Chapitre 9 : Arrivée à Caras Galadhon
Le réveil fût rude. Alice avait dû dormir cinq heures, ce qui lui parut insuffisant au regard de la fatigue de la veille. Lorsque Galoriand la réveilla, elle dut faire beaucoup d'efforts pour se lever. Elle était toujours passablement endormie pendant son petit déjeuner composé de pain et de fromage, et après une toilette sommaire.
En revanche, elle fût complètement réveillée lorsqu'Amandil lui présenta sa monture, un cheval bai magnifique qui avait un air paisible, ce qui rassura Alice. Ce ne fût que lorsqu'elle vit la façon dont le cheval – répondant au doux nom d'Esgann – était harnaché qu'elle commença à angoisser. Visiblement, les elfes n'avaient pas besoin des solides selles utilisées par les hommes… D'ailleurs pour certains, ils n'en avaient pas besoin du tout. Rênes mis à part, le harnachement de Losgann consistait en une espèce de selle légère et en des étriers.
Amandil la dévisagea, attendant manifestement qu'elle réagisse.
- Euh… C'est un très beau cheval, dit-elle platement.
- Un cheval qu'il va falloir monter, fit remarquer Galoriand qui s'était rapproché. Je vais t'aider.
Il lui fit la courte échelle, et Alice grimpa, en faisant son maximum pour ne pas laisser paraître son stress. Mises à part quelques ballades sur un poney tenu en bride dans un enclos, elle n'avait jamais fait d'équitation, même si cela avait été son rêve étant enfant. Losgann, malgré son air débonnaire, était tout de même impressionnant. Amandil parlait au cheval sur un ton rassurant et se tourna vers Alice :
- Tout va bien se passer. Esgann est très calme et il ne vous fera pas tomber.
Alice lui sourit en retour, tout en remarquant qu'il lui avait parlé sur le même ton qu'au cheval. Elle devait avoir l'air angoissée malgré tout.
Comme tout le monde était prêt, la compagnie elfique reprit la route au pas.
La journée se passa assez rapidement, au rythme du pas des chevaux, parfois au pas, parfois au trot. Ils croisèrent une fois une autre compagnie d'elfe en train de monter la garde, et ils la saluèrent de loin.
Tout au long de la journée, au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de Caras Galadhon, Alice vit que la tension qui habitait ses compagnons diminuait. Elle en déduisit que plus ils étaient proche de la cité, plus ils se sentaient en sécurité. D'un silence concentré, les elfes passèrent à une ambiance plus détendue, tant et si bien qu'à la fin de la journée, elle put les entendre rire. Galoriand quant à lui paraissait impatient, et aussi calme qu'il parût, Alice pouvait discerner sa tension intérieure.
Lorsqu'ils descendirent de cheval, à la fin de la journée, Alice eu la mauvaise surprise d'avoir des courbatures aux jambes. Harassée de fatigue, elle aida les elfes à monter le camp. La proximité de Caras Galadhon aidant, ils eurent le droit de faire un feu de camp, et à un repas chaud, qu'Alice trouva exquis.
A la demande générale, une elfe aux cheveux noirs du nom de Tinuvièl chanta quelques chansons que la compagnie écouta avec ravissement. Un autre elfe lui succéda.
Alice s'endormit, bercée par leurs voix magnifiques.
Elle rêva d'Aristide. Elle lui courait après, mais lui s'enfuyait dès qu'il l'apercevait. Elle avait beau crier son nom, à chaque fois que le regard du vieil homme se posait sur elle, il partait en courant.
Elle se réveilla en sursaut, juste au moment ou Galoriand allait la réveiller. Ils reprirent la route avec la compagnie, mais les rires des elfes et l'impatience joyeuse de Galoriand n'arrivèrent pas à la défaire de son impression de malaise. C'était comme si quelque chose d'important lui avait échappé. Elle ne cessa de penser à Aristide, et se demandait s'il allait bien et ce qu'il était devenu. Elle eut honte de l'avoir mis de côté dans son esprit ces derniers jours, et la culpabilité vint s'ajouter à l'angoisse sourde en elle. Une pensée en entraînant une autre, elle repensa à chez elle. Quand pourrait-elle y revenir ? Comment ? Comment allaient sa famille et ses amis ? Dans quel état les retrouverait-elle ? Quand elle y retournerait, est-ce qu'un siècle se sera écoulé comme pour Galoriand ? Sa mère avait-elle déjà appelé la Police ?
Quelques heures de réflexion la conduisirent à un état proche de la déprime, aussi Alice avait la gorge serrée. Elle ne parvint pas à répondre tout de suite quand Galoriand l'interpella.
- Alice ! Alice ! Regarde ! s'écria-t-il
La jeune femme avait déjà vu Galoriand en amoureux déprimé, en fier guerrier, en gentleman attentionné, et voilà qu'elle le voyait comme s'il était un enfant surexcité. Son éducation elfique ne suffisait plus à masquer son état de nerfs. Les elfes autour de lui souriaient d'un air indulgent.
Elle regarda ce qui lui désignait Galoriand, et en l'espace d'un instant, toutes ses angoisses furent dissipées par la vue magnifique qui s'imposait à ses yeux.
Caras Galadhon se profilait devant elle.
Ce qu'elle avait vu des paysages de la Terre du Milieu l'avait déjà enchanté, mais la vue de la cité elfique la bouleversa complètement. Ses habitants avaient su mêler avec grâce leur architecture et la nature. Ils vivaient totalement en harmonie avec elle. Les arbres, dont Alice ne connaissait pas le nom, étaient immenses et majestueux. A ce qu'Alice pouvait voir, ils semblaient abriter de nombreux talans, parfois reliés entre eux par des ponts suspendus.
- C'est magnifique, murmura-t-elle
- Nous y seront avant que la nuit ne soit complètement noire, déclara Amandil
De fait, la nuit commençait déjà à tomber. Les elfes pressèrent le pas des chevaux, et Alice, qui avait pris confiance en elle et en Esgann, grâce à deux jours d'équitation sans accident, apprécia même de galoper dans la nuit fraîche.
Et enfin, ils arrivèrent à Caras Galadhon. Une petite foule les y attendait.
Sans dire mot, Galoriand sauta au bas de la selle et se mit à courir vers une frêle, mais ravissante petite elfe brune.
Lindorië.
Il la serra sans ses bras et elle répondit à son étreinte passionnée. Aucun d'eux ne dit un mot pendant une minute, savourant simplement la présence de l'autre. Puis Galoriand embrassa Lindorië, et celle-ci fondit en larmes. Alice, émue par la scène, sentit sa gorge se serrer à nouveau, et détourna pudiquement le regard.
- Je suis si heureuse Galoriand, si heureuse…Mon espoir a parfois vacillé, mais je ne l'ai jamais perdu. Dame Galadriel m'a dit que tu reviendrais. Elle me l'avait bien dit. Nous t'avons cherché partout Galoriand, pendant des mois, sans aucun signe de toi. Tu m'as tellement manqué…
- Tu m'as manqué à moi aussi…
Galoriand entraîna Lindorië un peu plus loin.
Les autres elfes disaient bonjour à leurs familles et amies, et brusquement Alice se sentit un peu seule et ne savait pas trop quoi faire. Descendue de cheval, elle flatta l'encolure d'Esgann et le remercia en chuchotant de ne pas l'avoir fait tomber. Le cheval la regarda puis lui renifla l'oreille. Alice fût fière d'elle en constatant qu'elle ne sursautait même pas.
Elle sentait des regards interrogateurs se poser sur elle, et se sentait affreusement gênée, jusqu'à ce qu'Amandil la prenne en pitié, et la présente à ses amis comme étant « Alice, une amie des elfes, qui avait ramené Galoriand jusqu'à chez lui ». Après des formules de politesse d'usage, Alice, un peu rassurée, amena Esgann aux écuries en compagnie d'Amandil et de son cheval.
Les chevaux furent pris en charge par un elfe qui semblait un adolescent aux yeux d'Alice. Quand celui-ci vit la jeune femme, il ne put s'envisager de la dévisager avec des yeux ronds, avant d'être rappelé à l'ordre par Amandil.
Ce dernier fût ensuite happé dans une conversation passionnante au sujet de chevaux et Alice, ne voulant pas déranger, décida d'aller faire un petit tour dans la cité.
Lorsqu'elle sortit de l'écurie, il faisait nuit noire, ce qui n'empêchait pas les elfes de se déplacer librement, autour d'elle. Elle était toujours un objet de curiosité, mais les elfes étaient délicats et polis. Tandis qu'elle visitait la cité en prenant garde à ne pas tomber, elle croisa plusieurs d'entre eux qui la saluèrent courtoisement. Elle leur rendit leurs saluts avec reconnaissance.
Elle s'était rarement senti aussi seule, dans un monde et une ville qu'elle ne connaissait pas, entourée de créatures qui, dans ce qui lui paraissait presque être une autre vie, n'exister que dans des contes. Tout ici lui paraissait étrange et magnifique. Elle leva les yeux et observa les elfes, marchant avec grâce sur des ponts suspendus entre les arbres. Leurs peaux si pâles semblaient presque refléter l'éclat de la lune et des étoiles.
Perdue dans ses contemplations, elle poussa un petit cri quand elle sentit une main effleurer légèrement son épaule. Elle se retourna brusquement et heurta violemment- mais involontairement - le propriétaire de ladite main.
- Galoriand ! Je suis désolée, tu m'as surpris ! Je ne voulais pas te faire de mal !
Alice était effarée. Galoriand, qui un instant plutôt se tenait le visage, se mit à sourire.
- Ne t'inquiète pas Alice ! Tu ne m'as pas frappé aussi fort que les orques de tout à l'heure. Je suis venu te présenter officiellement ma fiancée, Lindorië. Lindorië, je te présente Alice, qui m'a aidé à revenir ici.
- Bonjour, Lindorië. Je suis ravie de vous connaître enfin.
- Bonjour, Alice. Je voulais vous remercier pour … Tout.
- Et bien… De rien… Je veux dire, je suis contente de vous avoir aidé, tous les deux.
Alice rougit un peu. Elle sentait que Lindorië, tout comme elle, avait une foule de questions à lui poser, mais elle n'osait pas. Elle observa la jeune elfe. Contrairement à sa première impression, elle n'était pas si petite comme, et même un peu plus grande qu'Alice. Du haut se son mètre soixante-six, Alice ne s'était jamais vraiment sentie petite : elle avait juste la bonne taille pour atteindre le rayon le plus haut au supermarché et ne pas avoir à se recroqueviller dans sa voiture pour voir les feux tricolores, mais tout le monde paraissait plus grand qu'elle parmi les elfes. Lindorië parut toutefois bien pâle et amaigrie aux yeux d'Alice, même si ses yeux d'elfes brillaient d'une étincelle de joie. Elle avait dû souffrir en l'absence de Galoriand. Alice sourit à Lindorië, qui l'observait elle aussi. Elle lui sourit en retour.
- Je vais vous amener au banquet en l'honneur du retour de la compagnie de garde, annonça Galoriand. Tu dois être affamée, Alice.
Jusqu'à ce que Galoriand le dise, elle ne s'était pas rendu compte de la faim qui lui tenaillait le ventre, et de la fatigue qui l'assommait. Elle suivit donc sans broncher Galoriand et Lindorië jusqu'à un talan majestueusement décoré et illuminé. Là, elle retrouva les autres elfes de la compagnie, accompagnés de leurs amis et de leurs familles, joyeusement attablés autour d'un festin dont les odeurs faisaient saliver Alice. Elle s'assit à côté de Lindorië, et écoutait le bavardage joyeux des elfes jusqu'au moment où Galoriand lui présenta sa mère, Aerin, et son père, Mardil, qui l'accueillirent chaleureusement. Après avoir mangé, il fût convenu qu'Alice dormirait chez Aerin et Mardil, dans l'ancienne chambre de Galoriand. Ce dernier avait à présent son propre talan, où Lindorië vivrait avec lui après le mariage, qui aurait lieu dans quelques jours.
Complètement épuisée, Alice en oublia d'avoir le vertige lorsqu'elle monta les immenses escaliers jusqu'à chez les parents de Galoriand. Lorsque ceux-ci lui montrèrent sa chambre, un grand sourire éclaira le visage d'Alice, car un lit, un vrai lit, qui avait l'air confortable à souhait et qui était doté d'un épais édredon, l'attendait. Voyant la fatigue de leur invitée, Mardil et Aerin la laissèrent vite se coucher. Après moult tergiversations, Alice fit une toilette complète, car ses hôtes avaient mis sa disposition de l'eau tiède, du savon et ce qu'elle pensait être du shampoing, puis elle enfila une longue chemise de nuit blanche mise en évidence sur une chaise. Elle se sentit enfin propre après ces quelques jours de voyage, où se laver entièrement était une chose peu aisée.
Enfin, elle se coucha, et elle s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller.
Quand elle se réveilla, le lendemain, elle pensa qu'elle n'avait jamais aussi bien dormi de sa vie. Elle regarda par la fenêtre, et vit qu'il faisait grand jour. Il devait être midi. Elle sursauta alors : elle avait dormi comme une masse. Elle se brossa les dents, et tenta de se démêler les cheveux avec une brosse qu'elle avait trouvée sur une commode.
Lorsqu'elle voulut s'habiller, elle constata avec surprise que ses vêtements, qu'elle avait la veille jetés en boule par terre, n'étaient plus là. A la place, il y avait une robe longue, d'un vert sombre. D'apparence simple, le vêtement était magnifique, à tel point qu'elle n'osait le mettre. Elle s'assit pour réfléchir.
Elle mettait rarement des robes, et quand elle en mettait, celles-ci étaient plus courtes et elles faisaient moins… Romanesque. Alice avait peur de paraître stupide en mettant une aussi belle robe, mais en y repensant, les elfes qu'elle avait vues hier soir portaient des robes aussi belles, qui semblaient pourtant êtres des robes de tous les jours. La jeune femme se décida enfin, se sentant un peu idiote de tergiverser à ce point : elle n'avait pas le choix de toute façon.
Contre toutes ses attentes, la robe lui allait bien. Comme elle était plus petite que les elfes, elle s'était attendue à ce que la robe soit trop longue mais il n'en était rien. Un coup d'œil lui fit voir qu'on avait fait un ourlet quasi invisible au bas de la robe.
Elle rassembla tout son courage et sortit de la chambre, ne sachant pas trop ce qui l'attendait. Le talan lui semblait désert, mais elle n'osait pas trop l'explorer de peur de froisser ses hôtes. Elle s'apprêtait à sortir lorsqu'Aerin l'appela. Elle sursauta, car elle ne l'avait pas entendu. Aerin la força à prendre un petit déjeuner, en lui faisant agréablement la conversation. Plus tard, Galoriand vint la chercher avec Lindorië.
- Tu es enfin réveillée ! Nous allons te mener à la dame Galadriel et à Celeborn. Ils veulent te parler.
- Pourquoi veulent-ils me voir ? demanda Alice, surprise.
- Et bien… Les Galadhrims n'ont pas coutume d'accueillir des étrangers dans leur royaume. Ils ont confiance en toi, je leur aie raconté ce qu'Aristide et toi aviez fait pour moi, mais ils aimeraient en savoir plus. C'est un honneur, tu sais…
- D'accord. Je vous suis.
Sur le chemin, Lindorië fit de son maximum pour détendre Alice qui était un peu énervée.
-Cette robe te va à ravir. Je l'ai cousu. Au départ, elle était destinée à une des suivantes de Galadriel, mais celle-ci est partie au Havre Gris. Je savais que la couleur t'irait bien. Après avoir vu Celeborn et Galadriel, tu viendras me voir. Il faut que je m'occupe de ta garde robe… Ils ont une étrange façon de se vêtir dans ton monde. Galoriand m'a montré les vêtements que tu lui as donnés. C'était très gentil de ta part.
Alice s'efforçait d'écouter et de répondre, mais elle se sentait à la fois excitée – rencontrer Galadriel et Celeborn était un grand honneur, et elle était dévorée par la curiosité –et angoissée, car elle redoutait la clairvoyance de la Dame de Lothlorièn. En effet, selon les instructions d'Aristide, Alice n'avait pas révélé à Galoriand ce qu'elle savait sur le destin de la Terre du Milieu. Que se passerait-il si elle révélait ce qui allait se passer ? Elle savait que les elfes allaient laisser les hommes décider, se mettant volontairement en retrait. Raconter l'histoire pourrait toutefois empêcher certains évènements regrettables de se produire… Alice pensait à la mort de Boromir.
Dans le doute, Alice devait gagner du temps. Si la révélation de la vérité était inéluctable, autant que celle-ci se fasse dans les meilleures conditions, de façon à ne pas mettre en péril la mission de Frodon.
Alice se força à ne pas regarder en bas lorsque Lindorië et Galoriand la firent grimper les marches de l'escalier, en colimaçon autour d'un arbre gigantesque, qui menait au palais des seigneurs Galadhrims.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans le palais, Alice fût subjuguée par la beauté des hauts plafonds et des vitraux de l'entrée.
- Nous t'attendrons en bas, dit Galoriand, ils n'aiment pas que nous écoutions aux portes.
- Vous… Vous ne venez pas avec moi ? demanda Alice, anxieuse
- Ils veulent te voir seule, répondit Lindorië.
La jeune femme regarda les grandes portes devant elle. Une elfe l'annonça, et les portes s'ouvrirent. Alice respira un grand coup, et entra dans la pièce. Au fond de l'immense salle, qui semblait être destinée à être une salle pour les grandes réceptions, il y avait Celeborn et Galadriel, entouré de suivants. Tous les elfes étaient beaux, mais tous n'avait pas l'éclat et la noblesse du couple. Les longs cheveux dorés de Galadriel encadraient un visage parfait aux yeux perçants. Celeborn quant à lui avait un visage imperturbable, et son front, comme celui de son épouse, était ceint d'une couronne fait de ce qu'Alice supposait être de l'or blanc. Le cœur de cette dernière eut comme un raté. D'un coup, elle prit totalement conscience d'elle-même, et les gestes qui lui semblaient anodins et qu'elle faisait sans réfléchir à peine un instant auparavant lui semblèrent difficiles.
Respirer. Se tenir droite. Mettre un pied devant l'autre. Elle se sentait d'un coup bien maladroite. Quand elle arriva devant les seigneurs Galadhrims, elle esquissa une révérence, ne sachant pas exactement quel était le protocole dans ce royaume. En se relevant, elle vit que Galadriel lui souriait d'un air rassurant, ce qui la détendit considérablement. Ce fût Celeborn qui commença à parler.
- Bienvenue Alice, amie des elfes, dans notre royaume. Je suis Celeborn, et voici Galadriel, annonça-t-il en désignant cette dernière
- Merci…
- Galoriand nous a parlé de ce que vous aviez fait pour lui, dit Galadriel, et nous vous remercions de l'avoir sauvé, et d'avoir sauvé Lindorië, sa fiancée, en le faisant.
- Je suis heureuse de les voir réunis à nouveau. Mais je ne suis pas seule à l'avoir aidé. Un ami, Aristide y a contribué largement. Mais hélas...
Alice ne put continuer sa phrase, car elle sentait sa gorge se serrer. Avec tact, Galadriel poursuivit, laissant à son interlocutrice le temps de se reprendre.
- Galoriand nous en a parlé également. Je suis au regret de vous annoncer qu'aucune trace de votre compagnon n'a été trouvée, par aucune des compagnies qui patrouillent aux frontières et dans le royaume. Mais ne perdez pas espoir, car je sens en ces temps une présence étrangère qui rôde.
Ainsi, Aristide était bien arrivé avec eux…. Mais pourquoi ne l'avaient-ils pas encore trouvé ?
Alice dévisagea Galadriel, abasourdie.
- Vous n'êtes pas d'ici, dit Celeborn
- En effet, je viens d'un autre… Lieu.
- Galoriand nous en a parlé, annonça Galadriel. Votre histoire est bien étrange, mais nous la croyons. Nos savants sont actuellement en quête de cas semblables dans nos archives, afin de trouver un début d'explication, car Galoriand m'a dit que vous ne seriez sans doute pas à même de répondre à toutes nos interrogations. Il semblerait que vous soyiez moins au courant de l'existence de ce passage entre là d'où vous venez et notre royaume que votre ami Aristide.
- Je serais tout autant que vous ravie d'avoir des explications, soupira Alice.
- Votre ami ne vous a donc pas informé au sujet de ce passage.
- Non, répondit Alice, désemparée.
- C'est étrange, dit Galadriel.
En effet, se dit Alice.
- Vous parlez bien notre langue, pourquoi ?, demanda Celeborn, après une minute de silence.
Alice estima que dire la vérité était le plus sage.
- Là d'où je viens, les elfes sont des créatures mythiques, qui n'existent que dans les livres. J'ai appris le sindarin grâce à ses livres en partie. Mais c'est grâce à Galoriand que je peux le parler couramment, car ces livres ne dispensent qu'une connaissance incomplète de la langue.
Galadriel et Celeborn échangèrent un regard.
- Qu'est ce que ces livres racontent sur les elfes ?
- Des histoires…
Alice ne voulait pas être si énigmatique, mais elle ne trouvait pas vraiment de meilleures réponses. Galadriel la regarda dans les yeux, et elle soutint son regard. Fort heureusement, la Dame décida de changer de sujet.
- Galoriand m'a dit que vous souhaitiez rentrer chez vous. Vous aurez le droit à toute notre aide, aussi, lorsque vous jugerez le moment opportun, faites-nous en part. Nous vous escorterons jusque là où vous êtes arrivée, puisqu'il semble que c'est par là que vous pourrez repartir.
- Je vous en remercie…
- Néanmoins, je dois vous prévenir que Galoriand insistera pour que vous restiez encore un peu, dit Galadriel en souriant.
- Oh… Et bien, j'aviserais alors.
- Nous ne vous retenons pas plus longtemps, Alice, déclara Celeborn. Il semblerait que vous soyiez attendue.
Alice refit une révérence en guise d'au revoir, l'estomac noué.
Tout en redescendant de l'arbre, elle songea que l'entretien s'était plutôt bien passé, mais elle sentait bien au fond d'elle-même qu'elle n'en avait pas finit avec les questions. Plus encore, cette nouvelle allusion à Aristide la chiffonnait. Elle finit par se dire qu'après tout, s'il ne l'avait informé, c'est qu'il avait estimé que c'était inutile : après tout, Alice n'était pas supposée être là. Et puis qu'aurait-il eu à lui dire outre « il existe un passage entre la Terre et la Terre du Milieu » ? Ses doutes s'évaporèrent comme rosée au soleil.
Elle fût ravie de retrouver Galoriand et Lindorië.
- Comment cela s'est passé ? demanda Galoriand
- Très bien, répondit Alice
- Tu vois… Ils n'allaient pas te manger !
- J'avais cru comprendre que les elfes de Lorièn n'aimaient pas vraiment les étrangers, le taquina Alice
- Cela n'est pas vrai, répondit Galoriand, profondément choqué. Nous n'aspirons qu'à vivre en paix, et par les temps qui courent nous sommes prudents, voilà tout.
- Je n'en doute pas, sourit Alice.
- Combien de temps comptes-tu rester ? s'enquit Lindorië
- Euh je… En fait je ne sais pas trop. Je pense que mes parents et mes amis sont très inquiets alors, je ne devrais pas trop tarder, répondit prudemment Alice
- Nous souhaiterions que tu sois présente à notre mariage, annonça fièrement Lindorië
- Oh félicitations !! Et bien… Quand aura lieu la cérémonie ?
- Dans deux semaines exactement, répondit Lindorië.
Alice hésitât. Elle ne voulait pas causer d'avantage d'inquiétude à ceux qu'elle aimait. D'un autre côté… Un mariage elfique ! Ce n'était pas donné à tout le monde de pouvoir y assister. D'ailleurs, ce n'était pas donné à tout le monde de rencontrer des elfes.
Ni d'aller en Terre du Milieu.
C'était probablement une chance unique, une expérience extraordinaire à ne pas laisser passer, sans quoi elle le regretterait forcément.
De plus, elle devrait probablement attendre que la lune soit pleine, afin que la porte s'ouvre et qu'elle puisse rentrer chez elle.
Banco. Elle resterait pour le mariage.
- Je serais là. Merci pour l'invitation !
- Non… Merci à toi… Pour tout ! répondit Lindorië
Merci à toutes pour vos reviews qui me font très plaisir et m'encouragent à continuer !
Merci à Lena Malhya pour le soutien depuis le début
De plus ça me permet de découvrir d'autres auteurs et d'autres fanfictions, c'est super…Notamment sur HP, que j'aime beaucoup aussi.
Pure Absynthe, pour ce qui est de la fréquence des mises à jour… Franchement, c'est assez irrégulier ! Ça dépend de l'inspiration.
Sinon courage ! Legolas arrive !
8
