Kenshin avait encore veillé toute la nuit. Lorsque Kaoru était rentrée la veille, ils avaient diné ensemble mais elle s'était couchée seule. Elle aussi avait très peu dormi et ce fut les yeux fatigués qu'elle prépara le déjeuné.

- Tu n'as pas dormi, Kaoru ?

- Si, un peu.

- Je suis désolé de te faire endurer cela.

- Ne dis pas de bêtises Kenshin ! Un assassin qui rôde pas loin empêcherait même Sano de dormir !

Cette pensée arracha un sourire Kenshin.

- Yahiko va rentrer partir d'aujourd'hui au Dojo. Il veut prévenir Sano et Megumi.

- C'est une bonne chose. Mais j'aimerai aller voir Saito aujourd'hui, il doit en savoir un peu plus que nous sur ces meurtres.

- Il y a eu un autre meurtre ?

- Je ne sais pas mais je pense qu'il ne s'arrêtera pas un seul. De plus, je n'ai vu que celui-ci, mais peut être qu'il y a eu d'autres meurtres dont je n'ai pas connaissance. J'ai juste entendu que les gens s'inquiètent en ville.

- Oui, je l'ai remarqué hier. Beaucoup chuchotaient ou murmuraient.

- Hum.

- Enfin, je pense que Saito pourra nous en dire plus !

- Oui, je l'espère.

Kenshin était songeur. Plus ils en sauraient sur les techniques du meutrier, plus ils pourraient se parer à toute attaque de sa part. Il avait été une figure durant la Révolution, il était normal qu'il s'inquiète, il pourrait être visé.

Ils mangèrent rapidement et partirent voir Saito. Yahiko les croisa sur le chemin. Il allait au Dojo. Ils l'invitèrent se joindre eux. Ils continuèrent leur route tous les trois jusqu'au commissariat. Arrivant bientôt en vue du grand bâtiment, Kenshin tenait fermement son arme. Les gardes ne tardèrent pas les reconnaître :

- Monsieur Himura ! Vous portez toujours votre sabre, vous savez que c'est interdit. Qu'est-ce qui vous amène cette fois ?

- Je dois parler de toute urgence à Hajime. Savez-vous s'il est ici ?

- Oui, je vous laisse passer mais la prochaine fois veiller venir sans sabre. Vous avez entendu parler de ces assassinats, on se sait plus sur qui se fier !

- Oui, je comprends, mais comme vous pouvez le voir, je suis venu accompagner donc vous n'avez rien craindre, de plus, ces meurtres sont la raison pour laquelle je viens voir Hajime.

- J'espère qu'il trouvera rapidement de qui il s'agit, en attendant, faites attention à vous tous.

- Merci.

Tous les trois s'inclinèrent et avancèrent en direction de l'entrée. Saito était debout devant la fenêtre de son bureau. Une cigarette collée à ses lèvres comme à son habitude.

- Qu'est-ce que vous êtes encore venus faire ici ? J'ai beaucoup de travail et pas de temps pour vous.

- Saito, tu as entendu parler de ces meurtres à Tokyo ?

- Peut être bien.

- C'est un assassin, je l'ai vu.

Un silence tomba sur l'assemblée. Kenshin se décida à le rompre lorsqu'il estima que plus personne ne le ferait.

- Si tu as un peu de temps, je peux t'expliquer ce que j'ai vu, mais j'aimerai ensuite que tu me dises ce que tu sais déjà.

- Je verrais. Si ce que tu me dis m'est inconnu alors je pourrais peut être t'en dire d'avantage.

- Très bien.

Kenshin commença son récit. Cette fois, il n'omit aucun détail. Il expliqua la pression qu'il avait ressentit lorsqu'il l'avait regardé. Il indiqua qu'il ne comprenait pas pourquoi il ne l'avait pas tué. Il était désarmé et avait assisté la scène. Il en était venu la conclusion que cet assassin agissait uniquement sur ordre de quelqu'un, qu'une personne le commandait et qu'il ne tuerait pas sans en avoir reçu l'ordre. Ce qui le rendait d'autant plus dangereux car il ne semblait défendre aucun idéal.

Saito resta muet durant toute la déclaration de Kenshin. Yahiko n'osa pas le couper mais était angoissé par ce qu'il venait d'entendre. C'était donc vrai, Kenshin avait eu peur de cette personne. Même durant un court instant.

Lorsqu'il eu fini. Saito pris le temps de réfléchir et d'analyser ce qu'il venait de lui rapporter. Visiblement, il n'était pas au courant de ce qu'il s'était vraiment passé ce soir là.

- Comme promis, je vais te dire ce que je sais, tant donné que les quelques renseignements que tu m'as fournis pourront m'être utile prochainement.

- Je te remercie Saito.

- D'après ce que je sais et ce que l'ont m'a rapporté. Il y aurait eu trois meurtres pour le moment et il semble qu'il n'y en ait plus eu après celui auquel tu as assisté. Je ne pense pas pouvoir apporter beaucoup de précisions car tu es le seul à avoir pu voir l'un d'entre eux. Le premier meurtre est celui d'un homme d'affaires venu passer quelques jours Tokyo. Il possédait une importante fabrique d'armes sur le continent. Il était venu ici pour vendre une partie de sa marchandise, en toute légalité, seulement, il semble que cela ait plutôt déplu à quelqu'un. Je ne peux pas t'en dire plus sur lui, voici les seules informations que j'ai.

- Et c'est tout ? S'écria Yahiko

- Faites taire le chiot, je n'ai pas terminé. Le second meurtre est celui d'une famille qui appartenait la cour de l'empereur durant la chute d'Edo. Tous ont été massacrés. Y compris les enfants. Ce sont les voisins qui ont alerté la police le matin, se plaignant qu'un liquide rougeâtre s'écoulait depuis l'entrée de la maison. Les pauvres avaient eu le temps de se vider complètement de leur sang.

Kaoru pris de nausées porta sa main devant sa bouche. Saito continua :

- Le dernier meurtre, celui que tu as vu, concernait un riche marchand. Il avait fait fortune lors de la guerre qui précéda l'établissement de l'ère Meiji en vendant des noms d'impérialistes au Shogunat. Il avait ensuite ouvert un commerce de poterie, revendant de l'Opium aux pauvres dans l'arrière boutique. Si cet assassin n'était pas tombé dessus avant nous, il croupirait sans doute dans une geôle à l'heure qu'il est.

- Pourquoi s'attaquer à ces gens, je ne comprends pas la logique dans ces meurtres.

- Aucune pour le moment. Un vendeur d'arme, une famille d'aristocrates et un marchand peu scrupuleux. Cependant, nous avons découvert une chose étrange en étudiant les cadavres. Tous avaient le visage lacéré et ...

- Et quoi ?, Ne pu s'empêcher Yahiko.

- Et il semble que ce soit l'école du Hiten Misurugi dans deux des trois cas qui ait mis un terme leur existence.

Cette information tomba comme un couperet sur l'assemblée. Kenshin était sans aucune doute le seul encore en vie savoir utiliser cette technique en dehors de son maître. De plus, vue la carrure de l'assassin, il devait être un peu plus jeune que lui. Son maître lui aurait-il caché l'existence d'un autre disciple ?

- C'est impossible ! S'exlama Kaoru, Kenshin est le seul utiliser cette technique ! Et ce n'est pas lui l'assassin !

- ça je le sais, mais ce que j'ignore, c'est comment cette technique se trouve aujourd'hui dans les mains d'un homme dangereux.

Tous restèrent silencieux. Saito regarda son horloge et les pria de partir s'ils n'avaient plus de questions. Avant de fermer la porte Kenshin se retourna :

- Fait attention toi Saito, il semble que cette fois, notre ennemi soit bien plus dangereux que tous les autres.

- Ne t'en fait pas pour moi, je saurais me défendre, après tout, je suis toujours meilleur que toi. S'il s'attaque moi, je n'hésiterai pas le tuer.

Kenshin acquiesça et referma la porte. Ils marchèrent tous côte à côte et sans bruit sur le chemin du Dojo, Yahiko pris la parole le premier :

- Je sais, nous n'avons qu'à partir pour Kyoto !

- Pourquoi ? Questionna Kaoru

- Et bien, Sano se trouve sans doute là bas, et puis nous pourrons prévenir les autres. De plus, Kenshin, ton maître vit là bas non ? Tu pourras directement lui demander s'il a enseigné sa technique quelqu'un d'autre.

- Hum... Oui, ce n'est pas une mauvaise idée, de plus nous serons loin d'ici, je me sentirais plus rassuré.

- Oui tu as raison Kenshin, confirma Kaoru, nous préparerons le départ ce soir et partirons demain.

- Oui, répondirent en coeur Kenshin et Yahiko.