ATTENTION, SEXE dans ce chap' ! Vous êtes prévenus ! ^^ Attendez le "/FIN ATTENTION/" pour ceux qui ne sont pas intéressés ! ^^


Je me fige, retrouvant immédiatement la tête froide. C'est mot pour mot, geste pour geste ce que... J'envoie brutalement mon coude en arrière, mais l'homme dans mon dos, bien réel, l'évite avec une rire rauque de fumeur et me tord le bras dans le dos, avant de me plaquer brutalement contre le mur. Mer** ! On dirait qu'il est pas du genre à se laisser prendre à deux fois par une même technique ! Une main vient s'inviter dans mes cheveux, et ses lèvres goûtent ma peau. Je déglutis :

« L... Lâche-moi, bat*** !

- Mmm... Tu insultes ton grand frère adoré ? C'est pas joli-joli, ça...

- La ferme ! Arrête de me prendre pour un imbécile, Vic, et lâche-moi tout-de-suite !

- Tss ! Tu étais bien plus sexy tout à l'heure. (il lèche mon oreille, me faisant rougir) Tu m'as mis la trique, à te déhancher comme ça, sal***. Et pourtant, ch'uis pas branché mec.

- Espèce de... Redis-ça pour voir !

- Tut, tut, tut. Doucement sur les injures, Black, tu pourrais le regretter.

- Y'a pas moyen, sale dégénéré !

- Dit celui qui gémissais il n'y a même pas une minute en imaginant être touché par son prétendu meilleur ami... »

Je rougis. Put** ! Qu'est-ce qui m'a pris de faire ça dans un lieu ouvert aux quatre vents, juste pour quelques jours passés sans Eddie ? J'aurais mieux fait d'attendre d'être dans ma chambre, comme d'habitude ! A croire que je cherchais les ennuis... Mais quel c** !

« Plus rien à dire, mon petit chaton ?

- Tu m'appelles encore une seule fois comme ça, et je t'arrache la langue ! crachais-je en tentant de libérer mon bras.

- Voyons ça, alors... »

Et il agrippe mes cheveux encore mouillés, tire ma tête en arrière, et m'embrasse voracement. Surpris, les yeux grands ouverts, je ne réagis pas tout de suite. La seconde d'après, j'essaie vainement de repousser l'attaque, avant de me faire submerger par l'expertise du gangster. 'Faut dire que j'ai pas vraiment d'expérience en baiser, alors il a aucun mérite, quelque part... Enfin, quand je suis à deux doigts de tomber dans les pommes par manque d'oxygène, il libère ma bouche et me laisse galamment me reprendre, le front contre le mur, la respiration saccadée, et les jambes tremblantes. Dire que lui n'est même pas essoufflé. Il semble même particulièrement fier de sa prestation, comme l'atteste la main qui s'aventure sur le haut de ma cuisse peu de temps après.

« Eh bien, que t'arrive-t-il, mon petit Black ? Ma langue n'est même pas éraflée...

- Ngh... Tes partenaires ne t'ont jamais dit de la fermer ?

- ... Disons que d'habitude, elles me tombent dans les bras dès le premier baiser.

- Ah. Ça va les chevilles ? Désolé de te décevoir, mais au cas où tu n'aurais pas remarqué, je ne suis pas une femme, et loin de là. Alors maintenant que tu t'es bien amusé, tu ne voudrais pas aller voir ailleurs si j'y suis ?

- Mmm, laisse-moi réfléchir... (il tord un peu plus mon bras) Non, j'aime beaucoup cette situation. Pas toi ?

- Vas te faire foutre, con**** !

- C'est toi que je vais foutre, sal** ! » réplique-t-il en me léchant l'oreille.

Et il introduit brutalement deux de ses doigts dans mon intimité. Un cri muet sur les lèvres, je me mords le poignet jusqu'au sang, refusant de me laisser gagner par la peur qui me tord les entrailles.

« On dirait que j'ai trouvé comment te faire taire, mon gars. Pas trop inconfortable, en bas ?

- Ggh... Retire-les tout-de-suite, espèce de... (les doigts bougent)... ngh !

- Certainement pas. C'est pas tous les jours qu'on peut voir un type prétentieux comme toi aussi docile, soumis, alors qu'il va se faire enculer !

- Sale... ! Mmm, non ! Ne les bouges pas ! m'interrompais-je en retenant un gémissement de douleur.

- Tu es sûr ? Tu as l'air d'aimer ça, pourtant... dit mon tortionnaire en passant une de ses jambes entre les miennes, frottant mon érection provoquée par les attouchements de tout à l'heure.

- Non... »

Il enfonce un troisième doigt, m'obligeant à me cambrer pour limiter la douleur. D'autant plus que ce salop*** appuie bien là où ça fait mal (dans tous les sens du terme, malheureusement). Je ne remarque même pas qu'il a lâché mon bras, préférant venir titiller un de mes tétons, se collant lascivement à mon dos pour sentir le moindre de mes frissons et m'entendre retenir mes gémissements. D'ailleurs, même si j'avais remarqué la liberté nouvelle de mes membre antérieurs, je n'aurais rien pu faire, les doigts s'enfonçant plus loin à chaque signe de rébellion. Mer**... Ça fait mal... songeai-je en serrant les dents. Eddie, mais qu'est-ce que tu fous ?

J'ai l'esprit complètement embrouillé, je ne sais plus bien où je suis, ou ce que je dois faire, en-dehors de repousser quoi qu'il arrive le corps pressé contre le mien. Chaque effleurement de l'homme qui me tient ainsi en son pouvoir me partage entre le dégoût profond que je ressens pour cet ignoble individu, et le désir qu'il a allumé en moi au fil de ses caresses. Mes joues, mes lèvres, tout mon corps me brûle, partout où il m'a touché, le repoussant et l'accueillant tout à tour. Ce qui semble au passage bien amuser Vic, qui me souffle :

« Et si on passait à l'étape supérieure ? »

Mon cœur rate un battement. Non. C'est une blague. Il ne compte quand même pas aller jusqu'au bout, si ? Le bruit d'une fermeture éclair que l'on descend et l'érection évidente que je sens contre mes fesses me suffit pour que je donne un bon coup de boule dans la tête du gangster, avant de lui défoncer le tibia du talon. Son rugissement de colère me réjouit. Enfin, seulement quelques secondes, en fait. Parce que contrairement à ce à quoi je m'attendais, mes coups ne lui ont absolument pas fait lâcher prise. Glurps ! Je vais déguster ! réalisai-je.

« Alors là, ne t'attends pas à ce que j'y ailles doucement avec toi, espèce de petit bât*** ! » gronde Vic.

Un autre bruit de tissus, et il a attaché mes mains dans le dos. Puis il enfonce entièrement ses doigts dans mon cul. Il me faut toute ma volonté pour ne pas pousser un cri de douleur, qui n'aurait eut pour seule conséquence que d'encourager encore plus ce malade à me défoncer. Malgré mes efforts, je sens que les larmes ne guettent qu'un signe de faiblesse, aussi petit soit-il, pour couler. J'ai mal, vraiment mal. Et je sais que c'est encore loin de ce qui m'attend.

Bon sang ! Je pourrais pas avoir une crise, là, maintenant ? Si je tuais Vic dans cet intervalle, je n'aurais qu'à dire que c'était de la légitime défense, et que je n'était d'ailleurs pas maître de moi-même à ce moment. Ou je pourrais me tirer en me lavant les mains de ce que penseront ceux qui découvriront le corps... Pour la forme, je me débat un peu, même si je ne me fais pas trop d'illusions.

« Ne compte pas sur l'aide de qui que ce soit, Black. Personne ne viendra t'aider à cette heure. Tu vas me supplier d'arrêter, sale petit c** ! me siffle perfidement le gangster à l'oreille. Et je te défoncerais encore plus fort !

- Non...

- Oh si ! » confirme Vic en se plaçant à mon entrée après m'avoir bestialement plaqué contre le mur.

Ce contact, qui me dégoûte tellement, ravive des souvenirs que je m'étais pourtant entêté à oublier le plus vite possible, dans la douce protection dispensée par l'ombre d'Eddie. Tu commences à avoir peur, mon chaton ? me susurre une voix que j'ai damnée plus d'une fois. La voix d'Hugues. Cette vision, ce contact, tout cela me fais enfin basculer dans ces crises dont je me croyais pourtant débarrassé, et que j'ai souhaité si ardemment un peu plus tôt. Un coup dans les couilles, un autre dans le ventre, et j'ai écarté ce malade de moi. Encore deux coup de pieds, et il est à terre.

Profitant de mon nouvel état de lucidité, je tente de délier mes mains le plus vite possible. Et je vois Vic se relever, sans mal apparent. Je crois bien que c'est la première fois que quelqu'un se relève aussi vite après avoir reçut autant de mes coups à la suite. Ma mâchoire dois traîner au sol, là. Évidemment. J'aurais dû m'en douter. Après autant de temps, ma crise ne pouvait pas être aussi violente que les premières fois. Comme quoi, être coincé une partie de son temps avec un psy, et le reste avec un gars bourré de bonnes intentions, c'est mauvais pour moi. Trop peu d'adrénaline.

Le gangster ne me laisse évidemment pas le temps de me remettre de ma surprise et me projette violemment contre le mur des douches. Je me le prends de plein fouet, encore sous le choc, et m'ouvre profondément l'arcade sourcilière. Je le sais parce que seulement quelques seconde plus tard, un sang épais et chaud coule sur mon œil, m'aveuglant puisque mes mains attachées m'empêche de l'essuyer.

J'ai mal à la tête. Put** ! Tout est trouble, là... Mais Vic n'en a pas fini avec moi. M'attrapant par le bras, il me force à me relever. Bien sûr, même si je ne vois pratiquement rien avec un œil fermé, et la vision brumeuse, ça ne m'empêche pas de ruer autant que je peux. Et comme ça le fais absolument pas lâcher prise (il va me broyer le bras, s'il continue !), je décide de passer au plan B. Plan nettement moins reluisant. En fait, il porte carrément atteinte à ma fierté.

« Non ! Arrête ! Laisse-moi tranquille ! EDDIE ! EDDIE, BOUGES-TOI LE CUL, BOR*** !

- La ferme ! » aboie Vic en me bâillonnant de sa main et enfonçant de nouveau ses doigts en moi, à défaut de sa queue.

Je me mords les lèvres, regrettant presque mon éclat de voix. Mais Vic aurais dû m'arrêter plus vite. Trop tard. Des pas se font entendre dans les vestiaires :

« Vic, qu'est-ce que tu fous ? C'est quoi tous ses cr... » demande un certain rouquin de ma connaissance, avant de se figer net en croisant mon regard apeuré.

Dire que j'aurais aimé qu'il ne me voit jamais dans cette situation...

Eddie se fige devant le spectacle qui s'affiche devant lui. Black, son frère de cœur, est complètement nu, couvert de bleus, et une vilaine coupure au-dessus du sourcil saignant encore, salissant le mur où l'a plaqué son ami, dont le pantalon à la braguette ouverte veut déjà tout dire. Le visage tordu par la douleur et la honte, le cadet détourne la tête, refusant de croiser le regard de son grand frère. Vic, pas gêné pour un sou, sourit à son ami :

« Eh bien, Eddie ! On n'attendait plus que toi pour commencer ! (il se penche sur Black, qui frissonne) Black t'a appelé, mais comme tu n'arrivais pas, je me suis permis de commencer la fête.

- Vic. Ferme-là... lâche le plus jeune, regardant toujours obstinément dans la direction opposée à celle du rouquin.

- Le minimum, quand on parle à quelqu'un, c'est de le regarder en face, Black... Tu le sais, n'est-ce pas ? »

Le brun se raidit, et Vic le force à se tourner face à Eddie, dévoilant au regard de l'aîné l'érection évidente du jeune homme, tranchant avec l'air dégoûté qu'il affiche. Eddie, interdit, ne peut détourner les yeux du corps de son cadet. Il ne le savais pas aussi... Il sent une bouffé de chaleur inattendue monter en lui et secoue la tête pour la chasser. Vic, voyant la résistance des deux hommes et n'étant absolument pas prêt perdre l'amitié précieuse du rouquin avant sa sortie de prison définitive, sourit et saisit sa victime par les cheveux, avant de l'obliger à se pencher en avant dans une position très explicite. Puis il lance, relevant la tête du jeune homme :

« Vas-y Eddie, il attend que ça ! Pas vrai, p'tite p*** ? » ajoute-t-il à l'adresse de Black en bougeant ses doigts et obtenant en réponse un gémissement étouffé du brun.

C'en est trop pour Eddie, qui serre les poings et tranche froidement :

« Lâche-le tout de suite.

- Quoi ? Tu ne veux même pas t'amuser un peu ? demande l'homme, une moue déçue plaqué sur le visage.

- Abuse pas de ma patience, Vic.

- C'étais pas mon intention ! (il retire brutalement ses doigts du plus jeune, lui arrachant un hoquet de douleur) Tu vois, je te le rends, ton petit frère adoré ! »

/FIN ATTENTION/

Eddie ne répond rien et ignore son sourire faux pour s'avancer vers Black, qui tente de se remettre comme il peut sur ses pieds, tremblant, dos aux deux autres hommes. Lorsqu'il pose sa main sur son épaule, le jeune homme le repousse violemment, lui hurlant :

« Dégage ! Ne me touche pas, espèce de traître ! »

Ces mots, tellement injustes, frappent le rouquin en plein cœur. Black ne lui a jamais parlé comme ça. Il déglutit. Est-ce qu'il est en pleine crise ?

« Black...

- Ne m'approche pas... Va-t-en... Va-t-en... murmure le brun d'une voix rauque. J'veux pas que tu me vois comme ça... »

Le visage du rouquin s'assombrit d'un coup, et il se relève. Le voyant arriver droit sur lui, bien que sentant que quelque chose cloche, Vic l'accueille à bras ouvert :

« Viens, mon pote ! On va voir ailleurs si on peut pas trouver deux jeunes femmes pleines de bonnes intentions pour passer la n... »

Le coup de poing phénoménal du rouquin le coupe dans son élan, l'envoyant au sol. Choqué, l'homme porte la main à sa joue, où un bel hématome se forme lentement sous la peau. De son côté, Eddie le regarde avec tellement de distance qu'il croit un instant avoir perdu pour de bon son emprise sur le rouquin. Mais celui-ci lâche juste :

« Ne t'approche plus jamais de Black, pigé ? Je te vois encore une fois lui tourner autours, et pote ou pas, je te dégomme.

- Et si c'est lui qui me cherche ? » plaisante Vic.

Chose qu'il regrette aussitôt en avisant le regard glacial d'Eddie. Levant les mains de chaque côté de la têt, il sourit et dit d'une voix rieuse :

« Allez, je rigole ! Le prends pas comme ça, p'tite bite !

- T'as suffisamment rigolé pour aujourd'hui, non ?

- ... Ouais, t'as raison. J'vais y aller, alors.

- Ce serait bien, ouais. »

Vic jette un coup d'œil à sa victime, qui s'est reprise et relevée pour prendre ses affaires dans les vestiaires, enfilant le plus vite possible ses vêtements pour cacher les marques laissées sur son corps mate. Il reste un instant hypnotisé par les gouttes roulant tout le long du dos musclé du jeune homme, jusqu'à ce qu'il masque cette partie-là de lui aussi. Sous le regard désapprobateur d'Eddie, le gangster sort des vestiaires, non sans avoir remontée sa braguette et attrapée sa veste balancée sur les bancs de la pièce.

Il en profite d'ailleurs pour effleurer Black du bout des doigts, chose qu'Eddie ne voit pas. Le brun se recule aussitôt de plusieurs mètres, comme piqué par un insecte, se forçant à rétablir un visage impassible sous le regard de prédateur de Vic. Le grondement d'avertissement d'Eddie fait déguerpir en vitesse le gangster. Une fois dans le couloir, il sourit, allumant tranquillement une cigarette. Il a bien grandit, ce foutu gamin de Rio ! Il a le même cran de son père !

« Black, tu m'en veux encore ?

- Fous-moi la paix ! » grognai-je.

Eddie a insisté comme une mule pour me raccompagner jusqu'à ma chambre, et maintenant, il ne semble pas pressé d'en repartir. Moi, j'ai juste balancé mes affaires de piscine dans un coin, avant de prendre un caleçon et un peignoir dans mon armoire, avant de me précipiter dans la douche sans un mot pour mon frère. Je me sens si sale. Comme la fois où Hugues m'avait touché. Sauf que la, c'était encore pire. Parce que j'ai réagi au touché de ce dégénéré. Mer** ! Comment j'ai pu me laisser faire par un type pareil ?

Le rouquin ne cesse depuis de me parler à travers la porte, et n'obtenant aucune réponse, pousse à chaque fois un grand soupir. Bouillant de colère et d'amertume contre moi-même, je tente de ne pas déchaîner tout mon trop plein d'émotions sur lui, après tout, il essaie juste de savoir si vais bien, même s'il s'y prend comme un manche. Mais comment lui avouer que c'est parce que je me masturbais en pensant à lui que Vic m'a piégé dans cette gênante situation ?

« Et mer** ! Put** de mer** ! jurais-je.

- Un problème ?

- NON !

- Okay. »

Silence. Je regrette d'être aussi dur avec Eddie. Il n'y est pour rien. Il m'a même encore sauvé la mise. En fait, c'est surtout pour ça que je m'énerve : m'a encore sauvé. Comme cette fois avoir Hugues. Je ne suis jamais capable de faire quelque chose pour moi correctement. Ma vengeance, mon entraînement, et même mon enfance n'ont été que de la mer**. Par ma faute. Les autres autours de moi n'ont fait qu'essayer de rattraper mon niveau de mer**. J'ai tué des gens par mon incompétence (je parle de Harris et Wilson, là). Bref, je suis un nul quand ça me concerne. Bord** ! J'aurais dû pouvoir me débarrasser de Vic sans la moindre difficulté ! Au lieu de ça, j'ai tremblé sous ses caresses comme une midinette ! Pas étonnant qu'il ait cru que j'avais le feu au cul ! Rien qu'y penser, ça me donne envie de vomir.

« Dis, tu sais, tu peux me le dire, hein... J'te jugerais pas... On a tous nos petits penchants, de ce côté-là... me dit soudain Eddie derrière la porte.

- De quoi tu parles ? lui demandais-je, les sourcils froncés, attrapant une serviette pour me sécher.

- Eh bien... C'est que tu ne semblais pas trop détester ce qu'il te faisait...

- QUOI ?

- Eh, calme ! C'est juste que je m'attendais à ce que tu... bah, te débattes, quoi. T'es pas du genre à renoncer, quand on t'em*****, en général. Alors, j'me posais deux ou trois questions, quoi... »

Je pâlis. Et si il avait compris que je suis...

« Tu sais, le masochisme, c'est pas bien vu, en tant qu'homme, mais si tu te trouves une copine dans le genre dominatrice, je suis sûr que... »

Là, j'avoue, je craque et explose de rire. Plié en deux de rire, j'ouvre la porte, un énorme sourire en travers du visage, les larmes aux yeux. Eddie a l'air complètement perdu. L'air bourru, il grogne :

« Ben merci. J'essaie de te comprendre, de me mettre à ta place, et tu me ris au nez. Vraiment, sympa.

- Ah ! Excuses-moi ! C'est juste (j'essuie mes larmes et pose mes deux mains sur les épaules de mon ami)... que tu es complètement à côté de la plaque !

- Ah ouais ? Alors tu expliques comment que t'ai eut la trique alors que Vic te... » essaye-t-il, sans finir sa phrase, gêné.

Je prends une grande inspiration. J'ai plus du tout envie de rire, maintenant. J'peux pas y aller par quatre chemin, et ça fait trop longtemps que je lui cache ça. Mais j'aurais bien voulu garder le secret encore un bon moment...

« Je suis gay, Eddie. Tout simplement. J'ai réagi parce que c'est un mec. »

La mâchoire de mon ami se déboîte carrément à cette annonce, il me regarde avec de grands yeux écarquillés, mais au moins, il n'a pas reculé. C'est un bon début, quelque part. Mon frère de cœur se passe une main sur les yeux, avance sa main, hésite, me regarde encore, croisant mes yeux incertains, puis soupire.

« T'aurais pas pu trouver plus simple, non, comme orientation sexuelle ?

- Si. Je pourrais être attiré par les femme trans. »

Le rouquin verdit.

« Désolé, là, j'peux pas imaginer !

- Tu imagines trop, justement ! » Riais-je, soulagé qu'il ne me reproche rien.

Je laisse retomber mes bras et me dirige vers l'armoire pour prendre un caleçon (je rappelle que j'ai seulement une serviette autours de la taille), sentant ses yeux toujours posés sur moi. Je sens qu'il veut me demander quelque chose. Le lit craque, signe qu'il s'y est assit. Il me regarde. J'ai laissé tomber la serviette. Je ne me suis jamais caché devant lui. Sauf que là, je sens encore les caresses de Vic sur ma peau, et le regard de mon ami pourrait être bien mal interprété par mon esprit tordu... Je passe rapidement mon caleçon, puis enfile un peignoir de bain par-dessus. Je n'ai jamais fait ça avant. Et eddie ne manque pas de le remarquer. Il soupire (encore !).

« Je ne vais rien te faire, tu sais.

- Qu'est-ce qui te fais croire que je n'aimerais pas que tu me fasses quelque chose, justement ? le provoquai-je en me retournant.

- Tu veux ?

- Qui sais ? »

Mon regard se fait plus tendre et Eddie détourne le regard le premier, le visage fermé. Ses poings se serrent, ses yeux fuient les mien. Il fini par lâcher, la colère grondant :

« Alors c'est comme ça que tu me vois ? Un gars de plus sur ta liste ?

- Tu veux rire ? T'es surtout le seul mec potable sur plusieurs kilomètres à la ronde, oui !

- ... Tu le penses pas sérieusement.

- Si. Mais t'es un frère avant tout pour moi, t'inquiètes. J'vais pas te sauter dessus. Et cette fille, là, Mina, elle va m'arracher les yeux si j'essaie !

- Donc, tu ne m'approches pas, simplement parce que tu as peur de la vengeance de ma copine ? Me demande le rouquin, un sourcil interrogateur levé.

- T'as rien écouté, hein ?

- Seulement ce qui m'intéressait.

- C'est bien ce que je pensais. »

Je me laisse tomber à côté de lui. Je l'ai vu sursauter. Ça commence. J'aurais peut-être pas dû jouer. J'vais lui faire peur, maintenant. Et j'en ai vraiment pas besoin. J'ai besoin de son amitié, à défaut du reste. Je lance, pas sûr de moi :

« Je te dégoûte, hein ? »

Une seconde plus tard, il m'a pris dans ses bras. Le nez dans son épaule, je m'autorise à me détendre et fermer les yeux. Il me détache les cheveux, y passe ses doigts. Comme d'habitude. Ce contact est tellement doux. J'en ai tellement besoin, aussi... Pourquoi j'attire que des malades, au juste ? 'Pourrait pas y avoir un clone d'Eddie, mais gay, qui débarque et me drague ? Pourquoi ça pourrait pas se passer comme ça, hein ?

« Eddie... J'en ai ras-le-bol de cette vie.

- ... Ça veut dire quoi, ça ?

- Que j'ai l'intention d'arrêter tout. Les missions, squatter ici... J'ai envie de faire ma vie à côté. J'ai envie de vivre ma vie.

- Et tu la vis peut-être pas, là ? T'es mort ?

- Non. Mais vivre seulement pour une vengeance que je n'arriverais jamais à accomplir (j'ai même pas été foutu de dégommer tous les gangs du coin, alors du monde, faut pas y compter), c'est vraiment la mer**. »

Je m'interrompt un moment, levant les yeux vers le plafond de la chambre. Là-haut, la peinture commence à s'écailler. Qu'est devenu le gamin de quatorze ans que j'étais en arrivant ici. Il a pas beaucoup évolué. Mais ma colère, ce terrible sentiment d'injustice à disparut depuis longtemps, ou tout du moins, ne me fait plus autant souffrir qu'avant. Il est temps de sortir de cette spirale infernale. Ou sinon, tout va recommencer.

« Et Wilson et Harris ? » me questionne Eddie.

Mon cœur se sert. C'est vraiment petit de me les rappeler alors que j'essaie justement de les oublier. Mais, j'ai déjà une réponse derrière laquelle me cacher. Comme j'ai toujours fais.

« Tous les hommes de Brooklyn sont morts depuis longtemps. J'ai retrouvé leurs corps dans la semaine où je les abandonnés. On leur a rendu tous les hommages possibles. J'ai donné tous l'argent de mes primes à leurs compagnes pendant jusqu'à mes dix-huit ans. J'ai rien à me reprocher, et eux non plus. J'pouvais rien faire, à l'époque. J'étais qu'un gosse aveuglé par la haine. Rien qu'un pauvre gosse. »

Eddie me sert plus fort contre lui. Son cœur s'est un peu accéléré. Son souffle est plus chaud, aussi. Je suppose qu'il ne vaut mieux pas que je me retourne pour le voir. Il déteste qu'on le voit pleurer, même si c'est trois larmes. Comme si on se connaissait pas depuis suffisamment longtemps pour que j'ai le droit au moins à ce privilège. Je comprends pas. Je me cache pas de lui, moi. C'est bien le seul, d'ailleurs. Alors pourquoi j'ai pas le droit au même traitement de faveur, de son côté ? Puisque je ne peux rien faire d'autre, je ferme les yeux, me retourne, et passe mes bras autours de son cou, laissant ma tête glisser sur son épaule. Elle tremble. Mince, ça doit être un peu plus grave que je pensais ! Je sens des larmes mouiller mon cou, et me pelotonne un peu plus contre lui. Mon cœur me fait mal, tordu de culpabilité.

On reste comme ça jusqu'à ce qu'il se penche pour attraper quelque chose (un mouchoir, certainement). C'est le signal. J'ouvre les yeux. Les siens ressortent encore plus à cause de toutes les rougeurs autours. Et ses cheveux roux n'arrangent rien. Les miens doivent être complètement ébouriffés, et plein de nœuds, mais je lui souris quand même. Un petit sourire désolé qui semble le désespérer encore plus. Son front contre le mien, il souffle :

« Alors c'est sûr ? Tu as pris ta décision, pour de bon ?

C'est bon, tu sais, ch'uis encore là pour un moment. Mais j'voulais te l'annoncer un peu plus tôt, pour que t'es pas de mauvaise surprise le jour où je décides de me faire la malle.

Parce que tu vas te barrer derrière notre dos, en plus ? »

Il est en colère. Je réplique, le regard dur, la mâchoire serrée :

« J'ai pas confiance en Joe. (Eddie se raidit) Il me laissera pas partir, tu le sais bien. Autant me faire passer pour mort. J'pourrais refaire ma vie. Vous aurez pas besoin de vous occuper de moi.

- Mais... où t'iras ?

- Loin. J'veux pas que vous retrouviez. Ça mieux pour nous tous. Je doute que tu souhaites me tirer une balle dans la tête pour désertion de poste. Ou que ce soit ton père qui s'en charge. »

Il y a tant de douleur dans ses yeux. Des reproches, à peine voilés aussi, des doutes, de la colère. Tout, tellement de choses, d'émotions qu'il ne m'a montrées que ponctuellement. Je les retrouve toutes en quelques secondes. Je l'ai jamais vu aussi désarçonné. J'avance une main, caresse son visage, et la glisse dans ses cheveux. Puis, tout doucement, je l'attire vers moi, jusqu'à ce que nos lèvres s'effleure.

La suite ne dépend pas de moi. J'avais l'intention de ne pas aller plus loin. Mais pas Eddie. Il se jette sur ma bouche comme prit de folie, la dévorant, me renversant sur le lit pour m'empêcher de me débattre. Et quand il l'abandonne, c'est pour passer ses mains dans mon peignoir, mordillant mon cou tandis que je soupire de plaisir, incapable de le repousser. Il arrache presque mon haut, avant de s'arrêter. Ses yeux sont si brûlants sur moi. Puis je me rappelle de la première fois où je me suis touché en pensant à lui, et du dégoût qui a suivi. Alors, je détourne le regard et remet le peignoir, malgré mon sexe trop à l'étroit dans mon caleçon.

« Désolé, Eddie. J'veux pas de ça entre nous...

- Vraiment ? (l'homme passe un bras autours de ma taille, avant de glisser sa main jusqu'à la bosse de mon sous-vêtement) Et ça, c'est arrivé tout seul, peut-être ? (il mord mon oreille, me faisant trembler) Tu as en a envie, Black. Et moi aussi, maintenant que je t'ai vu. »

Mon cœur palpite. Alors, je ne le dégoûte pas ? Il... me désire ? Je secoue la tête. Mais pour combien de temps ? Combien de temps avant que je ne le révulse, encore plus après m'être offert à lui ? Je serre les dents sous ses caresses, et me dégage. Quand je me retourne, son visage est dur et ses yeux, insensibles. Pendant un instant, j'ai presque envie de revenir vers lui. Mais j'ai déjà choisi, je ne peux pas faire demi-tour sans perdre son estime toute entière. Je prends une grande inspiration et murmure, ma voix se cassant au fur et à mesure :

« Je ne peux pas, Eddie. Pour nous deux. S'il-te-plaît. C'est pas cette image de moi que je veux te laisser...

- Mais... tente-t-il en attrapant mon bras pour me serrer contre lui. Tu...

- S'il-te-plaît... Arrête de me torturer comme ça... Pourquoi tu ne veux pas comprendre que je préfère ne jamais être ton amant que perdre toute ta gentillesse ? J'ai besoin de toi... (je me retourne pour ficher mes yeux brillants dans les siens) mais en tant que frère. Alors arrête de te coller à moi, ou on va véritablement faire une énorme bêtise. Et je serais pas celui qui la regrettera le plus. »

Ma supplique le frappe. Fort. Ses yeux perdent d'un coup toute lueur bestiale, et ne laissent paraître qu'une immense douleur. Me reprenant dans ses bras, il chuchote :

« Qu'est-ce que je dois faire pour te retenir, alors ? Si tu n'as plus besoin de moi, tu vas partir. On est si différents...

- Tous les frères se ressemblent pas, tu sais. Et c'est pas parce qu'on aurait couché ensemble que je ne serais pas parti. Et je ne t'aurais jamais laissé me suivre. La bande a besoin de toi. Moi, on pourra toujours me remplacer. Vic est revenu. Il fera très bien le boulot à ma place, j'en doute pas...

- T'es jaloux ? Tu as un complexe d'infériorité vis-à-vis de Vic ? me questionne le rouquin, surpris.

- Non. Quelque part, je suis un peu soulagé qu'il soit revenu, même si je ne veux rien avoir à faire avec lui. Il est efficace, j'peux pas l'nier. Sauf que c'est un habitué des dommages collatéraux.

- Comment tu peux en être sûr ? Vous n'avez fait aucune mission ensemble !

- Je l'ai vu, en rentrant de mission. Or, ça c'est pas exactement passé comme il l'a dit lors de son compte-rendu. Et plusieurs fois par la suite, j'ai assisté à des scènes que j'aurais préféré ignorer, comme toi et Joe. C'est avec vous qu'il est faux. Pas avec moi. T'en a eut un aperçu tout-à-l'heure, d'ailleurs. »

Le rouquin grommelle dans son coin à cette remarque. Il a l'air tellement déçu... Je le regarde, puis pousse un petit soupire, avant de poser une main sur son épaule. Il relève la tête, résigné et curieux, se demandant ce que je vais encore lui dire. Un sourire contraint sur les lèvres, les yeux désarmés, je lui promets :

« C'est bon, j'ai compris. Je ne partirais pas avant de vous rendre un dernier service. Ces diamants vont renflouer nos caisses et vous donner une bonne réputation.

- Alors, tu...

- Et puis, si je peux en obtenir une petite partie de cette fortune, je pourrais reprendre mes études. Autant que ça serve à tout le monde. (je prends une grande inspiration) Je vais faire cette mission avec Vic et les six autres gars que vous voudrez. »


Et voilà ! Dernier chapitre des souvenirs (ça a mis du temps, mais c'est fini, promis !) ! On passe au film, maintenant !