Merci à toutes pour vos reviews, voici la suite!


PDV Rosalie

« Tu es la seule à qui je peux faire confiance. » me dit en aparté Edward, à trois kilomètres de la maison.

« Et si je craque ? »

« Comment ça ? »

« Elle est toujours une menace pour nous. »

Il se rembrunit une seconde, mentalement je lui dis « je plaisante », je haussai les épaules et repartis chez nous.

Ce weekend-là, je fus donc affectée à la surveillance de Bella Swan. J'étais du genre à vite m'ennuyer, j'allais donc devoir supporter l'humaine durant de longues heures. Que voyait-il en elle ? Je ne me l'étais toujours demandée, souvent en la présence de mon frère et il n'avait jamais pris la peine de me répondre.

J'étais postée dans l'immeuble voisin de Bella, Edward n'avait même pas meublé l'appartement qu'il louait « en secret ». Il n'y avait rien d'autre qu'une trousse de secours... pour Bella, au cas où. Il logeait au dernier étage et avait fait un accès au toit depuis son salon. De ses fenêtres, un étage plus haut que celles de Bella, on pouvait voir la chambre à coucher et la cuisine de la jeune fille mais elle ne pouvait elle pas le voir.

Bella commença son samedi à dix heures trente, elle entra dès son réveil dans une sorte de frénésie. Son appartement ressemblait à un champ de bataille, elle se mit à tout ranger, aspirer, laver, en grognant, pestant et éternuant. Quand tout brilla, il était déjà seize heures, elle se fit à manger... et pour d'autres personnes sans doute. Elle resta dans sa cuisine jusqu'à vingt-une heures, elle faisait un boucan d'enfer avec ses casseroles tapant sur la gazinière, les portes du frigo et des placards s'ouvrant et se fermant toutes les minutes presque. Elle emballa les trois quarts de ce qu'elle avait cuisiné avant de tout ranger au réfrigérateur et au congélateur. Elle s'endormit vers onze heures, après avoir pris une douche et mangé une petite portion des lasagnes. Tout ça dans sans un seul mot prononcé, sans musique ni télé ni radio pour la distraire.

Et durant tout ce temps, j'avais observé, étudié, enregistré des détails, imaginé mille raisons pour lesquelles mon frère avait ruiné sa vie et celle de Bella. Je ne m'étais pas ennuyée du tout, observer une humaine était fascinant et déprimant à la fois. Je savais bien que ma jalousie ne tarderait pas à me faire exploser, pourtant je ne voulais pas m'éloigner et ça n'avait rien avoir affaire avec ma promesse à Edward. J'étais enfin seule « face » à Bella, face à mes sentiments et mes regrets. J'en voulais à mon frère, parce qu'il nous avait condamné en se révélant à Bella. Parce qu'aussi il m'avait forcée à voir, à supporter, à endurer même, ce que je n'aurais jamais. Jamais plus je ne ferais toutes ces choses que Bella effectuait désormais telle une automate.

Elle était si faible, stupide, courageuse et c'était perdu d'avance. Edward résistait mieux que je ne l'aurais cru, depuis son retour chez nous, nous avions l'illusion que Bella Swan n'était jamais entrée dans nos vies. Edward cachait sans doute beaucoup de choses à Carlisle et Esmé, Emmett lui en voulait toujours ainsi qu'Alice, Jasper restait en retrait et moi... moi je devais la surveiller, j'étais la seule qui ne risquait pas selon Edward de trahir notre présence et notre surveillance. Sauf que je mourrais d'envie, tandis qu'elle s'éveillait le dimanche matin, d'aller chez elle, de la regarder d'aussi près que possible, de me plonger dans ses yeux chocolat et de voir enfin. Rien n'était logique chez elle, elle aurait du avoir peur de nous lorsqu'elle était arrivée à Forks. Elle aurait du être dégoutée par la peau si pâle, froide et dure d'Edward, par l'absence de battement de cœur, par son regard tantôt noir tantôt or. Et même après, elle aurait du maudire leurs différences qui les empêchaient de vivre leur passion.

Nous savions tous qu'Edward était vierge, ainsi que Bella et nous savions tous que l'amour qu'ils se portaient transcendait tout, comme pour nous qui étions en couple avec notre âme-soeur, rien n'aurait pu pouvoir les séparer... C'était sans compter sur mon frère, jouant à fond la carte de la prudence. Il s'interdisait de l'embrasser passionnément, de la caresser, de la toucher vraiment et encore moins de lui faire l'amour. Pourtant son contrôle remarquable aurait pu lui permettre d'essayer, progressivement.

Au début, j'étais contre évidemment, j'avais eu et avais toujours peur qu'elle nous condamne aux yeux des Volturis. Après l'incident avec les nomades, je m'étais résolue à ce que Bella devienne un vampire et une Cullen, Alice l'avait vu. Elle aurait été transformée et nous aurions pu vivre à nouveau en sécurité. Je pensais aussi que Bella était la clé de notre bonheur à tous, sans elle, tous la regrettait et Edward était insupportable en amoureux transi raisonnable pour deux. Si seulement il nous écoutait, si seulement il cessait de se croire plus fort que l'amour, il verrait que c'était leur destinée à Bella et lui que d'être éternellement ensemble.

L'été qu'Edward avait passé avec Bella avait été la meilleur période pour nous, notre frère souriait, nous partagions tous son bonheur, j'en étais arrivée à accepter Bella mais ne le montrais pas. Emmett avait parlé avec notre frère au sujet de sa vie sexuelle et Edward s'était mis dans une fureur noire et avait traité mon mari d'imbécile et d'obsédé.

Après avoir quitté la seule personne digne de son amour, il avait endossé si facilement le rôle de martyr, ignorant l'amour de Bella et ne la croyant pas assez forte pour vivre auprès de lui. Il la voulait humaine, refusait de lui voler son âme, et j'avais été d'accord avec lui. Comme j'aurais aimé être humaine. Malgré ma famille et Emmett, être humaine restait mon rêve absolu et j'enviais autant Bella que Carlisle. Notre créateur et père était le seul à jouer parfaitement notre charade. Nous autres les « enfants », nous restions toujours à part au lycée, sans jamais nous lier, sans jamais laisser les humains nous approcher de trop près. Mais Carlisle lui était toujours avec des humains, leur parlant, il sauvait leur vie, personne ne le craignait bien au contraire. Partout où il pratiquait la médecine, il était félicité pour son excellent travail, les gens lui faisaient confiance et ne craignaient pas d'être proches de lui.

Je savais parfaitement l'effet que je faisais aux humains, pas besoin du don d'Edward pour cela. Ma beauté était la première chose qu'ils voyaient et ils étaient immédiatement attirés par moi, hommes et femmes, très vite cependant ils sentaient le danger que je représentais et me fuyaient. Alors moi qui avais tant aimé être admirée lorsque j'étais humaine, j'avais du apprendre à être crainte, fuie, détestée même. Ma famille était devenue mon refuge, le seul endroit où des gens m'aimaient sans être influencés par mon physique. J'étais une pièce de ce puzzle, aussi grande et importante que les autres membres de la famille. Je me disais que cela suffisait... jusqu'à ce que Bella Swan entre dans nos vies.

Alice était si proche d'elle, telle une sœur déjà alors qu'il nous avait fallu à toutes les deux près de vingt ans pour nous apprivoiser. Rien n'avait été aussi spontané et naturel entre Alice et moi que ça l'avait été entre Alice et Bella. Si j'étais jalouse ? Oui pour cela aussi.

Emmett adorait Bella, j'avais du accepter cet affront, pour lui et son bonheur. Et depuis que Bella avait refait surface, mon mari était encore plus décidé à la faire revenir parmi nous. Personne d'autre n'était au courant, sauf Alice sans doute mais elle n'en avait rien dit. Emmett parlait de plus en souvent avec Bella en privé, elle lui avait avoué qu'elle avait perdu le seul garçon qu'elle avait aimé de sa vie, que depuis il n'y avait eu personne pour elle, que sans lui, elle ne vivait plus vraiment. Lui la consolait comme un grand frère l'aurait fait, il lui disait de se battre, de garder espoir, de vivre pour elle quitte à décevoir les autres, à déplaire, à transgresser les règles.

Edward avait remarqué les changements, depuis six semaines, Bella ne parlait plus d'endroits lugubres, elle téléphonait plus souvent à son amie Angela qui était revenue à Forks après ses études, elle regardait « How I met your mother » en même temps que sa mère, partageant en direct par téléphone leurs impressions. Peu à peu, Bella renouait avec ses proches, la prochaine étape selon Emmett allait être de la faire socialiser avec des inconnus dans la vraie vie, car sur le net, Bella y parvenait facilement.

Mon téléphone sonna peu après onze heures, je crus un instant qu'Edward me préviendrait de son retour plus tôt que prévu, c'était Alice.

« Tu vois Bella ? » me dit-elle sans préambule.

« Oui... qu'y a-t-il ? » m'inquiétais-je.

« Le futur de Bella vient de disparaître, que fait-elle ? »

« Elle attend quelqu'un je dirais, elle a tout rangé chez elle et cuisiné encore ce matin... »

« Rosalie, j'ai un mauvais pré-sentiment. »

« Elle ne s'est pas encore blessée et je peux te dire qu'elle aurait du vu que... »

« Non je parle de toi... Oh ! Tu dois partir vite ! Utilise la sortie par le toit, tu ne dois pas être vue ! Maintenant ! »

J'étais déjà sortie quand elle finit de parler. Je sautais de toit en toit jusqu'à atteindre l'Hudson River. Ensuite je pris un taxi et retournai chez nous dans Manhattan.

Alice avait prévenu Edward qui allait bientôt rentrer, entre temps elle avait téléphoné à Bella pour s'assurer qu'elle était vivante en utilisant un gadget pour modifier sa voix. Elle s'était faite passer pour une société de crédit et Bella avait vite répondu qu'elle n'était pas intéressée.

Une heure plus tard, Edward, Emmett, Jasper et Carlisle revinrent de leur weekend de chasse.

« Je me demande pourquoi tu as senti un danger pour Rose. » disait Jasper à Alice après que j'ai fait mon compte-rendu.

« Ça m'a rappelé quelque chose, il y a... c'était le premier soir où nous avons tous participé au forum. » nous confia Alice.

« Tu étais mal à l'aise. » se souvint Jasper alors que personne ne l'avait alors remarqué.

« Mais cette fois-ci, c'était différent, plus fort. »

« Il aurait fallu mettre des micros chez elle et une caméra, ajouta Emmett. Si ça se trouve, elle est en danger ! »

Un regard vers Edward et je compris que l'appartement de Bella était depuis longtemps sous surveillance. Il n'avait rien dit depuis son retour de chasse, ce qui était étrange, il aurait dû être au moins inquiet qu'Alice ne puisse pas voir Bella.

« Alors Edward ? » lui dit Esmé, elle lui sourit pour qu'il se confie sans crainte.

« Elle a des visiteurs, je n'en savais rien, ça a du se décider à la dernière minute. »

« Qui ? » s'enquit Emmett.

« Charlie et deux indiens de la réserve. »

« Elle est restée proche d'eux. » répliquai-je en repensant à toute la nourriture que Bella avait préparée.

Alice et Emmett continuaient de fixer Edward qui soupira finalement et sortit de sa veste son téléphone. Une seconde plus tard, nous entendîmes Bella rire et Edward sourit tendrement. Il tourna l'appareil vers nous, nous la vîmes dans son salon, entre son père et une femme brune d'une quarantaine d'années, en face d'eux, un gamin gesticulait en parlant vite.

« Et ça a été des « fais attention », « ne porte pas ça, c'est trop lourd », « laisse Seth le faire » et des fleurs et encore des fleurs ! C'est à peine si ils m'ont demandé comment s'étaient passés mes partiels. »

« Seth tu exagères ! » le rabroua la femme.

« A peine maman, depuis que tu es avec Charlie, tu ne fais plus attention à moi ! Mais là c'est pire que tout ! »

Elle lui fit les gros yeux.

« Ok je m'en plains pas... »

Je remarquai alors que la femme avait sa main en permanence posée sur son ventre, elle était enceinte de cinq mois tout au plus.

« En tout cas, je suis très fière de toi Seth. » lui dit Bella.

« La vie à Seattle est tellement cool ! » répondit-il en sautillant.

« Je sais, tu as sûrement rencontré plein de gens sur le campus et tu as enfin un peu d'intimité. »

Elle lui fit un clin d'oeil, Seth parut gêné et lança un regard inquiet vers sa mère.

« Je sais que tu n'es pas prêt à m'en parler mon fils, mais n'en ait pas peur. »

« Tu es formidable ma chérie. » lui chuchota Charlie avant d'embrasser sur sur le front. Il posa ensuite une main sur celle de sa femme, dans leurs regards, on pouvait deviner l'amour et la joie à l'idée d'être bientôt parents à nouveau.

« Rassurés ? » nous dit Edward.

Il éteignit son téléphone et quitta le salon. La porte de sa chambre se referma doucement et quelques instants plus tard, nous entendîmes tout bas la famille de Bella parler, Edward allait continuer d'espionner la femme de sa vie pour son propre bien.

« Tu es si stupide. » lui dis-je sans chercher à me faire discrète.

Il sacrifiait tant pour qu'elle vive en tant qu'humaine. En un peu plus de vingt quatre heures, j'étais arrivée à la conclusion que Bella ne méritait pas de rester humaine, pas si ça la rendait si malheureuse.


L'histoire avance, je le préciserais dans le prochain chapitre mais Charlie et Sue sont venus passer Noel chez Bella, Seth est donc à l'université de Seattle. La suite sera un PDV d'Edward qui sera mis à l'épreuve. J'attends avec impatience vos reviews! Un mot aussi à toutes celles qui mettent en favori ou en "follow" ma fic sans écrire de review, ça me fait vraiment plaisir mais svp écrivez au moins une review! Je suppose que vous sélectionnez de nouvelles fics en vous basant sur le nombre de reviews, et sans vouloir être la plus célèbre, j'aimerais bien grâce à vous pouvoir conquérir de nouvelles lectrices!

A bientôt