Titre : Le Chevalier Servant

Résumé : Harry jouait à la roulette russe avec se sort. Il le savait, mais il ne voulait que protéger les siens de la mort.
Cependant, quand-on meurt et revit on a tendance à en apprendre bien trop pour son propre bien

Paring : Yaoi/M/Secret

Disclamé : L'univers n'appartient pas à Noyr Desyre pour son plus grand malheur.
Tous les OC sont sa propriété, elle vous demandera de ne pas voler ses idées ou personnages sans lui en parler.

Serelya Prongs: Merci beaucoup, ce chapitre devrait te ravir :)

Harriet : Merci Harriet :) J'espère que le chapitre qui suit te fera tout autant plaisir que les précédents !

Guest: Je suis heureuse de voir que tu aimes, voici des éléments de réponse à tes questions :)

Mitub: Merci beaucoup, la suite ci-dessous, en espérant rester intéressante et originale :)

qqn: J'écris toujours bien que je sois très très lente :) La suite ci-dessous bonne lecture !

Artemis: que de compliments ! Merci beaucoup, j'espère ne pas te décevoir avec ce chapitre 8 !

Lady dragonnia: la suite ne demande qu'à être lue :)

Gabriel A.J: Tu devrais aimer cette suite je pense :)

Anonyme: j'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les précédents alors :)

Pouuf: heureuse de voir que mes idées changent des autres, j'espère que la suite continuera à te plaire !

Lana: Je suis heureuse de voir que tu considères ma fiction comme une bonne histoire. Ci-dessous la suite, tu vois elle n'est pas abandonné je suis juste hyper lente à écrire :)

entarielle: Qu'elle déclaration d'amour :) Merci beaucoup !


Chapitre 8

Aiden s'arrêta devant le tableau protégeant la chambre qui était attribuée au Devin, penchant légèrement la tête de côté avant de redéposer sa charge à terre.

-Nous ne sommes pas suivi Aiden ?

Il eut un instant de silence, comme si le Haineko vérifiait avant de secouer la tête sans dire le moindre mot.

-Aiden, personne n'entre. Ordonna Harry tout en donnant tout bas le mot de passe, pénétrant dans sa chambre.

Le Haineko le suivi, restant dos à la porte qui se refermait, dans une posture qui se voulait nonchalante. Harry fit quelques pas, ne montrant pas la moindre surprise quand une silhouette sortit de l'ombre.

-Je vous remercie d'avoir bien voulu vous prêter à cette mascarade. J'espère que vous voudrais bien m'excuser de vous avoir demandé de jouer une telle comédie. Vous comprendrez que ma position est … délicate.

Le Devin s'inclina légèrement devant la Goule qui lui faisait face.

-J'en ai vu peu mais suffisamment pour comprendre.
Je ne vous cache cependant pas que je me suis décidé à suivre vos instructions qu'à la dernière seconde. Le message étant si expéditif et arrivant si tardivement.
Le fait que tout le monde sache déjà qu'un Haineko vous a sous sa Protection est la seule raison qui m'ait poussé à le lire.

La Goule repoussa la capuche de son sweat, dévoilant à la lumière son teint de porcelaine. Si la Créature gardait les lèvres serrées le Devin aurait presque pu penser qu'elle était non dangereuse. Mais la rangée de dents pointues qu'il distinguait grâce au sourire ironique de son interlocuteur lui rappelait qu'il n'avait pas n'importe quoi en face de lui.

-Que puis-je pour vous Maitre Goule ? Je ne suis pas aussi sot que les autres sorciers. Je sais que les Goules ne mangent que les cadavres, bien qu'encore chaud pour certaine. Mais après tout à chacun sa place dans la chaine alimentaire.

La Goule s'inclina un peu à ses mots, avant de se redresser, son visage se fermant un peu plus. Si Harry ne l'avait pas vu bouger peu avant il aurait pu penser à une statut. Les Goules ne respirant pas, comme les vampires.

-Je suis Alistair, le porte-parole des Goules.
Mon peuple et moi-même espérions que vous soyez à l'écoute de tous et non que des sorciers. Je suis rassuré que voir que c'est le cas.
Nous savons dégouter les sorciers, mais j'étais prêt à risquer ma vie, même si vous aviez refusé le Haineko en tant que Protecteur. Il en va de la survie de ma race.
Je ne sais pas ce que vous savez sur les Goules. Sachez que nous autres Goules naissons ainsi. Nous ne pouvons le devenir par une morsure ou quoique ce soit comme les Vampires. Enfanter est notre seul moyen de perpétuer notre race.
Cependant, cela fait près de trois cent ans que nos naissances sont en chute libre. Depuis quelques années le peu de nouveaux-nés que nous avons meurent avant leur première année.
Si cela continu nous disparaitrons.
Nous vivons longtemps, mais moins nous sommes nombreux plus les Sorciers en profitent pour nous chasser. Les Sorciers nous craignent, mais nous n'avons pas la même force de dissuasion que les Hainekos.

Harry se tourna un bref instant vers Aiden pour avoir sa confirmation. Son Protecteur haussa les épaules tout en répondant à sa question muette.

-Ils ont tenté à une époque. Mais ils se sont aperçu que pour tuer un Haineko ils perdaient une dizaine de Sorciers. Et sans l'assurance que celui-ci reste bel et bien mort. Ils étaient perdant dans le procédé et ce sont contentés de nous calomnier.

-C'est pourquoi je demande votre aide.

Le Devin fixa à nouveau son attention sur la Goule. Il fronça les sourcils peu sûrs de ce que celle-ci lui demandait.

-Je veux bien vous aider mais je ne vois pas en quoi.

La Goule se passa la main dans les cheveux noirs, les redressant un peu plus. Il n'était pas nerveux, pas énervé, peut-être juste fatigué. Harry imaginait aisément la charge qu'il avait sur les épaules. Il se trouvait en milieu inconnu, face à un sorcier, bien que Devin, et un Haineko encore plus redoutable que ne le pensait Harry. Bien-sûr que la Créature pouvait se sentir écraser par le poids des responsabilités. Toute Créature mangeuse d'Homme qu'elle soit.

-Dans nos légendes on parle de Devin voyant l'avenir mais aussi le passé. Il ne suffisait qu'un objet très ancien et attaché à la personne venant demander de l'aide. Un objet pour que le Devin ait accès au passé entier de toute une espèce.

Doucement, la Goule sortit de sa poche ventrale ce qui semblait être un crâne miniaturisé. Celui-ci reprit sa taille une fois que la Goule le tendit vers le Devin.
Harry devina immédiatement que le crâne ne pouvait être humain. Les os semblaient tellement plus épais, les dents encore présentent étaient acérées, bien que celles du fond étaient plus plates surement pour briser les os.

-Ceci est le crâne de la toute première Goule.
S'il vous plait.

-Aiden…

-Rien n'entre, rien ne sort.

La Goule ne broncha même pas devant la menace, restant statique, le crâne toujours dans la main tendu vers le Devin. Lentement, Harry approcha la sienne. Il n'eut que le temps de se dire que le crâne était glacial qu'il s'écroula comme une poupée de chiffon. Seul les réflexes de la Goule lui permirent de ne pas tomber au sol.

Aiden se mit à leur hauteur, un bras venant enserrer la taille de sa charge alors que son regard tournait brièvement en une tornade déchainée.

-Nous savons que si quoi que ce soit lui arrive nous ne vivrons pas assez longtemps pour nous inquiéter plus de la diminution de nos naissances, Haineko.

Aiden Reed ne répondit pas à la Goule, se contentant de l'observer sans mot dire.


Des voix, si lointaines que Harry ne parvenait pas à discerner le moindre mot. Juste le son de celles-ci.
Puis, il eut comme l'impression de faire un bond et il les entendit aussi clairement que s'il était à côté des personnes d'où elles provenaient. Pourtant, il ne voyait toujours rien.

-Alors ? Avons-nous fait des progrès ?

-Non, tous morts, pas un pour supporter les Potions.

-Des crevures même pour servir à de grand projets.

-On nous a apporté une nouvelle fournée, continuons. Nous finirons bien par aboutir à quelque chose et montrer à tous que notre projet et plus intéressant que celui de Willemot.
Ce n'est pas comme si mort ils nous étaient aussi inutiles. Ils font de la bonne bouffe pour les autres.

Harry entendit les deux hommes partirent dans un grand éclat de rire alors que les sous-entendus lui donnèrent envie de vomir. Il n'en eut cependant pas le temps.
Autour de lui l'obscurité s'éloigna, lui laissant enfin voir une pièce bien sombre éclairée par de simple bougie. Là se trouvaient deux hommes, des sorciers au vu de l'accoutrement, mais aussi une table de bois où était attaché une personne.
Non, ce qui fut un homme.

La peau noir traversée par des veines bleues, une mâchoire bien trop proéminente, des dents qui ne suivaient aucune logique, des yeux fous. Ce n'était plus un homme, mais quelque chose de monstrueux.
Harry comprit qu'il avait changé de scène depuis la dernière conversation quand enfin les sorciers se mirent à parler.

-Quels sont les résultats ?

-Il semble développer une résistance à la Peste Noire mais aussi devenir plus endurant.

Avec effroi Harry vit un des sorciers sortir une dague de nulle part et l'enfoncer sans pitié dans un bras de la Créature. Celle-ci eut à peine une réaction sous le regard satisfait du chef du projet.

-Semble développer vous dites ?

-Comme vous pouvez le constater la maladie le ronge tout de même mais bien moins vite que les autres sujets. Il n'est pas contagieux, il la garde en lui.

-Tuez-le, et donnez-le à manger aux autres sujets.
Nous approchons du but mon ami. Willemot pourra baiser nos pieds quand nous lui présenterons cette Potion qui nous rendra surpuissant. Lui et ses marionnettes de fer ne pourrons nous dépasser.

Et à nouveau Harry vit la scène se décomposer sous ses yeux avant qu'une autre n'apparaisse, toujours dans cette salle à glacer le sang.
Il put distinguer les sorciers de la précédente scène en grande discussion, chuchotant dans un coin de la salle, ignorant les trois captifs attachés sur des tables un peu plus loin.

-Le Conseil a ordonné l'arrêt total de notre projet. Ils disent que la Peste Noire étant finit nos recherches ne servent plus à rien.

-Ces fous, toujours à nous mettre des bâtons dans les roues. Et les pantins de Willemot à quoi peuvent-ils bien servir ?

-Ils attireraient bien moins l'attention que les cadavres qui disparaissent ou les monstres qui s'échappent parfois de nos études. Ce sont les dires du Conseil.

-Nous avons toujours finit par mettre la main dessus pour les éliminer. De toute façon nos dernières créations ne peuvent survivre bien longtemps une fois notre petit rituel mis en place. Même leur formidable immunité n'y peut rien.

-Que faisons-nous Seigneur Umblenouir ?

-Cachez nos recherches Sire MacNoeil, exterminez-les tous jusqu'au dernier, ne laissez nulles traces. Nous attendrons de ne plus être sous surveillance avant de reprendre où nous en étions.

Avant que tout ne disparaisse à nouveau Harry put discerner un mouvement sur une des tables. Deux yeux rouge semblèrent le fixer un court instant avant qu'un sourire pointu ne lui soit offert. Troublé, il se laissa une nouvelle fois emporté par sa Vision.


Ce fut à nouveau le noir avant qu'il ne puisse petit à petit distinguer plusieurs personnes autour d'une grande table. Il n'y voyait pas grand-chose, juste assez pour deviner qui se tenait là, mais il entendait très bien.

-Avez-vous compris mes amis ? Jamais personne ne doit savoir d'où nous venons. Aucune Goule ne doit savoir ce que nous étions avant de passer sous les mains de ses sorciers.
Nous sommes nées Goule, nous vivons et mourrons comme des Goules.
Nous mangeons les cadavres car cela fut toujours ainsi.

-Mais, Erwin, nous ne pouvons taire ainsi la faute des sorciers. Ils nous ont tant fait subir pendant des années. Ils nous ont pourchassés si longtemps avant de nous oublier au profit d'autre découverte. Comment peux-tu leur pardonner comme ils nous ont transformés ?
Toi aussi penses-tu que nos vies misérables ne comptent pas ?

Harry cru discerner plusieurs voix qui acquiesçaient ou réfutaient les dires de la Goule blonde.
Pourtant, lorsque Erwin reprit la parole pas une seule ne le coupa.

-Nous avons toujours vécut dans la boue, nous battant pour vivre avant qu'ils ne nous enlèvent à notre vie. Nous nous sommes battu pour survivre et fuir lorsqu'ils décidèrent que nous leur étions plus utile.
Nous nous en souvenons, mais pas les plus jeunes. Eux ne savent pas, ils pensent avoir toujours était ainsi et être tombé sur de mauvais individus.
Ils ne se sentent pas Monstres, ils s'acceptent ainsi car ils n'ont jamais rien connu d'autre.
Pour une histoire de vengeance voulez-vous, vous tous, leur révéler la vérité ?
Voulez-vous les détruire, détruire ceux qu'ils sont pour faire payer les sorciers qui nous ont déjà oubliés ? Qui ne savent même plus être nos Créateurs ?

Il y eut un silence, beaucoup de regard furent échangés. Pas un seul murmure, pas de protestation. De la compréhension devant la décision de cet homme qui avait tant fait pour eux, qui les avait toujours guidé sur le droit chemin.

-L'histoire de notre Création mourra avec nous Erwin. Lorsque nous rendrons notre dernier soupir plus personne ne connaitra la vérité. Et notre Race se tiendra fièrement aux côtés des autres, tirant un trait sur ce qui la vit naitre. Murmura enfin l'une des Goules en inclinant la tête, rapidement rejoint par les autres.

Et, doucement, la Vision de Harry se brouilla, bien qu'encore une fois il crût voir celui qui se nommait Erwin le fixer un court instant.


Harry prit une profonde inspiration, toussa, s'agrippa avec force la gorge alors qu'Aiden lui tapotait le dos. Il avait l'impression d'avoir retenu sa respiration depuis tout le temps qu'avait duré sa Vision.
Entre deux toux violentes qui lui faisaient fermer les yeux, il pouvait voir l'air inquiet d'Alistair.
La Goule était-elle inquiète pour lui et ce qu'il avait pu voir ou tout simplement de la réaction du Haineko face au retour si mouvementé du Devin ?

Il ne s'attarda cependant pas sur cette pensée.
Ce qu'il avait Vu dépassait bien plus que ce que la Goule pouvait imaginer.
Les Goules autour de la table promettant le silence sur leur origine étaient si solennelles que le Devin les voyait mal revenir sur leur décision. Donc les Goules pensaient être naturellement nées ainsi alors que c'était tout le contraire.

Un sorcier devait avoir remis la main sur le rituel qui activait le gène dormant chez les Goules, les tuant petit à petit. Mais pourquoi près de trois cent ans pour faire réellement effet ? Les sorciers avaient l'air si sûr des effets immédiats de ce qu'ils avaient implantés dans les Goules en cas de fuite.

Etait-ce dû à l'évolution de la race ? Rendant plus difficile leur extermination ? Les Goules avaient dû manger tant de cadavre mort de diverses maladies, mais aussi des sorciers ayant ingérés de nombreuses potions. Cela était-il suffisant pour les immuniser en partis ?
Umblenouir et MacNoeil n'avaient-ils pas utilisés leur « expériences » ratées pour nourrir les autres sujets et faire avancer leur recherche ?

A ce souvenir Harry fut pris d'un violent haut le cœur. N'y tenant plus il se leva brusquement, allant vomir dans les toilettes sous les regards lourds de son Protecteur et de la Goule.

-Aiden. Prononça le Devon en se redressant difficilement.

Sa voix était basse, encore plus incompréhensible que d'habitude, si bien que pendant un instant il pensa que le Haineko n'avait pas reconnu son nom.
Pourtant, celui-ci arriva rapidement, tenant Alistair de façon ferme par le cou. La Goule ne se débattait pas, comme incapable de savoir comment elle devait agir à se soudain revirement.

Harry prit le temps de se rincer la bouche avant de se tourner vers eux. Appuyé contre le lavabo, il tentait de reprendre ses esprits.
Comment pouvait-il gérer ça ?

Il ne pouvait abandonner les Goules ainsi, pas après les avoir vu tant souffrir dans leur naissance. Pas alors que les premières Goules aient tant fait pour légitimer leur place parmi les races magiques. En même temps que pouvait-il faire ? Il ne pouvait révéler à Alistair la vérité sur ses origines. Le supporterait-il ?
Savoir que tout ce que l'on pensait n'était que mensonge pouvait briser un homme, ou tout être vivant. Mais n'est-ce pas ce que lui-même avait traversé ? Si souvent avant de réellement perdre tous ses repaires lors de sa mort ?

Pourquoi lui devrait subir ainsi la vérité et préserver les autres de celle-ci ? Ne devraient-ils pas un peu arrêter de se sentir protégés ? N'était-ce pas de son devoir que de leur montrer la face du monde si laide que lui avait tant connue ?

Pourquoi devrait-il les épargner tous ?
Fort de sa soudaine résolution Harry se redressa un peu plus. Le visage fermé il fixa son regard, bien trop sérieux pour son âge, dans celui de la Goule. Sans même qu'il n'ait à le demander Aiden libéra Alistair pour aller s'installer contre la porte de la salle de bain.

La Goule copia instinctivement le maintien du Devin, restant sans mot malgré le traitement qu'elle venait de subir. Elle ne savait ce qu'avait Vu le Devin mais celui-ci avait pris une décision. Et, quoi qu'elle soit, elle allait sceller le destin de son peuple.

-Alistair. Ce que je vais te dire n'est que la vérité. Aussi dur soit-elle, aussi folle qu'elle te semblera.
Tu pourras la nier, la rejeter, l'accepter ou même te donner la mort si tu le souhaites.
Je ne t'empêcherais pas de mettre le monde en feu et en sang.
Peut-être te briseras-tu en l'entendant, ou alors te relèveras-tu.
Peu m'importe à vrai dire.

Aux mots d'introduction du Devin Alistair prit une profonde inspiration alors même qu'il n'en avait pas besoin. Il sentit ses mains devenir moites pour la première fois de sa longue vie. Quelque chose se tordit violement dans son ventre alors que son cœur s'arrêta soudainement de battre avant de prendre un rythme endiablé.
Lentement, si lentement, il sentit ses jambes le lâcher sous les paroles de Harry.
Souvent, trop souvent, il eut envi de le faire taire, de le tuer, de lui crier au visage qu'il n'était qu'un menteur. Pourtant, jamais il ne le fit. Sa bouche était pâteuse, sa gorge nouée, il entendait sans savoir que faire des informations.

Ce qu'il était, sa fierté, sa vie, tout cela…qu'était-il finalement ?

-Voilà Goule.
Voilà ce que vous êtes.
Une stupide expérience qui a si mal tournée qu'elle en est venue à se persuader avoir toujours existé.
Une simple expérience qui a trompé le monde entier mais qui va bientôt redevenir poussière.

Sur ces derniers mots le silence retomba dans la salle de bain.

Toujours impassible Aiden n'avait pas bougé d'un pouce. Pas de geste pour réconforter la Goule, pas le moindre regard de pitié. Il n'avait fait qu'observer sa charge pendant tout le temps du récit, dévorant de ses yeux trop noir son Maitre qui piétinait allègrement la fierté d'une race tout entière. Il s'était délecté de le voir ainsi, si horriblement sans pitié pour la Goule. Si détestablement mauvais.
Ils savaient n'avoir pas fait d'erreur en le choisissant pour devenir leur Maitre. Il avait beau ressembler à une vulgaire poupée dirigée par des fils lors de leur première rencontre, son regard ne trompait pas. Il y avait tant de colère, de vengeance caché tout au fond de lui.

Quel délicieux Seigneur ils s'étaient trouvés.


Il se redressa lentement, se passa une main dans les cheveux blancs, tentant de se remettre les idées en place. Juste à la limite du feu MonSeigneur l'observait avec un vague air amusé. Un air si étrange quand le propriétaire était connu pour sa dangerosité. Cela n'arrêta pas pour autant Ghost qui ignora sa nudité pour se lever et faire les quelques pas qui le sortirent du feu.
Tranquillement, il attrapa les habits qui avaient été préparé pour lui en prévision de ce genre… d'incident.

-Le message est-il transmis Ghost ou as-tu trouver le moyen de te faire tuer avant de ne pouvoir le faire ?

-Je l'ai transmis MonSeigneur. Répondit le Haineko qui enfilait ses bottes militaires assis à même le sol.

-Et, qu'as-tu pensé de ce Devin ? Qu'as-tu pensé du Maitre d'Aiden Reed ? Penses-tu que…

Ghost planta ses yeux blancs dans ceux rouge de son vis-à-vis. Un sourire qui en aurait fait frissonné plus d'un s'étira sur ses lèvres grises.

-Non MonSeigneur. Nous n'avons nul besoin de l'exterminer. Ils se sont trouvés un merveilleux Maitre à servir. Vous ne l'avez pas vu, vous n'avez pas senti sa force, vous n'avez pas entendu cette haine si bien contenu. Sa voix… il est si ancien et pourtant si jeune MonSeigneur. Si parfait pour un Haineko suivant la Voie d'Aiden Reed.

-Je vois qu'il t'a fait de l'effet Ghost. S'amusa MonSeigneur en se dirigeant vers la porte. Aiden Reed doivent s'inquiéter du fait que tu changes de Voie et ne leur vole leur Maitre ?

-Vous n'étiez pas là quand il a ordonné à Aiden de se débarrasser de nous. C'était…délectable, si froid…
Mais je ne changerais pas de Voie. Aucun des trois ne nous laissera nous immiscer.
Je suis jaloux MonSeigneur, mais aussi si heureux pour eux.

Le Haineko ne lui répondit rien.
Il se contenta de lui offrir un dernier sourire avant de refermer la porte derrière lui, laissant Ghost se coucher sur le dos et observer le plafond de sa chambre.


J'espère que vous avez aimé.
La suite est en cours d'écriture, mais je ne peux vous dire quand elle arrivera :)