Chapitre 8 : It's where my demons hide. Pov Lilwen

Je sentis mes muscles trembler de façon incontrôlable. Ma vision se brouillait de plus en plus et je ne parvenais pas à tenir debout. Mes genoux fléchirent et un éclair aveuglant jaillit sous mes paupières closes. Je me sentis tomber, être rattrapée et tout disparu, ne laissant plus qu'une grande étendue blanche. Comme dans mon rêve. Et comme dans celui-ci, le vieil homme apparu mais cette fois-ci, l'atmosphère était totalement glaciale et rien ne me laissait le moindre espoir de pouvoir m'échapper. J'étais à nouveau seule avec lui et cette idée me tira un long frisson. Je savais que c'était bien réel cette fois, je ne rêvais pas, je pouvais tout ressentir. Ou alors était-ce les conséquences de mon évanouissement ? Etais-je donc dans le coma et mon esprit avait-il décidé de me torturer ?

Le froid qui régnait dans la pièce me glaçait de l'intérieur et j'avais l'impression que des centaines de lames se fichaient dans mes os. J'avais mal et je voulais partir loin d'ici mais la peur me paralysait, s'encrant dans chacune de mes veines et transformant mon sang en acier, dur et impossible à déplacer.
Chaque fois que j'avais vu cet homme, de mauvaises choses étaient arrivées. D'abord, j'avais dû fuir loin de ma famille adoptive, les abandonner derrière moi, quitter ma vie pour me retrouver à être poursuivie par une bandes de cinglés. Et la dernière fois que je l'avais vu, dans mon rêve, j'avais eu le droit à des images horribles sur ces mangemorts…

- Où es-tu Lilwen ? Demanda-t-il d'une voix douce.

Il s'approcha de moi d'une démarche assurée et qui me semblait être l'avancée lente d'un cobra prêt à mordre au moindre mouvement. Si je reculais je serais étouffée sans plus aucun moyen de m'échapper et je mourrai. Mais même si ma réponse ne lui plaisait pas, je ne comptais pas l'aider à mettre la main sur moi et pire, sur Naïla.

- Si vous voulez tant le savoir, voyez avec vos sbires que vous avez lancés à nos trousses.

Il eut un faux sourire aimable qui me fit à nouveau frémir et je me forçai à me tenir bien droite face à lui et à ne pas montrer mes sentiments mais plus les secondes s'écoulaient, plus j'avais peur. J'étais sans aucunes défenses face à lui et je savais parfaitement qu'il avait la capacité de modifier mon inconscient pour en faire ce qu'il voulait et cette idée m'était intolérable.

- Hé bien de ce que je sais tu aurais brusquement disparu de la route avec ton amie et un inconnu, blessant gravement plusieurs aurors. Tu sais, le ministère de la magie va bientôt se demander qui est à l'origine de ces blessures et tu seras la première fautive. Comment tu feras quand des centaines de personnes te pourchasseront en criant vengeance pour les horreurs que tu as fait subir à ces pauvres hommes ?

Le remord me submergea en me rappelant que j'avais brûlé un homme sans le faire exprès, planté une flèche dans la main d'un autre et blessé quelques-uns. Et surtout, celui que j'avais mordu quand j'étais une panthère. Je regrettais de les avoir blessés mais les voir ainsi souffrir me rappelait qu'aucun d'eux n'avait daigné me montrer de la douceur ou de la bienveillance. Ils voulaient me capturer, blessée ou non. Ils avaient ce désir de possession sur moi, vouloir m'enchainer et me trainer jusqu'à ce château rempli d'inconnus. Ils méritaient ce que je leur avais fait subir.

Cette fois-ci, la colère prit le pas sur le remord et je n'hésitais plus. J'avançai d'un pas décidé pour me planter face à lui, enfonçant un doigt menaçant dans sa poitrine.

- Je n'ai rien fait ! Ils m'ont poursuivis et ils n'ont eu que ce qu'ils méritaient. Si votre ministère de la magie me cherche pour me tuer… Qu'il essaie et je ferais en sorte de protéger mes amis et ma famille contre eux et pour ça, je ne reculerais devant rien.

J'étais bien décidée à lui prouver que je n'avais pas peur et que si je le souhaitais, je pouvais très bien m'opposer à lui. Enfin ça, c'était surtout du bluff parce que j'étais terrifiée et bien incapable de lui résister. J'étais aussi faible qu'une brebis apeurée. Face à cet homme, je ne tiendrais pas longtemps, je le savais, je le sentais. Il était bien plus puissant que moi. Et il en avait également conscience car il éclata de rire, me montrant ainsi à quel point ma menace était stupide.

- Je t'en prie, nous savons tous les deux que tu es bien incapable de te défendre convenablement.

Il s'approcha à nouveau jusqu'à être à quelques centimètres et chuchota contre mon oreille :

- Après tout, si tu es encore en vie, c'est juste parce tu as reçu de l'aide. Ou par un coup du hasard car on sait tous les deux que tu ne sais pas maitriser ta magie.

Je pouvais sentir l'odeur de citron qui l'entourait à mon grand étonnement car j'étais persuadée que tout se déroulait dans mon esprit. Mais si je ressentais les contacts, pourquoi pas les odeurs ?

Il avait raison, tout n'avait été que chance jusqu'ici. Sans Rumple je me serais surement vidée de mon sang sur le bord de la route où j'aurais été reprise par ces hommes qui me voulaient tant à Poudlard. Sans lui, je ne serais pas aussi libre que je l'étais aujourd'hui. Sans lui, je n'aurais surement pas revu Naïla.

- Tu ne devrais pas te montrer si présomptueuse, aux yeux des aurors tu es une mangemort, tes parents risquent fort de recevoir leur visite.

Mon cœur se glaça alors qu'une étreinte douce se referma sur ma main. Je baissai la tête mais il n'y avait rien et une angoisse sans précédent me submergea. Et s'il disait vrai et que ces gens allaient chez mes parents adoptifs ? Ils les blesseraient, c'était certain. Ou peut-être feraient-ils pire. Et ça serait entièrement de ma faute. Ils mourraient par ma faute. Parce que j'avais refusé de suivre ce vieil homme. Les larmes roulèrent sur mes joues, sans que je ne puisse les retenir

Je sentis soudain une présence invisible dans mon dos. Une douce caresse contre ma joue, comme le souffle du vent.

« Bats-toi Lilwen, tu vaux mieux que ce que tu crois. »

Encore cette voix qui me suivait rêve après rêve. Et brusquement, cette douce chaleur qui se déversa autour de moi. Une lumière aveuglante jaillit de nulle part et disparut presque aussitôt. Cependant, je n'étais plus seule avec le vieil homme. Un autre homme s'était interposé entre lui et moi. Son doux parfum de lys m'envahit les narines et bien que je fusse toujours secouée de sanglots, effondrée sur le sol, cette présence me rassurait.

- Tttt-tt-tt Dearie, ce n'est pas très gentil de traiter ainsi les gentes damoiselles. Mais tu m'intéresse à parler ainsi de magie. Si tu m'en apprenais plus sur elle ?

Je reconnus alors la voix. Celle de mon sauveur. Celle de Rumplestiltskin. Je ne savais pas comment il était apparu dans mon esprit et je ne savais pas non plus si c'était une bonne chose. Visiblement, il n'avait pas l'air de vouloir me défendre plus que ça et au fond de moi, je ne pouvais m'empêcher d'avoir peur de ce qu'il pouvait faire. Pour retrouver son fils, il était prêt à tout, même à me vendre en échange des services de ce sorcier. J'en étais persuadée et bien qu'une partie de moi fût furieuse à cette idée, l'autre ne pouvait s'empêcher de le comprendre. Toujours était-il que je n'avais pas à penser à cette éventualité maintenant car rien ne laissait présager qu'il allait me livrer.

Le vieil homme l'observa avec un regard calculateur et un sourire avenant éclaira ses lèvres entourées de barbe d'une couleur se situant entre le blanc et l'argenté.

- En quoi t'apprendre certaines choses sur cette fille me serait utile ? Interrogea-t-il d'un ton qui signifiait clairement qu'à l'instant présent, je n'étais plus qu'une simple marchandise.

Je serrais les poings, la colère montant en moi à l'idée que les deux hommes discutent ainsi de ma vie.

- Oh hé bien, tu n'as rien à gagner certes puisque quoiqu'il arrive, qui que tu sois, cette gamine m'intéresse bien plus que toi ou tes sbires. Répliqua Rumple d'une voix froide où je pouvais entendre les notes particulières de son accent.

Je pouvais parfaitement imaginer le sourire qui devait à présent étirer ses lèvres, mélange de moquerie et de menace. Une vague de soulagement me saisit quand je compris qu'il n'était pas là pour se débarrasser de moi mais bien pour m'aider.

- Allons, en quoi une fille qui ne sait pas manier la magie peut-elle vous intéresser ? Fit le vieil homme avec un air badin.

Le personnage tout droit sortis du monde des contes se rapprocha de Dumbledore, jusqu'à ne plus être qu'à quelques centimètres de lui. Je remarquai alors que le sorcier qui me harcelait dans mes rêves dominait mon protecteur d'une dizaine de centimètres pourtant, il était impossible en ce moment même de déterminer lequel était le plus puissant tant ils semblaient confiants en eux et pleins de volonté.

- Je vous retourne la question. Vu qu'elle est si inutile, pourquoi la faire pourchasser à travers tant de pays différent ? C'est se donner beaucoup de mal pour une gamine qui a l'air, selon vous, d'être indigne d'intérêt. Après il ne s'agit que de mon avis.

Le vieil homme compris à cet instant qu'il avait trouvé un adversaire à sa taille et cette idée ne sembla pas du tout lui plaire.

- Sa venue pourrait empêcher les aurors de s'en prendre à sa famille. Je n'aime pas les injustices et je veux rétablir la vérité pour prouver que ceux qu'ils croient ses parents ne le sont pas.

Je fronçais les sourcils. Qu'entendait-il par là ? Connaissait-il ma véritable famille ou avais-je mal interprété ses propos ?

- J'ai du mal à vous croire car à mon avis, tout cela relève de la manipulation. Si les aurors la poursuivent juste après votre venue, ce n'est pas par hasard. A mon avis vous les avez lancés à ses trousses pour ne pas avoir à faire le sale travail. Mais vous n'avez pas réussi alors vous essayez de faire pression en utilisant l'argument de la famille. Mais sachez bien que où qu'elle soit, cette fille m'appartient car elle a une dette envers moi et elle ne pourra pas me quitter.

- C'est donc pour cela que vous lui portez cet intérêt maladif ? Ironisa le vieil homme.

- Pas seulement. Vous savez aussi bien que moi qu'elle est particulière. C'est pour ça que vous la voulez mais aussi longtemps que le deal que j'ai passé avec elle tiendra, je la protégerais.

Il se tourna alors vers moi et m'adressa un sourire amusé.

- Allons dearie, chasse le de ton esprit veux-tu ?

J'écarquillais les yeux et regardais le vieil homme. Je ne savais pas comment faire pour le chasser d'ici. Celui-ci m'adressa un sourire sardonique.

- Crois-moi Lilwen, cet homme ne te protégera pas longtemps. Tu as ta place dans notre monde pas dans celui-ci, tu t'en rendras vite compte.

Je n'eus pas à le forcer à partir car il avait disparu. Il ne restait que Rumple face à moi, et cette présence invisible qui m'enserrait la main. Le contact s'effaça peu à peu, à mesure que Gold perdait de la consistance et que la pièce devenait sombre. Les lumières s'éteignirent et je sentis le sol dur contre mon dos.

J'ouvris les yeux en prenant une profonde inspiration, me pliant en deux. Je me tournais sur le côté et crachai violemment pour expulser ce qui me bloquait les bronches. Un filet de sang macula le carrelage de la cuisine et je m'essuyai les lèvres du revers de la manche, ayant toujours l'impression d'être blessée au niveau de la trachée.

- Lil ? S'inquiéta Naïla.

Je regardais autour de moi et me concentrais sur ses magnifiques prunelles d'émeraude emplies d'angoisse.

- Ca va… Fis-je d'une voix rocailleuse, le cœur battant plus vite sous l'effet d'une baisse de tension.

- Tu m'as fait la peur de ma vie ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? Demanda-t-elle précipitamment.

Je me redressai en position assise et regardais autour de moi, inspirant profondément pour me calmer et je remarquai Rumple qui était étendu sur le sol et avait les yeux désespérément clos. Une vague d'angoisse me submergea, m'empêchant ainsi de m'apaiser et je répondis rapidement à Naïla.

- Dumbledore. Attaque mentale.

Elle fronça les sourcils et je me penchai sur l'homme encore inconscient et le secouai avec précaution dans l'espoir de le réveiller. Il ne broncha pas. Je lui tapotais la joue ma cage thoracique se resserrant autour de mon cœur quand sa main me saisit le poignet. Je sursautais violemment et il se redressa dans un mouvement brusque de défense. J'évitais de peu la main qui allait entourer ma gorge alors qu'il me regardait, les yeux écarquillés. Il finit par comprendre où il était et reprit un air tout à fait normal et me lâcha, portant une main contre son front dans un soupir de lassitude.

- J'en ai assez de ces sorciers et leurs passions pour les attaques physiques et mentales. Dès que je recouvrirais mes pouvoirs, je me ferais une joie de les retrouver, les transformer en escargots, et les écraser un à un.

Naïla le regarda avec ahurissement puis fini par éclater de rire sous mon air étonné. Je ne comprenais pas la raison de son éclat mais elle finit par reprendre son sérieux et m'expliqua alors tout avec une voix encore tremblante.

- J'étais en train de nous imaginer les cuirs aux petits oignons et les servir dans de grands restaurants ! Et là je viens de les voir se retransformer dans les assiettes mais en gardant un aspect gluant et une carapace sur le dos.

Je la regardais, clignais des yeux, et explosais de rire. Contre toute attente, Rumple nous rejoignit dans notre rire, bien plus discret évidemment. En même temps, comment ne pas céder face à cette vision totalement surréaliste mais néanmoins très plaisante. Si seulement ça pouvait être vrai et que je puisse voir ces ignobles sorciers qui m'avaient blessée et poursuivie jusqu'ici et qui en plus de cela s'étaient attaqués à ma meilleure amie mourir. Je voulais qu'ils souffrent et ce désir ardent qui vivait en moi grandissait au fur et à mesure que j'en apprenais plus sur eux. Je voulais leur faire regretter tout ce qu'ils avaient fait.

Mon regard s'attarda sur le visage de Gold, ses yeux marron si clairs, nuancés de plusieurs touches, chocolat, caramel, tout se mélangeait pour former un ensemble vivant et poignant. Je me perdis dans ma contemplation, observant les rides qui se formaient quand il souriait ainsi, et ses fossettes. Je l'avais rarement vu si amusé et encore moins rire mais j'appréciais ce son.

- Lilwen ? Intervint Naïla.

Je me tournais vers elle, la joie revenant en la voyant. Elle avait toujours eu cette capacité de me faire sourire rien qu'en me parlant car on ne se voyait que peu. En tout cas avant vu que désormais nous vivions ensemble. Chacune de nos retrouvailles se retrouvaient peuplée de souvenirs joyeux et la voir ou l'entendre me les rappelaient.

- Oui ?

- Tu crois qu'on devrait aller à cette école là ? Poudlard…

Je me mordis les lèvres face à la question. D'une part, je mourrais d'envie d'y aller, de découvrir la magie et surtout comprendre ce que me voulait ce vieux barbu détraqué. Mais d'un autre côté, j'avais peur d'y aller. Peur de me retrouver au milieu de quelque chose de me dépassait, de ces personnes qui semblaient me connaitre et me vouloir soit pour me faire passer l'envie d'être une mangemort. Et donc une meurtrière si j'avais bien compris. Soit pour une raison qui m'étais encore inconnue. Et dans tous les cas, j'avais promis à Rumple que je l'aiderais à retrouver son fils. Je ne pouvais me soustraire à cette promesse et je ne le voulais pas d'ailleurs. Je voulais qu'ils soient réunis tous les deux ne serait-ce que parce que l'homme m'avait sauvé la vie.

- Non je ne pense pas. En tout cas moi je n'irais surement pas avant d'avoir aidé mr Gold.

Celui-ci haussa un sourcil puis fit un sourire en coin.

- En effet dearie, tu as quelques services à me rendre. En échange, je me dois donc de t'apprendre la magie. D'ailleurs, n'oublie pas que le logement et l'apprentissage de ton amie va te coûter quelque chose, à moins que ça ne soit elle qui paye ?

Naïla s'étrangla avec sa salive et le regarda avec ahurissement.

- Comment-ça vous payer ! Moi qui pensais que vous aidiez la veuve et l'orphelin, me voilà bien déçue !

- On n'a rien sans rien dans la vie.

Elle croisa les bras dans une moue boudeuse.

- A la base je savais déjà que vous étiez détraqué pour enfermer une femme chez vous et la larguer dans les champs comme si vous n'y étiez pour rien tout ça pour briser une « malédiction », mais maintenant je sais aussi que vous êtes tout ce qu'il y a de plus désagréable et horripilant.

Il lui fit un sourire de requin et désigna la porte.

- Tu peux t'en aller si tu veux. Je suis sûre que tes poursuivants seront heureux de te retrouver.

Elle grogna et fini par céder de mauvaise grâce.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

- Oh rien de très méchant… Juste que tu aides ton amie à nettoyer la maison, que tu fasses ce que je te dis pour tout ce qui touche justement à cette malédiction dont tu ne sembles pas te soucier et que tu restes muette quant à qui je suis avec qui que ça soit autre que Lilwen. Oh et… Depuis quand tu me vouvoies ? Impressionnée ?

Elle plissa les yeux.

- D'accord. Et non, pas impressionnée, c'était juste pour marquer la distance entre vous et moi. On n'appartient pas au même monde. Il y a les intelligents et les idiots profiteurs !

Il s'approcha d'elle alors que je me mordais la joue pour ne pas éclater de rire.

- Au moins, si je suis dans les idiots profiteurs, je ne fais pas parti des intelligents qui sont également naïfs si comme tu as l'air de le penser, ils sont gentil. Oh et n'oublie pas, tu as encore ta dette de vie envers moi…

Et il se recula pour s'asseoir sur une chaise et se servir une part de pizza. Naïla fut tellement désarçonnée par sa réaction qu'elle ne put s'empêcher d'ouvrir la bouche puis de la refermer avec un étonnement non feint. Je lui tapotais doucement la tête avec un sourire compatissant.

- Il va falloir t'y faire ma belle, c'est toujours comme ça avec lui.

Elle grogna et s'assit à son tour pour se mettre à manger non sans me lancer un regard en coin qui témoignait de son amusement. Je m'installais à ses côtés et après cela, nous regagnâmes toutes les deux notre chambre sans vraiment parler avec Rumple.

Le lendemain, je le passais avec ma meilleure amie et Henry. Nous étions bien décidés à retrouver Belle même si je commençai à me décourager à mesure que le temps passait. Nous n'avions aucune idée de où elle pouvait se trouver dans la ville et c'était comme chercher une aiguille dans une meule de foin.

- Lilwen… Je… J'ai fait un rêve assez... Perturbant cette nuit. Commença Naïla.

J'haussais un sourcil interrogateur pour l'encourager à continuer, me demandant de quoi il en retournait. Je savais que mon amie était sujette à des crises d'angoisses aussi souvent que moi j'étais poursuivie par des cauchemars plus affreux les uns que les autres. C'est-à-dire quasiment chaque nuit et il était dur de les lui faire passer. Hier avait été une de ces soirées où, au lieu de plonger dans le sommeil, j'avais veillé et parler de tout et de rien avec elle. Nous avions vite décidé d'inventer une histoire où notre vie était tranquille, où les problèmes semblaient se résoudre d'eux-mêmes. Mais dans la réalité ce n'était pas le cas.

- Il y avait un homme mais je le distinguais mal. C'était comme si ma vision était horriblement trouble. Il était sombre, une simple silhouette avec pour seul point éclairé, son visage. Mais je ne saurais dire avec précision quels en étaient les traits. Il me disait de croire en moi et d'arrêter d'avoir peur. Que c'étaient aux autres de me craindre. Comme ça on pourrait croire à un besoin d'affirmation de ma part mais le problème, c'est que tout avait l'air réel. J'avais l'impression que si je l'approchais, je pouvais le toucher. Et maintenant qu'on sait que visiblement les sorciers peuvent communiquer par l'esprit…

Effectivement, quand je voyais son expression, je comprenais aisément qu'elle était convaincue que c'était réel. Et chacun de mes rêves où étaient apparus Dumbledore, et cette mystérieuse femme, m'avaient semblés réalistes, pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'espérer de tout cœur que ce n'était pas possible. Que ce que j'avais vécu dans mon esprit, que nous avions vécu, n'était qu'une simple illusion et non un phénomène magique.

- On n'est pas sûres de cela. On a peut-être juste un peu disjoncté à cause du stress.

Elle me lança un regard dubitatif.

- Je te rappelle que tu avais un halo de lumière autour de toi quand tu t'es évanouie et que Rumple t'as rejoint dans ton inconscient alors c'est qu'on peut s'introduire dans l'esprit des autres. C'est obligé sinon ça ne serait jamais passé comme cela.

Je poussais un profond soupir.

- Oui je sais mais je n'aime pas du tout cette idée. Surtout que je n'arrive pas à me défendre contre ces « attaques ».

- Moi non plus… A vrai dire, je ne contrôle même pas ma magie. Emit mon amie d'une voix éteinte.

J'avais le même problème. Il m'était impossible de contrôler quoique ce soit et ce encore plus sous le coup d'émotions fortes. En fait, la seule chose que je savais faire était de faire voler des objets jusqu'à moi, et encore il me fallait beaucoup de temps de concentration pour y parvenir. Je comprenais son désarroi et sa frustration et j'aurais tellement voulu pouvoir l'aider mais j'étais aussi perdue qu'elle.

- Tu n'es pas la seule mais on va devoir s'y faire car pour le moment, Gold n'est pas encore rentré et ça m'étonnerait qu'il nous donne un cours ce soir. Surtout qu'il est…

Je lançai un bref regard à l'horloge.

- Vingt-deux heures.

Je fronçai les sourcils et Naïla partit vers l'entrée pour prendre son manteau, ayant compris que ce n'était pas normal que l'homme ne soit toujours pas là.

- On va le chercher à sa boutique et…

Elle n'eut pas le temps de continuer que la porte s'ouvrit brusquement et se claqua avec fracas. Je la rejoignis au pas de course et tombais nez à nez avec le propriétaire de la maison. Ses yeux chocolats ne brillaient nullement de joie en cet instant mais plutôt d'une rage qui pour le moment était contenue mais ne demandait qu'à s'exprimer. Cependant, je percevais cette ombre de tristesse logée dans sa pupille.

Je m'écartai pour le laisser entrer dans le salon et j'échangeai un regard inquiet avec Naïla. Je savais ce dont l'homme était capable lorsqu'il était en colère et ce n'était pas vraiment bon signe de le voir ainsi.

Il posa son poing serré contre ses lèvres alors que son autre main se crispait autour du pommeau de sa canne. Je m'approchai précautionneusement de lui, sensible à sa détresse et ayant envie de l'aider.

- Rumplestiltskin… Qu'est-ce qu'il y a ? Tu veux en parler ?

Il me foudroya du regard et s'approcha de moi à grandes enjambées pour me saisir le poignet à me le briser. Je sentis une violente de douleur et je cherchais à me dégager mais je n'y parvins pas.

- N'essaie pas d'être gentille avec moi et conciliante à la manière d'un psychologue parce que tes petites manières m'insupportent et tu risques de vite t'en rendre compte. Siffla-t-il dangereusement d'une voix si glaciale que j'en frémis.

Naïla se mit entre lui et moi et le força à me lâcher.

- Je vous déconseille de lui faire encore du mal parce que je risquerais fort de faire en sorte que vous n'ayez plus besoin de votre canne mais d'un fauteuil roulant pour vous déplacer.

Un sourire s'afficha sur les lèvres de l'homme mais au lieu d'être jovial, il était plutôt effrayant. Il tenait plus du rictus furieux que du véritable sourire plein
de joie. Il pointa Naïla du doigt avec un air des plus menaçants.

- Tu crois vraiment pouvoir me blesser ? Je ne suis pas aussi faible et diminué que tu sembles le croire et crois-moi, tu regretterais vite de t'en être prise à moi.

Elle lui répondit par un faux air jovial.

- Je vous retourne la menace. Je ne vous laisserais jamais faire de mal à Lilwen sans que vous n'en payiez le prix.

Je sentis une vague de chaleur se répandre dans mon cœur comme un baume apaisant et rassurant. Encore une fois, elle m'avait prouvé qu'elle serait toujours là pour moi. Cependant, je ne pus pas me fixer plus longtemps sur ce sentiment car tous deux semblaient prêts à se battre ce que je ne souhaitais pas du tout. J'écartais doucement Naïla avec un sourire doux.

- Ecoutez, je ne pense pas qu'il soit utile de se battre maintenant. Je suis vraiment heureuse que tu sois là pour moi et je n'apprécie pas qu'il te menace. Mais je sais parfaitement que Rumple est blessé et que sa réaction de colère n'est qu'un moyen de se protéger. Intervins-je.

- Espèce de… Commença-t-il.

- Non. Stop. Je sais que tu m'en veux pour avoir « profité » du fait que j'étais un animal pour connaitre tes secrets mais tu sais aussi bien que moi que ce n'était pas voulu. Je ne compte pas utiliser ces informations contre toi ou quoi que ce soit d'autre car je te dois la vie, et au-delà de la faveur que tu m'as demandé en échange, je te suis reconnaissante de m'avoir soignée et accueillie ici. Dis-moi ce qu'il se passe.

Il ricana avec force et se recula, ses yeux brulants d'une rage dévastatrice.

- Ce qu'il se passe ? Il se passe, dearie, qu'un imbécile a osé se faire passer pour mon fils ! Cet écrivain arrivé dans la ville. Il m'a abusé, fait croire qu'il était Baelfire mais CE N'ETAIT PAS LUI ! IL A VOULU M'UTILISER ! ME CONTROLER AVEC CETTE STUPIDE DAGUE !

J'avais appris grâce au livre d'Henry et quelques dires de Rumple que quiconque possédant la dague pouvait l'asservir. Mais ici, il n'y avait pas de magie, ou en tout cas pas assez pour que cela fonctionne. Ce qui d'ailleurs ne collait pas avec le fait que j'avais des pouvoirs et que je puisse m'en servir ici. Mais d'après l'homme, ils étaient en moi et non pas dans la nature ce qui me permettait donc d'en faire ce que je voulais. Je ne savais pas qui avait osé faire ça mais une chose était sûre, il s'était fourré dans de sales draps et à moins qu'il ne serve à quelque chose dans les plans de Gold, il était surement mort à présent. Ou hors d'état de nuire… Toujours était-il que je ne pouvais m'empêcher d'être furieuse contre cet inconnu car malgré le fait que Rumple soit un mage noir, je ne parvenais pas à accepter qu'on puisse jouer sur la famille pour blesser quelqu'un. Pour moi, c'était l'une des choses les plus importantes au monde. Naïla aussi semblait comprendre la colère de l'homme désormais car elle affichait un air désolé.

Il reprit avec colère mais également de la détermination.

- Maintenant, passons à cet entrainement.