Avertissements :
L'histoire de Candy Candy et de tous ses personnages appartiennent à Kyoko Mizuki, les images à Yumiko Igarashi et le dessin animé à TOEI Animation. L'histoire écrite ci-après est une fiction à but non lucratif.


Un grand merci à Lenniee qui s'implique toujours beaucoup et m'aide à améliorer les choses, j'apprécie beaucoup.

Mes remerciements pour vos derniers commentaires, Guest (muchas gracias), ilovexmas et Stormaw ainsi que vos MPs.

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Chapitre 8 : comme dans un rêve…

Candy était au pied du chêne sur sa colline où elle profitait d'une belle journée ensoleillée. Elle fut alors très étonnée et intriguée de voir Anthony tout souriant qui venait vers elle ; il la rejoignit et lui dit :

- Bonjour Candy, je suis si heureux de te revoir.

- Anthony ! Mais comment est-ce possible ?! Elle était complètement abasourdie.

- Les voies du Seigneur sont impénétrables, Candy.

- Et comment vas-tu ?

- Je vais bien. J'ai retrouvé ma maman et même Alistair. Et si je suis ici aujourd'hui, c'est pour te dire que nous veillons sur toi.

- Oh, Anthony ! Si seulement il n'y avait pas eu cette chasse pour célébrer mon adoption, tu serais encore vivant !

- Il ne faut pas que tu t'en veuilles Candy, ce n'est pas de ta faute, ni de celle du Grand Oncle William d'ailleurs, ce n'était qu'un tragique accident. Et puis j'ai eu le bonheur de te connaître. Maintenant tu dois accepter d'être heureuse avec l'oncle William qui mérite aussi d'être heureux avec toi. C'est un vrai bonheur pour moi de vous voir ainsi tous les deux réunis.

- Alors tu ne m'en veux pas ? demanda-t-elle en larmes.

- Absolument pas, et je voulais te dire aussi qu'il est encore bien plus pour toi que tu ne le penses…

- Que veux-tu dire Anthony ?

A ce moment-là Anthony s'évanouit dans les airs. Candy s'éveilla et se trouva dans son lit. Un rêve... c'était un rêve. Si étrange... elle n'avait jamais eu de rêve qui paraisse si réel. Était-ce bien cela, ou était-ce comme un message de l'au-delà ? Et qu'avait-il voulu dire ? « il est est encore bien plus pour toi que tu ne le penses… ».

Lise se réveilla aussi, interrompant le fil de ses pensées et les deux amies se racontèrent ce qui leur était arrivé à chacune la veille.

- Tu vois Candy, je te l'avais bien dit ! Je suis si heureuse pour toi.

- Merci Lise !

- Alors, t'a-t-il embrassée ? demanda la brunette d'un air coquin.

- Oh, Lise, tu es impossible ! répondit une Candy, rouge comme une tomate.

- Oui, maintenant j'en suis sûre : il y a eu un baiser. Et comment c'était ?

- Divin ! finit par dire Candy. Et toi avec Jean ? Voulant garder le souvenir pour elle, Candy dévia le sujet de conversation.

- Disons que l'on s'est donné rendez-vous après la guerre.

- Comment ça ?

Et lise lui raconta leur discussion. Candy comprit le point de vue de Lise et souhaita que ces deux êtres trouvent aussi le bonheur, un bonheur aussi grand que le sien. Après leur toilette, elles descendirent au réfectoire pour le petit-déjeuner. Albert était déjà dans la salle, ainsi que Jane et Pierre de Vigny. Quand les deux amoureux se dirent bonjour, même s'ils se comportaient comme de simples amis, leurs regards les trahirent. Jane et Pierre qui les observaient attentivement comprirent tout de suite que quelque chose avait changé entre eux : ils avaient l'air radieux en se voyant, ils respiraient le bonheur et cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : l'amour. Il avait dû se passer quelque chose hier le soir précédent après leur discussion. Jane avait le cœur brisé, alors elle préféra les éviter pour le moment en s'éloignant. C'était très dur pour elle, en fait elle commençait à comprendre l'adoration qu'avait Albert à l'égard de Candy quand il en parlait au Kenya il devait probablement déjà l'aimer plus qu'il n'aurait dû à cette époque, mais alors elle lui était inaccessible. Pour autant, Jane ne s'avouait pas encore vaincue ; elle réfléchissait même à la manière de reconquérir Albert.

Quant à Pierre, qui les surveillait de loin, il se posait des questions : pourquoi avait-elle subitement disparu hier après leur danse, et en compagnie d'Albert ? Qu'y avait-il vraiment entre ces deux-là ? Ils étaient pourtant légalement liés, mais en même temps il se rappelait très bien de ce que lui avait dit Candy : elle l'ignorait jusqu'à très récemment, donc elle n'avait jamais vu cet homme comme un père. Et il devait bien admettre qu'Albert était bien trop jeune pour jouer ce rôle, d'ailleurs le blond était de deux ans son cadet. Pierre comprit qu'il devait s'agir de sentiments romantiques. Il eut un pincement au cœur car il avait vraiment espéré qu'une romance aurait pu être possible avec elle. Candy était une femme si extraordinaire, il était difficile de renoncer à elle, alors il voulut en avoir le cœur net. Plus tard, après une intervention sur un patient, il profita de se retrouver seul avec elle pour lui parler.

- Candy, je ne vous ai pas revue hier, après notre danse, dit-il avec une pointe de reproche dans la voix.

- Oui je sais, je suis désolée d'avoir quitté la soirée sans souhaiter une bonne nuit, mais il fallait que je parle avec Albert.

- Ce devait être important ? Il voulait en savoir davantage.

- Oui, en effet… Candy était gênée et se mit à rougir au souvenir de ce qui s'était passé.

- Candy, dites-moi, qu'y a-t-il exactement entre vous ? Il avait décidé d'être direct.

- Pardonnez-moi, mais cela ne vous regarde pas, Dr de Vigny ! Elle était sur la défensive.

- Si Candy, parce que… je vous aime ! dit-il avec passion et désespoir.

- Je suis désolée mais j'ai déjà un petit-ami, répondit-elle avec force.

- C'est lui, c'est Monsieur Ardlay, n'est-ce pas ? Il avait le cœur en miettes même s'il s'y attendait.

- Oui, lâcha-t-elle agacée.

- Mais Candy, il est votre père adoptif ! Vous ne pouvez décemment pas… Il disait cela plus par désespoir que par réelle inquiétude de la bienséance.

- Il était mon père adoptif. Nous avons signé des papiers pour annuler mon adoption, et d'ailleurs maintenant mon nom de famille est Johnson.

- Candy, réfléchissez à ce que les gens vont dire ! C'était une ultime tentative d'un homme amoureux mais rejeté.

- Franchement, je m'en moque éperdument. Maintenant excusez-moi, Docteur, mais j'ai des pansements à changer.

Elle lui avait répondu avec véhémence, puis elle tourna les talons pour s'en aller, laissant le médecin vaincu et attristé.

Les deux avaient conscience que leurs relations professionnelles pourraient s'en ressentir à l'avenir, mais heureusement le lendemain, après réflexion, le médecin assura Candy qu'il ne l'ennuierait plus et qu'il souhaitait qu'ils se comportent tous les deux en personnes civilisées, et sans rancœurs pour le bien des patients. Cela au plus grand soulagement de Candy, qui souhaita qu'un tel homme puisse trouver une femme qui le mériterait. Toutefois, le Dr de Vigny fit moins souvent équipe avec Candy et davantage avec Jane. « Ces deux cœurs brisés pourraient-ils se consoler ensemble ? Qui sait ? » Se demanda Candy.

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Candy avait donc signé les papiers demandant à renoncer à son adoption, qu'Albert envoya par courrier à Georges, car Dieu seul savait quand ils seraient de retour en Amérique, or ils voulaient que l'adoption soit annulée le plus vite possible ; en effet, avec leur lien légal ainsi bientôt brisé, ils n'avaient plus de scrupules à donner libre cours à leur amour. Avant le départ d'Albert pour la France, Georges s'était proposé de jouer le rôle de tuteur de la jeune femme jusqu'à sa majorité, à savoir ses 21 ans. C'était l'un des documents qu'il lui avait remis et que Candy signa aussi. Ainsi Candice White Ardlay allait devenir Candice White Johnson, enfin quand les papiers seraient enregistrés aux États-Unis. La blonde écrivit une lettre chaleureuse de remerciements à Georges.

Depuis plusieurs jours, les deux amoureux profitaient de leur temps libre pour explorer davantage le parc. En fait, ils voulaient trouver un endroit tranquille pour être à l'abri des regards indiscrets, car près de la structure il y avait les blessés que l'on promenait et le personnel qui profitait du cadre agréable du parc. Or, le jeune couple avait tant de choses à se dire, ou encore à partager des moments d'intimité, donc ils s'enfoncèrent assez loin pour arriver dans un lieu qui allait devenir leur endroit préféré. C'était un jardin près d'un kiosque à musique en bois peint en blanc qui serait pratique pour se mettre à l'abri lorsqu'il pleuvait. Là il y avait des arbres de différentes essences qui pouvaient les protéger des yeux indiscrets : des chênes, des bouleaux, des sapins entre autres, mais également des massifs de fleurs, des lupins, des lys, des iris, des dahlias, des glaïeuls de différentes couleurs, enfin des buissons de roses rouges et rose tendre qui embaumaient l'air. On en trouvait de chaque côté qui bordaient l'allée en gravier menant au kiosque, et qui aurait bien besoin d'un bon désherbage. Il y avait également quelques buis que plus personne ne taillait depuis le début du conflit.

En voyant les roses, Candy se rappela d'Anthony et de son drôle de rêve, et elle en parla à Albert. Le jeune homme fut profondément ému. Lui aussi se sentait responsable de la mort de son neveu, puisque l'idée de la fête de présentation durant laquelle la chasse au renard s'était déroulée avait été la sienne. Il comprit également que Candy se reprochait sa mort, et ils purent exprimer chacun leur sentiment de culpabilité, et ainsi s'aider à se pardonner. Candy aborda aussi l'étrange remarque d'Anthony, qui clairement faisait référence à son oncle lorsqu'il lui avait dit « il est encore bien plus pour toi que tu ne le penses ». Albert fut interloqué mais n'en montra rien et ne dit rien. Est-ce que Candy, au plus profond d'elle-même, avait compris qu'il était son Prince de la Colline ? Peut-être son inconscient le savait-il, mais pas encore sa conscience ?

Le jeune homme admirait la jeune femme qui avait troqué sa tenue de la Croix Rouge contre une robe d'été de couleur rose pâle, légèrement décolletée et cintrée à la taille. Elle jouait les coquettes et voulait plaire à son petit-ami. Elle ne portait plus de corset comme beaucoup de femmes actives. Ce carcan avait été délaissé car trop entravant pour un travail intense comme celui d'infirmière, ce qui laissait plus libre le mouvement du torse, mais cela dévoilait aussi davantage les formes.

La blondinette s'était adossée à un tronc d'arbre pour profiter de son ombre et se passa le dos de la main sur son front. Il faisait chaud : c'était le plein été en fin d'après-midi.

- Tu as chaud mon amour ? lui demanda Albert attentionné.

- Oui, c'est une journée vraiment très chaude.

Albert s'approcha d'elle et lui souffla sur son front pour la rafraîchir. Candy était montée sur une grosse racine de l'arbre, ce qui amenait son visage pratiquement à la hauteur de celui du jeune homme. Très vite, il ne put résister à l'envie de déposer un baiser sur son front, qui fut suivi d'une multitude d'autres : sur ses paupières, ses joues, ses tempes, et bien sûr ses lèvres qu'il mordilla tendrement et lécha de la pointe de sa langue habile, implorant pour qu'elles s'entrouvrent. Candy gémit sous ses attaques sensuelles. Elle jouait avec Albert en se faisant prier, mais elle finit par accueillir avec délectation cette intruse qui explora intimement toute sa bouche. Elle passait ses mains avidement dans les cheveux de son bienaimé, puis caressa sa nuque et ses larges épaules avant de descendre dans son dos qu'elle massa sensuellement. Albert gémit à son tour sous ses attentions. Candy découvrait avec plaisir le pouvoir qu'elle détenait sur lui : elle pouvait le faire soupirer, le faire gémir, le faire haleter par ses caresses, et c'était grisant. D'ailleurs, c'était un jeu auquel Albert savait parfaitement jouer aussi : il rompit alors leur baiser qui les avait laissés à bout de souffle afin de pouvoir reprendre haleine, puis il frôla de ses lèvres la peau douce et tendre du cou de Candy qui frémissait de plaisir. Il s'attarda au niveau de sa carotide, juste où le cœur pulsait, en y déposant des baisers aussi légers qu'une plume qui la caressait. Précédemment, il avait remarqué que ce point était particulièrement sensible, alors il prit tout son temps. Ses baisers-plumes furent bientôt remplacés par des baisers mouillés, plus ardents, pendant que ses mains s'égaraient sur ses courbes, et il fut gratifié par ses gémissements qui étaient comme une douce mélodie à ses oreilles. Le goût de sa peau légèrement salée et son odeur étaient si enivrants, si addictifs qu'il avait du mal à s'arrêter, pourtant il le fallait bien !

Candy était baignée dans de nouvelles sensations, chaque fois qu'elle partageait un moment d'intimité avec son bienaimé, elle découvrait des choses incroyables qu'elle n'aurait jamais pu imaginer ressentir. Elle éprouvait une telle faim de lui, de ses baisers, de ses caresses qu'elle en devenait insatiable.

Peu à peu, ils reprirent leurs esprits en restant enlacés encore quelques minutes, tout en se caressant gentiment le visage. Ils se séparèrent alors pour s'asseoir côte à côte à l'ombre des arbres pour discuter. Bientôt, ce serait leur jour de congé et ils s'étaient bien sûr arrangés pour le faire coïncider. Albert avait planifié une sortie sur « leur » colline, celle où ils avaient passé une si belle journée pour son anniversaire. Il avait une idée très précise, mais avant il voulait aborder un sujet délicat qui tournoyait dans sa tête depuis plusieurs jours : Terry. Il se jeta donc à l'eau car il voulait comprendre l'évolution des sentiments de Candy et être sûr qu'il n'était pas un second choix, un choix par dépit. Alors il commença en douceur en abordant sa visite à Rockstown.

- Dis-moi Candy, pourquoi n'as-tu pas parlé à Terry quand tu es allée à Rockstown ?

- Comment le sais-tu ? lui demanda Candy surprise.

- J'espère que tu ne m'en voudras pas, mais je t'ai fait suivre par un détective privé. Je voulais qu'il assure ta sécurité, car il est dangereux pour une jeune femme de voyager seule.

- Tu savais que Terry y était, n'est-ce pas ?

- Oui, j'avais fait mener une enquête pour le localiser et essayer de vous réunir, vous offrir une seconde chance, mais tu n'as pas répondu à ma question Candy. Pourquoi ne lui as-tu pas parlé ?

- A Rockstown, je me suis trouvée comme à un carrefour avec deux chemins possibles : Albert ou Terry, alors j'ai laissé mon cœur choisir et ce choix s'appelait Albert. Et puis, j'avais compris que Terry irait mieux il avait fait un début de performance lamentable, mais sa deuxième moitié de représentation avait été très bonne, comme s'il avait eu une illumination. Je fus donc rassurée et quelque chose m'a dit à ce moment-là qu'il retournerait à New-York auprès de Suzanna, et que tout irait bien pour lui, qu'il poursuivrait son plus grand rêve : celui de devenir un grand acteur. Il était donc inutile de déterrer le passé et lui parler. De plus, j'avais compris que c'était toi, en premier lieu, que mon cœur avait voulu retrouver. Finalement Terry était à ma portée, mais c'était toi qui me manquait davantage, Albert. Il fallait absolument que je te retrouve, car ton absence m'avait fait comprendre et réaliser combien je t'aimais ton absence a été comme un révélateur, elle m'a montré à quel point j'ai été aveugle, alors que j'avais là, sous la main, le bonheur avec un homme qui me comprenait, qui m'avait toujours soutenue et protégée. Jamais une personne ne m'avait autant manqué que toi, même pas Terry. J'ai été tellement frustrée lorsque je ne t'ai pas trouvé. Je me suis sentie tellement désespérée et impuissante en rentrant seule à Chicago. Ma vie était remplie de ton absence qui me pesait, et je ne supportais plus de vivre dans notre appartement sans toi : toutes ces longues soirées d'hiver si froides, passées seule où tout me rappelait toi, c'était insupportable!

Candy parlait avec passion et elle avait les larmes aux yeux en se remémorant toutes ces souffrances.

- Je ne pensais pas que tes sentiments avaient changé à ce point, Candy.

Albert aussi était très ému en entendant ces paroles. Il lui prit une de ses mains et caressa sa joue tendrement en la regardant amoureusement, et il put voir dans ses belles émeraudes l'amour qui brillait de mille feux.

- Et Jane ? J'ai entendu ses aveux …

Albert secoua la tête.

- Comme je te l'ai déjà dit je n'ai plus de sentiments pour elle depuis bien longtemps. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai quitté le Kenya. Et ce n'est pas ce qu'elle m'a dit hier qui me fera changer d'avis. C'est toi la femme de ma vie, Candy !

Il fit une pause, leur permettant de se perdre dans le regard l'un de l'autre avec passion, avant de reprendre :

- Et si… Terry… si Terry venait te chercher un jour ?

- Même si Terry était libre et venait me chercher aujourd'hui, ou dans l'avenir, je sais qui mon cœur choisirait sans hésitation : c'est toi. Tout ce que nous avons partagé, toutes les épreuves que nous avons traversées nous ont liés à jamais, tu es mon âme-sœur, Albert, maintenant je le sais. L'adolescente que j'étais ne l'a pas compris, mais la femme que je suis devenue le sait, le sent au plus profond d'elle-même. Terry n'était pas mon destin, il était une illusion d'adolescent. La vie nous a toujours séparés malgré tous nos efforts. Alors qu'avec toi, c'est tout le contraire : nos chemins n'ont jamais cessé de se croiser contre toute attente parfois, comme si c'était naturel, évident. Tu es ma destinée, Albert.

Chanson: My Love - Sia -

En parlant, elle lui avait pris la main et son regard, rempli de larmes d'émotion, se plongeait droit dans ses yeux. Albert put y lire la sincérité de ses sentiments et l'authenticité de ses paroles, et fut pleinement rassuré et heureux d'entendre une si belle déclaration. C'est alors qu'il décida qu'il était temps de lui faire un aveu. Ainsi, il se tourna vers elle en lui saisissant les mains dans les siennes, les porta à ses lèvres pour les embrasser, avant de lui dire qu'il avait une dernière révélation à lui faire.

- Pas une qui me fasse encore pleurer, j'espère. Elle était intriguée et même un peu inquiète.

-J'espère que non car… tu es beaucoup plus jolie quand tu souris que lorsque tu pleures.

Il lui avait répondu en la regardant intensément, tout en sentant son propre cœur qui battait à tout rompre, car il se demandait bien comment elle allait prendre cette nouvelle, qu'il était le cher Prince de son enfance, ce Prince qu'elle chérissait tant, dont elle portait toujours le badge il l'avait d'ailleurs encore aperçu ici-même. Allait-elle être déçue ? Il était inquiet car sa précédente révélation l'avait pour le moins contrariée et même courroucée.

Tandis qu'il parlait, il resserra ses mains autour de celles de Candy inconsciemment, tout en observant sa réaction très attentivement. Ce fut d'abord la perplexité, puis l'interrogation et la réalisation lui succédèrent. Il pouvait lire dans ses yeux comme dans un livre ouvert. Alors pour dissiper ses derniers doutes il ajouta :

- Et merci d'avoir trouvé et gardé si précieusement mon badge pendant toutes ces années, car il s'agit d'un héritage familial que l'on se transmet de père en fils.

Candy l'observait. Elle détaillait son beau visage comprenant enfin la ressemblance qui lui parut maintenant évidente : cette douce voix, ces cheveux blonds scintillants comme de l'or et ces yeux si bleus comme l'azur du ciel qui maintenant brillaient de larmes contenues. Son cœur battait la chamade, sa gorge se dessécha, elle eut brusquement encore plus chaud. Comment n'avait-elle pas fait le rapprochement en apprenant qu'il était l'oncle d'Anthony ? Il ressemblait tant à son Prince des Collines qui était forcément un Ardlay. Cela expliquait cette ressemblance... Aujourd'hui elle avait devant elle la version adulte de son Prince et elle était sur un petit nuage. Après un moment de choc, elle put enfin dire :

- Albert, alors tu es… tu es mon Prince des Collines … Mon premier amour, c'est toi... Que c'est merveilleux !

Elle libéra ses mains pour se jeter à son cou tout en pleurant de joie.

- Alors, tu n'es pas déçue ? Demanda-t-il soulagé et très ému.

- Déçue ? Tu veux rire, je suis au comble du bonheur ! Te rends-tu compte que j'ai cherché à savoir qui il était toutes ces années ? Et par la plus merveilleuse des coïncidences, c'est toi mon amour, l'amour de ma vie. Mon Prince, c'est toi ! Mais c'est fantastique, c'est comme dans un rêve. Je t'aime Albert, je t'aime mon Prince !

Elle plongea son regard émeraude agité par le tumulte de ses émotions dans le bleu luisant des yeux de son Prince, c'était comme si leurs âmes se fondaient l'une dans l'autre. Candy avait retrouvé son Prince et réalisa que son destin était scellé au sien, que durant toute son existence il n'avait jamais cessé de veiller sur elle, apparaissant à chaque fois qu'elle en avait eu besoin, la faisant rire dans la tristesse, la protégeant contre l'adversité, la sauvant d'une mort certaine à deux reprises, et enfin l'aimant et la chérissant. Des liens invisibles, magiques et éternels les reliaient, les ramenant constamment l'un vers l'autre, peu importe le temps ou la distance. Oui, Albert alias le Prince des Collines était son destin.

Albert prit alors délicatement ses joues entre ses mains et les caressa tendrement de ses pouces, puis il frotta ses lèvres contre les siennes avant de les déguster comme un fruit mûr. Candy, toute frémissante, répondit avec enthousiasme en offrant toute sa bouche. Elle passa ses mains dans ses cheveux pendant qu'ils échangeaient un doux baiser mais profond, sans précipitation, chargé de toute l'émotion de cette révélation. Le besoin d'air mit fin à leur étreinte, les laissant haletants, puis Albert reprit la parole.

- Je t'aime mon amour, mais je préférerais que tu m'appelles autrement que Mon Prince, cela fait trop conte de fées. Il souriait à demi amusé.

- Un petit nom secret entre nous alors… en gaélique peut-être ? Voyons… euh… ça y est, j'ai une idée : mo chridhe Bert, s'exclama-t-elle.

- C'est amusant car ma sœur Rosemary m'avait donné un nom secret connu uniquement de nous deux, elle m'appelait Joli Bert (1). Tu peux m'appeler comme ça si tu veux.

- Cela me plaît énormément, Joli Bert, et en plus cela te va comme un gant.

Ils se mirent à rire doucement, puis ils s'embrassèrent de nouveau encore plus passionnément. Ensuite Candy lui dit :

- Mais il faut que je te rende ton badge si c'est un héritage familial. Je l'ai d'ailleurs emporté avec moi quand je suis partie d'Amérique.

- Non Candy, tu peux continuer de le garder pour moi.

Le regard d'Albert était si intense et tellement rempli de sentiments que Candy eut des frissons. Elle comprit la portée de ses paroles et sentit une grosse vague d'émotion la traverser toute entière. Elle avait tout plein de papillons dans le ventre, son cœur gonflé de joie allait éclater, alors elle ajouta la voie troublée :

- Je le garderai comme mon bien le plus précieux.

Après quelques instants, perdus dans le regard de l'autre en communiquant tous leurs sentiments en silence, bleu contre vert et vert contre bleu, Candy demanda :

- En parlant de famille, parle-moi d'elle, de Rosemary, comment était-elle ?

Alors Albert lui parla de sa grande sœur qu'il adorait, sa beauté physique qui n'avait d'égal que celle de son âme, ou encore sa force de caractère. Il lui raconta la relation privilégiée qu'il avait eue avec elle, comment elle avait endossé le rôle de mère de substitution dès sa naissance, comment elle l'avait guidé et soutenu à la mort de leur père. Comment elle pouvait être si douce, mais également si ferme et inflexible quand il s'agissait des êtres qu'elle aimait elle aurait tout sacrifié par amour et c'est elle qui lui servait de modèle.

- J'aurais tellement aimé la connaître.

- Et je sais qu'elle t'aurait beaucoup aimée, Candy.

- Je sens que c'est en partie grâce à elle si tu es devenu le merveilleux homme que tu es aujourd'hui, Joli Bert.

- Merci, mo chridhe.

- Mais j'y pense, dans mon rêve, c'est cela que voulait me dire Anthony ! Que tu étais bien plus pour moi que je ne le pensais, il voulait dire que tu étais aussi mon Prince des Collines. Comme c'est étrange !

- Tu l'avais peut-être compris au fond de toi, mon amour.

- Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant ?

- Je ne voulais pas influencer tes sentiments envers moi, alors maintenant que je suis sûr de ton amour, je pensais que c'était le bon moment. Il la regardait intensément.

- Ah, Joli Bert, comme je t'aime ! Je suis si heureuse !

Et ils échangèrent un nouveau baiser plein de leur amour partagé.

Candy eut encore du mal à s'endormir ce soir-là, décidément cela devenait une habitude depuis quelque temps, et cette fois c'était en pensant à son Prince. Quel bonheur d'avoir enfin découvert son identité, mais qu'en plus il s'agissait d'Albert, son bienaimé. Le Prince des Collines, Albert, William Albert Ardlay, trois identités pour trois rôles, trois personnages si importants dans sa vie réunis en une seule personne. Il avait toujours été présent, veillant sur elle comme son ange-gardien, empruntant chaque fois un visage adéquat pour chacune des situations, chacun des moments difficiles de sa vie. Peu à peu, le voile de mystère qui enveloppait Albert se déchirait, laissant apparaître un être si extraordinaire bien que complexe toutes ses facettes se révélaient une par une aux yeux de Candy qui était émerveillée et l'aimait chaque jour davantage. C'est ainsi, dans un état de béatitude, qu'elle finit par s'endormir en faisant les rêves les plus doux.

à suivre...

Qu'a donc prévu Albert pour cette journée de congé? Des idées? ;)

Je vous recommande d'écouter la chanson d'Alanis Morissette "Head over feet" dans une vidéo de Angie Jb - No te sorprendas si te amo, GF 2015 -


Note:

(1) dans cette fiction, le nom de "Joli Bert" donné par Rosemary à Albert et utilisé à partir de maintenant par Candy est purement mon interprétation, basé sur quelques discussions avec Ms Puddle à ce sujet. La traduction du japonais n'étant pas forcément aisée, vu les différences culturelles aussi dans les appellations des personnes. Certaines traductions utilisent "Petit Bert" par exemple, mais j'aime mieux "Joli Bert".