Hey ! Comment allez-vous ? J'espère que votre rentrée se passe bien en tout cas, bon courage à tous, car c'est dur la reprise... Pour ma part, je me retrouve vraiment trop occupée par cette rentrée en 1èreS, si bien que j'ai beaucoup d'inspiration pour les chapitres à venir, mais peu de temps pour les écrire (sans compter que je suis malade haha, bonheur).
En tout cas, merci pour vos adorables reviews ! Elles sont toujours aussi agréables à recevoir, et source d'inspiration également quand je peux savoir ce que vous voudriez voir !
Dans ce chapitre de transition, on s'avance peu à peu vers l'arc "Álfheim" de cette fiction, qui sera vraiment centré sur le trio Thor/Loki/Freyr, entre les relations particulières de nos deux sorciers et celle houleuse mais pourtant coopérative du Roi Traître et de notre digne fils d'Odin.
Bonne lecture ! :)
Chapitre 9 : Vers un nouveau départ
Trois jours plus tard, ce fut avec une enveloppe posée sur le front que se réveilla le dieu du Tonnerre. Intrigué, il la saisit en se redressant sur ses coudes, appuyant son dos sur la tête de lit. Il laissa échapper un petit soupir fatigué, pourtant, toute lassitude s'évapora quand il lut sur le papier son nom, écrit de la police la plus fine de son frère. Depuis leur dispute concernant Freyr et la décision définitive de Loki, aucun des deux n'avait ni abordé à nouveau le sujet ni réellement parlé à l'autre. Thor jugeait que les jeux étaient faits, que Loki avait choisi, même s'il était dur d'admettre à quel point il l'avait fait vite, sans même sembler porter attention à ce qu'il s'apprêtait à accepter et à laisser derrière lui.
Ce n'était pas seulement une pointe de jalousie que Thor ressentait, mais bien la plus poignante déception et l'inévitable impression d'échec. Si Loki et lui s'étaient mieux entendus, s'ils avaient pu au moins réparer les erreurs et tirer un trait sur le passé, et s'il avait réellement voulu entendre ses propos, alors ils n'en seraient pas là. Loki avait besoin d'écoute, de conseils, et s'il avait été plus conscient de cela, alors il aurait mieux agi à son égard et n'aurait pas dénigré Freyr selon ses propres ressentis. Car Loki avait probablement, au fond de lui, déjà pris une décision : il n'avait pas voulu que Thor le dissuade, mais qu'il le rassure, et qu'il accepte son départ. Et tout ce qu'avait fait l'aîné avait été de le gronder sur son irresponsabilité, de le faire douter en le poussant involontairement à envoyer plus rapidement une réponse au roi d'Álfheim juste pour prouver – que ce soit à Thor ou à lui-même – qu'il serait capable de supporter ce choix. Il aurait dû l'avertir tout en le soutenant, non en le troublant encore plus devant son dilemme. Thor l'avait mis dans une impasse. Il ne pouvait pas contrôler les décisions de Loki, mais il aurait dû les rendre plus simples à prendre pour lui.
Et maintenant qu'il tenait entre ses doigts un message de la part de son frère, Thor se sentait d'autant plus mal. Néanmoins, quand il saisit le contenu de l'enveloppe, il n'y trouva qu'un papier glacé qui semblait être celui d'une photographie et un simple mot qui y était joint.
Sa surprise fut plus grande encore lorsqu'il reconnut la photo de Jane, la seule et l'unique qu'il restait d'elle.
« A la fin de ce périple-ci, tu la mérites amplement. La disparition de Jane n'est et ne doit pas être une fin pour toi, fils d'Odin. », avait écrit son frère, avant de signer sans plus de précisions.
Thor sourit. Cette brièveté et ces mots attentivement choisis étaient typiques de son frère. Mais ses compliments étaient si rares, tant appréciés par Thor qui les savait sincères, qu'il ne remarqua pas tout de suite l'allusion qu'avait faite Loki en l'appelant par son lignage. Ce ne fut qu'au moment de se parer de son armure pour la réunion qui aurait lieu en compagnie de son cadet, de sa mère, de son père et de Freyr, en observant la cicatrice maintenant noire du lien inactif sur son poignet, qu'il fronça les sourcils et reprit brusquement le message ; il comprit un tout autre sens à ces mots patiemment écrits alors que ses yeux se posaient sur la dernière phrase de Loki.
« Tu seras un bon roi. »
~oOOoooOOo~
Les deux frères furent revenus au palais royal quelques heures plus tard. Thor avait chevauché à l'avant, guidant les quelques Einherjars et Sif qui les accompagnaient, tandis que Loki avait préféré rester en retrait, perdu dans ses pensées, si bien qu'aucun mot ne fut échangé entre eux. Quand ils pénétrèrent tous deux dans la Chambre du Conseil, ce fut pour trouver Odin, Frigga et Freyr, assis seuls à la même table. Loki haussa un sourcil à cette vision, surpris de se retrouver face à une réunion aussi… restreinte.
– J'ai simplement suggéré de ne pas surcharger l'assemblée inutilement, expliqua Freyr lorsque Thor posa la question avant Loki. Quoi de mieux qu'une ambiance un peu plus familiale, prince Thor ?
La voix plaisamment suave du Vane ne fut pas suffisante pour retenir le sifflement agacé du blond.
– Familiale ? Grogna le guerrier. Je ne vois en toi aucune espèce de lien familial.
– Certes, répondit le second sans se démonter, parfaitement calme. Pourtant, je connais mieux que toute autre aile cette partie du palais, la vôtre, donc je me souviens bien qu'il serait particulièrement malvenu de te demander moi-même de t'asseoir à ta propre table, sourit le roi. Venons-en au fait, mon prince.
Thor prit place de mauvaise grâce, peu après Loki qui n'avait pas vraiment pris à cœur la querelle, habituelle selon lui. Et puis, commencer à défendre l'un des deux partis en étant le sujet principal de cette réunion était tout sauf une bonne idée.
En revanche, il ne manqua pas de plisser les yeux d'amusement en détaillant le Vane, seul contre tous, qui avait haussé un sourcil de là où il était, entouré par la famille royale. C'était une situation peu agréable, et l'étincelle qui brillait au sein des yeux azurs de Freyr ne manquait pas de le dire. Finalement, la parole lui fut donnée silencieusement par le Père et la Mère de toute chose, auxquels il accorda un bref hochement de tête.
– Avant de nous plonger dans des débats sans fin, comme je n'ai pu m'entretenir plus tôt avec Loki, et qu'avoir un régent incertain de ces décisions ne m'enchanterais pas… Pourrais-je connaître les raisons de tellement d'empressement ?
Et sur ces paroles, il sortit la missive envoyée par Loki quelques jours plus tôt pour accepter sa proposition. Il l'agita légèrement en continuant :
– C'est avec une police un peu précipitée pour toi que tu m'as envoyé cette réponse, murmura le Vane. Je ne remets pas en cause la valeur de ta décision, mais soyons honnêtes entre nous, demanda-t-il.
Loki fronça les sourcils, perplexe quant à cette confrontation soudaine qu'engageait l'homme dont il était censé devenir l'allié. Pensait-il ce qu'il disait ? Qu'il avait pris la décision à la légère, sur un coup de tête – non pas que ce soit faux – et qu'il n'honorerait pas leur contrat ?
– J'ai posément réfléchi à ma décision avant de te la donner, répondit clairement Loki, imperturbable. Tu n'as aucune raison de douter de mes mots, bien que tu le puisses avec les raisons que tu nous exposes.
Pourtant, contrairement à ce que pensait Loki, le Vane continua, inquisiteur :
– Puis-je alors connaître la situation qui justifie l'envoi d'une missive rédigée aussi promptement ?
Le dieu de la Malice se trouva de plus en plus intrigué, ne comprenant pas la presque… agressivité de Freyr.
Soudain, son souffle se coinça dans sa gorge. Cette pensée venait de l'éclairer alors que l'actuel aspect froid de son mentor lui sautait aux yeux : Freyr ne pouvait se montrer coopératif avec lui. Thor et Frigga craignaient une première chose, qu'il soit manipulé par le Vane, tandis qu'Odin en croyait une seconde, que Freyr et lui soient complices et concentrent leurs forces sur lui. Se montrer plus distants l'un envers l'autre serait donc la meilleure solution, peu surprenante aux yeux de sa famille puisqu'ils connaissaient le Vane et le savait toujours très pointilleux et méfiant.
– Je m'étais disputé avec Thor en lui annonçant mon choix définitif, expliqua brièvement le brun. J'étais juste en colère au moment de te répondre.
C'était un mensonge, car il n'avait pris sa décision qu'en ayant ce différend avec le dieu du Tonnerre, et tout ce qu'il pouvait espérer de la part de son aîné était de ne pas le contredire. Mais à sa gauche, Thor ne frissonna même pas et hocha doucement la tête. Reconnaissant, Loki entrechoqua juste leurs deux genoux, geste invisible aux autres qu'il avait pris l'habitude de faire tandis qu'ils étaient plus jeunes, lors des réunions du Conseil auxquelles ils avaient toujours été assis côte à côte selon leur rang de princes. Il sentit Thor rendre l'attention, et le plus jeune dut retenir un sourire fugace aux souvenirs complices qui lui revenaient.
Freyr sourit avec amusement.
– Bien, dit-il seulement en prenant une longue inspiration, posant ses coudes droits sur la table en entrelaçant ses doigts devant ses lèvres. Venons-en donc aux modalités, je suppose.
Odin prit la parole, exposant ses différentes exigences, parfois négociées, parfois refusées dans ce qui se muait alors en un climat de tensions sous-jacentes, endormies, et parfois directement acceptées, calmant ainsi la petit assemblée, et ce pendant plusieurs heures jusqu'à la fin de l'entrevue, lorsque la future régence et la libération totale des pouvoirs de Loki furent acceptés.
~oOOoooOOo~
– Prince des foudres, murmura la voix familière du seul homme qui aurait pu avoir l'idée de le nommer ainsi*, faisant Thor se retourner.
Freyr avait un regard attentif et vivant, satisfait de la tournure des événements.
– L'inquiétude te ronge, fit remarquer le Vane. J'en ai déjà touché quelques mots à ton père, mais tu serais bien plus serein une fois sur le trône, coopérant avec ce frère auquel tu tiens tant. Loki serait également plus à l'aise face à toi que face à Odin.
– Peut-être, se braqua sèchement Thor, mais il ne s'agit pas là de ma décision.
– Ce qui doit être fait doit parfois l'être en outrepassant la place qu'on se voit confiée, fils d'Odin. Crois-moi lorsque je te conseille d'insister quelque peu auprès de ton père afin que l'accès à plus de pouvoir te soit autorisé, et ce jusqu'à ton couronnement.
– Et si je n'en faisais rien ?
– Loki n'en serait pas des plus ravis, je présume, répondit calmement Freyr.
– Est-ce une menace ? Siffla le prince. Ne pense pas influencer notre façon de régner par tes mots empoisonnés.
– Je ne vous menace en rien, apaisa le Vane. Nous ne sommes pas si différents, Thor, je refuse de laisser Loki redevenir l'homme qui a ravagé Midgard. Si j'avais pu le faire, j'aurais lutté avec vous pour le raisonner. Il est devenu des plus puissants, mais il est encore marqué par la colère et la peine. L'éloigner d'Asgard est un moyen de lui faire prendre du recul, mais pour autant, il n'accepterait pas d'être complétement coupé de toi ou de votre mère et n'être en contact qu'avec Odin qui risque de profondément raviver la haine entre vous.
Thor observait attentivement le Roi Traître, lui qui n'avait jamais eu connaissance de l'état d'esprit de Freyr par rapport aux diverses trahisons de Loki. Il pouvait à présent mieux s'en faire une idée et semblait ainsi peser les paroles du Vane.
– Pourquoi ne l'éloignes-tu pas simplement de nous, définitivement ? Lâcha finalement le prince. Ne me fais pas croire que ce n'était pas dans tes plans lorsque tu vivais au palais.
Freyr sourit légèrement, son regard ailleurs, paraissant fixer un point qu'il était le seul à voir.
– Manipuler Loki, l'arracher à vous, signifiait sa perte. L'affection qu'il me donnait et me donne toujours, Thor, n'est que celle dont il manque et qu'il attend de toi. Si vous n'aviez pas été séparés par l'âge et la rivalité du trône, il ne s'en serait jamais remis à moi, tandis que si je l'avais forcé à vous trahir, ou à vous quitter, il n'aurait jamais oublié ou comblé votre absence, en particulier la tienne. Je ne suis pas essentiel pour lui alors que tu l'es. Être à mes côtés et que je lui donne ce qu'il souhaite ne sera jamais suffisant, ricana sans conviction le dieu. La jalousie que tu portes au lien que j'ai avec ton frère n'a aucune raison d'être, d'ailleurs.
Le Vane sut avoir perturbé son interlocuteur bien assez quand une lueur de surprise et de légère honte passa dans ses yeux. Mais Thor se reprit parfaitement, rapidement imperturbable, un point important pour son règne futur sur lequel il s'était nettement amélioré au fil des siècles et très récemment. Il répliqua, curieux mais suspicieux à la fois :
– Je ne connais même pas la nature de ce lien, fit-il remarquer, sans toutefois contredire Freyr.
Ce dernier entendit bien la question déguisée sous cette affirmation et sourit, presque avec attendrissement. Il avait toujours eu un faible pour la nature bonne et protectrice de Thor, malgré le fait que le jeune homme le haïsse clairement. Après tout, Thor avait été élevé dans l'idée que Freyr était un ennemi, tandis que le prince de Vanaheim, adulte, avait eu l'occasion de l'observer toute son enfance, et en ressortait sans mépris aucun pour le fils d'Odin.
– Pourquoi ne poses-tu pas la question à…
Freyr s'interrompit, ricanant.
– Il n'a pas voulu t'éclairer, je suppose, corrigea-t-il.
Thor n'eut pas besoin de répondre, son expression éloquente.
– Dans ce cas, si tu veux plus de réponses, peut-être accepterais-tu ma proposition d'accompagner Loki lors de la semaine qu'il doit passer à Álfheim à partir de demain ? Je sais que tu le verras un mois à Asgard après cette semaine-ci, avant qu'il ne prenne définitivement ses fonctions, mais je préfère qu'il ne soit pas seul pour découvrir les tenants et aboutissants de la régence à Álfheim, sans compter que je serai moi-même occupé avec la passation de pouvoir de mon père.
Le prince sembla hésiter, sûrement pour des raisons d'organisation plus que d'envie, car Freyr constatait avec amusement que ses iris bleus brillaient d'une lueur bien particulière d'intérêt.
Loki vint les interrompre finalement et le roi laissa les deux frères à leurs affaires, observant du coin de l'œil l'attitude du prince chaotique, ses mimiques trahissant le fait qu'il était clairement déstabilisé par les changements qui allaient s'opérer maintenant. Il n'était pas malheureux, pensait Freyr, du moins pas complétement. Mais face à Thor, son masque d'argent s'effritait pour un comportement plus troublé et enfantin, plus incertain, et qui demandait silencieusement le soutien de son aîné.
* Prince des foudres : C'est ainsi que Freyr se plait à nommer Thor, mais pourquoi au pluriel ? Il y a deux raisons à cela : la première est le caractère magique de la foudre de Thor, qui dépend – selon ma version – de ses humeurs (souvenez-vous au premier chapitre, Loki touche la pluie pour connaître l'état d'esprit de Thor qui le fait créer un orage). Il n'existe donc pas selon lui une seule foudre, ce qui différencie les expressions de Freyr de celles des Asgardiens qui accordent un peu moins d'importance à ces détails magiques. La seconde raison prend place alors que Freyr vit encore à Asgard près de la famille royale : il y remarque que Thor tient très bien l'alcool. Or, « foudre » est un mot qui désigne également de très gros tonneaux contenant de l'alcool. Et on sait tous que Thor rend fier ses ancêtres en se saoulant sans fin, donc c'est une petite blague guerrière entre eux, en somme (oui, parfois ils se sont bien entendus ces deux-là). Il est possible qu'un bonus à ce sujet soit posté après la fin de cette fic.
Voici donc pour le chapitre 9 ! Le prochain sera à Álfheim, en compagnie de notre trio un peu bagarreur... En tout cas, n'hésitez pas à donner votre avis, il est toujours pris en compte ! :D
A bientôt et bisous !
