Chapitre 8
Le repas se passa relativement bien, Elizabeth surveillant ses sœurs avec l'aide de son cousin et de son père. Il n'y eut pour une fois pas de débordements, y compris de la part de sa mère, ce qui fut un grand réconfort pour elle. Au moment où les jeunes filles commencèrent à montrer leurs talents, Elizabeth regarda son amie. Emma soupira et se leva avec grâce avant de tendre la main à Elizabeth en disant :
« J'accepte de jouer mais vous vous devriez chanter. D'après Miss Lucas et Jane, vous avez une voix magnifique. »
Cette dernière soupira et suivit son amie jusqu'au piano, elle pouvait bien faire cela. Elles s'installèrent et Elisabeth fut soulagée de voir qu'elle connaissait très bien la partition choisie par Emma. À la surprise de Miss Bingley, les deux jeunes filles s'accordèrent à merveille et enchantèrent leur auditoire car, si Elizabeth n'avait pas assez travaillé son piano, pour le chant, c'était tout autre et elle était très douée. Une fois qu'elles eurent fini, elles laissèrent la place à d'autres jeunes filles. Emma se tourna vers son amie et lui dit :
« Pourquoi avoir caché votre don pour le chant ?
— Parce qu'il n'est pas associé à la passion pour la musique. Je ne suis pas assez douée au piano pour pouvoir me donner en spectacle. Mais il est vrai qu'être accompagnée par une personne aussi talentueuse que vous aide à mettre en avant ce goût pour le chant. »
Emma sourit à son amie et elles se rassirent toutes deux à leur place. Emma avait un peu peur de pousser un peu loin son avantage et de compromettre la demande de son frère, mais elle voulait savoir :
« Elizabeth, pensez-vous que vous pourriez accorder une danse à mon frère s'il vous le demande ? »
Elizabeth réfléchit puis dit :
« Oui je pense que ce serait envisageable. Mais il faut qu'il en fasse la demande et je sais qu'il n'aime pas particulièrement cette activité
— Oui, la danse n'est certes pas son loisir favori, mais je pense qu'il en est de même pour votre cousin.
— Effectivement, Bennet a beau être un excellent danseur, seules peu de jeunes filles ont la chance de pouvoir l'avoir pour partenaire. Cependant il aime bien la danse, donc il se force un peu car il sait que de toute manière, qu'il danse ou non, il sera objet de convoitises donc il préfère s'amuser. Mais il est quand même plus jeune que votre frère et n'a pas les mêmes responsabilités. »
Emma sourit à son amie, les retrouvailles avec son cousin lui avaient fait comprendre beaucoup de choses. Elizabeth prenait conscience de ce que pouvait vivre son frère, quoique ce ne soit pas une excuse pour être impoli. Elle ne pouvait qu'admettre que tout n'était pas excusable dans son comportement. Elle regarda en direction de son frère, qui se trouvait entre ses deux amis, et fut surprise de croiser son regard. Il lui fit un petit sourire, puis retourna à sa conversation avec Mr Fitzroy, Mr Bingley semblait être trop préoccupé par sa voisine pour participer à la conversation au grand amusement de Bennet. Cependant, à un moment, elle vit le visage de Mr Fitzroy se tendre, elle le fit remarquer à son amie, qui regarda rapidement son cousin et pâlit : ce dernier semblait fusiller du regard son hôtesse, qui se trouvait face à lui. Elizabeth ne savait pas ce qu'elle avait dit mais elle savait que, quand son cousin avait ce genre de regard, il valait mieux qu'elle intervienne rapidement. Emma regarda son amie se lever précipitamment et décida de la suivre pour être sûre que la situation ne dégénère pas car elle n'aimait pas non plus le regard de son frère. En arrivant, elle vit Elizabeth poser la main sur l'épaule de son cousin et lui dire :
« Bennet, calme-toi.
— Alors il semblerait que j'aie raison et que vous soyez une coureuse de fortune et une opportunisme Miss Elizabeth, fit Miss Bingley avec mépris.
— Je ne vous permets pas. Ma cousine n'a rien à voir avec une parvenue comme vous. »
Mr Fitzroy venait de se lever.
« Bennet, calme-toi s'il te plaît. Laisse-la dire, nous nous connaissons la vérité et nous pourrons dire à tante Helen qui est responsable de la rumeur à Londres. »
Emma regarda Elizabeth calmer son cousin, qui la regarda et soupira avant de se rasseoir et de dire :
« Lizzie, il serait temps que tu arrêtes de pardonner à ce genre de personnes.
— Elles n'ont aucune importance à mes yeux, cependant je ne pardonne pas. Je sais de plus que tante Helen n'en a pas fini avec elle. Je suis sûre que Miss Bingley regrettera ses rumeurs au prochain bal des Fitzroy. Tante Helen n'a que rarement exclu une personne pour avoir porté atteinte à sa famille et nous savons tous les deux ce qu'il risque de se passer. Cette punition sera sûrement plus forte pour elle que tout ce que tu pourrais faire. En plus, cela se serait retourné contre toi.
— Lizzie, j'aimerais que tu aies moins souvent raison.
— Tu t'ennuierais si je ne te surveillais pas. »
Elle lui sourit et entraîna son amie avec elle pour retourner à leur place. Une fois là, elles se rassirent et Elizabeth resta un moment à surveiller son cousin mais Miss Bingley ne refit pas de vagues et, quand les danses commencèrent, il semblait d'excellente humeur en venant pour inviter sa cousine. Elizabeth lui sourit et prit sa main pour le suivre sur la piste de danse. Emma regarda son amie évoluer avec grâce : elle semblait être bien plus accomplie qu'elle ne voulait l'admettre mais ce n'était pas la première fois qu'elle le remarquait. Son amie était d'une modestie totale et n'avait absolument pas le goût à la richesse et aux excès. Elle avait des goûts simples comme le montrait sa robe de ce soir, robe qui, contrairement à ce que pensait Miss Bingley, était faite avec des tissus de la meilleure qualité. En regardant Elizabeth, Emma remarqua à quel point son amie et le cousin de cette dernière se ressemblaient. Elle trouvait cela étrange de voir à quel point Elizabeth et sa sœur Mary pouvaient être différentes physiquement de leurs sœurs. Pourtant, elles étaient assez proches physiquement de leur cousin, en particulier ce soir, où Miss Mary était habillée avec une robe proche de celles que portaient ses deux aînées donc avait été mise en valeur, au lieu de se cacher comme elle le faisait habituellement dans des tenues plus strictes. Emma sentit une personne près d'elle. Elle se retourna et sourit en voyant son frère observer le couple Bennet-Fitzroy, elle aimait voir cette étincelle dans son regard. Pourtant elle ne put s'empêcher de poser la question qui lui brûlait la langue depuis si longtemps :
« Qu'a dit Miss Bingley pour mettre Mr Fitzroy dans cet état ?
— Elle demandait à Mr Fitzroy si le mensonge qu'elle avait entendu sur son lien avec "ces petites campagnardes opportunistes" était véridique ou erroné.
— Je ne vois pas pourquoi il s'est mis dans un état pareil. Il a dû entendre pire non ?
— Justement, elle ne s'est pas arrêtée là. En essayant de se faire bien voir par lui, elle a empiré les choses car, si nous ne prêtons pas réellement attention aux origines des Bingley, ce n'est pas les cas des parents de Mr Fitzroy. Ils ont toujours du mal à accepter que des personnes avec ces origines se mêlent à la haute société. Ils ont accepté de les recevoir une fois pour me faire plaisir, mais le comportement de Miss Bingley les a tellement choqués qu'ils ont refusé de la recevoir encore et donc son frère. Pourtant ils n'ont jamais rien dit sur eux, ce qui fait que personne ne s'est détourné d'eux. Mais le fait qu'elle s'en soit prise aux demoiselles Bennet risque de nuire à Charles.
— Je croyais que Mr Fitzroy l'apprécie.
— Oui et Miss Elizabeth aussi. Mais ce ne sont pas eux qui font les listes d'invités.
— Je vois. Penses-tu que cela risque de faire du tort à Mr Bingley par rapport à Jane ?
— Non. Je suis presque sûr que c'est l'une des raisons qui ont poussé ton amie à accepter de se rendre chez sa tante. »
Emma regarda son amie saluer son cousin et revenir vers elle. Elle voyait à quel point son amie était heureuse de passer du temps avec son cousin, mais elle savait aussi qu'Elizabeth aimait la danse. Pourtant elle aurait nié si on le lui avait demandé. Elizabeth ressemblait très peu aux autres jeunes filles de leur âge. Ces dernières feraient tout pour se faire épouser, mais pas Elizabeth : elle cherchait un compagnon plus qu'un mari. Elle cherchait quelqu'un qui pourrait la comprendre et la respecter et qui saurait se faire respecter d'elle. Emma se demandait si elle arriverait à ressentir cela pour son frère. Elle regarda son frère et fut surprise de le voir se diriger vers les deux cousins. Ils échangèrent quelques paroles et son frère mena Elizabeth sur la piste de danse sous le regard amusé de Charlotte et Emma. Jane elle fit un doux sourire en voyant sa sœur et Mr Darcy s'avancer. Cette dernière étant libre, Mr Fitzroy l'invita à danser pendant que Mr Bingley s'avançait vers Emma pour l'inviter. Elle accepta avec plaisir et put mieux observer son amie et son frère. Tous deux semblaient un peu tendus au début puis, la danse avançant, ils se détendirent. Si Sir William n'était pas venu les interrompre, Emma aurait été prête à parier que son frère aurait sûrement souri avant la fin. Mais le discours de ce dernier fit rougir Elizabeth, qui regarda le sol, et se refermer Fitzwilliam. Elle aurait aimé être plus proche pour pouvoir entendre ce que Sir William avait bien pu dire pour les rendre si tendus. À la fin de la danse, elle se dirigea vers son frère et l'interrogea du regard. Ce dernier lui demanda :
« Es-tu sûre des sentiments de Miss Bennet envers Charles ?
— Oui. Pourquoi ?
— Il semble que tous attentent des fiançailles pour bientôt.
— Ne t'inquiète donc pas. Tu es le premier à dire que les Fitzroy3n'apprécient pas beaucoup les Bingley. Je pense que ton ami a dû en parler avec ses cousines. De ce fait, je suis sûre que si elle l'accepte, ce sera pour de bonnes raisons et non pour son argent.
— Tu as raison. Au vu de leur famille, il est logique que Miss Bennet ne montre pas plus son attachement à Mr Bingley. Les Fitzroy sont très attachés à la bienséance et la discrétion et les deux aînées sont tout à fait dans cet esprit.
— Sinon, ta danse t'a-t-elle plu ?
— Emma !
— Allons mon cher frère, tu sais très bien que je sais tout. Tu me l'as avoué toi-même à Londres. Alors ?
— Miss Elizabeth est une excellente partenaire et elle est en plus de la plus exquise des compagnies. Voilà es-tu satisfaite ?
— Pour le moment. Mais j'ai une autre personne à interroger.
— Qui donc ?
— Mon amie voyons. Et je pense que tu as des comptes à rendre au cousin de ta belle. »
Elle lui montra du regard Mr Fitzroy, qui se dirigeait vers eux, pendant qu'elle s'échappait pour se diriger vers son amie. Cette dernière semblait gênée, Emma décida donc de ne pas insister si son amie se désistait :
« Elizabeth, qu'avez-vous pensé de votre cavalier ?
— C'est une personne des plus intéressantes. Je ne verrai aucun inconvénient à mieux le connaître. C'est la seule chose que je puisse dire pour le moment, même si je dois admettre que je comprends mieux votre attachement pour votre frère. »
Emma sourit en entendant son amie parler ainsi de son frère. Peut-être que tout espoir n'était pas perdu. Mais elle n'aurait jamais osé en faire part à aucun d'entre eux. Elle sourit et demanda :
« Quand partirez-vous ?
— Sûrement d'ici deux ou trois jours. Ma tante, qui ne pouvait organiser son traditionnel bal de Noël, a décidé de le faire plus tard cette année. Elle veut que mon cousin, et moi par extension, soyons présents.
— A-t-elle envoyé les invitations ?
— Non pas encore. Elle doit vérifier qu'il n'y ait pas de bal au moment prévu car elle sait qu'il y en avait un à une époque. »
— Pourquoi vous demander aussi tôt ?
— Je pense que, vu la teneur des rumeurs, elle semble vouloir me préparer à organiser de grands événements.
— Pardon ? »
Elizabeth rougit et dit :
« La rumeur est nominative Emma. En réalité, les noms de Mr Bingley et de votre frère sont associés aux nôtres.
— Je comprends mieux que votre tante vous fasse venir auprès d'elle.
— Emma je vous prie. Il s'agit de votre frère. Je ne suis pas sûre d'être la personne la mieux pour lui. J'ai beau avoir eu une éducation en partie aidée par ma tante, je reste la fille d'un gentleman pauvre, mon grand-père ayant ruiné la famille.
— Elizabeth, mon frère n'a aucun besoin d'une épouse avec une dot élevée. Il lui faut juste une épouse qui l'aime pour lui et non pour son domaine. Mais ni vous ni lui n'en êtes là. De plus, vous n'y êtes pour rien si Miss Bingley a lancé cette rumeur. Par contre, maintenant que j'en sais un peu plus, je vais prévenir mon frère pour qu'il ne soit pas surpris.
— Emma, êtes-vous sûre qu'il ne m'en tiendra pas rigueur ? Nous commençons juste à nous connaître assez pour avoir des discussions intéressantes.
— Ne vous inquiétez pas Elizabeth. Je suis sûre que tout se passera bien. »
Elizabeth soupira. Elle aimait beaucoup Emma et commençait à apprécier son frère mais cette rumeur les concernant la dérangeait, surtout quand on savait qu'il était très réservé pour justement éviter ce genre de rumeur. Emma changea alors de discussion, ne voulant pas la mettre encore plus mal à l'aise. Elles discutèrent un peu en étant régulièrement interrompues par des invitations. Certaines furent acceptées et d'autre non. Emma eut la joie de voir son frère inviter encore deux fois son amie. Il l'invita elle aussi, ainsi que Miss Bennet. Elle les vit discuter, sûrement pour s'assurer des sentiments de Miss Bennet pour son ami. Emma savait qu'il la croyait, mais il devait s'en assurer à sa façon quand même. Le bal se passa remarquablement bien, les deux soucis du début passèrent inaperçus.
Pourtant, le lendemain, il se passa quelque chose de totalement inattendu. Mr Fitzroy se présenta assez tôt, sans pour autant qu'il soit trop tôt. Il avait su faire entre l'urgence et la bienséance. Il demanda à voir Mr Bingley et Mr Darcy. Emma échangea un regard surpris avec son frère mais ne laissa rien voir et se replongea dans son livre. Peu après, Mr Bingley sortit furieux de son bureau, Fitzwilliam semblait être également très en colère et Emma se demanda ce que son amie lui avait caché concernant les rumeurs londoniennes. Elle regarda Mr Bingley demander à sa sœur de le suivre. Mais elle ne dit rien se contenta se saluer le visiteur, qui lui dit :
« Je suis désolé d'avoir dû vous déranger, mais je dois partir demain et cette affaire ne pouvait pas attendre. Ma mère tenait à ce qu'elle soit réglée avant mon départ.
— Partez-vous déjà ?
— Oui, ma mère estime que, vu les rumeurs, il est plus que temps que mes cousines retournent dans le monde et elle veut que ma chère cousine Elizabeth l'aide à préparer le bal. Mais ma mère hésite toujours sur la date donc je pense que ce n'est qu'une excuse pour protéger Elizabeth des manigances de ma tante.
— Quand votre mère voudrait-elle organiser le bal cette année ?
— Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose de vous le dire, mais bon vous êtes sur la liste d'invités comme tous les ans donc je vais vous le dire. Elle voudrait le faire à la période où votre mère faisait le sien, enfin uniquement pour cette année : nous reprendrons nos habitudes après.
— Je vous remercie de nous avoir prévenus, Fitzroy, et dites à votre mère que tant qu'il n'y aura pas de Mme Darcy, il n'y aura pas de bal, lui dit Mr Darcy.
— Je vous remercie. Je suis désolé que vous ayez été mêlé à cette sordide histoire ainsi que Miss Georgiana, répondit Mr Fitzroy.
— Comment cela Georgiana ? demanda Emma.
— Que vous a dit Elizabeth sur les rumeurs ?
— Pas grand-chose. Seulement que le nom de mon frère et de Mr Bingley avait été cité.
— Miss Bingley a insinué que Mr Bingley et votre jeune sœur se seraient fiancés.
— Pardon ? »
Emma sentit la colère monter en elle.
« Je comprends mieux la raison du silence de ma cousine. Elle devait se douter de votre réaction Miss Darcy. »
Emma sourit et dit :
« Oui, Elizabeth me connaît mieux que je ne l'aurais cru.
— Elizabeth a une grande capacité à juger les caractères, du moins en temps normal. Il semble que sa clairvoyance ne soit plus ce qu'elle était, à moins que ce ne soit son orgueil bafoué qui parlait, ce qui en un sens ne serait pas étonnant. »
Emma sourit encore plus à cette phrase, sachant de qui Mr Fitzroy voulait parler. Ils discutèrent ensuite des projets des Darcy dans les semaines à venir, Bennet Fitzroy attendant le retour de Mr Bingley pour prendre congé. Au bout d'un moment la discussion tomba sur le locataire de Netherfield et de ses progrès et surtout de l'espoir de Mr Fitzroy de ne pas retrouver une cousine avec le cœur brisé la prochaine fois qu'il la verrait. Mr Bingley sorti enfin de son bureau et Miss Bingley monta rapidement dans ses appartements pendant que son frère revenait vers ses invités et visiteur. Il soupira et dit :
« Mr Fitzroy, je m'excuse encore du comportement de ma sœur. Je n'aurais pas pu imaginer qu'elle aille jusque-là en oubliant toute bienséance et en oubliant son rang.
— Je sais que vous êtes de bonne foi, vous ressemblez trop à ma cousine Miss Bennet pour voir le mal. Malheureusement, cette histoire risque de vous fermer de nombreuse porte à Londres. Sans l'amitié de Mr Darcy pour vous et la demande de mes cousines, je pense que ma mère ne vous aurait jamais plus reçu, même si les espoirs de ma tante se réalisent. Mais vous avez de la chance : elle ne peut rien refuser à Miss Elizabeth, fit Mr Fitzroy.
— J'ignorais le poids de Miss Elizabeth. Je vous prie de lui transmettre mes remerciements. Quant à ma sœur, elle va aller vivre avec les Hurst. Je me refuse à la loger plus longtemps. Vraiment je ne comprends pas ce qu'il lui a pris de se comporter de cette façon.
— Ma cousine est soit adorée soit détestée. Je pense que votre sœur était jalouse de Miss Bennet : ma cousine est malheureusement pour elle d'une extrême beauté et, lors de sa seule saison, beaucoup se sont intéressés à elle pour sa beauté et le lien de parenté avec nous. Jane n'a pas la capacité de se défendre de sa sœur malheureusement, elle est trop douce et gentille », fit tristement Fitzroy. Puis il se ressaisit et dit : « Bien, excusez-moi, mais je dois envoyer un exprès à ma mère pour lui annoncer que tout est arrangé et notre départ à Miss Elizabeth et moi. »
Il salua tout le monde puis partit. Mr Bingley semblait abattu par la tournure des événements. Il ne se savait pas quoi faire, il ne devait sa place dans le monde qu'à ses amis et ce que venait de faire sa sœur le mettait dans l'embarra et surtout compromettait ses plans pour l'avenir. Emma le remarqua et dit :
« Mr Bingley, ne devriez-vous pas aussi vous rendre à Longbourn pour savoir si vos projets sont toujours possibles ? Après tout il semblerait que les demoiselles Bennet vous défendent et Miss Elizabeth me disait que la seule volonté de son père concernant les époux de ses filles étaient qu'ils soient dignes d'elles et surtout qu'ils les rendent heureuses.
— Le pensez-vous vraiment Miss Darcy ?
— Si ma sœur vous le dit, Bingley, c'est que c'est vrai. Faites ce que vous avez à faire », lui répondit Darcy en souriant.
Mr Bingley regarda son ami et sembla réfléchir avant de les quitter, sûrement pour se rendre à Longbourn. Emma sourit en se disant qu'une de ses amies aurait au moins la chance d'avoir trouvé une personne qui lui plaisait réellement et qui allait la demander en mariage. Elle aurait voulu que son frère puisse faire la même chose mais il était encore un peu trop tôt pour cela.
