J'ai fini de tout corrigé il y a un moment, alors j'ai décidé de tout poster d'une traitre. Six chapitre à lire ! Je poste une sorte d'épilogue qui va conclure cette histoire. Je souhaite toujours un petit commentaire ! J'espère que quelqu'un va finalement tomber sur cette histoire et l'apprécier ! (Car moi quand je n'aime pas une histoire, je ne poste pas de coms...) Faque j'arrête mon blabla et bonne lecture !
32
Elle entendait le chant des oiseaux tout autour d'elle. Elle ouvrit les yeux et vit une brume matinale qui recouvrait le sol frais. Elle s'assit lentement sur sa couche de fortune en se passant une main sur le visage.
- Vous êtes réveillée, dit un homme en s'approchant.
Zelda reconnu Hagard qui lui tendit un pain ainsi qu'un bol emplit de liquide.
- Merci, dit la jeune femme en prenant la nourriture. Que s'est-il passé ?
- Oh, commença Hagard, ne vous inquiétez pas pour cela. Nous avons tous eut le temps de nous échapper. Soit dit en passant, la forêt sent le rôtie de porc depuis votre intervention, et malgré la mauvaise odeur, tout le monde vous en est très reconnaissant.
Elle rit doucement en mangeant son pain. Cependant, les tracas de la veille lui revinrent rapidement en mémoire.
- Où est Link ?
- Il est partit avertir un camp au nord d'ici, répondit l'homme. Il devrait revenir dans une heure tout au plus.
Elle fut déçue de cette nouvelle. Elle ne pourrait pas exposer son idée d'aller elle-même au château affronter ce seigneur immédiatement.
-Qu'avez-vous l'intention de faire ? Demanda soudain Hagard.
- Vous n'êtes pas sensé lire dans l'esprit des gens ? Dit Zelda.
- C'est vrai, répondit Hagard en riant, mais je voulais rester poli. Vous savez que Link ne sera pas d'accord avec cette idée d'affronter Aghanim vous-même.
À l'époque où elle était princesse, elle avait toujours pensé que Link éprouvait des sentiments pour elle. Si ceux-ci étaient aussi fort qu'avant, Hagard avait raison sur le fait que Link ne serait pas facile à convaincre.
- Voulez-vous vraiment savoir ce qu'il éprouve pour vous ? Dit tout bas Hagard en se penchant vers elle.
Cette question l'a prit au dépourvu.
- Cependant, le mieux serait de savoir ce que vous éprouvez pour lui, continua le vieil homme.
Si l'autre question l'avait prise par surprise, celle-ci lui donnait le goût de prendre les jambes à son cou et de fuir avant que cet homme en comprenne plus qu'elle-même.
- C'est une très belle histoire qu'il y a entre vous deux, mais ce n'est pas à moi de faire avancer les choses, coupa Hagard. Laissez-moi plutôt vous aidez à arrêter ce seigneur…
La conversation se déroula en ce sens. Même si ce seigneur ne vouait pas une grande confiance à Hagard, le vieil homme était au courant de nombreuse chose. De l'endroit où Aghanim prenait ces repas et dormait, jusqu'au quartier où son armée d'hommes porcs logeait. Des descriptions et des renseignements utiles ou futiles qui lui permettait de se dresser une carte mentale de la ville d'Hyrule et du château qu'elle connaissait déjà si bien.
- Avez-vous déjà vu ce bijou ? Demanda Zelda.
- Non, malheureusement, tout ce que je sais, c'est qu'il le porte sur lui. Il le cache probablement sous ses vêtements. Un bijou avec un tel pouvoir…
Cela ne lui facilitait pas la tâche. Après avoir réussis à s'infiltrer dans le château et trouver ce seigneur, elle allait devoir le déshabiller pour trouver ce bijou, songea-t-elle avec une grimace. Un souvenir lui revint en mémoire. Aghanim lui avait déjà proposé d'être sa femme. En échange de la clé pour obtenir la triforce. Aurait-il un moyen de tourner ce chantage en sa faveur ? Elle n'avait jamais essayé de séduire un homme, serait-elle capable de faire une chose de ce genre ?
- Vous êtes une très belle femme princesse d'Hyrule, dit Hagard. Ce plan a beaucoup de chance de succès, mais il vous met aussi en grand danger.
- Si je réussis à me débarrasser de ce seigneur, nous aurions déjà un grand avantage, répondit la jeune femme les joues légèrement rouges après ce compliment.
- Vous devez avoir une porte de sortie si jamais ça ne fonctionne pas.
Ma magie, pensa Zelda. À partir de maintenant, elle s'entraînerait, elle devait être prête avant que l'armée des rebelles ne soit parée à attaquer le château.
- Je dois partir aider les hommes pour le combat qui se prépare, dit le vieil homme en se levant. Si vous avez besoin de quelque chose, je ne serai pas loin.
Elle se leva à son tour et fit le tour du petit campement et rendit les salutations aux gens qu'elle rencontrait. Derrière une rangée de feuillus, elle découvrit une petite rivière qui coulait rapidement. Quelques mètres plus loin, une cascade de deux mètres de haut causait un fracas assourdissant quand l'on se rapprochait.
- Ici se sera parfait, dit-elle pour elle-même.
Arrivé tout près de la chute d'eau, la princesse ferma lentement les yeux.
« Devenir forte », pensa-t-elle.
Elle se concentra et s'avança doucement sur la plage de cailloux vers la rivière.
« Et vaincre ce seigneur. »
La sensation des cailloux disparus sous ses chausses remplacées par quelque chose de froid et de doux. Le liquide glissait sous ses pieds sans que ceux-ci ne soient humides.
« Protégez les habitants de ce royaume. »
Elle sentit la chute d'eau tout près d'elle, l'écume tiède frôlant son visage. S'avançant toujours, le bruit de l'eau maintenant tout autour d'elle, devint assourdissant. Elle ouvrit les yeux. Elle était entourée d'une forme ovale invisible qui obligeait l'eau à contourner cet obstacle en coulant tout autour d'elle. Sous ses pieds, l'eau continuait son chemin, suivant le courant de la rivière.
« Détruire le mal… »
Elle réussissait à rester sous une chute d'eau et cela sans se tremper. Pourquoi n'avait-elle pas réussis à arrêter ce seigneur ? Parce qu'elle avait fuit, songea la jeune femme. Condamnant le peuple à se débrouiller sans elle. La pression de l'eau se fit soudain plus forte tout autour d'elle, et lentement, elle sentit ses genoux fléchirent à la même vitesse que son courage.
« Le courage…Link…je dois les protéger… »
Elle avait prise une mauvaise décision. Perdre la mémoire avait permis au seigneur de faire ce qu'il voulait du royaume. Et elle avait échoué. Tous ces gens innocents avaient dû se débrouiller, plusieurs étaient morts. Son père…
« Concentre-toi, ne pense qu'à devenir forte pour le vaincre », s'ordonna-t-elle.
Elle tomba à genoux sur l'eau sous l'effort. Elle n'arrivait pas à contrôler ses émotions. Elle se sentait comme la petite fille qu'elle était lorsque son père la grondait pour une bêtise. Pourquoi Link avait-il confiance en elle ? Songea-t-elle. Elle sentit de l'eau coulée sur ses joues. Elle avait abandonné son royaume…
Son regard fut soudain attiré par une masse sous elle. Elle devina Link malgré l'écoulement de l'eau qui rendait toute chose floue. Celui-ci s'agrippa sur la main qu'elle lui tendit et d'un coup sec se retrouva à genoux dans l'ovale magique qui les entoura étroitement. Elle était déprimée et elle se concentra sur Link qui reprenait son souffle pour reprendre contenance.
- Je te cherchais avec Hagard, dit Link en regardant la chute autour d'eux. Plusieurs villages sont prévenus pour l'attaque. Je crois que dans sept jours nous serons prêts…
- Je dois arrêter ce seigneur avant que vous n'attaquiez Link, coupa Zelda.
Il la dévisagea un moment qui lui sembla durer une éternité.
- Comment comptes-tu t'y prendre ? Demanda Link d'un ton méfiant.
- Je vais aller lui voler son bijou qui vous contrôle, répondit la femme.
- Oui, mais comment ?
- Eh bien, je vais me rendre au château pour lui prendre, continua Zelda.
- Ne va t'il pas appeler son armée dès qu'il va te voir ?
Pas si elle essayait de le séduire, songea-t-elle. Jusqu'à maintenant, ce qu'elle avait tenté avait échoué, alors elle devait réussir à tromper le seigneur cette fois. Quitte à y perdre des plumes, elle devait lui voler ce joyau.
- J'ai un plan, dit-elle d'une voix confiante, et je dois le faire.
- Je suis le premier chevalier, dit soudain Link. Mon rôle est de protéger la princesse. Je t'ai cherché pendant des mois…non des années et je n'ai pas l'intention de te laisser agir seule, surtout si c'est pour aller directement dans les griffes de ce seigneur.
- Nous n'avons pas le choix, je suis la seule qui résiste à son pouvoir, et tant qu'il le possède nous ne pouvons rien tenter !
- Alors montre-moi comment l'empêcher de prendre possession de mon esprit ! Dit Link.
- Tu crois qu'avec toi, il n'appellerait pas l'armée en te voyant débarquer ? De toute façon, je ne sais pas comment j'y résiste…
- Je peux savoir ton plan alors ?
Elle se mordit la lèvre inférieure en fronçant ses sourcils fins. Elle ne pouvait tout de même pas lui dire qu'elle les trahirait et tenterait de séduire le seigneur par la même occasion. Elle sentit l'eau de la rivière imbiber ses genoux signe de son trouble. En fait, Link était un bon stratège, mieux valait être honnête, il pourrait l'aider par la suite.
- Avec les informations que Hagard m'a transmise, je crois pouvoir découvrir le seigneur dans le château, et ce, avant qu'il ne détecte ma présence, commença Zelda. Une fois l'avoir trouvé, je vais le duper…en lui faisant croire que je suis de son côté, quitte à lui promettre l'ocarina qui est la dernière clé pour l'ouverture des portes du temple du Temps. Si tout va bien, je lui vole son bijou et vous pourrez lancer l'attaque sur la ville.
- D'après Hagard, il garde son bijou sur lui, dit Link lentement en réfléchissant. Ne me dit pas que tu veux…
- Le séduire, coupa Zelda. Oui, cela fait parti du plan.
Elle vit Link se pencher dangereusement sur elle, et lui agripper fermement les épaules. Ses yeux brillaient d'une colère contenue, et son souffle chaud lui chatouilla la nuque. Sa proximité la décontenança et elle se sentit soudainement tombé dans la rivière, l'eau froide la recouvrant complètement. Elle avait perdu toute sa concentration. À la nage, elle retourna vers la plage, suivit de Link. Elle n'avait même pas repris son souffle que Link lui agrippa doucement l'avant-bras et l'aida à se relever.
- Non, dit-il d'une voix calme.
- Alors donne-moi une meilleure idée, car tu sais que l'on doit lui enlever ce médaillon, répondit Zelda en replaçant une mèche humide de ses cheveux.
- C'est non, continua le jeune homme en lui rendant son bras. C'est beaucoup trop dangereux.
- Si vous attaquez ce seigneur alors qu'il possède ce médaillon, vous ne réussirez pas ! Ce sera un massacre !
Elle le vit se croiser les bras et se retourner vers la rivière. Ce n'était pas bon signe.
- Link, ce seigneur était déjà attiré par moi, si en plus je lui promets de l'aider en lui cédant les clés permettant de libérer la triforce, j'aurais beaucoup de chance de lui voler son médaillon, expliqua la princesse. J'ai beau réfléchir, je ne trouve pas un autre moyen pour l'approcher.
- Qui n'est pas attiré par la princesse d'Hyrule ? Demanda soudain Link d'un ton sarcastique. Alors c'est ça ton plan ? Batifoler avec le seigneur en souhaitant qu'il veuille bien te laisser prendre son bijou ?
Avoir reçu une gifle ne l'aurait pas plus insulté. Elle sentit sa magie lui chatouillé les doigts tellement elle avait envie de s'en servir contre Link.
- Je sais très bien me défendre, répondit-elle en serrant les dents. Et même si pour une raison, je devais coucher avec Aghanim pour lui enlever ce foutu médaillon, ne crois-tu pas que ce serait mieux que de sacrifier un millier de vie en vain ?
Elle vit le dos de Link remuer légèrement. Elle attendit, les joues encore rouges de l'insulte dite plus tôt, qu'il réponde.
- C'est stupide, dit-il soudain.
Il prit une grande inspiration et se retourna. Elle put ainsi voir son visage qui affichait une mine sérieuse. Ses yeux par contre lançaient des éclairs.
- D'accord, continua Link, je ne t'empêcherai pas d'aller exécuter ton petit plan, si tu réussis à me vaincre en duel.
Elle ouvrit grand les yeux, fixant Link en s'interrogeant.
- Je ne te laisserai pas y aller si j'ai la force de t'en empêcher, s'expliqua le jeune homme.
- À quoi joues-tu ? Crois-tu que nous avons le temps pour des bêtises de ce genre ?
- Je t'empêche d'en faire une ! Cria Link. Avoue que raconter aux hyliens comment tu veux sauver le royaume grâce à ta féminité pourrait être gratifiant !
Elle leva la main pour frapper Link mais celui-ci empoigna son bras fermement. Il voulait se battre ? Pensa-t-elle. Il ne voulait pas comprendre, il s'imaginait qu'elle irait donner son corps au premier venu. Elle allait lui rappeler qu'elle n'avait pas hérité de son titre de septième sage pour rien. Elle concentra sa magie dans son avant bras prisonnier et entendit Link lâcher un cri de douleur en la libérant.
- Le premier au sol, dit-elle d'un ton neutre, aura perdu.
- Entendu.
Elle fonça alors rapidement sur Link assénant coup sur coup, comme sa nourrice lui avait si bien montré. La technique de combat des sheikah. Pas besoin d'arme pour mettre quelqu'un hors d'état de nuire, seulement de la vitesse. Elle sentit un ancien pouvoir remonter doucement dans ses entrailles, se répartissant dans son corps pour finir par lui chatouiller les yeux. Toutefois, c'était sous-estimé Link. Ses poings et pieds n'atteignaient pas leurs cibles malgré la précision et la rapidité qu'elle pouvait y mettre. Elle leva les yeux sur un Link en position défensive. Elle en était sûre, en ce moment même, son esprit pratique cherchait un moyen de la mettre au sol en évitant les coups rapides qui le mettraient en danger.
- La technique des sheikah, dit Link en se redressant légèrement. Je ne te savais pas capable d'utiliser ces techniques de combat.
- Je sais faire autre chose que de balancer des rayons de lumière sur les méchants, répondit la princesse.
- Perdre la mémoire pour protéger le secret de la Triforce par exemple ? Répliqua Link.
Elle tiqua. Elle ne devait pas se déconcentrer. Link n'essayait que de la mettre en colère pour pouvoir plus facilement la battre.
- Mon premier plan était d'attendre la venue d'Aghanim en petite tenue, dit Zelda en songeant que c'était la chose la plus stupide qu'elle est dite de sa vie. Le déshabiller rose aurait été idéal, il rehausse mon teint, continua-t-elle en regardant ses ongles comme pour en vérifier leurs longueurs.
L'ombre d'une surprise passa dans les yeux de Link, mais celui-ci esquissa un sourire. Elle n'avait réussi à le perturber, songea-t-elle. C'était prévisible, Link était un grand combattant. Soudain, quelque chose la troubla. Ce n'était pas un sentiment de menace au contraire, seulement une impression de ne pas bien faire. Autour d'elle, tout était calme. La rivière poursuivait son chemin derrière Link et une légère brise soufflait faisant danser les feuilles dans les arbres. Que faisait-elle au juste ? Elle repensa à la conversation qu'elle avait eu avec Hagard un peu plus tôt. Elle aurait pu lui demander les sentiments que Link éprouvait envers elle, mais cela n'aurait strictement rien changé. C'était d'elle qu'il était question. Et en ce moment, la dernière chose qu'elle voulait faire c'était ce combat. Si Link refusait tant qu'elle réalise ce plan, c'était qu'il tenait à elle. Combat ou pas, il irait voir ce seigneur.
- Je vais le faire avec ou sans ton appui, dit-elle doucement en baissant les bras. Je t'en pris Link, tu dois m'aider, c'est ce seigneur que je dois battre, pas toi.
Link baissa lentement les bras et ne dit rien. Elle souhaitait de tout son cœur qu'il accepte, mais tout ce qu'il fit, fut se retourner et partir.
33
- Alors, vous êtes prête ? Demanda Hagard en entrant dans l'abri de toile blanche, éclairé par une seule bougie.
- Oui, fut la réponse de Zelda en enfilant une cape noire sur son dos.
Elle avait revêtu un habit plutôt moulant qui cachait ses formes, d'un gris presque noir. Elle apportait toutefois un sac avec quelques armes. Elle en aurait de besoin si elle atteignait le seigneur. Ses cheveux qu'elle avait tressés, étaient camouflés en dessous d'un foulard attaché bien serré qui lui cachait en partie le visage, ne laissant voir que les yeux.
- Avez-vous reparlé avec Link ? Continua le vieil homme.
- Oui, il m'a dit quand vous attaqueriez le château ainsi que la stratégie globale, répondit la princesse. Je vais me débrouiller pour enlever le médaillon juste avant, question de garder l'élément de surprise.
Elle se retourna vers Hagard qui la fixait, les bras croisés.
- Arrêter de lire dans mes pensées, ordonna Zelda.
- Ne vous inquiétez pas, cette fois-ci, même si j'avais voulu, je n'y serais pas parvenu, répondit le concerné. Vous souvenez-vous, je vous avais dit qu'un sage avait réussi à m'empêcher de lire dans son âme.
- Si.
- C'était il y a très longtemps, j'étais au marché d'Hyrule et en jeune homme que j'étais, j'épiais les pensées de la gente féminine.
Zelda croisa les bras en se demandant où il voulait en venir.
- Une très belle jeune fille a attiré mon attention, et voulant lire dans ses pensées, j'ai eu la déception de découvrir que j'en n'étais incapable. Et qu'elle ne fut pas ma surprise en voyant cette personne me fixer en souriant et en faisant un signe négatif de la tête.
- Pourquoi me racontez-vous tout cela ?
- Sur le coup, j'ai été piqué de curiosité, continua Hagard sans répondre à la question. Alors, je me suis informée de son identité. J'ai découvert que cette femme, était la promise du prince Nohansen d'Hyrule.
- Mon père, murmura Zelda. Alors, c'était ma mère…
- Oui, dit l'homme en riant, j'ai peut-être un grand don, mais votre famille semble posséder un pouvoir encore plus grand que le mien. Sur ce, je vous souhaite bonne chance, et ne perdez pas confiance.
Il fit un signe de tête auquel elle répondit en souriant même si elle savait qu'il ne le voyait pas à cause de son déguisement. Elle le regarda partir en essayant de se souvenir de sa mère défunte alors qu'elle était très jeune. Elle sortit alors elle aussi et regarda les étoiles qui brillaient dans le ciel. C'était une nuit fraîche et elle fit rapidement à la course les quelques mètres qui la séparaient de l'enclos des chevaux. Ses bottes de cuir ne faisaient aucun bruit sur la verdure et dans ce déguisement elle se sentait invisible grâce à la noirceur de la nuit. Elle arriva à l'enclos, mais vit que le cheval noir qu'elle avait demandé n'était pas sellé.
- C'est moi qui vais aller te porter, dit Link en s'approchant sur le dos de sa jument.
Il lui tendit la main et après une légère hésitation elle l'agrippa et monta derrière Link. Il ordonna à Épona d'avancer, ce qu'elle fit avec facilité. Ils s'engouffrèrent dans la forêt en suivant un chemin qui zigzaguait entre les arbres. Le trajet se passa dans le silence. Elle se sentait de plus en plus nerveuse et elle se remerciait d'avoir mis des gants sinon elle aurait rongé ses ongles jusqu'au sang. Tout va bien aller, se disait-elle. Cependant, plus elle approchait du château, plus elle sentait sa confiance chanceler. Le jour se levait lorsqu'ils arrivèrent en vue des remparts qui entouraient la ville du château. Caché par la forêt, ils observèrent le lieu en silence quand la princesse eut enfin le courage de descendre du cheval. Elle vérifia le contenu de son petit sac de voyage et en sortit l'ocarina bleu, une des clés pour ouvrir la porte du Temple, et le tendit à Link.
- Tu ne voulais pas t'en servir comme moyen de chantage ? Demanda Link en attrapant l'instrument du haut de son cheval.
- Je ne fais pas confiance au seigneur, répondit-elle en se frottant les yeux avec son pouce et son index.
Ses yeux lui chatouillèrent quelques instants et se sentant observer, elle redressa la tête vers Link qui sembla surpris.
- J'ai les yeux rouges, dit-elle comme une remarque plus qu'une question.
- Oui, comme lorsque tu avais dupé Ganondorf, dit Link doucement en descendant de son cheval. Tu es déjà au courant, mais pour être sûr, nous attaquons demain au levé du soleil d'accord ?
Elle hocha la tête en signe de compréhension.
- Lorsqu'il sera temps de t'enfuir, prend les égouts du château et surtout évite les endroits où loge l'armée…
- Je sais Link, coupa Zelda, ne t'inquiète pas, tout ira bien, et surtout tu attaques à l'heure, peu importe ce qu'il se passe.
Elle se retourna et se mit à marcher en direction des murailles de pierres grises.
- Zelda, attend ! Dit soudain Link derrière elle.
Elle se retourna lentement, redoutant de perdre le peu de courage qu'elle avait pour cette quête.
- Je voulais te dire, commença Link en s'avançant vers elle, c'est que…
Il hésitait. Un tic qu'elle n'avait jamais vu chez Link lui sauta au visage. Il croisait les bras et les décroisait nerveusement. Que pouvait-il bien vouloir lui dire ? Elle eut peur qu'il veuille encore l'empêcher d'exécuter son plan, mais elle se dirigea tout de même vers lui. Elle agrippa ses bras stoppant ainsi son manège. Ce qu'il fit ensuite la surpris. Il remonta ses mains et baissa le foulard qui cachait en partie son visage. Elle sentit les doigts de Link effleurer ses joues qui rougirent sous le contact.
- Ça fait longtemps que…murmura Link près d'elle.
Il allait l'embrasser, songea la jeune femme. Comme ça, après une semaine où ils ne s'étaient pratiquement pas parlés. Elle vit son visage se rapprocher et même si elle savait qu'elle devait l'en empêcher, elle n'eut la force que de fermer les yeux. Le contact de ses lèvres sur les siennes lui procurèrent un sentiment de bonheur et de trouble tout à la fois. Elle sentit les mains de Link descendre dans son dos et s'accrocher à ses reins. Il se sépara alors d'elle et la regarda avec ses yeux d'un bleu profond où elle put y lire l'amour et la peur. Après un instant qui lui sembla durer une éternité, il se retourna et se dirigea vers Épona qui attendait patiemment son maître. Il ne pouvait pas partir comme cela, songea-t-elle les larmes menaçant de couler. Pas après avoir fait battre son cœur aussi fort. Sans qu'elle ne puisse la retenir, une plainte s'échappa de sa bouche entrouverte.
- Link !
Elle fit les quelques pas qui la séparait de lui à la course et s'accrocha à sa nuque alors qu'il se retournait pour lui faire face. Elle embrassa les lèvres de Link comme si elle s'accrochait à une bouée de sauvetage dans une mer agitée. Elle sentit les bras du jeune homme entourer sa taille et la soulever avec délicatesse. Elle entoura les épaules musclées en accentuant son baiser et finit par se séparer à contre-cœur. Link la déposa sur le sol lentement, la fixait toujours.
- Zelda, promets-moi que tu…
Elle mit sa main gantée sur la bouche de Link lui coupant la parole.
- Je te le promets Link.
Elle prit une grande inspiration et disparu dans un nuage de fumée. Elle réapparut un peu plus loin dans la forêt en haut d'un arbre. De son point d'observation, elle pouvait voir Link qui fixait l'endroit où elle était quelques secondes plus tôt. Il finit toutefois par retourner à son cheval, et parti dans un galop rapide. Elle s'appuya sur le tronc d'arbre en poussant un long soupir. Elle écouta son cœur se débattre durant des minutes et finit par replacer son foulard autour de son visage. Elle venait de se promettre à Link. Dans la logique des choses, elle aurait dû être nerveuse, regretter de s'être si pressé, mais non. Elle ne faisait que songer au fait que si le seigneur n'était pas là, elle aurait tout fait pour se retrouver seul à seul avec Link et développer ce baiser. Elle se donna une gifle mentale et s'obligea à ne penser qu'à sa mission.
- À nous deux, lord Aghanim, dit-elle d'une voix assurée.
34
Depuis combien de temps avait-elle été amnésique ? Se demanda la princesse avec découragement. Après avoir passé par les égouts et pénétrer dans la ville d'Hyrule, elle avait observé le centre d'activité principal de ce gros village. Appuyé sur une tour des toits des nombreuses maisons de plusieurs étages, elle étudiait du regard cette ville qui avait tant changé. Il y avait de nombreux kiosques qui vendaient leurs produits à grand coup de cris et marchandage. La foule autour se pressait indifférente à tout ce brouhaha et cette cacophonie de voix. Les maisons, toutes collées les unes sur les autres n'avaient pas changé, mais les ruelles pleines de détritus enlaidissaient ce lieu encombré. Par le passé, tout était propre, et la marchandise était vérifiée avant que l'on autorise l'ouverture d'un kiosque, pensa-t-elle en voyant un homme vendre de drôle de liquide à une femme. Cependant, ce qui était le pire, c'était ses hommes et femmes vêtus de noir et d'argent. Des êtres qui semblait au meilleur de leur forme et qui regardait les autres se promenant autour d'eux avec assurance. Elle ne se souvenait pas avoir autant ressentit cette présence de magie noire autour d'elle. Les soldats de ce seigneur dégageaient une aura magique et Zelda savait que leur apparence physique agréable n'était qu'un leurre. Était-ce le seigneur qui réussissait cette énorme tour de magie ? Elle en aurait bientôt la confirmation, mais elle devait attendre le coucher du soleil avant de prendre le château d'assaut. Après avoir observé furtivement tous lieux, elle se résigna à se cacher et à patienter le temps de la disparition de l'astre en faisant une sieste.
En début de soirée, alors que des flambeaux étaient allumés dans toutes les rues des quartiers, elle sortit de sa cachette et se déplaça comme une ombre dans les coins sombres de la ville. Elle était très nerveuse et s'avançant dans le sentier qui menait au château, elle contempla la grande cour entourant le palais. C'était un grand terrain de verdure bien entretenu et parsemer de gigantesques feuillus ici et là. Elle prit mille précautions pour se faire la plus discrète possible. L'avantage, c'est qu'elle connaissait bien cet endroit, alors elle n'eut aucun mal à se diriger, et se faufiler entre les gardes fut d'une simplicité élémentaire. Son aventure se compliqua lorsqu'elle atteignit le château. Il était entouré d'un grand fossé où l'eau coulait paisiblement. Deux gardes surveillaient la porte principale tandis que deux autres faisaient le tour de la gigantesque bâtisse à intervalle régulier. Zelda s'était caché dans un arbre et examinait le manège des deux hommes qui tournaient autour du château. Déterminant un temps où elle pourrait se faufiler au mur de la demeure sans se faire remarquer, elle attendit et, au moment venu, courut sans bruit. Elle se glissa doucement dans l'eau froide. Elle prit une grande inspiration et une fois sous la surface, elle se dirigea vers la grille qu'elle avait vu plus tôt et qui donnait accès au château. Les barreaux verticaux n'étaient pas assez espacés pour qu'elle puisse se faufiler entre et n'eut d'autre choix que de se servir de sa magie pour se téléporter de l'autre côté du grillage. Elle nagea lentement dans un couloir et se retrouva dans la salle des cachots. Sortant de l'eau, elle grimpa sur le sol de pierres et écouta attentivement les bruits autour d'elle. Des respirations, des gémissements étouffés, le bruits des flambeaux accrochés au murs, rien qui ne prouve qu'un garde était proche. Chaque porte de bois dans cette salle représentait une cellule. Elle avança dans le couloir et se dirigea vers l'endroit où elle savait les escaliers. Elle se retrouva dans une petite salle. Une table en métal était au centre et à un coin de la pièce, un petit foyer laissait échapper un filet de fumée. Toute une panoplie d'instrument allant du simple couteau à de grande pince pointue était accrochée au mur. Son regard tomba sur une longue tige de métal dont le bout était le symbole de la Triforce. Trois petits triangles qui en formaient un plus gros. Elle comprit que cette salle était celle où le seigneur l'avait torturé et lui avait mit la marque de la triforce sur l'épaule. Elle frissonna à ce souvenir, se disant que si elle n'avait pas perdu la mémoire à cette époque, elle lui aurait tout révéler. Elle secoua la tête et se dirigea vers les escaliers sans toutefois négliger le moindre petit bruit.
Les cachots étaient faiblement surveillés, mais une fois le rez-de-chaussée atteint, une panoplie de servantes et de gardes se promenait dans les couloirs. Ne pas avoir connu les cachettes de ce château sur le bout des doigts, elle se serait fait prendre, mais ce déguisement l'aidait à avoir confiance en ces capacités. Après une heure où elle se camouflait dans les coins sombres, ne quittant pas l'ombre protectrice des murs, elle atteignit finalement son ancienne chambre, celle de la princesse qu'elle est. Jetant un coup d'œil de chaque côté, elle ouvrit doucement la porte et n'entendant aucun bruit pénétra à l'intérieur. Celle-ci était dans la noirceur, une odeur de refermé planait autour de la jeune femme. Elle créa une minuscule flamme dans ses mains et avec la faible lueur, trouva un chandelier sur la table de chevet qu'elle s'empressa d'allumer. Empoignant cette faible source de lumière, elle parcourut silencieusement cette pièce recouverte de poussière qui lui avait appartenue. C'était comme si personne n'y était entré depuis des années. Son grand lit avec les couvertures de soie sans plis et sa commode emplit d'accessoire de beauté lui rappelaient d'anciens souvenirs d'une époque révolue. Elle abandonna son chandelier et se dirigea vers le balcon caché par des rideaux. Elle les écarta légèrement et pu voir la ville d'Hyrule aux lueurs des torches plus bas. Au loin, derrière les remparts qui protégeaient cette cité, elle devinait la plaine qui n'était qu'une masse sombre. Elle plissa les yeux, cherchant le moindre indice qui confirmait que Link était en ce moment même en train de préparer le combat qui aurait lieu au levé du jour. Toutefois, elle ne vit rien. Ce qui en un sens était l'idéal. Elle sentait son cœur battre rapidement dans sa poitrine et songea que bientôt elle serait face au seigneur, jouant la comédie pour lui voler son médaillon. Elle repensa à Link et à leur baiser de ce matin, mais d'un mouvement de tête chassa ses pensées et se concentra sur sa mission. Reprenant son chandelier, elle se dirigea vers son ancienne garde-robe et déplaça rapidement ses robes pour trouver celle qu'elle cherchait. C'était une robe moulante sans manche d'un bleu nuit dont le décolleter était trop plongeant, d'après son défunt père, songea la princesse. Pour cette occasion, ce serait parfait. Elle enleva son déguisement encore humide à contre-cœur en souhaitant avoir le temps de le récupérer avant de s'enfuir. Dans le petit sac qu'elle avait amené, elle en sortit un petit poignard qu'elle cacha dans sa botte de cuir droite. Après avoir enfilé la robe, elle prit une grande inspiration et se frotta les yeux pour que leur couleur redevienne normal.
- La chambre de mon père est au fond de ce couloir, murmura-t-elle pour elle-même. C'est là que dors le seigneur.
Elle ne savait toutefois pas quand passer à l'action. Elle se dit qu'elle devait attendre le plus possible à la dernière minute mais ne pouvait déterminer combien de temps cette entrevue avec le seigneur pourrait durer. Elle marcha de long en large dans son ancienne chambre en lissant ses cheveux, la peur lui nouant les entrailles. Quand elle se dit qu'il ne devait rester qu'une heure avant le lever du soleil, elle souffla sur son chandelier et sortit lentement de la pièce, tous ses sens aux aguets. À cette heure de la nuit, elle n'entendait que le pas constant d'un garde au loin. Elle courut presque jusqu'au bout du couloir et ayant atteint la porte, écouta attentivement les bruits pendant de longues minutes. Elle se décida à pousser la porte qui n'émit aucun son et entra dans la pièce légèrement éclairée par un feu qui lançait des ombres depuis un large foyer au coin de la pièce en face d'elle. Elle fixa le lit au centre en refermant doucement la porte. Elle observa tout autour, à la recherche du fameux médaillon, d'un bijou même ou quelques choses d'original mais ne vit rien. Elle entendait distinctement la respiration de l'homme dans le lit et s'approcha pour voir son visage. Même préparer, elle eut un choc en le reconnaissant et l'envie lui prit de sortir le poignard cacher sous sa robe et de l'égorger. Soudain, un picotement lui parcouru le corps et une voix dans sa tête se mit à lui répéter inlassablement les mots, étrangles-toi. Alors, elle se rendit compte que le seigneur était réveillé et il semblait vouloir se débarrasser d'elle.
- Vous ne voulez pas entendre ce que j'ai à vous dire ? Demanda Zelda d'une voix assurée même si intérieurement elle tremblait de peur.
Elle vit le seigneur se redresser rapidement de son lit et la fixer avec surprise. Elle sourit et haussa un sourcil en voyant qu'il l'observait de haut en bas. Elle entendit alors des bruits de pas précipité dans le couloir se diriger vers eux. Elle devait se dépêcher.
- J'aimerais vous parler seul à seul, continua la princesse d'une voix qu'elle souhaitait langoureuse.
Elle s'approcha de lui et lui empoignant délicatement le menton, le forçant à la regarder dans les yeux.
- Bien entendu, c'est vous qui choisissez, murmura-t-elle.
Les personnes s'arrêtèrent dans le couloir et semblèrent se poster devant la porte. Elle put déterminer qu'il était trois. Le seigneur ne lui faisait pas tout à fait confiance.
- Que me vaut l'honneur de cette visite si tôt ? Demanda l'homme.
Elle libéra le menton de l'homme en face d'elle et regarda ses yeux d'un bleu presque noir à la lueur du feu. Il portait une longue chemise de nuit noire et ses cheveux mi-longs, eux aussi d'un noir de jais, tombaient de chaque côté de son visage sans la moindre vague.
- Un jour, commença Zelda, vous m'avez fait une agréable proposition. Ma visite aujourd'hui est pour m'informer si cette offre tient toujours.
Elle vit le regard d'Aghanim tomber sur son décolleté et elle jura intérieurement de ne pas savoir où était ce foutu médaillon. Cependant, elle s'encouragea, car plus tôt il avait tenté de la contrôler, ce qui prouvait que ce bijou n'était pas loin.
- Et quelle était cette proposition ? Demanda le seigneur un sourire naissant à ses lèvres.
Le crétin, pensa-t-elle, il le savait, il ne faisait que jouer avec elle. Elle s'avança de nouveau vers son visage, frôlant leurs joues quand elle alla lui murmurer à l'oreille :
- Celle où vous me proposiez d'être votre femme, où vous me promettiez d'être la plus belle et la plus gâtée des reines.
- Que me vaut ce revirement de situation ?
- Lorsque vous m'avez fait cette demande, dit Zelda en s'éloignant légèrement, je n'étais pas en état de comprendre. Je suis une princesse, et ce que toute princesse veut c'est le confort, le luxe et surtout un haut statut.
Elle se demanda si elle n'avait pas exagéré dans ses mensonges, mais le seigneur souriait toujours et la regardait avec une lueur dans les yeux.
- De mon côté, je m'engage à vous fournir la clé manquante de la Triforce, si bien entendu vous acceptez que nous gouvernions ensemble, continua Zelda.
Elle sentit qu'Aghanim tentait à nouveau de prendre le contrôle sur elle.
- Ma proposition tient toujours, répondit le seigneur. Nous pourrions même sceller le pacte immédiatement.
Elle entendit la voix dans sa tête qui lui répétait sans cesse donnez-vous à moi. Elle avait toujours le sourire aux lèvres mais son cerveau cherchait un moyen de trouver le bijou qui contrôle au plus vite. Les mains de son ennemi empoignèrent ses avant-bras doucement. Il se mit à les caresser, remontant lentement vers ses épaules. D'un coup sec, il l'a tira et elle tombant de tout son long sur le corps chaud de cet homme. Elle sentit une bosse au niveau de sa poitrine ainsi qu'une grande concentration de magie. Elle eut envie de pleurer de joie en devinant le fameux médaillon sous la toge du seigneur. Celui-ci ne lui laissa pas le temps de réfléchir et l'embrassa fougueusement. Elle répondit à son baiser à contre-cœur en cherchant un moyen d'atteindre son poignard.
- Enlever votre robe, ordonna le seigneur en coupant le baiser.
Elle se releva et se pencha lentement. Le seigneur la détaillait des yeux et elle décida de jouer le tout pour le tout, sachant qu'elle ne pourrait continuer cette comédie bien longtemps. Elle agrippa son poignard cacher dans sa botte de cuir et d'un geste vif visa la gorge de l'homme en face d'elle. Elle était debout juste sur le côté du lit quand elle vit le seigneur s'effondrer lentement sur ses couvertures tâchées de son sang. Quelque chose se produisit alors. Une énorme plainte s'échappa tout autour de la jeune femme. On aurait dit des cris de rage de plusieurs animaux. Ce qui était étrange, c'est que tous ces bruits étaient lointains et tout près à la fois. Regardant derrière elle, Zelda entendit les cris de trois créatures distinctes dans le corridor qui se mirent à donner de grands coups sur la porte. Une masse chaude lui empoigna soudainement le haut du bras et dans un sursaut, la jeune femme se retourna vers le sorcier qui avait agrippé son épaule droite à l'aide de sa main. Elle réussit à se libérer facilement, mais sentit une chaleur douloureuse se répondre là où il l'avait tenu. Elle se recula sur le mur et regarda son épaule dont la cicatrice noire en forme de triangle semblait vouloir se répandre comme un pot d'encre que l'on échappe sur une feuille. Cependant les bruits dans le couloir se firent plus violent et elle courut vers le seigneur. Coupant sa chemise à l'aide de son poignard, elle vit le bijou qui était une perle ronde noire retenue par une chaîne autour du coup de l'homme. Elle prit le collier dans ses mains, mais le relâcha aussitôt tant la présence de magie noire dans cette petite chose lui brûla la peau. Elle jura en se disant qu'elle devait le détruire, ce qui lui coûterait une grande quantité de magie. Elle se concentra et réunissant ses mains ensemble, elle forma une petite boule d'un blanc éclatant. Elle dirigea cette lumière pure vers le collier qui sembla trembler devant cette luminosité. Lorsque sa magie entra en contact avec le bijou, elle se sentit vider de son énergie et au même moment, le collier éclata en milles morceaux. Elle s'éloigna de cette déflagration quand trois laides créatures pénétrèrent dans la chambre. On aurait dit un mélange de porc et d'humain. La jeune femme ne prit pas le temps d'élaborer son observation et courut vers le balcon. Elle écarta les rideaux d'un geste vif et sauta par-dessus la balustrade. Elle se sentit tomber dans le vide à peine quelques instants et se retrouva dans l'eau du fossé qui faisait le tour du château. La jeune femme tremblait en se dirigeant vers le rivage. Elle ne pouvait plus utiliser sa magie sous peine de s'évanouir. De plus, elle était en robe et avait pour seule arme un poignard. Se levant debout, elle vit le chaos qu'elle avait semé en tuant le seigneur. Tous les gardes et les soldats qu'elle avait croisé étaient devenus ces métis porcs-humains qui geignaient et grognaient à vous rendre sourd. Elle se cacha derrière un pilastre et vérifia son épaule droite qui était de plus en plus douloureuse. Aghanim lui avait jeté un sort juste avant de mourir. Cette marque, qu'il avait apposé sur son épaule lorsqu'il l'avait torturé, semblait dégager quelque chose de maléfique depuis que ce seigneur l'avait touché. Lentement, la masse noire se répondait sur sa peau, agrandissant la douleur qu'elle éprouvait.
Elle regarda le ciel à l'est qui s'éclaircissait lentement éclairant la plaine au loin ainsi que le village endormi. Une boule apparue dans son champ de vision et, faisant une courbe parfaite dans le ciel, la princesse vit la masse s'écraser sur les hauts remparts qui protégeaient le château ainsi que la ville. Un grand fracas se produisit à l'impact. Les guerriers du seigneur répondirent en grognant à ce bruit tapageur et la jeune femme se cacha derrière la colonne. Pour Link et les rebelles, songea Zelda, la guerre venait de commencer.
35
Zelda avait réussi à s'enfuir du château et à atteindre la ville sans se faire remarquer, mais arrivé à celle-ci, l'armée c'était alors mobilisé. Les hommes porcs, malgré l'absence de leur ancien maître ne semblaient pas vouloir abandonner la ville à leurs assaillants. Ils attaquaient maintenant tous ceux qui étaient différents d'eux. Les civils n'avaient d'autres choix que de fuir et de s'abriter dans leurs maisons en espérant ne pas attirer l'attention de ses créatures furieuses. La princesse tentait d'atteindre l'égout pour sortir de cette de ville lorsqu'elle entendit quelques soldats marcher dans la ruelle où elle se cachait. Elle se glissa à l'ombre d'un porche d'une petite maison et souhaita que la faible clarté du jour empêche les soldats de la voir. Presque toute sa magie avait été utilisée contre le seigneur et sa blessure au bras l'handicapait dans ses mouvements. Soudain, la porte s'ouvrit derrière elle. Elle sentit une main se plaquer sur sa bouche tandis qu'une autre l'empoignait par la taille et la tirait vers l'arrière. Elle se retrouva dans une pièce de séjour où plusieurs hommes s'étaient levés et pointaient des armes vers elle.
- Sont-il partis ? Chuchota l'un d'entre eux.
- Oui, ils viennent de tourner le coin de la rue, répondit celui qui tenait Zelda. Vous n'êtes pas blessée madame ?
La jeune femme regarda sa robe humide d'eau et de sang avec dégoût.
- Non, ce n'est pas mon sang, répondit-elle.
- Mais qu'est-ce qu'ils foutent bon sang, dit un homme en rengainant son épée. C'est quoi ses créatures ?
- Je n'arrête pas de vous le répéter, dit de nouveau l'homme qui avait libéré Zelda de sa poigne. Ce sont les soldats du seigneur, je les ai vu se transformé sous mes yeux en ses drôles d'hommes porcs !
- José a raison, j'étais là, j'ai tout vu ! Dit un autre.
Un fracas énorme se fit entendre tout près et la princesse sentit les murs tremblés autour d'elle. Au même moment, un jeune homme descendit de l'étage par les escaliers au fond de la pièce. Il tenait son avant-bras droit de son autre main, mais l'on voyait du sang s'égoutter entre ses doigts.
- C'est l'armée des rebelles ! Dit le nouveau venu d'une voix essoufflée. De ce que j'ai pu voir, ils ont une énorme machine qui lance des pierres. Ils tentent de faire une brèche dans les remparts.
- Marc, tu es blessé, va te faire soigner par les femmes dans le sous-sol et tu nous conteras ce que tu as vu avec plus de détail ensuite, dit l'homme qui surveillait l'entrée. Amène, cette femme avec toi.
Zelda sentit que l'homme la poussait dans le dos et elle suivit celui qui s'appelait Marc. Ils descendirent des escaliers et arrivèrent dans une pièce avec un plafond bas, où plusieurs femmes et enfants se cachaient.
- Nom d'un chien, Marc ! Dit une vieille dame en s'avançant. Je t'avais dit de faire demi-tour si c'était dangereux ! Va voir ta mère qu'elle te soigne cela.
La vieille dame se retourna vers Zelda.
- Vous êtes dans un plus sal état que mon petit-fils, dit-elle en jetant un regard à sa robe.
- Ne vous en faites pas, je ne suis pas blessée, dit Zelda en respirant difficilement.
Ce n'était pas la vérité, cette blessure à l'épaule lui faisait horriblement mal à présent. Elle vit la dame l'observé quelques instants et celle-ci, lui prenant le bras, la guida entre les gens assis sur des bancs jusqu'à une petite chambre à part. De là, elle vit que le dénommé Marc se faisait soigner par femme d'âge mûr. La vieille dame qui la guidait, ouvrit un coffre et en sortit un pantalon noir, un gilet de couleur grise ainsi qu'une ceinture.
- Changez-vous mademoiselle, dit simplement la dame en lui pointant un coin caché par des panneaux.
Zelda ne se fit pas prier et une fois cachée, enleva sa robe souillée et enfila le pantalon et le gilet un peu trop grand. Elle retroussa sa manche droite et regarda la substance noire qui s'étalait maintenant jusqu'à son coude. Elle avait aussi recouvert son épaule et essayant de toucher avec son autre main, elle sentit une chaleur incroyable se dégager de son bras. Si ça continuait ainsi, elle avait peur de ne plus pouvoir l'utiliser. La vieille femme ainsi que celle d'âge mûr qui soignait l'homme appeler Marc arrivèrent soudain derrière les panneaux où était la princesse.
- Bonjour, dit la plus jeune des deux arrivantes, je m'appelle Ella et voici ma mère Granne. Je viens voir votre blessure au bras.
La douleur épuisait Zelda et elle se laissa tâter pendant que l'autre l'observait méticuleusement.
- Qui êtes-vous jeune fille ? Demanda la dénommé Granne. Votre visage me dit quelque chose, mais je n'arrive pas à vous replacer…
- Ce n'est pas une blessure ordinaire, coupa l'autre femme, regarde Maman, on voit le symbole de la Triforce ici, mais on dirait qu'il s'étale sur tout le bras…et ça dégage une telle chaleur.
- Ce n'était jamais arrivé aux autres que le seigneur à torturer, dit la vieille. Attend.
La vieille dame cria le nom de Marc et Zelda entendit l'homme s'approcher.
- Ta cicatrice a t-elle changé ? Demanda-t-elle.
Les femmes entendirent un bruit de tissus et jeune homme dit :
- Non, pourquoi ?
Les deux femmes se retournèrent alors vers la princesse qui sentit leurs regards persistants. Zelda prit une grande inspiration et dit :
- Je fais partie des rebelles. Ils avaient prévu attaquer ce matin et mon rôle était de neutraliser le seigneur…
- Neutraliser Aghanim ? Dit Ella. Il ne laisse personne l'approcher et ceux qui y arrivent finissent par se poignarder ou s'étrangler.
- Le seigneur n'avait aucun contrôle sur moi, dit Zelda dans un souffle en sentant la douleur de son bras s'accentuer.
- Attendez, j'ai une crème qui va pouvoir vous soulager, dit soudain Ella en sortant de l'endroit.
- Personne n'arrivait à surpasser la magie d'Aghanim, dit Granne en réfléchissant. Seule la princesse aurait pu y arriver, mais elle a dis…
- Tenez, coupa Ella de retour avec un petit pot, je vais vous en mettre un peu, ça va vous soulager.
Zelda sentit la substance froide sur son bras dont la douleur diminua légèrement. Elle retourna sa tête vers la vieille dame qui l'observait avec un air de surprise la bouche légèrement entre-ouverte.
- Maman, arrête, tu vas avaler une mouche sinon, dit Ella.
- Votre visage, dit Granne lentement, vous êtes la princesse Zelda !
Les deux femmes observaient la plus jeune d'un air surpris.
- En fait, oui c'est moi, répondit la concernée. On m'avait enfermé dans une des prisons.
- Bon sang ! S'exclama le jeune homme appelé Marc qui avait passé sa tête à côté d'un panneau.
Zelda replaça rapidement son gilet en voyant tous ses regards sur elle.
- Le seigneur, avez-vous réussi ? Demanda Ella d'une voix excité. À le neutraliser ?
- Oui, dit Zelda dans un sourire, il a trépassé avant le levé du jour.
- Je dois dire ça aux autres, dit Marc en sortant de la pièce.
- C'est lui qui vous a fait ça, dit Granne en pointant son bras caché par le gilet gris.
- Oui, répondit la princesse. Et le détruire, lui et son pouvoir, a pris toute ma magie, je ne peux rien faire pour cette blessure.
Elles entendirent des pas précipités entrer dans la pièce et elles sortirent de derrière les panneaux qui les cachaient pour voir cinq nouveaux venus. L'un d'eux, celui qui l'avait fait entrer dans cette maison s'avança vers la princesse lui agrippant doucement l'avant-bras.
- Qu'est-ce que ça veut dire ? Dit-il en la lâchant aussitôt. Votre bras est brûlant !
- Le seigneur lui a jeté un sort avant de mourir, répondit Granne.
- Avant de mourir dis-tu ? Continua l'homme. Qu'est-ce qui te prouve que c'est la princesse et qu'en plus elle a tué ce seigneur ?
- Franchement, dit Ella, t'en vois beaucoup toi, des belles femmes se trimballer avec une robe qui vaut plus cher que tous tes biens et qui plus est, ensanglanté ?
- Je ne vois pas la robe.
- Ce n'est pas important, coupa Granne, regardez la bien, nous sommes pour la plus part des habitants de cette ville depuis toujours. Vous ne trouvez pas qu'elle ressemble énormément à la princesse ?
Sept paires de yeux fixèrent la princesse en la détaillant des pieds à la tête. Elle les regarda tous un par un. Sans qu'elle le sache, elle avait adopté son regard de circonstances ainsi que son maintien de reine que son père lui avait appris, il y a longtemps.
- Qu'est-ce que je vous disais, dit Granne d'un air satisfait.
- On croyait qu'elle était morte sous la torture, dit un homme.
- Non, on disait qu'elle était gardée captive dans une prison, dit un autre.
- On en aurait entendu parlé, une princesse ça ne se cache pas facilement.
- En fait, le seigneur m'a gardé captive dans une de ces prisons jusqu'à récemment, expliqua Zelda. Les rebelles m'ont trouvé, mais ils ont caché mon identité jusqu'à ce que je puisse attaquer Aghanim.
Ce n'était pas tout à faite la vérité, mais elle ne pouvait se permettre d'entrer dans les détails, surtout concernant son amnésie.
- Vous avez le droit de ne pas me croire, continua la jeune femme, mais j'étais ici pour empêcher le seigneur de prendre le contrôle sur les gens. Pour que l'armée des rebelles puissent attaquer sans encombre. Cependant, quand j'ai tué le seigneur, il s'est passé quelque chose. Je crois que c'est à ce moment que toute son armé a pris cette forme.
- C'est la forme qu'ils prennent lorsqu'ils meurent, dit l'un des gens.
- Si ce que vous dites est vrai, dit soudain l'homme appelé José, nous sommes au prise avec une armée de démons sans chef.
Il y eut soudain un tremblement qui résonna dans la cave, faisant tomber la poussière des murs. Les rebelles venaient de lancer une nouvelle pierre sur le rempart.
- Et ils n'ont pas l'air de vouloir abandonner la ville, continua l'homme.
- José, dès que les rebelles auront réussi à entrer, vous pourrez combattre à leur côté, dit Granne.
- C'est le problème, dit Marc en s'avançant. Lorsque j'ai observé leur catapulte, j'ai remarqué qu'il n'avait que vingt pierres pour lancer sur le rempart.
- Et d'après là description que tu m'en as fait, ils leurs en faudrait plus, coupa José. Alors, les rebelles ne réussiront même pas à entrer.
- Qu'est-ce qui vous dit qu'ils vont en manquer ? Demanda Zelda.
- Ces derniers mois, répondit José, le seigneur a renforci le rempart en rajoutant un mur de un pied d'épaisseur.
Ils ne devaient pas savoir, surtout si tout c'était passé à l'intérieur.
- Quel moyen reste-t-il pour entrer dans la ville alors ? Demanda la princesse.
- Le pont-levis, répondirent-ils.
Il ne lui restait pas beaucoup de magie, mais elle devait abaisser ce pont-levis coûte que coûte. Elle essaierait de se cacher avant de s'évanouir, ce qu'elle était sûre de faire si elle réutilisait sa magie.
- Je vais y aller, dit Zelda, en contournant les hommes.
- Nous ne pouvons pas vous laissez faire ça, dit José en l'arrêtant, c'est beaucoup trop dangereux.
- Il me reste un peu de magie, répondit Zelda. Je trouverai un moyen.
Elle passa à côté des hommes et monta les escaliers qui menaient au rez-de-chaussée.
- Attendez, dit José qui l'avait suivi, je vais venir avec vous.
Zelda observa celui qui venait de parler. C'était un grand homme légèrement corpulent. Ses cheveux étaient très court et d'un brun grisonnant. Il avait une moustache et de petits yeux noirs. D'autres hommes arrivèrent derrière et proposèrent leurs aides.
- Pour les rebelles, dit José, nous avons toujours eux l'air de gens lâche qui ne voulaient pas se battre contre le seigneur. Toutefois, il faut comprendre que beaucoup d'entre-nous ont été torturé et porte cette marque, la triforce noire, sur l'épaule. Les rebelles, dès qu'ils voient l'un d'entre-nous avec cette marque, nous prennent pour des traîtres. Quand vous souffrez sous les tortures, quand on vous menace de faire de même avec vos enfants, je dois dire, qu'on acceptait de suivre le seigneur, peu importe ces conditions.
La princesse ne pouvait que le croire, surtout lorsqu'elle se souvint lors de son arrivé chez les rebelles. La manière qu'ils l'avaient traité juste en voyant la triforce sur son bras.
- Le seigneur n'est plus une menace, mais il reste son armée, dit Zelda. Si vous voulez m'aider, j'accepterai avec joie.
- D'accord, dit José avec un sourire, suivez-moi.
36
Ils étaient une douzaine. Dix hommes et deux femmes, la princesse compris. Ils se faufilèrent entre les maisons, se cachant des hommes porcs et se dirigeant vers l'entrée de la ville.
- On ne peut aller plus loin sans se faire remarquer, dit un homme en rejoignant le groupe qui attendait. Ils ont des archers tout le long du rempart ainsi qu'une bonne partie de l'armée.
- La maison la plus proche, était-elle vide ? Demanda José.
- Je n'en suis pas sûr, mais je n'ai vu personne, répondit l'éclaireur.
- On y va alors, surveiller bien autour de vous.
Le petit groupe empruntèrent une rue très étroite et quand ils se retrouvèrent au bout, entrèrent dans la dernière maison le plus discrètement possible. C'était une petite maison, et leur présence suffit à emplir l'espace.
- Venez, dit José en s'adressant à la princesse.
Ils se dirigèrent vers une petite fenêtre qui donnait une vue sur l'entrée d'Hyrule. Ils étaient légèrement en retrait du pont-levis vers la gauche.
- Vous les voyez, murmura José, les deux mécanismes pour ouvrir la porte se situe de chaque côté. Si on retire la tige de métal, les chaînes se dérouleront d'elle-même.
Zelda regarda le mécanisme. On avait enroulé les chaînes qui soutenaient le pont autour d'une sorte de tonneau qui était surélevé avec des trépieds. De chaque côté de ce baril, deux grandes barres de bois dépassaient. Pour éviter que le pont ne tombe si les chaînes se déroulaient, on avait inséré une large tige d'acier qui passaient entre un des gros anneaux de la chaîne et se fichait profondément dans le mur de pierre.
- Il faut deux hommes de chaque côté du tonneau, pour réussir à lever le pont, continua José. C'est-à-dire huit pour les deux chaînes à enrouler. Cependant, si on enlève seulement les tiges de métal qui bloque les chaînes, le pont va s'écraser. L'idéal serait qu'il se brise, l'armée ne pourra pas le réutiliser et refermer la porte. Toutefois, on a besoin de tirer sur les chaînes pour retirer la tige de sécurité donc, les hommes sont nécessaires.
La princesse regarda autour. En haut sur les remparts, des archers attendaient que les rebelles soient assez près pour tirer. En bas, d'autres créatures marchaient de long en large patientant le temps qu'il y ait de l'action. Il y en avait toutefois trop pour leur petit nombre. Jouer le tout pour le tout, songea la princesse.
- Si je crée un bouclier pour vous protéger, commença la princesse, combien de temps vous faudra-t-il pour baisser ce pont ?
- Dans le meilleur des mondes, enlever ces tiges ne prendrait que deux minutes, répondit José. Mais l'armée va se dépêcher de nous courir après et nous tuer.
Après avoir fait tombé le pont-levis, ils ne pouvaient décemment pas retourner à la ville. Poursuivit par l'armée, ils mettraient leurs proches en danger. S'enfuir à l'extérieur, songea la jeune femme. Créer un bouclier n'était pas le plus dur des tours de magie, mais arriverait-elle à résister assez longtemps ? Surtout s'il devait traverser le champ à la course pour rejoindre l'armée des rebelles.
- Je crée un bouclier pour vous protéger, dit Zelda. Vous enlever ces chaînes au plus vite et lorsque le pont-levis sera descendu, nous nous échappons par les champs. En souhaitant nous rendre à l'armée des rebelles intacte.
- Vous dites que nous allons être protéger avec votre bouclier ? Demanda José.
- Si, mais il n'y aura pas de temps à perdre.
José se retourna vers les autres qui avaient écouté la conversation.
- Qu'est-ce que vous en pensez ? Demanda l'homme moustachu.
- Ce que j'en pense, c'est que si on ne fait rien, on va rester coincé avec une bande de cochon meurtrier. Avec de la chance on va mourir de faim avant d'être tué, dit un homme.
- Alors, quand est-ce qu'on y va ? Demanda le jeune homme appelé Marc.
Zelda eut un léger sourire en les entendant. Link lui avait raconté que plusieurs gens ne s'étaient pas rebellés contre le seigneur, préférant continuer leur petite vie tranquille en évitant les conflits. Peut-être s'était-il trompé après tout. Il ne fallait qu'un élément déclencheur pour raviver la flamme.
- D'accord, dit Zelda. Tout doit se passer le plus rapidement possible. Nous allons faire deux groupes qui s'occuperont d'enlever les tiges de chaque côté de la porte. Ensuite, nous devons nous enfuir par le champ. Surtout rester le plus près possible les uns des autres, car plus le bouclier est grand, plus il consomme de l'énergie et il va falloir courir un bon cinq cent mètres avant d'être à l'abri des archers.
Ils hochèrent la tête et formèrent deux groupes de cinq hommes. La femme qui les accompagnait, retourna prévenir les autres de cette attaque. Ils attendirent que l'espace où le pont-levis fut libérer des hommes-porcs évitant ainsi tout affrontement inutile et permettant à Zelda de créer un bouclier sans qu'une des créatures ne se retrouve à l'intérieur. Tous s'étaient préparés à sortir au signal et un sentiment d'attente effroyable régnait dans la pièce.
- Maintenant, murmura José.
Les hommes sortirent, suivit de Zelda. Ils se scindèrent en deux groupes distincts, courant vers le pont-levis tout prêt. La princesse suivit le premier groupe et créa un gigantesque bouclier les protégeant. Tout se passa si rapidement que les bruits furent confondus. Les hommes forcèrent sur les chaînes en jurant tandis que les créatures du seigneur criait leur indignation, incapable de percer le bouclier à l'aide de leurs lances et leurs flèches. Le bruit du pont qui s'écrasa sembla sourd à ses oreilles tellement elle était concentrée à garder son bouclier magique effectif. La poussière n'était pas tombée qu'ils s'élancèrent sur les débris du pont en courant, tous suivaient les instructions de la femme en se serrant étroitement. José fermait avec elle la marche et une fois sur l'herbe de la plaine, ils coururent de toute leur force, montant la petite pente qui menait à l'armé des rebelles. Les flèches ricochaient sur le bouclier et les hommes le souffle court, transpiraient à grosse goutte sous le soleil levant. Zelda sentit tous ces membres tremblés et regarda en face d'elle. La catapulte qui envoyait les pierres était si loin.
- Les rebelles nous envoient des renforts ! Cria José en signe d'encouragement.
Il avait raison. Une vingtaine de Goron, créature à la peau aussi dure que la pierre, roulait vers eux en déboulant la pente. Au même instant, Zelda sentit une flèche lui griffé la cheville et se ficher dans l'herbe juste devant elle. Elle trébucha au sol, étendue de tout son long dans l'herbe.
- Courez ! Hurla-telle en se redressant. Il n'y a plus de bouclier !
Les hommes lui obéirent à part José qui se retourna et l'aida à se relever.
- Attention ! Cria la jeune femme en voyant une panoplie de flèche se diriger vers eux.
José se retourna et fit un bouclier de son corps en se mettant devant la princesse. Zelda vit avec horreur les flèches ennemies transpercées l'homme à mainte reprise. Son corps inanimé tomba lourdement sur le sol devant elle. À cet instant précis, elle ne put dire précisément ce qui se passa, si ce n'est que cette rage qui envahi tout son corps. Le cri qui s'échappa de sa bouche lui sembla provenir d'un autre monde. Elle sentit un souffle tourner autour d'elle, ses cheveux virevoltant autour de son visage. Une énergie qui sembla se créer tout au fond de ses entrailles remonta dans ses bras qu'elle leva vers les archers sur les remparts. De ses doigts tendus s'échappa de fines lumières d'un blanc éclatant qui filèrent dans les airs, se dirigeant vers les créatures apeurées. Elle n'eut pas le temps de constater les dégâts de cette attaque car avant de toucher le sol, elle avait déjà sombré dans l'inconscience.
37
Dans son esprit embrumé, un éclair de glace traversa son corps comme une morsure inévitable. Tous ses pores étaient à vif et elle ouvrit ses yeux apeurés. Toutefois, elle n'arrivait pas à deviner ce qui l'entourait. Seulement des formes au contour indécis. Même les couleurs étaient ternes. Elle essaya de prononcer un mot, mais ce ne fut qu'un faible gémissement. On la retira rapidement de cette masse froide pour l'entourer de quelque chose de doux et chaud. Elle se sentit molle et étrangement bien. Ses yeux se fermèrent d'eux-mêmes.
***
Elle se réveilla alors qu'on tentait de lui faire avaler une substance horrible par la bouche. Elle tenta de se débattre mais quelque chose lui retenait les bras. Le liquide froid pénétra dans sa gorge et atteignit sa poitrine douloureuse qui se soulevait à un rythme rapide. Elle sentit des spasmes de douleur lui frappé les poumons. Elle se redressa quand elle sentit qu'on l'a libérait et ouvrit les yeux. Une personne ayant des cheveux blonds était juste devant elle. Sa vue était tellement brouillée, pourquoi n'arrivait-elle pas à voir correctement ? Un bruit de voix parvint à ses oreilles. Un homme. Link. C'était Link ! Elle fit une grimace quand elle sentit une vague de douleur saccager son corps faible. Elle se laissa glisser lentement dans l'inconscience…
***
Le souffle régulier d'une respiration lui chatouillait les cheveux. Était-ce cela qui l'avait réveillé ? Qui pouvait bien dormir aussi près d'une princesse ? Son esprit obscurci ne semblait pouvoir répondre à cette question. D'ailleurs, tout son corps engourdit ne lui criait qu'une chose, se rendormir. Toutefois, elle se concentra sur ce bruit derrière elle. Quelque chose lui échappait. Elle ouvrit lentement les yeux. Même ceux-ci semblaient réticents à faire cet effort. Au-dessus d'elle, il y avait un plafond. Rainuré comme un arbre. Elle tourna la tête et observa une petite bougie qui brûlait dans un coin de la pièce qui lui sembla familière. Bien sûr, songea-t-elle, la maison Kokiri de Link. Elle eut un sourire en songeant à leur baiser. Cependant, ce souvenir en emmena d'autres, la quête contre le seigneur, la fuite dans la ville et la destruction du pont-levis. Que s'était-il passé ? Elle tenta de se lever, ses mains tremblantes s'appuyant sur le coussin où on l'avait installé. Elle était habillée d'une longue chemise et devina sous ses vêtements, des bandages lui entourant tout le bras droit ainsi que sa poitrine. De sa main gauche, elle déplaça légèrement une des bandes mais ne put rien voir, en dessous, se trouvant plusieurs feuilles d'un vert soutenu. Elle se retourna pour voir la personne derrière elle, mais ce mouvement lui fit comprendre à quel point son corps était douloureux. Elle respirait difficilement, souhaitant que cette douleur qui lui vrillait la poitrine et le bras disparaisse au plus vite. Elle sentit qu'on l'agrippait et qu'on la couchait de nouveau sur la couche. Elle ouvrit les yeux et vit le regard inquiet de Link au-dessus d'elle.
- Ne t'assoies pas, pas tout de suite, murmura le jeune homme.
La jeune femme vit qu'il avait un bras en écharpe et s'inquiéta du sort de son royaume. Le fait qu'elle soit dans la forêt n'était pas un bon signe pour elle.
- Link, dit-elle d'une voix plus rauque qu'elle ne l'aurait cru, que s'est-il passé ?
Elle fut soulager quand les lèvres du jeune homme s'étirèrent dans un sourire.
- Tout va bien, dit-il, ton royaume est débarrassé de ce seigneur ainsi que de son armée. Maintenant, garde ton énergie pour toi.
- Je veux savoir…
- Reposes-toi, coupa Link. Tu n'es pas en état…
- Que s'est-il passé, supplia-t-elle.
Elle ouvrit ses yeux humides sur Link qui sembla troubler.
- D'accord, dit Link, mais avant, je dois savoir. Qui t'a jeté ce sort qui se répondait sur ton corps ?
- Répandait ? Murmura la princesse. Vous avez réussi à annuler les effets ?
- Oui, après plusieurs jours.
- Plusieurs jours ? Depuis combien de temps suis-je inconsciente ?
- Une semaine, dit Link.
Il y eut un silence où elle fut sûre de s'endormir de nouveau, mais se forçant elle dit :
- J'ai tué le seigneur, et il m'a jeté ce sort avant de mourir, en touchant le symbole de la Triforce sur mon épaule.
Elle ferma les yeux et se rendit compte à quel point elle avait soif.
- J'ai soif, dit-elle simplement en se redressant de nouveau.
Elle vit Link attraper un bol d'eau sur une petite table et lui tendre. Elle le prit, les mains tremblantes, et le porta à ses lèvres sèches. Le liquide lui fit tellement de bien, qu'elle engloutit tout le contenu.
- Tu en veux encore ? Demanda Link.
- Oui.
Après s'être resservit, elle se sentit beaucoup mieux. Elle était prête à entendre toute l'histoire.
- Tu peux me conter les évènements, dit-elle en s'enroulant sous les couvertures. Je vais bien.
- Tu ne dirais pas ça si tu te souvenais de tout ce qu'on a du te faire subir pour enlever ce sort, déclara le jeune homme.
Elle haussa un sourcil en essayant de se remémorer, mais rien ne lui vint à l'esprit.
- Si vous avez réussi à l'enlever, tout va bien alors, raconte maintenant.
- Ouais…dit Link peu convaincu. Disons qu'en résumé, lorsque nous avons attaqué le château, nous avons eu le problème de ne pas pouvoir entrer…
- Oui, il vous manquait des pierres pour la catapulte, coupa Zelda.
- En fait non, nous avions pensé envoyer des gorons à la place des roches.
La princesse fut prise d'un rire en songeant aux pauvres créatures sympathiques faisant un vol plané pour s'écraser sur le rempart. Elles n'en seraient peut-être pas mortes, mais sonnées, ça oui.
- Cependant, il y en a qui nous un donner un coup de main de l'intérieur…
- J'espère que ça été utile, murmura la princesse.
Elle songea à l'homme qu'elle connaissait à peine, José, qui l'avait protégée sur la plaine alors qu'ils fuyaient les flèches mortelles du seigneur.
- Oui, dit simplement Link. J'ai su que lorsque tu as tué le seigneur, toute son armée a repris cette forme d'hommes porcs. Après ta dernière attaque, il a été très facile pour les rebelles d'entrer dans la ville et d'attaquer ces créatures.
- Ma dernière attaque ? Demanda la princesse ne se souvenant de rien d'autre après la mort volontaire de José.
- Oui, répondit Link. Celle où tu as créé des centaines de petits rayons explosifs. Je suis sûre que les archers ont cru à la fin du monde en voyant ça venir.
Elle était perplexe. Elle ne se souvenait pas être capable d'utiliser une attaque de ce genre.
- J'espère cependant, que tu ne l'utiliseras plus, continua Link. Je ne sais pas si c'est cette magie qui t'a mis dans cet état, mais nous avons tous cru que tu étais morte. Surtout avec cette espèce de truc noir qui se répandait sur ton bras.
- Est-ce que tout le monde va bien ? Demanda la princesse.
- Nous avons tous nos petits bobos, dit Link en levant son bras en écharpe, mais ne t'inquiète pas, la personne la plus blessée en ce moment, c'est toi. Tout le monde va bien. Plusieurs, on reprit leur maison à la ville d'Hyrule, et en ce moment même, on nettoie le château pour le retour de la reine.
- Reine ?
- Je crois bien que oui, dit Link mal à l'aise.
- Tu me caches quelque chose.
Pour devenir reine, elle devait prendre époux. Sinon, elle restait princesse, même si toutes les responsabilités de la gouverne du royaume lui incombaient à elle.
- Vos avez modifié une loi pour ça ? Ou bien j'ai un fiancé qui m'attend ? Dit la jeune femme en riant.
Elle sut qu'il y avait anguille sous roche lorsque Link évita son regard. Modifié une loi n'aurait pas mis l'homme en face d'elle aussi mal à l'aise. Ce qui voulait dire, la deuxième éventualité…
- Qui ? Demanda la princesse en cherchant le visage de tous les anciens prétendants qu'elle avait eus par le passé.
- En fait, commença Link en riant nerveusement, c'est moi.
Il finit sa phrase dans un murmure à peine audible. Elle fut prise d'un fou rire qu'elle mit sur le dos de la fatigue. Toutefois, l'homme resta sérieux, attendant qu'elle se calme.
- C'est sérieux alors…commença Zelda. Qui a prit cette décision ? Toi ?
- Je n'ai pas décidé non, répondit Link le ton légèrement dure. Te souviens-tu, lorsque nous cherchions les ingrédients pour te redonner la mémoire ?
- Oui, mais quel est le lien ?
- Nous nous sommes arrêtés chez les zoras, et lorsque j'ai dû expliquer ta présence à mes côtés, j'ai répondu que nous allions nous marier. Remémores-toi ce que tu as riposté lorsque Ruto a demandé quand nous allions nous marier.
- À la prochaine éclipse solaire, murmura Zelda qui se souvenait de cette rencontre.
- Et ce n'est pas dans deux siècles, dit Link.
Elle leva un regard interrogateur sur l'homme qui semblait retenir son fou rire.
- Tu te trouves drôle peut-être ? Dit Zelda d'un ton excédé. Tu aurais pu leur expliquer !
- Pourquoi ?
Elle fut surprise de l'entendre posé une telle question.
- Étant donné que je t'ai sauvé la vie plusieurs fois, débita Link d'un ton neutre, que j'ai sacrifié mon temps pour te servir et quand plus j'ai du prendre mon bain avec toi dans une eau gelée pour faire descendre ta fièvre…
Zelda se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux en entendant cela.
- …et de plus, tu as merveilleusement répondu à mon baiser, donc je n'ai pas pu contredire cette rumeur, termina Link les joues légèrement rouges.
Le souvenir du baiser la rendit encore plus gênée qu'elle ne l'était déjà. Avait-elle commis une bévue en répondant à son baiser comme elle l'avait fait ? C'était sur le coup d'émotion contradictoire. Cette révélation que Link lui avait faite en l'embrassant et ce combat contre le seigneur qui approchait.
- Je vois le doute dans tes yeux, dit soudain Link. Nous allons faire un test d'accord ? Et si après ce test, tu ne penses pas la même chose que moi, je m'occupe de régler le problème du mariage.
- Que comptes-tu faire ? Demanda-t-elle perplexe.
Il s'agenouilla tout près d'elle, son visage à quelques centimètres du sien. De sa main valide, il toucha sa joue délicatement. Il approcha son visage du sien et lui effleura les lèvres comme une caresse. Il s'éloigna alors lentement d'elle et la regarda dans les yeux.
- À quoi penses-tu, demanda-t-il.
- Toi ?
- À continuer.
Elle regarda ses yeux bleus et devina dans la pénombre de la pièce tout l'amour qu'il portait pour elle. Elle était impressionnée et attendrie de savoir que cette émotion n'était que pour elle. Et il l'avait caché durant des années ! Elle se pencha alors et murmura :
- D'accord, continuons.
