Chapitre 6:
Après mon "épanchement" durant le petit-déjeuner qui sembla cependant être passé inaperçu, nous terminâmes chacune nos bols et nos assiettes, et nous nous levâmes pour aller en cours. Etant revenu à des sujets, moins graves je continuais à parler du monde magique à Hermione qui m'écoutait captivée littéralement ce qui était parfaitement normal au vu du fait qu'elle découvrait ce dernier.
Ainsi, nous étions entrain de parler avec animation quand le Professeur McGonagall arriva sans que je la remarque. Je m'étais détendue durant ma conversation avec Hermione, d'autant plus que je m'étais épanchée auprès d'elle par deux fois, et étais entrain de lui parler en faisant de grands gestes des moyens de transports sorciers:
-"Il existe plusieurs moyens de transports plus ou moins commodes et plus ou moins autorisés en Angleterre.
Tu as ainsi le Réseau de Cheminette. C'est très simple. Les cheminées sorcières sont connectées à ce que l'on appelle le Réseau de Cheminette, et tu peux ainsi te déplacer d'une cheminée à une autre en jetant de la Poudre de Cheminette dans une Cheminée et en t'y mettant tout en énonçant très distinctement ta destination. Par exemple, supposons que j'emprunte une des cheminée de Poudlard et que je veuilles me rendre dans le hall du Ministère de la Magie anglais à Londres. Je n'aurai qu'à jeter de la Poudre de Cheminette dans le feu, et quand les flammes seront vertes à y entrer et à crier "Hall du Ministère de la Magie Londres", et j'apparaitrai dans une des cheminées du hall là-bas.
Ensuite tu as le Transplanage. Cela te permet de disparaitre et de réapparaitre dans l'endroit de ton choix. Il suffit de se concentrer, de visualiser l'endroit et ton être tout entier y apparaissant et tu transplanes. Cependant il faut bien se concentrer et visualiser chaque partie de ton corps, parce que sinon tu peux te désarticuler, ce qui est dangereux. Ah et on ne peut transplaner que dans les endroits où on est déjà allé. Et on ne peut pas transplaner à Poudlard ou avant 17 ans où on peut passer un permis de transplanage auprès du Ministère de la Magie.
Il existe aussi le Portoloin. C'est un peu le même principe que le Transplanage à quelques différences. On va ensorceler un objet à l'aide du sortilège de Portoloin et quand on touchera un objet celui-ci nous emmènera à un endroit précis à une heure précise. Cependant seul le Ministère de la Magie a le droit de délivrer des Portoloins.
Le balais volant reste un moyen de transport encore utilisé. C'est comme les balais des sorcières des histoires moldus. Cependant si on voyage avec un balais, on doit utiliser un sortilège de Désillusion et voyager de nuit pour ne pas être vu des Moldus.
L'équivalent du balais volant en Asie va être le tapis volant. Il va être aussi présent dans toute l'Afrique mais aussi dans certains pays d'Amérique. Cependant il est interdit en Angleterre et dans la plupart des pays d'Europe.
Après tu peux aussi voyager à dos d'Hippogriffe, de chevaux ailés ou de dragons même si la dernière option est extrêmement rare et ne concerne que les dragonniers, les dresseurs de dragon. Comme pour les balais tu dois voyager de nuit et utiliser des sortilèges de Désillusion.
Pour les rares personnes qui se sont liées d'amitiés avec un Phénix, ceux-ci ont la capacité d'apparaître et de disparaitre où bon leur semblent, un peu comme s'ils transplanaient mais avec moins de risques. Ils peuvent ainsi transporter plusieurs personnes. Mais les Phénix qui se lient d'amitié avec les humains sont extrêmement rares...
Sinon certaines personnes ensorcèlent des moyens de locomotions moldus pour les faire voler, comme des motos ou des voitures, mais c'est très souvent illégal et puni par la loi du Ministère de la Magie."
Absorbées toutes deux, nous sursautâmes d'un même ensemble quand une toux sèche mais amusée se fit entendre non loin de nous. Levant la tête, nous vîmes le Professeur McGonagall qui nous regardait une lueur amusée dans les yeux. Non loin derrière, tout chuchotant se tenaient d'un côté du couloir les Gryffondors et de l'autre les Serpentards de Première année.
Tâchant de ne pas frémir sous les faisceaux glacés de deux prunelles d'acier, je dis au Professeur McGonagall replaquant mon Masque lisse et polie:
-" Veuillez nous excuser Professeur, nous étions absorbées par notre conservation."
Elle répondit avec un sourire amusé:
-"Nous avons pu le constater..."
Hermione était rouge comme une pivoine et moi n'eut-ce été mon entrainement "Malfoyen" je l'aurais été aussi. A la place je devais afficher deux petites nuances de roses très pâles sur mes pommettes. Inconsciemment, je me décalais légèrement devant Hermione comme pour me préparer à la défendre. Une idée parfaitement ridicule. C'était bien sûr en réalité parce je ne voulais pas qu'elle traine dans mes pattes...
M'étant satisfaite la conscience, je me concentrais sur le Professeur MacGonagall qui après un dernier regard toujours amusé, ouvrit la porte prés d'Hermione et moi et pénétra dans la salle. Aussitôt nous nous engouffrâmes à sa suite et filâmes nous asseoir au premier rang. Côte à côte sur les bancs de la rangée du milieu, nous commençâmes à sortir livre, parchemin, encrier et plume, tandis que les autres s'installaient derrière nous en un brouhahas furieux.
Je caressais un instant la reliure en cuir du livre "Manuel de métamorphose à l'usage des débutants" de Emeric G. Changé. J'en connaissais chaque mot. Tout comme Hermione si j'avais bien compris. Mais entre connaitre chaque mot du manuel et maitriser les sorts de Métamorphose, il y avait un gouffre. Un gouffre que les mots seuls ne pouvaient combler.
Le Professeur McGonagall prit enfin la parole:
-"Bien, maintenant que nous sommes tous installés, nous allons pouvoir continuer ce que nous avions commencé hier..."
Je fouillais dans ma mémoire, pour retrouver ce qu'il y avait eu au premier cours de Métamorphose d'après les cours pris par Hermione. Eclair de souvenir: changer une allumette en bois en aiguille. Je sentis une pointe d'apréhension s'élancer dans mon coeur. Une main vint se poser sur la mienne et tournant la tête je vis une Hermione qui me souriait rassurante. Je bougonnais un peu pour la forme et elle me sourit amusée alors que je détournais le regard pour le poser sur l'allumette en bois.
Techniquement, je savais comment faire, je connaissais la théorie du livre. Mais je savais parfaitement que ça ne suffirait pas. Je devais comprendre avant d'essayer. Je regardais Hermione faire à côté de moi. Me concentrant sur ce que mes Sens me disaient. Petit à petit je fus capable de discerner le flux de magie et d'énergie passant en arabesques liées entre Hermione sa baguette et l'allumette. Quand cette dernière devint une trés jolie aiguille en argent, j'avais enfin compris.
Levant ma baguette, je la tendais vers l'allumette et laissant couler magie et énergie, fermais les yeux alors que je prononçais la formule, visualisant la transformation. Je sentis comme un frémissement dans ma poitrine. J'ouvrais les yeux. Et vis une très jolie aiguille en argent, ciselée d'arabesques et voluptes sur mon pupitre. J'avais réussie.
Je ne pus empêcher un sourire de pure joie de se dessiner sur mon visage. Hermione me félicita excitée avec un grand sourire:
-"Bravo Adal et du premier coup en plus!"
La voix du Professeur McGonagall se fit entendre:
-"En effet c'est impressionnant Mll Malfoy. Dix points pour Gryffondor, pour avoir réussi cette métamorphose au premier essai."
Je souris timidement au Professeur McGonagall, tout en essayant de ne pas montrer mon émotion. Je n'avais pas l'habitude que l'on me félicite. Cela faisait tout chaud dans mon coeur. Hermione posa sa main sur la mienne et me sourit avec gentillesse. Je ne pus m'empêcher de lui retourner son sourire alors qu'une pensée s'imposait à moi.
Le Choixpeaux avait raison. Ce serait dur. Trés dur. Mais ça irait. Parce que je n'étais déjà plus seule. J'avais Hermione. Elle ne mentait pas, je le savais. Et cela me faisait tout chaud dans mon coeur. Parce que je n'étais plus seule.
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La matinée passa avec le reste du cours de Métamorphose et le cours de Sortilèges, dont nous ressortîmes avec déjà de nombreux devoirs et Hermione et moi enchantées. J'avais bien aimée la Métamorphose, je trouvais la transfiguration fascinante mais les Sortilèges m'avaient littéralement passionné et Hermione et moi avions bombardé le Professeur Flitwick de questions, même si je le fis avec plus de retenue qu'Hermione, conséquences de mon éducation.
Quant aux élèves et à Draco, le dernier après avoir essayé de me faire réagir en m'interpellant m'avait ignoré en boudant, tandis que les autres me regardaient en chuchotant de loin. Le fait que je sois avec Hermione et que nous ayons l'air de bien nous entendre, alors qu'Hermione était une Née-Moldue et moi une Sang-Pure issue d'une Famille connue pour prôner la Suprématie du Sang, semblait les choquer et les faire murmurer. Grand bien leur fasse.
A plusieurs reprises, j'avais commencé à paniquer sous tous ces regards et murmures, commençant à respirer fort et vite. A chaque fois, Hermione était là, prenant ma main, me souriant et me rassurant. Pour une raison inconnue, son contact ne m'était pas insupportable, bien au contraire et m'apaisait. Il y avait quelque chose là-dessous, j'en étais persuadée. J'avais déjà fait une liste de ce qui pouvait faire cela.
J'avais éliminé l'option empathe. Elle se serait déjà effondrée avec tout ce qui s'agitait en moi.
Une Protégée des Licornes aussi appelée Dame à la Licorne? Elle ne portait pas la marque et le comportement des autres, auraient forcément été impacté.
Une Guérisseuse? La connaissant, elle m'aurait déjà trainé à l'infirmerie, si elle avait détecté ce que je cachais.
Être liée à un Phénix? Aucune Marque et aucun Phénix en vue.
Autant dire que cela me frustrait de ne pas réussir à trouver. Car j'étais persuadée qu'elle avait quelque chose de particulier, pour que je tolère et même que je cherche son contact alors que le moindre frolement d'une autre personne sur ma peau me donnait envie de hurler.
Nous étions attablées face à face en milieu de table, avec un vide sidéral autour de nous, entrain de déjeuner et je ne cessais de la fixer avec une fixité extrêmement flippante de l'extérieur. Elle finit par me demander, en riant, un rien gênée cependant:
-"Quoi? Tu sais que vue de l'extérieur on a l'impression que tu es un chat qui va bondir sur sa proie?"
Je répondis toujours concentrée:
-"Ma réputation est déjà faite alors peu importe. Je suis entrain de réfléchir à ce que tu as de spécial."
Elle haussa un sourcil
-"Ce que j'ai de spécial?"
Je lâchais:
-"Tu es capable de me toucher."
Elle commença perdue:
-"Oui et alors? Je ne vois pas..."
-"Hermione."
Elle s'arrêta de parler. Je la regardais extrêmement sérieuse.
-"Personne ne me touche. Personne. Je ne les laisse pas faire."
La voyant encore plus perdue, j'eus un petit rire mi-amer mi-amusé:
-"Tu ne sais pas en quoi le fait que tu puisses me prendre la main est incroyable, Hermione. D'ordinaire un simple frôlement, me donne envie de hurler et me tétanise. Marcher dans une foule compacte, est un supplice pour moi."
Je vis la compréhension se faire dans ses yeux. Une compréhension bien trop pointue à mon goût. Trop tard pour reculer. Je lui avais déjà trop dit et je m'étais déjà trop attaché à elle. Elle et son sourire trop lumineux. Elle me demanda très calmement me surprenant encore une fois:
-"Et qu'est-ce que c'est qui me rend si spécial à ton avis?"
Elle ne cessait de m'étonner. Elle ne me posait aucune question sur ce qui faisait que je ne supportais pas les contacts alors que n'importe qui l'aurait fait. La jaugeant une nouvelle fois du regard, je lâchais:
-"Je ne sais pas. Ce que je sais c'est que tu n'es ni une Empathe, ni une Protégée des Licornes, ni une Guérisseuse et que tu n'es pas liée à un Phénix. Ce sont les 4 possibilités que j'ai éléminées pour l'instant. Mais il en reste d'autres encore et je ne peux pas toutes les envisager. Ca peut être un Don tout comme une Bénédiction ou un Lien."
Elle dit après quelques secondes:
-"Ca t'intrigue, vraiment, hein?"
Ce n'était pas vraiment une question. Je ne donnais pas vraiment une réponse, me contentant de hausser les épaules et de dire:
-"Tu as un impact sur moi. Tu n'as même pas idée à quel point. Je n'aime pas ne pas savoir ce que c'est."
Elle hocha la tête comme si cela lui suffisait et que cela expliquait tout. Après plusieurs secondes pendant lesquelles elle fronça les sourcils, elle finit par dire:
-"Attends voir... Je ne suis pas la seule à t'avoir touché sans que tu paniques..."
Je fronçais à mon tour les sourcils, perplexe:
-"Comment ça?"
Elle me dit excitée:
-"Mais si, souviens-toi! Hier quand le chaudron a explosé en cours de Potions, le Professeur Rogue t'a portée jusqu'à l'infirmerie..."
Je me figeais. Non. Je me tétanisais. Alors que la scène d'hier se rejouait à toute vitesse dans mon esprit. Comment ne m'en étais-je pas aperçue plus tôt? Et il n'y avait pas que cela. J'avais tendu la main à Neville Londubat pour qu'il la serre. Je ne cherchais jamais le contact avec les autres. Je dis les yeux dans le vague:
-"Qu'est-ce qui vous relie toi, le Professeur Rogue et Neville Londubat?"
Hermione leva un sourcil:
-"Neville?"
Je hochais la tête distraite:
-"J'ai voulu lui serrer la main hier. Je ne cherche jamais volontairement le contacte et là je l'ais fais sans même y penser..."
Je lâchais un grognement agacé:
-"Qu'est-ce que vous avez en commun? Tu es une Née-Moldue de 11 ans à Gryffondor, Neville du même âge et de la même maison et d'une très vieille famille de Sang-Pur et le Professeur Rogue est le plus jeune maître des Potions au monde depuis au moins trois siècles et le directeur des Serpentards. En apparence, vous êtes tous différents mais il doit y avoir quelque chose..."
Hermione demanda doucement:
-"Et si c'était parce que tous les quatre nous sommes des solitaires?"
Je me figeais et la fixant lâchais:
-"Explicites ta pensée."
Elle dit avec hésitation:
-"Eh bien, de ce que j'ai pu observé Neville n'a pas vraiment d'amis, est très timide et assez isolé. Le Professeur Rogue ne semble s'entendre avec personne. Tout le monde me traite de Mlle-Je-Sais-Tout et tu es la seule personne à être gentille avec moi depuis mon arrivée et à rester avec moi. Quant à toi eh bien..."
Je finis à sa place en levant un sourcil:
-"Je n'ai pas d'amis, le plus qui s'en rapprochant étant toi et mon côté froid et impassible rebute tout le monde en plus du reste de ma réputation?"
Elle hocha la tête le rouge aux joues; Prise d'une envie incompréhensible, encore, je lui souris rassurante:
-"Ne t'inquiéte pas. Je sais très bien comme je suis."
Elle me sourit tout de suite rayonnante. Je clignais des yeux une nouvelle fois avant de rajouter tout en détournant les yeux et en me concentrant sur ma salade:
-"Et tes observations me semblent plutôt justes. Nous sommes tous les 4 des solitaires et assez isolés, par choix ou non. Mais je ne vois pas en quoi cela expliquerait mes réactions plutôt étranges?"
Hermione haussa les épaules en signe d'ignorance:
-"Je ne sais pas."
Je finis rapidement ma salade et dit en prenant ma sacoche:
-"Je vais aller à la bibliothèque, voir si je peux aller emprunter un livre. On se retrouve en DCFM?"
Elle me sourit:
-"Ca marche. Je t'aurai bien accompagnée mais il faut que je demande une précision au Professeur MacGonagall sur le livre."
Je lui souris timidement alors qu'une grande chaleur brûlait en moi:
-"C'est pas grave. On se retrouve en cours. A tout à l'heure."
Elle me fit un petit signe de la main auquel je répondis maladroitement:
-"A tout à l'heure!"
Tournant les talons, je sortis de la Grande Salle et me dirigeais vers la Bibliothèque en me remémorant les instructions pour y aller qu'Hermione m'avait données. J'y arrivais enfin et y pénétrais avec émerveillement . Elle était plus grande que celle que nous avions au Manoir et dégageais une aura d'accueil et de paix qui se communiqua en moi, nourrissant la chaleur qu'Hermione y avait allumée.
Après plusieurs secondes à être restée, plantée là plusieurs secondes, je me secouais et me dirigeais vers ce qui semblait être le Rayon des Rituels, Liens et autres. J'y trouverai sans le moindre doute, aprés quelques recherches. Peut-être pas aujourd'hui, mais j'en trouverai. Poudlard était après tout, très réputée pour sa bibliothèque qui possédait des ouvrages uniques au monde ou rares. Bien sûr, tout n'était pas accessible à tous mais cela me laissait largement de quoi farfouiller...
Une fois dans le rayon, je déposais ma sacoche et ma robe de sorcier, et après avoir consulté ma montre, me lançais. J'avais minutes avant de devoir aller en cours. Ca me laissait un peu de temps. Mes doigts effleurant les reliures de cuir, je me retenais en me mordillant la lèvre, de saisir chaque ouvrage pour l'ouvrir et le lire. Ce n'était pas le moment. Puis...
Je me figeais. La voix de Draco venait de retentir. Derrière moi. Me retournant en serrant ma baguette, je ne vis rien. Ce qui voulait dire... Je me rapprochais à pas silencieux du rayonnage en face de moi et me mis à écouter ce que Draco disait dans l'allée d'à côté. Il n'était pas seul. Je reconnus les voix de Blaise Zabini, Pansy Parkinson et Daphné Greengrass. Il devait y avoir aussi Gregory Goyle et Vincent Crabbe. Ils étaient les "molosses" de Draco. Je me concentrais sur ce qu'ils disaient:
-"Ca a du être vraiment dur pour toi Draco. Que ta soeur trahisse ainsi ta famille."
Pansy Parkinson. La petite peste faisant les yeux doux à Draco. Vicieuse et agressive. J'entendis Draco répondre:
-"Elle payera pour sa trahison. Personne ne tourne ainsi le dos ou ne s'en sort après une telle insulte."
Je tâchais d'ignorer la pointe de douleur et d'angoisse en moi. Ce n'était pas le moment. La voix de Blaise Zabini lui demanda curieux:
-"Et qu'as-tu l'intention de faire Draco? L'envoyer encore une fois à l'infirmerie, en faisant exploser son chaudron?"
Ainsi je ne m'étais pas trompée. C'était bel et bien Draco qui avait balancé quelque chose dans mon chaudron. L'imbécile. D'autres personnes à part moi auraient pu être blessées. Même si en y réfléchissant bien, ça ne l'aurait pas vraiment dérangé. Ca aurait compté pour lui, comme de "regrettables dommages collatéraux". Je tendais l'oreille pour entendre sa réponse:
-"Oh non, je n'en aurai pas besoin..."
Daphne Greengrass lui demanda, faisant écho à mes pensées:
-"Et pourquoi cela, Draco?"
Et c'est là qu'il répondit avec une joie jubilatoire:
-"Parce que j'ai écris à ce sujet à mon Père, ce matin."
"Ecris". "Père". "Ce matin." Je perdis mon souffle. Ma main se plaqua sur ma poitrine. Mon sang rugit dans mes veines. Un étau se referma sur ma tête. Je commençais à voir flou. Je réalisais dans la panique qui me saisissait: J'avais une Crise.
J'essayais de lutter. Non, pas maintenant! Pas ici. Pas avec Draco tout prés. Pas avec autant de monde tout prés. J'essayais de batailler. En vain. Je perdais de plus en plus de terrain. Puis. Une voix trancha à travers le brouillard:
-"Respires. Inspirez. Expirez. Concentrez-vous sur quelque chose. Sur un souvenir paisible. Essayez de trouver un souvenir heureux, apaisant. Respirez. Inspirez. Expirez."
"Respirer"? "Un souvenir paisible"? "Un souvenir heureux"? Mais lequel? Il n'y avait rien. Rien d'autre que la peur, la souffrance, le désespoir, la tristesse, la perte... La voix revint:
-"Concentrez-vous sur ma voix. Sur les questions que je vous pose... Où vous trouvez-vous? Dans quelle classe êtes-vous? Quelle est votre Maison? Quel est le nom de votre plus proche amie? Quel est votre nom?"
Des questions. Je me tendais vers elles. Me forçant à m'y accrocher et à y répondre. Je me trouvais à Poudlard, dans la Bibliothèque. J'étais en Première année. J'étais à... Gryffondor. Couleurs or et rouge. Flamboyantes. Chaudes. Chaleureuses. Apaisantes. Comme un Foyer... Ma plus proche amie... Un visage avec des yeux marrons curieux et pétillants, des cheveux châtains broussailleux, des dents un peu longues et un sourire si lumineux alors que ses mains serrent les miennes... Hermione.
Je m'y accroche. Je m'accroche aux couleurs or et rouge. Les attire à moi. M'en enveloppe comme d'une grande couverture. Elles chassent sous la forme d'un grand lion, le froid et le brouillard. Je m'accroche au sourire lumineux comme le sourire éblouissant, les yeux chocolats pleins de confiance (et...d'amitié?) et les mains si douces et chaudes.. Leur lumière et leur chaleur chasse les Ténèbres et le vide.
Je sors de la Crise. J'inspire profondément, en toussant. Fermant les yeux. Aveuglée par la lumière. Je me force à papillonner des paupières. Je m'accoutume à la luminosité et prends conscience du monde autour de moi. Je suis allongée sur le sol de l'allée, recroquevillée en chien de fusil sur le côté droit. Une dame aux cheveux gris, aux yeux noirs, vêtue d'une robe noire et violette stricte; me regarde avec inquiétude et douceur. Elle me demande et je reconnus la Voix:
-"Vous m'entendez?"
J'hoche lentement la tête. Je ne fais pas confiance à ma voix. Je suis épuisée. Je pousse sur mes mains pour m'asseoir, tremblant énormément. Je tiens. Je demande d'une voix éraillée:
-"Vous êtes Mme Pince?"
Elle hoche la tête. Si je n'avais pas été dans un tel état, j'aurai souris de contentement d'avoir trouvé. Elle n'était pas une Professeur, elle ne portait pas d'habits d'infirmière et elle se trouvait dans la bibliothèque. Il y avait eu de grande chance pour que ce soit justement la bibliothécaire. Elle me demanda:
-"Vous vous sentez mieux?"
Et là je réalisais enfin. J'avais eu un début de Crise. Et elle m'avait vu. Vite, je regardais mes poignets. Mes charmes tenaient encore. Je ne pus retenir un soupir de soulagement.
-"Mademoiselle?"
Je reportais mon regard sur elle. Vite, je devais trouver quelque chose. Je parvins à bredouiller:
-"Ne vous inquiétez pas. J'ai juste eu une crise d'angoisse. Ca m'arrive quand je stresse trop et que j'ai mal dormi. Ca va aller, ne vous inquiétez pas..."
En disant cela, je m'étais levée avec difficulté. Je vacillais sur mes jambes. Mme Pince me retint et m'empêcha de tomber alors que le monde tournait autour de moi. Elle dit sévère:
-"Non, ça ne va pas. Vous êtes à bout de force. Venez avec moi."
Et me soutenant, elle m'emmena hors de l'allée. Malgré mon état de faiblesse qui m'empêcha de me rebeller contre cet embarquement, j'arrivais à voir qu'il n'y avait personne dans la bibliothèque et que l'allée voisine de la mienne était vide. Avec un peu de chance, personne n'avait remarqué ce qui c'était passé à part Mme Pince. Cette dernière, m'emmena dans ce qui ressemblait à son bureau et me fit m'asseoir d'autorité sur un canapé de velours violet. Elle me dit avec une douceur sèche:
-"Allongez-vous, ça vous fera du bien. Je vais vous apporter de quoi boire et manger..."
Je voulus protester:
-"Madame, j'ai cours, je vous assure que..."
Elle me coupa avec un claquement de langue désapprobateur:
-"Vous ne tenez même pas sur vos jambes. Allongez-vous avant que je ne vous jette un sort..."
Sagement alors ne voulant pas tenter le dragon, je m'exécutais. Et même si je ne le reconnaitrai jamais, je me sentis mieux. Fermant les yeux un instant, je les rouvris peu après affolée:
-"Hermione, elle va m'attendre!"
D'une main ferme sur mon épaule, qui me fit frissonner sous le contact, Mme Pince me fit me rallonger et me dit:
-"Ne vous inquiétez pas, je vais la prévenir ainsi que vos professeurs. Je vais ramener vos affaires ici. Si je vous surprend autrement qu'allongée, je vous lancerai un Petrificus Totalus..."
J'eus un maigre sourire alors que je refermais les yeux:
-"Je vous crois sur parole. Merci Madame..."
J'eus juste le temps de l'entendre répondre:
-"C'est normal, ma petite. Vous êtes une de mes élèves après tout."
Je sombrais dans les ténèbres du sommeil. Trop épuisée pour me souvenir, que je ne devais pas dormir.
POV MME PINCE
Elle vit le petite fille s'endormir en moins d'une seconde. Pauvre petite. Elle était à bout de force. Ce qui était normal, compte tenu de l'état dans lequel, elle l'avait trouvé. Par toute la science de Merlin... Se tordant sur le sol, les yeux révulsés, le corps tendu comme un arc sur le point de se briser... Cela lui avait rappelé la Grande Guerre. Et tout particulièrement les victimes d'un certain sortilège.
Secouant la tête, elle sortit sa baguette et envoya un Patronus à Minerva McGonagall. Cela concernait une de ses Lions après tout. En attendant que celle-ci arrive, elle regarda le visage pâle, encore plus avec le contraste de ses boucles noires, de l'enfant allongée endormie sur le canapé.
Si petite et si frêle. Paraissant si jeune. Et pourtant... Son regard n'avait pas totalement son âge. Il y avait quelque chose de trop mature en elle qui prenait le pas sur la part enfantine qu'elle gardait cependant.
Bien sûr, elle l'avait reconnu. Adal Malfoy. Le Château entier parlait d'elle et d'Harry Potter. La première Malfoy à Gryffondor. Mais pas la première Black, non. Elle connaissait par coeur toutes les généalogies des Familles Sorcières Anglaises. Mais surtout.
Elle se souvenait très bien d'un jeune garçon aux mêmes boucles noires, à la même peau pâle, aux mêmes traits fins et aristocratiques, aux mêmes yeux bleus, malicieux, charmeur et chahuteur et surtout son jeune frère, calme, studieux et curieux qui partageait les mêmes caractéristiques.
Oui elle se souvenait très bien d'eux. Et cette jeune fille leur ressemblait énormément. Tous les professeurs ou presque avaient eu un coup au coeur, en la voyant sortit de la masse des Premières Années à la Répartition. Le même que quand Harry Potter s'était lui aussi avancé. C'était commr voir deux fantômes du passé surgir tout d'un coup. D'autant plus quand le Choixpeaux avait clamé Gryffondor...
Irma, ferma les yeux en soupirant. Elle avait parfaitement entendu les paroles du Jeune Malfoy, Draco, dans l'allée d'à-côté de celle d'Adal Malfoy. Elle se trouvait en face à ce moment-là. Et elle savait avec sureté que c'était ces paroles qui avaient fait paniquer la jeune fille. Elle avait vu le jeune homme partir avec ses amis, inconscient de sa soeur en train de paniquer à terre dans l'allée d'à côté. Et c'était assurément pour le mieux.
Son regard se fit encore plus triste sur la jeune fille. Pauvre petite. Quoiqu'elle ait affronté, ce n'était pas fini...
