Chapitre 9 : Désirs de jalousies
House ouvrit doucement les yeux. Il paniqua quelques secondes, il ne reconnaissait pas le lieu. En se redressant il vit que les draps étaient froissés. Il tourna la tête et vit Cuddy, nue, comme lui. Il se rappela soudainement la scène de la veille, mais il fut interrompu par la jeune femme qui se réveilla. Elle le dévisagea, aussi perdue que lui, avant de se souvenir elle aussi de ce qui s'était passé. Elle ne prononça pas un mot. House se leva, s'habilla le plus rapidement qu'il lui était permis, puis sortit à toute allure de la chambre. Il n'avait aucune idée de l'heure. Il s'avança vers la porte de sa propre chambre, et, pour la première fois de sa vie, il frappa à la porte. Il attendit quelques minutes avant que Cameron ouvre. Il ne fut pourtant pas choqué de voir que Chase était lui aussi dans la chambre, et ne mit pas longtemps pour comprendre quelle avait été leur activité pendant la nuit. Il entra, et, d'un geste, il ordonna à Chase de sortir immédiatement. Ce qu'il fit sans prononcer le moindre mot.
- Je veux des explications, rétorqua Cameron une fois qu'ils furent seuls, House et elle.
Il fit semblant de ne rien entendre, et il ne voulait rien entendre, de toute évidence. Il sentait la fatigue se propager dans ses membres et en même temps, la haine qu'il éprouvait envers lui-même lui donnait une ardeur inégalable. Il s'allongea sur son lit et reposa sa tête sur ses bras, ses yeux fixant le plafond qu'il ne voyait pourtant pas.
- House ?
Il ne répondit pas non plus. Elle se mit à coté de son lit et le regarda étrangement, mais il ne prenait pas la peine de tourner le visage vers elle. Il émit un grognement sourd, parfaitement audible, qui clarifiait parfaitement ses pensées. Elle fit volte-face et retourna sur son lit, tirant les couvertures jusqu'à ses épaules. C'est à ce moment précis que House se sentit minable. Terriblement minable. Il savait qu'il faisait une erreur en ayant une relation avec la directrice, qu'il bouleversait tout, mais pourtant il cherchait une excuse. Il était comme un gamin qui voulait un prétexte pour avoir piquer le goûter de son ami. Mais au lieu d'un goûter, c'était une femme. Il toussa volontairement, et la jeune femme l'entendit.
- Vous… Savez quelle heure il est ? Demanda-t-il.
Sa question était idiote. Pourtant, il avait le sentiment qu'il fallait qu'il dise quelque chose, n'importe quoi. La plus grande banalité aurait fait l'affaire. Il n'avait même pas réfléchit à sa question, il voulait simplement savoir si il pouvait toujours échangé quelques mots, quelques regards, avec elle. Il n'entendit rien d'autre que son souffle pendant une demi-douzaine de minutes, avant qu'elle ne réponde enfin.
- Cinq heures et demie, souffla-t-elle.
Il se força de penser à ce qu'elle pouvait ressentir. Il n'arrivait que très rarement à savoir ce que pouvait éprouver une femme, mais cette fois-ci, il voulait vraiment pouvoir savoir quelles étaient ses pensées. Mais il ne pouvait pas deviner. Pas deviner qu'elle souffrait d'avoir cédé aux avances de son amant et de lui avoir offert une place dans son lit. Elle ne savait pas du tout comment réagir, ni comment se comporter avec lui. Elle avait été minable. Terriblement minable. Elle ferma doucement les yeux. Elle n'avait pas envie de dormir, juste de penser, d'être au calme. Mais ce n'était qu'une heure plus tard qu'ils s'endormirent tous les deux, leurs respirations parfaitement synchronisées.
…
- Debout !
C'était Wilson qui était arrivé. Il avait frappé à toutes les portes de la demeure pour réveiller le petit monde. House se réveilla immédiatement, et bien qu'il avait encore sommeil, il se redressa vivement. Il attendit quelques minutes debout. Voyant que Cameron ne se réveillait pas, il s'avança vers la jeune femme mais n'osa pas aller plus loin.
- Cameron ?
Elle se retourna, lasse, et le regarda dans les yeux. Elle ne reconnaissait plus ce regard qu'il lui lançait. Il avait l'air perdu, troublé, désorienté, accablé. House ne ressentait jamais de tels sentiments, il ne pouvait d'ailleurs pas avoir état d'âme et Cameron avait pourtant le sentiment que ce n'était qu'une couverture. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever, mais pour une raison qu'elle-même ignorait, elle se releva sans son aide. Il afficha une grimace parfaitement visible mais ne protesta cependant pas. Sans en rajouter, ils rejoignirent Wilson et les autres rapidement. Ils s'assirent le plus loin possible l'un de l'autre et ça ne passait pas inaperçu.
- Vous vous êtes disputés ? Questionna Wilson.
House lui fit des regards coléreux, mais il ne s'arrêta pas pour autant.
- House, il faut vraiment qu'on en reparle.
- Oui, il faudrait vraiment que je sache ce qu'il y a entre toi et ta cousine !
- Je ne parle pas de ça, idiot.
- Et moi je ne te parle pas du tout.
Ils ne rajoutèrent plus un mot mais Cameron fixa le néphrologue longuement. Elle savait où il se trouvait cette nuit mais trouva inutile d'aborder le sujet, pour le moment. La journée commençait bien mal. Cuddy semblait épuisée et était d'une pâleur sinistre.
- Programme de la journée ? Souffla-t-elle silencieusement.
Kutner proposa des idées tordues qui ne correspondaient pas du tout à l'humeur de la directrice. C'était à peine si elle écoutait ce qu'il disait.
- Restaurant ? Proposa discrètement Cameron.
House n'eut pas la peine de se retourner ; il l'observait déjà. Elle posa lentement son regard sur lui. Elle ouvrit la bouche pour s'exprimer mais aucuns mots ne sortirent. Elle détourna le regard vers Cuddy qui la regardait mystérieusement.
- Pourquoi pas ? S'exclama cette dernière.
Ils approuvèrent, hormis Kutner qui préférait ses idées et… House qui n'avait pas dit mot. Il ne savait pas vraiment quoi penser, il refusait de réfléchir. La seule chose qu'il pouvait désirer, c'était le calme, la paix, et peut-être même de la sérénité. Il se leva soudainement et s'effaça. Préférant s'écouter, Cameron le suivit à grands pas. Ils s'enfermèrent dans leur chambre.
- Qu'est-ce que vous me voulez ? Grogna House.
Elle ne trouvait pas d'excuse. Elle ne savait même pas pourquoi elle l'avait suivi, elle ne savait pas pourquoi elle voulait lui parler, et encore moins de quoi. Elle le regarda, tentant de déchiffrer l'expression sceptique qui ornait le visage de l'homme. Voyant qu'elle ne répondait pas, il s'avança vers elle et l'observa d'un regard qui exprimait de la pitié.
- Il me semblait… Que Chase devait dormir à l'étage, dit-il.
- Et il me semblait que vous étiez censé dormir ici, se défendit-elle.
Il lui administra un regard noir. Il comprit aussitôt qu'elle savait où il était, ce qui n'était d'ailleurs pas très difficile à deviner.
- Vous êtes vraiment…
- Je sais ce que je suis, pas la peine de me le rappeler ! L'interrompit-il.
Les mains de la jeune femme tremblèrent légèrement.
- Et j'ai la délicatesse de ne pas vous décrire, ni même ce koala !
- Arrêtez de l'appeler ainsi !
- Pourtant ça vous faisais bien rire quand je l'appelais comme ça.
Elle ne savait plus quoi répondre, il profita de ce moment de faiblesse.
- Et vous ne protestiez pas quand je vous prenais la main, ni même quand j'allais vous embrasser, insista-t-il, et pourtant vous étiez avec ce koala e…
- Ne l'appelez pas comme ça !
- Et pourtant vous étiez avec ce koala, insista-t-il, et pourquoi avez-vous changé si subitement ?
Elle recula pour sortir, mais il se plaça entre elle et la porte. Elle fit deux ou trois tentatives de fuite, mais il la bloqua à chaque reprise.
- Pourquoi ? Répéta-t-il.
- Parce que lui, contrairement à vous, il ne va pas voler la fiancée de son meilleur ami !
Il se figea net et la scruta, avide d'en savoir plus.
- Peut-être que si vous arrêtez d'agir comme un…
Elle hésita.
- Envers Wilson, il vous dira volontiers des informations que vous voulez ! Poursuivit-elle.
- Je suis curieux., répliqua-t-il.
- Oui, bien sûr ! Tellement curieux que vous avez eut envie de voir si les matelas du voisin étaient confortables ! Profiter de l'absence de Wilson pour faire ça… Vous êtes un véritable lâche !
- Vous avez bien profité de mon absence pour inviter Chase, à ma connaissance ? Et puis il l'a bien mérité !
- A votre connaissance ? Vous n'étiez même pas au courant que Cuddy et Wilson s'étaient fiancés au parc pendant notre absence ! Et après tout ce que vous me faites subir, vous croyez réellement que j'allais vous laisser coucher avec Cuddy sans rien faire ?!
Les mots semblaient être partis tous seuls dans la colère qu'elle ne contrôlait plus. Elle serra ses poings, et se rendit compte de sa bêtise.
- Vous avez couché avec Chase… Pour vous venger ?
- Ce… n'est pas ce que j'ai dit.
Elle le bouscula et sortit. Elle regagna le salon et s'excusa de s'être absentée et compensa en faisant la vaisselle après avoir débarrassé la table. Elle restait rouge de colère, mais évita les questions de l'urgentiste avec habilité. Une heure plus tard, House arriva.
- House ? Qu'est-ce que vous avez fait ? Demanda Chase.
- Et est-ce que je vous demande ce que vous avez fait pendant la nuit ? Ironisa-t-il en guise de réponse.
Cameron attrapa Chase par le bras et l'emmena dans un coin plus loin.
- S'il te plait, ne le pousse pas à bout… Supplia-t-elle.
- Oui, évidemment, parce que si je le pousse à bout il serait fort regrettable que tu en subisses les conséquences !
- Je n'ai rien à subir, mais par contre toi, tu risquerais gros.
Elle s'écarta de lui et vit que House lançait des regards noirs à Chase. Elle fit semblant de les ignorer puis s'assit en face de Cuddy, sur le canapé. Elle la dévisagea du regard mais la directrice ne s'en rendit pas compte et continuait sa conversation et ses sourires forcés avec Wilson. Chase s'assit ensuite à coté de l'immunologiste et ils partirent dans une grande discussion. Au bout d'un certain temps, elle finit par s'endormir. Sa tête était reposée sur l'épaule de Chase, geste qui avait don de rendre House furieux.
Ils passèrent des heures ainsi, à discuter, et dans un cas, à sommeiller. Il était six heures et demie quand Chase réveilla l'immunologiste. Elle mit un certain temps à comprendre où elle était et où ils allaient, et avoua avoir été en plein rêve. Elle retourna dans sa chambre pour s'habiller, quand elle revint dans le salon elle se rendit compte qu'il n'y avait qu'ils étaient tous dehors à l'exception de… House. Il la regardait attentivement, admirant sa robe bleue claire dont les manches lui arrivaient jusqu'aux coudes. Elle s'était recoiffée rapidement et s'était fait quelques boucles à la pointe de ses cheveux. Il resta bouche bée devant sa tenue et faillit lâcher sa canne sous la surprise. Elle lui fit un sourire. Il ne se rendait pas compte qu'il était tout aussi charmant bien que son costume lui donnait un air rebel. Ils sortirent tous les deux, attendus par le reste des médecins. Ils partirent tous ensembles et semblaient assez gênés des regards qu'il leurs étaient adressés dans la rue.
Un petit quart d'heure après, ils arrivèrent sur le seuil d'un restaurant plutôt luxueux. Ils gravirent la porte et on leur indiqua une grande table. House s'assit à coté de Cameron, par ordre de Cuddy. Il eut vite fait de comprendre que Wilson le lui avait demandé. Un serveur arriva et ils commandèrent sans attendre un dîner plus que cher.
- C'est pas moi qui paie… Souffla House à l'oreille de Cuddy.
Elle était entre lui et son amant. Il s'incrustait sans cesse dans leurs conversations, au plus grand agacement de Cameron qui s'efforçait de tenir la main de Chase. Ils essayaient de se rendre jaloux mutuellement, jusqu'à ce que Chase aille trop loin.
- Allison ?
Elle se retourna vers son ami. Il semblait très sérieux et elle en était déstabilisée. House regardait également la scène, prêt à bondir si il le fallait.
- Tu m'aimes ?
C'était la question qu'elle redoutait. Elle se rendit subitement compte qu'il avait toujours eut raison ; elle se servait de lui pour rendre House jaloux. Et c'était réussi puisque ce dernier avait fait tomber sa canne au sol mais ne se fatigua pas à la ramasser.
- Je… Je… Bégaya-t-elle.
Elle n'osait pas lui dire non devant tout le restaurant entier, qui s'était retourné vers eux. Par un pur réflexe elle saisit la main… De House. Il s'était laissé faire, conscient qu'elle était dans une situation difficile. Et ce n'était pas le seul. Toutes les sept autres personnes à cette table savaient qu'elle n'était pas sincère dans ce qu'elle faisait. Cameron se sentit mal et elle trembla légèrement.
- Je…
Elle se remplit les poumons d'air, comme pour faire comprendre qu'elle s'asphyxiait. Mais cela ne servit à rien puisque aucun son ne dépassa ses lèvres. Elle lui fit un regard suppliant mais il ne sembla pas le remarquer.
- Tu… Non.
De la pitié résonnait dans sa voix. Il se retourna vers son assiette et ne leva plus le regard jusqu'à la fin de la soirée. En sortant, elle tenta de lui dire quelque chose mais il l'ignora. Il paraissait clair qu'ils éprouvaient tous un dégoût inexplicable envers elle. Ils étaient prit de compassion pour l'urgentiste et donnait sans cesse tord à la jeune femme de l'avoir berné. Seul House semblait la comprendre plus ou moins, il restait à l'arrière du groupe avec elle mais ils n'échangèrent aucun mot jusqu'à ce que…
- C'est de la faute de House, murmura Chase au bout d'un certain temps.
A peine avait-il eut prononcé ces mots que la colère de House ressurgit, tel un ouragan déchaîné. Il accéléra le pas pour se trouver au même niveau que lui et le chirurgien connu pour la deuxième fois la saveur inégalable du poing de son ancien supérieur dans sa figure. Le choc fut tel qu'il tomba au sol.
- Là, vous pourrez dire que c'est de ma faute !
Thirteen s'était agenouillée au coté de Chase et lui posa mille questions pendant que House retournait vers Cameron. Elle lui prit rapidement la main et l'emmena dans la demeure, puis dans la chambre, et enfin contre le mur. Il n'eut pas le temps de lui demander ce qu'elle faisait qu'elle l'embrassa au coin des lèvres. Elle n'osait pas aller plus loin mais ce simple geste l'apaisa étrangement. Elle se sépara de lui, s'empara de quelques affaires et sortit. Quelques minutes après elle était prête et il se changea à son tour dans la salle de bain. Il tira le rideau qui devait normalement les séparaient puis s'installa sur son lit. Elle s'allongea sur le sien et ils se fixèrent intensément.
- Bonne nuit, dit-il.
Elle lui fit un sourire en guise de réponses puis ils s'endormirent au bout de quelques secondes.
