Auteur : SolitaireXL

Traductrice : Hermi-kô


La Piscine II *Regard vers le ciel*


"Où est le gamin ?" Un garde demanda dans un talkie-walke.

"A côté de la piscine," fut la réponse qu'il obtint.

M. Big sourit en prenant son ascenseur personnel avec la sécurité de l'hôtel. Cela faisait longtemps. Il se demandait comment le gamin allait l'accueillir et il pouvait déjà entendre son ton sardonique dans son oreille. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois qu'il l'avait vu quatre ans de cela mais ça s'était passé sur le terrain du gamin mais maintenant ils étaient sur le sien. Il possédait la moitié des casinos du Strip et quelques autres de par le monde. Il avait fait des affaires plutôt douteuses et traité avec des gens peu recommandables de son temps mais ce gamin arrivait quand même à désarçonner un homme de sa stature.

"J'ai besoin que vous restiez tous hors de vue pendant que j'ai une conversation privée avec le gamin," dit M. Big alors qu'il sortait de l'ascenseur avec la sécurité.

"Monsieur, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Nous avons reçu des rapports comme quoi le gamin serait armé," M. Big se tourna pour faire face au chef de la sécurité qui n'avait pas l'air très rassuré et lui fit un sourire affable.

"Je n'ai pas peur du gamin, mais vous devriez." Il se tourna et continua de se diriger vers la piscine tandis que la sécurité le suivait en gardant ses distances.

La piscine était totalement déserte à l'exception d'un grand blond aux cheveux en piques, qui soufflait une bulle de chewing gum, et regardait le ciel alors qu'il se tenait au bord de l'eau.

"Cela fait longtemps, Youichi," M. Big sourit tandis que le gamin se tournait de la même manière nonchalante qu'il arborait au collège.

"Je me demandais quand t'allais te pointer," le grand blond affichait une attitude défiante, les mains dans les poches de son pantalon de costume brillant.

Un contraste saisissant avec la silhouette impeccable de M. Big dans son costume fait sur mesure. Alors qu'ils se jaugeaient l'un l'autre, M. Big remarqua qu'Hiruma avait grandi et s'était étoffé pendant les quatre ans où il ne l'avait pas vu. C'était toujours un garçon maigrichon mais on pouvait voir qu'il avait fait de la muscu et s'y était mis sérieusement. Est-ce que le gamin était devenu un homme pendant qu'il avait le dos tourné ?

"Si tu voulais mon attention, je peux penser à une centaine d'autres façons de l'avoir que je peux te recommander," dit d'un ton égal M. Big en s'approchant d'Hiruma.

"Je ne cherchais pas à avoir ton attention."

"Est-ce que tu croyais vraiment pouvoir débarquer ici et me prendre 200 000 dollars sans que je ne m'en rende compte ?"

"C'était du 50/50." Hiruma lui servit son sourire de maniaque.

"Les caméras étaient braquées sur toi dès l'instant où tu es apparu sur le parking."

"Tu es un homme occupé : j'aurais cru que tu avais autre chose à faire qu'à regarder des vidéos de surveillance."

"C'est pourquoi j'ai fait circuler ta photo dans tous mes casinos. Mon personnel sait que dès que tu mets le pied quelque part ils doivent me prévenir sur-le-champ." Il voulait vraiment virer ce sourire sadique du visage du gamin mais savait qu'il n'y avait qu'une seule chose qui pourrait le faire sans vouloir en parler là maintenant.

"Ke ke ke. Je suis si célèbre que ça, foutu parrain ?" Ce caquètement démoniaque lui rappela ce petit garçon aux allures de démon qu'il avait connu jadis.

"C'est le cas, foutu filleul," il sourit et pensa voir le regard du gamin s'adoucir quelque peu. Est-ce que le gamin se rappelait du bon vieux temps ? "Tu sais que tu aurais pu demander pour l'argent," continua-t-il.

"Où serait le plaisir dans tout cela ?" Le gamin eut un sourire en coin et il lui apparu épouvantable lorsque les vagues de la piscine éclairée se réverbéraient sur les traits du gamin. Il était un peu plus grand que lui désormais. La dernière fois qu'il l'avait vu il devait baisser les yeux pour lui parler, pas les lever.

"Je suppose que tu as raison," il hocha la tête en croisant les bras et en se faisant plus grand pour montrer qui était le patron ici.

"Bon, tu vas me livrer aux autorités ?"

"Tu es fou ?" Il pouffa. "Au mieux tu auras une tape sur le poignet. Pendant ce temps, mon casino se prendra une amende salée et ma licence de jeu me sera retiré en attendant l'enquête. Je ne peux pas me permettre ce genre de publicité pour 200 000 dollars mais je pense que tu le sais déjà."

"J'ai pesé le pour et le contre avant de venir." L'espièglerie du gamin n'avait pas de limites et ça le fit rire un peu que de voir ce qu'il avait proposé pour faire de l'ombre à son empire.

"Je te félicite de ne pas avoir froid aux yeux et on va faire une trêve. J'ai quelques conditions toutefois," dit-il en se rapprochant encore plus et en posant une main sur l'épaule du gamin. "Tout d'abord, tu ne mets plus les pieds dans un casino de Las Vegas avant d'avoir légalement 21 ans."

"J'y penserai," le gamin fit un rictus.

"Ensuite, si je te prends à compter les cartes à l'une de mes tables encore une fois, je m'assurerai que tu apprennes ce qu'il en coûte de faire ça à Vegas," il usa de sa voix la plus menaçante pour s'assurer d'être pris sérieusement.

"J'ai hâte de voir ça, ke ke ke." Menaçant aurait dû être le deuxième nom du gamin alors que les yeux vert foncé se moquaient de lui.

"Tu as fait de la musculation, n'est-ce pas ?" M. Big serra l'épaule du gamin alors qu'il riait un peu pour détendre un peu l'atmosphère. Un bruit les surprit tous deux et ils se tournèrent vers l'entrée de la piscine.

"Je croyais vous avoir dit de rester loin, bon sang," s'exclama M. Big alors qu'il s'attendait à ce que l'un de ses hommes tourne le coin pour se perdre en excuses mais c'était une vision en rouge qu'il vit à la place.

"Tu me suis maintenant, foutue manager ?"

"Je voulais juste m'assurer que tout allait bien. Je t'ai vu partir après avoir endossé tes gains et puis j'ai vu la sécurité te suivre. J'ai juste ..." C'était à moitié les nerfs et à moitié la prudence qui la guidait tandis qu'elle s'approchait des deux hommes.

"Tu te faisais du putain d'mouron pour moi !" Le gamin éclata d'un rire historique jusqu'à ce que ses côtes lui fassent mal pendant que M. Big faisait un clin d'œil et souriait à la demoiselle rougissant à vue d'œil qui s'avançait dans la robe rouge qu'il avait trop souvent aperçu sur les moniteurs cette nuit.

"Tu ne nous présentes pas, Youichi ?"

"Foutue manager, je te présente le foutu parrain. Foutu parrain, je te présente la foutue manager."

"Je m'appelle Frank. Comment allez-vous, mademoiselle ... ?" Il prit sa main dans la sienne et elle rougit de plus belle.

"Anezaki. Mamori Anezaki," dit-elle. Alors qu'il lui faisait un baise-main, il souhaitait avoir trente ans de moins. La lumière de la piscine lui faisait comme une aura angélique telle une déesse descendue du ciel parmi les mortels. Il sourit et soutint son regard un peu plus longtemps, comme s'il en avait oublié la vraie raison de sa présence ici.

"Oh, avant que je n'oublie, tiens," M. Big relâcha sa main, prit une clé de chambre dans sa poche de poitrine et la tendit à Hiruma.

"Qu'est-ce que c'est ?" Demanda le gamin avec la première expression surpris qu'il lui voyait depuis ... eh bien, il n'arrivait pas à s'en souvenir.

"J'ai payé pour les chambres de votre groupe et je t'ai mis dans la suite princière. C'est moi qui paye alors n'hésite pas à tout charger sur la chambre."

"Tu peux te la garder ta suite," dit le gamin d'un air sobre alors qu'il lui rendait sa clé.

"Tu es sûr ? Il y a un jacuzzi de 48 jets sur le balcon où peuvent se baigner 6 personnes en même temps."

"Ça ira. Nous partons demain."

"J'ai déjà pris la liberté de faire monter tes bagages dans ta nouvelle chambre," il insista. C'était très frustrant de se voir refuser sa générosité quand il essayait vraiment d'être généreux de bon cœur.

"Tu veux dire que t'as fait bouger Cerberus ?" De nouveau le gamin avait l'air surpris. M. Big regarda précautionneusement le ciel dégagé pour s'assurer qu'il n'y avait pas de chance d'être touché par la foudre. C'était connu que la foudre aimait frapper près des piscines.

"Oui, j'ai dû descendre personnellement pour me charger de Cerberus," il éclata d'un rire sans joie en se grattant l'arrière de la tête, se souvenant de sa rencontre avec le chien. Heureusement un gros chien en reconnaissait un autre instantanément. "Il a failli bouffer la main de l'un de mes employés." Le gamin éclata de nouveau de rire et M. Big oublia de lui dire que la thérapie de l'employé allait lui revenir chère. Le rire du gamin le rendait toujours nostalgique du bon vieux temps.

"Si tu ne la prends, moi je la prends," déclara la belle demoiselle.

"Tiens, tu peux l'avoir," le gamin lui donna la clé de chambre et elle sourit de manière extatique.

"Pour de vrai ?"

"Ouais." Les deux hommes regardèrent la demoiselle sauter de joie. Elle leur raconta joyeusement qu'elle allait trouver sa colocataire et qu'ensemble elles organiseraient la soirée pyjama de princesses du siècle. Les deux hommes sourirent alors qu'ils regardaient la demoiselle guillerette disparaître au coin.

"Et tu as dit à mon employée que tu n'avais pas de faiblesses," dit-il en donnant une tape dans le dos d'Hiruma.

"C'est plutôt une plaie," le gamin fit un petit sourire.

"Laisse-moi parler au manager de l'hôtel et ils remettront tes affaires dans ta chambre en un temps record." Il sortit son portable et composa un numéro. "Oui. Nancy, ramenez les affaires de M. Hiruma dans son ancienne chambre. Mesdemoiselles Anezaki et Taki auront la suite. Non, elles se chargeront de leurs bagages elles-même. Oui, dites aux filles de ne pas monter, il n'aura pas besoin de leurs services ce soir," il fit un clin d'œil et Hiruma eut un air dégoûté.

"Bon, le chien," il fit un signe de tête en direction du gamin. "Youichi, est-ce que tu veux que je monte récupérer Cerberus ?"

"Laisse-le là haut."

"Hein ? Avec elles ?"

"Il aime la foutue manager on dirait. Il lui sautera sur les genoux et la laissera le caresser, le foutu clebs." Un étrange rire émana du gamin et il pouvait voir que ce n'était pas le chien qui était dans ses pensées en ce moment.

"Tu rigoles."

"Non."

"Non, je veux dire Nancy," dit-il en adressant un regard triste au gamin. "Elle vient juste de me dire que ta chambre a déjà été donné à un walk-in."

"Quoi ?" Une autre expression de surprise passa sur ses traits. M. Big était tenté de commencer à réciter la Prière du Christ parce qu'il était presque sûr que le monde allait arriver à sa perte.

"Désolé, tiens," il sortit une autre clé de chambre de sa poche de poitrine.

"Tu avais un double ?"

"Bien sûr, je m'attendais à ce que tu jettes la premières juste pour m'embêter," il sourit et reçu un sourire véritable en réponse.

"Tsss, foutu parrain."

"Tu as intérêt à monter avant les filles," dit-il en regardant le gamin s'éloigner sans se presser. "Qu'est-ce que je devrais dire à ton père la prochaine fois que je le vois ?" Demanda-t-il plein d'espoir.

"Que dalle," lança le gamin par-dessus son épaule alors qu'il tournait au coin.

"Pardon Nancy ? Elle a fait quoi vous dites ?" Il pouffa de rire dans le combiné. "Non, ne vous embêtez pas à re-changer les noms. Laissez ça comme ça." Il sourit en raccrochant et en remettant le téléphone dans sa poche. Petit Youichi devenait grand, pensa-t-il en rentrant dans l'hôtel. S'il avait un galet plat, il ferait des ricochets sur la piscine.


Note de la traductrice : Comme M. Big est plus âgé qu'Hiruma il a tendance à le tutoyer comme le font les grandes personnes. Et connaissant Hiruma et son manque de respect habituel il me semblait juste qu'il le tutoie en retour. Je travaille dans les hôtels donc pour moi certains termes n'ont pas besoin de traduction puisque c'est la norme : un walk-in pour information est une personne qui arrive dans un hôtel sans réservation. Et j'ai changé la "penthouse suite" en "suite princière" mais pour vous donner une idée c'est très très grand, vous verrez mieux dans le chapitre qui va suivre. Merci de me lire. Bonne lecture !

*Hermi-kô***