Nouveau chapitre..

La Fourberie du Diable.


Dimanche matin.

Deucalion était allé chercher Kate et les enfants chez Gérard. Ils n'avaient pas parlé dans la voiture à cause des enfants. Kate ignorait la vraie version de l'histoire. Elle pensait juste que son mari était rentré saoule et qu'il avait chuté. Ce qui l'énervait, c'était de savoir qu'il avait revu le monteur de meubles. Elle était désormais persuadée qu'il la trompait avec ce jeune homme.

Elle envoya sa fille jouer dans sa chambre et garda son fils, le grand, à la cuisine avec elle. Darren, âgé de huit ans, aimait beaucoup sa mère et était très proche d'elle. Elle savait qu'il lui dirait la vérité.

- Darren? Dis-moi, papa il a déjà parlé d'un homme?

- Nan.

- D'accord. Hier aux commissions ça s'est bien passé?

- Il nous acheté un livre à Kimy et moi.

- Il a rencontré quelqu'un?

- Oui. Le shérif. C'était bizarre. Le shérif il a regardé papa bizarrement.

- Et personne d'autre?

- Si. On a vu des gens. Deux hommes avec un petit garçon comme Dorian et le shérif est revenu avec les deux hommes et il voulait parler à papa. Papa il nous a envoyé vers les livres, Kimy et moi et quand on est revenus, j'ai entendu que papa était invité chez le shérif.

- Il ne s'est rien passé d'autres?

- Non.

- Tu n'as pas vu papa faire un bisou à un des hommes avec le petit garçon?

- Non. Pourquoi papa ferait ça?

- Ton père fait des choses un peu…étranges ces derniers temps.

- Il embrasse un homme? Demanda le jeune garçon avec une mine horrifiée.

- Je n'en suis pas sûre. Disons qu'il le fait certainement.

- Et ça t'embête?

- Oui! Ton papa et moi on est mariés. Il n'est censé embrasser que moi. Tu sais, si papa et maman se séparent, papa va vouloir t'emmener loin de moi. Parce qu'il a de l'argent, beaucoup d'argent et maman beaucoup moins.

- Je ne veux pas être emmené loin de toi maman! Pleurnicha le garçon.

- Alors, si tu ne veux pas, et moi non plus je ne veux pas, il va falloir qu'on se serre les coudes. Je vais inviter un monsieur à venir ici cette semaine et il va parler avec toi et avec moi. Kimy et Dorian sont trop petits pour ça, mais toi tu es grand. Il faudra que tu dises que tu as vu papa embrasser un homme.

Darren cligna des yeux et se mit à réfléchir.

- Mais c'est mentir? Demanda-t-il inquiet.

- Pas vraiment! Maman sait que papa embrasse un homme, mais si je le dis, on ne va pas me croire. On va juste penser que je suis jalouse, tu comprends?

Darren hocha la tête.

- Je dirai ça aussi alors. Je veux pas être emmené.

- Tu ne le seras pas, si tu dis exactement ce qu'il faut. Ce que maman sait être la vérité.

Darren serra fort sa maman. Kate caressa les cheveux foncés de son fils et sourit. Darren était un enfant collé à elle, il allait faire ce qu'il fallait pour ne pas devoir quitter sa maman.


Deucalion et Talia étaient revenus au manoir. Talia n'avait pas cherché à savoir si son mari avait dit la vérité ou pas. Elle le croyait tout simplement. Elle se faisait par contre du souci pour son fils et tenta toute la journée d'appeler sa fille Laura. Son ainée habitait en Afrique du sud. Ce fut en début de nuit que le téléphone sonna et Talia entendit enfin la voix qu'elle voulait entendre. Elle parla longtemps de ses inquiétudes. Laura et Derek s'entendaient à merveille malgré leurs caractères très différents. Ils parlaient beaucoup ensemble. Moins cette dernière année, parce que les deux avaient moins de temps et Laura faisait de plus en plus d'humanitaire dans les régions très pauvres d'Afrique. L'ainée promit d'appeler très vite son frère et de clarifier cette situation et elle donna un conseil à sa mère: celui de parler à Peter. La mère raccrocha en soupirant et se décida à déranger son frère au milieu de la nuit. De toute façon, Peter ne dormait sûrement pas. Son cadet répondit à la deuxième tonalité (ce qui prouvait qu'il ne dormait pas).

- Talia? Il se passe quelque chose? Demanda Peter en chuchotant.

- Pourquoi tu parles si doucement?

- Je ne suis pas seul. Quelqu'un dort à mes côtés. Attends deux minutes.

Talia attendit. Elle entendait des bruits légers dans le combiné et la voix de Peter finit par se faire entendre à volume normal.

- Alors, il se passe quelque chose?

Talia lui raconta ce qu'il s'était passé avec Derek.

- Ton fils, boire trop? Je doute que ce soit son genre.

- Je ne le pense pas non plus, mais ça fait un moment que je ne le trouve pas très bien, alors… je n'écarte pas cette éventualité. Et j'ai confiance en Deucalion.

- Je ne mets pas en doute la parole de ton mari. Pas du tout, mais Derek qui boit…ça me paraît quand même insensé. Il y a peut-être quelque chose derrière tout ça. Tu lui as parlé?

- à qui?

- Ton fils!

- Oui. Enfin je lui ai parlé de l'alcool et que s'il avait besoin de parler, on était là pour lui.

- Il a dit quelque chose?

- Non. Il s'est contenté du silence. Tu ne sais rien toi par hasard?

Peter hésita…bien sûr qu'il savait, mais ce n'était pas à lui de le dire à sa sœur. Il soupira un coup et finit par dire:

- Il m'a parlé. C'est tout ce que je peux te dire. Il faut que tu lui parle toi. Bon, de toute façon, je suppose que tu sais que Kate et lui ce n'est pas la joie?

- Oui, je le sais et depuis longtemps. Depuis qu'on a décidé de les marier.

- Voilà, je ne t'en dirai pas plus parce que ce n'est pas à moi de le faire. Comme je ne suis pas seul, je vais te laisser. On se rappelle si tu as besoin.

- Merci Peter.

Talia raccrocha et soupira en reposant le combiné. Elle sursauta quand elle se tourna et vit Deucalion dans le couloir.

- Oh, tu étais là? Désolée, je passais un coup de fil, s'excusa Talia à voix basse.

- Tu sais Talia, notre fils n'est pas alcoolique. Je pense juste qu'il a abusé chez ses amis. Je crois qu'on a tous exagéré cette histoire. Il a dérapé dans sa salle de bain, ce n'est pas dramatique.

- Il aurait pu être mort si tu n'étais pas arrivé chez lui.

- Mais je suis arrivé. Viens te coucher maintenant et déstresse.

Talia suivit son mari. Elle était fatiguée et s'endormit vite.

Deucalion ne put dormir. Était-ce le stress? La peur que son fils parle? Ou la culpabilité? Il avait quand même mis son propre fils à terre…son fils qui lui avait avoué aimer les hommes…. Un Hale. Un grand nom du pétrole. Quelqu'un d'important, de droit qui se révélait ne pas l'être tant que ça. La nuit porte conseil, qu'on dit…


Kate prit la décision de ne plus dormir avec son mari. Elle trouva un lit de camp pour s'installer dans la chambre de princesse de Kimy. Si son mari aimait les hommes comme il le disait, alors elle n'avait plus rien à faire dans le même lit que lui et encore moins puisqu'il la trompait.

Dès lundi matin, Kate n'hésita pas à appeler un avocat pour demander le divorce. Elle espérait gagner beaucoup d'argent, mettre à genoux son futur-ex-mari, gardant les enfants et l'appartement et elle était sûre d'y arriver avec sa version et celle de son fils.


Mardi était arrivé et Kate croisa son mari dans la salle de bain. Il avait revêtu un costume gris et avait passé une cravate noire sur une chemise noire.

- Tu ne boiras pas trop? Lança sarcastiquement Kate.

- Je ne bois pas, tu le sais très bien.

- Ton père va au diner de charité aussi?

- Non. Tu es de la police ou quoi? La question le fit sourire en pensant à Stiles, qui lui, était vraiment de la police. Derek soupira et sortit de la salle de bain en passant à côté de sa femme sans la frôler.

- Derek?

L'homme s'arrêta et scruta sa femme qui finit par secouer la tête et dire:

- Laisse tomber.

Derek fronça les sourcils et partit après avoir embrassé ses trois enfants assis devant la télé et avoir prit son portable. Il descendit les étages à pieds et s'engouffra dans sa Camaro qui fila comme le vent. Il s'arrêta devant l'immeuble de chez Stiles après avoir fait un crochet pour acheter des sushis. Il prit l'ascenseur pour monter et inspira devant la porte. Il était fébrile et en même temps inquiet. Allaient-ils pourvoir rester dans les limites du strictement amical? Il le fallait. Ce n'est pas parce qu'il avait décidé de ne pas ménager Kate qu'il fallait la tromper pour autant. Même si elle était déjà persuadée qu'il le faisait.

Il sonna et attendit. Il entendit des bruits de pas précipités, un bruit sourd suivi d'un petit cri étouffé et la porte s'ouvrit sur un Stiles haletant, avec les cheveux en bataille et un énorme sourire chaleureux qui lui illuminait le visage.

- Salut Derek. Entre. Je suis pas vraiment prêt mais ne te gêne pas et fais comme chez toi.

Derek entra et buga dans l'entrée. Stiles avait une serviette bleue autour de la taille et quelques gouttes d'eau sur le torse. Torse qui en passant était légèrement musclé et drôlement aguichant. Derek descendit ses yeux plus bas et tomba sur le nombril et une ligne de poils sombres qui disparaissaient sous la serviette éponge. Il déglutit bruyamment et Stiles se racla la gorge. Pour sûr, ils n'allaient pas survivre à cette soirée.

- Tu veux que je te laisse et que je revienne dans dix minutes? Proposa Derek sans quitter la ligne de poils des yeux.

- Ce ne sera pas nécessaire. Je vais aller m'habiller.

Et Stiles disparut d'un coup. Derek fronça les sourcils, s'ébroua un bon coup et fila s'asseoir au salon pour penser à autre chose que le corps fichtrement sexy et adorable de Stiles. Le plus jeune arriva au salon et Derek lui sourit. Il était beau, vraiment beau. Misère, combien de temps encore Derek allait devoir être à ce point frustré? Ne même pas pouvoir poser ses lèvres sur celles de Stiles, c'était une pure torture. Il ne demandait pas de le prendre directement, pas qu'il n'en ait pas envie, mais ça il pouvait calmer, mais l'envie de l'embrasser était vraiment très forte, de plus en plus à chaque fois qu'ils se voyaient. Samedi, il aurait bien cédé à la tentation quand ils étaient dans la chambre de Stiles. Derek vit que son ami lui parlait, mais n'entendait rien. Il se donna une claque mentale et redescendit de son nuage d'envie.

- Je… pardon… tu disais? Demanda Derek en secouant un peu la tête.

- Je demandais si tu voulais qu'on mange maintenant où si on se permet un petit apéro? Stiles fit un sourire qui fit battre le cœur de Derek bien trop vite et il s'appuya contre le cadre de la porte. Derek se mordit la lèvre et se leva, le souffle court et le regard fixe sur les lèvres de Stiles, il s'approcha de son ami qui instinctivement recula d'un pas avant de plonger son regard miel dans les beaux yeux verts. Derek était proche, beaucoup trop proche. Ça allait déraper et ils ne pourraient rien faire contre ça. La main de Derek effleura doucement l'épaule de Stiles qui frissonna au contact et plaça sa main sur l'épaule de son vis-à-vis… et Derek se pencha, leurs lèvres se touchèrent et Stiles laissa échapper un gémissement de bien être. La main du plus âgé dévia dans la nuque de son ami et son autre main vint se placer sur sa taille. Les mains de Stiles s'enroulèrent autour de la nuque de Derek et le plus jeune ouvrit la bouche en signe d'invitation. Derek ne se fit pas prier. Leurs langues se touchèrent, se caressèrent, se bataillèrent…

- Derek!

Une main s'agita devant les yeux de l'homme d'affaires qui cligna plusieurs fois. Il regarda l'homme qui l'appelait. Stiles! Stiles était juste devant lui, assis sur la table basse et le regardait inquiet.

- ça va? Demanda Stiles en penchant légèrement la tête su le côté.

- Ouais… je pensais à autre chose, désolé. Tu disais?

- Tu veux un apéro?

- Ouais, répondit Derek en se levant. Je… tu as des toilettes?

- Nan, pas chez moi! Essaye chez les voisins du dessous, plaisanta Stiles en se dirigeant dans le couloir suivi de Derek qui fronça les sourcils.

- Je rigole, c'est la porte juste ici, dit Stiles en ouvrant la porte à côté de lui. Derek le remercia et s'enferma dans la pièce. Il se passa un peu d'eau sur le visage. Si ses envies devenaient des fantasmes aussi réels, c'était vraiment mal parti pour ne pas dévier. Il avait promis à Stiles pourtant, il devait se reprendre tout de suite. Quand il ressortit de la salle de bain, Stiles l'attendait devant la porte et lui tendit un verre de vin blanc.

- C'est pas du grand standing, mais personnellement c'est un des meilleurs que j'ai goûté. N'hésite pas à me donner ton avis.

Derek porta le verre à ses lèvres. Il avait connu mieux, mais celui-ci était bon, fallait avouer. Les deux hommes repartirent au salon et s'assirent côte à côte sur le canapé.

- Je ne t'ai même pas demandé où est Dylan?

- Il est chez mon père. Il était ravi de le garder. Je ne pensais pas que les gens autour de moi seraient si enclins à m'aider avec Dylan.

- Pourquoi?

- Tu le sais sûrement autant que moi, un enfant ce n'est pas toujours facile. Et quand ce n'est pas le sien, parfois on a tendance à… ne pas avoir envie de s'en occuper et se forcer, mais Lydia, Scott, mon père et Mélissa ne se sont jamais forcés. Même parfois c'est eux-mêmes qui demandent à le garder.

- Il est adorable ton fils.

- Dorian aussi est adorable et ça m'a impressionné comme il est calme.

Derek baissa la tête et se tritura les mains.

- Dorian a quelques soucis de santé. Il n'est pas vraiment comme les autres enfants de son âge. Il est fragile, petit, tout fin et pas très énergique. Il dort beaucoup.

- Oh… je ne savais pas. Je suis désolé.

Derek releva la tête et regarda Stiles.

- Ce n'est rien. On a appris à s'adapter. Ça t'embête si on parle d'autre chose?

L'hyperactif secoua la tête.

- Kate est persuadée que je la trompe, lâcha Derek en reprenant son verre. Stiles ne sut pas bien s'il devait répondre ou pas. Derek reposa son verre et se tourna complètement vers son ami.

- Cette situation m'exaspère. Elle croit que je la trompe et je ne le fait pas. Dans le même temps, je ne peux rien faire avec toi. C'est un peu du grand n'importe quoi. Y a intérêt à ce que ça bouge vite cette histoire parce que je ne vais pas tenir.

- C'est frustrant je dois dire. Je me passerais bien aussi de tout ça, mais ça ira mieux dans quelques temps. On peut tenir encore un peu.

- Et après, le jour où je ne suis plus marié, on va faire quoi toi et moi? Y aller gentiment? Ou foncer? Je ne pense pas rester dans l'appartement, je vais le laisser à Kate.

- Et concernant les enfants?

- ça c'est aussi la grande question. Je ne sais pas comment on va s'arranger. Darren à l'âge de savoir avec qui il veut vivre. Kimy est peut-être aussi assez grande. Pour Dorian, ce sera plus compliqué.

- Il est beaucoup plus avec toi qu'avec ta femme non?

- Oui. Depuis sa naissance. C'est principalement parce que j'étais surtout à la maison et que je ne sortais pas. C'était pratique. Il y a aussi sa gardienne dans l'histoire. Il a besoin d'elle. J'ai besoin d'elle aussi.

- Il y a une chose de bien dans votre situation, c'est que vous avez le temps. C'est ce qui m'a manqué quand je me suis retrouvé seul avec Dylan. Par contre, j'ai eu mon père et les amis. Mais j'aurais aimé avoir le temps de me poser toutes ces questions.

- La mère de Dylan ne reviendra pas?

Stiles soupira et posa son verre vide sur la table.

- Je ne pense pas non.

Le silence qui suivit fut long et pesant et Stiles finit par le briser en se levant.

- J'ai faim, pas toi?

Derek acquiesça et les deux hommes déballèrent les sushis.

Après le repas, Stiles proposa d'allumer la télé et Derek fut d'accord. Il n'y avait de toute façon rien d'autre à faire. Il aurait pu y avoir autre chose à faire, mais tant pis. La situation actuelle ne le permettait pas. Ils regardèrent un film sur les cow-boys en prenant le temps de parler.

- Finalement Derek, tu vas leur parler à ta famille? Demanda Stiles en mangeant un morceau de chocolat.

Derek, plus absorbé par le chocolat que Stiles croquait doucement…que n'aurait-il pas donné pour être un morceau de chocolat… mit quelques instants à comprendre la question de Stiles.

- Mon oncle est au courant et…, Derek hésita à parler de son père, et mon père aussi. Mais il ne l'a pas vraiment prit très bien. Même pas du tout à vrai dire.

- Il a dit quoi exactement?

- Des choses. Je crois qu'il ne me croit pas du tout et il s'est un peu énervé en me disant que je m'inventais une vie. Il ne m'a pas laissé le loisir de vraiment lui expliquer. Mais je pense revenir à la charge dans quelques temps. Je vais aussi essayer de parler à ma mère et à ma sœur Laura si j'arrive à la joindre un jour. Elle est au Burkina Faso dans un camp humanitaire. Je pense que Laura ne va rien dire et comme je la connais, elle va me dire qu'elle s'en doutait ou même qu'elle le savait. Ma mère…ça devrait passer. Peut-être pas du premier coup, mais elle est assez ouverte, j'ai juste peur de la décevoir. Le problème c'est mon père et Kate, bien évidemment. Et la famille de Kate le jour où ils apprendront le divorce et que je suis homo. Je crois que je n'ai jamais autant parlé de ma vie que maintenant.

- Est-ce qu'on va continuer de se voir?

- Pourquoi on arrêterait? Demanda Derek qui ne put s'empêcher à nouveau de regarder le chocolat que Stiles mangeait toujours. Le jeune perçut son regard et lui tendit la friandise sucrée, mais Derek déclina.

- Je pensais que tu voulais du chocolat.

- Non… je ne suis pas un ami du sucre. Je regardais juste… laisse tomber c'est idiot, dit Derek en détournant la tête et en rougissant légèrement.

- Vas-y dis-moi, implora le jeune en cessant tout à coup de manger.

- Non, vraiment c'est trop stupide. Oublie-ça!

Sans prévenir, Stiles sauta sur Derek qui tomba couché sur le canapé. Oh misère, ce n'était pas bon ça. Stiles resta couché quelques instants sur Derek, surpris par son propre comportement et voulut se relever précipitamment, mais Derek ne fut pas de cet avis. Il plaqua une main sur le bas de reins de son ami et l'autre derrière sa nuque et ne lui laissa pas le temps de parler. Il écrasa doucement sa bouche contre la sienne. Purée c'était doux, purée c'était bon. Stiles rompit le baiser sans pour autant se reculer.

- On ne devrait pas faire ça. Tu es marié Derek.

Le plus vieux déglutit difficilement. Il réfléchit quelques instants.

- Marié oui…mais au stade où j'en suis, je m'en fiche. Je rêve de t'embrasser depuis que tu es arrivé chez moi pour monter des meubles. Maintenant que tu es dans mes bras, je ne te lâcherai pas.

Et Stiles posa ses lèvres sur les siennes à peine eut-il fini de parler. Derek ouvrit doucement la bouche et la langue de Stiles s'invita contre la sienne. C'était encore plus incroyable que ce que Derek avait imaginé. Aucun fantasme au monde ne vaut la réalité. Ils restèrent quelques heures couchés l'un sur l'autre à s'embrasser par moment et à se faire des confidences par d'autres moment. Ils avaient un peu l'impression d'avoir quinze ans, mais quelle importance? Derek finit par rentrer chez lui et Stiles resta seul dans le silence de son appartement. Il dormit sur le canapé du salon parce que l'odeur de Derek était encore sur le tissu.


Derek arriva chez lui et trouva son appartement plongé dans le silence. Il était déjà tard. Il alla voir ses enfants qui dormaient et vit Kate dans la chambre de Kimy. Il partit se coucher le cœur tout chantant. L'affreuse tension qui le bloquait depuis qu'il avait rencontré Stiles s'était atténuée avec leur baiser. Il savait qu'il en voudrait plus, il en voulait déjà plus, mais avoir pu l'embrasser c'était déjà fabuleux et il savait qu'il ne se lasserait pas de ces baisers, jamais.

Laura appela son frère le mercredi après-midi. Elle avait du temps devant elle et s'excusa de ne pas en avoir plus.

- Maman m'a téléphoné dimanche. Tu bois maintenant? Demanda Laura avec de la tristesse dans la voix.

- Non, Laura je ne bois pas. J'ai juste…dis frangine, si je te parle de quelque chose, tu me promets de ne pas me rejeter?

- Je t'écoute. Y a visiblement quelque chose qui ne va pas. Je le sens rien qu'à ta voix.

Derek s'assit au salon et raconta à sa sœur tout sur lui, Kate et Stiles. À la fin de son histoire, il entendit un rire léger.

- Je m'en doutais Derek. Je m'en suis toujours doutée, mais je croyais m'être trompée. J'ai préféré ne pas poser la question. Tu vas quitter ta femme?

- J'attends qu'elle fasse la demande. Ce que je sais qu'elle va bientôt faire.

- Il serait tant que tu sois heureux. Tu as le droit tu sais. Papa s'y fera, peut-être lentement, mais un jour ça viendra. En attendant…

- Je n'ai pas besoin de lui pour vivre, ni pour me trouver du travail. Sa fortune, je peux bien lui redonner et garder la mienne, ça suffira amplement. Je ne peux juste plus mentir. Je ne veux plus mentir. Il y a Stiles et j'ai envie d'être avec lui. Ce mec est incroyable, tu le trouverais adorable, j'en suis certain.

- Je n'en doute absolument pas. Vu tout ce que tu es prêt à faire pour lui, il doit être exceptionnel?

- Il l'est.

- On se reparle bientôt. Si jamais, n'hésite pas à me téléphoner toi, je finis toujours pas voir les appels. Tu fais des gros bisous à tes petits anges?

- Je ferai ça, promis. Merci Laura. Je vais essayer d'en parler à maman aussi.

Derek raccrocha. Si Laura s'en était doutée, alors peut être que sa mère et Cora aussi. Ce serait peut-être plus facile qu'il ne le pensait.


Kate rentra en début de soirée et donna un papier à Derek. Elle demandait le divorce. Il allait presque sauter de joie quand ses yeux tombèrent sur le motif de la demande de divorce: tromperie! Derek s'énerva et retrouva Kate à la cuisine.

- Tu te moques de moi avec ton papier là? demanda-t-il sévèrement.

- Quoi? Tu ne voulais pas divorcer?

- Ce n'est pas ça le problème. Tromperie? Je rêve là ou quoi?

- Ce que tu fais avec l'ancien monteur de meubles, désolée de te le dire, mais c'est me tromper.

- Je ne fais rien du tout avec le monteur de meubles. On se contente d'être des amis pour le moment et on ne se voit qu'en ami.

- Ce n'est pas ce que m'a dit Darren.

Derek dû presque se tenir à la table pour éviter de flancher. Darren? Que lui avait dit Darren? Qu'avait-elle fait à Darren?

- Il a dit quoi?

- Samedi, quand vous êtes allés aux commissions, tu as demandé à Darren et Kimy de partir un moment, mais il est resté derrière toi et il vous a vus. Il vous a vu vous embrasser, toi et le mec aux cheveux bruns.

- C'est faux, cria Derek, tu sais très bien que c'est faux.

- Il a huit ans, Derek. Pourquoi il mentirait?

- Je les ais envoyé vers les livres, parce que le shérif voulait me parler. Le shérif Stilinski est le père de Stiles.

- Darren n'a pas vu de shérif. Il a juste vu toi et ton ami accompagné d'un homme aux cheveux bruns et d'un petit garçon. Il n'a parlé de personne d'autre. C'est la version que Darren a raconté au juge ce matin.

Derek sentit le sol se dérober sous ses pieds et s'attendait presque à se retrouver subitement huit étages plus bas sans avoir pu se retenir. Il sentit la nausée monter fortement et la cuisine lui sembla s'assombrir. Son fils, son propre fils avait menti pour être contre lui. Son fils, son Darren… tout son monde s'écroulait. En qui pouvait-il encore avoir confiance si même ses enfants mentaient maintenant? Il eut une furieuse envie de pleurer et en même temps une furieuse envie de sauter en bas du balcon, mais se retint de faire l'un et l'autre, à la place il abandonne le papier de divorce et partit s'enfermer dans son bureau. Il avait besoin de parler à quelqu'un qui pour le moment, n'était pas contre lui. Il s'assit et respira profondément avant de composer le numéro de son oncle. Peter décrocha rapidement et s'inquiéta de voir que c'était son neveu qui l'appelait. Derek lui raconta difficilement toute l'histoire et Peter s'énerva contre Kate.

- C'est évident que c'est elle qui a dit à Darren de dire tout ça. Pourquoi, je ne sais pas. Moi je te crois Derek, je suis sûr que tu n'as rien du tout à te reprocher.

- Je n'ai rien à me reprocher. J'ai refusé de signer pour l'accord de demande de divorce et je ne vais pas me laisser faire. Je ne l'ai pas trompée et je ferai tout pour le prouver. Elle ne m'aura pas si facilement. Parce que si elle gagne, elle aura tout, mais surtout, elle aura les gamins et je refuse de les lui laisser entièrement sans me battre pour eux. Elle peut prendre ce qu'elle veut à coté, mais pas mes enfants.

- Je t'aiderai. Je vais appeler une amie à moi, une très grande avocate. Crois-moi elle va voir de quel bois se chauffe un Hale. Au fait, ta maman m'a appelé l'autre nuit.

- Oh! Je pense que je sais pourquoi. Elle a aussi appelé Laura.

- Tu devrais lui dire, ça ne va pas la tuer. Elle va peut-être être surprise au début, voire un peu choquée ou déçue, mais je connais ma sœur, ça ne va pas durer longtemps. Tu es son fils, elle t'aime au delà de tout. Elle peut s'avérer être un allié utile pour expliquer à ton père. Maintenant, parlons sérieusement. Il s'est passé quoi ce week end? Et je veux tout savoir, ne me cache rien, je le saurai.

Derek ravala bruyamment sa salive et soupira avant de commencer son histoire. Il dit tout à Peter, vraiment tout.

- Je suis absolument outré, choqué par le comportement de ton père. Crois-moi je vais lui en toucher deux mots. Je ne vais pas le dire plus loin, mais on va en parler lui et moi. Ça restera entre nous trois. Il s'est laissé emporter là. La prochaine il va faire quoi? Il va sortir l'arme à feu?

- La situation lui a sérieusement échappée, mais je ne veux pas porter plainte contre lui. Il ne m'a jamais frappé auparavant. Il ne pensait pas que j'allais tomber si fort. Je n'étais pas bien à cause de ce qu'il venait de dire, si je n'avais pas eu la tête qui tournait, j'aurais pu me retenir ou contrer. Il n'a pas vu que j'étais si faible.

- Il n'empêche que ce n'est pas une raison pour frapper son fils, ni pour l'insulter.

- Je te l'accorde. Tu me rappelles avant ce week-end?

- Je fais ça. Toi, va voir ta maman. Demain après-midi, ton père a un contrat en dehors de la ville, va lui parler. Prends Dorian avec toi, ça lui fera du bien à ce petit bonhomme. Je te laisse.

- Merci Peter.

- Tu es mon neveu, c'est normal et… pendant qu'on parle de ça. Tu n'es pas le seul à pencher du coté des hommes.

- Toi aussi? Demanda Derek en criant presque.

- Ne hurle pas comme ça! Je ne suis pas gay, j'aime les femmes, mais je suis ouvert à tout et j'avoue que j'ai déjà essayé et que j'aime bien ça. La prostate c'est un truc fabuleux trop peu exploité quand on est hétéro.

- ça aussi je te l'accorde.

Derek et son oncle raccrochèrent et Derek alluma son ordinateur. Il travailla un moment sur un contrat tout en surveillant l'heure. Stiles finissait à 19 heures et il voulait lui écrire. Il sourit pour lui-même en repensant aux paroles de son oncle. La réputation sulfureuse de Peter était donc bien fondée, même avec les hommes. Les gens parfois cachent de sacrés secrets. Si on savait tout sur tout le monde, ce serait quand même plus simple parfois. On ne se poserait pas la question et il n'y aurait pas de malentendus.


Kate était vraiment une femme sans cœur. Si c'est elle qui demandait à Darren de mentir, c'était purement affreux ce qu'elle faisait. Elle était aussi horrible que Deucalion et que son propre père à elle, parce qu'Argent père, n'était pas connu pour un être un gentillet, bien au contraire. Le diable avait engendré une diablesse à l'esprit vil qui se donnait tous les droits tant qu'on ne l'arrêtait pas, mais ça allait changer. Oh oui, ça allait changer.


Voilà, fin du chapitre 8. on se retrouve dans une semaine pour le chapitre 9...

Kiss

Merci à vous tous et merci à mes bêtas