Peut-être un prochain chapitre dans la soirée XD

Allez, bonne lecture !!


9 – Une Armée Moldue

Depuis l'incident de Poudlard, l'école était en rénovation, espérant pouvoir accueillir de nouveaux les élèves désireux de reprendre leur cours ; bien qu'avec cette guerre et sans la protection de Dumbledore, c'était être bien trop optimiste. Le professeur MacGonagall siégeait au bureau de directeur. Elle était la remplaçante désignée pour succéder au grand magicien. Son visage si sérieux d'habitude avait pris des traits inquiets. Face à elle, les membres de l'Ordre attendaient, silencieux. Elle se décida à se lever et leur tourna le dos, regardant par la fenêtre.

« J'ai accepté de succéder en tant que directrice de Poudlard, mais je ne peux pas être à la tête de l'Ordre. Je ne suis qu'un professeur, ne l'oubliez pas et il y a des personnes bien plus qualifiées pour… prendre la place d'Albus. »

Hagrid poussa un gémissement avant de plonger son nez dans un immense mouchoir et de se moucher bruyamment. MacGonagall inspira profondément et se tourna vers Mr. Weasley.

« Nous ne pouvons pas ramener Harry chez sa famille. Le sort de protection de Dumbledore a été levé. Envoyez leur un hibou pour les prévenir de se mettre à l'abri ; bien que je doute fort qu'ils nous écoutent. »

« Et en ce qui concerne Harry ? »

Lupin s'était avancé, la mine sombre. MacGonagall tourna le regard vers Mrs. Weasley qui acquiesça.

« Nous vous le confions. »

« Nous en prendrons soin. Harry est comme un de nos fils… »

Un hibou tapa à la fenêtre, tenant une lettre à sa patte. Lupin lui ouvrit et récupéra le parchemin en le lisant.

« Bien, Tonks et Maugrey sont avec les parents Moldus. Il faudrait que nous les rejoignions pour faire le point et leur expliquer la gravité des choses… »

MacGonagall acquiesça.

« Je vous laisse choisir à qui revient la tête de l'Ordre. Je dois rester ici. Que Merlin nous vienne en aide… »

Dans le petit manoir de Londres, les parents des élèves d'origines Moldus s'étaient assis aux côtés de leurs enfants. Ils étaient au courant que l'école avait été attaquée, mais que seul le directeur était tombé. Ils ne comprenaient pas facilement ce monde dont leurs enfants faisaient parti, mais ils savaient qu'aujourd'hui, tout était au plus mal. Maugrey était assis sur un tabouret, dans un coin, scrutant la pièce, inquiétant quelques parents. Tonks était devant l'assemblée, debout, un parchemin à la main. Elle tapa dans ses mains pour attirer l'attention et tous la lui accordèrent. Hermione resserra plus sa main sur celle de ses parents, priant pour la suite.

« Si vous êtes ici aujourd'hui, c'est pour vous faire part de la gravité de la situation. Il y a de cela deux jours, Poudlard à été attaqué par… une armée de Mangemorts. Ce sont des sorciers mauvais, très mauvais. »

Tonks inspira profondément, espérant trouver comment expliquer à ces gens toutes les faces du monde sorcier en quelques mots.

« Il y a de cela 16 ans, un terrible sorcier s'attaqua au monde magique et à votre monde afin de faire disparaître toutes traces de ce qu'il nommait des Sang Impures ; c'est-à-dire des personnes n'ayant pas de lien sang avec des sorciers aux origines purs. Il tua bon nombre de Moldus – ceux qui n'ont pas de pouvoirs magiques – et beaucoup de sorciers qui s'étaient mis sur son chemin, tentant de l'arrêter. Cet homme s'est crée une armée de fidèles qui se font appeler des Mangemorts. Cette même armée qui nous a attaqué par surprise à Poudlard. »

Elle s'attendait à quelques interventions, mais visiblement, le public l'écoutait très attentivement.

« Dumbledore était le protecteur de Poudlard, l'école protégée où vont vos enfants. Mais on ne sait par quels moyens, ces Mangemorts se sont introduits et… la suite vous la connaissez. »

La voix de la Métamorphomage trembla et elle entendit quelques élèves renifler et d'autres pleurer.

« Nous vous demandons de vous mettre à l'abri, vous et vos familles, et vos proches. Si vous croisez une personne étrange, partez le plus loin possible et si vous voyez une marque verte dans le ciel, partez très loin aussi. »

Un parent leva la main, perturbé. Tonks lui accorda la parole d'un signe de tête.

« Qu'appelez vous « marque verte » ? »

Maugrey se leva et s'approcha de Tonks.

« Cette marque verte est la marque de votre mort, si vous la voyez il est certainement déjà trop tard. »

Il agita sa baguette et un crâne vert s'en échappa, ouvrant sa gueule pour laisser sortir un serpent.

« Voilà à quoi ressemble cette marque verte ! »

Maugrey était peu délicat avec les mots, mais au moins, la gravité de la situation était palpable avec lui.

Une autre personne leva la main.

« Et comment cela se fait-il que l'école ait été attaqué, n'est-elle pas censée être protégée ? »

Des murmures s'élevèrent de l'assemblée et Tonks arrêta la rumeur en levant les mains.

« Nous ne savons toujours pas comment cela est arrivé mais sachez que nos meilleurs Aurors… Enfin, magicien, sont en train de chercher une solution à ce problème. »

Hermione se mordilla la lèvre, lançant des regards inquiets à ses parents. Ceux-ci la regardaient, le regard mi-inquiet, mi-compréhensif. Elle expira pour se donner du courage et se leva en levant la main. Tonks la remarqua et lui accorda la parole à son tour.

« Et pour les élèves désirant… Pour les élèves qui voudraient prêter main forte aux sorciers dans cette guerre ? »

Quelques élèves se levèrent, suivis parfois par quelques parents Moldus. Tonks allait parler quand toute l'assemblée se décida à se lever. Le père d'Hermione eut la parole.

« Nos enfants veulent se battre pour leur avenir et nous voulons les accompagner dans cette guerre. Nous voulons leur offrir un futur meilleur. Et même si nous ne sommes que des « Moldus » comme vous le dites, même si nous n'avons aucun pouvoir, nous voulons vous prêter mains fortes. Pour eux, pour vous, et pour nous. »

Plusieurs « bangs » se firent entendre et les parents poussèrent quelques cris de stupeurs, mais voyant leurs enfants immobiles, ils reprirent vite leur calme. Tonks eut un sourire forcé.

« Désolée pour cette fausse alerte. Ce ne sont que des membres de l'Ordre du Phénix qui nous rejoignent. »

Tous se présentèrent face à l'assemblés, troublés de les voir tous debout. Tonks se tourna vers les sorciers.

« Visiblement, nous avons une armée Moldu qui se propose de nous prêter main forte. »

Ils n'en revenaient pas, tous ce petit peuple inoffensif et sans pouvoir, aussi brave que des Griffondors pour vouloir se battre aux côtés de sorciers et contre un terrifiant homme.

Malgré que la guerre soit proche, une lueur d'espoir brillait au dessus d'eux.

Moldus et Sorciers se mêlèrent pour se serrer la main et se remercier mutuellement. Même s'ils étaient effrayé par ce qui venait, leur force était incommensurable…

Les pertes seraient nombreuses…

Harry était couché dans son lit, dans la chambre qu'il partageait avec Ron. Le garçon n'avait plus mangé depuis deux jours, et même Ginny n'arrivait plus à lui redonnait goût à la vie. Ses baisers et ses paroles tendres ne semblaient pas l'atteindre, et même Ron avait tenté de le séduire avec de la tarte à la mélasse, mais le Survivant n'avait pas bougé. Il portait un bandage sur son front depuis la dernière confrontation, sa cicatrice s'étant ouverte était devenue très douloureuse. Voldemort devait être présent lors de l'attaque de Poudlard, mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était pourquoi seul Dumbledore avait été attaqué. Pourquoi les autres élèves n'avaient été que blessés ?

Harry se mordit la joue, en repensant à ce que Ginny lui avait raconté : Rogue était un traître. Harry le savait depuis le début, il s'en était méfié… Pourquoi Dumbledore lui avait donné autant de confiance, pour être ainsi abattu… en traître… Le grand magicien n'avait même pas eu le temps de se rendre compte de l'attaque dans son dos… Maudit Rogue, qu'il aille pourrir en enfer !! Un fin filet de sang s'échappa de la lèvre d'Harry. Ses yeux commencèrent à se remplir de larmes de colères et des objets commencèrent à tournoyer autour de lui, incontrôlable. Ron entra brusquement, alerté par le bruit, et esquiva de justesse une boîte métallique dans laquelle il rangeait ses reliques de Quidditch.

« Harry ! Harry arrête !! »

Le brun écarquilla les yeux et se tourna vers Ron. Tous les objets tombèrent au sol dans un grand fracas.

« Ron, je… Je suis désolé… Je ne sais pas ce qu'il m'a… »

Le rouquin soupira en ramassant ses grimoires.

« C'est rien… T'en fais pas. Tu devrais manger un peu tu sais… Même si maman et Ginny n'arrive pas à te faire avaler quoi que ce soit, ça va finir en drame et elles se fâcheront pour de bons. »

Un « bang » retentit dans le jardin et Ron lança un regard par la fenêtre.

« Mon père vient de rentrer. Viens nous rejoindre quand tu te sentiras mieux. »

Harry ne lui répondit pas, faisant semblant de dormir.

Dans le salon, Ginny servit le thé pour son père qui venait de s'asseoir dans son fauteuil.

« Je reviens de chez les Dursley. Ils ne sont vraiment pas faciles. J'ai du les menacer de faire venir Hagrid pour qu'il les change en crapaud, pour qu'ils acceptent de partir de leur maison se mettre à l'abri. Votre mère et vos frères sont rentrés ? »

Ron acquiesça négativement.

« J'espère que cette réunion n'aura pas mal tourné. Les Moldus sont gentils, mais notre monde doit les effrayer, et savoir que leurs enfants sont en dangers… »

Un nouveau « bang » retentit et cette fois, Molly apparut aux côtés d'une Hermione au regard sombre. Ron se retint de se précipiter dans le jardin et de serrer la jeune fille dans ses bras. Il n'avait pas osé la consoler à Poudlard : Merlin savait se qu'elle avait pu faire avec Krum et peut-être même qu'elle sortait avec lui… Il en avait voulu au Bulgare de ne pas être venu la consoler, puisqu'elle avait choisi de passer ses vacances à ses côtés. Ils avait ruminé longuement sur sa propre réaction et en avait déduit qu'il n'était qu'un parfait crétin qui ne pourra jamais se rattraper. Il se posta seulement dans l'encadrement de la porte et fixa les deux femmes s'avancer vers la maison. Molly releva les yeux vers son fils, le sourire triste.

« Nous accueillons Hermione chez nous, elle a fait son choix et désire se battre. »

Le cœur du garçon se fendilla lorsque la jeune fille releva un regard infiniment triste vers lui. Il ne s'écouta plus et s'avança vers elle pour la serrer contre lui et pour la première fois, ils savait qu'il devait être là pour elle. Juste être là, ça suffirait…