La lampe.

Deuxième partie.

Surprise, Lucy reste un moment immobile tandis que son amie réalise quelques moulinets avec son arme, histoire de s'entraîner un petit peu. Peu de temps après, la blonde trouve le courage de lui poser une question.

« Que fais-tu Erza ?

- Cet objet est maudit.

- Hein ? Pourquoi tu dis ça ?

- C'est bien toi qui viens de me dire que tu l'as entendu te demander de l'aide, n'est-ce pas ?

- Oui mais j'ai dû avoir une hallucination.

- Je ne pense pas et puis cet attachement soudain, je trouve ça louche. Pose ton sac au sol et laisse-moi régler cette histoire.

- Non.

- Quoi ?

- Je t'ai dit non. »

C'est la première fois que Lucy tient tête à Erza et bien sûr, elle sait très bien que des conséquences terribles peuvent être engendrées par ce refus. D'ailleurs, la mage aux cheveux rouges commence à se montrer sévère en fronçant des sourcils. De son côté, Lucy compte bien lui tenir tête et campe sur ses positions.

« Pour la dernière fois, lâche ce sac.

- Non Erza et si tu veux briser la lampe qui se trouve à l'intérieur, tu vas devoir te battre contre moi.

- Aucun problème.

- Hein ? »

Erza est bien décidée à résoudre cette histoire par la destruction totale et Lucy est fortement étonnée. Toutefois, connaissant très bien celle qui se tient à quelques centimètres d'elle, la blonde aurait dû se douter que son amie ne baisserait pas les bras, pas de cette façon en tout les cas. Fébrilement, la maîtresse des esprits porte les doigts de sa main droite sur son trousseau de clef et cherche déjà sur quel être magique la porte des esprits s'ouvrira.

« Tu as gagné, s'exprime soudainement Erza.

- Quoi ?

- Tu m'as très bien entendu. Comme tu n'as pas l'air d'accepter ma précaution, on va se rendre chez toi et nous verrons bien si rien de fâcheux se produit suite à cet achat. Si c'est le cas, tu n'auras pas trente-six choix. »

Et tandis qu'elle prononce ces mots, la mage expérimentée fait disparaître son épée, provoquant le soulagement chez Lucy. Toujours aussi sûre d'elle et de cette manière directive, Erza lance un ordre à son amie.

« Ne perdons pas de temps, allons-y !

- Entendu. »

Et c'est ensemble que les deux jeunes femmes se dirigent vers la résidence de celle qui peut contrôler les esprits. Au bout de plusieurs minutes, les voilà dans le salon et c'est tout naturellement que Lucy pose son sac sur la grande table de la pièce. Tranquillement, Erza plonge ses mains à l'intérieur et en sort rapidement la lampe qu'elle dépose sur la surface boisée.

« Maintenant, que fait-on ? Demande Lucy.

- On va faire comme les comptes. Va chercher un bout de tissu et nettoie cette lampe.

- D'accord. »

Lucy quitte alors Erza pour se rendre dans sa cuisine et en sort peu de temps après, tenant un chiffon blanc dans ses mains. Ensuite, elle se replace devant la table et se saisit de la lampe qu'elle commence à nettoyer. Un certain laps de temps s'écoule suite à ce geste mais rien ne se produit, ce qui rassure sa propriétaire.

« Tu vois, il ne se passe rien, lui dit Lucy.

- Regarde devant toi.

- Hein ? »

Lucy s'exécute et remarque une jeune femme dont le physique ressemble à s'y méprendre à celui d'Erza malgré quelques différences. Ses cheveux sont noirs mais tout aussi longs et ses vêtements sont courts, très courts. Juste un soutien-gorge et une culotte sur son corps, tout deux de couleur rouge.

« Bonjour maîtresse, vous m'avez appelé ?

- Quoi ? »

Lucy ne sait plus quoi penser suite à ce qu'elle est en train de voir, ce qui n'est pas le cas de sa camarade qui reste sur ses gardes. D'ailleurs, elle s'adresse à l'être qui se tient à l'autre bout de la table.

« Qui es-tu ?

- Je suis un génie et j'ai le devoir de réaliser trois vœux afin de vous remercier de cette acquisition.

- Et si on te dit qu'on ne veut rien de toi ?

- Désolé mais c'est impossible. Tant que les vœux n'auront pas été cités, je me matérialiserai sans cesse.

- Voilà qui est fort regrettable. »

Répond Erza en faisant appel cette fois à deux épées. De son côté, loin d'être effrayé, le génie lève sa main droite grande ouverte vers la mage à la chevelure écarlate et use d'un certain pouvoir pour la figer dans le temps.

« De cette façon, nous allons pouvoir discuter tranquillement sans la crainte d'être dérangée. »

Voyant son invitée immobile, Lucy commence à se demander si la créature résidant dans la lampe est vraiment bénéfique.

« Rends-lui sa mobilité, ordonne-t-elle au génie.

- Désolé mais je ne réalise que les vœux.

- Et les actes mauvais.

- Non. Si j'ai figé cette mage, c'est pour que tu puisses faire tes choix tranquillement.

- Très bien. Je souhaite que tu libères Erza.

- Vœu exaucé. »

Le génie joint ses mains tout en fermant ses yeux. Aussitôt, Erza récupère le contrôle de son corps et en est plutôt soulagée. Toutefois, des questions demeurent dans son esprit.

« Lucy, que s'est-il passé ?

- Elle t'a figé et j'ai dû utiliser l'un de mes souhaits pour te sortir de ce mauvais pas.

- Mince.

- Comme tu dis et je te garantis que cela ne va pas se passer comme ça. »

Lucy abandonne Erza pour se concentrer sur le génie qui vient d'ouvrir ses yeux et commence à éloigner ses mains.

« Dis-moi ?

- Oui maîtresse ?

- Si je souhaite ta délivrance, que se passera-t-il ? »

A ce moment, une expression de terreur s'affiche sur le visage de l'être magique, ce qui interpelle Erza et Lucy.

« Heu… rien, répond-elle en tremblant.

- Tiens, je crois que ta nouvelle amie nous cache quelque chose Lucy, dit Erza.

- Ouais et je tiens bien à en profiter.

- Ne fais pas ça maîtresse. »

Avec un sourire arrogant sur ses lèvres, Lucy juge utile de profiter de la situation. En faisant le vœu de délivrer le génie, la blonde ignore qu'elle allait se retrouver avec une statue de pierre des plus horribles dans son appartement. En effet, avant de devenir un génie, la femme aux nombreux pouvoirs a été enfermée par une grande sorcière qui avait décidé de la punir, tout en lui jetant un sort. Si jamais l'un de ses maîtres provoque sa liberté, elle se retrouverait automatiquement prisonnière d'une enveloppe minérale, chose qui s'est produite.

Lucy et Erza ont reprit le cours de leur vie tandis que la statue a terminé chez le vieux maître dont l'usage est resté totalement secret.