UPDATE: 23 mai 2016

-IX-

Ginny, qui passait tout près, entendit crier. Elle se rapprocha pour connaître la source de ce raffut et tomba sur des adolescents en puissance face à Malfoy, au sol, ficelé de partout.

«Mais qu'est-ce que vous faites?!», s'exclama la jolie rousse.

«On a attrapé un mangemort!», s'exclamaient-ils, tous.

«C'est pas un mangemort, Malfoy est un rebelle!»

D'un coup de baguette rapide, Ginny annula le sortilège, libérant le rebelle qui se relevait, fusillant le groupe de son regard perçant.

«Euh, Malfoy… qu'est-ce que tu…»

«J'ai pas le temps de t'expliquer, Granger est ici. Elle est en danger, elle n'a pas sa baguette, il faut la trouver!»

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Je venais d'envoyer un coup de pied d'une violence non contrôlée dans les couilles de Ron. Il ne cilla même pas, semblant ressentir aucunement la douleur que je tentais de lui infliger. Il resserra sa poigne autour de mon bras, m'entraînant avec lui dans une salle de classe afin de me cacher, que personne ne puisse venir à mon secoure.

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Ginny affirma ne pas l'avoir vu et elle guida Malfoy dans les escaliers pour se rendre à l'infirmerie. Elle devait y être, c'était pour ça qu'elle était revenue. Quand ils poussèrent la porte, ils n'y trouvèrent qu'une salle silencieuse, Madame Pomfresh passant le balai.

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Ron claqua la porte, me lançant sur les pupitres que je percutai de dos, m'écroulant au sol, une douleur aiguë dans les côtes.

«Pourquoi, Ron?! Qu'est-ce qu'il te prend! Qu'est-ce que j'ai fait pour te mettre dans un tel état?!» hurlais-je en essayant de contenir ma rage.

«Tait toi, garce!»

Il me gifla du revers de la main, ma tête absorbant le choc, brouillant ma vue. Il empoigna sa baguette de la main gauche et me ligota. J'étais terrorisée, je me sentais nue et tellement vulnérable sans ma baguette. Il se pencha au dessus de moi et m'agrippa violemment les cheveux. Il me tira sans ménagement jusqu'au fond de la salle qu'il verrouilla et insonorisa.

«Je savais que je devais t'accompagner jusqu'à chez toi, mais Potter ne voulait rien entendre. Au moins tu m'as servi sur un plateau d'argent le chef des rebelles. Ça lui apprendra à ne vouloir qu'écouter les beaux yeux de Malfoy! Maintenant, ma jolie, tu vas parler.»

«Non!»

«Endoloris!»

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Ginny poussa la porte de l'appartement d'Hermione, mais n'y trouva que des livres déplacés, un sac vide au centre de la pièce et un fouillis dans ses vêtements. Malfoy fût soulagé de savoir qu'elle était bel et bien ici, au château, mais où? Il souhaitait qu'elle ne soit pas tombée sur Weasley. Et, qui sait, il avait probablement fait entrer d'autres mangemorts à l'insu de tous.

«Malfoy, vas-tu me dire ce qu'il se passe? Oui ou merde?!», cracha Ginny en le retenant par le bras.

«Il y a une taupe dans l'Ordre et c'est ton frère… Ron.» dit-il en voyant le teint de Ginny virer au blanc, la bouche grande ouverte de stupéfaction. «Il a essayé de nous tuer, on s'est sauvé et les rebelles se sont fait massacrer! Pansy est en train de se vider de son sang… c'est pas le moment d'entrer dans les détails, on doit la trouver, maintenant!»

La rouquine, maintenant en état d'alerte, entraîna Draco dans les dédalles de couloirs jusqu'à trouver Harry dans la salle des recherches.

«Malfoy?!» dit l'élu en réalisant sa présence.

«Harry, Hermione…»

«Quoi Hermione?!» répliqua-t-il, s'impatientant qu'elle reprenne son souffle.

«…faut la trouver… ta carte!»

Comme si c'était fait, il sortit la carte du maraudeur et la déplia rapidement sur la table devant lui. À trois, ils commencèrent à chercher Hermione dans tous les recoins possibles du château. Draco n'avait pas croisé le nom de Ron… il était avec elle, il en était certain, un nœud se formant dans son estomac.

«Potter, dit-moi, qui était à la radio dans la nuit de lundi dernier?»

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«Alors? Où sont passés les rebelles?»

«Mais t'es complètement malade!?»

«Si tu le dis, ma belle… Endoloris!»

Ça faisait mal, mais la rage que je contenais l'amenuisait faiblement. Ron Weasley, mon ami depuis mes onze ans, me torturait afin d'obtenir des informations sur les rebelles.

«Surprenant! Tu semble bien supporter la douleur!»

«Fait-moi souffrir tant que tu veux, je ne dirai jamais où ils sont cachés. Je ne trahirai pas cet espoir de mettre fin à la guerre!»

«Comme c'est mignon! Vous êtes si désespérés?»

«Va te faire foutre!»

«Pourquoi pas? Si tu veux jouer à ça…» dit Ron, s'agenouillant et me baissant violement mon pantalon et mon sous-vêtement d'un même mouvement.

«QU'EST-CE QUE TU FAIS?!» hurlais-je alors qu'il faisait apparaître des liens pour me retenir les mains.

«Ne cri pas, ma jolie… personne ne peut t'entendre et je trouve ça extrêmement désagréable…», me chuchota-t-il en s'attaquant à sa braguette.

Des larmes me brûlaient les joues, j'avais du mal à respirer. Dégoûtée, je le vis sortir son membre raide d'excitation au viol et se cracher dans la main pour mouiller son sexe. Je me mis frénétiquement à me débattre, mais mon pantalon retenait mes chevilles ensembles et entravait mes mouvements. Je serrai les genoux, me tortillant dans tout les sens, essayant tant bien que mal de le frapper de mes mains liées. Puissamment, il m'attrapa par la taille et me retourna face contre terre en s'appuyant de tout son poids sur ma tête pour me faire cesser de bouger. C'est un cauchemar, je vais me réveiller… c'est pas possible!? Me répétai-je mentalement, le cœur voulant me sortir de la poitrine.

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Harry la repéra en premier, avec Ron. Malfoy venait de le mettre au parfum pour Ron et ses cheveux se hérissèrent sur sa nuque. Son ami n'agissant pas devant témoins, personne ne s'était douté de rien. Quand il pointa l'endroit où elle se trouvait, ils se précipitèrent tous à sa rencontre dans l'une des anciennes salles de classe de Flitwick. La marque des Ténèbres tatouée sur son bras se mit à picoter, le brûlant en vague. Voldemort appelait ses mangemorts à lui, qui n'en faisait désormais plus partie. Harry essaya d'entrer dans la salle où se trouvait son amie, mais l'on avait verrouillé la porte. Ginny la fit violemment sauter de ses gonds et ils y entrèrent, trouvant Ron, de dos, sur Hermione à moitié nue. Malfoy fût le premier à réagir, Harry et Ginny trop choqués pour bouger.

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Il me défonçait et c'était peu dire à côté de ce que je ressentais. Ma joue frottait contre le tapis, s'éraflant à chaque coup de butoir. Il me faisait mal, grognant, me faisant taire d'une main dans la bouche, écrasant mes lèvres contre mes dents, les coupant, du sang s'en écoulant. Pour subir, je fis le vide, essayant de m'évader le plus loin possible de cet horreur, fermant les yeux si fort qu'ils pleuraient sans que je puisse les retenir. Le cristal de roche se mit à luire intensément, éclairant la salle plongée dans la pénombre, et j'entendis la porte de la salle se fracasser contre les murs. Je reconnu la voix de Malfoy qui lança un sortilège qui envoya Ron volé contre le mur du fond, m'emportant de peu avec lui. Je le vis se relever prestement, l'air sonné, en remontant son pantalon, et traversa la salle à grands pas le regard braqué sur le rebelle qu'il recherchait tant. Malfoy s'était lancé sur moi, me défaisant de mes liens et me rhabillant rapidement lançant un sort de protection contre Ron qui s'acharnait sur nous. Ginny et Harry attirèrent son attention en s'attaquant à lui, mais il parvint à neutraliser tous les sorts qui lui étaient destinés. Malfoy passa ses bras sous mon dos et mes genoux et me prit dans ses bras, m'éloignant de cet enfoiré, le temps que je reprenne mes esprits. Mes yeux se posèrent sur mon assaillant et ça me frappa.

«Malfoy…», soufflai-je; «C'est pas Ron…»

La bague irradiait, pulsant sa lumière au travers de la salle. Qui que se soit, le Ron en apparence avançait vers eux rapidement. Malfoy passa derrière Harry et Ginny, me donna ma baguette et chargea sur Ron en lançant tous les sortilèges qui lui passaient par la tête dans l'espoir de le déstabiliser. L'inconnu était beaucoup trop fort, à trois contre un, il réussissait à contrer tous ce qui venait à sa porté.

«Faut qu'on sorte d'ici!», cria Ginny, angoissée.

Je m'étais relevée, un feu brûlant dans mes yeux. Plus je bouillais de rage, plus la bague devenait incandescente. Je pris position entre l'élu et le rebelle et tentai de mettre fin au combat. Mon sortilège le plus puissant s'évanouie sous la puissance de cet étranger et quand celui-ci nous envoya le même sort violet que la nuit où nous avions faillis mourir, la bague explosa d'une onde de choc blanche, nous renversant tous au sol. Harry se remit sur pied en aidant Ginny, un coup d'œil à l'ennemi pour se rendre compte qu'il saignait de la tête. Ça ne l'empêcha pas de se relever, mais Malfoy et moi venions de suivre Harry et Ginny dans le corridor et courions maintenant vers la sortie la plus proche pour pouvoir transplaner.

«Je dois prévenir Kingsley!», avait dit Harry en arrêtant de courir, près de la lisière de la Forêt Interdite.

«Non!», criâmes Ginny et moi en chœur.

«Potter, on ne sait même pas s'il est seul! Et si Kingsley l'était aussi?! Ramène-toi!», lui ordonna le blond à ma droite en tendant son bras devant lui.

Il me tenait fermement tandis que Ginny s'était déjà accrochée à lui. Je ne me sentais pas bien du tout, j'avais envie de vomir malgré le froid hivernal. Harry lui attrapa le bras alors que Ron déboulait à nos trousses. Au contact du survivant, Malfoy nous fit disparaître et réapparaître quelques fois jusqu'à atteindre la tour de garde.

Malheureusement, nous arrivâmes trop tard pour sauver Pansy qui était recouverte d'un drap blanc taché de rouge lorsque nous franchisâmes la porte. Ginny et Harry avaient de la difficulté à s'adapter au climat qui régnait dans la pièce où trônait le grand foyer. Tous étaient silencieux, vivant à sa façon le deuil de deux de leurs amis et complices, mais surtout qu'il n'y avait aucune mesquinerie ou regards déplacés entre les anciens Serpentard et Griffondor. Quant à moi, je m'étais dirigé en coup de vent à l'étage, recherchant le plus de solitude possible. Je m'étais assise sur le matelas le plus éloigné de l'escalier, les genoux tirés contre ma poitrine, la tête dans mes mains, pleurant mon mal être. Une marche grinça, qu'est-ce que j'aurais voulu lancer une brique à cet intrus, et Malfoy se rapprocha lentement, s'essayant sur le même matelas en me faisant face.

«Granger…», mais il s'interrompit. Qu'est-ce qu'on disait dans une situation comme celle-là? Puis reprit; «…je dois savoir pourquoi tu as dit que ce n'était pas Weasley…»

Je me sortis la tête des mains, n'étant qu'une ombre, l'ombre de ma personne, et regardai cet ancien ennemi dans les yeux.

«Parce que Ron n'est pas gaucher.»

Point.

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Sauf que Ron, il est où? Depuis quand manque-t-il réellement à l'appel? Voldemort… était-il au courant d'une cellule rebelle et n'aurait pas ébruité la possibilité d'un infiltré à Poudlard? Non, il devait avoir des soupçons, mais aucune confirmation… jusqu'à ce qu'il ait tenté de sauver Hermione en la ramenant au château après son séjour au manoir… merde, il s'était livré lui-même. Draco se releva et prit la direction de l'escalier, une réunion s'imposait.

Non, pas dans ces circonstances. Le jeune homme revint sur ses pas et tendit la main à Hermione.

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J'hésitai longuement, je n'avais pas envie de toucher et d'être touché… qu'est-ce qu'il me voulait? J'empoignai sa main à contrecœur et il m'aida à me mettre sur pied.

«Vient, je vais te montrer quelque chose.»

Et il me guida vers un autre petit escalier qui montait dans ce qui m'avait semblé être un grenier. Il poussa une porte et me laissa entrer. C'était une petite pièce, beaucoup plus petite que les deux autres, où il y avait un lit, un vrai, vieux et doté d'une structure en fer forgé blanc et abîmé, une petite fenêtre laissait pénétrer les derniers rayons de soleil et il y avait une douche de fortune. Rien à voir avec celles du rez-de-chaussée, mais j'aurais de quoi me laver.

«C'était la chambre de Pansy… tu en as besoin. Reste ici, repose-toi.»

Il sortit, refermant la porte derrière lui, me laissant seule. Enfin seule, vraiment, dans cette pièce où le silence en était assourdissant. Je m'approchai du grand lit, glissant mes doigts sur la couette. La douche m'attirait sérieusement et je ne pris pas de temps à me décider d'y faire couler de l'eau. Elle était chaude… et ils étaient perdu au milieu d'une forêt! Qu'est-ce que j'aime la magie! Je me déshabillai rapidement, ne faisant pas attention à ne pas abîmer mes vêtements, et entrai dans la cabine, un pied après l'autre, et tirai le rideau. Mes vêtements me dégoûtaient, j'allais les brûler dès que j'aurai trouvé autre chose à me mettre. Pour le moment, je ne pensais qu'à mon corps endoloris arrosé d'eau de plus en plus chaude.

Je n'arrivais pas à me détendre, à oublier. Je me sentais sale, répugnante, j'avais l'impression d'être un objet sans valeur que l'on jette après utilisation. Je me laissai aller à pleurer ma colère, m'effondrant au sol, laissant couler mon impuissance face à cette journée d'enfer. Allais-je être capable d'oublier? Sinon, je pourrai toujours prendre le chemin de la facilité avec l'oubliette… sauf que c'était lâche et que je n'étais pas comme ça. Je me ressaisis promptement, attrapai le savon et me mit à me frotter le corps furieusement, souhaitant faire disparaître tout trace de Ron… non, de cet homme…

Non…

Malgré tout, j'aurai à jamais l'image de Ron en train de me violer… et je me remis à pleurer en silence.