Je suis désolée, mais vraiment désolée pour ce retard abominable ! A quoi bon donner une date si on ne peut pas la respecter hein ? Bref... j'étais "cassée" mais bon, piscine, tarte, thé et hop... :p

Voilà le chapitre 9. Disclaimer : Naruto ne m'appartient pas.

Réponse aux reviews :

Mademoiselle Pieds : Merci, merci. Si Tobi te manquait, tu vas être ravie (ou presque... enfin j'espère quoi.) :3

AnoS. : Oui je suis plutôt inspirée mais après les lignes ne viennent pas facilement. :( En tout cas grand merci pour ta belle et longue review. :3 Pauvre Kakuzu. C'est un brave type au fond (loin). Ah ! Zetsu... j'aime bien l'écrire. :) Et Itachi ! Il est à nos portes ! Mais vraiment... se consoler dans ses bras ? J'ai des doutes... lol

Mwa : Merci ! Moi j'adore les reviews. lol Reviens quand tu veux ! Surtout si c'est pour te répéter ! :3


Se réveiller.

Notre vie n'est pas forcément épique ou pleine de rebondissements à chaque détour. Nous décidons de l'importance des évènements. Et nous avons juste décidé de donner de l'importance aux évènements rares. Ils nous marquent, pimentent notre vie… Même quand ils nous nuisent. Quand notre vie est une routine dont nous ne voyons pas la fin, vaut-elle la peine d'être vécue ? D'être racontée ? Oui. Je pense que ma vie mérite d'être retranscrite. Si tout ne fut pas plaisant je l'ai tout de même aimée. Autrement, pourquoi l'avoir vécue jusqu'au bout ?

Si je n'avais pas été là, seraient-ils ce qu'ils sont ? Je n'ai pas la prétention de les avoir changés, mais j'ai tout de même dû apporter quelque chose. Ma vie n'était pas inutile… Même si elle n'a pas servi pour moi…

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Combien de temps ? Combien de temps suis-je restée prostrée sur le sol ? Je ne sais pas. Une heure. Deux peut-être. Je me suis endormie. Fatiguée de pleurer.

Une main sur mon épaule. J'ai ouvert les yeux. Masque orange. Cheveux noirs.

—Tobi…

Voix fragile, cassante.

—Hey Nakiri-chan. Qu'est-ce que tu fais par terre ? Quelque chose ne va pas ?

—Non, ce n'est rien.

De nouvelles larmes. Parce que ses paroles résonnaient encore. Parce que le contraste était si grand. Si fort que cela rendait tout si vrai, si vif. Parce que je ne comprenais pas pourquoi il était différent. Parce que je ne pensais pas mériter cette attention. Parce que je laissais sombrer mes illusions durement construites comme si elles n'étaient qu'un château de cartes. Parce que j'étais en colère contre moi-même. Submergée.

Soudainement mes mains dans les siennes. Devant mes yeux. Devant le sien.

—Ne pleure pas Nakiri-chan, ça va vite guérir. Il faudra juste éviter de faire n'importe quoi.

Un peu de sang. Bleus en formation. J'ai commencé à ressentir la douleur ici aussi. Rien comparé au reste. Un mince sourire. Répondre à celui que je ne voyais pas mais devinais.

Ma tête contre lui. Son cœur contre mon oreille. Un bras dans mon dos. Une main caressant mes cheveux. J'ai serré. Fort.

―Pourquoi ?

―Pourquoi quoi Nakiri-chan ?

Pourquoi moi ? Pourquoi ça ? Pourquoi eux ? Pourquoi était-il si gentil ? Pourquoi ce masque ? Pourquoi tuait-il ?

Je n'ai pas répondu. Juste besoin d'extérioriser.

A bout de bras. Je pouvais voir son œil. Noir.

―Ferme les yeux Nakiri-chan, Tobi sait comment arrêter les larmes !

L'idée du siècle. Excité. Je n'ai pas réfléchi. Je ne voulais pas. J'ai fait.

Un bruit. Quelque chose sur le sol. De l'air en mouvement devant mon visage. Ses mains sur mes joues. Le tissu de ses gants.

―Tobi ?

―Il ne faut pas être triste Nakiri-chan. Il faut être fort, comme Tobi. Tobi est un bon garçon.

Son souffle sur ma peau. Sur mes lèvres entrouvertes. Battements vifs. J'ai failli ouvrir les yeux. J'ai attendu. Hésitation. Un frisson. Un murmure. Au coin de mes lèvres, la caresse des siennes. Timide. Quelques secondes. Tendresse.

Il avait eu raison. Mes pleurs ont cessé.

Mouvement. Des mots bafouillés. Perte de contact. J'ai ouvert les yeux et tendu les bras. Instinct.

—Reste ! S'il te plaît Tobi… Reste.

Peur qu'il revienne.

—Il n'y a pas de quoi avoir peur du noir Nakiri-chan.

Peur du noir… De la solitude. Cette nuit-là peu importait qu'il prenne beaucoup de place, toute la couverture. Pas seule. Une mèche de ses cheveux entre mes doigts.

A mon réveil il était parti. Le soleil semblait depuis longtemps levé. Je me suis redressée. Son manteau, son odeur, sur moi. Je lui étais reconnaissante de me l'avoir laissé. Une étrange fascination. Mes doigts sur les coutures, la doublure. Doux. Léger. Les manches. Le col. L'imprimé. Un emblème. Leur emblème. Leur pouvoir. La puissance de leur organisation. Là, laissé de côté. Sous mes doigts. J'ai souri.

"Fort, comme Tobi."

Comme lui. Oui. Le pouvais-je ? Certainement. Pas physiquement mais… L'avais-je fait jusque là ? En partie. Je m'étais construit des illusions et elles m'avaient permise de tenir. Sans doute le pouvais-je encore.

"Aucune utilité à part ça."

Oui. C'était tellement vrai.

Les larmes, le sommeil. Comme la pluie. Libération.

Ne fait-on pas parfois exprès d'être malheureux ? Parce que c'est plus simple. Si facile d'avoir une excuse pour pleurer. Se lamenter. Se faire plaindre. Porter le malheur du monde et se complaire dans l'illusion que l'on ne peut rien y faire. Que ce n'est pas notre faute. Je ne voulais pas être comme ça. Bien sûr ça allait être dur mais je devais le faire. Je voulais le faire. Pas comme elles cependant. Je ne pouvais pas. Rire et prétendre. Aguicher. Accepter. Vouloir. Se fermer. Oublier.

J'en suis venue à la conclusion que si je ne voulais pas partir d'ici il me faudrait être appréciée. On ne s'attache pas à quelqu'un qui se morfond. Surtout pas eux. En bâtissant mes illusions, espérant être plus, j'avais oublié de ne pas me centrée sur mes seules peines et souffrances.

Je suis sortie.

Personne. J'ai juste fait ce que j'avais pris l'habitude de faire. La nuit dernière était comme un mauvais rêve. Un lointain souvenir.

Deux jours.

—Nakiri-chan !

J'ai souri et ai quitté la cuisine. Happée dans une embrassade. Quand il s'est reculé j'ai imaginé sans mal le sourire derrière le masque.

—Nakiri-chan regarde !

Il m'a tendu une poignée de fleurs sauvages, légèrement abîmées par le voyage.

—Tobi t'a rapporté des fleurs pour ta chambre !

Je l'ai remercié avec un sourire sincère. Derrière lui, marmonnements.

—Bonsoir Deidara-san.

—Hn, salut.

Il était de mauvaise humeur.

—Deidara-senpaï est jaloux parce qu'il n'a pas eu l'idée de rapporter des fleurs.

—Je m'en fous de tes fleurs Tobi! Elles sont bonnes à jeter, comme toi yeah.

—Mais Nakiri-chan aime mes fleurs. Pas vrai Nakiri-chan ?

—Elles me font énormément plaisir.

—Pas besoin de te forcer pour faire plaisir à cet abruti. Pousse-toi de là Tobi ! Toi et la pluie vous me tapez sur les nerfs yeah ! J'ai pas l'intention de rester planté là toute la nuit !

Violemment poussé contre le mur. Deidara-san était trempé. Je l'ai suivi du regard jusqu'à ce que la porte de la salle de bain claque. Jusqu'à ce que Tobi parle, comme si rien n'était arrivé.

—Qu'est-ce qu'il y a à manger Nakiri-chan ?

L'ambiance détendue – malgré l'humeur de Deidara-san – était comme une bouffée d'oxygène à un noyé. Le reste avait peu d'importance. Je n'étais pas un objet pour eux. J'étais moi-même.

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Une main sur ma taille. Sursaut. Mouvement en direction des fruits que j'avais soigneusement préparés.

―Tobi !

A chaque fois.

Je me suis retournée. Une prise sur mon poignet. Bloquée. Surprise. Le regard sur un sombre col. Du bleu. Lever la tête.

―On dirait bien que j'ai sauvé ce pauvre gamin d'une sauvage attaque.

Bouche bée.

―Ho… Hoshigaki-san.

Embarrassée. Large sourire. Moqueur.

―J'espère que la qualité du repas va rattraper celle de l'accueil.

Sourire. Rendu.

―Qu'est-ce que tu prépares ?

Et avec cette question, il a lâché mon poignet. De l'autre main, il a pris quelques fruits. J'ai juste répondu.

―Ce que vous mangez Hoshigaki-san.

Une atmosphère tendue. Le ventre noué. Pas d'appétit. Quelque chose entre Deidara-san et Uchiha-san. Pour l'un, inimitié. Forte. Pour l'autre, indifférence. Regards et sarcasmes. Son humeur était orageuse. Ses répliques, mordantes. Plus qu'à l'accoutumé. Je suis restée à côté de Tobi. Sage. Lui ne l'était pas. Il ne pouvait pas tenir sa langue. Trop nerveuse pour en sourire. J'avais hâte de quitter la table.

Je ne sais ce que j'avais attendu, mais ce n'était pas ça. Je veux dire, je pensais qu'ils s'entendaient. Tous. Tous membres de la même organisation. Le même groupe. Le même idéal. J'ai appris que non. J'ai vu que non.

Je me suis rendue compte qu'en pleurant sur ma condition, qu'en cherchant à être reconnue en tant que personne, je ne leur avais même pas attribué le statut d'individu. Juste : shinobi. Meurtriers. Tous. Identiques. C'est faux. Différents. Tous. Leurs propres raisons. Leurs propres mobiles.

Quand ce soir-là Deidara-san a poussé ma porte, j'étais nerveuse. Mon meilleur sourire malgré tout.

Il n'a rien dit. Il a juste ôté son haut. J'ai pu voir l'imposant tatouage sur son torse. Un bref instant. Puis sa colonne, le bas.

―Ici, yeah.

Toujours dans sa voix, son irritation.

J'ai commencé à travailler. Ce n'était pas facile.

―Deidara-san…

Grande inspiration.

―Est-ce que… peut-être que vous pourriez vous allonger.

Pas de rictus. Pas de réplique. Je me suis poussée et il s'est allongé. J'ai repris mes mouvements. J'ai senti qu'il n'attendait que de pouvoir lâcher tout ce qui l'agitait, ce qui noircissait son humeur. Je n'ai pas su quoi dire. Silence, jusqu'à ce qu'il commence à parler d'art. Son art. Un exposé. Des idées bien arrêtées. Une conversation…


Bon, s'il reste des fautes je vais le relire (plus tard) et corriger tout ça, ne vous inquiétez pas. J'espère que ce chapitre valait l'attente. Encore désolée. See you soon !

Je n'en voyais pas la fin de cette "première partie", mais je n'arrive quand mm pas à croire que j'ai pu faire 9 chapitres dessus ! lol Un immense merci à tous ! Lecteurs et reviewers ! Je vous adore !