Coucou !
Première nouvelle, ce n'est pas nouveau, j'update toujours très tard mes fics... Mais joyeux AkuRoku Day quand même ! :)
Deuxième nouvelle, et je suis sincèrement désolée de vous l'annoncer ainsi, mais je fais une pause dans mes fanfictions KH. Ou plus précisément, je mets en pause toutes les fics requérant des scènes de combat ("En 100 cercles alchimiques" est également en pause). J'ai tout expliqué sur mon profil et sur ma page Facebook.
Je compte poster dans les jours à venir le chapitre 19 de "Perpétuelle confrontation", et ensuite, je ne garantis pas que le 20ème chapitre sera publié avant que je ne finisse le 21ème. Je m'excuse encore, et espère que vous ne m'en voudrez pas trop...
Si cela intéresse quelqu'un, je serai toujours dans le fandom de Fire Emblem et de Kuroko no Basuke, où je posterai des textes plus axés angst.
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Ne compter que sur soi
Roxas regardait les hommes entrer au nombre de cinq dans l'appartement, complètement éberlué. Ils s'attelaient à la tâche et examinaient tout ce qu'il leur passait sous la main, fouillant chaque recoin de chaque pièce, sans prêter attention au propriétaire. Le Numéro XIII sortit de sa torpeur au bout d'une poignée de secondes et s'adressa au garde qui avait sonné à sa porte, en train de griffonner quelque chose sur un bloc-notes.
— Comment ça, ils sont portés disparus ? s'étrangla-t-il.
L'agent arqua un sourcil, s'arrêtant dans son activité et fixa son interlocuteur.
— Ils ne sont plus dans le bâtiment, que voulez-vous que je vous dise ? répondit-il. Tout laisse porter à croire qu'ils se sont enfuis, des gardes de sécurité ont été assommés cette nuit.
— Mais ça ne prouve absolument rien ! s'exclama Roxas. Pourquoi ils feraient une chose pareille ?
— Comment je pourrais le savoir ? Je fais simplement mon travail. Et puis entre nous, Almasy agissait de manière suspecte depuis le début.
Roxas se passa rageusement une main dans les cheveux, inspirant profondément. Cela devenait un véritable bazar depuis quelques jours, et il sentait que les ennuis n'étaient pas près de se terminer. Il tenta de trouver une raison quant à cette possible fuite, car au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de penser que tout concordait – Seifer ne revenait pas de toute la nuit, il avait fait faire un certificat médical, deux gardes manquaient à l'appel, et il ne lui avait rien dit. Il osait espérer que cela soit faux, mais beaucoup trop d'indices tendaient à faire penser le contraire, à son grand désarroi. De plus, il doutait que Seifer aurait été si imprudent pour avoir négligemment laissé des pistes dans l'appartement alors qu'il s'agissait de l'endroit où l'Organisation irait chercher en premier. Il soupira bruyamment et attendit que cette inspection prenne fin.
Squall avait été désigné pour remettre cette enveloppe à Xemnas, étant donné que des quatre, il demeurait le moins suspect. Le trouver au bâtiment pendant le week-end pouvait s'avérer étrange, puisque il ne donnait pas de leçons à Ventus, mais personne ne le soupçonnerait. Seifer avait particulièrement insisté là-dessus, malgré le fait que le balafré ait pu voir à quel point ces efforts lui avaient coûté – de mettre sa fierté de côté et demander un service à son ami et rival. Intérieurement Squall se promit de remplir cette tâche à bien, pour ne pas ruiner les efforts de Seifer à néant.
Squall entrait alors tranquillement dans la bâtisse, comme s'il s'agissait d'un jour comme un autre. Il fit attention à ne pas trop regarder autour de lui pour éviter de paraître mal à l'aise, et se dirigea vers l'ascenseur afin de se rendre aux sous-sols. Il fut surpris de voir Demyx en sortir, lui qui d'habitude restait cloîtré dans sa chambre. Le Numéro IX lui adressa un sourire et le salua joyeusement, chose que Squall rendit sans gaieté.
— Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Demyx. On est samedi, tu n'as pas besoin de venir.
— Je sais, j'ai juste une petite affaire à régler, répliqua Squall.
— Oh, bah je te laisse. Salut !
La Mélopée Nocturne sortit du bâtiment, tandis que Squall continuait son chemin. Ce dernier espérait que cette rencontre ne se répandrait pas ; il risquait lui-même d'être suspecté de trahison, et cela rendrait les choses plus difficiles s'ils devaient pénétrer dans le bâtiment. Il restait encore Roxas, le fils adoptif de Seifer… Non, cela s'avérerait trop dangereux de l'impliquer dans cette affaire.
Squall s'assura que Xemnas se trouvait toujours dans son bureau – les gardes le confirmèrent. Il n'avait jamais autant aimé le fait que personne ne devait se tenir juste à côté de la pièce de travail du Supérieur pour qu'il ait son calme et son intimité. De ce fait, Squall avait le champ libre pour déposer l'enveloppe et repartir sans que les agents de sécurité ne suspectent quoi que ce soit. Il extirpa l'objet de la poche de son manteau, le fixant durant quelques instants. Il était vraiment intrigué quant à son contenu, mais Seifer ne voulait rien dire à ce propos ; cela devait certainement être des clichés compromettants. Il soupira et toqua à la porte. Il attendit une réponse, qui vint immédiatement. Un rictus traversa son visage et il glissa l'enveloppe sous la porte, avant de partir aussi vite qu'il le put. Les gardes le dévisagèrent, mais ils ne le retinrent pas. Squall se sentit soudainement béni.
Les dés avaient été jetés.
Lundi était arrivé bien trop vite au goût de Roxas. Tout le week-end, il n'avait pas arrêté de penser à Seifer et à ses plans. Il ignorait jusqu'à samedi que son père adoptif complotait quelque chose contre l'Organisation, et cela le perturbait énormément. Pourquoi n'avait-il rien dit toutes ces années ? Ne lui faisait-il donc pas confiance ? Il connaissait la haine que portait le Numéro XIII envers l'Ordre, alors il n'avait rien à craindre. Roxas ne comprenait vraiment pas. C'était comme si tout le monde lui avait menti depuis le début, sans exception. Quel autre malheur allait-il lui tomber dessus ? Il ne manquerait plus que quelqu'un découvre que l'Ange des Ténèbres, c'était lui.
Ce fut donc d'un pas lourd qu'il s'assit à son table, appréhendant déjà les heures qu'il passerait à écouter les cours des Piliers. Il ne parvenait toujours pas à croire que certains d'entre eux se trouvaient dans le lycée, à enseigner comme des professeurs tout à fait normaux. Comment pouvaient-ils se montrer aussi naturels ? Sincèrement, Roxas avait de plus en plus de mal à suivre les événements qui s'enchaînaient bien trop vite pour lui. Dans toute cette agitation il n'avait pas pu parler à Edge, et n'était même pas allé voir Ventus la veille – samedi soir étant trop risqué. Il avait besoin d'une distraction pour vider son esprit, et rapidement, ou il ne tarderait pas à devenir fou.
Il salua vaguement le trio d'amis lorsqu'ils arrivèrent, ne tenant pas spécialement à subir un interrogatoire quant à son humeur maussade et quelque peu irrité. De plus, après ce qu'il s'était passé avec Axel, il ne se sentait pas en mesure d'agir de la même manière à ses côtés. Il avait quand même failli craquer en face de lui ! Et cet idiot qui disait pouvoir l'aider en le prenant dans ses bras. Il le prenait pour quoi, une fille ?
Xion fronça les sourcils en voyant que son ami avait le regard perdu dans le vague. Elle pensait le questionner sur sa santé, mais une autre chose la turlupinait plus.
— Roxas, il s'est passé quelque chose vendredi ? demanda-t-elle calmement.
— Vendredi ? répéta le blond, lançant un regard confus à la jeune fille.
— Oui, tu es parti précipitamment de la classe, rappela Sora.
Et il ne voulait pas non plus être interrogé sur ce sujet-là.
Roxas soupira et inventa rapidement un mensonge, le premier qui lui vint à l'esprit.
— Mon frère s'est blessé au lycée, j'ai dû l'accompagner à l'hôpital, lança-t-il le plus assurément possible.
Sora sembla embrouillé.
— Mais normalement on contacte les parents dans ce cas, souligna-t-il, un sourcil arqué.
Roxas cligna des yeux. Et merde. Il aurait dû réfléchir à deux fois avant de dire cela. Comment pouvait-il expliquer ce phénomène ? Normalement, il était habitué aux situations critiques, mais seulement physiquement. Verbalement, il n'avait aucune chance de s'en sortir sans paraître suspect ou sans que ses paroles soient invraisemblables. Vite, vite, il devait trouver quelque chose !
Il haussa les épaules.
— Ils ont peut-être pas pu joindre mon père, rétorqua-t-il. Il n'était pas rentré du travail le soir, il devait être très occupé.
Heureusement pour lui, Xion et Sora semblèrent le croire. En revanche, Axel fronçait les sourcils et tentait de trouver une faille dans ce que disait Roxas, trouvant que quelque chose sonnait faux. Il était inhabituel pour lui de rester aussi silencieux, ce qui inquiéta grandement le Numéro XIII. Soupçonnait-il quelque chose ? Le prenait-il pour un menteur ? L'Ange des Ténèbres espérait que non. Il ne saurait pas comment gérer cela, et encore moins l'endurer sans qu'il ait peur que tout soit révélé au grand jour. Pour casser la glace, il décida de s'adresser à Axel et de s'assurer que ce dernier ne commette aucune erreur en le questionnant trop personnellement.
— Tu sembles contrarié, Axel, fit-il remarquer.
Le concerné secoua la tête. Il se passa nerveusement une main dans les cheveux et semblait fuir le regard des autres.
— C'est pas grand-chose, souffla-t-il. Juste mon père qui m'a dit des trucs sur son travail qui me tracassent.
— Ton père est policier, c'est ça ? s'enquit Xion.
— Ouais, même s'il m'en parle pas des masses. Hier était une exception.
Le père d'Axel était policier ? Roxas ne l'aurait jamais cru. Tout d'un coup, il avait peur que cet homme fasse un jour partie de ses victimes. Quel était le nom de famille d'Axel, déjà ? Geraldine ? Il faudrait qu'il s'en souvienne ; même si cela ne l'affecterait pas beaucoup, il n'apprécierait pas de ressentir de la culpabilité vis-à-vis d'Axel en tuant son père. En revanche, il était curieux à propos des choses que ce dernier avaient dites à son fils ; peut-être que, par le plus grand des hasards – et des malheurs – M. Geraldine se retrouvait à enquêter sur l'Organisation XIII, ce qui expliquerait l'anxiété du rouquin. Roxas espérait sincèrement que cela ne soit pas le cas.
— Et donc, qu'est-ce qu'il t'a dit ? poursuivit le Numéro XIII avec appréhension.
— Bof, il a dit qu'il serait sûrement absent assez souvent les prochains jours, voire prochaines semaines, répliqua Axel. Ca a l'air quand même vachement dangereux, mais il m'a pas dit c'était pour quoi.
Roxas hocha lentement la tête. Il redoutait le pire, mais il ne pouvait rien y faire. Il allait devoir faire attention lors de ses prochaines missions et ne pas tuer un homme portant le nom de « Geraldine ».
Sora, n'appréciant pas l'humeur morose dès le matin, décida de changer de sujet et proposa à son groupe d'amis de passer un jour tous les quatre ensembles. Xion accepta volontiers l'idée, étant donné qu'ils n'avaient pas encore eu le temps d'organiser ce genre de sorties ; de plus, cela leur permettrait de connaître davantage Roxas, qui ne semblait pas s'ouvrir facilement aux autres. Axel acquiesça également, retrouvant sa bonne humeur habituelle et attendait déjà avec impatience de battre Sora à la salle d'arcade. Ce dernier leva les yeux au ciel, mais sourit tout de même.
Roxas en revanche hésitait. Il ne savait pas si cela s'avérait bon pour lui de sortir pendant le week-end avec toute l'agitation récente, entre la trahison de Kain, les révélations sur ses parents, la fuite de Seifer et Edge qui continuait à lui occuper l'esprit – tout ceci s'était-il réellement passé en si peu de temps ? Néanmoins, il pensait que cela ne lui ferait pas de mal de se changer les idées, et puis, il ne serait sûrement pas en mission.
— Si c'est samedi, je peux venir, répondit-il.
— Parfait, alors ! s'enthousiasma Sora. On fera un tour à la salle d'arcade, on discutera en traînant dans les rues, on s'arrêtera manger un bout… Une sortie entre amis, quoi !
Roxas ne savait pas ce qu'une « sortie entre amis » voulait dire par définition, mais il acquiesça quand même. Après tout, pourquoi pas ? Ce serait une nouvelle découverte.
Etrangement, Luxord et Xigbar n'essayèrent pas de déranger le Numéro XIII avec des questions incessantes ou des remarques ; ils semblaient même distraits au point de donner moins de dynamisme à leurs cours. Roxas ignorait si les autres élèves avaient noté ce détail, mais il l'avait remarqué et cela l'intriguait. Il se doutait bien que cela avait un rapport avec les problèmes survenus à l'Organisation, mais ils ne devraient, en temps normal, pas être aussi affectés que cela ; à moins qu'ils n'aient eu du nouveau sur Kain, et craindraient des représailles ? Le Chevalier Dragon ne s'était jamais entendu avec quiconque, et l'Ange des Ténèbres ne serait pas étonné si le Numéro VIII préparait un mauvais coup.
Cela le frappa soudainement – et un peu tardivement. Kain et Seifer, chacun de leur côté, devait certainement établir une quelconque stratégie ou plan contre l'Ordre. Au même moment. Coïncidence ou collaboration ? S'il s'agissait du dernier, Xemnas pouvait craindre le pire ; associer deux personnes comme Kain et Seifer ferait forcément d'énormes dégâts, et Roxas imaginait à peine le degré d'impact.
Seul Vexen paraissait normal, avec ses manies de perfectionniste et ses paroles strictes et sévères. Il traitait ses élèves comme des moins que rien, ce qui fit froncer les sourcils à Roxas. Ce n'était pas ainsi qu'il obtiendrait la meilleure des couvertures, ça il pouvait en être certain. Le Numéro IV semblait particulièrement détester Axel puisqu'il ne faisait aucun effort à s'appliquer dans son devoir – peut-être que la couleur rouge de ses cheveux ne pouvait définitivement pas s'harmoniser avec le caractère de glace du professeur. Celui-ci se tourna ensuite vers Roxas, et l'esquisse d'un sourire apparut sur son visage.
— Alors Roxas, tu as fini de disséquer la souris ? demanda-t-il sur un ton trop joyeux.
— Voyez par vous-même, répliqua sèchement l'adolescent.
Roxas n'avait jamais, jamais, apprécié Vexen. Toujours à agir comme un savant fou prêt à disloquer et examiner tout ce qu'il se trouvait sur son passage.
— Bien, bien, c'est du bon travail, déclara-t-il. Je me demande comment tu agirais sur un corps humain…
La dernière partie de la phrase, à peine murmurée, fit frissonner l'Ange des Ténèbres qui ne voulait absolument pas, en aucun cas, imaginer ce qui se tramait dans les laboratoires de l'Organisation. Il s'estimait heureux de se tenir très loin de ces salles d'expérience, envoyé sur le terrain pour accomplir des missions, certes dangereuses et difficiles psychologiquement, mais plus endurables – selon lui. Il chassa rapidement cette pensée de son esprit pour se focaliser de nouveau sur son cours, même s'il ne s'y intéressait pas du tout.
Il vit une boule de papier atterrir sur sa table, alors que Vexen s'occupait d'autres élèves. Curieux, le Numéro XIII déplia la feuille et s'aperçut qu'il s'agissait de l'écriture d'Axel. Se tournant vers ce dernier, il vit qu'il ne le regardait pas – le fuyait, même. Il reporta alors son attention sur le message.
« Si t'es encore fâché contre moi pour ce qui s'est passé vendredi, je m'excuse, ok ? » – et en plus petit – « Même si c'est parce qu'on est amis que j'ai fait ça. »
Sincèrement surpris, les yeux de Roxas s'écarquillèrent et il ne put s'empêcher de lancer de nouveau un regard en direction du rouquin – toujours fuyant. Il s'excusait pour ça ? Certes, sur le coup il avait été énervé à cause des circonstances et par le fait d'être vu si faible devant quelqu'un d'autre, mais il ne pensait pas qu'Axel regretterait son geste. Il ne comprenait vraiment pas, mais il décida d'envoyer une réponse. Il griffonna quelques mots et jeta la boule de papier sur la table de l'autre adolescent, manquant de peu de se faire voir par Vexen. Roxas observa la réaction de son ami, et ne fut pas déçu de le voir arquer un sourcil d'incompréhension. Néanmoins, Axel leva la tête en sa direction et sourit.
« Je n'ai jamais dit que je t'en voulais. »
A la fin des cours, Roxas sentait qu'il ne devait absolument pas traîner. Il fallait qu'il éclaircisse encore beaucoup de choses, et perdre du temps s'avérait la dernière chose dont il pouvait rêver. Quittant rapidement ses amis, il se précipita vers le métro sans leur donner plus d'indications que « Je dois me dépêcher pour voir mon frère » – ce qui en soit n'était pas un véritable mensonge.
Arrivée au bâtiment de l'Organisation, il se débarrassa expressément de ses affaires dans son appartement, changea de vêtements et se dirigea vers les sous-sols. Il devait voir Edge le plus vite possible ; après tout, c'était le Ninja Imprévisible qui avait été chargé des recherches sur Kain. Il réglait d'abord ce qui paraissait le plus facile.
Il se trouvait malheureusement que le Numéro XI ne soit pas là – Roxas en déduisit qu'il était parti continuer sa mission. En revanche, Xaldin et Saix restaient là, en train de discuter sur un sujet dont ignorait l'adolescent. Celui-ci s'approcha d'eux et les interpela. Le Numéro VII ne parut pas très enjoué à l'idée de voir son cadet, mais il tenta de le cacher.
— Que veux-tu, Numéro XIII ? demanda-t-il froidement.
— Je voulais savoir où en étaient les recherches sur Kain, décréta Roxas de but en blanc.
— Désolé gamin, mais le seul qui puisse te répondre, c'est le Numéro XI, rétorqua Xaldin. Le Supérieur également, mais je doute que tu veuilles aller le voir après ce que tu as fait.
Evidemment, que l'information se répandrait dans toute l'Organisation, qu'espérait-il ? Une tentative d'assassinat ne passait pas inaperçue, surtout lorsqu'elle venait de l'un des membres. Roxas grogna face à cette réponse et les remercia brièvement avant de s'en aller. Il voulait vraiment connaître l'état des recherches, car il s'inquiétait grandement pour son oncle et son protecteur – car oui, Kain l'avait toujours protégé.
Puis, Saix le rappela brusquement, ce qui lui fit froncer les sourcils.
— Tu as une mission ce soir, déclara Saix. Il semblerait que le groupe de délinquants capturé il y a quelques jours ne comprenne pas leur situation. Certains ont réussi à s'enfuir, et veulent nous dénoncer à la police comme si nous n'étions que de simples voleurs. Nous avons placé un émetteur sur eux, tu pourras les tracer grâce à cet appareil.
Le Numéro VII lui tendit une boîte rectangulaire beige, munie d'une antenne ; sur l'écran clignotaient quatre points rouges et un point bleu à travers un plan de la ville. L'Ange des Ténèbres se saisit de l'appareil et hocha la tête, avant de repartir, l'air songeur. S'il devait éliminer quatre personnes dans la même soirée, mieux valait qu'il s'y prenne tôt pour éviter qu'ils ne lui échappent – à partir de vingt-trois heures lui semblait correct –, mais il risquait sûrement d'être vu s'il y allait durant une heure où les rues étaient encore fréquentées. Il soupira ; la discrétion et la prudence étaient de mises.
Roxas pressa le bouton du quatrième étage, dans l'espoir de voir son frère ne serait-ce qu'un instant. Il voulait lui demander ce que Xemnas lui avait dit exactement lorsque ce dernier l'avait envoyé en mission. Cela ne lui serait pas d'une grande utilité dans l'avenir, mais il était curieux de savoir comment le Supérieur avait formulé son ordre, alors que Ventus lui-même connaissait les termes du contrat. De toute évidence, le Numéro I ne s'en sortirait pas si facilement la prochaine fois.
Aucun garde n'était posté près de l'appartement, ce qui rassura Roxas. Il toqua à la porte, cette même façon qui leur était propre aux deux jumeaux afin de se reconnaître, et il fut accueilli par un chaleureux sourire. Ventus le fit entrer sans attendre et referma doucement la porte.
Roxas trouvait cela impressionnant que cet appartement restait toujours dans un bon état malgré tous les dossiers et archives confidentiels que pouvaient garder le Supérieur. Peut-être que le chef était une personne organisée…
— Je ne vais pas y aller par quatre chemins, indiqua Roxas en se tournant vers son frère. Que t'a dit Xemnas pour t'envoyer en mission alors qu'il n'avait pas le droit ?
Ventus soupira. Il savait bien que cette question lui serait de nouveau posée, quand Roxas exigerait plus d'explications et de détails. Malheureusement, il ne se sentait pas en mesure de répondre clairement à cela sans que son frère ne voue encore plus de haine à Xemnas qu'il n'en avait déjà – cela risquait d'aller au-delà, même. Comment pouvait-il formuler ça ? Rien que d'y penser l'embarrassait énormément, sans compter les couleurs que prendraient ses joues s'il prononçait un seul mot à ce sujet. Roxas avait certainement dû remarquer sa gêne car il plaça gentiment une main sur son épaule, et lui adressa un sourire assuré.
— Je te promets que je ne ferai rien, souffla-t-il.
— … Tu dis toujours que tu ne feras rien d'insensé, et pourtant ça ne t'a pas empêché de-
Ventus plaqua une main sur sa bouche, et les yeux de Roxas s'agrandirent de stupeur. Ventus savait.
Ventus savait.
L'Ange des Ténèbres recula de quelques pas, et s'effondra dans le canapé derrière lui. Il se prit la tête dans les mains, désemparé. Il ne voulait pas que son frère apprenne son débordement, son accès de colère, son erreur d'avoir tenté quelque chose d'aussi stupide. Tuer cet homme révélait du suicide total – il le savait déjà, et il s'était laissé guider par la haine – et ne lui aurait pas garanti une sûreté totale. Sur le coup il n'avait pas réfléchi, juste agi ; avec son jumeau qui était au courant de cela, que pouvait-il bien penser ?
— Je… Je sais que je n'aurais pas dû, murmura Roxas.
— Tu te rends compte que tu aurais pu être tué sur-le-champ ! s'exclama Ventus. Qu'est-ce que tu aurais fait, dans ce cas ? Comment tu t'en serais sorti ?
— Je ne sais pas, avoua le Numéro XIII. Sur le moment, après tout ce qu'il m'a dit, je ne voulais que sa mort et j'ai agi sans réfléchir…
— Qu'est-ce qu'il a dit ?
Roxas leva la tête vers Ventus qui prit place à côté de lui. L'Ange des Ténèbres secoua la tête ; ils n'avaient pas beaucoup de temps devant eux, et il n'aurait jamais ses réponses si la discussion continuait ainsi. Il raconta brièvement le discours de Xemnas, comme quoi il se moquait des termes du contrat et que rien ne l'empêcherait de faire ce bon il lui semblait – il omit délibérément le passage sur leurs parents. Ventus soupira face à cela, se doutant que quelque chose de ce genre aurait été prononcé par le Supérieur. Lui-même sentait une pointe d'agacement monter en lui en y pensant, mais il la cacha du mieux qu'il le pouvait pour ne pas envenimer encore plus la situation. Il savait que Roxas attendait toujours la réponse à sa question, et il dut se résoudre à s'y plier, non sans laisser échapper un soupir avant.
— Il m'a forcé à aller en mission en disant que « j'aurai des ennuis » sinon, répondit-il. On dirait bien qu'il nous a manipulés tous les deux.
Le Numéro XIII grogna, faute de mieux approuver avec des mots. Il détestait être le pantin de quelqu'un, et il avait bien fait passer le message.
Les deux jumeaux discutèrent encore quelques minutes, pour se promettre de faire attention, de prendre soin de soi, et de garder leur sang-froid. Roxas partit aussitôt, et ne rencontra personne sur le chemin, fort heureusement pour lui. Il n'aurait pas su comment gérer la situation.
L'horloge de son appartement affichait dix-huit heures quinze lorsqu'il rentra. Il décida de faire ses devoirs le plus vite possible, mais lorsqu'il s'apprêtait à s'installer sur la table du salon, il s'aperçut qu'un morceau de papier était coincé entre la télécommande de la télévision et un vase. Un sentiment d'espoir monta alors en lui, pensant qu'il s'agissait certainement de Seifer ou de Kain, et il déplia à la hâte la feuille et la parcourut rapidement des yeux.
« Désolé gamin d'être parti sans rien te dire, mais je pouvais pas faire autrement. Fais gaffe à toi pendant que je suis pas là, et ne met pas tout un bazar dans l'Ordre parce que je serai pas là pour rectifier tes tirs.
Seifer »
Le message ne pouvait pas être plus clair. Seifer ne reviendrait pas avant un bon moment, et était impliqué dans quelque chose de dangereux – ce qui l'obligeait à partir sans rien dire. Lui dire de faire attention, car des répercussions pouvaient tomber. Roxas ignorait toujours dans quoi s'était embarqué son père adoptif, ni l'origine ou la nature de ses intentions, mais il espérait qu'il en ressorte vivant. Il s'assit sur l'une des chaises et soupira longuement, reposant son front contre ses mains.
Au moins, il savait qu'il ne pouvait compter que sur lui-même à partir de maintenant.
La nuit était rapidement venue, et Roxas revêtit son manteau noir. Il prit soin de charger son revolver, se saisit de balles de rechange et de deux dagues. Il avait quatre cibles à éliminer. Quatre cibles qui pouvaient toutes très bien montrer des comportements différents. Il devait agir avec la plus grande attention et discrétion pour mener sa mission à bien.
Il abandonna l'idée de se déplacer à pied, car les délinquants changeraient certainement de position s'ils apprenaient qu'un assassin était à leur poursuite. Il les rattraperait ainsi instantanément en moto. Il localisa la personne la plus proche à l'aide de l'appareil, et partit immédiatement la traquer. Cela ne poserait normalement aucun problème.
Vingt-trois heures dix-sept. Première cible éliminée dans une ruelle avec la gorgée tranchée. Aucun témoin à signaler.
Vingt-trois heures trente-deux. Seconde cible éliminée dans un quartier mal famé avec une balle d'un pistolet muni d'un silencieux. Un témoin à signaler, tué de la même façon.
Vingt-trois heures cinquante-huit. Troisième cible éliminée par balle dans le même quartier. Aucun témoin à signaler.
Minuit et demie. Quatrième cible éliminée dans une ruelle dans le quartier commerçant, à coups de couteau. Pas de témoin à signa-
— R-Roxas ?
Roxas leva abruptement la tête et fixa la personne qui venait de l'interpeler. Il connaissait cette voix.
Non, non, non, non, non, non…
Xion lâcha son sac à main, tétanisée et stupéfaite. Ses jambes ne lui répondaient plus, sa voix restait bloquée dans sa gorge, seuls ses yeux passaient du visage de son ami, à moitié couvert par une capuche, à la dague qu'il tenait dans ses mains. Une lame luisante, pointue, tachée de sang qui tombait en fines gouttes au sol.
Du sang, du rouge, un corps devant elle.
Même devant un spectacle aussi horrible – un cadavre, du sang du sang du sang – Xion ne pouvait rien faire. Elle fixait de ses yeux horrifiés et incrédules le garçon se tenant devant elle, l'air à la fois choqué et impassible et affligé, espérant au fond d'elle qu'il ne s'agissait pas ce dont elle pensait. Elle porta à peine ses mains à sa bouche, menaçant de se dérober à n'importe quel instant, épouvantée, terrifiée, effrayée-
Roxas la tira par le bras, l'emmena plus au fond de la ruelle et la plaqua violemment contre le mur, un bras à côté de sa tête, le regard le plus froid et assassin possible. Il ne voulait pas, il n'avait rien demandé, comment, que faisait-elle ici aussi tard, pourquoi, pourquoi…
— Tu n'as rien vu ce soir, compris ? ordonna-t-il sur un ton qu'il voulut moins tremblant et plus assuré.
— M-Mais Roxas, bégaya Xion, c'est vraiment toi, l'Ange des Ténèbres ?
Tout concordait, évidemment. Le manteau noir, la petite taille, la dague, la chevelure blonde. Tout, tout, tout. Ni l'un, ni l'autre ne pouvait nier ces faits, ces évidences même.
Roxas ne lui répondit pas. Il ne lui répondrait pas. Il garda la tête baissée, serrant le manche de son couteau, ignorant le fait que le sang de sa cible s'y trouvait toujours, ignorant le fait que sa main touchait aussi la lame, ignorant le fait que son propre sang se mélangeait à celui de l'homme qu'il venait de tuer.
Il ne se sentait pas capable de regarder dans les yeux celle qui le considérait comme son ami. Impossible, infaisable, totalement inconcevable, il ne pouvait pas.
— Putain, je suis vraiment maudit, hoqueta-t-il.
— Roxas, pourquoi fais-tu ça… ? risqua Xion, sentant toute son énergie s'évanouir rien qu'en associant tous ces événements et faits et révélations et vérités.
Roxas cogna son poing contre le mur et lui lança un regard noir, semblant retrouver ses esprits, mais encore tellement fragile, brisé, faible.
— Ca ne te regarde pas ! s'écria-t-il alors que Xion sursauta. Pas un mot ne sort de cette ruelle, et tu ne m'as pas vu ce soir.
Le Numéro XIII jura violemment avant de ranger son arme et de partir pendant qu'il était encore temps, avant que Xion ne lui pose d'autres questions, avant que d'autres membres de l'Organisation ne le voient, avant qu'il n'éclate lui-même. Il courut, courut, voulant s'éloigner le plus possible de cet endroit, de ce lieu abritant un trop lourd secret. Il monta en vitesse sur sa moto et conduisit sans réfléchir, sans faire attention, jusqu'au bâtiment où il devait retourner. Il ne se retourna pas, ne pensa pas aux conséquences ni à ce qu'il venait de se passer, ne se focalisait que sur sa course-
Règle d'or de l'Organisation : tuer tous les témoins.
Minuit et demie, pas de témoin à signaler.
Je sais que ça peut paraître cruel de laisser un tel cliffhanger avant ma pause. T.T Néanmoins, j'espère que vous avez aimé ce chapitre, et n'hésitez pas à laisser des reviews, qui sont toujours les bienvenues.
