Résumé : Bien, la dernière fois, nous avions laissé Harry et Severus très ému devant la vision de leur futur enfant. Nous avions aussi fait la connaissance d'Andrew, dit Andy, terrible et séduisant médicomage, ancien amant de notre beau brun et qui semblait quelque peu épris du gentil Neville… Alors voici la suite des aventures de nos héros… Qu'en est-il pour Drago et Seamus ? Quelles seront les réactions ? Bises et bonne lecture, lilywen…
OPERATION : Quand bébé arrive…
(Suite de 'OPERATION : Marions le')
Chapitre 9 : Il était une fois des hormones en furie…
Lorsqu'Andrew et Neville revinrent dans la salle d'auscultation, Harry sanglotait doucement contre l'épaule d'un Severus visiblement inquiet de ne pas parvenir à calmer son impétueux époux. Le Maître des potions avait pensé que son gryffondor serait plus heureux que jamais à l'annonce du médicomage et pourtant, là, il pleurait à chaude larme depuis plusieurs minutes. L'ancien espion tenta une nouvelle fois, sans grande conviction :
« Tout va bien… Tout va bien, mon ange… On va avoir un bébé, comme tu voulais… Calme-toi, mon ange… Tout va très bien se passer, tu me fais confiance, n'est-ce pas ? »
Andrew avait adressé un regard un brin condescendant à l'ancien espion de l'Ordre qui semblait, pour une fois, totalement dépassé par les événements, comme en témoignait sa piètre tentative pour consoler le joli brun.
« Il vient seulement de réaliser quel être acariâtre et maussade allait être le père de son enfant… Laissez-lui un peu de temps pour digérer la nouvelle ! »
Le médicomage avait feint de souffrir terriblement lorsque son jeune et bel assistant lui avait alors décoché un coup de coude bien peu discret.
« ANDREW !
- Quoi ? Y aurait-il un souci, Neville ? »
Rougissant adorablement, le jeune homme bégaya face à son pygmalion et le médicomage l'ébouriffa gentiment, succombant littéralement au charme innocent de Neville. Andrew adressa ensuite un clin d'œil complice à son ancien amant, qui s'était péniblement redressé sur la table d'examen à sa remarque sarcastique, hoquetant encore de sanglots refoulés :
« C'est… C'est… C'est… »
Andrew se rapprocha du survivant :
« Oui, mon cœur, je comprends parfaitement. Je te propose donc une potion de régulation hormonale, hautement dosée. Neville va t'aider à te préparer et tu nous rejoins dans mon bureau juste après. J'ai également quelques petites choses à expliquer de toute urgence à ton époux, d'après ce que je vois. »
Andrew ricana, un brin moqueur et se retira, suivi par un Severus totalement désarçonné.
« Alors… Visiblement, vous n'avez qu'une idée assez vague de la dérégulation hormonale qu'entraîne une grossesse masculine.
- Je suis Maître des Potions, Parkinson. J'ai une idée assez précise des effets secondaires du Felix Parentis !
- Vraiment ?
- Ne prenez pas cet air ridiculement suffisant avec moi ! Je sais bien qu'Harry va être bouleversé de façon totalement incompréhensible et être tantôt dépressif, tantôt exalté à l'excès.
- Certes, vous sembliez tout de même légèrement dépassé par sa réaction à l'instant… N'oubliez pas non plus qu'il risque d'être particulièrement insatiable à certains moments.
- J'ai déjà pu le constater, merci bien !
- Neville et moi avons perfectionné une préparation pour limiter les emportements et dérèglements hormonaux en cas de grossesse masculine par Felix Parentis.
- LONDUBAT ? Ecoutez, si talentueux que paraisse être votre petit protégé, je ne veux pas d'une potion préparée par cette calamité, je vous rappelle que je l'ai eu comme élève pendant toute sa scolarité !
- SEVERUS ! »
Le ténébreux maître des Potions se retourna alors que son brun, suivi par l'assistant médicomage, entrait dans le cabinet adjacent à la salle d'examen. Il paraissait furieux, l'espace d'un instant avant de psalmodier pitoyablement :
« Tu… TU… TU ES MECHANT AVEC MON AMI ! »
Une nouvelle crise de larmes s'en suivit sous le regard abasourdi du Maître des Potions : cette chose larmoyante n'était pas son Harry, n'est-ce pas ? Il se retourna vers le médicomage, cherchant une réponse à ses interrogations et Andrew se contenta de rétorquer avec malice :
« Il semble tout de même extrêmement sujet aux variations hormonales. Peut-être faudrait-il envisager une grossesse gémellaire… Je n'ai rien remarqué à la première échomagie, mais qui sait ?
- Vous… Vous n'êtes pas sérieux, Parkinson ? »
L'air du Maître des Potions était positivement maladif. Son teint oscillait vers des teintes verdâtres tandis que Neville guidait gentiment Harry jusqu'au fauteuil, faisant face au bureau du médicomage.
« Soyons sérieux, Snape. Harry a visiblement besoin de cette potion et vous aussi, sinon je ne vous donne pas dix jours avant de perdre tout contrôle. Cette préparation limite très efficacement les phases maniaco-dépressives dues au bouleversement hormonal, je ne peux nier qu'elles persisteront cependant de façon sporadique à certaines phases précises et critiques de la grossesse dont je vous reparlerai en temps voulu. Il y a malheureusement un bémol à apporter quant à l'efficacité de cette potion. Elle demeure toujours plus qu'aléatoire concernant les appétits sexuels du patient, même avec une prise régulière, toutes les études prouvent que le porteur de l'enfant est généralement infatigable…
- Vous voulez dire…
- Que vous n'allez pas vous ennuyer dans les mois à venir… Connaissant parfaitement l'indéniable talent et l'insatiable curiosité de votre époux dans ce domaine, permettez-moi de ne pas vous plaindre outre mesure. »
Severus se retenait, serrant fermement l'accoudoir du fauteuil où il avait pris place, des envies de meurtre clairement lisible sur son visage ordinairement inexpressif et froid. Harry, quant à lui, avait réussi à reprendre un peu son sang-froid et les hoquets de sanglots étaient de plus en plus espacés, pour se faire quasiment inexistant. Andrew reprit donc avec douceur à destination du survivant :
« Bien, Harry. Si tu es d'accord, je vais te prescrire cette potion, le Regolamento Hormonalis, matin et soir. Si ton état semble se stabiliser, on pourra envisager une seule prise par jour d'ici un mois environ, mais, pour l'instant, il faut impérativement parvenir à contrôler les variations hormonales. De toute façon, le stress qu'elles engendrent, ne pourrait être que néfaste pour l'embryon.»
Le brun hocha la tête fermement. Le médicomage fit alors signe à son assistant qui se dirigea avec diligence vers l'armoire en fer blanc qui jouxtait la porte d'entrée du cabinet. Neville présenta ensuite à son ami la fiole verte qu'il avait lui-même préparée, il y a seulement quelques jours. Harry retenant sa respiration pour calmer ses sanglots demanda finalement à son ancien amant :
« Mais… Mais, il n'y aura… Enfin aucun effet secondaire sur le bébé. Ce n'est pas dangereux, tu me le jures ?
- Rassure-toi, rien de nocif pour l'enfant… Je te le garantis et j'ai une confiance absolue concernant l'habileté et le talent de préparateur de mon assistant. »
Le grognement du Maître des Potions ne fut manqué par aucune des personnes présentes, ni d'ailleurs le coup de coude douloureux porté par le joli brun aux yeux d'émeraude contre son époux. Neville et Andrew se retenaient de rire, sachant que ce n'était là que le commencement des péripéties puisqu'un adorable bébé arrivait dans la vie des deux célèbres sorciers. L'opération s'annonçait des plus délicates, pour le moins. Le médicomage se racla légèrement la gorge :
« Bien, je n'ai guère de temps pour poursuivre plus avant cette consultation non programmée, du moins pour aujourd'hui, j'ai d'autres rendez-vous qui m'attendent, alors je ne vais pas t'expliquer plus en détail les étapes de la grossesse d'autant que je ne doute pas que ta curiosité toute gryffondorienne t'a fait te renseigner amplement sur le sujet. »
Une nouvelle fois, Harry hocha de la tête et l'homme poursuivit :
« Sache qu'avec la potion de Felix Parentis, tu as choisi la méthode qui, à mon humble avis… »
Le médicomage fut brièvement interrompu par le toussotement sarcastique de Severus mais se s'en laissa pas compter et reprit :
« A mon humble avis, cette méthode est la plus douce et la moins dangereuse tant pour le bébé que pour le père porteur. Ton corps va progressivement s'adapter pour mener à terme cette grossesse d'où les bouleversements hormonaux que tu sembles connaître déjà de façon importante. Tu vas bien sûr prendre énormément de poids dans les semaines à venir, en tout, compte entre dix et vingt kilos approximativement et dans un peu moins de neuf mois, ton corps aura naturellement subi toutes les modifications nécessaires pour que l'accouchement se passe dans les meilleures conditions. Pour l'instant, tu devras venir régulièrement à mon cabinet, je dirais… Tous les quinze jours au moins pendant les trois premiers mois. Ensuite, si tout se déroule normalement, on pourra espacer les visites légèrement… »
A la mention des nombreux moments où son adorable petit lion devrait voir ce manipulateur de médicomage, Severus avait grincé des dents et l'air furieux qu'il arborait face à Andrew, fit sourire encore davantage ce dernier qui répliqua :
« Oui… Tant que cela, mais je suppose qu'un si brillant Maître des Potions a tout de même bien conscience que malgré les progrès indéniables de l'obstétricomagie depuis une décennie, les grossesses masculines demeurent un phénomène peu développé et le risque n'est certainement pas à négliger, du moins j'ose espérer que vous vous souciez de votre adorable époux et de votre futur enfant comme il se doit. »
Harry se retourna vers Severus aussitôt, il semblait sonder son âme suite aux remarques de son ancien amant, il fronça d'abord les sourcils avant de plisser légèrement des yeux, dans le but évident de retenir une nouvelle crise de larmes :
« Tu… Tu aimes notre bébé, Sev… N'est-ce pas ? »
Le ton était suppliant, presque pathétique. Le Maître des Potions grimaça et se retint de répondre trop sèchement à son gryffondor :
« Harry, s'il te plaît, ne dis pas n'importe quoi… »
Au temps pour lui, les larmes embuaient maintenant les yeux émeraude dangereusement. Severus préférait largement quand le gamin se montrait absolument insatiable comme la nuit dernière, c'était finalement plus reposant. Toujours est-il qu'il devait être patient, très PATIENT ! Et calme également… Misère, et le gosse n'était enceint que depuis si peu de temps. Neuf mois, Neuf mois en enfer ! Pas qu'il regrettait sa décision mais tout de même…
« Ha… Mon ange… Ecoute-moi, tu sais très bien que je voulais également cet enfant… Je veux dire… notre enfant, d'accord ? »
Ravalant un sanglot, le brun renifla et laissa échapper un petit 'oui' affecté tandis que le Maître des Potions se retournait vers Neville avec colère :
« Ne pouvez-vous lui donner dès à présent une dose de votre foutue potion miraculeuse, Londubat ? »
Neville accéda à la demande de Severus sous le regard goguenard du médicomage… Par Merlin, Andrew était sublime avec son air frondeur et espiègle, et le fait qu'il se joue ainsi de Snape qui l'avait torturé tout au long de ses années à Poudlard, lui faisait éprouver encore plus d'admiration pour celui qu'il… Non, non et non ! Neville dodelina de la tête, il ne devait pas penser à Andrew en ces termes. Jamais ! Il était son mentor, son pygmalion, il lui avait offert une chance extraordinaire de faire ses preuves. Il ne fallait pas qu'il gâche tout stupidement. Il ne se le pardonnerait certainement pas !
Loin des turpitudes sentimentalo-professionnelles de Neville, Harry avala prestement l'étrange mixture proposée par son ancien camarade de chambrée. Il s'abstint de tout commentaire malgré l'aspect quelque peu douteux de la préparation, sinon, il ne doutait pas que Severus en profiterait pour rabrouer encore Neville. Le goût était réellement atroce, il plaqua aussitôt sa main contre sa bouche pour retenir une nouvelle nausée. Il attendit encore quelques instants, une minute tout au plus avant de sentir un léger répit. Non seulement son estomac ne semblait plus prêt à sortir par sa bouche mais en plus, il avait l'impression de retrouver une sorte de clairvoyance. Tous les problèmes qu'il jugeait comme insurmontables il y a encore une minute, lui paraissaient maintenant ridicules et parfaitement risibles.
« C'est…
- Prodigieux… Incroyable… Je sais parfaitement, Harry. Toutes les études faites jusqu'à présent, prouvent qu'à chaque fois, la première prise du Regolamento Hormonalis a un effet quasi instantané sur les perturbations hormonales du père porteur et les perfectionnements que Neville et moi y avons apportés, n'ont pas changé ce résultat bien au contraire...
- Mais…
- Vous avez raison, Snape, il y a un bien un 'mais' car vous allez vous rendre compte que lors des premières prises, les effets de la potion sont en général de très courte durée. Le corps du patient doit progressivement s'accoutumer aux principes actifs de la préparation et il faut compter au moins deux à trois semaines de traitement avant que son efficacité soit complète. Vous verrez que les effets seront de plus en plus profonds et de longue durée, jusqu'à ce que l'on puisse envisager de passer à une seule prise par jour.
- On se voit dans quinze jours alors ?
- Oui, d'ici là, ton corps devrait réagir à peu près complètement au Regolamento Hormonalis. »
C'était ainsi que les quatre hommes se séparèrent avec la certitude de se revoir dans deux semaines. En sortant du cabinet de l'obstétricomage, Harry avait agrippé férocement le bras de son Severus et le gryffondor semblait décider à ne pas le lâcher un seul instant. Après cette crise de larmes mémorables, le brun aux yeux d'émeraude était visiblement encore sous l'effet de la potion, il semblait à présent sur son petit nuage personnel et sautillait presque. Il avait eu la confirmation de sa grossesse qui de prime abord, se présentait sous les meilleures auspices. Andrew, un homme en qui il avait toute confiance et qu'il respectait profondément, avait accepté de le suivre tout le long de se grossesse et pour couronner le tout, il avait revu Neville après la trop longue absence de ce dernier pour finir ses études à Sainte Salem. Son ancien camarade était devenu l'assistant – et même un peu plus – de l'obstétricomage le plus compétent de sa génération.
Ils arrivèrent dans le hall bondé de Sainte Mangouste et rejoignirent l'insupportable et prétentieux blond et son adorable Maître aux Etudes Moldues dont le sourire ne laissait aucune place au doute. Harry n'attendit pas une seconde avant de se jeter dans les bras de Seamus :
« C'est merveilleux ! »
L'autre jeune homme se contenta d'hocher avec vigueur de la tête, il semblait ému, perdu, prêt à rire et prêt à pleurer. Severus arqua un sourcil sarcastique en direction de son filleul.
« Bouleversement hormonal. »
Drago souffla profondément, comme résigné, acquiesçant silencieusement à la remarque de son parrain. Salazar… Et, ce n'était que le début… Le blond pria intérieurement pour que les effets de cette potion miracle dure au moins encore quelques minutes mais il doutait que son vœu puisse être exhaussé. Il était pourtant certain qu'il n'y survivrait pas si son timide petit irlandais refaisait en public une crise comme celle qu'il avait faite tout à l'heure dans le cabinet de cet empaffé incompétent qui les avaient pris en charge à leur arrivée à Sainte Mangouste. Neuf mois, neuf mois en enfer ! Severus tapota l'épaule de son filleul avec compassion, ils étaient embarqués dans la même galère et les deux hommes se comprenaient donc parfaitement.
Accompagné des trois autres sorciers, le Maître des Potions se dirigea finalement vers la porte de sortie magique de Sainte Mangouste tandis que son brun aux yeux d'émeraude, outrageusement euphorique, hurlait avec enthousiasme qu'il voulait tout de suite organiser une fête immense pour annoncer la prodigieuse nouvelle. Une seule chose rassura Severus dans cette cacophonie assourdissante : peut-être que d'ici leur retour à Poudlard, cette exaltation insupportable aurait perdu en intensité et qu'il pourrait avoir une discussion sereine et mâture avec son gryffondor… Ou peut-être pas… Le Maître des Potions se frotta la tempe droite avec désarroi. Un instant plus tard, les quatre sorciers avaient transplané devant la grille majestueuse du parc de Poudlard. Drago et Severus convinrent rapidement d'une rencontre au sommet d'ici une demi-heure, le temps que leur moitié respective reprenne le dessus sur les effets du Regolamento Hormonalis. Serrant fermement la main du brun, Severus regagna rapidement leur appartement dans les cachots.
Les piaillements incessants du brun donnaient une migraine atroce au Maître des Potions et il ne prêtait plus qu'une attention toute relative aux divagations du jeune gryffondor sur les couleurs de la layette et autres joyeusetés. Il s'arrêta devant l'entrée masquée de leur foyer quand Harry demanda de cette voix atrocement guillerette :
« Et vu que ma proposition d'appeler notre bébé James Sirius ne t'a pas franchement emballé, je me disais qu'Andrew serait un bon choix ! »
Severus regarda ahuri le brun aux yeux d'émeraude qui le fixait avec une candeur désarmante et sincère :
« Plaît-il ?
- Andrew Potter Snape, tu n'aimes pas ? »
Severus se retint de toutes ses forces pour ne pas jeter quelques impardonnables sur Harry et se contenta de pénétrer dans le salon sans daigner répondre. Bien sûr, c'était sans compter sur l'opiniâtreté du gryffondor qui le suivait en continuant :
« C'est un joli prénom et Andrew est une personne tellement merveilleuse. Il est doux, intelligent et… »
Pitié ! Il avait connu toutes formes de tortures, des douleurs diverses et sadiques alors qu'il espionnait le Serpent Psychopathe et Mégalomane mais ce n'était définitivement rien à côté de ces dernières minutes. Severus songea avec justesse que Voldemort n'était qu'un bien piètre bourreau à côté du gamin.
« Prévenant… ET TU M'ECOUTES, SEV !
- Je savais que Londubat ne pouvait réaliser une potion convenablement !
- Pardon ?
- Tais-toi, amour. Tu me fatigues, là. »
L'air proprement outré que lui adressa le jeune homme lui fit aussitôt regretter amèrement ses paroles. Les yeux émeraude se plissèrent en une grimace pathétique. Harry retenait à grand peine un sanglot étouffé, son regard embuait de larmes. Il bafouilla pitoyablement :
« Je… Je… Je te fatigue…
- Ce n'est pas ce que je…
- Tu ne m'aimes plus ? Et le bébé ? Tu as pensé au bébé ? Je… Tu vas nous abandonner… Nous quitter ?
- HARRY !
- QUOI ?
- Calme-toi, veux-tu ? Tu es totalement déraisonnable. »
Cette fois, les larmes coulaient chaudement sur les joues du gryffondor, rougies par l'émotion et la panique. Severus l'attira contre son torse pour le réconforter et le cajoler. Salazar ! Rien ne lui serait épargné, il devait prêter attention à la moindre de ses paroles, sous peine de déclencher à chaque fois une crise incontrôlable :
« Je t'aime plus que tout, mon ange et j'aime déjà cet enfant. »
Le gamin renifla effroyablement contre sa robe noire avant de murmurer :
« Alors… Alors… Pourquoi tu ne m'écoutes pas ?
- Harry, as-tu conscience que tu viens de me proposer comme prénom pour notre enfant celui d'un de tes amants ? Déjà, je vais devoir supporter ce bellâtre pendant toute la grossesse, alors…
- Andy est quelqu'un de bien ! »
Bien qu'il lui en coutât, Severus préféra acquiescer et reprit :
« Ce n'est pas ce que j'ai dit… »
Ces mots lui écorchèrent la bouche et il promit de le faire payer au médicomage à leur prochaine rencontre :
« Je ne doute pas qu'il soit… qu'il soit probablement une personne de confiance, un ponte dans son domaine mais il ne faut pas que tu oublies ce qu'il a été dans ton passé. Tu ne peux pas me demander ensuite d'apprécier cet homme… Ou de choisir son prénom pour notre enfant. Tu comprends ? »
Le gamin se recula légèrement pour fixer les yeux noirs du Maître des Potions, semblant enfin réaliser la raison du refus de l'homme.
« C'est pour ça ?
- Bien sûr. Qu'est-ce que tu t'imaginais encore ?
- Alors tu m'aimes vraiment, Sev ? »
Pour calmer l'angoisse du gryffondor, le Maître des Potions se contenta de rapprocher un peu brutalement le corps du jeune homme contre le sien, enserrant sa taille fine de son bras. De sa main libre, il attira le visage d'Harry vers lui, de sorte que sa bouche retrouve celle si parfaite du petit brun. Il commença par mordiller délicatement sa lèvre inférieure et il sentit en retour les mains de son lion s'accrocher au tissu de sa robe. Il poursuivit lentement et méthodiquement son exploration avant de pénétrer dans ce paradis délicieux. Sa langue frôlait avec talent et vigueur sa jumelle dans une caresse presque hypnotique. Le Maître des Potions n'était pas peu fier des bruits et gémissements profonds qui s'échappaient de cette gorge au fur et à mesure que son baiser se faisait plus empressé et passionné. Il poussa avec force le corps du gryffondor vers le mur le plus proche, jusqu'à l'emprisonner complètement dans son étreinte. Le petit brun se cambrait de plus en plus, ses formes épousant à la perfection celle de son tourmenteur. La tension se faisait plus forte et Severus ricana doucement contre ses lèvres lorsqu'il sentit que son lion tentait de se soulager en se frottant délicieusement à lui dans un mouvement saccadé. Il s'éloigna légèrement, son souffle frôlant à bon escient le visage rouge du jeune homme :
« Tsss… Tsss… Un peu de tenue, voyons ! Finnigan et Drago ne devraient plus trop tarder alors il faudra être patient, Monsieur Potter. »
L'air scandalisé que lui adressa le gamin le fit rire sincèrement.
« Tu… TU… TU NE PEUX PAS ME FAIRE CA ! »
Severus se contenta de tapoter le bout du nez de son gryffondor tout en souriant gentiment.
« Je te garantis que je le peux.
- Mais… Mais…
- Une objection ?
- Parfaitement ! Andy a été très clair, il ne faut pas que je sois stressé ! Crois-tu que ce soit bon pour le bébé de me… De m'allumer comme ça et de me laisser aussi frustré ! »
Severus s'apprêtait à répondre quand deux coups brefs furent donnés contre le chambranle de la porte de leur appartement des cachots. Le Maître des Potions se recula sans prêter attention à l'air proprement débauché et outré qu'affichait son petit lion et alla ouvrir à son filleul et à Finnigan. L'irlandais semblait avoir retrouvé un aspect plus présentable même si ses yeux rougis ne laissaient guère de doute sur la dernière crise à laquelle son filleul avait dû faire face. Drago pénétra dans le salon à sa suite et leva un sourcil interrogatif à destination de son parrain quand il vit son ancien ennemi avec cet air débraillé. Le blond ricana avant de lancer l'attaque :
« Princesse, tu savais pourtant qu'on devait vous rejoindre d'ici une demi-heure !
- Oui, et j'avais naïvement cru que pour une fois, tu allais tenter de satisfaire Seamus comme il se doit, au lieu de te précipiter jusqu'ici pour me pourrir l'existence !
- HARRY ! »
Les voix de Severus et Seamus avaient claqué dans le même temps. Drago regarda, effaré, le gryffondor et pensa finalement que son adorable irlandais était une sorte de bénédiction en comparaison avec la furie brune de son parrain.
« Je te plains sincèrement, parrain.
- Drago n'en rajoute pas, s'il te plaît. »
Severus se contenta de faire signe à tout ce petit monde de s'avancer vers le salon. Seamus et Drago s'installèrent côte à côte sur le canapé. Le Maître des Potions s'assit sur le fauteuil qui faisait face au couple et lorsqu'Harry le rejoignit enfin, il prit naturellement place sur ses genoux, calant son visage dans son cou. Il n'osa cependant lui faire la moindre remarque, de peur de déclencher une autre crise de larmes.
« Bien… Je pense que nous devons nous aider et nous soutenir dans cette commune épreuve. »
Drago approuva férocement les propos de son parrain tandis que les deux jeunes pères porteurs s'offusquèrent du terme employé pour désigner la merveilleuse expérience de la grossesse. Severus ne s'en laissa pas compter et poursuivit :
« Je pense qu'Harry avait en partie raison tout à l'heure lorsque nous étions encore à Sainte Mangouste… »
Le gamin se redressa légèrement, fier de constater que pour une fois, son homme approuvait une de ses décisions. Bon, très objectivement, il n'avait aucune idée des propos qui avaient obtenu l'assentiment du ténébreux espion.
« Notre première mission sera d'annoncer à tous cette double grossesse.
- Tu as une idée de la manière dont nous pourrions procéder.
- Et bien, oui mais il faut que tu sois d'accord avec cette proposition, Drago. »
Le blond semblait suspendu aux lèvres de son parrain qui reprit sans attendre :
« Je pensais en fait à ton anniversaire. C'est dans à peine plus de deux semaines. Cela nous laisse juste le temps d'organiser comme il se doit la réception… Disons que cela pourrait avoir lieu chez ton père. Il faudrait que vous vous mettiez d'accord sur la liste des invités et nous en profiterons pour annoncer les deux futures naissances à tous nos proches en même temps.
- Il faudra prévoir plusieurs médicomages.
- Certes, ton père risque de faire un malaise.
- Je ne l'ai pas non plus beaucoup préparé à l'éventualité qu'il devienne rapidement grand-père. »
Tandis que les trois sorciers mettaient au point la future réception, Harry souriait comme un dément. D'ici seulement deux semaines, sa famille de cœur, tous ses amis sauraient qu'il était maintenant le plus heureux des hommes… Enfin, si on exceptait que Severus avait déjà cruellement rejeté ces deux propositions de prénoms et qu'il allait devoir y réfléchir sérieusement… Très sérieusement… Après tout, il ne restait qu'un peu moins de neuf mois pour trouver LE prénom idéal…
A suivre…
