Disclamer : ces personnages ne sont pas à moi.
Note : Bon, lancée comme j'étais… Je ne me suis pas arrêtée en chemin.
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Coup de folie
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« Trowa, c'est toi ? »
La voix de son père lui parvenait depuis leur cuisine et le jeune homme posa rapidement son manteau et son sac à l'entrée. C'était étrange, sa voix n'était ni pâteuse, ni hasardeuse… Comme s'il n'avait pas bu. Jetant un coup d'œil sur sa montre, Trowa hésita : d'habitude, à cette heure-là, cela faisait longtemps que son père n'était plus capable d'aligner deux mots sans bégayer, ivre mort.
« Oui, j'arrive ! »
Réfrénant un haut-le-cœur à l'idée de passer une nouvelle soirée avec son père, le jeune homme inspira un grand coup pour prendre son courage à deux mains, et il entra dans la cuisine.
Son père était assis devant une bouteille –chose incroyable- remplie. Il avait un verre devant lui mais ce dernier était retourné contre la table, comme dans le refus de boire.
Quant à Treize, il regardait fixement ce verre, impassible, un mauvais rictus sur la bouche pour seule expression.
« Papa… Tout va bien ? » se risqua à demander Trowa.
Généralement, cela déclenchait soit une crise de larmes chez son père, soit un nouvel accès de colère… Mais pas cette fois-ci. Pour la première fois depuis très longtemps, Treize resta calme et presque serein alors qu'il répondait tranquillement :
« Non, mais ça va aller mieux très bientôt. »
S'avançant dans la cuisine, un peu surpris par le discours étrange de son père, Trowa se dirigea vers l'évier pour se servir un verre d'eau, frôlant la chaise où était assis Treize. Ce dernier se retourna aussitôt et attrapa son bras, l'obligeant à venir vers lui. Le regard qu'il lui lança était injecté de sang et de haine.
« Alors comme ça, tu me trompes avec des petits cons… ? »
Complètement déstabilisé par la question et surtout l'attitude violente de son père, Trowa ne sut pas quoi répondre, et tout au plus secoua-t-il dans un geste négatif la tête.
La chaise tomba en arrière alors que son père se relevait brutalement et attrapait Trowa par la nuque, l'obligeant avec une agressivité hors du commun de se pencher pour plaquer sa joue contre le bois de la table.
« Sale petit menteur… T'as oublié un truc Trowa. »
Treize se rapprocha de son oreille et murmura d'une voix lugubre :
« T'es à moi et à moi seul. »
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Il n'y avait qu'une raison à l'affolement de son amant, et Heero lui demanda tout en courant à ses côtés en direction de la maison de Treize :
« Pourquoi tu ne m'as… jamais rien dit à propos de votre père ? »
Ils étaient tous les deux essoufflés mais Duo ne prit même pas la peine de le regarder pour lui répondre :
« Salut, je me présente… Duo… Mon père est alcoolique et me frappe régulièrement. Et… j'oubliais, il se comporte d'une manière encore pire avec mon frangin… Ca… Ca le fait, tu trouves ? »
« Bordel Duo, on vit ensemble, tu… j'aurai dû le savoir ! »
« Ouais, alors sur ce chapitre, tu ferais mieux de la fermer Heero ! » répliqua vertement Duo.
Depuis sa conversation avec Wufei, l'esprit du natté s'était ouvert. Et le fait qu'Heero ne repousse effectivement pas Trowa lors de cette fameuse nuit avait fini par lui ouvrir les yeux. Cela avait été si facile de rejeter la faute sur son frère, de se dire que son amant était irréprochable, que tout allait bien entre eux…
Mais en vérité, il s'était enfoncé dans cette parodie, où Trowa était le méchant et Heero le gentil. Il avait fermé les yeux pour avoir la paix. Et ce n'était clairement pas la solution.
Maintenant, en courant vers son ancien domicile, il priait dans son cœur que rien ne soit arrivé à Trowa. Toute sa colère avait fondu comme neige au soleil devant la terreur qu'il avait ressentie à la seule idée que Treize se venge de ce qu'il risquait de prendre pour une trahison.
Il n'avait pratiquement plus de souffle quand il arriva devant chez lui et il tambourina contre la porte avec force :
« Ouvre, c'est moi ! Ouvre ! »
Mais malgré ses efforts et le tapage qu'il faisait, personne ne répondit.
« Tu crois qu'ils sont là ? » demanda Heero.
« J'en suis sûr ! Treize ne sort jamais le soir, y a pas de raison qu'il ne réponde pas ! »
« Ok. Alors pousse-toi. »
Duo eut juste le temps de s'écarter que son amant introduisait un passe-partout dans la serrure, la forçant habilement. Il n'eut même pas le réflexe de s'étonner que le japonais sache faire cela, et encore moins de se demander où il l'avait appris, que la porte s'ouvrit. Il la poussa et entra, le cœur battant la chamade.
Il régnait un silence de mort à l'intérieur, qui lui arracha un frisson désagréable.
« Trowa ? Tu es là ? »
Et alors que la peur lui broyait le cœur, un gémissement lui répondit ! La cuisine ! Cela venait de la cuisine ! Il s'y précipita comme un fou, suivi de prés par Heero, et s'arrêta net devant le spectacle qu'il découvrit.
Treize se tenait debout prés de l'évier, un reste de bouteille à la main, nettement cassée et dont les morceaux de verre brillaient sous la lampe de la cuisine, ressemblant à une arme.
En face de lui, au sol, gisait Trowa et son état faisait peur à voir. Blessé de partout, comme si Treize avait balladé son arme improvisée sur sa peau fragile, il n'arrivait pas à se relever et tentait pitoyablement d'échapper à la folie de son père. Sa main glissait dans son propre sang qui recouvrait le carrelage froid sous lui, et il gémit de soulagement quand il les aperçut.
« Du…o… »
Heero voulut se précipiter vers lui mais un cri de Treize les arrêta net : ce dernier dardait un regard complètement fou sur eux.
« Arrête, ne le touche pas ! »
« Appelle la police Heero… » murmura Duo.
« Non ! Ne fais pas ça ! Il est à moi bordel ! A moi ! » hurla Treize.
Sa main tremblait sur le tesson de bouteille qu'il tenait et il reporta son regard sur le corps sanguinolent de Trowa :
« C'est mon fils… Mon bébé… Il est à moi j'te dis. Il ne me quittera jamais. »
Et toute son agressivité retomba alors qu'il fixait Trowa. C'est tout juste s'il ne se mit pas à geindre pour lui murmurer :
« Tu vas rester avec moi hein fiston ? »
« Mon dieu, il est complètement fou… » réalisa Heero en regardant avec horreur le père des deux garçons.
Mais l'état de Trowa était bien plus inquiétant que la folie de son père, et il sortit son portable de la poche arrière de son jean pour composer lentement le numéro de la police, tout en surveillant les faits et gestes de Treize d'un œil. Duo lui aussi ne le quittait pas du regard, mais on lisait dans ses améthystes une telle haine que même Treize finit par s'en apercevoir, et il tourna un visage moqueur vers lui.
« Qu'est-ce que t'as à me regarder toi ? Tu vaux pas la moitié de ce qu'est Trowa ! T'as jamais été qu'une épine dans mon pied, à m'emmerder, à bouffer mon argent… »
Duo plissa les yeux et pendant que l'attention de leur père était concentrée sur lui, Heero se glissa aux côtés de Trowa. Cependant, en l'aidant à se redresser, il eut un haut-le-cœur en apercevant son œil droit : une grande estafilade rouge de sang le barrait et ce n'était vraiment pas beau à voir. Surmontant son appréhension à l'idée que le jeune homme ait perdu son œil, il fixa son regard dans l'œil valide de Trowa, essayant de lui communiquer toute son énergie et sa force.
« Ca va aller Trowa, on est là maintenant… »
Le jeune homme gémit de douleur quand il l'aida à se redresser et ce seul bruit attira de nouveau l'attention de Treize. Il hurla en voyant Heero poser la main sur son fils et se rua vers eux, le tesson en avant. Ce fut le moment que choisit Duo pour s'élancer à son tour, et il le percuta violemment sur le côté pour stopper sa course ou du moins, la dériver de son axe premier.
Les pieds de Treize glissèrent sur le sang au sol, son corps effectua une pirouette étrange et le tesson vola en l'air pour venir se briser en mille morceaux sur le carrelage. Quand à Treize, il finit par s'applatir sur le côté et sa tête heurta l'un des placards suffisamment violemment pour que son corps s'affaisse, assommé.
Encore tremblant de ce qu'il avait osé faire à son ancien bourreau, Duo le regarda quelques instants, sous le choc et incapable de se dire qu'il avait terrassé le monstre.
Ce fut un nouveau gémissement de Trowa qui l'alerta et reprenant contact avec la réalité, il se précipita à ses côtés pendant que Heero avait enfin la police en ligne.
« Venez vite, il y a un jeune homme blessé gravement. Il perd beaucoup de sang… »
Duo ne l'écoutait même pas : son attention était concentrée sur son frère et les larmes lui montèrent aux yeux quand il se rendit compte dans quel état il était.
« Mon dieu, Trowa… Trowa… »
« Tu es… venu petit frère… » murmura ce dernier en esquissant un sourire sincère.
« Oui je suis là. Mais ne parle pas, calme-toi… Les secours vont arriver. »
« Merci Duo… »
Ce fut ce qui acheva le natté et il fondit en larmes, rongé par la culpabilité.
…
…
A suivre…
