Chapitre 8
Dans ce chapitre, je pense qu'il est temps d'aborder une partie de mon histoire qui me permit d'arriver où je suis maintenant. Cependant, comme je ne sais entre quels mains ce livre terminera, je ne pense pas raconter tout en profondeur. Cela risquerait de vous choquer, je pense.
Mais avant que je ne commence, je me dois de vous expliquer un peu plus le fonctionnement de la prison, surtout au niveau des gardiens. Il y a une trentaine de gardien qui se séparent en trois parties, dirons nous. La première partie est la plus petite et se dispersent dans différentes parties, le mitard, l'infirmerie ou encore le réfectoire. La deuxième partie ne s'occupent que du premier étage et de la bibliothèque. Le dernier groupe ne s'occupent que du dernier étage et de la cour.
Normalement, il est rare qu'un gardien change de groupe, sans une très bonne raison. Mais comme vous l'avez vu dans le premier chapitre, Ronald Weasley possède un charisme qui lui a permis de changer de rôle beaucoup trop facilement à mon goût...
« Comme on se retrouve ! » dit une voix derrière Harry, le surprenant alors qu'il regardait après un livre.
Mais ce n'était pas aussi surprenant que cela. Il faut dire que Ron regardait après lui depuis la fin du repas du soir. Cela faisait trois semaines depuis le mitard où il s'était défoulé...un peu trop, en vérité. C'est pourquoi il avait laissé autant de temps avant de se rappeler à son bon souvenir. Enfin, si on oublie le fait qu'il avait du prendre quelques vacances pour s'occuper de sa soeur qui avait fait une overdose...Il avait du la mettre en institution... Aussi, maintenant qu'il était revenu, Harry était un défouloirs qui était le bienvenu.
Il se délecta de la peur dans le regard émeraude de son jouet. Il se rapprocha et posa sa main sur la joue blanche et moite du gamin.
« Je t'ai manqué ? » demanda le rouquin en se rapprochant un peu plus.
Pour un peu, on aurait pu les prendre pour un couple et il en jouait un peu. Il faut dire que l'état d'Harry à la sortie de son isolement avait attiré l'attention des plus hauts. Il avait déjà eu du mal à s'expliquer sur son changement de groupe. Il devait faire profil bas pour le moment. Et vue les rumeurs qui courrait sur le petit brun au sein de la prison, sa présence aussi proche du détenu ne serait pas ressentit comme étrange.
« Ne faites pas ça ! » murmura le brun en fermant les yeux. Sa voix était tremblante et manquait sérieusement de fermeté. Le rouquin eut un sourire en coin. Ses deux petites semaines avaient porté ses fruits. Sa main glissa dans son cou et serra de manière à lui couper la respiration et qu'il ne puisse émettre le moindre son.
« Tu oublie ta place, jouet! N'oublie jamais que tu es mien. Maintenant suis-moi, sans protester si tu ne veux pas terminer à l'infirmerie une nouvelle fois. » dit Ron en ayant la satisfaction de le sentir trembler sous sa main.
Il le lâche et sortit de la bibliothèque sans même un regard en arrière. Il avait confiance en la peur qu'il avait pu voir dans le regard de son jouet. Jamais il n'aurait cru aimé à un tel point cette lueur. Cette sensation de pouvoir absolu était parfaitement enivrante. A un tel point qu'il ne remarqua pas son entourage proche...pourtant composé de personne qu'il aurait du prendre avec un sérieux proche de la paranoïa.
Draco était en train de discuter avec Sirius des dernières recrues potentiel, sous le couvert d'un jeu d'échec, quand il vu quelque chose qui l'interpella...Depuis le retour d'Harry de l'infirmerie, il avait accru encore plus son gardiennage, mettant un point d'honneur à ce qu'une telle chose ne se reproduise plus jamais. Alors quand il vu le sourire sur le visage de Ron Weasley qui traversait le hall du premier étage, il sut que quelque chose n'allait pas...surtout quand il s'aperçut qu'Harry le suivait, avec un regard complétement terrorisé.
« Sirius...je crois qu'il y a un soucis. » dit-il tout en faisant signe à un homme qui se trouvait non loin en train de taper le carte. Lui et son partenaire de jeu se levèrent tout en discutant et suivirent de loin les deux hommes.
« Pourquoi le directeur n'a pas mis ce gardien dans une autre équipe ? » demanda Sirius en les regardant disparaître dans les couloirs menant au placard pour le ménage. Draco l'avait mis au courant sur l'histoire qu'il y avait entre le gamin et le gardien. Et il trouvait cela assez grotesque...si on oublie les blessures que le gamin a reçu. Un tel acharnement à cause d'une enfant qui aurait certainement terminé frustrée par la vie avant de se détruire était quelque peu pitoyable.
« Je n'en sais rien. J'ai demandé à Severus de faire une enquête à ce sujet. Ce gardien a beaucoup trop de pouvoir à mon goût. »
« Et surtout, il a touché à ton précieux gamin. Quand est-ce que tu vas le travailler au corps pour l'amener à Tom ? » demanda Sirius en avançant une pièce sur l'échiquier, se délectant de la gêne palpable du blond devant lui.
Il savait bien qu'il y avait anguille sous roche avec le petit brun. Draco était beaucoup trop intéressé par lui. Après tout, tout ce que Tom lui avait demandé, était de garder un oeil sur le brun et de faire intervenir Sirius dans sa protection au sein de la prison. D'ailleurs, il était prévu que le grand patron lui rende une petite visite.
« Ne parle pas de ce que tu ne connais pas ! » grogna Draco en continuant la partie de manière un peu plus brutal.
« N'oublie pas qu'une évasion est prévue dans trois mois. » murmura Sirius.
« Tu es certain de ne pas vouloir venir avec ? Après tout, Rémus ne sera plus ici. Il est d'ailleurs prévu qu'il vienne avec nous au Japon le temps que cette histoire se calme un peu. » dit Draco en se calmant.
« Il ne me reste qu'un mois avant de pouvoir sortir. Tom aura besoin de moi pendant que toi, tu te la coulera douce auprès de notre ami Japonais. Tu lui remettra mon bonjour en même temps. » dit Sirius en mettant le blond échec et mat...cela sert de jouer régulièrement contre un pro.
« Bien entendu. Je me demande ce que les deux brutes ont pu voir. » dit le blond en se levant.
Je ne pense pas que j'ai eu aussi peur dans mon existence. Pourtant, je n'ai pas vécu que des moments agréables. Après tout, mon métier n'était pas des plus...sécurisant, dirons-nous. La peur était un élément du quotidien...mais alors, comment expliquer cette sensation qui me paralysait totalement, lui permettant de m'attacher contre le mur avec autant de facilité ?
Je ne le sais toujours pas...Et personne n'a jamais pu me répondre, parce que je n'ai jamais dit qu'après mon isolation, je l'ai laissé faire, comme une poupée de chiffon.
C'est quelque chose qui me hante encore. Je ne compte plus les cauchemars et les réveils en sursaut que cet homme et cette peur m'a laissé en arrière-goût. Mon amant fut toujours d'une patience d'ange avec moi, mais je n'ai jamais pu lui dire ce que j'avais subi entre les mains de cet homme. Dans mes cauchemars, je peux encore entendre le claquement du fouet qu'il prenait plaisir à faire claquer sur le sol avant que la lanière ne rencontre ma peau me laissant des marques qui ne disparaîtrons jamais.
Dans mes cauchemars, je me retrouve dans cette pièce sombre et étroite...sa salle des tortures comme il l'appelait avec tendresse. Je peux même y sentir l'odeur de la chair brûlée...ma propre chair. Et chaque fois que j'y repense, mes cicatrices me brûlent comme s'il était en train de me les faire...Mais ce n'est pas ce qui m'atteint le plus. Ce qui m'atteint le plus...c'est qu'il y a personne pour me sortir de cette pièce. Il n'y a personne pour l'interrompre. Personne pour me sauver.
« Monsieur. » dit un homme qui ressemblait à une armoire à glace.
Le genre de personne qu'il ne fait pas bon de rencontrer le soir dans une ruelle sombre...surtout si on est une femme. C'est peut être pour cela qu'il semblait si réticent d'avoir un lien avec Malfoy. Le blond connaissait assez bien sa réputation pour savoir qu'on le disait gay et intéressé par le gamin. Si seulement il connaissait la vérité !
« Au rapport. » se contenta de dire le blond tout en continuant d'écrire sur son calepin. Tom lui avait demandé de mettre par écrire ce qu'il voyait dans la prison et ce qui pourrait l'intéresser.
« Nous avons suivi le gamin jusqu'à un placard dans le troisième couloir. Vous savez celui qui mène aux cuisines. » dit l'homme d'un ton bourru et quelque peu vexé par le dédain dont le blond montrait en sa présence. Si celui-ci ne lui avait pas promis de lui fournir un boulot en or pour Jedusort, il serait déjà en train de lui refaire sa belle petite gueule.
« Et ? » demanda Draco en levant sa tête. Cela faisait trois jours qu'il leur avait demandé de suivre le brun...il était temps qu'on vienne lui faire un rapport...bande de bras cassé ! Même Sirius lui avait déjà rapporté que le brun était rentré dans sa cellule et avait passé son temps allongé sur le ventre, le teint pâle et la mâchoire serrée.
« Ben...c'est tout. » dit l'homme en haussant les épaules. Draco ferma les yeux et compta jusqu'à dix avant de lui répondre. Il n'était pas certain que la présence de cet homme soit très utile au clan. Il était tellement intelligent qu'il en était éblouissant...
« Je vois. Merci beaucoup. » dit le blond avant de retourner à ses écrits. Il passa plusieurs pages avant de se remettre à écrire. L'homme le regarda encore un instant de ses yeux bovins avant de tourner les talons et de sortir de sa cellule, bousculant Blaise.
« Et bien...C'est un foudre de guerre, ce mec là. » dit l'homme en s'affalant sur son lit.
« Il faut bien de la chair à canon. »
Le blond se leva et sortit de la cellule, tout en prenant soin de mettre son cahier dans un petit coffre qu'il fermait à clé toujours. Il n'avait aucune confiance dans son entourage...ce n'était pas vraiment étonnant, vu la flore locale.
Il se dirigea au deuxième étage et passa brièvement au niveau de la cellule de Sirius pour constater qu'Harry était toujours allongé sur le dos et semblait dormir avec difficulté. Cela faisait trois jours, qu'est-ce qui avait bien pu se passer dans ce placard ? Il allait le découvrir pas plus tard que maintenant. Il jeta un rapide regard autour de lui avant de se diriger vers le couloir où s'était dirigé Harry. Il fut rapidement au niveau du seul placard que contenait ce couloir. Il était même étonnant d'avoir une porte ici. L'endroit n'était pas des plus fréquentés. Il y avait peu de monde qui voulait approcher de la salle de repos des gardiens. Qui voudrait se retrouver avec une pléiade de flingue sur sa personne ? A moins d'être suicidaire, ce qui n'était pas son cas. Aussi, fit-il très attention à n'émettre aucun bruit quand il ouvrit la porte...à l'aide d'une épingle qu'il avait toujours sur lui. Weasley avait oublié d'être idiot et avait fermé la porte à clé. Cependant, il aurait du choisir une pièce à commande magnétique. La prison en était fournit pour autant.
« Oh merde ! » dit-il en voyant la pièce.
L'endroit était sombre, une simple ampoule nu se balançait doucement au niveau du plafond...mais ce n'était pas le plus sordide dans ce qu'il pouvait voir. C'était surtout l'odeur...Une odeur insupportable que peu de personne connaissait...L'odeur âcre de la peur et celle métallique du sang. Et le peu de lumière était suffisante pour qu'il puisse voir les tâches de sang séché sur le sol et le mur. Au vue du matériel qui était accroché au mur, ce n'était pas si étrange que cela. Un martinet trempé dans un bol d'eau...enfin, si ce liquide rougeâtre était bien de l'eau. Une bouffé de rage lui monta à la gorge alors qu'il avança dans la pièce pour fouiller un peu plus. Les tâches de sang étaient concentré à un seul endroit...là où pendaient deux menottes teintés de ce qui ressemblait à de la rouille...pour un non initié. Draco avait déjà vu assez de salle de torture pour y reconnaître des tâches de sang. Mais ce qu'il ne comprenait pas, c'est pourquoi il n'avait rien vu jusqu'à maintenant. Sirius était quasiment tout le temps sur le dos d'Harry et quand ce n'était pas le cas, il y avait quelqu'un d'autre. Personne n'avait remarqué de marques sur les poignets ou le moindre signe de douleur avant que cela n'aille trop loin et qu'il soit obligé de faire un passage à l'infirmerie.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demanda quelqu'un le faisait sursauter. Il était tellement dans ses pensées qu'il n'avait pas entendu la porte se fermer derrière lui, l'emprisonnant avec la dernière personne qu'il aurait souhaité.
« Ronald Weasley...Dis moi, c'est une jolie décoration qu'il y a ici. » dit Draco tout en reculant tout doucement. Ce n'est pas tant le fait que ce soit le maître des lieux mais qu'il tenait sa main au niveau de son arme. Ce n'était certes pas une arme à feu mais une matraque faisait tout de même de sacrés dégâts.
« Ne joue pas au plus malin avec moi. Ne me fais pas croire que tu ne sais pas sur qui mes petits instruments ont fait leur œuvres.
« Harry Potter...l'assassin de ton père. Sais-tu à quel point cette vengeance est pathétique ? » dit Draco tout en se rassurant de sortit la froideur d'une lame sous sa main.
« De quel droit tu me juges ? Tu ne sais rien de ma vie. Laisse-moi la vivre comme je l'entend ! Ah, mais j'oubliais, mon petit jouet est ta petite pute, à ce que l'on raconte. Tu n'aimes peut être pas qu'elle soit trop amoché pour remplir son travail. » dit l'homme avec un sourire en coin. Draco dut se retenir de se jeter sur le gardien pour le remettre à sa place...c'est à dire sous sa botte.
« Ce n'est pas ma 'petite pute' mais il est vrai que je n'apprécie pas que tu y touches...et j'en connais un autre à qui cela ne va pas plaire...loin de là. » grogna le blond en brandissant son arme improvisé. Hum...il aurait peut être pu trouvé mieux qu'un léger poignard.
« Je vois...des menaces, comme c'est innovant. » dit Weasley avant de foncer sur lui et de se faire poignarder de manière volontaire au niveau du ventre. Une blessure douloureuse, qui saigne énormément mais qui ne le tuera pas.
Il agrippa le poignet de Draco et le tira hors de la pièce...qui se ferma en claquement sec avant de se mettre à hurler. Aussitôt, 5 gardes arrivèrent et entourèrent Draco sans que celui-ci ne réalise sa situation...quand on le fit lâcher le poignard d'un coup de matraque, il comprit qu'il avait merdé de manière monumental. Le rouquin l'avait manipulé de telle façon qu'il ne pouvait rien faire pour se protéger. Sa rage fut telle qu'il ne put se retenir et donna un violent coups de poing dans son ventre...aggravant sa blessure, ainsi il en aurait pour son argent ! Et même la douleur des coups qu'il se reçut en punition ne suffirent pas à calmer sa colère. Elle ne se calmerait qu'une fois que cet homme serait mort à ses pieds.
« Je crois qu'un mois en isolement t'apprendra à rester à ta place, petit blond. » dit l'un des gardiens avant d'assener un violent coups au niveau de sa tempe, le mettant K.O pour un bon moment.
Je compris qui était Draco Malefoy peu de temps après avoir fait sa connaissance. Je ne savais par contre pas quel était son importance au sein du clan Jedusort, ni même 'ma' propre importance au sein de ce clan. Oh, n'allez pas croire que j'étais assez aveugle pour ne pas voir la surveillance sous laquelle j'ai été mis. Les hommes qui me suivaient été parfois de véritables lourdaux...Des brutes dénué de cervelle...Cependant, je dois bien avouer que je pensais, au départ qu'il s'agissait d'homme de Gellert...jusqu'à ce que j'entends un bout de la conversation entre Draco et Neville, l'infirmier de la prison.
« Bonjour, monsieur Potter. » dit un homme qui avait tout de l'homme charismatique et très dangereux. Il avait des cheveux ondulés qui s'arrêtaient sous sa mâchoire carré, atténuant la dureté de ses traits. Mais cela ne le rendait pas plus doux pour autant. Il aurait voulu pour cela, diminuer la lueur carnassière qu'on pouvait apercevoir dans ses yeux ou la puissance qui se dégageait de sa personne. Ses larges mains ou encore ses épaules carrés, tout en lui criait le prédateur à qui il ne fallait pas se frotter.
Harry le regardait sans dire un mot. L'homme qui se tenait droit devant lui ne lui était pas inconnu. Mais cela ne lui expliquait pas pourquoi il était là.
« Bonjour monsieur Jedusort. » dit-il d'un ton froid et atone. Il ne voyait aucune raison pour le grand patron d'un clan ennemi vienne lui rendre visite.
Tom Jedusort regarda le jeune homme avec un sourire en coin. James l'avait bien éduqué. Il y avait peu de personne qui l'aurait défié ainsi du regard de cette manière. C'était une qualité qui était rare et qu'il appréciait chez les personnes...qu'il estimait.
« Je suppose que vous vous demandez pourquoi j'ai demandé à vous voir. » dit Tom. Il n'était pas ici pour se regarder dans le blanc des yeux pendant un long moment. Il était quelqu'un d'assez occupé.
« Vous supposez bien. » dit Harry en levant un sourcil, pour l'inciter à parler. Tom leva les yeux vers la caméra et attendit un instant...la lumière s'éteignit assez rapidement.
« Savez-vous que votre nom est légendaire dans notre milieu ? A un tel point que vous valez votre pesant d'or, si je puis dire. Vous êtres quelqu'un de performant et de discret. »
« Merci pour ces compliments. » se contenta de répondre Harry. On lui avait appris à ne jamais rien dévoiler sur sa personne avant d'avoir toutes les cartes en main. Ce qui était loin d'être le cas maintenant. Que pouvait bien lui vouloir cet homme ?
« Voilà pourquoi cela m'a surprit d'apprendre que vous étiez jugé pour le meurtre de votre compagnon. »
« Comment pouviez vous savoir que j'étais ce que je suis quand vous avez pris connaissance de cet affaire ? » l'interrompit Harry, curieux et quelque peu agacé d'être surveillé de cette manière. Il était surveillé par trop de monde à son avis.
« Je connais l'histoire de ta famille...si bien que je garde toujours un œil sur les Potter. » répondit Tom de manière désinvolte...comme si cela n'avait aucune importance.
« Je vois...et ? » demanda Harry en retenant avec difficulté les questions qui lui brûlaient les lèvres.
« Et je pense que je pourrais t'aider quelque peu. Vois-tu, j'ai quelques hommes au sein de cette prison. »
« J'ai déjà pu m'en rendre compte. D'ailleurs votre informateur principal se trouve maintenant en isolement. » répondit Harry avec un sourire en coin...ce qui amusa plus que cela énerva Tom Jedusort. Il était déjà au courant du fait que Draco Malfoy se trouvait au mitard. Mais la manière dont l'avait annoncé Harry était attendrissante, d'une certaine façon. Il était clair qu'il n'avait pas apprécié de se faire attraper et de se retrouver dans ces lieux...ainsi, par cette phrase, il voulait montrer que ses hommes étaient encore moins bien lotit que lui...alors qu'il savait très bien pourquoi Draco s'est retrouvé dans une telle situation.
« Je vois. Il est vrai que mes hommes manquent de discrétion. Mais ce ne sont que du menu fretin...Oh faites comment va votre dos ? » demanda Tom en arborant le même sourire que le jeune homme...sauf que le sien avait disparut pour un teint blafard et une lueur de peur dans le regard. Tom eut un élan de pitié pour ce gamin mais les affaires sont les affaires. Tant qu'Harry n'aurait pas accepter son offre, il n'allait certainement pas faire le moindre geste pour l'aider.
« Je vois que vous êtes au courant de ma situation. Ce n'est guère étonnant, vu que vous me faites suivre. Passons. Si nous revenions à notre affaire. Pourquoi ai-je droit à votre présence en ces lieux ? » demanda Harry. Au vu le ton employé, il savait pourquoi Tom se trouvait en sa présence. Il ne restait plus qu'à y mettre le prix, comme dans toute transaction. Et la négociation...tout comme les mensonges. Mais cela, le jeune homme n'était pas obligé de le savoir.
« Je suis ici pour te proposer un marché. Pourquoi rester au sein d'un clan qui t'a conduit en ses lieux ? »
« Oh, mais ce n'est pas dans mon attention. Comme vous l'avez fait remarqué, mes talents sont tels que je n'aurais aucun mal à me passer d'un quelconque soutient. Alors pourquoi devrais-je accepter votre marché ? » demanda Harry, surprenant quelque peu Tom.
D'après les rapports qu'il avait reçu, il s'attendait à ce que le gamin soit assez manipulable...et là...il dégageait une certain assurance, voire même une certaine arrogance, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Cependant cela allait rendre les négociations un peu plus âpre mais beaucoup plus intéressant selon lui.
« Peut être...mais tiendrez-vous jusqu'à la fin de votre détention ? 8 ans c'est long. Regardez ce qu'il s'est passé en seulement 8 mois. » répondit Tom avec un sourire en coin. Il appréciait l'arrogance de ce gamin mais ce n'est pas pourtant qu'il allait se laisser faire sans rien dire.
« Oh...ne vous faites pas d'inquiétude pour moi, je suis assez grand pour prendre soi de moi. »
« Pourquoi refusez-vous mon aide ? »
« Parce que vous ne me l'avais pas proposé. Tout ce que je sais et que je devine...ne m'intéresse guère. »
« Oh, et que devinez-vous ? » demanda Tom en se penchant en avant. Ce gamin avait l'étoffe d'un chef, Gellert l'avait bien éduqué. Cependant, il lui manquait une donnée importante pour faire un excellent chef de famille. Il lui manquait le plus important...l'indépendance. Malgré tout ce qu'il pouvait dire, il ne s'était pas détaché du clan. Il lui faisait pensait à lui...avant qu'il arrive à se détacher de son chef de clan. Il l'avait tué, tout simplement.
« Vous êtes ici pour obtenir la 'rose blanche', un nom que tout le monde connait et redoute, n'est ce pas ? Quel plus pour votre clan ! Mais moi, je n'y gagne rien, si ce n'est devenir le chien de quelqu'un d'autre. »
« Il est vrai que je cherche à acquérir plus de pouvoir. Mon clan est fort, assez en tout cas pour arriver à faire de l'ombre au plus grand clan...qui est le tien, bien évidemment. Mais ce n'est pas mon but. Je veux le surpasser. »
« Quoi de plus logique. Notre monde n'est régit que par le pouvoir et les petits poissons qui se trouvaient au milieu se vont déchirer sans aucune pitié. » murmura Harry en fronçant les sourcils. Tom haussa un sourcil, en voilà une drôle de remarque. La mort de son amant l'avait donc plus touché qu'il ne l'aurait pensé. Mais de quel manière ? Est-ce que cela l'avait détruit de manière irrévocable ou en était-il sortit nourrit d'un désir de vengeance qu'il pourrait utiliser à sa guise ?
« On peux voir les choses de cette manière. Il ne tient qu'à toi de devenir un requin assez puissant pour qu'on te craigne. C'est la seule façon pour qu'on te laisse tranquille. Je pense qu'il est plus que temps que tu le comprenne. » rétorqua Tom de manière brutale...ce qui n'était pas bon les affaires. Mais il avait besoin de savoir ce qu'il en était. Le marché était caduc si le gamin n'était plus d'aucune utilité.
« Tu ne pense pas que je le sais déjà ? Parce que c'était de la famille, j'ai merdé mais ce sera bien la dernière fois que je me laisserais faire de cette façon. Je suis mon propre maître et ils vont très vite le comprendre. A leur dépends. »
« En voilà, une attitude positif, cela fait plaisir à voir. Laisse-moi t'aider. » dit Tom avec un sourire qui aurait fait fuir n'importe quel personne ayant un instinct de survie, même avec tout l'or du monde. Un sourire qui n'indiquait rien de bon pour le brun.
« Et je me retrouve avec un nouveau collier, non merci. » grogna Harry en levant. Pour lui la discussion était close.
« Je vois. Et si je proposais mon aide sans demander de fidélité ? »
« Ce serait négocier à perdre et c'est loin d'être votre genre. » répondit Harry en se retournant pour lui faire face. Tom eut un sourire, il était vrai qu'il n'avait pas la réputation d'être facile en affaire, loin de là.
« C'est exact...mais tu oublies une chose, je compte toujours profiter de tes services. Disons que je te laisse la possibilité de refuser, si tu le souhaite. »
« Je vois...Je dois dire que l'offre est intéressante. Laissez-moi y réfléchir. Je vous donnerais ma réponse...aussitôt que votre homme sera sortit de l'isolement. »
« Oh cela peut très bien se faire avant. » dit Tom que cette attente déplaisait assez. Cela retardait ses plans. Il avait prévu de faire sortir ses hommes dans deux semaines et il aurait souhaité qu'Harry se joigne à eux.
A l'époque que je n'aurais jamais cru qu'on puisse me faire une telle proposition et surtout pas que je l'accepterais. Peu importe ce que je me dise encore et encore, le clan était la seule chose que je connaissais, mon père avait fait tout cela. Quelque part, si cela s'était passé plus facilement en prison, je n'aurais jamais cherché à m'échapper de l'emprise que ma famille pouvait avoir sur moi. Je suppose que vous devez trouver que je me répète souvent...je trouve aussi. Cette histoire ne sera probablement jamais publié et finalement, c'était mieux ainsi. Au fait, j'aimerais précisé une chose...bien que je semble m'apitoyer sur mon sort, je n'ai aucun regret. J'aime ma vie actuelle...si ce serait à refaire, je le referait encore et encore.
Il ne fallut pas longtemps à Fenrir pour comprendre qu'il avait une occasion en or de se faire le petit brun. N'allez pas croire qu'il l'avait oublié, loin de là. Il n'avait jamais été bien loin de sa chère petite proie et avait été plus qu'amusé de la voir souffrir de ses rencontres avec le gardien...bien que la jalousie l'ait quelque peu tenaillé. Il aimait être le seul a avoir le pouvoir sur ses victimes. C'était tellement glorifiant et excitant.
Et au vue de ce qui s'était passé, ce petit brun était une proie de premier choix, surtout maintenant qu'il avait appris à souffrir. Il allait bien s'amuser avec lui...maintenant que son protecteur était indisponible, il était temps de faire son apparition. Et quoi de mieux que les douches pour cela.
L'horaire des douches n'étaient pas aussi stricte que le logement, dirons-nous. Tout le monde pouvait y aller quand il le souhaitait, du moment que cela se faisait pendant les heures de liberté. Il se mit alors avec deux hommes qu'il tenait à la baguette proche des douches et attendit. Mais il n'eut pas à attendre très longtemps, il connaissait assez bien sa proie pour connaître ses horaires de préférences. Il allait le plus tôt possible afin d'être seul. C'est qu'il ne devait pas aimer montrer les cicatrices que portait son corps. Tout son dos étaient zébré de coup de fouet. Et ses fesses...il avait envie de mordre dedans, malgré les quelques trous de cigarette.
« Bonjour petite chose. » dit-il tout en faisant signe à ses hommes qui se mirent devant la porte, afin qu'on ne le dérange pas. Un seul homme entra dans les douches avec lui.
Cet homme était son compagnon de cellule...et une personne ayant les mêmes goûts que lui. Ce n'était pas la première fois qu'il rencontrait une telle personne mais auparavant elle n'avait jamais cette petite étincelle qui l'a fait vibrer autant que lorsqu'il fit sa connaissance. Oh n'allez pas penser que c'était sexuel, loin de là. Fenrir eut plus l'impression d'avoir retrouver une pièce manquante, un morceau de son âme. Et pour ce qu'il en savait c'était la même chose pour lui.
Rodolphus Lestrange. Un nom qui ne lui était pas inconnu en vérité même si il n'avait jamais pu mettre un visage dessus. L'homme avait commencé peu après lui et s'était fait attrapé peu avant lui. Cependant la presse avait énormément parlé de lui...beaucoup plus que de Fenrir. Il faut dire que sa manière de se débarrasser d'éléments embarrassant était digne d'un film d'horreur à grand budget. Autant Fenrir préférait les laisser dans un endroit assez discret où il pouvait revenir sur les lieux pour se remémorer à quel point ses petits corps furent doux sous le sien, autant Rod préférait les balancer en pleine rue avant de s'enfuir, se délectant de la panique s'inscrivant rapidement sur le regard des passants.
Mais bon, revenons à notre histoire. Quelque chose de vivant est tellement plus délicieux qu'un cadavre pourrissant. Surtout que la proie qui s'offrait à eux était magnifique. Son corps était laiteux marqué de ligne rosâtres en travers de son dos et des brûlures sur son torse dont une assez proche de son téton droit...une marque qu'ils allaient prendre plaisir à agacer encore et encore...Rien qu'à l'idée de voir ce corps menu se tortiller de douleur mêlée à une pointe de désir, leur corps tremblait d'un plaisir contenu. Ils s'approchèrent de leur proie semblable à des loups...Harry recula jusqu'à se retrouver coincer contre le mur, le corps frissonnant contre le carrelage. Il était dans la merde.
« Dis-moi, tu nous a dégotté une délicieuse petite créature » murmura Rodolphus.
« Je savais qu'elle te plairait. Notre attente va enfin payer. » dit Fenrir en enlevant sa chemise...elle n'allait lui être d'aucune utilité dans les heures à venir.
Son ami l'imita aussitôt...pour la tortiller pour en faire un fouet de fortune, l'eau aidant. Il l'a fit claquer une fois pour en tester la force avant de la faire claquer sur le corps d'Harry qui sursauta plus qu'il ne souffrit. Il en avait déjà vu d'autres...Le cuir était beaucoup plus dur sur la peau. Cependant, il se garda bien de lui en faire la remarque. Il suffisait de voir leur yeux pour savoir qu'ils avaient soif de sang et de violence.
« Hum, pas très efficace ton accessoire. » constata Fenrir en faisant la moue.
« Je fais ce que je peux. Je n'ai pas beaucoup de matériel à disposition. Cependant, je pense qu'on peux trouver une autre utilité à cette chemise...tu ne pense pas ? » dit son compagnon en se rapprochant encore plus du jeune homme...qui le fusilla du regard, à son plus grand amusement.
« Allons ne fais pas cette tête...vu ton inaction, ce qui est en train de se passer a l'air de te plaire. » ajouta-t-il d'un ton moqueur. Il ne s'était pas attendu à recevoir un coup d'une telle violence. Fenrir lui avait pourtant dit qu'il avait été éduqué de la plus merveilleuse des façons...aussi, ne s'était-il pas attendu à recevoir un quelconque coup.
« Je suis désolé mais je ne compte pas me laisser faire. » dit Harry avec un sourire en coin. Les deux hommes avaient certainement du faire garder l'entrée de la douche. Donc il avait autant de liberté qu'il le désirait. Après tout, il n'était pas un assassin professionnel pour rien.
« Sale petit...Je vais te rendre la monnaie de ta pièce. » cria Rodolphus avant d'essayer de se jeter le jeune homme qui répondit avec toute la hargne qu'il possédait...et il en possédait beaucoup. Il allait se venger de tout ce que lui avait fait Ronald sur les deux hommes.
Il oublia sa nudité et sauta sur Rodolphus pour lui asséner un coups du talon de sa main au niveau de sa trachée. L'homme recula en trébuchant sur le sol humide, la respiration coupée. Harry grimaça en constatant qu'il était encore en vie...Son coups avait manqué de force...il serait bien qu'il aille s'entraîner un peu plus. Fenrir, quand à lui, regarda son compagnon de cellule étalé sur le sol...Il n'arrivait pas à croire que l'auteur de ces faits soit ce gamin...Peut être que les rumeurs murmuré dans les couloirs n'étaient pas totalement fausse mais qui aurait pu réellement croire une telle chose ? Un être si fragile, un tueur sans aucune pitié ? Impossible...jusqu'à ce qu'il voit ce qu'il avait devant les yeux. Le gamin avait agit avec la rapidité d'un serpent.
« Quel merde. Je vais t'apprendre à garder ta place, putain ! » cria Fenrir avant de lancer sa chemise au visage d'Harry qui en fut aveuglé un instant...juste assez pour qu'il ait le temps de lui balancer la tête contre le mur, histoire de l'assommer et de l'attacher à la canalisation. Ainsi, il allait pouvoir lui faire payer son impudence.
« Ca va, Rod ? » demanda-t-il ensuite en allant auprès de son ami qui semblait vouloir recraché ses entrailles.
« Ouais...quel petit con ! » murmura l'homme en se redressant péniblement. Il avait la voix enroué et la respiration faible. Il s'approcha du gamin et prit un malin plaisir à lui shooter dans le ventre avant d'aller la douche à fond, le regardant se noyer avec une certaine délectation. Il laissa la douche pendant une dizaine de minutes avant de diminuer le débit.
« Il ne faut pas jouer avec moi, gamin. Tu risquerais de le regretter amèrement. » chuchota l'homme avant de l'embrasser doucement.
Cependant, malgré le fait que le brun manquait sérieusement d'air, cela ne l'empêchait pas de réagir et lui arraché la langue d'un coup de dent vicieux. L'homme s'écarta en un cris étouffé par le sang qui envahissait sa bouche. Harry sourit et cracha le bout de langue qu'il avait encore en bouche. Fenrir semblait hésiter entre le fait de rosser le brun et éclater de rire. Après tout, c'était une réaction prévisible de sa part...il suffit de voir à quel point il s'était débattu un peu plus tôt. Il s'approcha du gamin et lui releva le menton pour le regarder dans les yeux. Il n'y avait aucune terreur, seul une lueur de bravade illuminait ses yeux verts...peut être s'était-il trompé sur son compte. Il n'était pas aussi abattu qu'il l'aurait cru. Pourtant, cette lueur était loin de le refroidir. C'était même tout le contraire. Jamais il n'avait autant été excité que maintenant...
« Tu va bien ? » demanda-t-il en se tournant vers son compagne de cellule qui était toujours en train de se rouler de douleur en se tenant la bouche. Il n'aurait jamais su qu'une langue pouvait saigner autant... Enfin bon, il avait d'autres choses à faire que de s'en inquiéter.
« Tu sais, gamin...Tu as peut être réussi à te débarrasser de Rod, mais je suis toujours là. » dit-il avec un petit rire dans la voix en se retournant vers le gamin qui continuer à le défier du regard.
Fenrir enleva son pantalon sans plus de préambule et se coucha sur le gamin qui ressemblait plus à un cheval qui cherchait à le mettre à terre...comme toutes les créatures qu'il avait eu entre les cuisses. Il enfonça son poing dans le ventre d'Harry qui s'arrêta aussitôt de remuer. Il put se mettre tranquille entre ses cuisses de façon à avoir le contrôle de la situation...les pleins pouvoirs. Cela lui donna le coup de fouet qui lui fallait pour se mettre au garde à vue. D'un coup de rein puissant, il viola cet antre et en éprouva une profonde satisfaction...surtout en voyant ce regard vert se voilé doucement d'horreur et de douleur.
« Tu es enfin à moi ! » murmura-t-il avant de le mordre au niveau de la nuque, se plaisant à faire couler son sang avant de le lécher. Parfois il se faisait l'effet d'un loup...sauvage et dominateur...Dieu que c'était délectable.
Oh n'allez pas croire que ma décision fut facile et accepter sans aucune protestation. Après tout, j'étais un atout non négligeable par l'un ou l'autre clan. Gellert eut vent de cette visite et je reçus, moins de deux jours après, une lettre par Théodore qui m'évitait comme la peste. Visiblement je n'étais plus en odeur de sainteté au sein du clan. Cette lettre n'était qu'une suite de mot sans valeur à mes yeux. Les actes du clan étaient loin d'être probant...très loin d'être probant. Après tout, je me suis quand même retrouvé deux fois à l'infirmerie et personne de mon clan est passé me rendre visite...contrairement au clan Jedusort qui m'entourait de façon presque étouffante, je dirais.
Le plafond de l'infirmerie était très intéressant...surtout quand on lui demandait de raconter ce qu'il s'était passé dans les douches. Il y était resté plus de cinq heures avant que quelqu'un ne le retrouve et la honte était la seule sensation qu'il avait ressentit et qu'il ressentait encore. Mais pour lui, cela ne faisait qu'une dizaine de minutes que tout cela lui était arrivé. Les deux hommes l'avaient laissé à demi-mort sur le sol glacial de la douche. Quand il avait reprit ses esprits, il n'avait pas été capable de se lever, de se laver et d'oublier toute cette histoire. Il n'avait été capable de se recroqueviller dans un coin de la pièce et d'attendre que son corps arrête de trembler et que ses jambes soient un peu plus solide que du coton pour rentrer dans sa cellule.
« Monsieur Potter, si vous voulez qu'on transfère la ou les personnes qui vous ont molesté dans une autre prison, il va falloir nous donner des noms et nous raconter ce qui s'est exactement passé. » dit le directeur d'un ton froid et sec.
Mais pour tout dire, cette histoire l'ennuyait plus qu'autre chose. Ce n'était pas inhabituelle, ce genre d'histoire...mais la plupart du temps, les prisonniers ne se retrouvaient jamais à l'infirmerie et donc cette affaire se trouvait inscrit dans son dossier... Cela faisait tâche dans la réputation de sa prison. Et donc, il devait à tout prix donner une conclusion à cette histoire. Pourtant, ce gamin n'avait pas ouvert la bouche depuis qu'il était arrivé dans ses lieux. Pourtant, il n'était pas traumatisé au point d'avoir perdu la voix puisqu'il discutait avec l'infirmier quand il est entré dans la pièce.
« Monsieur Potter...Soit, mais comprenez bien que si vous cherchez à vous venger par vos propres moyens, je n'aurais aucun scrupules à me séparer de vous et à demander une rallonge de votre peine. » déclara le directeur au point de vingt minutes de silence. Il avait autre chose à faire que d'attendre le bon vouloir du prisonnier. Sa partie de golf le réclamait.
« Tu aurais peut être du lui en parler. » dit Neville en s'asseyant aux pieds du brun qui lui sourit doucement.
« Je sais...mais... »
« Je comprends. Ce n'est jamais facile de revenir sur ce genre d'histoire. »dit l'infirmier d'une voix hantée. Harry se redressa légèrement, un air de surprise sur le visage. Mais en même temps, cela n'était pas étonnant puisqu'il ne connaissait que très peu du jeune homme. Il savait seulement qu'il était le fils adoptif de Tom Jedusort, puisque le brun le lui en avait parlé un peu avant l'entrée du directeur.
Leur conversation avait été plus qu'intéressante en ce qui concerne Harry. Il n'aurait jamais cru que l'homme puisse accueillir un inconnu et le laisser faire ce qu'il voulait. Neville lui avait appris qu'il ne faisait pas partit du clan à proprement parlé. C'était sa famille mais il ne participait à aucune de leur affaires. Il ne l'avait pas voulu et Tom l'avait laissé tranquille. Il avait voulu faire des études d'infirmier et il avait accepté. Quand il avait voulu travailler pour le système, il avait fait la grimace avant d'accepter aussi.
« Tu veux que j'en fasse part à Draco ? Il pourra faire en sorte qu'ils ne viennent plus d'ennuyer sans pour autant qu'on te mette au mitard. »demanda Neville en revenant de ses pensées.
« Il sort quand ? »
« Dans deux semaines, si les bruits de couloirs sont correctes. » répondit l'infirmier qui soupira en voyant le blêmir violemment.
« T'inquiète, je compte te garder ici jusqu'à ce qu'il sorte. » murmura le jeune homme avec un sourire en coin. Il ne connaissait peut être rien des affaires de la famille, mais cela ne voulait pas dire qu'il ne magouillait pas un peu de temps en temps...surtout quand c'était pour la bonne cause...
« Merci. » se contenta de dire Harry avant de se renfoncer dans son lit, comme si le sommeil allait pouvoir effacer ce qui venait de se passer.
Harry en doutait grandement...La brutalité était un fait nouveau dans ce genre d'histoire mais le sexe était une chose qu'on lui avait appris à accepter assez tôt dans sa vie. Et il n'avait jamais rien oublié...loin de là. Même ses instants avec Cédric, qui avait été un souffle d'air pur pour le jeune homme qu'il était, n'avaient jamais pu effacé cette sensation de honte qui lui collait à la peau...dire qu'il pensait pouvoir oublier tout cela ici. A croire que son passé était inscrit sur son front.
« Mais...tu ne m'empêchera pas d'en parler à Tom. » murmura l'infirmier en quittant le gamin.
Il ne comprenait pas le silence de son patient. Mais c'était surtout son indifférence à ce qui s'était passé dans les douches qui étaient le plus choquant. Bien sûr, il était resté un instant en état de choc, jusqu'à ce que qu'il ait eu assez de force pour se nettoyer...Et puis c'était comme si rien ne s'était passé. On était loin de sa propre expérience.
Cela s'était passé peu de temps après son adoption par le clan. Il était jeune encore...une douzaine d'année à tout casser mais cela n'avait pas empêché son kidnappeur de profiter de son corps...il avait cru en mourir sous la douleur et la honte. Pendant plus d'un mois, il était resté replis sur lui-même après cette histoire. Et encore...Tom avait du le convaincre de suivre une thérapie pour l'aider à avancer et à redevenir le garçon qu'il était avant toute cette histoire. Mais malgré la thérapie, cela lui avait laissé une cicatrice...quoiqu'il en dise.
Je pense que ce passage, quoique très désagréable à faire remonter à la surface, est obligatoire pour comprendre le tournant que ma vie à prit par après. Outre mon amitié naissante avec Neville qui n'a fait que grandir depuis ma rencontre avec lui, j'ai pu voir toute la différence avec mon propre clan.
C'est un peu une sorte de concours... Les deux clans étaient au courant de la situation et des noms de mes agresseurs. Je n'avais plus qu'à attendre leur réaction. Je n'ai jamais plus été déçu par ce qui était ma famille à l'époque quà cette période.
Théo venait dans ces lieux pour la deuxième fois en une semaine. Il ne savait pas quoi penser de toute cette histoire, surtout, il ne savait plus quoi penser d'Harry.
Ils avaient été élevé ensemble pendant plus de 10 ans, avant qu'on lui demande de faire divers missions, mais Théo avait toujours pris un instant pour rendre visite à son petit frère de coeur comme il l'appelait. Alors pourquoi il avait cette sale impression d'avoir un inconnu en face de lui. Il ne comprenait pas pourquoi tout était en train de lui échapper de cette manière. Où était passé son petit Harry qui adorait se réfugier dans ses bras pour avoir un peu de chaleur humaine que son père ne pouvait lui offrir. Même quand Cédric était arrivé dans sa vie, leur relation n'avait pas changé d'un pouce...Il se rappelait précisément de sa conversation avec l'homme en question. Au départ, il avait été réticent envers cette relation mais Cédric avait réussi à le rassurer en lui disant qui ferait tout pour rendre son petit frère heureux...Et il avait gardé parole...jusqu'à sa mort.
« Bonjour, tu te sens comment ? » demanda-t-il en regardant autour de lui pour être certain de n'avoir aucun témoin. Le brun lui avait assez répété d'être plus distrait afin de ne pas lui attirer de problème. Théo avait peu apprécié sa distance envers lui...si bien qu'il l'avait battu à froid pendant un moment...jusqu'à son premier passage à l'infirmerie, mais le mal était déjà fait. Harry avait pris son éloignement comme un désintérêt de sa part et de la part du clan. C'est pour cela qu'il côtoyait les membres du clan Jedusort...c'était de sa faute et il en avait pleinement conscience.
« Je vais bien. » répondit Harry d'un ton sec.
« Harry...je suis désolé. C'est de ma faute, si tu te retrouve ici. » dit le gardien d'un ton peiné. Depuis son arrivé ici, il ne faisait qu'enchaîné erreur sur erreur. Qu'est-ce qu'il devait faire pour réparer ses erreurs.
« Mais non. C'est arrivé, c'est tout. » dit le jeune homme en soupirant. Théo lui sourit faiblement. C'était une chose qu'il n'appréciait que trop peu dans son comportement et Cédric n'avait pas réussi à le changer sur ce point-là. Son éducation avait été tel que ce genre de situation avait été rendu banal pour le jeune homme.
« Je peux régler toute cette affaire si tu veux. Il suffit des noms. » murmura-t-il en regardant en direction du bureau de l'infirmerie. Bien que sa première mission soit la protection d'Harry, il avait été investit dans cette prison pour inverser la tendance. Cette prison était un camp de recrutement pour le clan Jedusort, Gellert aimerait bien que cela soit le cas pour son clan...
« Gellert ne te laisserais pas faire. Il m'a bien comprendre par sa charmante lettre. » grogna Harry avec un petit rire désabusé pour compléter le décor. Théo grimaça...Il se souvenait de la discussion qu'il avait eu un peu avant de recevoir cette lettre. Il n'était absolument pas d'accord avec Gellert mais son père lui avait fait comprendre de se taire avant de faire une folie...mais ce n'est pas pour autant qu'il acceptait la situation sans faire de vagues.
« Si je me débrouille, je peux peut être m'arranger pour convaincre Gellert de participer à cette action...une preuve de sa bonne volonté à son égard. S'il te plait, Harry, accepte. »
« Si tu le dis. »
