Voilà enfin le chapitre 8. Je suis vraiment désolée d'avoir pris tellement de temps à l'écrire mais je n'arrivais pas à l'amener correctement, sans compter le manque d'inspiration. J'espère soncèrement qu'il vous plaira tout autant que les précédents :-).
Bonne lecture!
Méropée marcha rapidement en direction de la serre où se déroulait le cours de Botanique. La jeune fille n'avait jamais aimé cette matière qu'elle trouvait totalement dénuée de noblesse sans compter que la seule perspective de manipuler des plantes sales et agressives la dégoutait franchement. Elle ne parvenait pas à oublier ce baiser échangé avec Lucius et son esprit ne cessait de faire alterner la pauvre Throckmorton entre les sentiments d'euphorie et d'angoisse, s'en était à devenir folle. L'héritier des Malfoy était-il sincère? Même si il l'était, certaines de ses paroles rendaient Méropée mal à l'aise. «J'ai l'habitude que l'on m'obéisse. Considère-toi, et surtout conduit-toi comme mienne». Certes, la jeune Serdaigle se voyait proposer sur un plateau d'argent une ascension sociale qu'elle n'avait caressé que dans ses rêves les plus délirants. Mais à quel prix? L'obéissance? Cela n'était pas son fort, elle avait grandis avec une certaine liberté et elle avait rarement trouvé séduisante la perspective de se soumettre à qui que ce soit. Il s'agissait d'un dilemme compliqué. Soit elle acceptait les conditions de Malfoy, s'octroyant une place de choix socialement, soit elle se décidait à écouter sa fierté et à suivre ses principes et de fait, de lui claquer la porte au nez. Mais avait-elle réellement le choix? On ne disait pas non au prince des verts. Cela ne s'était jamais vu. De plus, elle ne pouvait ignorer le sourire qui se dessinait sur son visage lorsqu'elle repensait à sa rencontre matinale avec le Serpentard. Il avait éveillé en elle des sensations qu'elle n'espérait par ressentir un jour.
Méropée marchait si vite qu'elle se retrouva plus rapidement que prévu devant les portes vitrées de la Grande Serre de Poudlard. L'odeur nauséabonde des plantes commençait déjà à lui piquer le nez et elle ne pu réprimer une grimace. Elle était en retard et le professeur Curbeets était déjà en train d'énoncer le sujet d'étude du jour. La voix stridente de la vieille dame avait le don de l'agacer au plus haut point. Méropée frappa et pénétra dans la salle de cours sans attendre la réponse de son professeur.
Magdalena Curbeets regarda Méropée avec étonnement. Ces petits yeux pétillants encadraient par de grosses lunettes vertes étudiaient la jeune fille avec attention. Malgré son retard qui aurait dû coûter quelques point à la maison de Rowena, elle sourit à son élève. Après tout, Méropée était une élève brillante et elle avait sûrement une très bonne explication pour justifier son retard.
«Je suis navrée professeur mais j'avais oublié mon livre dans mon dortoir» Mentit la Serdaigle de cinquième année. Elle qui n'oubliait jamais rien, et surtout pas un livre de cours n'éveilla pourtant aucun soupçon.
«Ce n'est rien Mademoiselle Throckmorton, mais que cela ne se reproduise plus. Prenez place à côté de Mademoiselle Coutlet et ouvrez votre manuel à la page 14.» Méropée s'exécuta et s'assit au premier rang, sur le même banc qu'Anne Marie. La jeune fille, SangPur et fille de l'ambassadeur de France auprès du Ministère, lui jeta un regard compatissant. Bien qu'elles partageait le même dortoir, les deux Serdaigle étaient pourtant très différentes. Anne Marie avait l'air perpétuellement mal à l'aise et semblait toujours parler pour faire un commentaire hors de propos. De part sa maison, la jeune Throckmorton avait, au début tout du moins, estimé qu'elle devait être intelligente et qu'il ne s'agissait là que d'une preuve d'un manque d'assurance. Les années avaient révélés une jeune fille brillante mais totalement dépourvue de la moindre aptitude sociale. Elle semblait évoluer dans un monde bien à elle, faisant totalement abstraction de ce et ceux qui l'entouraient. De plus, Méropée avait rapidement compris qu'en plus de vivre sur une autre planète, la jeune fille grassouillette et peu gâtée par la nature était plutôt mauvaise langue, critiquant tout et tout le monde et ce, toujours hors contexte. Si vous parliez de Sirius Black, vous pouviez être certains que vous aviez droit à une litanie de critiques à l'encontre d'une inconnue de première année, à la stupéfaction générale.
L'élégante Serdaigle ouvrit son live de botanique et tâche de se concentrer au mieux mais l'image et les paroles de Lucius n'étaient jamais très loin. Méropée soupira avec la certitude que cette nouvelle année s'annonçait particulièrement difficile.
De l'autre côté du château, dans la salle de classe du professeur McLaggen, les Serpentard de septième année était en pleine étude du sortilège de disparition, où comment faire disparaitre sa maison d'un simple coup de baguette magique.
Lucius était assis entre Rodolphus et McNair et son silence doublé de son expression satisfaite ne tardèrent pas à éveiller les soupçons de l'ainé des Lestrange.
«Quoi? Par la barbe de Merlin! Soit tu lâches le morceau soit je révèle tes plans concernant la Serdaigle à Bellatrix» Lucius jeta un regard moqueur et supérieur à son amis.
«La curiosité est un vilain défaut, Rodolphus.» Il contempla un instant Lestrange qui tentait par tous les moyens de garder son calme et regarda avec amusement son parchemin exploser au lieu de disparaître. Contrairement à son frère Rabastan, la patience n'était pas son fort, il était impulsif et réfléchissait rarement avant d'agir surtout sous l'effet de la colère. Une impulsivité redoutable sur un terrain de Quidditch mais qui s'avérait souvent handicapante lorsqu'il s'agissait de faire jeu de finesse et de subtilité.
«Sache que je savoure mon triomphe.» Il sourit et d'un geste ample et aristocratique, il fit disparaitre la totalité des objets se trouvant sur leur rangé. McLaggen acquiesça, satisfait. De toutes façons, le professeur de Sortilège connaissait suffisamment la réputation des Malfoy pour éviter de s'en prendre au septième année, il tenait à garder sa place.
«Avec Throckmorton? Quoi, c'est officiel? tu as réussi à lui faire écarter les cuisses?» Rodolphus ricanait avec mépris, trop content de réussir à agacer l'aristocrate.
Lucius toisa un instant Lestrange, se demandant si il devait simplement rire de sa bêtise ou se contenter de lui jeter un sort puissant afin de lui apprendre à tenir sa langue une bonne fois pour toute.
«J'en ai fait ma propriété et pour les aspects triviaux, même si je n'ai pas à me justifier devant toi, cela viendra en temps.» Lâcha le prince des verts et argents avec arrogance dans un murmure à peine distinct.
«Je vois Lucius, il faudra quand même m'expliquer comment tu comptes retenir la furie des soeurs Black.» Malfoy leva les yeux au ciel. Si ses fiançailles avec Narcissa Black était un contrat assurant prestige et prospérité aux Malfoy, l'omniprésence de la jeune blonde commençait à l'agacer au plus haut point. Il fallait qu'elle apprenne, et ce rapidement, comme toutes SangPur de haut rang, qu'elle aurait à partager son mari.
«Je te laisse le soin de gérer ce qui te sert de fiancée. En ce qui concerne Narcissa, ce ne sera pas un problème.» Rodolphus soupira et secoua la tête. Son ami était bien trop sûre de lui et il pressentait que cette histoire ne se finirait comme Malfoy semblait l'entendre. Face à eux, sur la tribune opposée à la leur, Bellatrix observait les deux hommes. Elle savait que Malfoy lui cachait quelque chose mais elle ne pouvait rien dire tant qu'il brandissait l'argument de la Cause. C'était leur destin, son destin, grâce au Maître des Ténèbres, elle avait enfin un but. Elle sortirait de Poudlard la tête haute, prête à se battre et à devenir quelqu'un dans un milieu dominé par la toute puissance masculine. Au fond, elle se fichait bien de savoir avec qui Lucius s'envoyait en l'air, sa soeur avait choisis d'être une épouse soumise, elle avait fait le choix de devenir une guerrière et la défense de son nom n'était souvent qu'un prétexte à la violence.
La journée défila à toute vitesse et Méropée s'apprêtait à entamer son dernier cours de la journée, son favoris, Arithmancie. La jeune fille était l'une des première à entrer dans l'antre d'Aristote Severe. Elle prit place au troisième rang. Elle n'aimait jamais être devant et encore moins au fond de la classe. Elle aimait l'anonymat du milieu car les élèves n'y sont jamais étiquetés. La salle se remplissait peu à peu et Méropée n'aspirait qu'à une chose, être seule. Les Maraudeurs firent une entrés tonitruante mais à son grand soulagement, Potter pris place aux côtés de Black dans le fond de la classe. Elle n'avait pas de peine à imaginer que cette matière qui demandait beaucoup de rigueur était loin d'être la favorite des Gryffondors. L'Arithmancie l'apaisait et elle ne pensait plus à Lucius, trop concentrée, prête à faire preuve de sa maîtrise dans ladite discipline.
La chaise à sa droite grinça sur le parquet de la salle de cours. Méropée leva les yeux, s'attendant à voir Liza mais à la place, qu'elle ne fut pas sa surprise de constater qu'il s'agissait en fait de Rabastan Lestrange. Il ne la regarda même pas et s'assit sans dire un mot. Elle ne pu ignorer le regard de satisfaction d'Alecto qui observait la scène. Sa cousine était sans nul doute en train de manigancer quelque chose et la jeune Serdaigle n'aimait pas du tout la perspective de se retrouver au centre des plans tordus des Serpentard. Peut-être que sa nouvelle relation avec le Prince des verts pourrait l'aider.
La présence du plus jeune des Lestrange la mettait mal à l'aise. Quelque chose chez lui la dérangeait et ce depuis que leurs regards s'étaient croisés sur la plateforme 9 3/4. Elle ne pouvait oublier le mépris et le dégoût qui avaient traversés ses prunelles sombres. Leur dernière confrontation lui avait laissé un goût amer et la réputation du garçon n'était pas à refaire. Séducteur invétéré, il brillait par son arrogance, sa froideur sa cruauté et son charisme. Il était certes moins beau qu'Evan Rosier ou Sirius Black mais il dégageait quelque chose de puissant, d'aristocratique et de masculin. Il était l'homme au milieu des adolescents. Toujours maître de lui, marchant la tête haute et imposant le respect là où il passait. Tout était sombre chez lui, sa peau légèrement hâlée, ses cheveux, son regard et surtout, son aura. Son frère était brutal, il était sadique et manipulateur. De plus Méropée savait que personne n'avait d'influence sur le Serpentard, pas même Lucius Malfoy et elle avait le sentiment d'être démunis face à lui. Il n'avait aucune raison de s'être assis à ses côtés. Pourtant, Méropée ne se laisserait pas impressionner, elle était plus intelligente que lui et elle ne le laisserait en aucun cas faire jeu de son ascendant sur elle.
La jeune Throckmorton porta toute son attention sur le cours, elle prit soigneusement ses notes et attendit l'énoncé du problème que la classe devrait résoudre durant la dernière demie-heure.
Rabastan observait Méropée avec attention. L'expression de son visage restait impassible pourtant, elle ne pouvait pas ignorer que quelque chose se tramait. Elle devait lutter pour garder toute sa composition. C'était une forme de torture qu'appréciait le plus jeune des Lestrange. L'exercice de Severe s'était avéré plutôt simple pour le Serpentard qui aimait cette matière qui flattait son esprit tordu et calculateur. Il étudiait la Serdaigle de cinquième année avec attention. Elle était concentrée et son diagramme ne présentait aucune erreur pour l'instant. Ses cheveux auburn masquait partiellement son visage mais le souvenir de son regard brûlant et intense était revenu le hanter plusieurs fois. Il observait sa plume glissait avec agilité sur le parchemin, tenu par sa main si frêle. Il observait sa posture droite et son port de tête fin et altier. Elle ne laissait rien transparaitre. Avait-elle peur? Etait-elle en colère? Il fixa un instant les Carrow qui se trouvaient deux rangés devant lui. Il avait beau chercher l'air de famille, il ne le voyait pas. Alecto peinait en Arithmancie et cela se devinait à mille lieux. Son corps grotesque était recroquevillé et tassé sur sa chaise Quant à son frère, il ressemblait à une colonne grecque brisée en son milieu. Ces deux-là le répugnaient et il ne parvenait pas à comprendre ce qui l'avait poussé à accepter de passer un pacte avec ces deux renégats. Il se plaisait à penser qu'il s'agissait de la loyauté envers son frère adoré mais il y'avait autre chose. La hauteur du défi peut-être, la curiosité sans doute, l'ennuie très probablement.
Un mouvement à sa gauche attira son attention. La jeune Serdaigle feuilletait son livre et il releva un geste qu'elle venait d'effectuer pour la deuxième fois depuis que le cours avait commencé. Elle inclina très légèrement sa tête sur la droite et de sa main droite, elle frotta le lobe de son oreille à deux reprises. C'était un geste discret, précis comme l'ensemble de ces habitudes que nous prenons dés la plus petite enfance et qui nous trahissent auprès des autres. Méropée s'interroge pensa le Serpentard, satisfait d'avoir enfin pu déceler l'ébauche d'une émotion, elle doute.
«Mmmh, est-ce de l'hésitation que je distingue là?» Murmura-t-il d'une voix suave et dangereuse. La pointe de moquerie n'échappa pas à la jeune fille qui leva les sourcils essayant de paraître la plus arrogante possible. Le sourire narquois de Rabastan se marqua un peu plus et il s'adossa à son siège tout en fixant la jeune fille de son regard froid. La Serdaigle le toisa et le défia avec le plus d'aplomb possible.
«Tu souhaites peut-être me prodiguer tes lumières?» Il se pencha vers elle et dans un murmure, lui rétorqua avec acidité.
«L'excellence s'avère perfectible, c'est un spectacle trop plaisant.» Il avait utilisé sa parade contre elle. Elle sentit la colère monter. Elle ne s'emportait jamais et pourtant, il avait le don de lui donner envie de le gifler, de lui jeter un sort interdit afin de faire disparaître définitivement cette expression suffisante de son visage.
«Si je suis perfectible,Lestrange, tu dois l'être plus que moi car jusqu'à preuve du contraire, tu n'es pas assis dans un cours d'Arithmancie de septième année.» Il avait détesté sa réponse et encore plus la manière dont elle avait prononcé son nom. Elle replongea dans son livre comme si de rien n'était et Rabastan ne pouvait réprimer l'envie qu'il avait de la dompter. Personne à Poudlard n'avait le droit de l'humilier et surtout pas une Serdaigle de cinquième année. Il ne la séduirait pas comme il l'avait promis à Alecto à qui de toutes façons, il ne devait rien. Elle voulait voir Méropée humilier, soit, à lui de décider comment mais il se refusait à perdre son temps et jouer de ses charmes sur un être qu'il était à présent certain de détester.
Le professeur demanda aux élèves de déposer leurs parchemins sur son bureau avant de quitter la salle de cours. Rabastan d'exécuta sans demander son reste. La jeune Serdaigle resta assise un instant sans bouger, son coeur battait la chamade, elle ne pouvait ignorer que chacune des altercations avec Lestrange provoquait chez elle une forte montée d'adrénaline.
