Il s'était promis à lui même qu'il ne recommencerait pas, mais il s'enferma dans sa chambre cette nuit là, après un après midi silencieux à travailler, un dîner silencieux et des remerciements polis tandis qu'il tenait la porte de la salle commune. Il était désormais assis sur son lit et fixait son bureau.
« T'es un putain d'idiot Malefoy » Murmura-t-il « Un bon a rien, un bon a rien ! »
Il s'était assis dans la bibliothèque, occupé a trier les livres et il ressentait le manque de la moindre petite interaction sociale avec la jeune sorcière comme un trou béant. Elle avait dit être désolée, vraiment désolée, a propos de l'incident de la fouine, et il savait qu'elle était davantage désolée de le lui avoir rappelé. Mais elle était désolée que ça soit arrivé, désolée d'en avoir ri, et désolée de ne pas avoir compris. Personne n'avait jamais été désolé pour lui et il l'avait remercié en enfonçant le couteau dans la plaie à propos de Weasley.
Pourquoi n'était elle pas avec lui d'ailleurs ? Pourquoi était-elle ici à trier des livres et à vivre dans une maison qu'elle abhorrait ? Il ne l'avait pas cru un instant quand elle avait expliqué avoir besoin de solitude. Quelque chose s'était passé et tout comme lui elle était venue chercher la sécurité émotionnelle de Poudlard. Il enfonça son visage dans ses mains et essaya un exercice de respiration qu'il avait lu quelque part. Il inspira, les pensées calmes, et expira en se rappelant la sensation qu'il avait eu quand il avait cru mourir. Il inspira de nouveau, se sentant en paix, expira et revit un des professeurs se faire dévorer par cet immonde serpent. Il inspira un peu plus difficilement cette fois, et en expirant revit Hermione Granger se faire torturer, il entendit de nouveau ses hurlements et le rire d'extase de sa tante.
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Il ouvrit le premier tiroir et en regarda le contenu. Juste une fois se dit-il. Juste pour se calmer, juste pour lâcha la poignée et murmura pour lui même « Tu as promis, promis que ça n'arriverait plus » Il sortit donc de sa chambre, traversa la salle commune et remonta le couloir qui menait à sa chambre. « Je suis désolé » Dit-il, ses mots résonnèrent dans le couloir. « J'ai été un crétin et je suis désolé »
Il entendit le bruit du loquet tandis qu'elle déverrouillait la porte. Elle se tint dans l'embrasure de la porte, elle avait défait ses tresses et il ne l'avait jamais vu avec les cheveux aussi touffus. Il la fixa, tandis qu'elle se tenait là en pyjama. « Je suis désolé » Murmura-t-il avant de faire volte face pour partir.
« Je n'ai pas réussi à le pardonner » Elle avait dit cela si brusquement que Drago comprit qu'elle n'avait pas eu l'intention de le faire. Il se figea entendit qu'elle le rejoignait « Il nous a laissé Harry et moi, et je l'aimais tellement que je l'ai vécu comme une trahison et je ne pouvais pas... C'était fini. Je n'arrivais plus à lui faire confiance. Du moins pas vraiment »
« Alors tu as emménagé avec moi » Répondit-il d'un ton moqueur « Parce que c'est vrai que je suis quelqu'un de bien »
« Hé bien ce n'était pas mon but, c'était plutôt inattendu »
« Je pourrais partir » Il détesta cette idée dès qu'il la formula mais n'en dit rien. « Mes parents seraient ravis que je revienne »
« Est-ce que tu fais des cauchemars dans cette maison ? » Il ne répondit pas. « J'en ferais à ta place »
« J'ai des cauchemars ici aussi » Il garda la voix aussi basse que possible. « Je ne suis pas sur que le lieu soit important, et puis j'ai fait des choses horribles ici aussi »
« Tu essayais de survivre » Elle n'était pas sure qu'il capta la compréhension dans sa voix. Il fit un pas en avant, s'enfonçant plus profondément dans l'obscurité de la salle commune.
« Je pense qu'il y a des choses à ne pas faire, même pour survivre, mais je ne l'ai compris qu'après »
« Tu veux en parler ? »
Drago ferma les yeux. Il lui tournait toujours le dos et sentit à nouveau qu'elle avait posé une main sur son épaule « Tu me détesteras » Répondit-il.
« Hé bien ce n'est pas comme si on était amis et qu'il y avait une relation à préserver. Et puis, peut être que me parler te fera du bien »
« Comment est-on passé de mes excuses pour avoir été un crétin à toi qui me proposer de déblatérer sur les malheurs de ma triste petite vie ? »
« Les conversations » Dit-elle « Tu sais j'ai été la meilleures amie de deux garçons depuis que j'ai onze ans et j'ai passé un an avec eux dans une tente. Je suis devenue plutôt bonne pour deviner quand les mâles sont contrariés »
« Les mâles ? »
« Essayons de voir si les elfes peuvent nous envoyer du chocolat chaud » Suggéra-t-elle « Je te parlerai du camping et tu me parlera de... autre chose »
