Bonsoir ! Déjà un nouveau chapitre ?! Qu'est ce que je publie en ce moment, entre le défi et Bigoudi… ! N'en prenez pas trop l'habitude quand même.

J'espère que celui-ci vous plaira et que l'enquête qui nous arrive vous intéressera :)

Je ne le dis jamais assez, merci à mes deux super relecteurs pour leur patience, leur soutien et leurs corrections : Nham et FeuFollet/Disciple !

Et merci à vous lecteurs revieweurs, vos gentils commentaires m'encouragent et me motivent en plus de me donner un grand sourire pour la journée. Je les relis avec plaisir et m'efforce d'y répondre quand je peux.

Je vous souhaite une très bonne lecture et vous dis à très bientôt !


Dans le bureau, le temps était comme suspendu. Dissimulé dans l'obscurité, Bigoudi avait bien du mal à se remettre de la vision féerique qu'il avait eue et la femme attendait visiblement une réponse.

« Il n'y a personne, mon amour ?

- Ça n'en a pas l'air, mon lapin. Tu es certain que c'est bien ici ?

- C'est ce qui est écrit sur la porte en tout cas. »

Et Bigoudi était très fier de cette porte vitrée sur laquelle il avait élégamment tracé les mots Détective Bouclebrune & Co. Il reprit ses esprits. S'il y avait une chose que Bigoudi détestait par dessus tout, c'était se sentir ridicule. Il décida donc de mettre à profit son entraînement de shirriff et sa discrétion légendaire. Sans un bruit, il posa son verre sur le meuble et rangea sa bouteille dans le tiroir. Le son du fauteuil fut atténué grâce à l'épais tapis que sa mère avait absolument voulu. Profitant de l'obscurité et de la présence inespérée d'une plante verte, il se glissa par la porte entrouverte qui séparait son bureau de celui de sa mère. Celle-ci grinça. Bigoudi se figea. Mais ni l'un ni l'autre de ses visiteurs ne semblait l'avoir remarqué. De ce bureau, il passa un peu plus discrètement dans la bibliothèque. Son coeur battait à la chamade et il semblait à notre Hobbit que toute la Comté devait l'entendre. Pour se calmer, il prit le temps d'allumer un chandelier - avec prudence, il se souvenait trop bien de l'incendie qui avait dévoré la bibliothèque de l'arrière grand-tante Alexandrine -, croqua dans un biscuit sec que sa mère avait laissé à son attention et respira profondément. Puis, il finit par sortir à la rencontre de cette sublime créature.

Tout à fait stoïque, Bigoudi se racla la gorge et Mon Amour et Mon Lapin se retournèrent à l'unisson.

« Je vous prie de bien vouloir m'excuser, j'étais plongé dans un rapport et je ne vous ai pas entendu entrer. Que puis-je pour vous ? »

L'air totalement détendu et professionnel, Bigoudi leur fit signe de pénétrer dans son bureau et de s'installer sur les chaises mises à leur disposition. Il en profita pour éclairer la pièce. Voyant qu'ils cherchaient par où commencer, Bigoudi les détailla discrètement. Il ne s'attarda pas sur Mon Amour, la belle rousse qui lui avait fait perdre une bonne partie de ses moyens. Mon Lapin, lui, était l'opposé de sa flamboyante compagne. Petit, quelques cheveux roux épars qui donnaient l'impression que ses oreilles étaient démesurées, deux dents de devant qui dépassaient un peu de sa bouche… Bigoudi saisissait parfaitement la comparaison avec l'animal. De plus, il portait une salopette rouge et un noeud papillon parfaitement ridicule. Il était difficile d'imaginer un couple plus mal assorti.

Lorsque l'attention du détective revint sur la femme, il sut qu'il l'avait déjà vue quelque part.

Mon Lapin se décida finalement à prendre la parole.

« Je suis Roger Garenne et je vous présente mon épouse, Hilda. »

Bigoudi se demanda comment il avait fait pour ne pas reconnaître l'artiste qu'il allait régulièrement voir chanter lorsqu'elle se produisait dans les environs. Il fit de son mieux pour ne pas penser au mouchoir taché de sauce tomate qu'il avait dérobé à la chanteuse après l'une de ses représentations dans une auberge de la région et qu'il avait soigneusement dissimulé dans sa chambre pour ne pas que sa maman s'en aperçoive.

« Nous sommes allés au bureau des Shirrifs, mais ils nous ont ri au nez. Selon eux, cela n'est pas de leur ressort tant que mon épouse n'aura pas été blessée ou que personne n'aura été mis en danger. Nous allions partir lorsque l'un de leurs agents nous a conseillé de vous contacter. Il a dit que vous pourriez peut-être nous aider. »

Robin, bien sûr, songea Bigoudi.

« De quoi s'agit-il ? »

Roger Garenne sortit de la poche de sa salopette une série d'enveloppes qu'il tendit au détective.

« Hilda reçoit ces lettres depuis quelques mois. Au début, nous ne les avons pas prises au sérieux, mais je commence sérieusement à m'inquiéter. S'il s'était agi d'un mauvais plaisantin, il aurait dû se lasser en voyant que nous ne réagissions pas. Mais maintenant, nous en recevons presque chaque jour. Je ne vous en ai apporté qu'un échantillon, mais nous avons tout gardé, vous pourrez les consulter chez nous si vous le désirez. »

Bigoudi examina consciencieusement les enveloppes. Elles étaient tout à fait banales et ne comptaient aucune inscription si ce n'était le mot HILDA écrit grossièrement en lettres capitales. Le message aurait pu être écrit par n'importe qui. Selon toute vraisemblance, elles avaient été déposées directement dans la boîte aux lettres, sinon la poste hobbite les auraient marquées.

Les enveloppes avaient été collées et Hilda ou son mari avait dû les ouvrir à l'aide d'un coupe-papier, si l'on en jugeait la netteté de l'ouverture. À l'intérieur, il n'y avait qu'un simple morceau de papier, déchiré sans le moindre soin. Dessus, Bigoudi put y lire divers messages menaçants ou insultants, tracés avec les mêmes lettres capitales que sur les enveloppes.

Cette fois, ce fut la magnifique Hilda qui prit la parole.

« Le bureau des shirriffs m'a dit qu'il n'y avait rien à faire. Que si l'assiduité de mes admirateurs me dérangeait, il suffisait que je change de carrière ou de tenue. Mais comprenez, détective Bouclebrune, que chanter, c'est toute ma vie. Je n'arrêterai pas. Et je ne serais même pas ici si Roger n'avait pas insisté. Je me contenterais donc d'une seule question : pouvez-vous m'aider à faire cesser ces lettres ? Vos honoraires ne seront pas un problème. »

Bigoudi se permit de réfléchir quelques instants. L'idée le tentait énormément car l'affaire pourrait lancer sa carrière ; s'il se débrouillait convenablement, la presse aurait forcément vent de ses compétences et les clients se précipiteraient chez lui. De plus, le détective n'était pas contre l'idée de faire un pied de nez à l'inspecteur Poireau qui l'avait traité comme un malpropre lors de l'arrestation des frères Chapeaumou. Et imaginer qu'une aussi belle femme qu'Hilda Garenne lui en soit éternellement reconnaissante ne lui effleura qu'à peine l'esprit. Il actionna la petite clochette derrière son bureau et quelques instants plus tard, Esther Bouclebrune les rejoignit.

« C'est d'accord. Je passerai chercher les autres lettres et j'étudierai cela avec mon équipe - Bigoudi se promit de mettre toutes les peluches au travail, sous le commandement de Ratounet. Il faudra également que vous me fournissiez votre programme et je devrai assister à vos concerts, madame. Votre corbeau s'y rend certainement. Je vous laisse régler les derniers détails avec mon assistante. Je vous souhaite une bonne soirée. »


Ce chapitre vous a-t-il plu ? Cette enquête vous inspire-t-elle ? Et que pensez-vous de ces deux nouveaux personnages "hauts en couleur" ?

Annonce parue dans différents journaux régionaux :

"L'agence Détective Bouclebrune & Co a ouvert ses portes. Nos meilleurs éléments se mettent au service de la Comté et de ses citoyens. Amis lecteurs, vous êtes dans le besoin ? N'hésitez pas à nous écrire, nous ferons notre possible pour vous venir en aide."