Salutations ! C'est fini les vacances ! Dommage, enfin... Pour le coup tant mieux parce que sinon je ne sais pas quand j'aurais publié^^ Désolée du délais d'attente supplémentaire mais là où j'étais, il n'y avait pas d'ordi'. Le retour à l'âge de pierre... Enfin ça fait toujours du bien de souffler un peu. Bonne lecture !
Un grand merci à Melior, Gaga-Ella, Aschen, ma Aline adorée, chouquette14, Rowena, Maman bouba et Mikipeach pour leurs reviews !
La Terre du Milieu et ses personnages appartiennent à J.R.R. Tolkien et la mise en scène de certains passages revient à Peter Jackson.
Les personnages nouveaux (O.C.) que vous ne connaissez pas ni du (des) livre(s), ni du (des) film(s) m'appartiennent ainsi que leurs histoires. Toute ressemblance de près ou de loin avec un évènement ou une personne réelle serait fortuit et non volontaire.
Un voyage imprévu
Chapitre IX
La malédiction d'Helmot
Le soleil se hissait au-delà de la vallée d'Imladris. La lumière se diffusait doucement à travers les ouvertures de la maison d'Elrond. Les elfes étaient éveillés et déjà certains s'étaient mis à chanter ou à jouer de certains instruments. Katell se baladait dans l'un des couloirs, ayant revêtu une robe bleu clair de même style que celle de la veille et fendu de chaque coté des jambes laissant voir en dessous un pantalon blanc surmonté de ses bottes de cuir noir. Ses cheveux flottaient tout en étant retenus en partie en arrière. Elle se sentait bien, apaisée après avoir passé une nuit d'un sommeil complet et réparateur sans avoir sentit une seule fois sa marque lui bruler la peau. Le réveil au chant des elfes y était aussi pour quelque chose et cela la rendait un peu nostalgique. Soudain, une petite silhouette sauta en face d'elle sans prévenir, les bras grands ouvert.
« Bonjour Katell ! » S'écria le garçon.
« AAAHHH ! Estel ne refait jamais ça ! » Lança la femme qui sentait son rythme cardiaque s'emballer.
« Pardon mais j'ai été réveillé lorsque quelqu'un t'a apporté ton petit déjeuner dans ta chambre. J'ai donc voulu te rendre la monnaie de ta pièce ! »
« Mais ce n'est pas de ma faute si une elfe est venu m'apporter à manger. »
« Peut-être mais je n'ai pas pu m'en empêcher ! » Le petit garçon riait de bon cœur et à ce moment, Katell réalisa quelque chose, il n'avait pas le bout des oreilles pointus. « Tu vas où comme ça ? »
« Je vais aller cueillir des fleurs de Seregon. »
« Et je peux venir avec toi ? Le seigneur Elrond m'a dit de rester dans le périmètre autour de la maison mais je la connais pas cœur. »
« Je suis désolée mais je ne peux pas t'emmener. »
« Pourtant tu m'avais promis hier que tu jouerais avec moi ! »
Estel fit une moue déçu dans l'espoir de la faire changer d'avis mais cela ne semblait pas faire beaucoup d'effet sur Katell.
« On jouera quand je reviendrais d'accord ? Ce que j'ai à faire est important. »
« Je ne vois pas en quoi cueillir des fleurs est important. »
« Ça l'est pour moi. »
Sans plus un mot, la femme passa une main dans les cheveux bruns du garçon avant de passer devant lui et de se diriger vers une porte menant à l'extérieur.
Katell savait par où s'orienter et ne mit pas longtemps à retrouver le grand escalier qu'elle avait gravit la veille avec la compagnie. En bas se trouvait Lindir, s'occupant de deux chevaux qui semblaient très calme.
« Bien le bonjour Lindir. » Lança-t-elle en elfique pour attirer son attention.
« Bonjour Katell, as-tu bien dormis ? »
« Parfaitement bien, cela fait longtemps que je n'avais pas passé une nuit comme celle-ci. »
« Ravie de l'entendre. » Lindir souriait tout en tendant le licol de l'un des chevaux à la femme qui le saisit. « Je vais t'emmener dans le plus bel endroit de la vallée. »
« Il y aura assez de fleurs de Seregon ? »
« Des quantités plus que suffisantes. »
Katell acquiesça en souriant puis monta sur son cheval tandis que Lindir fit de même. Ils passèrent chacun leur tour le pont et s'éloignèrent entre les arbres, disparaissant de la vue de quiconque pouvant les observer depuis l'un des balcons de la maison d'Elrond.
« Elle part avec l'elfe d'hier. » Lança Kíli en continuant de fixer du regard les arbres sous lesquelles Katell et Lindir avaient disparus.
« Dit-moi, serais-tu jaloux mon frère ? » Demanda Fíli qui se trouvait en arrière, assied sur un banc sculpté dans le marbre à fumer sa pipe.
« Moi, jaloux d'un elfe ? Ne dit pas de bêtises. Je suis fier d'être un nain et de plus de la lignée de Durin, comme toi et oncle Thorïn. »
Kíli quitta le rebord du balcon pour venir s'asseoir à coté de son frère et alluma sa propre pipe.
« Certes nous sommes fiers, courageux et habiles mais il y a bien une chose qu'aucun de nous ne pourras jamais avoir par rapport à un elfe, la taille. Fort heureusement, il y a tout de même les hobbits que nous pouvons dépasser. »
« Qu'est-ce que tu essaies de me faire comprendre ? »
« Que Katell n'est pas à ta taille. Elle fait un petit peu plus d'une tête de plus que nous et c'est une humaine. Rien que ce que je peux m'imaginer de tes pensés quand tu la regarde est contre nature. »
« Et qu'est-ce qui te fait dire que je m'imagine ce genre de choses ? »
« Dans ce cas dit moi que tu ne t'imagine rien, que tu ne ressens même pas la moindre petite once de sentiments pour cette femme. » Déclara nonchalamment Fíli en regardant son frère du coin de l'œil.
« Je… je ne sais pas. C'est vrai que quand je la regarde, je sais que je ne suis pas insensible et que… bon j'avoue je l'ai imaginé plusieurs fois sans vêtements mais ose me dire que toi non plus tu n'y as pas pensé. » Kíli riva son regard vers son frère, l'air concentré.
« J'avoue que ça m'est arrivé mais cela ne tient que de la simple activité physique d'un nain mâle en pleine forme. J'apprécie beaucoup Katell mais elle ne m'inspire rien d'autre que de la sympathie, ce qui ne me semble pas être ton cas. »
« Comment savoir si j'ai des… sentiments pour elle ? »
« Je ne sais pas vraiment, ça ne m'est jamais arrivé mais quand je t'observe en train de la regarder, tu ne m'as plus l'air comme d'habitude. Comme si quelque chose changeait lorsqu'elle est dans les parages. »
Kíli soupira tout en se levant pour retourner regarder au balcon vers les arbres entourant la maison d'Elrond.
« Pour être franc, pour la première fois de ma vie j'envie un elfe. »
Le jeune nain finit par retourner à l'intérieur sans regarder son frère qui n'avait pas bougé de son banc. Ce dernier, après une minute, décida de rejoindre Kíli à l'intérieur, ne s'apercevant pas, au niveau d'un balcon plus haut, de la présence de Thorïn qui était appuyé contre un pan de mur.
Ce dernier avait suivit, sans l'avoir vraiment fait exprès, la conversation de ses deux neveux. Il redoutait ce moment qu'il craignait comme la peste, Kíli était amoureux, pour Thorïn cela ne faisait aucun doute car il avait plus d'expérience dans ce domaine que ses neveux. Il espérait qu'ils apprendraient de ce voyage en s'endurcissant physiquement et moralement, non l'inverse. Les sentiments amoureux faisaient faire des bêtises et rendaient idiots. Mais cela n'était que broutilles à coté d'un détail plus important aux yeux de Thorïn, il s'agissait de Katell. Une voleuse qui avait tenté de le dépouiller lui, le roi légitime d'Erebor. Une personne qui n'avait qu'une utilité moyenne à ses yeux et qui surtout était un être humain. Il voyait cela comme quelque chose de contre nature, un nain ne doit pas s'unir à un hobbit, un humain et encore moins avec un elfe. Déjà que la natalité chez les nains était faible alors si en plus ils allaient voir ailleurs…
Et pourtant, Thorïn avait cédé lui-même à la tentation. Il s'agissait de sa honte, de son amour, de sa tristesse, de son secret. Un secret qui l'avait fait beaucoup souffrir et il ne voulait pas que Kíli souffre de la même manière lorsqu'il s'apercevrait que ses sentiments n'ont pas d'avenir. La colère monta à l'intérieur de Thorïn, des souvenirs lui revenaient en même temps qu'il s'inquiétait pour la suite des évènements. Poussant un grognement, il quitta le balcon où il se tenait et partit à la recherche de Gandalf.
Parcourant les couloirs, il finit par trouver le magicien assied dans un fauteuil sous un immense chêne dans les jardins. Il discutait avec le seigneur Elrond, lui aussi installé dans un siège confortable. Autour d'eux, éparpillés sur la pelouse étaient installés plusieurs petites tables où les douze nains et le hobbit discutaient entre eux ou essayaient de jouer avec les cartes que les elfes leur avaient prêtées. Thorïn marcha rapidement vers le magicien, attirant les regards de Balin et Dwalin au passage qui se doutaient que quelque chose n'allait pas.
« Gandalf, j'aimerais vous parler de votre protégée. » Déclara le chef des nains sans ambages, coupant net la conversation entre le magicien et le seigneur Elrond.
« C'est à propos de monsieur Sacquet ? »
« Non, de Katell ! » Gandalf sentait la colère de Thorïn mais ne comprenait pas la raison de tant d'énervement à propos de la voleuse.
« Que se passe-t-il ? Ne me dite pas qu'elle a essayé de vous voler quelque chose. »
« Non mais j'ai quelque chose à vous dire. Elle ne repartira pas avec nous. »
Ces paroles furent entendues par les autres qui rivèrent leurs yeux vers Thorïn, particulièrement Bilbon, Fíli et Kíli.
« Et pourquoi donc prendre une décision aussi radicale ? Je vous rappel que vous avez signé un contrat avec elle. »
« Peste soit ce contrat que j'ai signé avant que vous ne choisissiez quelqu'un. » Tout le monde pouvait sentir la colère dans la voix de Thorïn, particulièrement lorsqu'il appuya sur le 'vous' qui indiquait Gandalf.
« Veuillez vous calmer je vous prie et vous asseoir pour exprimer le pourquoi de votre animosité envers Katell. » Proposa Elrond en faisant signe à d'autres elfes d'apporter une chaise supplémentaire pour le nain.
Thorïn prit place tandis que les nains autour avaient laissés ce qu'ils faisaient afin d'écouter attentivement la conversation.
« Je vous avais laissé le choix de nous apporter une aide supplémentaire en plus du cambrioleur. Vous nous avez ramené une jeune femme se prétendant être chasseresse et s'avérant être une voleuse et une porteuse de malédiction de surcroit. Trop de mystères gravitent autour de sa personne et qui sait quel autre secret elle nous cache, et risque de nous mettre tous en danger comme cela a déjà failli arriver. »
« Je vois… » Murmura le magicien.
« Et comment expliquez-vous qu'elle parle et se conduit un peu comme une elfe ? » Rajouta Thorïn, cherchant prétextes afin de bien insister pour que cela aille en sa faveur.
« Vous n'avez rien à craindre de Katell, je puis vous l'assurer Thorïn. » Lança calmement Elrond. « Si elle agit de cette manière, c'est parce qu'elle a grandit ici. »
Ces paroles suscitèrent des réactions parmi les nains qui se mirent à parler entre eux.
« Le seigneur Elrond dit la vérité mais je comprends votre inquiétude car il est vrai que Katell est une porteuse de malédiction. » Déclara Gandalf.
« Quel crime a-t-elle pu commettre pour être condamnée à une telle peine ? » Demanda Balin qui se trouvait assied à la table la plus proche de l'Istar.
« Pour comprendre la raison de mon choix de l'avoir amené à vous, il vous faut commencer par connaître le passé de Katell et pour cela, le seigneur Elrond est le mieux placé pour vous le raconter. » Expliqua le magicien tandis que les yeux des nains et du hobbit convergèrent vers l'elfe.
« Comme je vous l'ai dit, Katell a grandit ici, je l'ai prise sous ma protection alors qu'elle n'était qu'un bébé de quelques mois. Le destin l'a mené à moi alors qu'elle et ses parents erraient non loin de la vallée, ne sachant où aller, semblant complètement perdus. J'étais en pleine partie de chasse ce jour là et mes chiens avaient pistés une odeur, celle du couple et de l'enfant. C'est ainsi que j'ai rencontré cette famille en proie au désarroi. Alors que je ne venais que de les saluer, ils m'ont supplié de les prendre à mon service. J'en fus plus qu'étonné et ils se sont alors mis à me raconter leur histoire. »
« Les parents de Katell étaient des gens pauvres ? » Demanda Bilbon qui était très attentif aux paroles du seigneur Elrond.
« D'apparence je le croyais aussi monsieur Sacquet mais il ne faut jamais se fier à un livre seulement par sa couverture. » L'elfe s'appuya à son dossier et regarda l'assemblée qui semblait pendu à ses lèvres. « Les parents de Katell étaient tous deux natifs du Rohan. Son père, Helmot, était l'unique descendant d'une très honorable famille d'éleveurs de chevaux. Helgat, grand-père paternel de Katell était comme son père et ses ancêtres avant lui, reconnu comme étant le meilleur du Rohan pour ce qui était du dressage des chevaux mis au service du roi qui était à l'époque Fengel. Par cela, lui et sa famille avaient l'honneur de faire partie de la cour du roi et le chef de famille occupait une place de haut rang auprès des têtes couronnées du Rohan. C'est dans ce contexte de Brytawine, fille de Bryden, Maréchal de la Marche de l'Est, fut donnée en mariage à Helmot, assurant ainsi une union forte entre les enfants de deux familles déjà très puissantes et honorables. »
« Brytawine était le nom de la mère de Katell ? » Demanda Thorïn dont le visage ne laissait transparaitre aucune émotion.
« En effet. » Continua Elrond. « D'après ce que j'ai pu comprendre, Brytawine était très éprise de son époux mais ce dernier ne lui retournait pas cet amour, préférant se consacrer aux chevaux dont son père lui avait donné la charge ainsi qu'à la préservation des secrets de dressage de sa famille. »
« Jusque là, vous ne nous racontez qu'une histoire de nobles du Rohan sans grand intérêt. » Maugréa Dwalin qui se fit couper d'un bruyant 'chut !' provenant de Ori. Le seigneur Elrond fit comme si le nain n'avait rien dit et continua.
« Le père de Brytawine, Bryden, désespérait de ne pas voir venir d'enfants à cette union et commença à entrer en discorde avec son beau-fils mais aussi et surtout avec Helgat qui était le chef de famille. Apparemment d'après le père de Katell, la naissance d'un enfant faisait partie du projet de Bryden de gagner en popularité et en puissance par l'union symbolique de sa famille avec celle d'Helgat, mais à l'époque personne n'était au courant de cela. »
« Et comme il n'y avait pas d'enfant à naitre, ce… Bryden, décida de se débarrasser de sa belle famille. » Lança Balin qui gardait à l'esprit la marque que portait Katell.
« D'après Helmot, oui. Une nuit, Bryden aurait envoyé deux hommes qu'il avait grassement payés pour mettre le feu aux écuries de la maison d'Helgat. Cependant, l'incendie se propagea sur la maison. Helgat abandonnera sa famille pour essayer d'aller sauver ses chevaux en vain et mourut dans l'incendie. Helmot était par conséquent devenu le nouveau chef de famille mais était ruiné par la perte d'une partie de sa maison, de ses chevaux et aussi par une perte du personnel en partie mort dans l'incendie. Le roi fera rechercher les responsables mais les corps des deux pyromanes seront retrouvés trois jours plus tard, laissés pour mort. »
« Donc il n'y avait aucunes preuves pouvant incriminer ce Bryden. » Lança plus pour lui-même que pour les autres Dwalin, qui devenait de plus en plus intéressé par l'histoire.
« Dès le lendemain de l'incendie, Bryden proposera des arrangements d'ordre financier à son beau-fils afin de lui permettre d'essayer de se remettre à flots mais toutes ses propositions étaient plus avantageuses pour lui que pour Helmot sur le long terme. C'est à partir de ce moment qu'il commença à penser que son beau-père était le commanditaire de l'incendie mais il n'avait aucunes preuves, ni témoins. En conséquence, il se borna à toujours refuser les propositions de Bryden et commença à s'endetter. »
« Il ne pouvait pas en parler au roi et l'accuser ouvertement ? » Demanda Glóin.
« On n'accuse pas quelqu'un, surtout lorsqu'il fait partie de votre propre famille, sans preuves. » Lança Gandalf.
« Le roi du Rohan avançait l'argent à Helmot. » Poursuivit Elrond. « Il mettait de grands espoirs sur lui. Mais l'animosité qu'il manifestait vis-à-vis de Bryden allait en augmentant. Le roi ne pouvait rien faire, il savait qu'Helmot ne pouvait avancer aucunes preuves à ses attaques verbales. Pour autant, Fengel ne cautionnait pas l'attitude de Bryden qui agissait de plus en plus comme s'il était lui-même aussi puissant que son roi. Helmot tentait de son mieux d'essayer de remettre à flot son élevage mais les pertes avaient été trop énormes et il était trop préoccupé à cacher ses secrets de dressage. Au bout de trois mois, il commença même à boire. »
« Et quoi ? Le pauvre avait bien droit à se détendre un peu non ? » Lança Bofur.
« L'alcoolisme est un fléau lorsqu'on ne sait plus s'arrêter. Particulièrement chez les Hommes. » Répliqua froidement Gandalf.
« Ce fut durant cette période que Brytawine lui annonça qu'elle attendait son enfant. Il refusa de la croire, ne l'ayant touchée que très peu, puis il se souvint de la fois où il l'avait rejointe dans son lit quelques nuits avant l'incendie afin d'essayer de faire cesser le conflit entre son père et son beau-père. Étant ivre mais se refusant à frapper la femme qui portait sa progéniture, la colère le prit et il alla jusqu'à la maison de Bryden durant la nuit afin de lui annoncer la nouvelle. » Le visage d'Elrond devint plus grave tandis qu'il regardait tout les nains. « Ils parlèrent tout les deux fort et nombreux furent les membres du personnel et les voisins qui purent entendre leur mésentente. Helmot reçut les confessions de Bryden et le tua par vengeance d'un coup de dague dans le ventre. Il quitta la maison en courant laissant le cadavre de son beau-père, retrouvé peu de temps après par deux servantes. »
« Il s'est enfuit comme ça ? » S'étonna Bofur qui pensait que s'enfuir était une attitude de lâche.
« Son bras avait agit sous le coup de la colère et de l'ivresse. Helmot quitta la ville sur le dos de l'unique cheval qu'il possédait et alla se cacher dans le Rohan, changeant de lieu très souvent afin qu'on ne le retrouve pas. Le roi avait mis sa tête à prix et le voulait vivant afin qu'il soit jugé. Brytawine, qui ignorait tout du conflit qui opposait son mari à son père était atterré. Le roi, qui avait appris qu'elle attendait un enfant, l'assignat en résidence surveillée par des soldats. Au bout de plus de six mois de fuite, Helmot fut finalement rattrapé et ramené auprès du roi. »
« À sa place, j'aurais préféré plutôt me tuer que d'avoir à affronter une telle honte. » Fit Dori.
« Son procès dura deux mois, période pendant laquelle Brytawine mit une petite fille au monde. Le roi refusa qu'elle lui donne un nom tant que le sort de son père ne serait pas tranché. Fengel, malgré la volonté de ses proches conseillés de le condamner à mort, décida de condamner Helmot à l'exil forcé hors du Rohan. Il fit ceci en souvenir de ses bons et loyaux services ainsi que ceux de son père et de ses ancêtres. Il fut décidé que sa famille devrait être oublié et que la citoyenneté du Rohan ne leur serait plus accordé à lui, ainsi que tout ses descendants. Il fut marqué au fer rouge d'une marque d'infamie au niveau du cou, celle du parricide car il avait tué un membre de sa famille. Brytawine et son bébé furent aussi marqués du signe des bannis. Helmot fut autorisé à récupérer quelques effets personnels avant que sa maison ne soit entièrement brûlée et il fut conduit lui, sa femme et sa fille à la frontière du Rohan par des cavaliers Rohirrim. »
« Mais alors… elle n'a rien fait. Cette marque est injuste ! » Lança Kíli.
« Chez les Hommes, lorsqu'un crime grave est commis, généralement toute la famille du fautif doit en payer le prix. » Expliqua Gandalf. « Katell n'était qu'un nourrisson mais elle était du même sang que son parricide de père, là était son crime tout comme celui de sa mère qui avait porté l'enfant d'un parricide. »
« Et il n'y a rien de plus horrible pour un homme que de savoir que sa descendance est elle aussi condamnée à une vie de honte. » Continua Thorïn.
« Cette marque c'est quoi exactement ? » Demanda Fíli qui tenait son frère par le bras pour l'empêcher de se lever.
« Une marque au fer rouge que l'on appose à l'origine sur les chevaux pour les protéger des animaux sauvages. » Répondit Elrond. « Au Rohan, il existe des sceaux pouvant être apposés sur les animaux et qui, selon les plus superstitieux, repoussent les prédateurs les plus dangereux. Sauf qu'apposé sur les Hommes, cela fait l'effet inverse. Helmot fut marqué du signe du parricide et en cela, il attirait à lui tout les animaux dangereux possibles. Brytawine fut marqué d'un signe attirant les loups et Katell d'un signe attirant les wargs. Exilés hors de leur terre natale et ne sachant où aller, ils n'avaient d'autre choix que de s'aventurer en terres inconnus et par là même, ils étaient condamnés à périr tués et dévorés par des animaux sauvages. »
« Et c'est comme ça qu'ils sont tombés directement sur vous ? » Demanda Nori.
« Non. Il s'est écoulé un peu de temps avant notre rencontre. » Le seigneur Elrond se redressa et continua son récit. « Ils finirent par trouver un village de bûcherons en pleine forêt où Helmot et sa famille furent acceptés. Il cachait son déshonneur aux yeux des autres par une grande écharpe, ce que faisaient également sa femme et le bébé. Le village dû subir deux attaques de loups en une semaine, n'ayant pas à souffrir de la présence d'autres animaux sauvages dans les parages. Mais après deux semaines, la petite qui n'avait toujours pas de nom tomba malade. Un médecin dû l'ausculter et vit la marque sur son cou. Les parents furent découverts et tous les trois furent chassés du village. »
« Ils n'ont même pas cherché à savoir pourquoi ils étaient ainsi ? » S'étonna Fíli.
« Les Hommes connaissent les signes d'infamies et chassent leurs porteurs aussi loin que possible. C'est une réaction de survie naturelle. Mais plus cela allait, plus leurs physiques changeaient par endroits, sorte de réaction secondaire à la marque. C'est la raison pour laquelle Katell a les cheveux gris. Ce genre de signe externe a tendance à éveiller les soupçons des gens autour d'elle. Aujourd'hui, ce genre de punition exclusive au Rohan a été interdit et les gens vivant hors de ces terres ont commencés à oublier que les porteurs de malédiction existent. Mais il y aura toujours des superstitieux pour se rappeler qu'une jeune personne aux cheveux gris peut être maudite. C'est là que s'achevait leur histoire, j'en fus touché car moi-même je ne pensais pas que les Hommes étaient encore capables de punir leurs semblables de la sorte. Je ne pouvais rien pour eux, les elfes ne devant pas se mêler des affaires des Hommes. »
« Comme celle des nains. » Marmonna Thorïn dans sa barbe d'un air sombre.
« Je voulu tout de même faire un geste pour leur venir en aide et leur fournit des vivres et des informations pour les envoyer dans un endroit sûr, où ne se trouverait aucun animal dangereux pour eux. Au moment venu où je les saluais avant de m'en aller, j'ai touché le front du bébé et j'ai eu une vision. J'ai vu un avenir pour elle, bien différent de celui auquel étaient destinés ses parents. Elle était encore toute petite, innocente et déjà condamnée à un sort qui ne la concernait en rien. J'ai donc proposé à ses parents de prendre l'enfant et de l'emmener avec moi à Fondcombe et de veiller sur elle. Sur mes terres, comme vous l'avez vu, elle ne souffrirait pas de sa malédiction mais ils savaient que s'ils me la confiaient, ils ne la reverraient probablement jamais, n'étant pas réellement libre de leurs mouvements s'ils voulaient survivre. Ils savaient qu'une opportunité telle pour lui donner une autre vie ne se représenterait jamais. En cadeau d'adieux, je leur ai tout de même laissé le temps de la doter d'un prénom et ils choisirent de l'appeler Katell. »
« Ce prénom signifie 'pur', probablement dans l'espoir qu'un avenir meilleur pour elle rachète celui de ses parents maudits. » Rajouta Gandalf.
« Et donc ? Si elle a été élevé chez vous, comment se fait-il qu'elle se soit retrouvé à voler alors qu'elle n'était encore qu'une adolescente ? » Demanda Thorïn d'une voix grave.
« Katell a passé les dix premières années de sa vie ici. Très jeune elle montrait des prédispositions à s'occuper d'animaux, ce qui n'était pas très étonnant lorsqu'on sait ce que faisait sa famille. L'élevage d'animaux, particulièrement de chevaux, elle a ça dans le sang. » Elrond continua son histoire sans bouger. « Cependant Katell n'était pas une elfe, je ne pouvais la garder trop longtemps au risque qu'elle en oublie qui elle était. Malgré son jeune âge, je ne lui ai jamais caché qu'elle était humaine et surtout maudite même si je ne lui avais pas raconté l'histoire de ses parents, je lui avais simplement dit qu'ils l'avaient confié à moi pour la protéger et lui assurer un avenir. »
« Et où l'avez-vous envoyé dans ce cas ? » Demanda Bombur.
« Il fut décidé qu'elle serait confiée au magicien Radagast qui pouvait lui permettre d'accroitre encore son talent avec les animaux et qui surtout était probablement le seul à pouvoir essayer de trouver une solution pour arrêter la malédiction qu'elle portait. Moi-même je ne pouvais rien pour elle dans ce domaine malgré mes nombreuses recherches. » L'elfe tourna son regard vers le magicien gris. « À partir de là, c'est à Gandalf de poursuivre. »
« Radagast voulait en faire son élève mais plus encore, voulait en faire une magicienne. Mais cela était impossible de par sa condition humaine mais il s'entêta à lui apprendre quelques petits tours de passe-passe. Lorsque ceci arriva aux oreilles de Saroumane le blanc, il m'a envoyé afin de lui retirer Katell. »
« Auparavant, je lui avais parlé d'elle. » Lança Elrond. « Mithrandir était donc parfaitement au courant de son histoire. »
« En effet et cela m'a permis de mieux savoir où j'allais l'emmener. Fort heureusement aussi, Radagast ce génie, avait réussit à trouver un moyen d'atténuer les effets de la malédiction de Katell. Il avait créé une crème à partir d'espèces végétales qui atténuaient l'odeur émanant de la marque qui attire les wargs et diminuait ainsi la douleur qui en découle. Il a apprit à Katell comment la réaliser et j'ai pu ensuite l'emmener sans avoir à craindre d'être pris en chasse par des wargs, bien qu'il n'y en avait pas grand nombre à l'orée de Vert-Bois. C'est ainsi que je l'ai emmené en Eriador. Là, je lui ai appris à vivre parmi les Hommes et l'a ensuite laissé se débrouiller seule. Elle avait seize ans. »
« Et que lui est-il arrivé ensuite ? » Demanda Kíli ayant une jambe sous la table qui remuait, essayant de canaliser son impatience à cet endroit.
« Je l'ai recroisé quatre ans plus tard, dans un petit village où elle se prétendait chasseresse alors qu'elle est incapable de tuer un animal de ses mains. C'est là que j'ai très vite compris qu'elle était devenue voleuse, lorsqu'elle tenta de me faire les poches. Elle ne m'a rien dit concernant ce qui s'était passé pendant ses quatre premières années en solitaire mais elle m'avait bien fait comprendre qu'elle vendait ses services, soins aux animaux, dressage, 'chasse' et en parallèle, elle faisait les poches aux gens. C'est ce qui m'a amené à l'engager il y a peu. »
« Vous avez dit que Radagast avait mis au point une crème afin d'atténuer les effets de la malédiction mais… il n'y a aucun moyen de la libérer de ce fardeau ? » Demanda Bilbon qui avait suivit attentivement tout ce qui venait d'être dit et avait encore du mal à le croire car chez les hobbits, il était rare de punir quelqu'un pour quelque chose de plus grave que le piétinement d'un parterre de fleurs par un voisin jaloux.
« À notre connaissance, il n'en existerait qu'une seule et nous ignorons si elle pourrait réellement fonctionner ou non. » Répondit Elrond. « De plus, elle ne fonctionne que sur les personnes maudites qui ne sont pas directement responsables du crime commis. »
« D'après Radagast, il faudrait donc dans le cas de Katell que son père, qui lui ne pourra jamais se défaire de sa malédiction, reconnaisse par un acte totalement désintéressé et provenant du cœur, que sa fille est innocente de tout crime. » Expliqua Gandalf.
« Sauf que cela va faire vingt-cinq ans que ses parents sont partis vers l'endroit que je leur avais indiqué. » Continua Elrond. « Et rien ne permet de dire qu'ils ont pu y arriver vivants ou bien qu'ils ne soient pas déjà morts depuis le temps. »
« Autrement dit, elle est condamnée à vivre avec ce fardeau toute sa vie. » Murmura Thorïn sombrement.
« Oui et si jamais un jour elle donnait naissance à des enfants, eux aussi seraient porteurs de cette même malédiction. » Termina Elrond.
Le silence se fit dans les jardins et tous les nains ainsi que le hobbit arboraient un visage grave. Le seigneur Elrond et Gandalf échangèrent un regard, étant d'accord sur le fait qu'ils devaient savoir avant de continuer plus loin leur quête. Le grand elfe n'était pas idiot et il se doutait que cette compagnie avait un but autre qu'intellectuel envers la carte d'Erebor. Mais il n'avait pas besoin d'avoir vu la carte pour s'en douter, la présence de Katell suffisait.
« Ah ! Je vous cherchais seigneur Elrond ! » Lança Katell en arrivant par l'un des couloirs, tenant par-dessus son épaule un gros sac blanc faisant la moitié de sa taille, bien remplis mais semblant pourtant être très léger. « Dites-moi serait-il possible que je puisse utiliser vos cuisines pour… »
La jeune femme vit les regards de tous se poser sur elle et le silence qui régnait dans les jardins était pesant. Katell passa d'un regard à l'autre. Ori semblait se retenir de pleurer et reniflait. Fíli semblait gêné. Bilbon arborait un regard attristé. Balin essayait de lui sourire de manière sereine mais semblait ne pas y parvenir. Kíli la regardait comme si… elle allait mourir. Lorsqu'elle voulut regarder les autres, nombreux furent ceux qui se mirent à fixer leurs pieds ou un point dans une autre direction. Thorïn arborait un air grave et pourtant, pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, Katell y vit un peu de tendresse comme celui d'un père admirant ses enfants en train de jouer.
Ceci lui fit l'effet d'un électrochoc et la jeune femme lâcha son sac. Elle venait de comprendre et plus aucun doute ne lui fut possible lorsqu'elle scruta du regard le seigneur Elrond et Gandalf. Elle se sentait incapable de dire quoi que ce soit et n'avait qu'une seule chose à l'esprit, la volonté de partir en courant loin de ces jardins.
« Père ! Père ! » Appela un elfe d'une voix paniqué en arrivant sur un balcon surplombant les jardins, suivit d'un autre lui ressemblant beaucoup.
« Que se passe-t-il Elladan ? » Elrond se leva de son siège en voyant ses deux fils ayant l'air visiblement très inquiets, ce qui avait bien évidement attiré l'attention de tous sur eux.
« Estel a disparu ! » Lança l'autre elfe. « Nous l'avons cherché partout dans la maison mais il n'est nulle part ! »
« Calme-toi Elrohir, nous allons le retrouver. » Fit Elrond qui malgré tout ne semblait pas si calme qu'il voulait le laisser croire. « Rassemblez tout le monde que vous pourrez et partez à sa recherche ! »
« Non ! » Lança Katell. « Je pense savoir où il est allé. C'est de ma faute alors c'est à moi d'aller le chercher. »
Le seigneur Elrond acquiesça bien qu'il ne comprenait pas en quoi elle pouvait être responsable et la laissa partir, faisant signe à ses fils de l'accompagner.
« Vous pensez vraiment qu'elle sait où cet Estel est allé ? » Demanda Thorïn en se levant de son siège.
« Oui j'en suis persuadé. » Répondit l'elfe.
« Et comment pouvez-vous en être certain ? » Répliqua le nain.
« Une simple impression de déjà-vu. »
J'espère que ce chapitre n'a pas été trop 'indigeste'. Je sais que ça fait beaucoup d'informations à assimiler en une fois. Mais maintenant, vous connaissez le passé de Katell. Qu'en pensez-vous ? Et va-t-elle retrouver Estel ? Réponse au prochain chapitre^^
À la prochaine ! Leonem ;)
