Etre blessée a ses avantages !
Lorsque je me réveillai, mon réveil indiquait 13H26. Bon sang, c'est vrai que la journée avait été rude et riche en émotions, j'étais vraiment épuisée ! Je n'avais pas envie de sortir, encore moins de bouger. Je voulais attendre que la journée passe, attendre calmement dans mon lit, mais j'avais faim et c'était pour cela que je m'étais réveillée. Je sortis de mon lit assez difficilement car mon épaule me lançait, aussi je la saisis avec ma main droite, mais je n'exerçai aucune pression, j'espérais simplement être soulagée de cette souffrance. Lorsque je me sentis mieux, je me redressai et marchai en direction de la cuisine. Je ne cherchai pas ma mère puisque je savais qu'elle était absente.
Pourtant, je pus sentir une bonne odeur se dégager de la cuisine. Lorsque que j'y pénétrai, j'y découvris Emily aux fourneaux et Sam assis sur l'une des chaises en train de la regarder. Ils ne m'avaient pas vu, alors je fis demi-tour pour aller enfiler quelque chose de plus approprier. Mon pyjama violet, plus ma chemise de nuit rose n'étaient pas la tenue dans laquelle je voulais être vue mais Sam m'aperçut, je ne sus comment.
— Tu te décides enfin à nous rejoindre ! me dit-il aimablement.
— Bonjour Emily, Bonjour Sam. Je voulais aller me changer et voilà que tu me vois, c'est injuste. Je fis la moue.
— Allons, ce n'est rien, viens t'asseoir avec nous. Entre frère et sœur ce n'est pas un problème.
— Oui, c'est bien vrai ça.
Je revins donc sur mes pas et m'assis à la table de la cuisine, face à Sam. Nous nous regardâmes, l'affection qu'il y avait entre nous était si tendre, j'aimais tant mon cousin. Je n'avais même pas à lui demander de m'expliquer sa présence ici, la réponse était évidente.
— Je t'ai préparé ton déjeuner. Emily était si bonne, et sa voix reflétait cette gentillesse.
— Merci infiniment, j'aurais eu du mal, c'est vrai. J'étais ravie d'être en leur présence.
— Ne t'en fais pas, ça me fait plaisir.
Un sourire se dessina sur son visage et malgré ses cicatrices, je ne pouvais y voir que sa joie.
Elle nous rejoignit à table après que Sam l'eût préparée. Je voulus l'aider mais il m'interdit formellement d'exercer le moindre effort physique inutile. Nous déjeunâmes tous les trois. La cuisine d'Emily était si délicieuse, Sam en avait de la chance, j'enviais son ménage. Nous restâmes un moment à table à rire et manger ces mets succulents. Puis, vers 15H30, Sam s'excusa car il devait nous quitter. Emily insista pour rester, mais je la rassurai. Tout aller bien, et je devais prendre ma douche qui allait durer, comme d'habitude, une bonne heure. Alors, elle décida de suivre Sam. Je les remerciai tous les deux de leur visite et filai dans ma chambre afin d'y prendre une tenue pour la journée et me rendis dans la salle de bain. Bien sûr, il m'était encore plus pénible de me préparer ce jour là, je mis donc 90 minutes avant d'être prête.
A présent, il était 17H et la journée était pratiquement terminée, super ! Mais c'était ironique. J'étais sortie de mon lit qu'allais-je faire à présent ? Je me rendis dans ma chambre afin de prendre un roman. Je saisis plutôt une revue scientifique spécialisée sur les risques naturels. Je marchai jusqu'au salon, m'installai sur le canapé et commençai la lecture. Alors, que je m'enrichissais, une fois de plus, de la formation et des caractéristiques des volcans sur notre globe, j'entendis frapper à la porte. Je me levai avec quelques difficultés et me rendis à l'entrée.
— Qui est là ? demandai-je interrogée. Je n'étais pas en état pour repousser un agresseur, donc je prenais mes précautions.
— C'est moi, Jacob.
J'ouvris la porte.
— Qui est là ! me dit-il tout en riant.
— Ben on ne sait jamais, il y a des voyous partout, lui dis-je pour me justifier.
Je m'écartai pour le laisser entrer et refermai derrière lui. Comme à son habitude, il portait un bermuda mais il avait revêtu un t-shirt, bizarre, lui qui n'emporte jamais. Avait-il froid ?
— Alors, ton épaule ? Ça va ?
— Je vais bien. C'est toujours douloureux, mais bon, je fais avec. Emily et Sam sont venus s'occuper de moi, c'était très gentil à eux.
— Oui, je sais, dit-il en souriant. On va marcher.
— Oui allons-y cela va me faire un grand bien.
Jacob et moi marchions sans vraiment savoir où nous allions. Nous discutions d'un tas de choses. Je lui parlais de San Francisco et de mes études. Il ne parlait que très peu de lui, il ne cessait de me poser des questions, il désirait savoir de nombreuses choses sur moi, ce qu'il me dit pour se justifier.
Nous étions à présent dans la forêt, je n'avais même pas remarqué comment nous étions arrivés là-bas. Nous nous assîmes sur un tronc d'arbre déraciné. Jacob me regarda anxieusement.
— J'étais si inquiet lorsque j'ai appris pour l'accident. Je ne cessais de me demander comment je pourrais vi… enfin, c'était affreux pour nous tous.
Il posa sa main sur mon visage, puis caressa tendrement ma joue.
— Oh Jacob ! Je me sens si mal de vous avoir autant angoissé.
— Miria, je veux… j'aimerais que tu saches tout.
— Moi aussi, Jake.
Je saisis sa main et la serrai très fort dans la mienne, il me sourit.
— Cela faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé ainsi, ça me fait plaisir, dit-il toujours en affichant ce beau sourire.
— C'est normal non, nous sommes amis et cela ne date pas d'hier. On t'a toujours appelé ainsi. Oui, j'aimerais comprendre toutes ces histoires. Pourquoi dois-je rester ? Qu'est-ce que j'ignore sur la tribu ? Et ce ressentiment envers les Cullen ? Jake, vous êtes si différents d'autrefois et vous vous ressemblez tant, c'est vraiment étrange.
Il retira sa main de la mienne et baissa la tête. Il paraissait contrarié, il ne cessait de jouer avec ses mains.
Je me sentis mal pour lui, il semblait souffrir. Je voulus lui prendre les mains, mais je bougeai mon bras gauche, ce qui réveilla la douleur. J'allai m'effondrer tant j'avais mal mais Jacob me rattrapa à temps. Il me redressa et s'assura que j'allais bien. Mes yeux étaient fermés, j'attendais que la douleur passe, j'entendais Jacob m'appeler, mais je ne pouvais lui répondre tant je souffrais.
Puis, je sentis ses deux mains chaudes se plaquer sur mon visage et j'ouvris aussitôt les yeux. Le visage de Jacob était à présent à hauteur du mien, je tressaillis lorsque je le vis face à moi. Il ne ressemblait plus à l'enfant d'autrefois, j'avais devant moi un homme. Son visage était bien plus mature, ses traits étaient si plaisants, Jacob était devenu fort séduisant, je m'en rendis compte à cet instant.
— Jake, ne t'en fais pas, je vais bien maintenant.
Péniblement, j'essayai de me relever mais j'étais mal à l'aise, les pensées que je venais d'avoir me troublaient.
— Miria, je… Il détourna la tête, puis me regarda de nouveau. Un jour tu sauras tout, alors essayes de ne pas te tracasser avec ça. Pour le moment tu dois guérir. Je ne supporte pas de te voir ainsi, tu m'es trop…
— Jake ! Miria ! Où êtes-vous ?
Une voix se fit entendre à plusieurs mètres de nous. Cela interrompit Jacob. Qu'allait-il me dire et pourquoi agissait-il ainsi ? Il semblait tellement accablé. Quant à moi, je voulais l'interroger mais à présent, ce n'était plus possible.
Soudainement, il retira ses mains de mon visage et après quelques secondes, Embry apparut devant nous.
— Je vous cherchais. Rachel m'a dit que tu étais parti voir Miria et …
— Et tu nous as trouvé ici ! demandai-je éberluée.
— Eh, Jake est mon pote, je connais ses habitudes. J'ai pensé qu'il pourrait venir ici. Ça fait un moment que je vous cherche, sache-le.
Jacob détourna la tête. Il semblait de nouveau tracassé par la situation, mais pourquoi les propos d'Embry le contrariaient ? Je devais cesser de me poser toutes ces questions, en tout cas devant Jacob, cela le tourmentait trop.
— Alors, on te suit. Oui Jake, allons-y.
— Sam veut te parler Jake et tout de suite !
— Il me veut quoi ?
Je pus reconnaître de l'amertume dans la voix de Jacob aussi je lui fis face et le regardai. Il se contenta de me sourire, mais je le sentis gêné. J'attrapai alors sa main et commençai à avancer, sans vraiment savoir où aller mais il me tira vers lui. Je l'observai un instant.
— Rentrons Jake. Sam désire te voir et je commence à avoir froid.
Il s'esclaffa.
— D'accord rentrons.
Nous suivîmes Embry qui se dirigeait avec une telle facilité dans cette forêt si dense. Au bout d'une demi-heure, nous en sortîmes.
Jacob se tourna vers Embry, et lui demanda de continuer seul, lui précisant qu'il allait me raccompagner puis qu'il viendrait aussitôt les rejoindre. Embry accepta et partit aussitôt.
Jacob me raccompagna jusqu'à chez moi.
— Je reviendrai demain. Ciao.
Il se rapprocha de moi et m'embrassa sur la joue.
— Merci Jake, j'ai apprécié être avec toi. A demain.
Il s'en alla. Je me demandai pourquoi Sam voulait le voir, mais bon, cela ne me concernait pas. Ce qui me tracassait surtout, c'était la sensation que je ressentais auprès de Jake. Ce simple rapprochement m'avait troublé, mais cela ne devait pas avoir de réelles significations.
Il était déjà 20H passé, je décidai d'aller m'allonger sur mon lit et finis par m'endormir.
