Il faudrait toujours se contenter de ce que l'on a. Qu'est-ce que je peux être stupide parfois, à toujours vouloir plus... Quand j'y pense, je ne sais pas, je ne sais plus...

C'est sur un des nombreux bancs du vestiaire de quidditch que Ginny, encore en tenue et en sueur après un entraînement plus que physique mené par son capitaine et ex-petit ami Harry Potter, qu'elle était assise, ressassant sa dernière discussion avec la brune qui occupait sans ménagement son esprit.

« -Ginny, s'il te plaît, arrête...

-Quoi ? Tu ne sais pas répondre à cette question ? Elle est pourtant simple.

-… Ginny...

-Alors dis-moi… Et lui, tu l'aimes ? »

Le ton était posé entre les deux jeunes filles et Hermione pensait de plus en plus qu'elles auraient vraiment dû rentrer plus tôt. Car à cet instant, ce n'était pas de froid qu'elle tremblait, mais sûrement de colère, de frustration, de tristesse… Elle ne savait trop.

« -Je ne vois pas ce que ça t'apporte de poser ce genre de questions, Ginny... Oublions tout ça et rentrons, s'il te plaît...

-Tu ne sais pas me dire si tu m'aimes et encore moins si tu aimes l'homme que tu trompes avec sa sœur !?

-Tu... Je...

-Alors réponds au moins à celle-ci, Hermione. Est-ce que tu couches avec lui ? Qu'est-ce que vous faites, quand vous vous retrouvez seuls tous les deux ? Vous n'avez pas ce genre de discutions, je suppose ! Oh que oui, je dois bien supposer ! Alors dis-moi, est-ce que vous couchez ensemble ?! »

La rousse ne retenait plus ses mots, et ne criait plus mais hurlait à présent sur l'aînée des Gryffondors. Cette dernière regardait le sol les poings serrés, ses bras tombant le long du corps, pour répondre calmement :

« -Je ne te permets pas...

-Quoi ?

-Je mens tous les jours. A moi, à tout le monde. Je fais ce que je peux, je ne sais plus me regarder dans la glace. Je supporte mon ventre qui se noue chaque fois que je vous vois discuter côte à côte, et rire, comme si de rien était.

-Qu'est-ce que...

-Quand il s'inquiète pour toi... Alors je ne te permets pas de me poser ce genre de questions, quand je choisis d'être ici avec toi. »

Tu as toujours été douée pour détourner les questions que tu souhaites laisser sans réponse, un sourire, des caresses... Pas cette fois.

« -Tu ne réponds pas pour autant Hermione. Je ne te demande aucune justification, ma question est simple. Est-ce que tu couches avec lui? »

Ton silence est si éloquent... Quoi ? Non, ne te sauve pas, réponds-moi !

« -Réponds- moi ! »

La rousse avait saisi son amie par le bras et la serrait à présent avec force, empêchant toute fuite possible. Et une grimace de douleur se peignit sur son visage.

« -Qu'est-ce que tu veux entendre ? Ça ne te regarde pas, je ne répondrai pas à cette question ! Tu ne devrais même pas la poser !

-Réponds-moi ! C'est si dur que ça ?!

-Alors quoi ? Tu veux ta réponse ?! Oui ! Oui, on couche ensemble ! Heureuse ?!

-...

-Et tant que nous y sommes, sache que je prends mon pied à chaque fois ! Et pas une seule seconde, je ne pense à toi ! »

Et sur ces mots, Hermione se dégagea de l'étreinte de la jeune Weasley, pour la laisser seule en se dirigeant vers le château d'un pas rapide.

Dis quelque chose... Ne pleure pas et dis quelque chose...

Et chaque fois qu'elle repensait à tout cela, elle se mettait désormais à trembler, retenant encore les larmes qu'elle avait retenues ce jour-là.

Allez, respire, au moins les choses sont claires maintenant. Tu sais à quoi t'en tenir, il s'agissait juste d'une passade. Elle voulait simplement passer le temps. Et pourtant … Ces yeux … Non, non, ne pense pas à ça...

Et ce furent des bruits de pas accompagnés d'une odeur familière qui la sortit de ses pensées Elle releva la tête et se retrouva face à une Gryffondor éteinte. Qui ne prononça que trois mots dans un chuchotement à peine audible.

« -Je t'ai menti. »

La rousse resta sans voix, le regard douloureux dirigé vers la jeune femme timide qui se tenait debout face à elle.

« -Je t'ai menti. Tu m'avais fait mal et tu ne voulais rien entendre. Alors j'ai menti pour te faire ressentir la même chose. La même douleur... »

Elle s'agenouilla face à elle, posa ses mains sur ses genoux, implorante, et continua toujours en chuchotant :

« -Je m'y refuse... »

Elle approcha son visage pour le coller contre sa joue, et toutes deux respirèrent lentement, profitant chacune d'une odeur qui lui avait tant manqué.

« -Je ne sais pas ce que je veux, ni où je vais... Mais il y a une chose dont je suis sûre... »

Tu sens toujours aussi bon... S'il te plaît, dis-moi ce que je veux entendre, parce que te dire combien tu m'as fait mal ne servirait à rien...

« -Je suis sûre des sentiments que j'ai pour toi... Je suis sûre, autant que de la vitesse à laquelle bat mon cœur à cet instant... Je t'aime. »

Sur ces mots, qu'elle avait répétés cent fois dans sa tête avant qu'ils ne trouvent la force d'être prononcés, l'aînée se dégagea lentement, et fit face au regard qu'elle savait si bien craindre tant qu'elle saurait lire au travers.

Tu m'aimes... ?

« -Oui... »

Donc vous n'avez pas …

« - Non, jamais... »

Je ne suis pas sûre de comprendre...

« -Ginny Weasley, je t'aime... Et il ne m'a jamais touché comme tu l'entends... »

Sur ces mots, la rousse se laissa tomber au sol pour oublier toutes les questions, tous les tourments, toutes les douleurs de ces derniers jours. Pour s'oublier dans les bras de celle qu'elle aimait et qui, elle en était à présent certaine, l'aimait aussi. Elle la serra fort jusqu'à ce que l'air vienne à leur manquer…