Et non, je suis pas morte ^^ Désolée pour ce retard, mais avec les cours, les soucis personnels, ect... Bref, je n'ai plus beaucoup de temps à moi et donc plus beaucoup de temps pour écrire... Mais le chapitre est enfin terminé ;)

Encore merci à elo-didie , Sahada et Rukie-chan pour leur review :)

Lullaby-dx: Coucou ^^ Je suis d'accord avec toi, le précédent n'était pas le meilleur que j'ai écrit. Il faut dire qu'il était court et que la seule chose s'y passant était le retour de Ginny chez les Evans pour les vacances... Je te fais apprécier Severus? Et bien, le but est atteint alors parce qu'il est un de mes personnages préférés ^^ Oui effectivement, si la scène où il insulte Lily parait dans la fic, tu risque de ne pas spécialement aimer mdr. Merci beaucoup pour ta review en tout cas et désolée pour le retard dans la publication... J'espère que la suite te plaira ^^

Et je remercie également ma bêta, Kalisca pour la correction de ce chapitre.

Bonne lecture.

Chapitre 8.

Je soupire profondément en lançant un regard morose à la porte de ma chambre. Il est vraiment frustrant de ne pas avoir envie de sortir de son lit parce qu'on ne veut pas croiser le regard noir de sa sœur d'adoption. Je ne suis là que depuis quelques jours et je ne croise que Pétunia, Miranda et son mari que pour le souper, car je n'ai pas le choix. Je vois bien que les parents de Pétunia sont mal à l'aise mais… ils ne peuvent pas faire grand-chose. Pétunia, de son côté, fait de son mieux pour m'éviter et quand nous sommes obligés de nous croiser, elle me lance plus de regards noirs et de piques en cinq minutes que je n'en ai jamais eus de toute ma scolarité. Et pourtant, je croisais souvent Drago Malfoy. D'après ce que je sais, son père a déjà fini ses études, étant plus âgé que Severus.

J'en suis d'ailleurs satisfaite. Si Lucius Malfoy en a fini avec Poudlard, c'est aussi le cas de cette cinglée de Bellatrix et je n'ai donc pas à supporter leurs remarques et leurs insultes sur mon sang. Bien que ce soit déjà arrivé quelques fois et que je ne sois pas vraiment ce qu'ils prétendent, ça fait mal. Je suis passée de l'infréquentable traitre à son sang à la vermine de sang de bourbe. Autant dire que ce statut est pire que le premier et que je comprends tout ce qu'a pu endurer Hermione pendant six ans.

Je sais ce que celle-ci m'aurait conseillé: « ne leur prête pas attention, ignore-les ». Mais j'ai un caractère assez… fort et j'ai réglé ces problèmes d'insultes grâce à des sortilèges bien sentis qui leur ont fait regretter de s'en être pris à moi. Je ne pense pas que l'indifférence marche avec ce genre de personnes, si c'était le cas, Hermione n'aurait plus été insultée depuis bien longtemps vu son sang-froid face à celles-ci. Étonnant quand on voit comment elle réagissait face à Ronald. Mulciber et compagnie aiment qu'on leur fasse mal, ils n'apprennent apparemment que dans la douleur et l'humiliation -sinon pourquoi vénéreraient-ils la face de serpent qui leur sert de maître- alors je me fais un plaisir de leur apprendre que je ne suis pas du genre à me laisser faire.

On toque à la porte et la voix joyeuse de Miranda retend:

-Ma chérie, tu veux bien descendre, il commence à être tard.

-J'arrive, je réponds vaguement.

Je regarde l'heure et marmonne en me levant. Je m'habille en vitesse avant de descendre. J'arrive dans la cuisine et embrasse tout le monde avant de m'assoir devant mon bol de céréales et mon jus d'orange. Pétunia fait tout pour regarder ailleurs que vers moi et ses parents discutent entre eux. Je finis de déjeuner et porte mon bol à l'évier quand la bombe tombe.

-Vous ne devinerez jamais sur qui je suis tombée en faisant les courses ce matin, s'exclame soudain Miranda. Daria Potter et son fils.

Je me fige et lance un regard éberlué à ma mère d'adoption.

-Qu'est-ce qu'il faisait dans un magasin moldu? Je demande d'une voix ébahie.

-Moldu? Répète Miranda en fronçant les sourcils.

-Mais oui chérie, entame Phillip. Tu sais, tout ce qui n'est pas magique ou qui provient de personne dénuée…

Son mari part dans une explication grandiose de ce que je lui ai expliqué sous le regard fasciné de sa femme alors que Pétunia fait une grimace dégoutée.

-Sois, je les interromps. Alors?

-Ha oui, reprend Miranda. Il se trouve qu'elle faisait des courses pour Noël. Nous avons beaucoup parlé,…

-Es-tu sûre de l'avoir laissée placer un mot dans la conversation? Taquine Phillip que sa femme fait taire d'un regard noir.

-…c'est une femme tout à fait charmante. Et de fil en aiguille, nous avons décidé que ce serait une bonne idée de passer Noël ensemble…

-QUOI?

Pétunia et moi avons crié en même temps mais certainement pas pour les mêmes raisons. Si elle est furieuse à l'idée de se retrouver avec d'autres sorciers dans la maison un jour de fête, je suis horrifiée que ma mère ait invitéJames Potter- bon d'accord, sa mère- à la maison. Personne ne se soucie de ma santé mentale? Ce n'est pas parce que nos relations sont plus faciles que ça inclut que j'ai envie de le voir chez moi. Ce serait… gênant. Je n'ai jamais rougi avant de le rencontrer et voilà que ses regards insistants entrainent chez moi des réactions que je voudrais éviter. Je ne peux pas rougir face au regard insistant de James Potter, un gros gamin à la tête tellement enflée que c'est un miracle qu'il passe encore les portes. Et NON, je n'exagère pas.

Miranda nous regarde tour à tour, désemparée avant de s'arrêter sur moi.

-Je ne comprends pas, me dit-elle. Vous êtes dans la même classe, tu devrais être contente de voir un ami pendant les vacances…

-Soyons clair, je réponds. James Potter m'inspire beaucoup de sentiments, mais l'amitié ou toutes autres émotions positives n'en font pas partie. James Potter pour les fêtes de Noël, je gémis. Comme si je ne le voyais pas assez!

-Des…sorciers, fulmine Pétunia. Pour les fêtes?

On la regarde tous, elle n'a jamais eu l'air aussi en colère. Elle me lance un regard mauvais et sort de la pièce en trombe. Il y a un silence gênant avant que Phillip ne prenne la parole.

-Sa réaction était un peu vive mais… Miranda, as-tu oublié que Vernon venait pour les fêtes?

-Non mais, je ne pensais pas que ce serait un problème, soupire-t-elle. Il faut croire que j'ai sous-estimé la rancœur de Tunie. Je vais la voir.

Elle sort de la pièce. Il n'y a pas un bruit pendant cinq minutes. Ensuite, la voix de Pétunia éclate.

-Comment peux-tu penser qu'inviter des gens comme elle ne me dérangerait pas? Et que pensera Vernon quand il les verra? Mais tu n'y as pas pensé à ça, comme d'habitude!

-Pétunia, s'exclame la voix de Miranda, pour la première fois en colère. Ce n'est pas avec Lily que ton Vernon sort mais avec toi, nom d'un chien. Qu'importe les relations de ta sœur ou ses parents puisque de toute évidence tu les rejettes ainsi que ta sœur d'ailleurs.

-Ma sœur est une bête de foire, hurle-t-elle et je me fige. Et s'il se passe quelque chose de bizarre? Si cette bande de malades fait fuir mon copain?

-Pourquoi fuirait-il?

-Pourquoi? Mais parce qu'on héberge un monstre!

Un claquement suit ainsi qu'un silence pesant. Je me mords les lèvres en entendant la porte d'entrée claquer et baisse les yeux d'un air coupable. Alors c'est comme ça qu'elle me voit? Un monstre? Une bête de foire?

À l'école, je suis la sang de bourbe, la traitre à son sang dans le meilleur des cas et ici, je suis le monstre. Où est ma place dans ce cas? Je me lève en entendant vaguement Phillip m'appeler et sort à mon tour pour rejoindre Sev.

J'arrive à notre point de rendez-vous un peu plus tôt que d'habitude mais il est là. Il fronce les sourcils en me voyant et me dit d'un air réprobateur:

-Tu es sortie sans manteau? Par un temps pareil?

Je baise les yeux vers mon buste et remarque, qu'en effet, je n'ai qu'un gros pull me rappelant ceux que ma mère tricotait chaque Noël.

-J'ai oublié, je rétorque.

-Qu'est-ce qui s'est passé? Grommèle-t-il en me lançant un regard perçant.

Je hausse les épaules et m'assieds sur le sol, m'adossant à l'arbre. Il me suit sans rien dire, attendant simplement que je parle en replongeant dans son livre.

-Tu… as déjà eu l'impression que tu n'es à ta place nulle part? Je demande. Comme si, quoi que tu fasses, tu savais au fond de toi qu'être à cet endroit n'est pas…normal?

Il lance un regard entendu et je souris. Oui, il est le mieux placé pour savoir. Rejeté par la plupart des Serpentards pour être un sang mêlé et par les autres maisons pour être à Serpentard. Rejeté par son père qui hait les sorciers et par sa mère qui a perdu toute capacité à aimer sous les coups et les paroles de son mari. Oui, il comprend certainement plus que moi. Mais on s'est trouvés. J'enroule mon bras au sien et il se raidit un moment avant de se détendre.

-La vie est moins compliquée quand on a quelqu'un sur qui compter, j'assure en lui souriant.

Je jurerais le voir rougir un peu alors qu'il se remet à lire. Nous passons l'après midi comme ça. Quand il trouve un passage intéressant, il me le récite et nous débattons dessus avant qu'il ne se remette à lire. Quand le soir tombe, je rentre à la maison et il en fait de même.

Je trouve Miranda assise au dessus des escaliers menant à l'étage. Des larmes coulent sur son doux visage et je soupire. Je monte et m'assieds près d'elle.

-Je suis désolée pour ce qu'elle a dit, murmure-t-elle. Elle a été cruelle.

-Oui, j'acquiesce. Mais ce n'est pas très grave. Je ne lui en veux pas. Je sais qu'elle me voit comme une intruse. Et elle n'a pas tort.

-Non…

-Si, j'insiste. Peut-être pas pour vous, mais pour elle, si. C'est difficile pour elle de voir une étrangère débarquer et prendre autant de place, surtout qu'elle était fille unique.

-Je suppose que tu as raison. Je suis désolée si tu ne voulais pas que j'invite les Potter. Je me suis laissée emporter… encore une fois, tu me connais.

-Ce n'est pas si grave, je me contenterais de l'ignorer jusqu'à ce qu'il parte.

Je lui souris et l'embrasse sur la joue avant de la laisser là et d'entrer dans ma chambre. Je ne sais pas ce qui me pousse à défendre Pétunia malgré tout ce qu'elle a dit, je sais juste qu'elle ne croit pas réellement ce qu'elle dit, qu'elle souffre de ma présence et qu'elle n'est pas ce qu'elle veut faire croire… même si elle le deviendra un jour. Je ne peux pas la changer, ni changer ses principes, ses pensées. Je dois apprendre à vivre avec. Comme avec le reste.


Or ou émeraude? Voilà le souci auquel je suis confrontée depuis un moment. La robe or est magnifique bien qu'un peu provocante mais la verte a quelque chose de spécial et surtout… elle encore plus provocante, sa couleur rappelant celle des Serpentards. Une manière comme une autre d'asticoter Potter.

Mais si je la porte, ne serait-ce pas justement une manière de lui montrer que je lui porte plus d'intérêt que je ne veux l'avouer? Car il faut bien avouer que si Potter m'insupporte avec sa tête enflée, il est vraiment mignon et a la sale habitude de me faire rougir.

Et une claque mentale pour bien démarrer ce début d'après-midi enneigé.

Étant une personne pleine de contradiction, j'opte pour la verte, la tentation est trop forte. Je finis de me préparer en attachant mes cheveux quand Miranda entre dans la chambre. Elle se fige à l'entrée alors que je me tourne vers elle en haussant les sourcils.

-Tu…, balbutie-t-elle. Tu es…magnifique.

-Merci, je souris en rougissant.

-Les Potter sont arrivés avec l'ami de leur fils, me prévient-elle en souriant gentiment.

Je fronce les sourcils avant de lever les yeux aux ciels face à ma stupidité. J'avais complètement oublié que Sirius avait fui sa « famille » pour aller vivre chez son meilleur ami.

-Et Vernon? Je demande.

Miranda s'assombrit soudainement en jetant un coup d'œil vers ma porte.

-Pétunia a décidé de l'inviter un autre jour, répond-t-elle, coupable.

-Ce n'est peut-être pas si mal, je tente. Quand il y aura moins de monde. Ce sera plus… facile.

Elle sait que je sous-entends « Quand je ne serais plus là » mais ne dit rien pour me contre dire parce que j'ai raison. Tout ira mieux quand je rentrerai à Poudlard. J'inspire profondément et me regarde une dernière fois dans la glace.

Tu te préoccupes bien plus de ce qu'IL pense que tu ne veux le faire croire…

-On peut descendre, j'annonce en ignorant cette agaçante petite voix.

Je suis Miranda en bas avec un sourire de circonstance plaqué sur les lèvres malgré cette incompréhensible appréhension. Je repère directement Pétunia qui est à l'autre bout de la pièce, regardant par la fenêtre avec un air renfrogné et je soupire. Philip est assis avec Daria Potter et son mari -Charles, je crois- et Potter est sur l'autre divan avec Sirius et ils parlent à voix basse.

-Voilà notre Lily, s'exclame Philip, attirant tous les regards sur moi et je grimace légèrement.

Une fois arrivée devant les Potter, Miranda fait les présentations.

-Enchanté Madame, je réponds.

-Tu peux m'appeler Daria, voyons, sourit-elle et je l'apprécie directement.

Son mari me demande également de l'appeler par son prénom et je me tourne finalement vers Potter et Black en pinçant mes lèvres. J'ai tout de même un petit sourire satisfait quand je le vois fixer ma robe en fronçant les sourcils. J'ai comme l'impression qu'il n'aime pas beaucoup le vert.

Non, sans blague…

-Salut Lily, me salue Black, amusé par mon manège.

-Sirius, je souris. James, je grommèle ensuite.

-Salut Lily, me sourit-il finalement grandement. Si ce n'est pas un merveilleux hasard que nos mères se soient rencontrées.

-Heureux je ne sais pas mais c'est un hasard, oui, sûrement, je rétorque en souriant toujours.

Il grimace alors que Sirius lève les yeux au ciel. Et je vais m'assoir près du dernier.

-Ta sœur est…, commence-t-il en lui jetant un coup d'œil incertain.

-Oui, je sais, je réponds tristement.

Je n'ose même pas l'approcher, je doute qu'elle veuille me parler de toute façon. J'ai l'impression que cet évènement me fait paraitre encore pire qu'avant à ses yeux et je ne peux rien y changer. Je soupire et me laisse aller au fond du divan en prenant un plateau de petits fours sur mes jambes. Je commence à manger pensivement quand je sens des regards sur moi. Je me tourne pour voir Potter et Black me regarder avec amusement et je rougis avant de tendre le plateau vers eux.

-Vous en voulez? Je balbutie.

Potter saute presque sur le plateau et Black le repousse en le traitant de glouton.

La soirée avance lentement. Miranda alimente la conversation avec la mère de Potter, si bien que les maris arrivent rarement à en placer une. Pétunia reste dans son coin, fixant, la plupart du temps, le vide avec un air maussade qui me fait culpabiliser. Sirius et Potter parlent de leur côté et moi, je rêvasse. Nous passons ensuite à table et je me retrouve -par le plus des hasards bien entendu- à côté de Potter. Je lance un regard suspect à Miranda qui m'ignore alors que Philip regarde mon voisin de table en fronçant les sourcils. Pétunia se retrouve -à son plus grand malheur- à côté de Sirius. Je proposerais bien d'échanger mais je doute que le problème soit Sirius en lui-même.

Au cours du repas pendant lequel Potter tente de me faire la conversation, je remarque bien vite le manège de Sirius qui passe son temps à taquiner Pétunia. Je n'entends pas ce qu'ils se disent mais, ce ne doit pas être joyeux -ou du moins pas pour Pétunia- vu sa tête.

-C'est vrai Serv…Rogue habite près de chez toi, demande soudainement Potter.

Pour le récompenser de son effort avec le surnom stupide de Sev, je décide de répondre gentiment.

-Oui, un peu après le parc.

-Vous vous voyez pendant les vacances alors?

-Bien sûr, je réponds.

Il fait une moue renfrognée et je fronce les sourcils. Qu'est-ce que ça peut lui faire que je vois mon meilleur ami pendant les vacances?

-Je n'arrive pas à comprendre, marmonne-t-il.

-Et quoi donc Potter? Je grommèle, agacée.

-Ce que tu lui trouves!

-Je ne vois pas en quoi ça te regarde, je rétorque sèchement mais il n'en tient pas compte.

-Il trempe dans la magie noire!

-Je… Tu ne peux pas savoir, je réplique avec mauvaise foi.

-Et il en pince pour toi, termine-t-il avec un regard sombre.

-Alors ça, c'est vraiment n'importe quoi, je soupire en levant les yeux au ciel.

-Il ne te collerait pas comme ça sinon!

-Tout le monde n'est pas comme toi, Potter, je cingle. Certaines personnes croient en l'amitié fille/garçon et, crois le ou non, j'en fais parti. Ainsi que Severus.

-Tu es bien naïve Lily jolie, soupire-t-il en secouant la tête.

Et il me cloue le bec pour la première fois parce que, si je ne crois toujours pas aux prétendus sentiments de mon ami pour moi, je suis effectivement une personne assez naïve. Je grimace et replonge dans mon assiette en cherchant quelque chose à rétorquer lorsqu'un raclement de chaise se fait entendre.

-Je monte, fait la voix crispée de Pétunia.

-Mais Tunie, essaie Miranda.

Mais sa fille n'écoute pas et s'en va à grandes enjambées. Je tourne un regard scrutateur vers Sirius qui fait une moue innocente et mime un « Quoi? » presque convaincant. Mais on ne me l'a fait pas à moi. Je lève les yeux au ciel et me lève pour aider à débarrasser la table. Ensuite, je m'excuse et monte rejoindre Pétunia tout en sachant déjà que je vais le regretter.

Sa porte est entrouverte et je la découvre en train de passer ses nerfs sur une sorte de cahier, déchirant les pages. J'entre, hésitante alors qu'elle lève un regard noir vers moi.

-Quoi? Crache-t-elle. Tu t'ennuies avec les tiens?

-Quoi qu'ait fait Sirius, je suis désolée. C'est un imbécile.

-Non, tu crois, ironise-t-elle. Bien sûr que c'est un imbécile, comme tout les gens de votre race!

-Et par notre race, tu entends? Je demande, crispée.

-Ouvre un peu les yeux, éructe-t-elle. Vous être différents, des monstres!

-Tu me traites de monstre, je crie en rougissant de colère.

-J'ai lu la « Gazette » que tu as laissée trainer ce matin. Des Moldus assassinés, charmant cadeau de Noël pour la famille tu ne trouves pas? Et tout ça pour quoi? Parce que votre race se pense supérieur à la nôtre? Alors que c'est vous qui vous habillez comme au Moyen-âge et survivez grâce à un stupide morceau de bois? Supérieur, tu parles! Si on vous enlève ce que vous appelez fièrement baguette, vous n'êtes rien!

-Tu fais une généralité d'un malade mental suivi par une bande de toutous obéissants?

-Je ne fais qu'énoncer qu'on est en danger à cause de toi! La mystérieuse orpheline dont les parents ont été massacrés! Tu crois que je ne sais pas que ces « toutous » s'en prennent d'abord aux familles hébergeant des sorciers nés moldu? On risque de se faire tuer juste parce qu'on a recueilli une bête de foire chez nous!

Je blanchis, ne pouvant contrer son résonnement. Parce qu'elle a raison, horriblement raison. Non quand elle m'insulte, mais quand elle dit qu'ils sont en danger. On s'en prendra plus facilement à une famille ayant mis au monde une « sang de bourbe » qu'une famille moldue parmi tant d'autres.

-Et il faut en plus que tu en amènes d'autres sous notre toit…

-Alors là je t'arrête tout de suite, il ne me serait certainement pas venu à l'esprit d'inviter James Potter dans ma maison!

-MAIS CE N'EST PAS TA MAISON, hurle-t-elle. Tu ne fais pas vraiment parti de cette famille! Ce ne sont pas tes parents mais les miens! Et tout allait très bien jusqu'à ce que tu ne débarques avec ton bout de bois et tes grands yeux verts!

-Tu me reproches de ne plus être le centre d'attention, je crache. Mais si tu ne conduisais pas comme la dernière des garces, tes parents ne chercheraient peut-être pas à t'éviter! Tu y as pensé à ça?

-Mais si tu n'étais pas arrivée ici, je n'aurais pas eu à me comporter comme une garce!

-Parce que tu crois que je l'ai voulu, je crie. Tu crois que je me suis réveillée un jour en me disant: « Et si j'allais squatter la famille d'une autre pendant que les miens se font massacrer jusqu'au dernier? ». Il serait temps que tu te réveilles et que tu regardes autour de toi, tu n'es pas la seule à souffrir! Et certains ont de meilleures raisons que toi, je termine en pensant à Harry qui a perdu toute sa famille jusqu'au dernier, à Hermione qui s'est faite insulter et mépriser pendant des années.

-Tu voudrais que je te plaigne peut-être? Raille-t-elle d'une voix glaciale.

-Que tu me plaignes, moi? Certainement pas!

Je me pince l'arrête du nez alors qu'une boule me serre la gorge. Une étrange résignation m'étreint et je soupire douloureusement. On ne pourra pas me reprocher ce qui va suivre.

-Je…j'ai vraiment essayé Pétunia, je soupire d'une voix tremblante. Mais là, j'abandonne. C'est terminé. Tu sais quoi? Tu as gagné! Tu ne me verras plus que pour les vacances d'été et même dans ces moments-là, je ferais en sorte qu'on se voit le moins possible. Tu peux récupérer tes parents -que je ne t'ai jamais pris- et ton petit confort personnel -que je n'ai jamais désiré ou touché.

-Parfait!

-Mais sache une chose, je déclare, vengeresse. Quand tes parents te regarderont à partir de maintenant, ce sera comme la garce qui leur sert de fille qui a passé tout son temps à foutre la merde à cause d'une fille qui sera restée moins de trois ans avec eux, une pauvre orpheline, en plus! Bonne chance pour vivre avec ça, je termine avec un sourire satisfait devant son visage livide.

Je tourne les talons et sors de la chambre avant de descendre les escaliers. Je me fige à la vue de Potter et Black. Leur regard me donne envie de vomir. C'est de la pitié que j'y vois et je déteste ça. N'étant déjà pas de bonne humeur en redescendant, leur vue me donne des envie de meurtre et je ne peux m'empêcher de m'en prendre à la cible la plus facile: Potter.

-Je me demande ce que je déteste le plus chez toi, je déclare d'une voix froide. Ta manie de me suivre partout ou d'écouter aux portes?

Sur ses bonnes paroles, j'attrape mon manteau sans attendre sa réaction et sors dans la rue. Je marche un bon moment jusqu'au parc avant d'aller m'assoir sur la balançoire. J'ai essayé. Que Merlin m'en soit témoin, j'ai vraiment tout fait -ou du moins tout ce que je pouvais- pour que Pétunia m'accepte. Je ne demandais pas à ce qu'on devienne les meilleures amies du monde mais… juste qu'elle m'accepte. Mais elle ne veut rien, si ce n'est mon départ et quelque part -malgré cette colère qui me ronge-, je la comprends. Elle réagit comme un chat défendant son territoire, sa maison et ses maitres. Une sorte d'instinct de conservation, je suppose.

-Hey, souffle une voix.

Je sursaute et me tourne pour trouver Sirius Black qui s'assied sur la seconde balançoire. J'aurais du prendre un appareil photo, ça aurait été une pièce à conviction de choix. J'entends d'ici les paroles suivant la photo.

« Sirius Black, le grand tombeur de ses dames, retourne à l'enfance sur les balançoires des parcs pour enfant. »

Bien que je sois sûre qu'il sache tirer avantage de cette histoire. Il retombe toujours sur ses pieds. Marrant quand on sait que son animagus est un chien.

-Qu'est-ce que tu veux? Je soupire.

-Je ne sais pas vraiment, avoue-t-il. C'est juste que… je me suis toujours dit que… Quand tu es arrivée à Poudlard, tu ressemblais à une condamnée, commence-t-il. On a tout de suite vu que tu avais vécu quelque chose de pas marrant. Ensuite, James a commencé à te draguer -de façon maladroite, je l'avoue- et tu t'es transformée en harpie…

-Hey, je m'indigne.

-Je t'assure, une vraie folle furieuse, rit-il. Alors je t'ai classée dans les filles ayant un balai dans le…

-Ne termine même pas, je grommèle en le fusillant du regard et il se contente de ricaner.

-Et puis, j'ai vu que tu le regardais.

-Comment ça? Je m'exclame en rougissant.

-Lily, soupire-t-il. Tu as été assez transparente sur le fait que notre Jamesie te plaisait.

-Mais…

-Enfin soit. Je n'ai pas compris pourquoi tu le repoussais mais après tout ça te regarde et puis, faut dire qu'il n'est pas doué pour donner envie de le connaitre quand tu es dans les parages. Et puis, il y a eu cette…conversation avec ta sœur qui en fait - à en juger parce que j'ai entendu- n'est pas vraiment ta sœur.

-Et alors, je soupire. Où veux-tu en venir?

-Juste qu'on a plus de chose en commun que je ne le pensais.

-Tu as été renié par toute ta famille alors que ma sœur adoptive ne peut pas m'encadrer. Non que j'aime te plaindre mais je ne tiens pas vraiment la comparaison!

-C'est vrai mais…Merlin, cette fille est juste une vraie salope, s'exclame-t-il et j'écarquille les yeux de surprise. Tu as été plutôt sympa avec elle.

Je hausse les épaules, mal à l'aise. Je n'ai pas eu l'impression d'être si gentille que ça.

-Et…, soupire-t-il comme s'il regrettait déjà ce qu'il allait dire. Je me sens un peu coupable de ce qui s'est passé. Je n'aurais pas dû la provoquer.

-Sirius Black s'excuse. Ça c'est un évènement, je souris.

-Je ne m'excuse pas, je reconnais simplement que j'ai des torts dans l'histoire.

-Bien sûr, je raille. Que lui as-tu dit pour la mettre dans cet état?

-Crois-moi, ricane-t-il. Tu ne veux pas savoir.

Oui, il n'a pas tort, on ne peut jamais savoir avec lui.

-Tu lui plais vraiment tu sais, continue Sirius au bout d'un moment de silence.

-Peut-être, j'avoue à contre cœur. Mais ça lui passera vite. C'est un gros gamin et il réagit plus comme un enfant à qui on dit non pour la première fois que comme un homme.

-C'est parce qu'on ne lui a jamais dit non, ricane-t-il et je souris. Et puis, je crois qu'il a peur.

-Peur? Je m'étonne. De quoi le grand James-La-Tête-Enflée-Potter pourrait bien avoir peur?

-De grandir, dit-il d'une manière sérieuse peu commune pour lui. Avec tout ce qui se passe dehors. Il a peur pour ses parents, son père est Auror et risque de mourir à chaque instant. Il se cache derrière son côté enfantin pour ne pas avoir à affronter ça.

Je fixe le vide, pensive. C'est compréhensible. Jouer l'autruche n'est peut-être pas la meilleure solution, mais elle est efficace. Je le sais pour l'avoir expérimentée plus d'une fois. Je me suis cachée derrière pas mal de choses pour éviter la réalité moi aussi. Mes sentiments pour Harry par exemple. Ils me faisaient peur parce qu'ils étaient puissants, mais que je n'arrivais pas à mettre un nom dessus. Alors je les ai appelés de l'amour. Ce qui n'est pas vraiment un mensonge quand on y pense, ce n'était tout simplement pas le genre d'amour que je prétendais. Je me souviens que quand je rêvais de lui, je le prenais simplement dans mes bras, qu'on parlait, riait, mais jamais quelque chose de romantique. Ce n'était pas non plus des sentiments fraternels, je le sais pour avoir ressenti ce sentiment de plusieurs manières différentes avec ma ribambelle de frères. Il s'agissait plus de quelque chose de… maternel. Oui, quelque chose dans ce genre.

Avec sa manie de se fourrer chaque année dans des plans tordus -pas toujours de sa faute, je le reconnais-, il donnait l'impression de devoir être protégé, aimé. Moi qui ai grandi dans une famille aimante, je l'ai sincèrement plains, au début, d'avoir dû vivre avec des gens comme Pétunia et Vernon Dursley, sans oublier leur fils.

-Et bien, je réponds finalement, taquine. Qui aurait cru que tu serais le plus mature des deux!

-Ne le dis à personne, réplique-t-il, entrant dans mon jeu.

-Et avouer que j'ai une conversation personnelle avec le grand Sirius Black? Je tiens trop à la vie pour me faire tuer par un groupe de groupies enragées!

-Tu reconnais enfin ma supériorité?

Je souris en levant les yeux au ciel. Sirius Black n'est pas si terrible finalement. Je reprends mon sérieux et le fixe longuement.

-Quoi? Il finit par demander.

-Je suis désolée.

-De quoi?

-Que tu aies eu à grandir dans une famille comme la tienne. Pour avoir vécu dans une famille aimante -et je ne parle pas de Pétunia-, je connais l'importance d'évoluer en étant aimer. En ayant une famille qui te soutient et t'aime.

-Je me suis fait ma propre famille, assure-t-il en haussant les épaules.

-Oui, c'est vrai, je reconnais en souriant.

On reste encore assis quelques instants avant qu'il ne s'en aille, sans un mot. Parce que les mots ne sont pas nécessaires et qu'un simple « Salut, à la prochaine », ne conviendrait pas vraiment après une discussion comme la nôtre et qu'il n'y a rien d'autre qu'il pourrait dire. Je reste là encore un moment, profitant du calme, du froid sur ma peau. Je repense à ce que Sirius m'a dit sur James et sur mes prétendus sentiments. Dire qu'il ne me plait pas serait un mensonge mais à qui ne plait-il pas au moins physiquement? Ça ne prouve rien même si j'avoue que je pourrais facilement me laisser aller à avoir des sentiments pour lui. Ce qui m'aide à ne pas en avoir, c'est la certitude qu'il soit juste vexé par mon refus et que son destin n'est pas lié au mien. Il doit se marier et avoir Harry. C'est le père d'Harry, je ne peux pas me permettre d'aimer, ne serait-ce qu'un peu, l'homme qui mourra avec sa femme pour la survie du Survivant. Je soupire et ferme les yeux en ignorant la boule dans ma gorge.

Ensuite, je rentre. Les lumières sont toutes éteintes, la maison est déjà endormie. J'ai dû être absente plus longtemps que je ne le pensais. Je monte sur la pointe des pieds et entre dans ma chambre dont j'allume la lumière. Je retire mon manteau et mes chaussures avant de me figer.

Un paquet est déposé sur mon oreiller avec une fleure. Quand je m'approche, je remarque que c'est une Lys et qu'il y a un mot accroché.

« Joyeux Noël »

C'est court, simple et pourtant ça me gonfle cœur comme si je saisissais que ces mots veulent dire bien plus qu'il n'y paraisse. J'ouvre le paquet pour tomber sur un écrin et me mord la lèvre. Je l'ouvre et écarquille les yeux.

C'est une chaine assez simple avec un pendentif en forme de Lys. C'est simple et pourtant je n'ai jamais rien vu d'aussi beau. Je referme l'écrin d'un geste sec et le serre de toutes mes forces. Parce que je sais de qui il vient, sans pouvoir dire pourquoi. Ou peut-être parce que c'est la réponse logique. Ou peut-être encore que c'est la réponse que j'espère sans me l'avouer.

Toujours est-il que devant ce cadeau qui me touche plus qu'il ne le devrait vu son expéditeur, je ne peux que me répéter mentalement, encore et encore:

« C'est le père de Harry et tu n'es pas son destin, c'est le père de Harry et tu n'es pas son destin, c'est le père de Harry et tu n'es pas… »

Ces mots m'imprègnent et je me rends compte que, sans le vouloir, je me suis laissée attendrir. Que je l'ai laissé me prouver qu'il pouvait parfois être quelqu'un de bien, de fiable et qu'il était un ami fidèle. Le plus fidèle qu'on puisse rêver. Mais aussi qu'il n'est pas pour moi.

Et ne le sera jamais.


Et voilà pour ce chapitre. Il était plus grand que le dernier :p On peu également voir que Ginny/Lily se rend compte que ses sentiments James ne sont pas si clair que ça, c'est une évolution ça mdr ^^

N'hésitez pas à laisser une review pour me dire ce que vous en pensez ;)

Bisous.