Et voilà ce nouveau chapitre, essentiellement centré sur Damon/Damon junior et Elena/Damon junior. En fait, il s'intitule Mère & fils, père & fils, je crois que le titre est assez équivoque et qu'il n'y a pas besoin de petite présentation. Je blablate donc pour rien. Mais je suis crevée, c'est l"heure pour moi de dormir. Je répondrais donc à vos commentaires au prochain chapitre.
J'espère que ce celui-ci vous plaira. Bonne lecture.
9. Mère & fils, père & fils
Le tonnerre grondait en cette nuit froide de novembre. Appuyé négligemment contre le mur adjacent à son lit, Damon observait Elena. La jeune femme était plus pâle que la mort, des cernes entouraient ses yeux qui n'arrivaient plus à rester ouverts. Elle n'a pas dormi correctement depuis deux jours. Damon junior, leur fils de sept mois, lui mène la vie dure: le pauvre petit est malade, il passe ses journées à pleurer. Elena le berce, elle tente de l'apaiser au mieux, mais ses maux de ventre et la température le fatigue énormément. Et son asthme, dût à cette maudite bronchiolite qu'il a développé il y quelques semaines n'arrange rien à son état de santé.
En un mois, Elena est allée six fois aux urgences pédiatriques! Dés que son fils est malade, elle panique. Lorsqu'il s'étouffait dans son sommeil à cause de sa bronchiolite, elle a appelé le SAMU, totalement hystérique. Dés qu'il a une température un peu trop élevée, elle court consulter le pédiatre de garde, complètement paniquée. Elle a tous les médicaments à la maison, mais lorsqu'ils ne se montrent pas aussi efficaces qu'espérer, ou lorsque son fils rechute, elle l'emmène à l'hôpital. De jour comme de nuit. Elle veut seulement que son bébé aille mieux. À vrai dire, lorsqu'il s'agit de son petit-garçon, elle perd toute rationalité et cède à la panique. Elle a tellement peur de le perdre. Toute sa famille est morte: ses parents, sa tante, son oncle, puis son frère et son mari. Aujourd'hui, elle n'a plus que son bébé. Il est tout pour elle. Ce bébé est son rayon de soleil quotidien, c'est lui qui la maintient en vie. Elena n'imagine pas le monde sans lui. Toute sa vie tourne autour de Damon junior. Sans lui, tout son univers s'écroule. Si elle survit, c'est uniquement grâce à son bébé, elle sait pertinemment que s'il lui arrivait malheur, elle en mourrait.
Alors oui, Elena Gilbert-Salvatore se montre peut-être une peu trop protectrice, et hystérique, lorsque son fils est malade, mais Damon, le premier observateur de l'amour inconditionnel qu'elle porte à Damon junior, lui trouve toutes les excuses du monde. Pour lui, Elena est exceptionnelle avec leur bébé. Elle est peut-être surprotectrice, mais ce trait de caractère ne semble pas gêner leur petit bout. C'est un bébé plein de vie, confiant, gentil, éveillé et très affectueux. Actuellement, il est souffrant, la maladie le rend plus mou et moins facile que d'ordinaire, mais Damon voit son fils comme la huitième merveille du monde.
Il adore l'observer dormir et gazouiller avec lui dés qu'Elena le pose dans son parc.
La légende rapportée par Ric était vraie. Au début, durant les premiers jours de vie de son fils, Damon n'a pas voulu y croire. Il voyait pourtant bien, lorsque ce mini lui avait les yeux ouverts, qu'il semblait les fixer, Jeremy, Alaric et lui. D'ailleurs Elena s'en était inquiétée. Elle a paniqué et alerté tout l'hôpital de peur que son fils souffre de cécité ou d'un trouble de l'audition. Alors qu'il observait seulement son père gesticuler dans tous les sens, plaidant de manière théâtrale l'impossibilité de tels «dons» pour les enfants.
Ah oui, monsieur pessimiste a mis du temps pour réaliser que son fils pouvait le voir, mais depuis, même si une petite voix le titille en lui disant qu'à force d'apparaître auprès de Damon junior, il allait le rendre névrosé, il ne peut résister au besoin de venir tenir compagnie au bébé.
D'ailleurs maintenant, il le reconnaît bien. Dés que le petit-garçon voit son papa apparaître, il s'excite et lui tend les bras. C'est difficile pour Damon de voir son fils lui réclamer ce qu'il ne peut lui donner. Il est incapable de le câliner, ni même de jouer avec lui. Tous les jours, le bébé cherche à avoir d'autres types de contact avec lui, il veut son papa de la même manière qu'il a sa maman. Mais Damon est un fantôme, il ne peut qu'apparaître, parler à son fils, l'amuser en faisant le pitre, lui chanter des chansons lorsqu'il se réveille la nuit afin d'éviter à Elena de se relever. Mais tout contact tactile avec son fils lui est impossible. C'est comme être handicapé. Pire même. S'il était handicapé, il serait vivant. Il pourrait prendre son fils et sa femme dans ses bras.
Les serrer contre lui, c'est tout ce qu'il désire. C'est tout ce qu'il n'aura jamais. C'est tout bonnement horrible. Cependant, ce n'est rien, comparé à voir Damon junior si malade.
«Aller mon p'tit gars, soit gentil avec maman, murmura-t-il derrière Elena. Tu dois dormir. Tu vois bien que maman est fatiguée, elle doit se reposer. Papa reste avec toi, mais tu dois cesser de pleurer. Tant que tu pleureras, maman ne te mettras pas au lit Damon. Elle prend soin de toi, mais tu dois aussi prendre soin d'elle.»
Mais le bébé pleura toute la nuit. Damon et Elena usèrent de tous les subterfuges pour tenter de l'apaiser, mais même si la fièvre a descendu, le petit-garçon n'a pas su trouver un sommeil serein. Toutes les deux heures environ, il se réveillait, et ses parents perdaient tout autant de temps à tenter de calmer. Elena ne tenait même plus debout. À un moment donné, elle s'est tout bonnement allongée sur son lit et berçait le bébé contre elle, s'endormant même avant son fils. C'est Damon, qui avec de vieilles comptines françaises, datant du dix-neuvième siècle, l'a miraculeusement rendormi.
…
Un beau manteau blanc ornait le jardin des Salvatore, alors que la maison et les arbres qui l'entourent, scintillaient de mille et une lumières. Elena a insisté, elle s'est même disputée avec Stefan afin qu'ils rendent la maison féérique. Pour les garçons.
La jeune femme voulait tellement que le premier noël de son fils soit magique. Damon junior ne s'en souviendrait pas, mais elle, si. Et elle désirait plus que tout voir les sublimes petits yeux bleus de son bébé briller d'émerveillement. Elle le photographierait lorsqu'il jouera avec ses cadeaux et rigolera dans la neige! Et bien évidemment, elle le filmera aussi, Elena veut se souvenir de la joie qui l'animera lorsqu'il découvrira tous ses cadeaux.
Lorsqu'il verra tout ce que le père Noël lui a apporté, la brunette est persuadée que son bébé sera aux anges. Pour elle, la journée s'annonce animée, son fils sera surexcité. Mais elle verra ses petits yeux bleus pétiller de bonheur, c'est tout ce qui compte pour Elena. Après, même si Damon lui fait passer une journée difficile en refusant de quitter son par cet ses nouveaux jouets, ce n'est pas grave. Tant qu'il s'amuse, qu'il rigole, c'est l'essentiel.
Ce petit-garçon est un véritable rayon de soleil. Il est tellement vif, si éveillé. Il bouge constamment, ses pieds ne restent jamais immobiles. Elena a le sentiment que d'ici quelques mois, il la rendra folle à courir partout au travers de cette immense demeure.
Et puis il veut tout attraper, il est curieux de tout. Probablement parce qu'il a une maman qui passe ses journées à lui parler et à jouer avec lui.
Damon, avec la démesure qui le qualifie si bien, le voit déjà comme un lauréat des plus grandes écoles. Son fils est un prodige. Un véritable génie. Il gouvernera le monde ce petit! Il faut le comparer à son cousin. Sam est calme, il ne s'intéresse pas aux choses avec la même insistance que Damon junior. Damon Salvatore n'est peut-être pas un spécialiste en «bébés», mais il reste persuadé que son fils est l'enfant de huit mois le plus intelligent de la terre!
«Mon trésor, c'est Noël aujourd'hui, dit Elena en s'approchant du lit de son fils. Te rappelles-tu de ce que je t'ai dis à propos de Noël? Le matin de Noël, les enfants sages, comme toi, découvrent leurs cadeaux au pied du sapin. Le père Noël, le gentil vieux monsieur habillé tout en rouge et avec une longue barbe blanche, gâte les merveilleux petits-garçons comme toi. Tu es tellement adorable, tu dois avoir plein de cadeaux! Prêt à les découvrir?»
Le bébé, tout juste sorti du lit, se trouvait déjà plein d'énergie. Ses yeux sont ouverts depuis un petit moment. Elena lui a fait tourner son mobile, histoire que toute son attention soit captée par les astres qui tournent au dessus de sa tête et la musique émise par le jouet.
D'ordinaire, dés que son fils est réveillé, Elena le sort de son lit. Parfois, il est un peu tôt pour qu'ils descendent au salon, alors elle le sert contre elle allongée dans son lit, ou bien elle joue avec lui sur le King-size. Mais aujourd'hui, elle avait besoin de souffler. C'est un jour peu atypique. C'est Noël. Les sentiments d'Elena sont mitigés. Si elle est heureuse de vivre le premier Noël de son bébé, elle est aussi malheureuse comme la pierre de ne pas avoir Damon et Jeremy auprès d'elle. Ils lui manquent tellement! Encore plus aujourd'hui que d'ordinaire.
Elena n'a jamais connu un Noël sans son frère. L'an dernier, les deux Gilbert ont accueillis tous leurs amis dans leur résidence secondaire, la maison du lac. Depuis la mort de ses parents, ce noël entouré de ceux qu'elle aimait, a été le meilleur. Alors imaginer quitter son lit, son petit-garçon dans les bras, pour descendre ouvrir les cadeaux posés au pied du sapin, l'a rendu malade. Un moment elle est restée paralysée dans son lit, incapable de bouger et de respirer correctement. Elena a pleuré un très long moment, le visage camouflé dans ses oreillers de peur que son bébé ne l'entende.
Pourtant, la jeune femme se surprit elle-même à sortir de son lit, une demi-heure plus tard. Certes, elle affichait un sourire forcé, mais elle faisait tout de même bonne figure. Pour son bébé. Aujourd'hui est sa journée, elle doit tout faire pour le rendre heureux et ne pas l'inquiéter. Son fils n'a peut-être que huit mois, mais il semble lire en elle comme dans un livre ouvert. Elena n'a jamais su cacher ses émotions aux personnes qui savent lire dans son regard. Son fils en fait parti. Lorsqu'elle a un coup de blues, son bébé le sait. Il se met alors à la fixer avec insistance, comme s'il voulait comprendre ce qui se passait. C'était totalement adorable, cette petite tête qu'il faisait. Elena revoyait Damon au travers de la petite frimousse angélique de leur fils.
C'est fou cette ressemblance! Plus le bébé grandit, plus il ressemble à son père. Non seulement il y a cette ressemblance physique, mais en plus, il a le fort caractère de Damon. Il n'a beau avoir que huit mois, Elena voit son fils taquiner son cousin, ou bien lui tenir tête afin de rester jouer dans son bain. Et dans ses moments là, elle voyait apparaître sur le visage de son bambin les mêmes mimiques que Damon. Sans oublier le pompon, la cerise sur le gâteau: son bébé se montre difficile avec toutes les personnes qui l'entourent, excepté elle. Juste comme Damon.
«Aller, viens mon mini Damon, allons ouvrir tes cadeaux, murmura tendrement Elena.»
Le bébé, dans ses bras, se mit à bouger dans tous les sens. Apparemment, il a comprit ce qui l'attendait. Ou alors, c'était seulement l'attitude enjouée de sa mère qui le rendait si heureux.
Mais Damon, qui les observait tout en discutant avec Ric et Jeremy, préféra croire en la première hypothèse. Une énième fois, il se vanta, auprès de ses compères, d'avoir conçu un génie en devenir. Et le frère d'Elena, tout aussi fier de son neveu, ne put qu'aller dans le même sens, provoquant chez Ric un véritable fou rire. Dés qu'ils se trouvaient avec le bébé, ou dés qu'ils parlaient du bébé, ses amis devenaient totalement fous.
Pour preuve, le bébé, collé à sa mère, ouvrait ses cadeaux, sous le regard, certes de la caméra tenue par Stefan, mais aussi sous les encouragements et les cries de Damon et Jeremy qui amusaient le petit-garçon.
Elena vit son fils regarder le mur derrière elle, tout heureux, sans comprendre pourquoi. Dans son dos, il n'y avait rien. Aucun tableau, aucun miroir, aucune lumière. Rien. Juste un mur peint de couleur uniforme. Inintéressant donc pour un enfant de huit mois.
«Hey mon p'tit gars, regarde maman, elle a encore des cadeaux pour toi, murmura Damon en s'installant à côté de son fils. Regarde moi tous ces cadeaux! Tu en as de la chance. Tout est pour toi. Je connais une petite terreur qui va bien s'amuser aujourd'hui!»
Damon lui désigna la montagne d'emballages face à lui afin de capter l'attention de son fils sur les cadeaux, et rassurer ainsi Elena qui s'alarmait de le voir fixer le mur sans bouger un cil.
«Aller Damon, tu veux ouvrir lequel maintenant? Demanda Elena alors que le bébé désignait le gros carton, contre le mur. Oui, tu as raison. Celui-là semble un peu particulier, regarde, il bouge. Et il semble ouvert dessus. Qu'est-ce qu'il peut bien y avoir dedans?»
Elle approcha doucement son fils du carton, le posa sur le sol et se dirigea vers le carton afin d'y sortir deux petits caniches. Elena les a adopté, complètement charmée par les deux petites boules de poils couleur abricot. Lorsqu'elle les a vu, elle a songé que ce serait bénéfique, et pour elle, et pour Damon, d'avoir des animaux auprès d'eux. Au début, elle était partie au salon des animaux de compagnie dans le but de ramener un chaton, mais elle a réalisé que son fils est trop jeune et bien trop enjoué pour avoir un chat à la maison. Les chats sont parfois lunatiques, si le bébé l'effraie avec un geste brutal, il pourrait le griffer. Les chiens sont plus faciles de ce côté là. S'ils sont bien élevés, ils ne mordent pas leur propriétaire. Ainsi Elena s'est dirigée vers les stands canins, à la recherche d'un petit chien, doux et affectueux, et lorsqu'elle est arrivée près des caniches, elle s'est retrouvée incapable de choisir entre le mâle, un caniche nain et la femelle, un caniche toy, qui jappaient autour d'elle. Alors, elle a acheté les deux.
Au plus grand bonheur de son fils qui gesticulait dans tous les sens en voyant les boules de poils courir autour de lui. Le bébé tendait les mains vers les animaux pour les caresser. Il remuait dans tous les sens, alors que les deux chiens courraient dans toute la maison, sautaient sur Elena et léchaient le visage du petit-garçon qui rigolait aux éclats.
Pourtant, la jeune femme gronda les deux animaux. Elle voulait bien qu'ils s'approchent de son fils, il voulait bien que Damon les caresse - d'ailleurs, un paquet de lingettes antibactériennes dans sa poche afin de nettoyer les mains de son petit-garçon après qu'il ait touché le pelage frisé de leurs compagnons à quatre pattes – mais elle refusait catégoriquement que les chiens lèchent le visage de son fils. Question d'hygiène.
«Tu en as de la chance p'tit bonhomme! S'exclama Damon. Deux chiens rien que pour toi! C'est super! Tu commences bien ta journée!»
Le bébé rigola en regardant son fixement son père. Il lui tendit vainement les bras. Comme très souvent, il cherchait à se faire câliner par son papa, et comme toujours, il finit par pleurer, brisant le cœur de son père et inquiétant sa mère qui ne comprenait pas pourquoi il lui arrivait de se comporter ainsi.
«Chut, chut. Tout va bien mon lapin. Maman est là. Chut mon trésor. Ne pleure plus, l'apaisa Elena. Regarde, notre chienne vient s'installer sur toit pour te consoler. Elle est gentille. Et notre chien aussi ne semble pas aimé te voir pleurer. Regarde le, il est à tes pieds, la bouille toute surprise. Et puis tu as aussi tes cadeaux à ouvrir. Regarde!»
Petit à petit, le bébé se calma et aidé d'Elena, il découvrit tout ce que le père noël lui a apporté. Des vêtements, des peluches, des jouets, il y avait une bonne trentaine d'emballages déchirés parterre, éparpillés autour d'eux.
Damon caressait les chiens, et s'amusait à balader son tout nouveau hochet sous le nez de ses animaux. Ah il s'amusait bien à les rendre chèvres le petit malin. Les deux caniches essayaient de le lui attraper, et plus ils essayaient, plus le bébé rigolait.
Elena le laissa un petit moment continuer son petit jeu, puis, elle le déposa dans son parc, malgré le mécontentement qu'il affichait d'être séparé de ses animaux. Mais très vite, sa colère se dissipa. Il testait dans la joie chacun de ses nouveaux jouets, avec sa maman à ses côtés.
Damon resta un long moment à les regarder. Entre deux gazouillis, le bébé lui jetait de temps à autre d'éblouissants sourires, puis reportait son attention sur sa mère et ses précieux jouets jusqu'à ce qu'Elena ne le sorte du parc pour aller cuisiner pour le déposer dans son deuxième parc, situé dans la cuisine.
La jeune femme trouvait plus pratique d'en avoir trois dans la maison. Un au salon où le bébé passe le plus clair de son temps, un autre à l'étage, dans sa chambre, et un troisième dans la cuisine. Comme ça, quoiqu'elle fasse, la brunette a toujours son petit-garçon près d'elle.
C'est simple, Elena ne se sépare de Damon junior qu'au moment de la douche. Et pour aller aux toilettes, bien entendu. Le reste du temps, le bébé est toujours auprès d'elle. La brunette lui permet même dormir auprès d'elle. Son petit-garçon a sa chambre, mais son lit longe celui de sa mère, et ses jouets sont dans son parc, face au King-size d'Elena.
C'est comme ça. La jeune femme a l'impression que la présence constante de son enfant auprès d'elle la rassure. Lorsqu'elle se sent mal, elle prend son bébé dans ses bras et la présence de Damon l'apaise irrévocablement.
Et ce soir là, après une journée à jouer avec son bébé, la jeune femme eut un énorme coup de blues. Plus que jamais cette journée a été éprouvante pour elle. Bien qu'elle ait réussi à faire bonne figure, pour le bien-être de son fils, elle a mal vécu ce Noël. L'absence de Jeremy et celle de Damon lui ont énormément pesé. Elle n'a eut de cesse de penser à eux tout au long de cette journée. Elle pensait au bonheur que ça aurait été de les avoir et à la douleur de leurs disparitions.
Et elle céda aux larmes.
Son bébé dormait contre elle, et elle pleurait. Silencieusement. Inlassablement. Elle pleurait encore et toujours son mari et son frère. Elle les pleurerait ainsi toute sa vie.
…
Elena se sentait complètement vidée. Elle n'a plus aucune énergie. Voilà une semaine que son psychiatre lui a augmenté son dosage d'alprazolam et son corps n'arrivait pas à s'y adapter.
Après Noël, la jeune femme a subi une grosse rechute dans sa dépression. Elle ne sortait pratiquement plus de son lit, elle restait des journées enfermée dans la maison avec son bébé. Meredith, qui a prit l'habitude de venir s'assurer que Stefan et elle allaient bien, lui a conseillé, lors de l'une de ses visites bihebdomadaires, de retourner consulter son thérapeute, mais sur le coup Elena ne l'a pas écouté. Elle a tenté de s'en sortir seule. Puis, au bout d'un mois et demi, elle a finit par comprendre que la doctoresse avait raison. Alors elle a prit rendez-vous chez le docteur Swan qui lui a changé son dosage d'antidépresseurs.
Depuis, Elena tentait de s'adapter au nouveau dosage, mais elle avait l'impression d'être un véritable zombie. Et elle craignait que son petit-garçon n'en souffre. Elle dormait tellement, forcément, elle se montrait moins présente pour son bébé.
Elle craignait même de louper ses premiers pas. À l'allure où il s'agite dans son trotteur, ce n'est plus qu'une question de jour avant qu'il n'arrive à marcher de lui-même.
Heureusement, trois jours plus tard, Elena fut plus vaillante. Damon sourit en la voyant capable de rigoler et de jouer avec leur fils.
Il s'est tellement inquiété lorsqu'il l'a vu rechuté dans sa dépression! C'était horrible! Son épouse passait ses journées à dormir et à pleurer. Et leur petit-garçon était tout triste. Lui qui sourit toujours, lui qui est toujours enjoué, se renfermait sur lui-même. Tout ce que son attitude et son regard de chien battu quémandaient était la présence de sa mère, en pleine forme, auprès de lui.
«Aller p'tit gars, il est temps que tu cesses de jouer au petit fainéant et que tu marches. Tu cherches à le faire depuis quelques temps maintenant. Regarde, aujourd'hui, ta maman est debout, elle rigole et joue avec toi, insista une énième fois Damon. Elle serait tellement fière de toi si tu te levais et que tu marchais. Moi aussi.»
Depuis qu'Elena est au salon, assise sur le fauteuil, à côté du parc, le jeune homme harcèle son fils pour qu'il marche. Il a même essuyé les sarcasmes de Ric lorsqu'il a parodié Jésus et son fameux « lève toi et marche». Mais depuis deux heures tout ce qu'il obtenait, c'était des gazouillis de la part de Damon, amusé de le voir tourner en bourrique à cause de lui.
Et finalement, Damon s'installa à côté de son fils et décida de cesser son bourrage de crâne pour quelques minutes. Il pensait ainsi que lorsqu'il redemanderait à son fils de marcher, celui-ci serait dans de meilleures dispositions pour le faire.
Cependant, il n'eut pas besoin de lui quémander une nouvelle fois de se dresser sur ses deux pieds et d'avancer. Le bébé l'a fait de lui-même, un sourire malicieux sur ses lèvres. Il l'a regardé, totalement amusé, et s'est dirigée fièrement vers Elena.
«Bravo mon fils! L'applaudit Damon. Papa est fier de toi! Oh je t'aime toi!
- Tu es le meilleur p'tit! Rajouta Jeremy.
- Ça c'est un grand garçon! Le complimenta Ric.»
Elena, elle, ne s'attendait pas à ce son bébé marche. Elle s'y était préparée, elle savait que ce serait incessamment sous peu, mais elle ne s'attendait pas à ce que le moment tant attendu soit celui-ci.
Pourtant elle aurait dû s'y attendre. Elle consolait Sam, quelques minutes auparavant, il s'est cogné contre un jouet et s'est mis à pleurer. Damon, en grand jaloux, comme son père, n'a pas dû apprécier la tendresse qu'elle témoignait à son cousin. Les deux petits jouent ensemble, mais dés que le fils de Stefan cherche de la douceur de la part d'Elena, Damon se met vite en colère. Il fait son gros bébé en éclat en sanglot, ou bien il essaye d'attirer toute l'attention de sa mère sur lui, comme s'est le cas actuellement. Elena a désormais lâché Sammy dans le par cet ne s'intéresse qu'au pas de son fils. Elle attend qu'il soit près d'elle pour le féliciter dignement, mais elle voit déjà ce sourire sournois, empreint de fierté, typiquement paternel, s'afficher sur son petit visage si angélique.
«Bravo mon amour! Tu es le meilleur, le compliment fièrement Elena, la larme à l'œil. Maintenant que tu marches, tu vas courir de partout! Tu deviens vraiment un grand garçon mon amour. Maman est fière, très fière de son bébé. Tu es le meilleur! Oh je t'aime toi!»
…
Depuis qu'il sait marcher, depuis un petit mois à peine, la nouvelle mission de l'ultra fier papa du petit prodige, c'est de faire parler le petit-garçon. Tous les jours, pendant quelques minutes – Damon a finalement compris qu'insister ne sert à rien – il essaye de faire prononcer le mot «maman» à son fils. Mais le petit malin semble aimer se contempler dans ses gazouillis. Si Damon n'était pas si têtu, il abandonnerait. Mais il désirait plus que tout entendre le son de la voix de son fils. Et rendre Elena heureuse.
Aujourd'hui est une autre journée éprouvante pour elle. C'est son anniversaire à lui. Si pour Damon souffler ses bougies n'a, depuis bien longtemps, plus aucune importance, il sait que son épouse aurait voulu qu'ils se retrouvent ensemble pour marquer le coup autour d'un repas avec les amis proches et la famille. Alors, il insiste un peu auprès de leur fils, pour qu'il la réconforte en lui offrant son premier mot:
«Dis «maman» Damon! Fais lui plaisir, elle est triste aujourd'hui. Et fais moi plaisir aussi, tu sais, aujourd'hui, c'est mon anniversaire! Et comme cadeau, j'aimerai entendre la voix de mon beau petit-garçon. Dis «maman» p'tit bonhomme.»
Mais en digne fils de Damon Salvatore et d'Elena Gilbert, le petit s'amusa à le défier et secoua la tête de gauche à droite afin de lui signifier, tout en rigolant, son désaccord. Monsieur le paresseux ne veut absolument pas parler, ses gazouillis semblent lui convenir que trop bien.
Alors Damon changea sa stratégie et décida d'attiser la jalousie de son fils. Lorsqu'il a fait ses premiers pas, il les a fait essentiellement parce qu'Elena consolait son cousin.
Il titilla donc son fils en lui disant que Sammy – c'est ainsi que tout le monde appel Sam, dont le prénom complet est en réalité Samuel – parlerait avant lui et qu'Elena serait déçue de lui et fière de son cousin.
C'était mal. D'ailleurs Alaric et Jeremy le lui signifièrent, et Damon le savait aussi. Il attisait les rivalités entre les deux enfants, mais il voulait vraiment que son petit chenapan parle.
«S'il te plait fiston, parle, se désespéra-t-il. Fais plaisir à papa et dis «maman». Damon, parle, tu peux le faire! Fais moi plaisir.»
Malheureusement le petit-garçon est un malin, et s'il daigna bien prononcer un mot, ce ne fut pas «maman» mais «papa»!
Il était tout sourire lorsqu'il l'a dit. Il narguait son père, alors que sa mère en cassa sa vaisselle, étonnée de l'entendre parler et affligée de constater qu'il réclame son père.
Damon leur manque tellement, mais elle n'avait pas réalisé que son fils ressentait à ce point le vide laissé.
Elena mit quelques secondes pour se ressaisir. Elle a laissé couler une larme, puis à inspirer un grand coup et s'est retournée pour faire face à son bébé et le prendre dans ses bras:
«Oui mon cœur, c'est bien, tu parles! Bravo, le félicita-t-elle. Je suis fière de toi. Papa aussi.»
Elena resta silencieuse quelques secondes. Sa voix était brisée, elle ne voulait pas que Damon s'en rende compte. Alors elle tenta de se calmer, mais désirait lui parler de son père. Après tout, il venait de le réclamer, il a le droit d'en entendre parler et de savoir quel homme il était.
«Il nous manque. On l'aime très fort. Il aurait adoré te connaître. Il t'aurait tellement aimé. Ton papa t'aime. Lui et moi, nous nous aimions énormément, et toi, tu es un bébé d'amour. Un petit trésor. N'oublie jamais, ton papa est au ciel, mais il t'aime très fort, insista Elena, au bord des larmes. Tu lui ressembles beaucoup. Tu es beau, comme lui. Vous avez les même yeux et le même sourire. Tes cheveux aussi sont de la même couleur que les siens. Et tu es aussi malin et joueur que ton père! Tu sais, quand tu es né et que je t'ai vu pour la première fois, tu ressemblais tellement à ton papa, que je t'ai appelé Damon. Tu as le même prénom que lui. Il s'appelait aussi Damon. Tu es tout comme lui. Tout beau, tout fort, tout gentil. Le meilleur.»
Le petit-garçon sentit la tristesse de sa mère et posa sa petite tête contre son épaule. Puis, d'une petite voix toute chagrinée et l'air un peu perdu, il murmura à nouveau «papa» en souriant à l'attention d'un Damon Salvatore pour la première fois de sa vie, muet.
Il lui fallut un bon moment avant de retrouver l'usage de la parole. Et lorsqu'il ouvrit la bouche, ce fut pour confirmer à son fils tout ce qu'Elena venait de lui raconter.
Note de l'auteure: Alors ce chapitre vous plait-il? Que pensez-vous de Damon junior qui voir les fantômes? De son petit caractère? Du fait qu'il adore faire tourner ses parents en bourriques? Du fait qu'il chercher les bras de Damon? De son premier mot? De sa jalousie envers son cousin? Que pensez-vous aussi de la dernière scène, lorsqu'Elena lui parle de Damon?
J'attends vos avis et vos théories avec impatience, n'hésitez pas à commenter!
Bises & à bientôt.
Amandine.
