Bonjour à toutes et à tous.
Bon eh bien on peut dire que mon ordinateur m'en veut puisqu'il a décidé de me pourrir la vie. Mercredi, au lieu de publier mon chapitre comme d'habitude, il a fallu que je me penche sur le problème suivant : "pourquoi windows ne reconnait plus mes disques durs, et bien entendu leur contenu dont fait partie ma fic...". J'ai bien cru un moment avoir tout perdu mais non ce n'était que windows qui était fatigué -
Heureusement Linux était là pour me sauver et après deux jours à tout remettre en place, je vais pouvoir enfin publier... grmmmll !! Qui a dit que la technologie nous faisait gagner du temps ?
Enfin, mieux vaut tard que jamais et voici donc le chapitre 9.
PS: N'oubliez pas de laisser des reviews, c'est ce qui fait vivre les auteurs (et en plus ça coûte rien :-D )
CHAPITRE 9 – Déménagement
–– Il faut appeler Dumbledore, tout de suite ! cria Lupin
–– Je m'en occupe répondit Bill.
–– Je crois bien qu'il nous faudra passer à la situation alternative plus tôt que prévu, pesta Maugrey.
–– Il leur faut une nouvelle infusion de…
–– NON, coupa Maugrey. Plus personne n'ira dans cette cuisine tant que ce ne sera pas indispensable. Et je crains que nous soyons malheureusement obligés de modérer nos propos. Plus question de parler de choses importantes en ces lieux. Vous avez tous compris ?
Bill sortit avec précipitation de la Maison des Black. Maugrey demanda à ce que quelqu'un s'occupe de rassembler les affaires des jeunes et de les empaqueter. Mrs Weasley envoya les deux filles s'en occuper avec Tonks et Arthur. Kingsley et Elphias s'employèrent à apposer des scellés sur la porte donnant sur la cuisine pour éviter que quiconque n'y pénètre. Puis ils s'absentèrent pour prévenir un maximum de membres de l'ordre qu'un changement venait de s'opérer au QG. Maugrey restait à côté, son œil magique regardant dans tous les sens. Mrs Strout palpait Ron, Mrs Weasley vérifiait que Harry n'était pas à nouveau fiévreux. Lupin interrogea le jeune rouquin.
–– Que s'est–il passé, Ron ?
–– Je l'ai vu, il nous épiait.
–– Il… Il est ici ? demanda avec effroi Mrs Weasley.
–– Non… c'est… j'ai perçu sa présence, je l'ai vu nous regarder, nous écouter.
–– Il est invisible ?
–– Molly, grogna Maugrey. Mon œil l'aurait vu ! Il n'est pas ici !
–– Explique–toi, Ron !
–– Quelque chose nous reliait à lui dans cette pièce. C'est comme si j'avais ouvert une porte et qu'il se trouvait juste derrière.
–– Oui ! C'est pour ça que j'avais tellement mal à la cicatrice. Quelque chose dans la cuisine lui permet de nous surveiller comme s'il était dans la même pièce que nous. Quelque chose nous relie à lui.
POF !
Bill venait de transplaner dans le hall.
–– Dumbledore est prévenu. On suit la procédure établie !
–– Très bien. Dans cinq minutes, je veux tout le monde ici !
Après les cinq minutes, tout le monde s'était rassemblé dans la pièce exiguë. Les affaires de Harry, Hermione, Ginny et Ron étaient entassées dans un coin. Harry et Ron avaient retrouvé leur état normal, avec peut–être un léger mal de tête.
–– OK. Je passe devant vérifier que personne ne nous attend dehors. Remus et Miriam viennent avec moi. Arthur, Molly, vous restez avec les jeunes. Bill et Tonks, vous fermez la marche. Cinquante mètres maximum entre nous !
Arthur et Bill lancèrent des sorts de réduction et d'allègement aux bagages et les mirent dans leurs poches. Maugrey et les deux autres sortirent sur le square Grimmaurd. Après quelques minutes, il y eut un signal qui provenait de la veste de Mr Weasley.
–– C'est bon, on y va, dit–il
Ils sortirent en vitesse du numéro 12 et la maison disparut juste après que le dernier ait posé le pied sur le trottoir. Ils marchèrent un bon moment en silence dans les rues de plus en plus peuplées. Maugrey n'avait pas eu le temps de se camoufler correctement ; il avait juste mis son horrible chapeau melon sur la tête et son allure effrayait les passants. Les autres ne semblaient pas tellement plus discrets mais peu leur importait, ils devaient se dépêcher. Seule Tonks avait presque l'air normal. Elle avait pris l'apparence d'un jeune homme très costaud qu'il valait mieux ne pas ennuyer. De cette manière, les moldus s'intéressaient plus au groupe de tête ou de queue, et moins à celui de Harry.
–– Qu'est–ce qu'ils fichent, nom d'un graphorn, marmonna Bill.
–– Ils ne devraient pas tarder. Ah ! Les voilà.
Harry aperçut une des grandes voitures du ministère remonter la rue à toute allure et s'arrêter près d'eux. Il avait eu l'occasion de monter dans l'une d'elle voilà trois ans, quand on pensait que Sirius Black était un assassin décidé à le tuer. Une portière s'ouvrit et Harry, Hermione et les Weasley entrèrent rapidement dedans. Comme d'habitude, l'espace à l'intérieur permettait d'y mettre beaucoup plus de personne que ne le supposait le volume du véhicule.
–– Bonjour Arthur, dit le chauffeur qui redémarra aussi vite. Où dois–je vous déposer ?
–– Au Chaudron Baveur, Alcibiade.
–– C'est parti ! A propos, il faudrait vérifier les activités d'Anselme Cunningham. Je trouve son comportement très étrange depuis quelques temps. Je me fais peut–être des idées sur son compte mais je préfère vous avertir.
–– On s'occupera de lui.
Plus personne ne parla durant le trajet jusqu'au Chaudron Baveur. Une fois le véhicule arrivé, tout le monde sortit de la voiture, Alcibiade salua le petit groupe et repartit aussi vite. A l'air interrogateur des quatre adolescents, Mr Weasley se pencha et parla d'une voix très basse :
–– Il fait lui aussi parti de l'Ordre, comme espion au ministère. Il ne sait absolument rien sur la position du QG ou sur nos missions. Mais il peut se retrouver à n'importe quel endroit plus vite que n'importe qui. On peut lui faire confiance.
Tous ceux qui n'étaient pas monté en voiture étaient déjà là. Ils avaient probablement transplané jusqu'au Chaudron Baveur et les attendaient. Tous entrèrent dans le pub miteux et Mr Weasley salua le gérant. D'après l'échange des regards entre les deux hommes, Tom devait également faire parti des espions de l'ordre. Ce Tom avait d'ailleurs très bien accueilli Harry lorsque celui–ci s'était échappé de la maison des Dursley après avoir ensorcelé sa tante Marge. Il était fort sympathique mais pouvait aussi se montrer très dur, en particulier avec des clients récalcitrants refusant de régler leur note, ou se comportant comme des idiots sous l'effet de l'alcool. Avoir un espion de l'Ordre à cette place était vraiment stratégique. Au moins, l'Ordre du Phénix se tenait au courant des entrées et sortit vers le Chemin de Traverse.
Le petit groupe se dirigea dans l'arrière cour à proximité des poubelles. Puis, donnant un coup de baguette sur une des briques du mur, Maugrey ouvrit le passage vers le monde des sorciers. Kingsley et lui passèrent devant, histoire de vérifier qu'aucune mauvaise surprise ne les y attendait. Puis le reste de la troupe suivit.
Harry était heureux de retrouver le Chemin de Traverse, endroit tellement incroyable. C'était ici qu'il avait vraiment pris contact pour la première fois avec la magie. C'était ici qu'il avait passé une partie de son été avant d'entrer en troisième année. Il connaissait très bien le glacier, Florian Fortarôme, l'échoppe de balais, le magasin de prêt–à–porter de Madame Guipure. Mais le groupe ne s'attarda pas devant les vitrines. Et d'ailleurs, l'ambiance de la rue n'était pas tout à fait habituelle. D'ordinaire remplie d'une foule importante, la rue était généralement très vivement animée par des marchands ambulants, des colporteurs divers ou d'artistes en tout genre. Mais cette fois, la foule se montrait nettement moins dense. Harry remarqua quelques agents de sécurité en robe bleue postés ça et là dans la rue. Apparemment, la population se révélait beaucoup plus craintive maintenant que le seigneur de la terreur était revenu.
Harry se demanda où ils allaient quand ils passèrent devant Gringotts qui avait l'air beaucoup plus sinistre qu'auparavant. Il frissonna en passant devant la vieille échoppe d'Ollivander, le fabricant de baguettes. Ce personnage lui avait toujours donné des frissons dans le dos et dans le climat morose qui régnait à présent sur le Chemin de Traverse, sa vieille boutique paraissait encore plus glauque que la première fois où il y avait mis les pieds. Ils passèrent devant l'Allée des Embrumes où quelques agents de sécurité surveillaient les faits et gestes des passants douteux. Enfin, il s'arrêtèrent devant le numéro 93, un commerce somptueux, très colorés d'où l'on entendait de drôles de bruits rigolos et quelques bruits d'explosion et qui contrastaient très fort avec l'atmosphère générale de la rue. Sur la pancarte, un personnage se faisait engloutir par une tarte à la crème et au–dessus s'étendaient les mots : Chez Weasley, farces pour sorciers facétieux.
–– Entrez là. Remus et moi on va prendre quelques nouvelles sur le Chemin de Traverse.
Ils entrèrent dans le magasin. Au comptoir, George et Fred étaient occupé avec un client. Fred les vit entrer et alla les saluer en faisant mine d'accueillir de nouveaux clients.
–– Ah ! Entrez donc braves gens ! Venez découvrir nos nouveautés, vous serez ravi, vous pouvez me croire. Ah, Madame, je vois que vous vous intéressez à nos fameuses boites à flemmes ! Promotion spéciale pour la rentrée scolaire.
Mrs Strout regardait avec un certain reproche ces dragées qui rendaient malade. En tant que guérisseuse, elle appréciait assez moyennement ce genre de choses.
–– Fred, mon chéri. Arrêtes un peu de faire le pitre. Nous venons vous rendre une petite visite de courtoisie…
–– Attention madame ! Il y a une paire de lunettes coquines qui s'est agrippée à vos chaussures. Oh, elles remontent le long de votre jambe !
–– Aaaahhh !! Enlève–moi ce machin, tout de suite Fred !
Tout le monde éclata de rire en voyant Molly sauter sur place et en regardant la paire de lunette s'enfouir sur ses petites branches.
–– Qu'est–ce que c'est que ce truc, demanda Ron.
–– Les lunettes coquines… Fred baissa la voix et s'approcha des quatre adolescents. Elles permettent de voir sous les vêtements…
–– Vrai ? J'en veux une !
Hermione le fusilla du regard. Harry et Ginny pouffèrent de rire mais quand ils se croisèrent des yeux, Ginny détourna le regard. Harry ne lui avait toujours pas parlé. Son sourire s'effaça presque instantanément.
–– C'est 5 gallions. Je sais, c'est un peu cher mais c'est un objet très difficile à concevoir.
–– Heu… tu pourrais pas me faire crédit ? Pour ton petit frère préféré…
–– Tu ne vois pas que c'est une arnaque, Ron, coupa sèchement Hermione.
–– Comment ça ?
–– Je ne sais pas si ces lunettes permettent de voir sous les vêtements, mais il faudrait déjà pouvoir les attraper… et à mon avis, c'est impossible. Tu as vu la vitesse à laquelle elles ont pris la fuite ?
Ron se retourna sur Fred et chercha à lire dans ses pensées. Fred, fit mine de rien, regardant au plafond et sifflotant quelque chose qui ressemblait à « Weasley est notre roi ». Tout le monde se remit à rire, même Molly qui continuait pourtant à scruter la pièce au cas où un autre objet insolite devait se jeter sur elle.
–– Comment peux–tu essayer de m'arnaquer de la sorte, moi, ton propre frère !
–– Ben… c'est parce que tu es notre frère, justement !
Un grand « pof » retentit et tout le monde se retourna sur le client qui avait à présent un choux–fleur à la place de la tête. A nouveau, des éclats de rires retentirent et ce client, visiblement satisfait de la réaction de l'assemblée, commanda une boite complète de Végétagommes, après qu'il ait toutefois récupéré une tête normale. A part peut–être ses oreilles, mais Harry se demandait si elles n'avaient pas toujours été comme cela.
–– Je crois que ceci devrait vous plaire, continua Fred. Une idée qui nous est venu en quittant notre ancien établissement scolaire où nous avons accompli de brillantes études.
Mrs Weasley lui lança un regard noir. Cependant, elle ne pouvait rien lui dire car George et lui avaient visiblement très bien réussi. Fred leur présenta une toute petite grenouille très mignonne qui portait un petit nœud noir sur la tête.
–– Noooon, dit alors Ginny avec un sourire. Ne me dis pas que…
–– Si ! Je vous présente la « rainette ombrageuse ». Elle a l'air mignonne et innocente, comme ça, mais je vous déconseille de la caresser ou de vous montrer gentil avec elle.
Il la posa dans un bocal. Et lui fit quelques chatouilles. La grenouille eut soudain un regard de bête enragée et tenta d'attraper les doigts de Fred pour lui écrire « je ne dois pas mentir » avec une toute petite plume qu'elle avait sorti de sa gueule.
–– Evidemment, ici ça chatouille, tandis que les mots marqués en rouge changeaient de couleurs et se promenait sur la main en devenant des « vive la pagaille », « le mensonge est salutaire », « sus à l'excès d'autorité » et d'autres phrases de ce genre.
–– Ça me rappelle quelqu'un, marmonna Harry.
–– Et attention, quand on dit une phrase spéciale, cette grenouille devient un petit monstre !
–– Montre–nous ça !
–– La phrase c'est (et il parla à voix très basse pour éviter que la petite grenouille ne l'entende) : Attention ! Voilà Peeves !
Les quatre autres recommencèrent à rire bruyamment.
–– Dans ce cas–là, la grenouille se met à courir en rond, elle devient blanche de trouille, puis elle se met à gonfler, prend l'horrible tête d'Ombrage et fini par éclater en éclaboussant tout ce qui est situé dans les 10 mètres à la ronde de bave de crapaud. Autant vous dire que cette bave est d'une composition spéciale et secrète. Elle est évidemment tout ce qui a de plus dégoûtante : gluante, collante, puante et elle ne s'enlève pas avec le récurvite !!!
–– C'est la plante de Neville qui nous a donné l'idée, reprit George qui raccompagnait son jeune client jusqu'à la porte d'entrée.
Dès que celui–ci eut quitté le magasin avec son paquet, Fred et George changèrent de visage. Ils avaient pris un air plus sérieux qui ne leur correspondait pas vraiment. George retourna la pancarte affichant que le magasin était fermé et verrouilla la porte avec un système plus performant qu'un simple Collaporta.
–– Nous avons été avertis par Dumbledore. Tout est prêt. Vous pouvez nous suivre dans l'arrière boutique.
Tous se dirigèrent à l'arrière du magasin où étaient entreposés des stocks de produits étranges. Ron regarda les sacs et les flacons d'un drôle d'air. La dernière fois qu'il s'était approché de ce genre de produits, ils lui avaient explosé à la figure lui donnant des cicatrices sur tout le corps. Ils passèrent alors dans un petit local annexe leur servant de débarras et où était entreposé le matériel de nettoyage. Fred sortit un morceau de parchemin de l'une de ses poches et la donna à son père.
–– J'imagine que vous savez ce que c'est !
Tous firent un signe d'approbation. L'un après l'autre, ils se passèrent en silence le papier et le lurent mentalement. Quand Harry le reçut, il put découvrir que le papier était écrit de la main de Dumbledore.
Le nouveau quartier général de l'Ordre du Phénix est installé dans la cave du 93, Chemin de Traverse.
Dès qu'il eut bien mémorisé cette phrase, une trappe apparue sous ses pieds. Tonks qui lut le mot en dernier brûla le parchemin d'un coup de baguette et failli se brûler les doigts. Harry se déplaça pour laisser Fred ouvrir la trappe. Un escalier assez sombre descendait dans le noir et il alluma sa baguette avec un « Lumos ».
La petite troupe suivit Fred lentement en allumant chacun leur baguette. La cave était assez grande. Elle formait un rectangle perforé par de nombreuses portes en bois vermoulu. Une seconde trappe gisait dans un coin, à côté des escaliers. Fred alla allumer une torche qui éclaira la pièce dépourvue de fenêtres.
–– Ce n'est pas très luxueux, mais on n'a pas eut le temps d'aménager grand chose. Là, il y a une petite cuisine. Ici ce sont des chambres. Désolé mais pour l'intimité des couples, il faudra oublier, y a pas assez de place pour que chacun ait sa chambre et il vous faudra partager les même lits. Derrière cette porte, ce sont les toilettes et les douches. Même chose, c'est rudimentaire et je demanderai aux demoiselles de ne pas traîner dans la salle de bain, n'est–ce pas Ginny ? Là, il y a un petit local de détente mais il est vraiment minuscule.
Badaboum ! Tout le monde se retourna pour constater que Tonks était étalée par terre, se relevant péniblement.
–– Ce qui a de drôle avec toi, Tonks, c'est qu'on est même pas obligé de piéger nos escaliers pour que tu tombes
–– Oui, ça va, je suis désolée. J'ai raté une marche.
Mrs Weasley leva les yeux au plafond tandis que Bill l'aidait à se relever. Tout les autres étaient hilares malgré la morosité du décor.
–– Sous la trappe, c'est la salle de réunion. Et elle est protégée contre les oreilles à rallonges !
–– Je crois que nous allons nous installer tout de suite, dit alors Mr Weasley.
–– Je vais aller faire quelques courses sur le Chemin de Traverse. On verra ce que je peux vous trouver pour manger, continua Mrs Weasley.
–– Nous on repart s'occuper du magasin. Cette petite porte dissimulée vous permet de sortir par derrière. Elle donne sur une petite cour où sont entreposées des poubelles et qui s'ouvre sur l'Allée des Embrumes. C'est en cas de besoin…
–– Allez dans la pièce de détente, les enfants. Je ne veux pas que vous traîniez dans nos pieds pendant que nous dressons les lits.
Bill et Tonks repartirent tous les deux, l'un à Gringotts, l'autre au ministère. Il ne fallait pas que leur absence se prolonge de trop. Harry, Hermione, Ron et Ginny allèrent dans cette petite pièce sombre, remplie de fauteuils miteux et sentant le moisi. Ils ne voyaient pas vraiment en quoi elle inspirait la détente.
–– Quelle histoire de fou ! ronchonna Ron. On ne sera donc jamais tranquille ? On a même plus le Terrier, on ne peut plus aller au QG ! On est obligé de vivre caché comme des rats.
–– Mais vous êtes tous en bonne santé et ça c'est le principal, Mr Weasley.
–– Professeur Dumbledore !!!
Dumbledore entrait dans la pièce. Une fois encore, personne ne l'avait entendu arriver. Il adressa un sourire joyeux à tout le monde et semblait s'émerveiller de la petite pièce pourtant lugubre.
–– Ah ! Je crois que nous serons très bien ici.
–– Mais professeur… cet endroit est… sordide, s'offusqua Ron qui reçut un coup dans les côtes de la part de Hermione.
–– Cet endroit est parfait pour le moment, jeune homme. Bien sûr, tout cela est provisoire. Nous avions envisagé la possibilité que notre QG soit découvert d'une manière ou d'une autre. C'est pourquoi un emplacement différent a été prévu de longue date mais pour qu'il soit complètement sécurisé, cela demande énormément de temps. Alors en attendant, les caves de vos frères serviront à l'Ordre.
–– Mais nous sommes à la vue de tout le monde ! Les gens vont s'étonner de nous voir rentrer dans un magasin sans nous voir ressortir.
–– Au plus les choses sont flagrantes, au moins les gens les voient, Miss Granger. Vous devriez le savoir. Et puis, c'est normal que la famille Weasley, Harry et vous–même veniez chez Fred et George puisque votre propre demeure a été détruite. Les autres membres savent se faire discret : ils peuvent toujours transplaner directement ici.
–– A ce propos, demanda Harry. Comment ce fait–il que la destruction du Terrier ne soit pas parvenu dans la gazette du sorcier. Je l'ai reçue tout l'été mais il n'y avait aucune mention y faisant allusion.
–– Dans un premier temps, je ne voulais pas que Lord Voldemort sache que vous vous en étiez sorti vivant. Mais après ce qui s'est passé aujourd'hui, il est désormais au courant. Dès lors, l'information sera révélée dans la presse. Les sorciers ont besoin de savoir que la guerre a commencé. Je suis désolé de devoir vous utiliser de la sorte Ronald Weasley mais il est nécessaire que demain votre histoire soit étalée dans les journaux.
–– Mais comment sait–il tout ça ? Comment a–t–il fait pour découvrir le QG ?
–– Kreattur, Harry. Je croyais que tu l'avais déjà compris.
–– C'est lui qui nous a dénoncé ?
–– Mais non, Ron, résonnèrent en cœur les voix des deux filles un peu agacées. Kreattur ne pouvait pas révéler où était le QG puisqu'il ne faisait pas parti du secret. Combien de fois faudra–t–il te le répéter ?
Dumbledore s'assis dans un des derniers fauteuils libres de la pièce. Il devint à nouveau grave.
–– Lord Voldemort est très intelligent et ne manque pas d'atouts. Il connaît beaucoup de choses en matière de magie noire. Et l'erreur qu'il a commise en essayant de te tuer, Harry, il l'a bien comprise.
–– Je ne comprends pas vraiment, professeur. Il aurait tué Kreattur et l'a envoyé au QG pour nous découvrir ?
–– En quelque sorte, Harry. Il a utilisé un stratagème basé sur l'ancienne magie. Tu le sais, Harry, la mort et la vie sont des notions qui vont au–delà de toute magie. Faire appel à la mort peut donner une puissance magique extraordinaire. C'est en cela que la magie noire est dangereuse. La mort par sacrifice procure une magie réellement puissante. Voldemort l'a appris à ses dépends, Harry, je ne t'apprends rien.
Les autres écoutaient avec attention. Jamais Dumbledore ni même Harry ne leur avait parlé de la mort de ses parents et surtout de la protection magique que lui avait léguée sa mère en mourant pour lui.
–– Voldemort n'a pas tué Kreattur. C'est l'elfe lui–même qui s'est tranché la gorge, sur la demande spécifique de Bellatrix Lestrange, sa nouvelle maîtresse. Elle a du lui promettre qu'elle empaillerait sa tête comme ses illustres ancêtres. Avant de mourir, Kreattur a transplané dans la salle de réunion de l'Ordre du Phénix. Son sacrifice a permis alors à Lord Voldemort de créer un lien permanent avec cette pièce et tous nos secrets auraient été percés. C'est une technique judicieuse et suffisamment performante pour percer les protections de la Maison des Black. Evidemment, le tout s'est déroulé en pleine nuit, au moment où personne ne devait se trouver dans la pièce. Le corps de l'elfe devait se désintégrer relativement vite effaçant toute trace d'espionnage. Je dois reconnaître qu'il est tout de même surprenant, quelque fois, le petit Tom.
Tous restèrent sans voix.
–– C'est pour cela que j'avais mal à la cicatrice quand je suis entré dans la cuisine. C'était comme si Voldemort était à côté de moi.
–– C'est exact, Harry.
–– Et moi, je me suis senti comme projeté à côté de lui, continua Ron bouleversé. C'était horrible !
–– Vous nous avez sortis d'une terrible menace, Mr Weasley. Vos talents de clairvoyance ont interféré avec le sort noir du seigneur de ténèbres. Grâce à vous nous avons pu tout de suite empêcher la divulgation de nos plans. Et surtout, l'identité de nos membres. Tous ceux qui étaient dans la cuisine ce matin sont maintenant connus comme faisant parti de l'ordre et sont potentiellement menacés.
–– Bill, Tonks, Mrs Strout, Maugrey, Kingsley, Elphias, Lupin, et mes parents… Mon dieu, ils sont en danger !
–– La plupart étaient déjà connus de Voldemort puisqu'ils étaient présents au Département des Mystères. Vos parents et votre frère, il pouvait facilement s'en douter et d'ailleurs, il ne s'est pas privé pour tenter de vous éliminer au Terrier, Ronald. Le plus gênant est pour Mrs Strout. Nos liens avec Ste Mangouste risquent d'être beaucoup plus surveillés et de devenir moins sûrs. Mais Voldemort ne se risquera pas de s'attaquer à tout le monde inutilement. Il a déjà perdu assez de ses Mangemorts.
–– En fait, si Ron n'était pas entré dans cette pièce, personne ne se serait douté que nous étions sous écoute, réfléchit à haute voix Hermione.
–– Et d'autres membres auraient été découverts, continua Ginny… Comme Rogue !
–– Le professeur Rogue vous en est gré. Etant donné sa situation, c'est sa vie qui aurait été menacée. Bien. Il me faut déjà repartir. La réunion qui avait été initialement prévue au QG est annulée. Je dois avertir tout le monde. En ce qui vous concerne, vous pouvez faire vos emplettes sur le Chemin de Traverse, la rue est assez bien sécurisée. Nous nous reverrons à l'école. Bonne rentrée à tous.
–– Professeur Dumbledore ! Attendez… Trop tard !
Dumbledore avait déjà disparu. Harry aurait voulu lui demander pourquoi il avait été si mal lorsqu'il était entré dans cette cuisine. Ce lien magique créé par Kreattur n'expliquait pas tout. Il aurait du ne ressentir qu'une intense douleur au niveau de la cicatrice, comme ce qu'il avait vécu une heure plus tôt. Mais là, il avait cru que la mort l'avait aspiré de l'intérieur. Ce n'était pas normal. Et il aurait voulu aussi savoir si Voldemort était capable de s'en prendre à Ginny.
–– Qu'est–ce que tu voulais savoir, Harry, demanda Hermione.
–– J'avais encore une question… heu… plus personnelle…
–– Oui, moi aussi je voulais savoir ce qui va arriver à Victoria. On ne sait toujours rien à son sujet.
Décidément, Ron n'arrivait plus vraiment à lire dans les pensées de Harry et il avait l'art de mettre ses pieds dans le plat. Ginny n'avait pas l'air de se rendre compte que les facultés de Ron n'étaient plus aussi lucides, que du contraire ! Considérant qu'il avait lu les intentions précises de Harry, elle se redressa comme si elle avait ressenti un choc électrique et sortit de la pièce sans un mot, en bousculant sur son passage les deux garçons. Ron fut surpris de sa réaction et Hermione le regarda avec agacement.
–– Ron, tu es un imbécile !
