Bonjour, bonjour, tout le monde ! :)
Donc, donc, donc...
Voici le nouveau chapitre et je vous préviens, la victime de celui-ci ne sera pas forcément Cassis... à vous de voir xD
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Coaching d'Enfer
-Donc tu vas m'aider ? me répète Potter.
Une énième fois et cette fois-ci, je ne peux me retenir de lui lancer un regard blasé. Il ne se lasse jamais, celui-là ? Je l'ignore donc, fatiguée de lui répondre toujours de la même façon La ferme et attends. Nous sommes assis au poste de rendez-vous et Lydia n'est pas encore là. Je préfère que ce soit elle qui fasse le speech à Monsieur le Maraudeur. J'en ai assez de devoir parler aux abrutis congénitaux… déjà que je me paye le Tommy, hein…
Je jette un regard au calendrier, placardé sur une étagère de la bibliothèque. Nous sommes le dimanche dix mars. Mois qui est repris par la saucée qui tombe dehors et fouette les fenêtres sales du coin sombre où nous sommes assis, à même le sol.
-Pourquoi on est là ? s'agace mon compagnon –que je vais jeter par la fenêtre s'il ne me lâche pas la grappe, très bientôt.
-Pour la simple et bonne raison que je vais te répéter, James, pour la vingt-et-unième fois je n'ai pas envie que les groupies des Maraudeurs se mettent à me harceler.
-Ouais, mais fait noir, ici…
Je réprime le profond soupir qui me vient. Il n'a pas fini de me courir sur le haricot, à ce que je vois… J'allume les chandelles murales, éteintes depuis surement plusieurs mois, et demande à l'autre emmerdeur si ainsi, cela lui convient mieux.
-Hum…, grommelle-t-il, boudeur.
J'en ai ma claque des sales gosses pourri-gâtés et capricieux, c'est moi qui vous le dis ! Depuis quand un mec baraqué de seize ans râle parce qu'il fait un peu trop sombre ? On croit rêver, franchement…
Je n'ai cependant pas que des mauvaises nouvelles à mon actif. Je suis redevenue l'élève de Gryffondor invisible et insipide, simple cousine de la starlette de Poudlard et point à la ligne. Plus de regard de travers, de rires suivant mes pas la belle vie, quoi. Seule petite tâche à ce décor paradisiaque, Santana Picter, elle, n'en a pas fini avec moi. Elle s'est attachée à moi, visiblement… Je trouve souvent des revues pornographiques pour lesbien dans mon sac ou sous mon oreiller, et comme je ne suis pas trop poussée vers cette littérature-ci –pas assez d'hémoglobines et trop de froufrous, comprenez-moi…-, je me doute bien qu'elles ne sont pas venues se glisser à ces endroits compromettants avec leurs petites papattes. Pas besoin d'être Dumbledore pour deviner qu'on les y a aidées plutôt largement. De plus, elle me suit de son regard pervers et mauvais, elle me frôle à chaque fois qu'elle me croise et son sourire vaut toutes les menaces du monde… mais comment lui dire qu'elle m'emmerde plus que me persécute ? Si ça la remplit d'aise de me harceler alors grand bien lui fasse mais j'aimerais tout de même qu'elle cesse de foutre le bordel dans mon sac à chaque fois qu'elle y met la main, je ne m'y retrouve plus, moi après…
Voilà enfin, la Miss Stevenson qui nous fait l'honneur de sa présence. Je déteste les retardataires mais je supporte Lydia parce qu'elle, elle n'a pas un problème avec l'heure mais avec le respect… et ça, je peux comprendre.
-Hey, mes p'tits Poudlardiens chéris, saluez la merveilleuse Stevenson comme il se doit ! entre-elle en matière.
Contrairement à Potter qui bondit instantanément, baguette en main et injures aux lèvres, je n'ai aucune réaction. Je commence à être habituée aux manières de la Serpentard. Elle aime soigner ses entrées. C'est vrai aussi que je n'avais pas prévenu Potter qu'elle était de mèche… aurais-je dû ?
-Dégage ! crache-t-il.
-Oh, tu me brises le cœur, le-mal-tiffé ! Ne trouves-tu pas qu'il manque cruellement de galanterie, O'Connie-triple-Bis ? me lance celle-ci avec un regard moqueur.
-Interroge plutôt Evans, elle ne parle que de ça, répondis-je posément.
-C'est quoi, ce bordel, Groseille ?
Je lorgne Potter d'un regard noir. Ah non, pas Groseille ! Il existe déjà un abruti qui ne m'appelle qu'ainsi alors que je le connais depuis six ans alors merci bien, je me passerais volontiers d'un second ! Il peut m'appeler Pêche, Abricot ou Pruneau si cela lui plait mais s'il ose encore une fois choisir Groseille, je fais un Maraucide !
A mon regard, Potter a l'air de comprendre qu'il a commis une bourde et bafouille une excuse. Bon, je lui pardonne mais qu'il ne récidive pas. Je reprends mon air souriant et blasé pour lui exposer la situation telle qu'elle est.
-James, commençais-je aimablement, je ne doute pas de mon talent et de mon esprit ruisselant de merveilles dont tu ne connais certainement même pas le nom mais ton cas Evans est un trop gros dé-sas-tre pour que j'espère arriver à le résoudre seule. Alors, si l'aide de Lydia te gêne, tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même… tu es un Troll en matière de drague, ce n'est tout de même pas ma faute ?
Clignant des cilles bêtement, il me regarde, sachant que dire. En réalité, je crois que je l'ai perdue. Bon, très bien, mettons-nous à son niveau…
-T'es tellement naze que j'ai besoin d'aide, compris ou il faut que je te le chante pour que tu piges ? traduis-je, agacée.
-J'suis pas naze…
Pour toute réponse, Lydia se passa la main dans les cheveux avec un air de dragueur de square et, faisant mine de lancer un vif d'or dans sa main droite, elle s'avança vers Potter d'une démarche trop virile pour ne pas en devenir burlesque. Elle prit une mèche de cheveux au Maraudeur ahuri entre ses doigts de l'autre main et demanda, la voix vraiment trop rauque :
-C'est une teinture ou t'as vraiment les cheveux couleur cul-de-babouin, Lily-Jolie ? Trop Canon… Et tu sais que j'ai pendu Servilus par le calebut, t'à l'heure ? Coool, hein ? Toi et moi, ça te dit ? Tu m'fais ban… euh, bran… oups, j'voulais dire tu me fais rêver !
Et elle termina son mini-sketch avec un rire gras qui ne fit qu'accentuer la mauvaise humeur du parodié.
-Nan, t'as raison, t'es pas naze…, le rassura Picter en lui tapotant l'épaule, faussement condescendante.
Sur ce, elle fit volte-face et repartit d'où elle était venue, mimant de jeter le vif d'or invisible qu'elle faisait toujours rebondir de sa main droite à travers une fenêtre encrassée. Elle disparut derrière une étagère et Potter, semblant anéanti, se tourna vers moi.
-C'était pas moi, hein ?
-Non. On ne peut égaler l'inégalable.
xOxOxO
-Banane, j'te déteste !
Je me tourne vers Chace qui s'assoit à mes côtés, rembruni et mécontent. Je pose mon livre sur le côté, devinant instantanément que c'est à propos de Janet que j'ai conseillé d'aller demander à mon frère de l'accompagner à la prochaine sortie à Pré-au-Lard. Oui, bon, d'accord, c'était un peu du forcing mais avec lui, je ne peux pas faire autrement.
-Quelle réponse as-tu donné ?
-Bah oui, évidemment que j'ai dit oui ! Elle m'avait acheté des fleurs, ct'andouille, comment je pouvais refuser ? bougonne-t-il, les mains plongés profondément dans les poches de son Jean's.
Oui, en fait, c'étaient les fleurs, le forcing. Mon idée, bien sûr. C'est même moi qui aie changé une poignée de pissenlit cueillis dans le parc, en lys roses ! Je connais trop bien mon frère pour ne pas savoir ce qui le fait flancher… et je sais parfaitement qu'il craque quand on lui témoigne de l'affection ou une simple once d'attention. Alors, une fille qui lui présente des fleurs –même s'il n'aime pas les fleurs…-, en lui demandant de sortir avec elle, comment peut-il résister ? Sa sensiblerie le perdra… ah oui, c'est vrai, elle l'a déjà perdu !
-Assurément.
-T'y es pour rien, pas vrai ? Pour les fleurs ? m'agresse-t-il, à moitié.
-Quelle idée ! me défendis-je avec hypocrisie.
-D'accord, d'accord… c'est bien cette fille qu'est folle, alors…
-Qu'est-ce que tu peux être ingrat ! l'accusais-je.
-Je sais mais…, soupire-t-il, profondément ennuyé.
-Elle est gentille, non ?
-Bizarre. Elle est bizarre.
Pour quelqu'un qui est amoureux de sa cousine par adoption, il en connait un rayon, question étrangeté ! Il soupire, grognon.
-Toutes les filles sont bizarres, avec toi, si elles ne sont pas Miliana, remarquais-je.
-A commencer, par toi !
Je lui offre un gigantesque sourire, tout ce qu'il y a de pire, rayon mauvaise foi. Il passe un bras autour de mes épaules, retrouvant sa bonne humeur et me dit alors :
-Si on m'avait fait choisir ma frangine, je t'aurais pas choisi… mais, maintenant, faut bien que je te supporte, hein ?
-Pauvre de toi, ironisais-je.
Il éclate de rire avant de me coller une bise sur la joue et de me forcer à me lever, prétextant qu'il a envie de marcher. Horripilée d'être arrachée à ma lecture, je lui assure :
-J'aurais eu le choix, je t'aurais choisi… et tu veux savoir ? Je n'aurais jamais eu assez de temps pour m'en repentir !
xOxOxO
-Hey, Cassie ! me hèle Miliana, alors qu'on entrait en cours de Divination.
-Salut, Miliana.
-Tonton vous fait de gros bisous à toi et Chacie ! m'avertit-elle, alors que Mikaela babille avec son nouveau petit-ami, juste à côté.
Je lui dédis certainement l'un des sourires les moins sincères qu'il m'ait eu donné de lui lancé. Ce n'est pas la première fois pourtant que ma cousine vient, toute innocente, m'apprendre que mon père m'embrasse, pense à moi ou désirerait que j'aie de meilleures notes. Des notes s'approchant un peu plus de celles de son unique nièce. Il m'en dit des choses à travers les lettres qu'il envoi, à Miliana, c'est fou ! Mais jamais, pas une seule fois, il ne m'a écrit, à moi. Ça ne m'étonne plus, Merlin en soit loué, mais ça me blesse toujours… de moins en moins, certes. La douleur est latente, à présent, se faisant ressentir légèrement mais ne surgissant jamais comme un coup de poing dans le ventre. Comment en serait-il autrement, d'ailleurs ? Dés le berceau, il n'a eu d'yeux que pour Miliana alors que j'étais sa fille et elle, sa nièce, alors que pourrais-je attendre d'un père qui me préfère ma cousine ? Elle était plus belle, plus intelligente, plus joyeuse, plus adorable, plus attendrissante… plus tout. Moi, je n'étais pas turbulente, pas très pipelette, pas très câline, pas très joueuse, pas très rieuse et pas très mignonne. La seule, à ne pas avoir été à sa botte, c'est ma belle-mère, la maman de Chace et celle que je considère être la mienne, même si le sang ne tisse aucun lien entre nous. Et encore aujourd'hui, elle est l'unique membre de ma famille à ne pas être obnubilée par Miliana et à m'attribuer plus d'importance qu'à celle-ci. Mais trêve de réflexions larmoyantes ! Qu'il me fasse de « gros bisous », je n'en ai que faire, de toute manière.
-D'accord, me contentais-je de répondre.
Avec une extrême irritation que je ne laisse pas transparaître pour autant, Miliana prend place à mes côtés, se recoiffant d'un geste désinvolte et souriant aux alentours comme si elle était la petite princesse qui s'assoit sur son trône. Sa présence m'est de plus en plus intolérable, sa simple vue me donne de l'urticaire. Mais je garde mon sourire niais et tout le monde croit que je suis aux anges de la savoir près de moi. Il est si facile de tous les berner.
Malheureusement, Miliana est affreusement populaire. J'ai déjà goûté à ce désagrément bien des fois et je m'apprête à y croquer encore une énième. Mikaela et son copain s'assoient à sa suite. Bientôt, Black est aussi présent, accompagnés des trois autres Maraudeurs. Et ainsi, tout le beau monde de Poudlard se retrouve à moins de dix mètres de moi…
Cette fois-ci, si la prof de Divination me prédit une mort lente, humiliante et douloureuse, je la croirais de bon cœur !
xOxOxO
-On l'utilise ou pas ? s'impatiente Lydia.
-Non. Pour l'instant, on essaye de faire en sorte que Potter se débrouille lui-même, avec nos conseils.
-T'es pas drôle, O'Connie-Triple-Bis !
Je ne lui jette même pas un regard, sachant très bien ce à quoi je ferais face. Une étincelle de Diabolisme frustrée dans ses yeux bleus, accentuée par ses sourcils blonds froncés, et un petit rictus boudeur aux lèvres. Le masque typique du malfrat qui n'a pu commettre son délit et rumine, dans son coin, se réconfortant dans l'idée que ce n'est que partie remise.
Elle a finalement eu le filtre d'amour le lendemain même qu'elle avait fait chanter ma camarade de dortoir. Visiblement, elle a raison. Sa réputation l'aide bien dans ses méfaits. Elle aurait bien usé du filtre le jour même mais je m'y suis opposée. Je n'aime pas trop cette extrémité. On ensorcèlera Evans qu'au moment où il s'avèrera qu'il n'y a plus d'autres solutions. Et, étrangement, Lydia se tient à mes décisions. Avec mauvaise humeur, certes, mais tout de même.
On est derrière la vitre anciennement si sale qu'elle en était opaque, que j'ai lavé d'un sort et celui du grossissement ciblé. Ainsi la fenêtre encadre la bande de filles les plus studieuses de Poudlard, comme le ferait une longue-vue. On guette donc le groupe d'Evans, composé d'Alice Connors, Sana Yushika, Billie Sums et Oliveira Viper. Elles sont assises dans l'herbe, leur fiches de révisions étalées autour d'elle et potassent leur cours joyeusement –épuisantes, ces filles. La seule qui n'a pas le nez plongé dans le savoir se trouve en la personne de Billie qui sautille après un papillon. Pour bientôt se prendre une racine de l'arbre près duquel, elles sont et se rétamer dans toute sa splendeur sur Yushika qui en bondit de colère. Ce qui n'empêche pas la jadis vagabonde de se répandre en éclats de rire, étalée de tout son long sur la japonaise sans éprouver ne serait-ce que la moindre envie de se relever.
-Bargeot, c'te fille ! commente ma complice de crime, riant aux éclats elle aussi. Mais je l'aime bien ! Elle m'occupe avec ses conneries !
-Sincèrement, Lydia, tu as des goûts réellement étranges, lui avouais-je placidement.
Elle ricane à ma remarque mais c'est tout de même vrai. Je n'ai jamais vu une personne aussi attirée vers les débiles, les situations loufoques et les bombes à retardement. On dirait que tout ce qu'elle souhaite c'est s'enfoncer dans des marécages de problèmes et éclater de rires quand une créature sordide remonte vers elle pour lui mordiller les orteils. Je n'ai rien contre mais j'aimerais mieux qu'elle ne m'entraine pas dans ses délires de fille dérangée et rebelle.
Enfin, Potter débarque. On l'a coiffé ! Oui, oui, coiffé. Seulement légèrement pour que le résultat ne choque pas mais il a moins de mèches rebelles et on ne pense plus qu'il a fait un tour du Manège des Trolls Saouls. On lui a dit de faire la conversation à Alice, en ignorant prodigieusement Evans, et c'est précisément ce qu'on le voit faire, s'approchant de la blonde en snobant la rousse. Celle-ci a ses beaux yeux verts qui se plissent instantanément, suspicieux, attendant que Potter se tourne vers elle pour lui faire du gringue ou l'inviter à sortir. Mais rien de tout ceci ne se passe, Potter ne s'occupe que d'Alice qui rougit, embarrassée, en répondant du mieux qu'elle le peut à ses avances. Je souris. Le loup est dans le troupeau de brebis et il y a une vilaine jalouse, trop habituée à être sa proie, qui s'y cache… pas si bien qu'elle le croit. Puis, elle dit quelque chose que, bien entendu, ni moi, ni Lydia ne peut entendre et Potter se tourne vers elle, incapable de cacher son sourire jubilatoire –cet abruti, pensais-je, blasée. Il lui fournit une réponse avec son air le plus arrogant qu'il a en magasin et se passe la main dans les cheveux –pourquoi, tant de haine, Merlin ? Evans ouvre la bouche, choquée, et la répartie fuse sans qu'une seule seconde ne se soit écoulée. Une belle gifle sur la joue gauche de Potter et celle-ci s'en va, le menton haut, vers Poudlard, bientôt suivie par ses amies.
Je ne veux même pas savoir ce qu'il lui a dit…
Alors, qui est la plus grosse victime ? x)
