Disclaimer : Vous savez bien ce que j'ai demandé pour ma Noël ? ..
Pairing : 8059 , à savoir Yamamoto Takeshi & Gokudera Hayato.
Musique : 30 Seconds to Mars – The Story
Note : Premièrement , je m'excuse pour le retard monstre. Bon , j'ai l'excuse des examens , de la neige , de ma connexion internet foirante .. Bon j'arrête dans les trucs bidons. J'avais peut-être juste envie de vous faire languir un peu .. *se fait frapper* Non , je vous assure que j'ai tout fait pour produire cette lettre le plus vite , et je la poste d'ailleurs entre une synthèse d'histoire et du vocabulaire d'allemand. Bref , voici donc la lettre de Yamamoto , et tout les éclaircissements nécessaires à la précédente (c'est à dire beaucoup). Cette chanson des 30 Seconds est l'une de mes préférée , bien déprimante je m'en excuse .. Enfin. Je vous souhaite une très bonne lecture , un énorme merci à tout ceux qui suivent et laissent des commentaires sur cette fiction , ça me fait énormément plaisir. Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes (en avance) de fin d'années !
Mon cher Gokudera ,
Le silence creux et pesant , la blancheur immaculée de l'air , et le temps , ces instants si détestables où je ne suis que le pion naïf et faible , posé sur son échiquier géant , voilà le seul résumé stupide que je peux attribuer à cette situation. Du jour le plus interminable de ma vie. Et tu me manques tellement , ta présence , ton esprit , et ce malgré mes incessantes visites à ton chevet. Même si à chaque fois , je ne récolte qu'un silence lourd de sens. Mais je sais très bien que je n'en suis que l'unique responsable ..
Ce fut comme cela jusqu'à présent , l'illusion âcre de ce que nous avions raté encore présente en mon âme , et je m'oubliais à présent dans les vapeurs lourdes de la fumée de tes cigarettes. Séduisante déchéance , qui m'ancrait encore plus à ton être. Combien de minute , de longue heure , de jour et de nuit , de semaine , de mois avait-on ainsi passé , emprisonnés dans nos tourments futiles , en attendant uniquement que l'un de nous ne courbe enfin l'échine ?
Cela ne pouvait en effet continuer , et voilà que la balance nous retenant s'était enfin brisée. Mais pour quel résultat , Hayato .. ? Tu t'y étais fracassé , mais j'étais également tombé dans le gouffre noir de la perdition. Nous n'avions tous les deux rien gagner en jouant avec le feu. Et maintenant , ultime moralité , nous nous trouvions encore plus éloigné l'un de l'autre , de par nos foutues conneries. Et je ne sais pas si tu daignerais me le pardonner un jour.
Je revis encore et toujours cette nuit dramatique , me hantant au plus profond de mes songes , me harpant dans des ténèbres sans nom. Cette journée où j'aurais pu le remarquer , cette soirée où tu m'avais échappé , et cette veillée terrifiante où j'avais bel et bien cru te perdre à jamais .. Oh , si seulement j'avais pu arriver plus tôt , Hayato.
Si j'avais pu me rendre plus tôt , plus vite chez toi , peut-être que rien ne serait arrivé. Que j'aurais pu t'en en empêcher. Que tu aurais pu bombarder mon être de ta rage hurlante , à la place de ton propre corps. Même si j'ai couru sous la pluie tombante à en perdre haleine , à m'en déchirer les poumons , sprintant comme si ma propre vie en dépendait .. Serrant maladroitement une boite à chaussures contre mon torse. Douloureusement.
Gravissant quatre à quatre les escaliers de ton immeuble , j'arrivai devant ta porte en tambourinant. En criant ton nom. Mais aucune réponse. Je devais me rendre à l'évidence , mais mon instinct me criait que ton corps était derrière cette porte. Ce corps que je connaissais si bien , et dont j'aurais pu en redessiner toute les courbes , les yeux fermés. C'est alors que je me lançais contre ta porte , sans réfléchir. Une fois. Deux fois. Violemment. Trois fois. Quatre fois. A m'en démettre l'épaule. La cinquième fois fut la bonne , et je tombais presque sur le sol de ton appartement dans mon élan.
Et c'est alors que je te vis. Affalé piteusement sur le sol. Semblant sans vie .. Me jetant sur toi la parole perdue , je tâtai en tremblant ton faible pouls , avant de sortir mon téléphone de mes mains moites. Je sentis une humidité salée rouler sur mes joues lorsque je demandais une ambulance. Et les minutes , les heures qui suivirent furent sans aucun doute les plus apocalyptiques de ma vie.
Ce fut semblable à un kaléidoscope de sentiments , tous plus fort les uns que les autres , tendit que je serrais doucement ton corps plus frêle que jamais dans mes bras. Inspirant douloureusement l'odeur de ta peau blanche , embrassant tendrement ton front , ton nez fin , tes paupières rosées , ta bouche douce , ton cou d'oie et tes clavicules saillantes dans l'espoir futile de te redonner un peu de vie ..
Les objets éparts autour de toi ne m'annonçaient que trop bien l'état d'esprit dans lequel tu te trouvais. Par ma seule et unique faute , je ne m'en rendais que trop compte. Tu avais certainement du nous voir , Haruka et moi. C'était la seule hypothèse plausible. Et cela me rendais malade , car je sais , au fond de moi que cela n'est pas quelque chose que j'aurais pu changer. Un mauvais timing , comme au baseball , quand on ne courait pas assez vite , ou que l'on estimait mal la distance du lancer.
J'eus l'impression de vivre les évènements qui suivirent hors de mon corps , regardant la scène de haut. Je sentis à peine les mains qui tentaient de desserrer mon étreinte sur toi , pour finalement te porter moi même sur la civière , ton poids léger entre les bras. Pour ensuite refermer ma paume chaude dans la tienne , et ne plus jamais la quitter. Ni sur le chemin de l'ambulance , répondant à peine aux questions que l'on me posait. Amorphe et sous le choc.
Ne lâchant toujours pas prise avec toi à l'arrière de la voiture. Les yeux perdus dans le vide , ou plutôt sur le vide de ton corps , alimenté uniquement par un réseaux de fils multicolore. Jugeant ça et là les marques de souffrance que tu avais cachées et qui étaient à présent impudiquement dévoilées , ton allure médiocre et tout ce qui pouvais m'indiquer que tu n'allais pas bien. A cause de moi.
J'eus un instant de lucidité lorsque l'on voulu me séparer de toi pour t'emmener aux urgences. J'entendais les voix , d'abord lointaines pour devenir de plus en plus proche et lourdes , des voix d'adultes lasses et fatiguées , énervées et sans pitié. C'est alors que mes yeux se réanimèrent brusquement , et que je hurlais que cela était ma faute , et que je devais rester avec toi coute que coute.
Parce que je t'aimais plus que tout.
J'avais prononcé cette dernière phrase d'une voix plus sourde , plus tendre. Plus désespérée encore. Le silence se fit autour de moi , et une infirmière s'avança alors avec un sourire , en me tendant un masque et une tenue bleue ciel. A porter lorsque l'on se rendait au bloc , m'a-t-elle dit. Je lui souris , un peu fantomatique , mais d'un sourire empreins de gratitude. Et c'est ainsi vêtu que je me rendis avec toi sur le billard.
On te fis alors passer une batterie de tests , tous aussi incompréhensibles les uns que les autres , alors que j'entendais diverses choses aussi incongrues que coma éthylique , intoxication médicamenteuse , traumatisme .. Tant de termes inconnus qui passèrent en moi comme le souffle d'une explosion diffuse. Je ne savais pas si ça allait aller. Je ne comprenais rien de ce qui allait se passer maintenant. Me contentant juste de serrer ta main , ultime lien entre ton monde et la réalité.
Je sentis que l'on me touchais l'épaule. Me retournant , je vis l'infirmière qui m'avait aidé à rentrer avec toi. Une petite brune , cheveux court , la quarantaine. Elle me rappelait un peu madame Sawada. Et avait cette même gentillesse dans le regard que Tsuna ou sa maman. Elle me parla alors simplement. Ton cas n'était pas trop grave , tu avais juste fait un coma de stade un , c'est à dire que tu répondais aux stimuli. Tu serais sur pied dans un jour ou deux , cela dépendais de ta volonté.
On t'emmena dans une chambre seule et j'aidais à te placer sur le lit. On te brancha à divers appareil , reliant ton corps à une multitude de fils. Je regardais sur l'écran noir , la ligne verte qui pulsait faiblement , mais régulièrement. Alors que mon cœur lui , battait la chamaille , si vite que je me demandais sans vraiment m'en préoccuper s'il allait s'arrêter , à l'instant ou le tiens se stopperait. Écoutant le calme soudain autour de moi , je remarquai que j'étais seul avec toi. Et que je me rendis compte également que je pleurais bel et bien.
Je ne sus dire combien de temps cela durerait. Mon père , sans doute inquiet , m'avait appelé. Ayant juste eu la force de décrocher à la énième sonnerie , je murmurais que j'étais à l'hôpital avec toi et que j'y resterais toute la nuit. Affolé , il tentait d'avoir plus d'informations , mais ma voix morne lui demandait juste de ne pas prévenir les autres. Pourquoi .. ? Je n'en savais rien. Car je voulais sans doute être seul avec toi pour le moment. Oui , ça devait être cela , Hayato.
J'entendis ensuite frapper à la porte , et je vis le visage de cette infirmière me souriant doucement , avant d'apparaitre avec deux gobelets de café. Je détestais le gout du café , avant. C'était une boisson exotique , mais je n'y trouvais aucune saveur. Et puis je t'avais connu. Toi et ton odeur d'italien , mélange subtil de parfum musqué , de tabac et de café. Et je m'étais mis alors à l'adorer. C'est futile , n'est-ce pas .. ?
S'asseyant près de moi , elle m'en tendit un , avant de me tendre les quelques affaires retrouvés sur toi , en plus de la boite à chaussure que j'avais abandonnée à l'entrée. Une nouvelle larme roula sur ma joue à cette pensée. Et en plus de cela , elle me tendit un paquet presque vide de ces cigarettes que tu fumais si souvent , celles au gout tendre de tabac caramel , un trousseau de clé et ..
Une enveloppe brune pleine à craquer.
Et au dos , marqué à l'encre noire , le surnom idiot mais tellement aimé que tu me donnais. Yakyuu Baka. Mon cœur eu un violent soubresaut. Impossible. L'infirmière parla alors. Elle me dit que l'on avait trouvé étendu près de son corps , en plus d'une lettre que l'on avait glissée avec les autres. Elle ajouta aussi que je devrais sans doute les lires. Un mince sourire flottait sur mes lèvres , et la sensation incongrue d'un fou rire me pris alors. Ça alors .. Alors tu m'écrivais aussi , Hayato ? S'en était tout simplement risible !
Elle me sourit alors , en me disant qu'elle savait que tu devais tenir beaucoup à moi. Elle ne savait pas exactement les conséquences de tout cela , mais ton pouls devenais de plus en plus régulier , à force que tu ressentais la pression de ma main dans la tienne. Elle me dit que j'avais l'autorisation de rester encore un peu , et qu'elle pouvait me fournir un lit de camp. Je souris en la remerciant , et en lui disant que ce n'était pas nécessaire. Elle hocha alors la tête avant de s'éloigner.
Je passais le reste de la nuit à te parler , de nous , de tout , et de rien , serrant toujours ma main dans la tienne , caressant tendrement tes cheveux , alors que peu à peu , l'impression que la vie passant de ma paume à la tienne finissait par te rendre à moi. Avisant une place parfaite , je me couchais précautionneusement sur le lit , faisant attention à tous les tuyaux , pour me coucher tout contre toi. T'appuyant doucement sur mon corps , j'embrassai encore et encore toutes les zones possibles et découvertes de ton épiderme.
Murmurant inlassablement que je t'aimais. Plus que tout. Que je ne croyais en rien , sauf en toi. Que tu étais trop têtu pour te laisser mourir. Que tu ne me laisserais jamais avoir la place du bras droit. Que si tu choisissais de partir , alors je tirerais aussi ma révérence. Parce que oui , tu étais trop important pour que je puisse seulement imaginer une vie sans ta présence .. Et sur ces dernières paroles , je plongeais enfin dans le sommeil , ton corps douloureusement serré contre le mien.
Chose étrange , je refis ce fameux rêve qui me hantait presque chaque nuit , mais qui s'était arrêté soudainement quand nous avions commencer nos étreintes irréfléchies. Ce songe où tu m'échappais sans cesse , tel un insaisissable papillon argenté. Mais cette fois , cela se termina autrement. Tes lèvres fondirent bien sur les miennes , avec une douceur si douloureuse que nous en gémissions , que j'agrippais ton corps désespérément trop fort.
Mais au lieu de t'enfuir comme à chacun de ces délires nocturnes , tu me rendis la pareille. Incrédule , je te laissais te pelotonner autant que tu le souhaitais contre moi. Et , ta voix qui m'appelait , inlassablement , en un supplice de sauvetage , et que je te répondais , hurlant de t'accrocher. Que tu n'avais plus rien à craindre. Que je ne te quitterais plus jamais ..
Le lendemain , je fus réveillé par les rayons du soleil tapant sur ma peau. La chaleur matinale échauffant également la tienne , emplissant mes narines de cette odeur que j'aimais tant. Tu étais toujours là , Hayato. L'électrocardiogramme battant presque tendrement , tant les battements fort et réguliers en étaient rassurant. Mais ce n'était pas la meilleure des choses. Tes mains , agrippées à mon pull. Ta tête , enfuie dans mon cou. Comme dans mon rêve.
Tu étais revenu à toi.
Le cœur battant à m'en déchirer l'aorte , des trémolos dans la voix , je t'appelais doucement. Un léger ronflement et une onomatopée ressemblant à la finalité de mon prénom me répondit. Tu étais au pays des songes , mais tu étais bel et bien réveillé. Embrassant ton front d'une joie douce , te serrant encore plus contre moi , tout en ayant le bonheur de sentir ta prise se refermer de plus en plus contre mon torse , je caressais tes cheveux tout en te chuchotant milles choses amoureuses , sans pouvoir m'empêcher de sangloter de bien-être.
Nous restâmes ainsi , une éternité qui n'aurait jamais du se terminer , jusqu'à ce qu'une infirmière arrive , et ne nous regarde , nous , deux collégiens et amants serrés tendrement , elle en fut abasourdie à en lâcher son plateau. Je souris alors , béatement heureux. 'Je crois qu'il est réveillé !' fis-je alors , avant qu'elle ne me jette brutalement dehors , sans explication aucune. Bon , je n'étais pas sensé passer toute la nuit dans ton lit , c'était juste ..
C'est à ce moment qu'un médecin apparut en souriant. Il me dit simplement que je devrais profiter de ce moment de solitude pour récupérer mes esprits et passer quelques coups de fils. Je hochais alors la tête en souriant , en marchant à présent calmement vers les téléphones de la salle. Ton état s'était amélioré , et je pouvais à présent prévenir les autres sans crainte.
Quelques temps plus tard , une foule de personnes arrivait comme une tornade et un seul et même visage inquiet , c'est à dire Tsuna , sa mère , Haru et Sasagawa , Sempai avec I-pin et Lambo sur les épaules , Fuuta des larmes plein les yeux , Dino et Bianchi , dégageant une aura si noire qu'elle failli immédiatement me tuer d'un coup de Poison Cooking que j'évitais à la dernière seconde. Je pense que ta sœur me détestait encore plus maintenant ..
Laissant les autres qui entrèrent en cohorte terrible dans ta chambre , Tsuna me prit alors à part. Il n'y avait qu'à lui que je pouvais confier la réelle raison de ton accident , une soit disant chute dans l'escalier pour les autres , mais à notre ami , je pouvais tout raconter. Trop honteux pour oser le regarder , et pour qu'il voie les larmes couler au fur et à mesure de mon récit et qui brouillait ma vue. Pourtant , je sentis une main rassurante sur mon épaule. Relevant la tête , je vis le regard tendre de Tsuna posé sur moi.
« Il va s'en remettre. Car il t'aime trop pour se laisser mourir. »
Mon cœur se gorgeant de gratitude face à ces paroles sincères , je voulu moi aussi me rendre dans la pièce. Mais notre Boss m'arrêta gentiment. Il me dit qu'il irait te voir seul à seul , et qu'il te parlerais lorsque tu serais éveillé. Ça serait mieux que tu ne me voies pas avant cela. Je hochai la tête , et attendis dans le couloir , une fois la foule mise dehors et le châtain entré , en jouant fébrilement avec mes mains.
Tsuna sortit environs une heure plus tard. Sautant de mon siège , je bondis vers lui. Il me fit une petite moue ennuyée. Tu avais fait semblant de dormir devant les autres , mais avais tout de suite , bien que faiblement , ouvert les yeux lorsque tu entendis la voix de ton parrain. Tu lui avais alors adressé la parole , bien éveillé.
Te sachant en vie , et fou d'impatience , je me levai , avant d'être à nouveau interrompu par le bras de notre ami. De par son air différent de d'habitude , je compris que quelque chose clochait. Relevant ses grands yeux noisette vers moi , il me le dit clairement.
« Il te parlera quand il y sera prêt , Yamamoto. »
Je le regardais sans comprendre. Tsuna m'expliqua alors la situation comme il le voyait d'après ton comportement. Si tu avais fait semblant de dormir près de moi , c'était car tu avais honte. Tu t'en voulais sûrement d'avoir agis comme cela , et il te faudrait sans doute un peu de temps avant d'oser me regarder en face. D'affronter mon regard , sans l'aide de ton orgueil brisé.
J'acquiesçai alors doucement , soupirant intérieurement. Alors , tu allais encore faire semblant de dormir longtemps , tout ça à cause de ta fierté mal placée , Hayato ? Mais j'étais près à te donner tout le temps qu'il te faudra. Même si en attendant ,je devais me contenter de me tenir à ton chevet , observant ton visage faussement endormis , tourné de l'autre côté.
Le châtain partit , j'entrais doucement dans la chambre. Le soleil pâle caressant doucement ton corps assoupit , jouant avec les reflets argentés de tes cheveux , ainsi que des quelques appareils médicaux t'encadrant encore. M'adossant contre le mur , j'attendis doucement. Ta respiration régulière troublait , seule , le silence confiné de l'atmosphère.
N'y pouvant plus , je m'approchai du lit. Avisant ta silhouette menue tournée dos à moi , je passais doucement une caresse de ma main contre ta joue. Te sentant légèrement tressaillir. J'eus un petit sourire face à ton jeu , quoiqu'un peu triste. Puis j'avisais doucement la boite à chaussure sur ta table de nuit. Et la pris sous mon bras , avant de t'annoncer ces quelques mots :
« J'attendrai. Je t'attendrai , Hayato .. »
J'attendrai que tu daignes te montrer à moi. Mais néanmoins , ne tarde pas. Nous avions déjà assez souffert tout les deux. Par ta faute , mais également par la mienne. Ce jeu stupide n'avait à présent plus de raison d'être. Tout avait été perdu , nous avions fait match nul des deux côtés. Je patienterai , pour pouvoir , enfin , te dire ce que je ressens pour toi. Pour te donner cette foutue boite à chaussure , remplie de mes confessions.
Et je quittai presque à regret la pièce baignée de lumière , non sans avoir saisis ton paquet de cigarette à moitié vide. Je descendis alors lentement les escaliers , un à un , menant vers le petit parc de l'hôpital. Serrant le petit carton tout contre mon cœur. Arrivé dans la cour , je posais doucement mes affaires sur un banc. J'étais seul , dans le froid de ce début d'hiver. Seul avec moi-même.
Je ne comprenais pas très bien ce que je faisais , ni ce que je voulais faire , lorsque je portais un mégot neuf à mes lèvres tremblantes. Allumant maladroitement le briquet , afin de placer la flamme vacillante au bord du cylindre blanc. Aspirant doucement la fumée corrosive , je crapotais comme un débutant. Les larmes coulant , naufragé amoureux perdu dans l'odeur typique de son amant , rien que pour pouvoir encore une fois , tenter de s'abreuver de cette présence qui se refusait encore à lui.
C'était donc cela notre histoire à tout deux.
La neige tombait du ciel tout comme mes pleurs s'écrasaient contre le macadam. Comment avait-on pu en arriver là , Hayato ..
