la réaction de l'homme. Il trouvait que Leatherby lui ressemblait.

« Mon intérêt soudain pour ce garçon ? » ricana Rogue, qui s'était lui aussi levé pour faire face à l'agent. Il sentait le besoin de corriger Leatherby car, vu ce qu'il avait vu, Potter était loin d'être un jeune homme normal. Bien sûr le garçon était très autonome, mais il savait qu'il y avait bien plus que ça vu de l'état d'esprit d'Harry.

« Je dois vous faire savoir, Agent Leatherby, que je me suis présenté à l'orphelinat il y a maintenant quatre jours pour adopter le garçon. »

Les yeux de l'homme s'écarquillèrent sous le choc avant de se ressaisir et de continuer son discours : « Il est clair que vous n'êtes pas la bonne personne pour s'occuper de ce garçon. Vous pensez qu'il a fait du mal car vous ne connaissez rien. J'estime par ce fait que vous n'êtes pas mieux que ses parents, n'est-ce pas Rogue ? Je pourrai l'emmener loin de vous avant que vous n'ayez le temps de cligner des yeux. »

Une vague de colère froide s'éleva de Rogue en entendant les paroles de l'agent. Il en fut presque sans voix, luttant pour ne pas sortir sa baguette et lui envoyer un sort. « Comment osez-vous ? » La voix glaciale de Rogue retentit dans la pièce. « Comment osez-vous m'accuser de vouloir poser un doigt sur le garçon, ce n'est qu'un enfant ! Et jamais cette idée ne m'a traversé l'esprit… En fait... » sa voix baissa d'un ton pour ne plus montrer sa colère envers les paroles de l'homme, mais sa détresse. Sa voix se transforma en murmure au point que les deux hommes durent se pencher pour l'entendre : « Je suis venu pour entendre ce que vous avez vu dans la maison du gamin. Je dois tout savoir. »

Le visage de Leatherby s'adoucit considérablement face à cette confession, mais sa voix resta dure : « Si jamais j'entends parler que vous avez fait quoi que ce soit à ce garçon, je vais vous…

- Leatherby, le coupa Edwards sèchement. Nous allons essayer de rester civil. Des menaces mortelles sont loin d'être une façon amicale d'accueillir le père adoptif de M. Potter. Tu devrais être heureux de savoir que le garçon a trouvé une maison. »

Rogue reteint de justesse un grognement en entendant le mot « père » et ignora négligemment la remarque de Leatherby : « Pas avec cet homme », sentant que sa colère avait un peu diminué. Il regarda l'agent baisser les yeux, stupéfié par les similitudes évidentes au niveau personnalité qu'il y avait entre eux, ses remarques sèches, son expression pince-sans-rire habituelle. « Il est clair que ce garçon vous a marqué fortement. »

Au son de la voix de Rogue, qui sonnait bien plus amicale qu'auparavant, Leatherby se rassit dans sa chaise tout en fixant Rogue. « Oui, eh bien, la façon dont il a été traité a attiré mon attention. Il était totalement terrifié. Ma réaction pourrait paraitre disproportionnée, j'ai déjà eu affaire à des dizaines de cas identiques, mais je ne me suis jamais senti aussi… concerné. »

Rogue grimaça en entendant la confession de l'homme. Il était clair que Potter n'avait rien fait de mal. « Qu'avez-vous vu ? » demanda le Maître de Potions à voix basse.

« Pas grand-chose, mais c'était suffisant ». C'était Edwards qui avait pris la parole cette fois ci, et Rogue lui fut reconnaissant. Il déplaça son attention vers lui. À l'incitation de Rogue, l'homme poursuivit, parlant à la fois pour Leatherby et lui-même. « Nous n'avons pas personnellement assisté à la plupart des abus qui se sont produits dans les ménages où nous venions retirer des enfants, c'était surtout des témoignages recueillis, mais dans ce cas-ci, ce que nous avions vu suffisait pour l'enlever de la maison.

- Qu'avez-vous-vu ? » demanda Rogue. Il avait pendant un instant envisagé de ne pas reposer la question, de peur de ce qu'il pourrait entendre, mais il était prêt à écouter ce qu'Edward avait à lui dire. Par ailleurs, les Dursley n'auraient jamais osé faire quelque chose en face de deux agents des Services de Protection de l'Enfance qui pourraient les envoyer en prison.

« Il vivait dans un placard, » répondit Leatherby d'une voix dure. Rogue soupira.

« J'ai déjà appris ça par le garçon lui-même, » dit-il, l'air beaucoup plus vieux qu'il ne le paraissait. Il regarda longuement ses mains avant de relever soudainement la tête et demander : « De quelle était la taille de l'armoire ? » À la description de l'agent, Rogue trouva une petite explication à ce qui se passait chez lui. « Cela a du sens pour moi. »

« Qu'est ce qui a du sens ? demanda brusquement Leatherby.

- Le garçon court constamment vers mon placard à ingrédients. Merde… » Aux regards interrogateurs des deux agents, il bredouilla une vague explication :

« Je suis pharmacien, je br… J'aide à créer des médicaments et à refaire les stocks des hôpitaux et des pharmacies. » Non Severus, brasser n'est sûrement pas la meilleure chose à dire devant deux Moldus, même si ils ne connaissent rien des pharmaciens. « Je n'arrive pas à trouver de solutions pour l'empêcher de se réfugier dedans. J'ai aussi découvert qu'il y dormait à l'occasion. »

Un mélange de tristesse et de colère défila sur le visage de Leatherby. « Ces foutus parents, » gronda-t-il, luttant pour garder son calme.

« Je suis d'accord avec vous Leatherby. Maintenant, pouvez-vous me dire si vous auriez été témoin d'autre chose ? Aurait-il par hasard était forcé de préparer le petit déjeuner et ne pas pouvoir manger ce qu'il avait fait ?

- Non M. Rogue, mais je crois que vous avez raison. D'autre part, ce garçon aurait besoin d'un examen physique pour prendre la pleine mesure de ce qui lui ait arrivé. »

Rogue revit une image de Potter qui exposait ses fesses sur son canapé en cuir. « Vous avez de bonnes raison de croire... ?

- Oui et je pense que vous aussi, » ajouta l'Agent d'un ton sérieux.

La tension dans la voix de Rogue augmenta rapidement : « Très bien » dit-il fin à la discussion, hésitant à serrer la main des deux agents. Alors qu'il commençait à partir, il sentit une main ferme lui saisir l'épaule avant de passer la porte.

« Prenez soin de lui, Rogue, » murmura Leatherby. Rogue étudia les yeux de l'homme, l'homme qui lui rappelait tellement les siens.

« Bien sûr. »

Il balaya des yeux la salle avant de filer dans une ruelle sombre et transplaner devant les portes de Poudlard, un peu déçu par les informations qu'il avait glané auprès des deux hommes. Il arpenta les couloirs, atterrissant devant les gargouilles gardant le bureau du directeur. Il murmura le mot de passe avant de monter les escaliers et frapper à la porte. L'homme préservait sa vie privée.

« Albus ! » cria Rogue. Il entendit des bruits de pas puis la porte s'ouvrit. La lumière aveugla le Maître de Potions quelques secondes avant que ses yeux ne s'y habituent.

« Severus, est-ce que tout va bien ? » N'obtenant pas de réponse, Dumbledore ouvrit en grand la porte. « Allons mon garçon, entrez. »

Après avoir pris place dans un fauteuil confortable et refusé gentiment un bonbon au citron, Rogue entra dans le vif du sujet :

« Albus, j'ai besoin que vous ameniez Poppy dans mes quartiers demain au plus tard.

- Pourquoi ? » demanda le directeur. Au silence qui lui répondit, le vieil homme insista. « Severus ?

- J'ai besoin d'elle pour faire un examen à M. Potter. »

Dumbledore, surpris, demanda des précisions : « Pourquoi ? Qu'est-il arrivé ?

- J'ai des raisons suffisantes pour croire que l'enfant a été abusé… par ses précédents tuteurs, Albus. »

La respiration de Dumbledore se fit difficile alors qu'il enlevait ses lunettes en forme de demi-lune et enfouissait son visage dans ses mains. Rogue regard avec inquiétude l'homme devant lui qui tremblait en émettant des sanglots silencieux.

« Pourra-t-il un jour me pardonner ? »

Rogue resta silencieux, n'ayant pas de réponse à donner au directeur.