Et nous revoilà avec le chapitre 9 !

Un petit peu plus tranquille, c'est les vacances de Noël, le temps d'en connaître un peu plus sur la famille de Prune, et le temps pour cette jeune fille de réfléchir…

Enjoy:) !


Comme convenu avec ses amis, Prune les retrouva au centre commercial le sur-lendemain, prête à acheter une bonne vingtaine de cadeaux pour toute sa famille. Elle, Priya, Rosa et Alex firent presque chaque magasin, grossissant leurs sacs de plus en plus.

Prune profita qu'Alex et Rosa soient en cabine à une boutique pour raconter son étreinte avec Rayan à Priya.

- Oh non, c'est trop chou ! » elle minoucha quand Prune eût finit de lui raconter. « Vous êtes vraiment trop adorables, tous les deux. Tu as gardé l'écharpe ? »

- Je... » elle baissa les yeux, embarrassée. « J'ai dormi avec… J'ose pas sortir dans la rue avec, j'ai peur que les gens reconnaissent l'écharpe de Rayan... »

- T'es pas un peu trop psycho sur les bords, toi ? » Priya la taquina.

- Mais-… ! Et puis… J'ai peur de la perdre, ou de l'abîmer...

Priya la prit contre elle : « Haaan, c'est trop mignon ! Il va pas trop te manquer ? »

Prune soupira : « Ça fait que deux jours, mais comme je sais que je vais pas le revoir pendant trois semaines, je sais pas, je me sens vraiment… triste. Avant, je savais que même si j'avais pas cours avec lui, je le croiserais sûrement dans les couloirs, alors je pourrais avoir ma dose. Mais là… Il va vraiment me manquer. »

- Alors les filles ? » Alexy sortit de la cabine avec une chemise à frou-frous.

Prune et Priya firent 'non' de la tête.

- T'as cru c'est le carnaval de Rio, toi. » Priya lui lança.

Alexy fit une mine dégoûtée et rentra en cabine, et elles reprirent leur conversation.

- Leigh doit avoir son numéro, tu n'as qu'à lui demander. » Priya lui dit.

Prune secoua la tête : « N'importe quoi, Pripri. Pourquoi pas lui acheter une bague tant qu'on y est ? » elle la railla. « Non, je… Ça va m'aider à faire le tri aussi. Je veux dire… C'est un prof… Il a dix ans de plus que moi... »

- T'as raison, il a beaucoup trop d'abdos. » Priya secoua la tête.

Prune la poussa gentiment du poing. « Hey ! » Priya posa sa tête sur son épaule. « Mais… tu vois ce que je veux dire ? Je veux dire… clairement, je l'aime bien... »

- Clairement.

- Et il m'aime bien…

- Clairement. » Priya répéta.

- Donc… En théorie, c'est plutôt bien parti pour une… relation, non ?

Priya haussa les épaules : « Ouais. En théorie. Après, tu peux pas ignorer qu'il est ton prof, ça crée tout de suite quelques complications. »

Prune soupira : « Tu m'aides pas à trouver des solutions si tu fais que répéter mes problèmes, Pripri. »

- Prends le temps d'y penser à Noël. Si ton affection pour lui s'étiole, alors tu passes à autre chose.

Prune prit une grande inspiration : « Et… si elle ne s'étiole pas ? »

- Tu aviseras. Parles-en à ta mère, si tu veux.

- Ça va pas ? Rayan est leur nouvel ami… Non, je… Je verrais.

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Les quatre amis se dénichèrent une table à un bar à salade pour manger le midi, leurs sac pleins à craquer calés entre les chevilles sous leurs sièges. Ils eurent une discussion animée sur le vrai sens de Noël, et se mirent d'accord sur le fait que Noël pouvait bien signifier ce qu'on voulait, étant donné qu'à la base, ce n'était même pas une fête chrétienne. Après avoir fini, ils s'en retournèrent dans les larges couloirs. Alexy attrapa la main de Prune :

- Prune, tu pourrais venir m'aider s'il te plaît ? On vous rejoint les filles.

Alexy tira son amie dans un embranchement de la galerie commerciale sans demander leur reste aux deux autres.

- Alex ? C'est pour quoi ?

Son ami était tout d'un coup assez nerveux. Il déposa sa ribambelle de sacs sur le sol. « Dis, je… Tu as le droit de refuser si tu veux, hein... » Prune commençait à voir où il venait en venir. « Pour Noël, j'aimerais bien trouver un cadeau pour Armin, mais moi j'y connais rien à ses machins, là. »

Prune haussa les épaules : « Pendant quatre ans, t'as bien réussi à lui trouver des cadeaux, non ? »

- Oui, mais tu es tellement plus douée que moi pour les cadeaux ! En plus… » Alexy baissa les yeux. « On sait pas si il sera là pour Noël… On a pas de nouvelles depuis deux mois… »

A cause de son travail très confidentiel à la Sécurité Nationale, Armin n'avait pas souvent le droit à des contacts avec l'extérieur, et Alexy et leurs parents en pâtissaient énormément.

Prune le prit dans ses bras, et il lui rendit son étreinte. « Je suis désolée, Alex... »

- Il me manque tellement… Je comprend toujours pas pourquoi il a voulu partir si loin pour travailler à la Sécurité Nationale… Dé-… Désolé de t'en parler, je sais qu'Armin et toi ne vous êtes pas quittés dans les meilleurs termes, mais… Là j'ai besoin de mon amie, et d'un tout petit peu de l'ex de mon frère... » il leva les yeux vers elle.

Sa détresse était touchante. Des deux frères, Alexy avait toujours été le plus émotif. Prune acquiesça. « Je vais faire de mon mieux. »

Ils entrèrent dans un magasin de gadgets geeks, et Prune dû poser beaucoup de questions, dont Alexy n'avaient pas forcément la réponse. Beaucoup de films, de séries et de jeux étaient sorties en trois ans et demi depuis leur rupture, autant de choses qu'Armin aurait pu aimer. Ils finirent par s'accorder sur une carte du Maraudeur, Alexy était presque certain qu'Armin n'avait pas ça.

En quittant le magasin, Alexy prit la main de Prune : « Merci... »

- J'espère que vous le verrez à Noël. Tu passeras mon bonjour à Vitòria et Arnaud.

Prune n'avait pas forcément envie de poser plus de questions. Elle avait fini par bien connaître les parents d'Armin et d'Alexy, à force d'aller passer des après-midi chez eux, et les deux parents avaient été bien amusés de voir le petit trio fonctionner à la perfection, et avaient adoré avoir Prune chez eux, ils avaient même invité Lucia et Philippe quelques fois à dîner ou pour un café. La rupture difficile de Armin et Prune avait impacté toute leur famille, et Prune n'avait pas osé reparlé à Arnaud et Vitòria depuis, même si après toutes ces années elle avait encore leurs numéros de téléphone.

- Oui, évidemment. » Alexy lui baisa la joue.

Ils rejoignirent leurs deux amies, et firent les courses pendant encore trois heures, avant que leurs pieds ne réclament un peu de calme. Ils s'installèrent au stand de bubble tea du centre commercial, pour discuter une dernière fois ensemble avec une boisson fraîche, et chacun rentra chez soi.

Prune passa l'après-midi à jouer du papier cadeau et du ruban pour emballer la grosse vingtaine de cadeaux, et sa tante passa la chercher après son travail.

Elle décida de laisser l'écharpe de Rayan à sa chambre d'étudiant. C'était effrayant de la laisser là, elle avait déjà l'impression de s'envoler loin de Rayan à cause des vacances, de quitter son odeur, leur complicité, leurs regards secrets... c'était comme si elle rajoutait une distance entre eux… Mais si elle voulait vraiment repenser à ce qu'elle et lui partageaient, elle serait plus objective si elle ne se baignait pas constamment dans son odeur. En plus, si ses cousins se rendaient compte qu'elle se trimballait avec une écharpe qui avait un parfum d'homme, ils ne la lâcheraient jamais. C'est à contre cœur qu'elle plia précautionneusement l'écharpe et la laissa bien cachée sous son oreiller.

Agatha et elle se firent une soirée filles à regarder des Disney avec une commande chez le japonais et du pop-corn, ça lui permit de se changer un peu les idées, assombries d'avoir laissé l'odeur de Rayan si rassurante et si vivifiante sous son oreiller.

Prune dormit chez sa tante, et elles se levèrent assez tôt pour charger tous les cadeaux dans la voiture et filer vers chez l'oncle de Prune.

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[NdA : La famille de Prune étant un tantinet complexe, je mets à la fin du chapitre un récapitulatif de 'Who's Who' !]

Jules et Fabienne habitaient une grande maison à une heure d'Anteros, et quand elles arrivèrent, huit voitures étaient déjà garées en bataille devant la maison, et Prune reconnu celle de ses parents.

- Ah, Lulu est là ! » Agatha se gara (n'importe comment, comme à son habitude), et Prune et elle sortirent pour aller dans la maison, elles reviendraient chercher leurs affaires plus tard.

Elles approchèrent de la porte d'entrée, et déjà elles entendirent le brouhaha caractéristique des fêtes de la famille Velásquez. Quand elle rentrèrent, le 'Conseil des Tantes' était dans le salon en train de finaliser les décorations et vinrent les accueillir à bras ouverts.

La famille Velásquez était constituée de la grand-mère Constanza qui était espagnole, elle avait fui l'Espagne franquiste, recherchée par les milices car elle faisait partie de la Résistance, elle avait rencontré Antoine, un français, et étaient restés en France ensemble. Ils avaient eu quatre fils : Jules, le plus âgé, Hector et Carlos, des jumeaux, et Philippe, le cadet de la fratrie. Jules et sa femme Fabienne, chez qui ils passaient tous Noël cette année et qui s'occupaient de la grand-mère chez eux, avaient eu quatre fils eux aussi : Javier, Christopher, Baltazar, et Bonifacio, tous à peu près dans la trentaine. Hector et sa femme Laura avaient deux fils : Alexandre et Vincente. Vincente était le cousin duquel Prune était la plus proche, car il n'avait qu'un an de plus qu'elle, ils étaient inséparables quand ils étaient ensemble, et étaient restés très complices malgré l'éloignement. Carlos, le second jumeau, s'était marié à une cubaine, Celia, ensemble ils avaient aussi eu deux fils qui étaient les plus jeunes de toute la flopée de cousins : Ovidio et Pablo de 20 et 16 ans. Et enfin venaient Philippe et Lucia qui avaient eu la seule fille, Prune. Javier et Christopher étaient tous les deux mariés et pères : le premier avait eu un petit Manuel cinq ans auparavant avec sa femme Julie, qui attendait leur second enfant et Christopher était devenu parent avec sa compagne Hannah l'année passée avec l'arrivée de Léo. Alexandre, le grand frère de Vincente, était aussi là avec son mari Charlie, eux deux étaient en procédure d'adoption.

Le 'Conseil des Tantes' était donc constitué de Fabienne, Laura, Celia, Lucia et Agatha, et Lucia se jeta sur sa sœur et sa fille quand elle les vit entrer :

- Ah mes chéries ! Vous êtes les dernières, tout le monde est là ! Vous avez besoin de bras pour les cadeaux ?

- Oui, ce serait bien ! » Prune finit de faire la bise à ses tantes.

Celia mit sa main en porte-voix : « Cariños ! La prima está aquí ! »

Un tonnerre sourd se fit entendre à l'étage, et Prune vit débarquer ses huit cousins, qui se jetèrent sur elle pour la prendre dans ses bras, et la couvrirent de baisers.

- Noël peut commencer ! » Vincente annonça.

Vincente était un jeune homme de la même taille que Prune avec la peau mâte comme elle et la tignasse bouclée brune-auburn familiale, des tâches de rousseur sur le nez, il avait un air de ressemblance avec ses oncles, ses cousins, et sa cousine, aucun doute, ils étaient tous de la même lignée. Vincente était dans le marketing pour une boîte internationale à la capitale, et tous les cousins en général étaient un peu répartis partout en France, voire à l'étranger, avec Pablo qui habitaient encore chez ses parents, qui passaient la moitié de l'année à la Havane à Cuba, d'où Celia venait, et où Carlos avait monté une entreprise qu'il gérait avec son premier fils Ovidio en conséquence la famille avait un groupe WhatsApp par lequel ils communiquaient très régulièrement, et restaient très liés malgré la distance, pour encore mieux se retrouver lors des fêtes de Noël. Ils se réunissaient également quatre fois par an, une fois par saison, pour faire des anniversaires groupés. Les fêtes Velásquez étaient toujours pleines d'énergie, de conversations, de repas somptueux, et de danses endiablées, et on ne s'y ennuyait jamais.

Heureusement, Fabienne et Jules (qui, comme Philippe, était souvent appelé par la version espagnole de son nom, 'Julio', et 'Felipe') qui les accueillaient avaient déjà fait le plus gros des courses, mais il manquaient encore quelques choses, alors Vincente, Prune, Bonifacio, Ovidio, et Agatha proposèrent de faire un dernier tour au magasin le 24.

Les courses furent finies assez rapidement, et la troupe se rapatria à la voiture familiale de Javier qui pouvait tous les transporter avec leurs courses. Prune se mit tout à l'arrière avec Manuel à qui elle donna un livre pour le voyage, et profita de ce moment de calme un peu à l'écart des conversations pour sortir son téléphone. La conversation avec Rosa, Alex et Priya était assez déserte, elle envoya un message à Chani et elles discutèrent quelques minutes. Chani lui parla de son petit-frère qui était rentré de son université anglaise où il faisait une année d'échange, qu'il avait été aux studios Harry Potter à Londres, et leur avait ramené des bonbons de Bertie Crochue, et qu'elle-même était tombée deux fois de suite sur crotte de nez. Les amies promirent de se prendre un thé ensemble à la rentrée pour se raconter leurs Noël.

Le reste de l'après-midi fût dédié à la préparation du repas du soir, et tout le monde mettait la main à la pâte, à part Julie, la femme de Javier, enceinte de six mois. La raison qui faisait que la maison de Julio et Fabienne était souvent choisie était parce qu'elle avait beaucoup de pièces pour loger toute la tribu, et qu'elles étaient grandes, comme la cuisine, assez spacieuse pour accueillir huit Velásquez sous la direction de la grand-mère Constanza qui, malgré ses soixante-dix-huit ans, était loin d'être inactive, avec cinq autres qui faisaient des allers-retours pour préparer la table, et les cinq derniers, dont Prune, qui organisaient la décoration du salon. C'est donc pendant une pause des cuisiniers que tous se mirent d'accord sur la disposition de la crèche, ce fût une discussion de longue haleine, mais finalement tout le monde réussit à se mettre d'accord ou à plier au compromis, ce qui donnait souvent lieu à des accords qui duraient le temps des fêtes, comme une fois où Vincente qui voulait l'âne à gauche, pour obtenir le vote de Prune, avait promis de la porter dans ses bras et de la déplacer de cette manière dès qu'elle le souhaiterait, autant dire que la cousine en avait largement abusé, et que Vincente n'avait plus jamais tenté de convaincre Prune personnellement. Maintenant que tout le monde était tombé d'accord et les contrats passés, chacun se remit à sa tâche.

Prune, portée par son oncle Carlos, accrochait les guirlandes lumineuses en haut des murs. Laura, la mère de Vincente les vit faire :

- Vous voulez pas une chaise plutôt ? » elle leur dit avec un rire.

- Mais non Tía, on s'en sort très bien ! » Prune prit la punaise que lui tendait Alexandre et l'enfonça dans le mur pour accrocher la suite de la guirlande, alors que Bonifacio aidait son oncle à maintenir sa cousine.

- Hector, tu espalda ! » Celia sermonna son mari.

- Todo bien, mi Cielo ! » Hector la rassura avec un sourire malicieux.

Vincente s'y rajouta pour rassurer sa tante, et la cubaine quitta le salon en levant les yeux au ciel, elle avait l'habitude de son mari casse-cou.

Les Velásquez préféraient suivre la tradition française et offrir leurs cadeaux le matin du 26 et non pas le 6 Janvier comme on le faisait en Espagne, car la plupart d'entre eux étaient déjà repartis à cette date.

Le repas de Noël se déroula à merveille, et fût bien arrosé, il n'était pas une heure du matin que les quatre oncles étaient déjà rendus à comploter tout bas, se tenant les uns aux autres, et prévoyaient, comme chaque année, de faire des farces à leurs femmes du Conseil des Tantes, qui même si elles aussi avaient un peu abusé du vin, restaient aux aguets.

- Bon alors les enfants, des nouvelles ! » Fabienne demanda à la tribu dispersée sur les canapés avec elles.

Bonifacio haussa les épaules : « Quel genre de nouvelles ? »

Elle fit un clin d'oeil à son neveu : « Des nouvelles du type- » elle se mit à chanter la mélodie de la marche nuptiale, et fût rejointe par les autres tantes.

Les cousins se mirent à rire : « N'importe quoi. »

- Et puis quoi encore ?

- Nan mais celles-là…

Laura se redressa : « Si si si ! Balthazar, Bonifacio, alors ? »

Les deux frères échangèrent un regard, et Balthazar écarquilla les yeux quand il vit quelque chose dans le regard de son cadet : « Dime ! Ahora, dime ! »

Toute la famille l'applaudit, et les joues roses, Bonifacio leva les mains pour faire taire sa famille : « Vale ! Vale Elle... »

Les tantes se mirent à chuchoter : « C'est une elle ! C'est une elle ! Alors, vous pensez que... »

- Laissez moi finir ! » il passa une main gênée dans ses cheveux auburn. « Elle s'appelle Debbie… Deborah. Elle… C'est l'amie d'un ami, on… on commence tout juste à se voir, mais… je l'aime beaucoup, voilà. » il termina avec un sourire épris.

Balthazar vint prendre son petit frère sous son bras : « Ah, tu as une photo ? »

Bonifacio alla chercher le Facebook de la dite 'Debbie', et son téléphone passa de main en main, chacun allant de son commentaire. Fabienne fit un coucou toute satisfaite à son fils qui lui envoya un baiser.

Ovidio parla de l'assistant d'un partenaire à Cuba qu'il trouvait vraiment adorable, et encore une fois, tout le monde vit une photo. Vince et Prune, dans les bras l'un de l'autre, se faisaient tout petits. Ils savaient que ce serait bientôt leur tour, et ils avaient toujours été très impressionnés d'avouer ce genre de chose à leur famille. Vincente avoua, presque sous la torture, qu'il avait commencé à voir une Sarah, dont Prune était déjà au courant, et même si son cousin n'en révéla pas trop à leur famille, elle avait senti dans leurs conversations qu'ils allaient partager un long bout de chemin ensemble. Elle resta silencieuse, jusqu'à ce que tous les regards tombent sur elles :

- Alors, la cariña, et toi ? Est-ce que la plus précieuse d'entre nous a trouvé chaussure à son pied ?

Lucia et Philippe posèrent des yeux curieux sur leur fille. La famille avait bien sûr rencontré Armin et l'avaient énormément apprécié, et ils savaient tous pour les deux-trois relations qu'elle avaient eu à sa première Fac.

- Je n'ai personne, et personne en vue. » elle résuma, en tentant qu'avoir l'air convaincante malgré l'alcool.

Carlos leva les yeux au ciel : « Ils sont tous aveugles à Anteros ! Qui ne voudrait pas d'une jolie fille comme toi, magnifique, éduquée, bien élevée, avec du répondant et un futur prometteur ! Idiotas... » il ponctua.

Prune pouffa de rire : « Oui, enfin, des prétendants, c'est facile d'en avoir, il suffit de faire les sorties de bar, des bons, cela dit, c'est une tâche plus ardue ! »

Agatha soutint son argument : « Ça c'est vrai que des homme mignons, on en trouve pas mal à Anteros, mais des hommes mignons, et intelligents, ça court pas les rues ! » Sa tante approuva d'un geste déterminé de la tête, apparemment elle aussi cherchait un homme respectable.

Prune baissa les yeux, l'image de Rayan brûlait ses paupières, et eût un petit rire discret à imaginer autant de mines choquées autour d'elles si elle leur apprenaient qu'elle était un peu, beaucoup trop proche de son professeur, le tout nouvel ami de Philippe…

- Il faut que tu trouves quelqu'un de bien, quelqu'un qui te mérite. » Julio vint vers elle pour la prendre dans ses bras. « Et quand tu l'auras trouvé, il faut que tu nous le présente, il faut qu'on juge s'il est digne de toi, cariña. »

Elle souffla du nez, attendrie : « Oui, oui... »

Julie et son fils Manuel partirent se coucher, et leur grand-mère annonça qu'elle allait faire de même. Prune accompagna sa grand-mère jusqu'à sa chambre au rez-de-chaussée. Alors que sa grand-mère se changeait, elle préparait le lit tranquillement.

- Tu as besoin de quelque chose d'autre, Abuelita ?

- Un ultimo té, por favor, preciosa.

- Sí.

Prune quitta la chambre et alla dans la cuisine. Vincente arriva vers elle et la ceint dans ses bras par derrière :

- Qué paso, prima ?

- Un thé pour Abuelita, elle va se coucher.

Vincente alla chercher un mug et les deux cousins choisirent un thé tranquillement. L'eau chaude, ils la versèrent dans le mug, et retournèrent ensemble dans la chambre. Leur grand-mère était couchée, adossée contre la tête de lit, et un sourire s'étira sur ses traits.

- Ah, niños.

Prune s'assit à côté de sa grand-mère et lui donna son thé. Vincente déposa un long baiser sur la joue de sa grand-mère, et retourna dans le salon, en lui souhaitant la bonne nuit.

- Bon, ma chérie… Comment tu vas ? » Constanza demanda à sa petite fille. Elle parlait bien français, mais avait gardé son fort accent espagnol, un accent chantant et déterminé, qui avait bercé les jeunes années de Prune.

- Bien, ça va… C'est un peu la course à la Fac en ce moment, entre les exams, le mémoire… Mais bon, les partiels sont passés, donc au moins ça c'est fini.

- Tu as l'air fatiguée, il faut que tu dormes plus.

Prune sourit, décidément, tout le monde semblait le lui dire. Elle sentit soudain comme un petit vide au creux de son cœur, comme si quelque chose lui manquait…

- Preciosa, le sommeil c'est important, vale ?

- Abuelita, je ferais des efforts.

- Bon… Fais attention à ce que tes oncles ne soient pas trop ivres pour mettre les cadeaux sous le sapins, c'est important pour Manuel.

Prune pouffa de rire : « Oui, je vais organiser ça, et je vais monter me coucher aussi. »

- Vale.

Constanza finit son thé tout en discutant, embrassa sa petite-fille et Prune quitta la chambre en éteignant la lumière. Elle alla laver la tasse, et arriva en force dans le salon où les oncles épiaient toujours leurs femmes du coin de l'oeil, l'alcool ne les rendant pas du tout discrets.

- Todos, y todas, on fait les cadeaux ?

- Oui, ma chérie ! » Agatha était encore plus survoltée, et joua des coudes pour traverser les oncles qui voulaient lui barrer la route.

Ils réussirent à s'organiser pour disposer les cadeaux sous le sapin, c'était toujours un calvaire, et les Velásquez étaient devenus maîtres dans l'art d'empiler les cadeaux pour faire une colonne par personne, aux formes les plus improbables -oncle Hector aimait trouver des boîtes biscornues pour faire travailler ses frères, ses belles sœurs et ses neveux.

Une fois les colonnes de cadeau stables, Prune annonça qu'elle allait se coucher. Elle prit une douche rapide dans une des salles de bains, encore pompette, et se changea pour se coucher dans un des lits d'une chambre d'amis.

Allongée dans le noir, elle tentait de trouver le sommeil, mais quelque chose l'en empêchait. Elle était heureuse, entourée de sa famille, sans aucun problème, mais… Elle se sentait seule dans ce grand lit. Elle plongea sa tête dans son coussin et grogna, elle se trouvait ridicule… L'écharpe de Rayan lui manquait… Rayan… lui manquait. Son sourire rassurant, ses contacts hésitants, la chaleur de sa main tremblante dans la sienne… Elle se sentait seule sans, elle se prit à imaginer Rayan dans le lit avec elle, l'enserrant dans ses bras, comme si elle s'endormait contre lui… Elle se remémora son odeur, l'impression de ses bras autour d'elle, la douce pression de ses doigts dans son dos, de son menton sur le haut de sa tête, de sa respiration contre elle… Elle aurait rêvé de s'endormir là, tout contre lui, de l'entendre dire son nom, encore…

- Prima ? » la voix de Bonifacio la tira de ses pensées.

Somnolente, Prune releva la tête : « Hmm ? »

- Vince et moi, on vient dormir avec toi.

- Okay !

Prune se cala au milieu du lit bien confortablement, et ses deux cousins vinrent la rejoindre peu après. Prune chassa l'image du visage de Rayan de ses pensées et se pelotonna contre le dos de Vince comme elle en avait l'habitude depuis qu'elle était toute petite, un bras autour de lui, Vince s'accrochant à son petit doigt avec son index, comme il l'avait toujours fait, et ils s'endormirent.

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Le lendemain matin, tout le monde ouvrit ses cadeaux, et alors que Manuel se débattait dans la montagne de papier-cadeau qu'il avait lui-même créé pour tenter de retrouver ses derniers paquets, les adultes, assis sur les canapés, se faisaient donner leurs cadeaux par leurs enfants qui faisaient les allers-retours vers le sapin. Christopher et Anna avaient un tas de cadeaux de plus à ouvrir, car personne n'avait oublié le dernier-né de la famille, Léo, qui du haut de ses un an était bien éveillé. La famille avait décidé de continuer la tradition prise à la naissance de Manuel d'aider le jeune couple à financer ce qui coûtait le plus cher : un porte-bébé, une poussette multi-fonctions, des meubles de bébé… Et bien sûr les jeunes parents étaient noyés de grenouillères et de doudous, et c'était la course à qui trouverait les motifs les plus drôles ou le pyjama le plus doux.

Prune s'était calée dans un large plaid gris contre un énorme coussin chat, tous les deux qu'elle venait de déballer, et était plongée dans la lecture d'une BD qui avait été offerte à Pablo. Le sol du salon était recouvert de papiers cadeaux, une tâche à laquelle ils s'attelleraient tous, mais plus tard. Avec Prune sur les canapés, Julie et son ventre rond jouait avec Christopher et Léo, alors que les oncles et le reste des cousins, ainsi qu'Hannah et Agatha, étaient dans le jardin à jouer au foot. Le Conseil des Tantes était dans la cuisine à prendre des thés et des aspirines, et à papoter en surveillant leurs hommes par les fenêtres.

Malgré elle, l'esprit de Prune quitta les pages pour revenir au sujet qui l'avait tracassé la veille avant qu'elle ne s'endorme. Elle se mordit la lèvre pour éviter de sourire comme une idiote, elle savait que ça attirerait les questions. Elle se demandait ce que Rayan pouvait bien être en train de faire… Si ses vacances se passaient bien, sans avoir à monter une crèche, et corriger les examens. Elle eût un petit rire, elle l'imagina, comme dans un cartoon, à travailler comme un acharné, un Everest de copies à côté de lui.

Elle aurait voulu avoir l'écharpe de Rayan pour se blottir dedans, fermer les yeux et se remémorer son sourire, et sa voix qui lui disait 'c'est toujours agréable de se voir...'. Elle avait envie de revivre leur étreinte, et cette fois, d'avoir l'audace de l'inviter d'un regard à tenter quelque chose… Non pas qu'elle pourrait le faire elle-même, mais… Elle trouvait cela plus romantique que ce soit lui qui initie leur premier baiser… Elle secoua la tête, elle en parlait comme de quelque chose qu'elle était sûre allait arriver sous peu, mais rien n'était moins sûr. Il lui avait dit plus ou moins ouvertement qu'elle lui plaisait, elle lui avait confirmé que le sentiment était réciproque, et il avait répondu à son étreinte avant les vacances, il l'avait taquiné au magasin, puis chez Rosa, il… mais… Il était son professeur.

C'était son enseignant, de loin son aîné, et elle était l'élève. Rien qu'une rumeur sur une possible relation entre eux avait fait jaser toute la Fac. Comment les élèves l'avaient regardée… Comme une traînée. Même Melody, qui la connaissait pourtant depuis le lycée, lui avait fait une remarque… Prune ne pourrait pas supporter que tout la Fac pense qu'elle écartait les cuisses pour de meilleures notes… Même Prune avait souvent entendu d'autres étudiants se pâmer devant leur professeur d'art moderne, certains même décrivant en détails assez crus comment ils imaginaient Rayan pendant l'acte… et ç'avait été les premiers à rire dans son dos, à lui jeter de mauvais regards en coin lorsque cette rumeur s'était immiscée dans les couloirs.

Et que diraient ses parents… D'apprendre que leur nouvel ami sortait avec leur fille ? Son professeur ? Son père irait sûrement lui déchausser les dents à coups de poing, s'il ne l'attaquait pas en plus en justice pour abus de pouvoir…

Malgré tout cela, elle ne pouvait penser qu'à une seule chose : le sourire éclatant de Rayan quand il l'avait vu à l'arrière-boutique de Leigh, son regard subjugué parcourant son corps, et… leurs mains se touchant, se découvrant, et l'assurance qu'il avait eu à lier leurs doigts, son regard plein de tendresse pour elle, ses lèvres comme tendues vers elle… Tout cela, ça devait bien valoir quelques railleries de ses camarades de classe ? Qu'importe ce qu'on pouvait dire, elle sentait en ce moment-même son cœur battre fort dans sa poitrine rien qu'à penser à lui.

Elle avait envie d'aller en cours avec lui, assez étrangement. De pouvoir le regarder, de se sentir rassurée par sa présence, de se sentir rougir avec ce regard qu'il lui portait. Elle aurait voulu l'entendre dire encore et encore 'c'est toujours agréable de se voir', jusqu'à ce qu'elle en devienne sourde, elle voulait encore partager cette caresse secrète, sous le tissu violet, elle se noya dans le souvenir de leur étreinte, avant de se quitter, son souffle sur son front, sa respiration se soulevant contre elle, la douce pression de ses bras autour d'elle…

Prune soupira avec un sourire, et tira son téléphone de sa poche.

« Il me manque. Ce ne s'étiole pas. » elle envoya à Priya.

Elle remit son portable dans sa poche, et colla sa BD sur son visage. Décidément, dans quelle magouille elle s'était encore mise… Son cœur se serra dans sa poitrine et elle sourit bêtement quand elle se rappela de l'avoir appelé 'son marchepied personnel', et aussi, la fois où il lui avait prêté sa veste au restaurant, et puis aussi quand il avait prit sa défense contre Yeleen… 'C'est toujours agréable de se voir'résonna encore dans sa tête… Elle reçut la réponde de Priya :

« Alors, qu'est-ce que tu vas faire ? »

« J'en ai aucune idée… Je peux pas décemment aller lui demander de sortir ensemble… ? »

« Bah, si, si tu veux. »

Prune leva les yeux au ciel : « Mais j'aurais jamais le courage... »

« Tu as envie d'être avec lui ? Genre, rdv au restaurant, les petits baisers mignons, se mater un film ensemble… Ce genre de choses ? Et… tu sais B) … Aller vérifier s'il est aussi musclé qu'il en a l'air, sous sa chemise B) … ? »

« Priya, t'es vraiment incroyable xO ! »

« Prune, assume »

« … okay j'avoue. OUI j'ai envie de tout ça, d'apprendre à mieux le connaître… Mais je sais pas, je suis pas vraiment sûre… Après tout ce qui s'est dit sur nous lorsqu'il y a eu cette rumeur, après la soirée à la plage... »

« Mais tu t'en fous de ce que disent les gens. Et puis vous êtes pas obligés de vous lécher la pomme en plein campus »

Prune laissa son téléphone une minute. Priya avait toujours une réponse à tout, c'était presque énervant, parfois.

« Je sais pas, Priya. C'est pas aussi simple que ça. »

« T'as pas l'air encore décidée, prends du temps, de toute façon c'est les vacances, pas besoin de se presser à prendre une décision. »

Prune sourit. Priya était toujours là pour elle, c'était rassurant de savoir que quoi qu'elle choisisse, Priya la soutiendrait.

« Merci Pripri On se voit chez Rosa pour la soirée du Nouvel An ? »

« Grave. Castiel et moi on passe te chercher et on ira voir les trois mecs avant d'aller tous ensemble chez Rosa ? »

« Ça marche. Joyeux Noël ma biche ! »

« Joyeux Noël, Prunette d'amour ! »

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Dans l'après-midi elle envoya un message à tous ses contacts : « Joyeux Noël ! »

Quasiment tous ses amis lui répondirent dans l'heure. Nathaniel ne lui répondit que le soir :

« Toi aussi. Tu as officiellement 46 ans à envoyer des messages comme ça »

« Qu'est-ce que t'as apporté le Père Noël ;) ? »

« Bah rien. »

« Je savais que tu n'étais pas sage ! »

« ... »

« … Quoi ? »

Nathaniel ne répondit pas. Prune le relança d'un message mais n'obtint aucune réponse. Inquiète de l'avoir froissé, elle relit ses messages, et tout d'un coup elle fût frappée de l'évidence. Noël était bien une fête familiale, et Nathaniel et la famille… Elle trouva un coin tranquille loin de la partie animée de Petits Chevaux de ses cousins et l'appela.

- Quoi ?

- Nath, je suis désolée, j'ai pas réalisé…

- De quoi ?

- Noël… Ce que t'as apporté le Père Noël…

Il y eu un long silence. « T'inquiète. Ambre va sûrement me ramener un cadeau, je serais pas démuni. »

- Elle… passe Noël avec vos parents ?

- Ouais.

- Sans… toi ?

- … Ouais.

Prune se mordit la lèvre, elle était si désolée pour lui… Ambre avait osé le laisser seul pour Noël ? … Elle ne comprenait vraiment pas ce que Rosa, Alex et Priya lui trouvaient maintenant qu'elle était 'adulte'… Faire ça à son propre frère jumeau…

- Je suis désolée, Nath.

- Le soit pas, c'est comme ça.

- Je me sens mal pour toi… Si tu es vraiment motivé tu peux venir jusque chez mon oncle et ma tante, si tu v-…

- T'inquiète pas je te dis. Je suis pas à l'article de la mort. C'était pas comme si c'était le premier Noël qui se passait comme ça.

Prune eût un pincement au cœur. « Je suis désolée, Nath... »

- Arrête d'être désolée, t'y es pour rien.

Enfin, d'un côté, si, elle y était pour quelque chose. Si les choses avaient explosé entre Nathaniel et sa famille, c'était un peu de sa faute…

- Bon… On se voit quand je rentre ?

- Je sais pas où je serais. Aller, à plus Prunette.

- A pl-... » Nathaniel raccrocha.

.

La veille de son retour à Anteros, toute la famille visitait le marché de Noël de la ville, papotant à n'en plus finir, rajoutant au brouhaha ambiant caractéristique. Alexandre et Charlie prenaient soin de Manuel, déchargeant Javier et sa femme qui l'avait déjà toute l'année, heureux comme tout de pouvoir gâter le petit prince, surtout qu'ils attendaient avec impatience d'enfin pouvoir adopter ensemble, ils ne rataient jamais une occasion de s'occuper du petit.

Vince et Prune, un verre de vin chaud fumant dans la main, marchaient côté à côté, avec Ovidio et Pablo qui dévoraient des bretzels. Les quatre cousins s'arrêtèrent à un stand de peluches.

- Celle-là est trop douce ! » Ovidio en prit une dans ses mains, c'était une petite chauve-souris farfelue avec des grands yeux adorables.

Vince prit un modèle plus grand et le présenta à sa cousine : « Il est dark celui-là ! »

C'était un grand lapin noir, avec quelques paillettes, et de petits yeux observateurs, avec une truffe rose qui rendait le tout adorablement menaçant, comme si un chaton tout fluffy faisait le gros dos. Prune rit, ça lui rappelait quelqu'un… Elle prit le lapin dans ses mains, et caressa les longues oreilles noires et duveteuses. Elle avait encore dans la tête l'image de Nathaniel passant Noël tout seul… D'être là, entourée de sa famille et de ceux qu'elle aimait, elle se sentait presque coupable, alors que Nathaniel était seul dans son studio, loin de tout, il n'avait plus personne.

Elle acheta le lapin à la vendeuse, qui lui fit un joli paquet rose pastel avec un florilège de rubans et de pompons. Elle avait hâte de voir la tête que Nath ferait en voyant ça.


Et voilà ! See you next week pour la soirée du Nouvel An, et le retour du drama…;)


Et voilà comme promis un petit récapitulatif de la famille de Prune pour ceux que ça intéresse, avec les noms suivis des âges:

Famille de Prune

Abuelita Constanza (78 ans)

Jules (54) – Fabienne (54) – Javier (34) – Christopher (30) – Baltazar (29) – Bonifacio (28)

...→ Javier (34) & Julie -enceinte (35) : Manuel (5)

...→ Christopher (30) & Hannah (29) : Léo (1)

Hector (51) – Laura (50) – Alexandre (27) – Vincente (24)

...→ Alexandre (27) & Charlie (32)- en procédure d'adoption

Carlos (51) – Celia (45)– Ovidio (20) – Pablo (16)

Philippe (49) – Lucia (48) – Prune (23)

Agatha (50)