Coucou à toutes et à tous !
Bon cette semaine je n'ai vraiment pas eu le temps d'écrire avec les partiels et en plus un petit coup de déprime, mais bon il est enfin prêt et tout va bien! Je tiens à vous dire que ce nouveau chapitre est comment dire... un chapitre transitoire. Il nous permettra de passer à une version moins "méchante" de l'histoire pour plus de chapitres romantiques à venir.
Je vous remercie encore à toutes et à tous pour vos reviews/Favs/Follow et/ou de continuer à lire cette histoire ! Merci !
Je vous souhaite une très bonne lecture.
Playlist : Adele – Hometown Glory, Skylar Grey – I Know You ( pour la dernière partie (c'est juste un mon avis))
Maléfice
Synopsis :
Superficiel et trop gâté, Derek, 18 ans, est le garçon le plus populaire de son lycée. Obsédé par son image et sa notoriété, il va s'en prendre à la victime de trop… Pour s'amuser, Derek cherche à humilier Lydia, une fille de son lycée, qui selon la rumeur, est une sorcière. La jeune fille décide de lui donner une bonne leçon et lui jette un sort qui le transforme en un monstre aussi hideux à l'extérieur qu'il l'est à l'intérieur. Victime du maléfice, Derek a un an pour trouver quelqu'un qui puisse l'aimer sincèrement malgré son apparence, sinon il restera un monstre à jamais. Son seul espoir repose sur une personne discrète qu'il n'avait jamais remarquée jusqu'à présent, Stiles.
Chapitre 9 : Une lueur d'espoir
« Rien n'est permanent dans ce monde, pas même nos problèmes » Charlie Chaplin.
Sur le toit de l'immeuble, Derek ne pouvait pas arrêter de se morfondre sur lui-même. Les mots haineux de Stiles le blessaient beaucoup plus qu'il ne l'aurait imaginé. Comment avait-il pu penser un seul instant rompre le maléfice ? Seul dans sa serre, le maudit observait au loin les lumières des réverbères scintillaient dans l'obscurité. Le parfum des roses calmait sa frustration. À quoi bon continuer sur cette voie… Il ne voulait pas tomber amoureux si Stiles n'essayait pas à son tour.
- C'est sans espoir, chuchota Derek.
Le ventre creux et une curiosité sans pareil, Stiles se décida à sortir timidement de sa chambre. Il tourna sa tête de droite à gauche en espérant que personne ne le voit. Il s'aventura dans le couloir jusqu'à descendre de l'étage. Il fut époustouflé par la beauté et la richesse des lieux. Même si son père était le shérif de Beacon Hills, sa famille ne roulait pas sur l'or. Il n'avait jamais eu besoin de vivre avec autant de luxe. Alors est-ce que ce Miguel pouvait-il le comprendre ? Pourquoi lui offrir tout ceci alors qu'ils ne se connaissaient pas ? Stiles était vraiment déstabilisé par tous ces cadeaux hors de prix. Des chaussures, une montre, une Porsche ?! Franchement, pour qui se prenait ce type ? Avait-il du plaisir à lui exposer toutes ses richesses ?
Il en voulait aussi à son père de l'avoir laissé ici. Certes, il avait failli se faire assassiner, mais de là à faire confiance à un inconnu ? Mais au fond, ce fameux Miguel avait fini par lui faire comprendre qu'il ne lui voulait aucun mal. Le fils du shérif se demandait s'il devait redéfinir sa relation avec cet homme. Il avait été un peu dur avec lui. Il l'avait jugé sans même le connaitre…
Après quelques recherches, Stiles finit par enfin trouver la cuisine. Il crevait de faim et son estomac lui faisait bien comprendre et entendre… Quand il entra dans la pièce, il fut surpris de découvrir qu'il n'était pas le seul réveillé cette nuit. Allait-il enfin rencontrer le maitre des lieux ? Comment allait-il réagir en le voyant dans la cuisine alors qu'il avait refusé de manger avec lui ? En plus de cela, il lui avait dit qu'il ne voulait pas être amis et qu'il le haïssait…
Le garçon s'approcha doucement, puis il se présenta :
- Bonsoir, je m'appelle Stiles.
L'homme sursauta sur sa chaise. L'hyperactif l'observa un instant avant que ce dernier se lève de son siège.
- Bonsoir, Deucalion je suis enchanté de faire votre connaissance.
Le fils du shérif fut un peu déçu de ne pas être tombé sur la bonne personne. Toutefois, il comprit rapidement que l'homme en face de lui devait être son nouveau professeur. Il se doutait qu'il était aveugle. Mais vu la mine enjouée du trentenaire, Stiles ne put que lui sourire en retour.
- Moi aussi, certifia le jeune homme en lui serrant la main.
Ils s'installèrent tous deux sur une chaise avant que Deucalion lui pose une question.
- Pourquoi êtes-vous sorti de votre chambre à cette heure-ci, jeune homme ?
L'hyperactif se mordit la lèvre. Jusqu'à ce que son traitre d'estomac gargouille… Ce qui amusa le précepteur.
- J'ai un peu faim…, avoua Stiles gêné. Est-ce que je peux manger quelque chose ?
- Oh oui. Servez-vous.
- Merci.
Il chercha dans le frigo, puis il attrapa un truc à grignoter et s'asseye vers Deucalion. Le fils du shérif commença à manger et apprécia silencieusement le repas. Puis il hésita un moment.
- Est-ce que je peux vous poser une question ? demanda Stiles.
- Oui bien sûr, allez-y.
- Que fait-il ?
- Euh vous parlez de De… Miguel ?
- Oui, affirma Stiles.
- Vous avez vu un film de 1954 la martienne diabolique, où des mecs enlèvent des jeunes vierges pour la reproduction ?
Gros blanc dans la cuisine. À en croire le silence de Stiles, sa tête décomposée et ses yeux sortant de leurs orbites, la blague était de très mauvais goût.
- Non c'est pour rire détendez-vous, désolé, s'excusa Deucalion.
Stiles reprit enfin sa respiration et rit nerveusement.
- Excusez-moi, revenons en arrière, proposa le précepteur. Ce cher Miguel passe son temps dans sa serre à l'étage.
- Une serre ? S'étonna Stiles.
- Oui, soupira l'aveugle en se grattant le front.
- Classe.
Deucalion fut à son tour surpris par la réaction du jeune homme et étouffa un petit rire, puis esquissa un court sourire.
- Oui vous avez raison, déclara le précepteur.
Tout compte fait, Stiles se demandait s'il n'avait pas eu tort de juger son hôte de cette manière. Miguel n'était peut-être pas l'homme qu'il s'était imaginé.
Après avoir terminé son repas, Stiles quitta Deucalion pour rejoindre sa chambre. Cependant, le jeune homme était un véritable curieux dans l'âme. Une part de lui avait sincèrement envie de faire la connaissance avec Miguel. Il allait passer du temps ici, alors autant apprendre à sympathiser avec son hôte. Il essaya de monter à l'étage en espérant pouvoir le croiser en chemin. Quand tout à coup Stiles comprit qu'il ne se trouvait pas aux bons endroits. Il était dans les appartements de Miguel, lieu interdit. Or, chez Stiles le mot « interdit » ne faisait pas partie de son vocabulaire. Il avança petit à petit dans l'obscurité. Stiles se retrouva nez à nez avec une imposante porte en bois vernis. Il savait que le pari était risqué, mais il devait absolument découvrir ce qu'il y avait derrière.
La main hésitante sur la poignée, Stiles grimaça en ouvrant la porte qui grinçante. En retenant son souffle il se faufila à l'intérieur. Le dos collait contre la porte, il s'aperçut qu'il n'y avait personne d'autre que lui dans la pièce. Les yeux de Stiles tentaient de s'accommoder à l'obscurité dans cette chambre triste et sombre aux rideaux tirés. Qui pouvait bien accepter de vivre sans la moindre lumière dans sa vie ? Malgré cela, son regard fut attiré par une étrange lueur au fond de la chambre.
Il se rapprocha doucement pour ne pas trop faire de bruit. Il fut surpris de constater que la source de son attirance n'était autre qu'une rose sous une cloche de verre qui luisait d'une lumière somptueuse. Stiles n'avait jamais vu une rose d'une telle beauté de toute son existence. Il en avait littéralement le souffle coupé. Comment une fleur pouvait être capable d'émettre de la lumière ? C'était presque magique. L'hyperactif était fasciné par cette rose stupéfiante et il s'en approcha encore un peu plus près. Il était impossible pour lui d'en détacher son regard.
C'était tellement dommage qu'elle commence à perdre ses pétales. Stiles se mordilla les lèvres au comble de la tentation. Il finit par se laisser risquer de soulever la cloche de verre délicatement, pour la poser ensuite sur la table. Il était à deux doigts de pouvoir la toucher, quand soudain un grognement grave dans son dos le fit frissonner de la tête aux pieds.
Sans avoir le temps de réaliser ce qu'il venait de se produire, Stiles fut tiré brusquement en arrière, puis un inconnu prit sa place en attrapant le cloche de verre pour la replacer au-dessus de la rose. Il faisait trop sombre dans la pièce pour être capable de distinguer correctement l'identité de l'inconnu. La bouche de Stiles s'ouvrait puis se refermait sans pouvoir sortir un quelconque mot sensé. Il venait d'être pris la main dans le sac. Les battements de son cœur résonnaient inlassablement dans ses tempes.
- Que faites-vous ici ? Qui vous a permis de rentrer dans ma chambre ? grogna l'inconnu.
- Je ne sais pas, je suis désolé, s'excusa Stiles la voix chancelante.
Son corps tout entier était comme paralysé. D'une façon ou d'une autre, il était désireux de connaitre l'identité de cette personne. Pourtant sa raison lui criait de s'enfuir le plus vite et le plus loin possible de cet endroit. La lumière de la rose permit à Stiles de distinguer vaguement le visage de son interlocuteur. Le fils du shérif en resta glacé d'effroi à sa découverte. Stiles était bouche bée devant l'invraisemblable. Il se trouvait en face d'une créature semi-humaine, semi-animale. Une bête comme il n'en avait jamais vu nulle part ailleurs et douer de parole. Comment une chose pareille pouvait-elle être possible ? Son cœur battait à tout rompre tant il avait peur.
- Je vous avais pourtant interdit de rentrer dans cette pièce ! rugit la bête.
- Je ne savais pas que c'était si grave, se justifia Stiles.
- Vous vous rendiez compte de ce vous avait failli faire ?! s'emporta l'animal.
Le jeune homme se recula jusqu'à se retrouver dos au mur. C'était donc ça ! Son hôte, ce Miguel était un monstre se cachant ici du reste du monde.
- Sortez ! hurla le propriétaire.
Stiles n'attendit pas son reste et déguerpit aussi vite que possible de la chambre en fuyant la violence de la bête.
Cependant toujours dans la pièce, Derek se rendit compte de son geste bestial et s'apitoya encore un peu plus sur son sort. Le regard vide sur la porte laissée ouverte par l'évasion de Stiles, il passa sa patte sur son visage pour cacher sa peine. Tout était allé trop vite et sans aucune maitrise. Il venait de montrer son effroyable apparence à Stiles. Stiles l'avait vu ainsi. Pour la première fois. Et comme un crétin, il avait eu peur que Stiles lui brise son sablier, la rose magique. La peur de rester à tout jamais avec son apparence l'avait conduit à rejeter Stiles de cette façon. Rien ne s'était passé comme il l'avait imaginé. Le jeune homme devait sans doute le haïr. Affligé, Derek s'effondra et martela le sol de coups de poing.
Pendant ce temps, Stiles attrapa son gilet à capuche rouge et courut à toute allure dans les escaliers pour fuir l'appartement. Il y croisa Deucalion.
- Où allez-vous ? lui demanda-t-il surpris.
- Je suis désolé, mais je ne resterai pas une minute de plus ici ! s'écria l'hyperactif.
- Non attendez !
Mais Stiles ne prit même pas la peine de se retourner et claqua la porte d'entrée.
L'air glaçant de la nuit lui brulait la gorge à chaque inspiration erratique et chaque expiration libérée par ses poumons envoyait un petit nuage de brouillard. Stiles courait sous la lumière des lampadaires. Affolé, il ne prêtait pas d'attention où sa course le menait. Il luttait en vain pour ne pas penser à ce qu'il venait de se produire. Mais lorsqu'il clignait des yeux, il revoyait le visage inhumain, la fourrure ou les crocs féroces de la bête. Tous ses efforts étaient réduits à néant. Stiles ne comprenait pas pourquoi son hôte s'était mis dans cet état, alors qu'il n'avait rien fait de mal. Miguel lui avait dit de sortir d'ici, et il a obéi.
Stiles bifurqua dans une autre rue. Ce ne fut qu'au prochain carrefour qu'il se rendit compte qu'il s'était égaré. Il n'y avait personne dans le coin. La plupart des bâtiments aux alentours étaient des entrepôts désinfectés. Stiles se décida à tourner à la prochaine intersection, puis une fois encore de revenir sur ses pas pour prendre un autre chemin. Le froid lui mordait le visage et les mains. Il n'arrivait plus à réfléchir correctement, toute cette histoire devenait surréaliste.
Soudain, un groupe de quatre hommes surgit du chemin vers lequel il se dirigeait. Habillés de façon trop décontractée pour rentrer du bureau et trop négligée pour être des simples touristes. Au fur et à mesure qu'ils se rapprochaient, Stiles constatait qu'ils étaient plus vieux que lui. Ils parlaient bruyamment, s'échangeaient des plaisanteries, des rires exagérés, ou des tapes viriles. Seul, le fils du shérif se colla le plus près possible des murs afin de leur laisser un maximum de place. Il accéléra le pas en évitant de les dévisager. Ce n'était pas le moment de chercher les embrouilles.
- Hé toi ! s'écria l'un d'entre eux en le croisant.
Stiles devinait que ce mec devait s'adresser à lui, puisqu'il n'y avait personne d'autre dans cette rue. L'hyperactif se mordit la joue. Instinctivement ses yeux se posèrent sur son interlocuteur. Deux des gars s'étaient arrêtés, tandis que les deux autres ralentissaient. Vraisemblablement, c'était le plus proche, un type musclé d'une vingtaine d'années aux cheveux châtains qui avait parlé. Il portait une chemise et un T-shirt miteux, un jean troué et des baskets vraiment crades. Il s'avança vers Stiles. Sans réfléchir le fils du shérif détourna rapidement le regard et fonça pour s'enfuir.
Il les entendait s'esclaffer.
- Hé attend !
Sans prendre la peine de répondre, Stiles disparut à l'angle de la rue en relâchant un soupir de soulagement. Eux ricanaient de plus belle. Il sentait ses veines pulsant sous sa peau et son cœur martelant sa poitrine. Est-ce qu'il attirait tous les mecs louches ?
Ce nouvel itinéraire longeait l'arrière de plusieurs entrepôts sombres et équipés de larges portes de chargement verrouillées. De l'autre côté, le trottoir avait disparu pour laisser place à du grillage et des fils de fer barbelé qui couvrait un terrain où étaient stockées des pièces de rechange mécaniques. La nuit devenait de plus en plus sombre, il n'avait mis que sa veste à capuche et un brusque frisson l'obligea à croiser étroitement les bras contre son torse. Il regarda encore le ciel par-dessus son épaule et il s'aperçut avec effroi que deux hommes marchaient silencieusement à quelques dizaines de mètres derrière lui. Stiles reconnu immédiatement les membres du groupe qu'il avait croisés quelques minutes plus tôt. Même si aucun des deux n'était le brun qui lui avait adressé la parole.
L'hyperactif se détourna aussitôt et pressa le pas. Une impression de froid qui n'avait rien à voir avec le temps le fit frissonner une nouvelle fois. Une petite voix apeurée au fond de lui souffla que ses poursuivants risquaient de ne pas être de simples mecs ordinaires. Stiles tendit l'oreille guettant le bruit feutré de leur présence, bien trop calme comparé au tapage qu'ils avaient causé précédemment. La respiration de Stiles devint de plus en plus écrasante. Ils ne modifiaient pas leur allure et ne se rapprochaient pas. L'hyperactif essaya de respirer et de se rassurer, après tout rien ne lui prouvait qu'il représentait une cible pour eux. Alors, Stiles continua à avancer aussi vite que possible sans pour autant se mettre à courir.
Un simple coup d'œil lui révéla que l'intersection qu'il avait repérée ne menait en réalité que sur une impasse. Il s'était préparé à s'y rendre mais il rectifia sa trajectoire et traversa la rue pour regagner le trottoir. La rue s'achevait un peu plus loin au niveau d'un panneau stop. Stiles envisagea de piquer un sprint. Mais il semblait qu'il avait semé les deux hommes, même s'il savait qu'ils n'auraient aucun mal à le rattraper. Vu l'état de stress et de peur qu'il combinait suite à sa rencontre avec Miguel, Stiles était à peu près sûr de trébucher et de s'étaler au sol s'il tentait d'accélérer. Les bruits de pas s'étaient définitivement éloignés. L'hyperactif risqua un regard en arrière. Soulagé, il constata que ses poursuivants se trouvaient à une dizaine de mètres, malheureusement ils avaient les yeux braqués sur lui.
Stiles avait l'impression de mettre des heures à atteindre l'extrémité de la rue. Il conserva une allure soutenue, gagnant un peu plus de terrain à chaque foulée. Ces mecs s'étaient peut-être rendu compte qu'ils l'avaient effrayé et le regrattaient ? Le fils du shérif se permit de respirer plus librement une fois sortie de cette rue déserte. Cependant, lorsqu'il tourna au coin de l'intersection, Stiles s'arrêta net.
Appuyés nonchalamment contre une façade à mi-hauteur de la rue, les deux autres membres de la bande l'attendaient. Un sourire excité se dessinait sur leurs lèvres lorsqu'il se figea sur place. Stiles comprit alors qu'il n'avait pas été suivit. Il avait été traqué.
Il ne s'arrêta qu'une seconde, mais ce fut la plus longue seconde de sa vie. Pivotant, Stiles fila sur le trottoir opposé, conscient que les bruits de pas s'étaient tout à coup rapprochés.
- Te voilà !
La voix bruyante du brun réduisit en miettes le silence de plomb, et Stiles sursauta. Dans la pénombre grandissante et suffocante, on aurait dit que son regard le traversait sans même le voir.
- Ouais ! brailla une autre voix derrière lui.
Une nouvelle fois encore, Stiles tressaillit et tenta d'accélérer l'allure.
- On a juste fait un petit détour ! continua un de ceux qui l'avaient suivi.
La pression autour de Stiles devenait de plus en plus palpable. Toutefois, le fils du shérif ne tarda pas à devoir ralentir. La distance qui le séparait des deux autres types dans la rue s'amoindrissait trop vite à son goût. Stiles se sentait capable de pousser un hurlement strident. Il prit une grande bouffée d'air glacial, mais sa gorge était si sèche qu'il doutait de réussir à crier assez fort. Stiles resserra ses poings, prêts à s'en servir comme d'une arme s'il en avait besoin.
Le plus petit de la bande s'éloigna du trottoir alors que l'hyperactif ralentissait prudemment et descendait sur la chaussée.
- Fichez-moi la paix ! prévint Stiles d'un ton ferme et assuré.
Il ne s'était pas trompé hélas, sa voix était nerveuse.
- Allez viens t'amuser avec nous !
- Ne sois pas comme ça, mon mignon ! renchérit l'autre en se léchant vicieusement les lèvres, tandis que ses camarades s'esclaffaient davantage.
Les jambes écartées, Stiles se préparait à l'affrontement, essayant malgré la panique de se rappeler des notions d'autodéfense que son père lui avait appris. Espérant pouvoir lui briser le nez d'un seul coup ou lui mettre en pleine tête. Doigts en crochet dans les yeux dans les orbites pour aveugler l'agresseur et bien sûr le coup classique du coup de pied judicieusement placé dans les parties génitales. La petite voix dans sa tête lui signala qu'il n'avait sans doute aucune chance face à ce genre de type, et puis quatre… Mais Stiles ne resta pas figé par la peur, non bien au contraire. Il n'avait pas l'intention de se faire massacrer sans en avoir mis au moins un au tapis. Stiles déglutit vivement, il était trop tard pour faire machine arrière. Il était inutile d'espérer que quelqu'un vienne le sauver.
Soudain, des phares surgirent et l'aveuglèrent. Le véhicule manqua de renverser son agresseur qui dut sauter sur le trottoir. Stiles se précipita au milieu de la route avec deux possibilités en tête. Soit cette voiture s'arrêtait, soit elle l'écrasait. Le véhicule l'évita de peu avec un brusque coup de volant avant de se stopper en dérapant. La portière côté conducteur s'ouvrit brusquement. Stiles n'arrivait pas à voir l'identité de l'homme sortant à cause de la capuche qui cachait son visage.
- Grimpe ! lança l'homme d'une voix furieuse.
Stupéfait, l'angoisse de Stiles s'envola, mais il n'avait pas l'intention de monter dans la voiture d'un inconnu alors qu'il allait se faire agresser par une bande de pervers. Soudain, l'un des types fut soulevé et projeté contre un mur par l'inconnu. Aussitôt, un autre type sortit un couteau de sa manche pour se défendre et attaquer en traitre son sauveur.
- Attention ! s'écria Stiles.
L'inconnu se retourna subitement vers son appel et le fils du shérif constata bouche bée que son sauveur n'était autre que Miguel. Il avait tout d'un monstre, cependant lorsque leur regard se croisa, un sentiment de sécurité submergea Stiles. Miguel était venu le chercher, il était venu le sauver.
Mais cette diversion permit au type armé d'un couteau d'entailler l'avant-bras de Miguel. Ce dernier retint un rugissement de souffrance. Les yeux verts de la bête étincelaient désormais d'une lueur sanglante en regardant son adversaire. Le cœur de Stiles vrilla, il ne le quittait pas des yeux. L'agresseur se jeta sur Miguel, qui insensible à son assaut l'attrapa du revers de la veste. Puis l'animal le secoua violemment, tandis que son adversaire brassait l'air dans l'espoir de l'atteindre.
Miguel finit par le laisser tomber sur la route. L'agresseur ressemblait à un pantin désarticulé, sa tête ainsi que ses membres étaient inertes. La bête poussa un rugissement rauque avant de se tourner vers les deux autres mecs de la bande qui s'enfuirent sans se retourner. Stiles sous le choc par cette vague de violence, décida à intervenir.
- Miguel arrête !
Il tourna brusquement la tête vers lui. À son expression de surprise, le jeune homme devina qu'il avait oublié sa présence, l'espace d'un instant ils se dévisagèrent. Stiles avait l'impression de se retrouver en face d'un prédateur. Puis la lueur bestiale disparut de ses yeux retrouvant une certaine humanité. L'homme à terre rouvrit un œil gonflé, au plus grand soulagement de Stiles qui espérait que Miguel ne soit pas devenu un meurtrier à cause de lui.
- Il s'en remettra, commenta froidement Derek.
Même si sa peur s'était évanouie, Stiles tentait de retenir un cri hystérique. Comment Miguel l'avait-il retrouvé ? Et pourquoi ? Pendant ce temps, Derek se dirigeait vers sa camaro mal garée et grimpa à l'intérieur. La brise fraiche caressa le visage du fils du shérif. Encore seul dehors, Stiles regardait la voiture. Est-ce que son sauveur allait le laisser ici ? Stiles se mordit les lèvres gercées par le froid. Tout à coup, la portière s'ouvrit.
- Aller dépêches-toi de monter tu vas tomber malade.
Sans la moindre hésitation, l'hyperactif abandonna les deux types salement amochés pour se diriger vers le véhicule. Stiles sauta sur le siège en claqua la portière. Une vague de sentiments assaillit le jeune homme, il ne comprenait pas l'attitude de son sauveur. Il faisait sombre dans l'habitacle et à la lueur du tableau de bord, le fils du shérif distinguait à peine le visage de Miguel.
- Attache ta ceinture, lui ordonna-t-il.
Stiles obéit et boucla sa ceinture. Dans un crissement de pneus, il fit demi-tour en accélérant trop vite et ils filèrent à toute allure. Derek prit un brusque virage à gauche et accéléra encore en grillant plusieurs stops. Pourtant Stiles n'était pas effrayé, au contraire il l'observait envahi par un soulagement qui n'était pas que dû à son sauvetage. Le temps de reprendre sa respiration, l'hyperactif étudiait ses traits et il s'aperçut qu'il était dans une colère noire.
- Ça va ? murmura Stiles.
Ce dernier continua son observation et tomba sur la blessure sur l'avant-bras de Miguel. Son estomac se contractait à sa vue, c'était de sa faute s'il était blessé. Mais il ne savait pas comment s'excuser.
- Non, riposta le maudit fou de rage.
Le fils du shérif garda le silence, tandis que Derek regardait droit devant lui.
- Qu'est-ce qui t'a pris ?! demanda subitement la bête.
Un peu vexé par le comportement distant de Miguel qui ne le regardait pas en parlant, Stiles décida de ne pas se laisser amadouer.
- Tu as failli m'écraser sous tes roues ! répliqua l'hyperactif.
- Si tu ne t'étais pas enfui ce ne serait pas arrivé !
- Et si tu ne m'avais pas fait peur je ne me serais pas sauvé ! se justifia Stiles.
Derek n'arrivait pas à répondre à cet argument. Certes, il n'aurait pas dû lui aboyer dessus comme il l'avait fait. Mais parfois la peur entraine la colère comme unique moyen de défense.
- Je t'avais dit de ne pas aller dans mes appartements !
- Et toi tu as un sale caractère, un vrai grincheux !
Derek fronça les sourcils et grogna. Il se fichait de lui ? Est-ce qu'il avait oublié la façon dont il l'avait rejeté ? C'était la meilleure, Stiles n'avait-il aucune gratitude ? La bête laissa échapper un grondement sourd.
- Alors voilà autant que tu le saches toute suite, tu ne me fais pas peur, lâcha Stiles.
Derek hausse les sourcils un peu surpris. Il n'en croyait pas ses oreilles. Est-ce que Stiles venait vraiment de lui dire qu'il n'avait pas peur de lui ? Intrigué, Derek tourna la tête pour voir la réaction du fils du shérif.
- Bon peut-être un petit peu, admit Stiles. Je m'en fiche après tout.
Derek ne put s'empêcher de sourire tant il était heureux que Stiles ne soit pas effrayé par son apparence.
- J'ai un truc à te demander ? demanda Stiles.
- Hum.
- Pourquoi tu as accepté de me garder chez toi ?
Le maudit crispa ses mains autour du volant. Il prit une grande inspiration avant de lui répondre :
- Parce que tu dois être protégé.
Les yeux de Stiles s'écarquillèrent, il ne s'attendait pas à ce genre de réponse.
- Je peux très bien me protéger tout seul.
- Ouais tu me l'as bien montré ce soir, riposta Derek sarcastique.
Stiles se mit à rougir honteusement.
- Tu ne me connais même pas, chuchota-t-il.
- Toi non plus, et ton père et mon oncle…
- Ah oui le mystérieux copain du temps passé.
- Il voulait que l'on ne puisse pas te retrouver, il avait peur qu'il puisse t'arriver quelque chose… parce qu'il t'aime énormément.
Un pincement au cœur surprit Stiles.
- Il me l'a dit de nombreuses fois, continua Derek.
- C'est vrai ? l'interrogea-t-il.
- Oui, affirma le maudit.
À ce moment, Stiles tourna son visage vers la vitre de la portière. Il passa sa main sur sa bouche comme pour contenir un bruit sourd. Par le reflet de la glace, Derek fut en mesure de voir que le garçon essayait de retenir ses larmes.
- Merci.
Le corps tout entier de la bête se figea comme électriser par le mot que venait de prononcer « capuche rouge ».
- Merci de m'avoir sauvé, répéta Stiles.
- Je t'en prie.
Sans vraiment comprendre comment les choses s'étaient produites, l'espoir regagna Derek. Quelque chose avait changé dans leurs relations désormais, l'atmosphère dans la voiture s'était adouci. Stiles ne le voyait plus comme un monstre au cœur de pierre. Tant qu'il y aurait un peu d'espoir Derek tenterait tout ce qui est possible pour plaire au jeune homme. Les questions, les peurs et les doutes s'étaient envolés ce soir pour laisser place à des sentiments bien au-delà des craintes. Quant au fils du shérif, il faisait pleinement confiance en la bête. Il s'était trompé sur son compte et l'avait mal jugé en voyant son apparence. Pourtant celui qui devait avoir peur devait être Miguel, qui devait se cachait du reste du monde en s'excluant. Dorénavant, Stiles savait où se trouvait sa place.
Auprès de Miguel.
J'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez à me donner vos impressions. Je vous répondrai soyez en sûr(e) !
OK, j'avoue... Ce chapitre de rencontre entre Derek et Stiles est assez dure, mais j'aimais la version de Disney. C'est vrai j'aurais pu écrire une rencontre trop mignonne, or ce n'est pas du tout ce que je voulais montrer dans ce chapitre. C'est une transition pour amener l'histoire dans une direction plus romantique.
J'espère que vous avez quand même apprécié ce chapitre ?
Je vous à la prochaine pour le chapitre suivant ! Et encore merci de votre soutien, je vous adore !
Câlins, lapins et tous ce que vous voudrez !
