Et voilà le chapitre 8, pour vous régaler, mes demoiselles.
Nous nous rendons compte, vu les confusions des lecteurs, que nous n'avons pas fourni de description des Edenson. Pour faire court, April est rousse (et non pas blonde), Colin est blond et Thomas et Elena ont les cheveux noirs.
Tous les personnages (sauf les Edenson) et le contexte appartiennent à Stephenie Meyer.
Chapitre 8 : Confusion
Le lendemain, je me réveillai assez tôt. Ma nuit avait été peuplée d'étranges rêves dans lesquels Tanya me poursuivait dans une forêt. A chaque fois que je pensais l'avoir semée, la voie mielleuse d'April me susurrait : « Tu n'y arriveras pas, Bella. »
Après m'avoir embrassée, Edward partit chez lui pour se préparer. Je me douchai rapidement, enfilai l'un des jean rapportées par Alice (cette fois, j'avais bien fait attention à ne pas regarder la marque) et un énième col roulé, bleu foncé cette fois. J'avalai mon petit déjeuner, et, dès que Charlie partit, je me précipitai dehors à la rencontre d'Edward, qui m'attendait dans sa Volvo grise, devant la maison. Il m'ouvrit galamment la porte, puis démarra en trombe.
-J'adore la couleur de ton pull, me complimenta-t-il.
-Merci, répondis-je en rougissant.
Gênée par l'intensité de son regard, je détournai la tête. Sans que je m'en rende compte, mes yeux tombèrent sur un endroit où je m'interdisais généralement de regarder lorsqu'Edward conduisait : le compteur de vitesse.
Immédiatement, je palis. Pour me calmer, je me mis à compter mentalement. Arrivée à quatre cent soixante dix-huit, nous arrivâmes au lycée.
*
Point de vue : Tanya
Mon téléphone sonna.
« - Oui ? demandais-je
- Ils sont arrivés.
- Parfait. Débrouilles-toi pour trouver...
- Oui, je sais. Je te l'apporterais ce soir.
- Je dois y aller. Salut
- Salut.
*
Point de vue : Bella
Il était assez étrange de constater le contraste entre l'angoisse des derniers jours et l'ambiance tendue présente. La cause en était évidemment les Edenson. Edward avait toujours la fâcheuse manie de vouloir changer de pièce à chaque fois que l'un d'entre eux apparaissait, ce qui n'était guère pratique quand nous devions suivre les mêmes cours. Il était tendu en permanence, a l'affut du moindre signe dangereux, prêt a se sauver, moi dans ses bras. J'avais beau employer tous les moyens possibles et imaginables pour le détendre, il ne cessait de se montrer hostile à toute présence vampirique étrangère. Il finit par se rendre compte que son attitude m'effrayait plus qu'autre chose, et il consentit enfin à décontracter ses muscles. Mais je le connaissais assez bien pour savoir qu'il guettait toujours le plus petit mouvement suspect.
Mais les cours où il n'était pas présent étaient encore pires. La peur revenait à grand pas, et je devais faire des efforts pour ne pas me conduire exactement comme Edward, ce qui aurait alerté Angela. Heureusement, ces heures étaient peu nombreuses. Il n'y avait que les maths (je détestait encore plus cette matière depuis) et l'histoire. Pendant ces cours, je prenais soigneusement des notes, me raccrochant à tout ce qui n'était pas le regard d'April où de Colin braqué sur moi. Edward, lui, était encore plus angoissé que moi. Il m'avait avoué qu'il ne suivait plus ses cours (non qu'il en eut besoin) pour nous espionner, généralement par l'intermédiaire du professeur.
Le moment le plus drôle de la journée fut tout de même le repas. Arrivés à la cafétéria, les Edenson ont put voir que la table qu'ils occupaient habituellement était déjà utilisée par toute la famille Cullen, ainsi qu'Angela, Ben et moi.
Je fus tout de même soulagée que la journée se termine et appréhendai déjà les cours du lendemain. Edward me ramena à la maison et nous nous installâmes à la table de la salle à manger pour faire nos devoirs respectifs (inutile de préciser qu'il finit les siens bien avant moi). Au bout d'un moment, je voulus réviser mon cours d'histoire. Mon intuition me disait qu'une interro surprise se profilait. Mais quand je cherchai mes notes, je ne les trouvai pas.
- Un problème ? me demanda Edward.
- Non... C'est juste que je ne trouve pas mes notes d'histoire.
- C'est quoi le sujet ?
- La première guerre mondiale.
- Pas besoin de notes alors ! Je peux te raconter, ajouta-t-il avec un sourire malicieux.
Je rangeai mes affaires en soupirant mes affaires. Mais je dus avouer qu'il était très agréable de s'entendre raconter cette période de l'histoire par quelqu'un qui l'a vécu. Surtout quand cette personne vous caresse en même temps la main en vous couvant de son regard si doux.
*
Point de vue : Tanya
Mon portable sonna de nouveau.
« - Tu l'as ? demandais-je.
- Oui. Je rentre. Passe chez moi, je te le passerai. Et ce sera à toi de jouer.
- D'accord. Surveille tes pensées. Ce serait dommage d'être trahi par son propre cerveau.
- T'en fais pas. J'ai fait attention. Tanya ?
- Oui April ?
- Tu crois que ça va marcher ?
Un grand sourire naquit sur mes lèvres
- J'en suis certaine. »
*
Point de vue : Bella
La journée avait pourtant bien commencé.
Quand je m'étais réveillée, Edward était à mes côtés. Après m'avoir longuement embrassé longuement il était parti et j'étais descendue à la cuisine en titubant légèrement.
Il était revenu me chercher pour m'emmener à l'école (j'utilisais de moins en moins ma camionnette).
Thomas Edenson n'avait pas jette un regard à Angela de la journée. Alice n'avait pour l'instant prévu aucune sortie shopping.
J'avais retrouvé mes notes d'histoires. Mais c'était bizarre tout de même. J'avais déjà cherché plusieurs fois dans mon classeur à la maison. C'était comme si elles s'étaient volatilisées pour réapparaitre exactement à l'endroit où elles étaient censées être. Mais bon. Je tirai un trait sur l'histoire en me traitant mentalement de paranoïaque.
J'entrai en cours d'anglais. Je partageais ce cours avec Jessica et Mike, qui – heureusement – savait garder ses distances.
Tout en écoutant d'une oreille les jacassements hystériques de Jess, je balayai la salle du regard à la recherche d'April Edenson, qui était assise deux rangs derrière moi. Je préférais la garder en vue, des fois que...
Mon regard croisa celui de Mike. Il avait le regard étrange d'un enfant le jour de Noël. Et il y avait autre chose. Quelque chose de différent. Mal à l'aise, je détournai les yeux.
*
Point de vue : Tanya
Le téléphone sonna.
- Tu l'as fait ? demandais-je
- Oui.
- Génial. Maintenant, c'est la phase la plus dangereuse. Tout repose sur les épaules de l'humain.
- T'en fais pas.
- Et surtout...
- Oui, je surveillerais mes pensées.
*
Point de vue : Mike Newton
Mike,
Cela fait longtemps que j'essaye de t'écrire. Mais je n'en ai jusque là pas eu l'occasion.
Je me suis rendu compte d'un truc que j'aurais du comprendre il y à longtemps : je t'aime.
Depuis le premier jour j'ai succombé à tes charmes. Mais j'ai eu peur de ce que je ressentais, et j'ai pensé t'oublier en sortant avec Edward. J'avais tors.
Aujourd'hui, je m'en mors les doigts. Parce que j'ai peur d'Edward. Il lui arrive de se montrer... violent. J'ai peur que, si je le quitte, il ne me fasse du mal, ou pire, il ne t'en fasse à toi.
Surtout que je ne suis pas sûre de ce que tu ressens pour moi.
La balle est dans ton camp, Mike. À toi de me montrer si tu m'aimes où pas. J'attendrais que tu me fasses signe.
Je t'aime de tout mon cœur
Ta Bella.
Wow. C'est tout ce que j'avais à dire.
Enfin ! Enfin elle revenait à la raison. Enfin elle comprenait qu'elle m'aimait !
Attendez... c'est pas une blague, j'espères. Non, c'est son écriture.
Mon regard survola la salle et croisa le sien. Rien qu'une seconde. Elle détourna les yeux, gênée. Ah ! C'était la preuve que je lui faisais de l'effet, non ?
Je relus une phrase de sa lettre :
«Il lui arrive de se montrer... violent ».
Ca ne m'étonnait pas vraiment. Je l'avais toujours mal senti, ce Cullen. Il était dangereux. J'avais déjà essayé d'en parler à Bella. Mais apparemment, elle l'avait compris toute seule.
« J'attendrais que tu me fasses signe »
Elle voulait savoir si je l'aimais. Elle allait être servie. J'allais me débrouiller pour que notre relation devienne officielle le plus rapidement possible.
*
Point de vue : Bella Swan
L'heure du déjeuner était arrivée. Je sortis précipitamment de la classe, m'attendant à trouver Edward devant, comme d'habitude. Mais, malchance, il n'était pas là. Pourquoi ? Son professeur l'avait il retenu ? C'était peu probable, mais possible. En soupirant, je m'adossai au mur et l'attendis. A ma grande surprise, ce ne fut pas la voix de mon vampire qui me fit lever la tête, mais celle de Mike.
- Salut Bella.
- Salut Mike.
Comme le matin il y avait dans son regard cette différence, presque de l'avidité.
A ce moment là, il commis l'impensable.
Il m'attrapa les épaules, me plaqua contre le mur et m'embrassa.
Surprise, je restai immobile. Les lèvres de Mike forcèrent les miennes, son haleine envahit ma bouche. Je me débattis, et il me relâcha. Il recula d'un pas, l'air très content de lui.
C'est alors que celui qui se tenait derrière Mike, celui qui avait sûrement assisté à toute la scène apparu dans mon champ de vision. Ses traits marmoréens étaient tordus par la souffrance, ses prunelles dorées n'exprimaient que douleur.
- Edward... murmurais-je.
Son regard se posa sur moi rien qu'une seconde, puis il tourna les talons.
-EDWARD ! hurlais-je.
Il ne se retourna pas.
La journée avait pourtant bien commencé.
*
Point de vue : Tanya
Le téléphone sonna (oui, encore).
- Ca a marché ?
- Oui, répondit April. Et même au delà de nos espérances.
- C'est à dire ?
- Ce crétin d'humain l'a embrassée.
- Edward les a vu ?
- Oui.
- Génial !
- N'est-ce pas ? Et le mieux, c'est que comme l'humain croit dur comme fer que Bella l'aime, et que Edward ne peut pas lire dans les pensées de Bella...
- Lui aussi pensera que Bella aime Mike.
- Exact.
- April, j'avoue que tu es un génie. Ton plan à parfaitement fonctionner. J'aurais du mal à gagner Edward lorsque nous cesserons d'être alliées.
- Mon don m'aide beaucoup.
- Mais j'ai quelques plans en réserve.
- J'y compte bien ! Je déteste les victoires faciles.
- ... Quelqu'un vient. Je dois te laisser. Et n'oublies pas de...
- ... surveiller mes pensées.
Point de vue : Edward Cullen
J'avançais. Non, je traçais. Je fendais la foule dans les couloirs, à vitesse à peine humaine.
La souffrance pulsait dans mes veines, comme si mon cœur s'était remis à battre pour mieux être brisé. Je sentais mes forces me quitter à vitesse grand V. Je n'aspirais qu'à une chose : m'effondrer par terre et hurler. Cela m'était impossible.
Je savais que Bella était derrière moi, je savais qu'elle me poursuivait. Je savais aussi qu'il n'y avait aucune chance pour qu'elle me rattrape. Je ne le voulais pas, de toute façon. J'avais besoin d'être seul.
Dans ma tête se rejouait sans cesse la scène : Mike Newton, embrassant Bella. Mais le pire était dans sa tête. Ses pensées étaient très expressives.
Bella l'aimait.
Et elle avait peur de moi.
Après tout, c'était naturel, on ne peut plus normal. Il était humain, pas moi. La partie s'arrêtait là. Il pouvait lui offrir des choses que je serais, de par ma nature, incapable de lui donner : un avenir, des enfants. Elle ne m'avait jamais réellement aimé. D'ailleurs, c'était compréhensible, humain. Qui s'amouracherait d'un monstre ?
Mais il la méritait si peu. Pour lui, les filles étaient interchangeables. Bella représentait un défi pour lui. Il croyait l'aimer, mais il ne connaissait rien de l'amour. Leur histoire durerait quelques mois, et puis ils se sépareraient. Il la laisserait tomber, comme un déchet que l'on jette à la poubelle, comme si elle n'était pas la fille la plus parfaite de l'univers. Une fois qu'il aurait assouvit les fantasmes écœurants qui peuplaient son esprit, ce serait fini. Il ne lui rendrait vraiment pas justice.
Oui, mais lui, il pouvait rester près d'elle sans que du venin envahisse sa bouche, sans que ses muscles ne se bandent, sans avoir envie de la tuer. Il ne la mettait pas en danger par sa seule présence, ne l'obligeait pas à nier son humanité. Elle pourrait aller à l'université, se marier, avoir des enfants, vivre sa vie, et ensuite mourir, comme cela devait être. Elle pourrait continuer a voire sa famille, ses amis, et aurait un régime alimentaire normal. Elle ne passerait pas les prochaines années à essayer de contrôler sa soif. Elle ne se transformerait en tueuse, en monstre. Mike ne la méritait pas, c'est vrai, mais il la méritait cent fois plus que moi.
Cette simple constatation déclencha une vague de douleur encore plus puissante que les autres. Elle commença dans ma poitrine puis se répandit dans tous mes membres très lentement. Je m'arrêtai aussitôt de marcher. La souffrance exigeait toutes mes forces. Je pouvais à peine me tenir debout. Un rapide coup d'œil autour de moi m'appris que j'étais arrivé en bordure de la forêt.
J'entendais, derrière moi, Bella hurler :
- Edward !!!
Je ne me retournai pas. Je savais qu'a l'instant où mes yeux croiseraient les siens, je ne pourrai plus me retenir. J'accomplirais les deux choses qui me semblaient les plus urgentes.
D'abord, l'embrasser.
Ensuite, tuer Mike Newton.
J'avançai encore, plus vite, et dès que je fus sûr d'être seul, je me mis à foncer à vitesse vampirique. Je n'avais aucun but aucune destination précise. Je courais, essayant de chasser la douleur, de la semer derrière moi. Il pleuvait à présent. J'entendais chaque goutte tomber sur le sol, pareil au son des larmes que je ne pouvais plus verser. Chaque bruit faisait revenir la souffrance à grands pas.
Plic, plic, plic.
Bella, Bella, Bella.
Qu'allais-je faire sans elle ? Pouvais-je seulement continuer à vivre ? Non. La réponse était nette. J'avais déjà fait l'expérience d'une vie sans elle, et j'avais bien faillit ne pas m'en relever. Je savais pertinemment que l'existence qui m'attendait n'avait rien d'une vie. Que pouvais-je faire ? La réponse la plus évidente était de tuer Mike. A cette seule idée, du venin emplit ma bouche. C'est ce que j'allais faire, c'est ce que j'allais faire, c'est ce que...
Non.
Si je faisais ça, je perdais toutes mes chances de reconquérir Bella.
Voilà, j'allais la reconquérir.
Non.
J'avais passé tout mon temps avec elle a essayer de la convaincre que j'étais dangereux, que dans son intérêt, il ne fallait pas qu'elle me fréquente. J'avais désespérément tenté de la quitter, afin de la protéger. J'avais tout fait pour qu'elle se désintéresse de moi.
J'avais voulu qu'elle me quitte.
La douleur qui pulsait de ma poitrine devint insupportable. Je tombai à genoux en hurlant. Je n'avais aucune idée de l'endroit où j'étais, ni aucune notion du temps. Je savais juste que j'étais un cadavre. Sans âme. Et sans cœur. Je pleurais, ou plutôt j'émettais de gros sanglots. De loin, on aurait pu confondre la pluie qui ruisselait sur mon visage avec des larmes. Je ne pouvais pas parler, si ce n'est pour murmurer son prénom, que seuls les arbres pouvaient entendre.
- Bella... Bella...
Je restai sûrement longtemps ainsi. Puis, la pluie s'arrêta. Il faisait nuit. Je me relevai. J'étais trempé. Inconsciemment, mes pieds me portèrent vers l'endroit où j'avais passé mes dernières nuits.
La maison Swan.
Je ne savais pas pourquoi j'y allais. Je savais juste qu'il était inutile de m'en empêcher. Je voulais la revoir une dernière fois.
Ensuite, je partirais.
Ma vie ici n'avais plus aucun sens.
Arrivé en vue de la demeure, je ne pu que me montrer surpris.
La fenêtre était ouverte.
Invitation ou habitude ?
Habitude.
J'escaladai en quelques instants le mur et entrai dans sa chambre.
Je faillit ne pas la voire.
Elle était recroquevillée sous la fenêtre, en position fœtale. Des traces de larmes recouvraient ses joues –et je me demandai quelle en était la raison. Elle était encore tout habillée, portant y compris ses chaussures.
Sa seule vue chassa presque entièrement la douleur, remplacée par une vague de tendresse. Doucement, je la soulevai et la portai dans son lit où je la déposai le plus délicatement possible. Puis, je m'affairai à lui retirer ses bottes.
Je la senti se réveiller. Une légère accélération de son rythme cardiaque et de sa respiration me l'indiqua. Pourtant, je ne partis pas. Peut être parce que je pensais que cette confrontation était inévitable. Ou alors parce que j'étais tout simplement incapable de m'en aller.
Elle ouvrit les yeux. Je la sentis se raidir, puis, doucement, elle prononça mon nom. A la manière d'une prière.
- Edward...
Je me figeai. Sa présence avait chassé presque toute la souffrance, mais le peu qui en restait était déjà trop dur à supporter. Je m'appliquai à ne pas montrer mes sentiments, à rester froid. C'était quasiment impossible. Par ma seule attitude, la douleur redoublait d'intensité. Il m'était inadmissible de lui parler en sachant qu'elle se fichait bien de se que je pourrais lui dire. J'étais si proche d'elle. Elle était à présent assise sur le lit, à une distance presque infime de moi, une distance que je n'aurai aucun mal à combler. Il ne suffirait que d'un mouvement...
- Quoi ?
Ma voie me parût fausse, désagréable. J'avais l'impression que quelqu'un d'autre parlait par ma bouche.
Ce fut au tour de Bella de se figer. Mes yeux croisèrent les siens. J'y décelais tant de peine, de tristesse, de douleur. Ils étaient étrangement humides, comme si elle allait pleurer.
Sans prévenir, elle se jeta dans mes bras et éclata en sanglots.
- Ca recommence... Ca recommence... balbutia-t-elle.
Surpris, je mis un moment avant de réagir. Je l'enlaçai et enfouillai me tête dans ses cheveux.
- Qu'est-ce qui recommence ? Murmurais-je.
La voire pleurer était insupportable. Il fallait que je la rassure, que je la console, mais je devais pour cela connaître les raisons de sa peine.
- Ca recommence... comme quand tu es... par...par...
Je savais ce qu'elle voulait dire. Un mot qui blesse tant : partit. Je me souvins alors. Les pensées de Charlie, celles de Jacob, d'Angela... Je la revoyais lors de mon absence : un zombi. Un cadavre ambulant. Sa souffrance, implacable, qui avait aussi été la mienne, était une preuve en elle même.
Elle m'avait aimé.
Ses larmes, ses mots, où plutôt le fait qu'elle n'arrivait pas à les prononcer, étaient en étaient aussi une.
Elle m'aimait.
A cette prise de conscience, toute la douleur reflua. Mieux, il me semblait qu'elle n'avait jamais existé.
Je me rendis en même temps compte de ce que j'avais fait subir à Bella. Si, effectivement, elle m'aimait (car il me restait encore un doute), j'avais dus la blesser. Horriblement.
Je la berçai dans mes bras, en lui murmurant à l'oreille :
- C'est fini Bella. Tout va bien. Je ne partirai pas. D'ailleurs, je ne pense pas que j'en suis capable, même si tu me le demandais. Je t'aime bien trop pour ça.
Au fur et à mesure que je lui parlais, elle semblait se calmer. Après une grande inspiration, elle releva la tête vers moi.
- Ne fais plus jamais ça.
- Promis, soufflais-je.
Nous restâmes longtemps ainsi, les yeux dans les yeux. Quand finalement je la plaquai contre moi, me détournant de son regard chocolat, je pus enfin réfléchir convenablement.
- J'ai vu...
- Oui ?
- Dans l'esprit de Mike.
- Quoi ?
- Il croit dur comme fer que tu l'aimes.
Elle me regarda dubitative.
- Comment il en est arrivé à penser ça ?
- Apparemment, tu lui aurais envoyé une lettre.
- Quelle lettre ?
Je soupirai. Il m'était pénible d'y repenser.
- Une lettre où tu lui expliques que tu l'aimes, que tu es sortie avec moi pour l'oublier, que tu n'es pas sure de ses sentiments et que tu attends qu'il te fasse signe, débitais-je d'une seule traite.
J'avais volontairement omis la partie sur ma violence potentielle. Ce n'était vraiment pas le moment de lui rappeler la partie monstrueuse de ma personnalité.
Elle colla de nouveau sa tête contre mon torse. Je frémis à ce simple contact, mesurant à sa juste valeur la chance que j'avais de la tenir dans mes bras.
- Comment as-tu put croire une chose pareille, chuchota-t-elle.
J'hésitai à lui répondre, puis je me jetai à l'eau.
- Je n'ai jamais compris ce que tu me trouvais. Non, attend, laisse moi finir, ajoutais-je en voyant qu'elle était sur le point de m'interrompre. Je n'ai jamais compris comment tu pouvais être attirée par moi en connaissant ma vraie nature. Alors, quand j'ai lu dans la l'esprit de Mike que tu l'aimais –je fermai les yeux, tant il m'était difficile de prononcer ces mots – ça m'a parût... logique. Après tout, il est humains, et pas moi. Il n'y a pas de comparaison possible.
- Tu as raison, il ne tient pas la distance, dit Bella. Et si tu avais un tant soi peu confiance en toi, tu t'en rendrai compte, et ça nous aurai évité tout ça.
- Ce n'est pas tout.
- Qu'y a-t-il ?
- J'ai vu la lettre dans sa tête.
- Et alors ?
- C'était ton écriture, Bella.
Elle se crispa soudain dans mes bras, puis se débattit pour se libérer de mon étreinte. Surpris, je la lâchai. Elle se leva, puis se précipita vers son sac de cours.
- Je t'ai dit que je ne trouvais pas ma feuille d'histoire. Et bien je l'ai retrouvée exactement à l'endroit où elle aurait dut être, expliqua-t-elle en farfouillant dans sa besace.
Après quelques secondes, elle en sortis une feuille. Elle me l'amena, puis me demanda :
- Quelles odeurs sent-tu dessus ?
Je reniflai ma feuille et me concentrai. Il y avait, bien évidemment, l'odeur exquise de Bella. Plus ténue, l'odeur de Jessica, sa voisine de table. Et puis...
Deux autres odeurs.
Très reconnaissables.
April.
Et Tanya.
Je fermai les yeux.
Point de vue : Bella
Edward avait fermé les yeux. Il ne semblait pas respirer. Je le connaissais assez bien pour savoir qu'il contenait une réaction instinctive.
Qu'avait-il bien pu sentir sur cette feuille ? J'avais quelques soupçons. Soupçons qui se transformaient peu à peu en certitudes.
Qui était assez rapide pour prendre ma feuille de mon classeur puis la remettre en place sans que je l'en aperçoive ?
Qui avait suffisamment de talent pour imiter mon écriture de manière si parfaite que même Edward s'y était laissé prendre ?
Qui se trouvait deux rangs derrière moi en cours d'histoire ?
Je rangeai ces questions dans un coin de ma tête. Bien assez tôt, je saurais le fin mot de l'histoire.
En attendant, je restai tendue, attendant une réaction de la part d'Edward. Réaction qui ne venait pas.
- Edward ?
Il ouvrit brusquement les yeux et les braqua sur moi.
- Ca te dérangerait de perdre quelques heures de sommeil ?
- Ba... Non.
- Alors met tes chaussures et grimpe.
Je cherchai mes bottes du regard (il avait dut me les enlever). Mon vampire me les tendit. Je les enfilai rapidement, puis montai sur le dos d'Edward. Il affichait plusieurs expressions que je n'arrivais pas à mettre en relation : la déception, la férocité, et surtout une grande détermination.
Il sauta par la fenêtre et courût à travers les bois, en ce qui me semblait être la direction de la villa Cullen. Sur le –court – chemin, je l'interrogeai :
- Qu'est-ce que tu as sentis ?
- Je veux d'abord être sûr, me répondit-il après une hésitation.
Nous arrivâmes en vue de la villa. Il me reposa par terre, puis me prit tendrement la main.
Avant que nous ayons put faire un seul mouvement, la porte s'ouvrit violemment, et une tornade blanche et noire –que j'identifiai comme Alice - fonça sur nous.
- Edward !!! Ne refais jamais ça !!! Si jamais tu t'en vas encore, je te jure que je te tue et que je tue Bella après !!!
- C'est bon Alice, tu n'auras à tuer personne.
- Tu plaisante j'espère ?!? Quand j'aurai trouvé la personne qui a fait ça, je la couperai en morceau, très lentement...
- Je crois savoir qui c'est, intervint Edward.
Alice le regarda, les sourcils froncés.
- Tu as bien de la chance ! Moi, je n'ai rien vu du tout. A croire que la personne qui a fait ça sait exactement quoi faire pour bloquer mes visions !
- C'est le cas... murmura-t-il.
Puis, contournant notre lutin préféré, il m'entraina avec lui dans la maison.
Tous les Cullen ainsi que les Denali étaient réunis dans le salon. Quand Tanya vit Edward, son visage s'éclaira. Puis elle m'aperçu, à moitié cachée derrière lui. Elle me lança alors un regard si chargé de haine que, d'un mouvement instinctif, je me décalai d'un pas pour échapper à son champ de vision. Edward m'attira contre lui et passa sa main autour de ma taille.
- Edward ! S'écria Esmée.
Elle se précipita vers nous et nous enlaça à tours de rôle. Apparemment, Alice avait fait part de ses visions à l'ensemble de la famille.
De son côté, la petite vampire s'impatientait.
- Allez, Edward, dit nous ce que tu as découvert.
- Ouais, explique frère, parce que moi, je pige rien à rien, renchérit Emmett.
Après s'être accordé un bref sourire, Edward commença son récit.
- Apparemment, quelqu'un à écrit une lettre à Newton en imitant l'écriture de Bella.
- Qui aurai bien put faire ça ? demanda Carmen, surprise.
Après lui avoir jeté un coup d'œil, il repris comme si personne ne l'avais interrompu.
- Cette personne à volé une feuille de cours de Bella pour apprendre à écrire comme elle. J'ai sentis cette feuille.
- Alors ? demanda Rose, un air féroce sur le visage.
- J'ai sentis l'odeur de Bella, bien sur, ainsi que celle de Jessica Stanley.
- Tu penses que c'est elle, intervient Alice, dubitative.
- Non, c'est juste sa voisine de table. J'ai sentis deux autres odeurs.
Il prit une grande inspiration.
- D'abord, celle d'April Edenson.
- Je vais la massacrer ! Hurla Alice, furieuse.
Son frère l'arrêta d'un geste de la main.
- Ce n'est pas tout.
Un silence quasi religieux se fit. Tout le monde était pendu aux lèvres de petit ami.
Son regard se ficha dans celui de la vampire blonde assise sur la canapé.
- J'ai aussi sentis ton odeur, Tanya.
Un silence brutal s'installa dans la pièce. Nous avions tous les yeux rivés sur Tanya. Avec tous la même incrédulité dans le regard. La même déception. La même envie de meurtre, aussi.
Elle allait s'effondrer sous le poids des révélations. Elle allait jouer la comédie. Faire celle qui regrette. Elle ne pouvait pas nier, c'était impossible...
Tanya redressa fièrement le menton. Dans ses yeux brillaient une lueur d'indignation presque parfaitement authentique. Presque.
- Quoi ?! S'écria-t-elle. Ce... C'est impossible. C'est un coup monté !
Elle mentait encore mieux avec sa voix qu'avec ses yeux.
- Nierait-tu ta responsabilité dans ce qui c'est passé cet après-midi, Tanya ? Murmura Edward d'une voix si douce qu'elle en sonnait d'autant plus menaçante.
- Oui je nie, vociféra-t-elle. Je nie tout en bloc. Je n'ai jamais pris part à ce complot. C'est un coup monté d'April Edenson. Ou même...
Ses yeux se mirent à briller d'une lueur cruelle.
- C'est peut-être un coup de ton humaine ! Elle peut très bien avoir inventé ça seule ! Pour nous discréditer April et moi ! Elle veut gagner sur les deux tableaux, t'avoir toi et Newton aussi !
C'en était trop. Elle pouvait m'insulter, me blasphémer, mais pas porter outrage à l'amour que je portais à Edward. Surtout pas ici, surtout pas en ce moment, surtout pas après ce qui c'était passé par sa faute.
- Espèce de... hoquetais-je.
A ma grande frustration, Edward me coupa la parole et je ne pus terminer ma phrase.
- Tu peux débiter tous les mensonges que tu voudras Tanya, tes pensées te trahissent.
- Mais qui nous dit que tu écoutes mes pensées, rétorqua-t-elle. Qui nous dit que tu ne dis pas simplement ce que tu as envie d'entendre.
Edward ouvrit la bouche, certainement pour proférer l'insulte que je n'avais pas pu prononce lorsque...
- Non.
Tout le monde, un air surpris sur le visage, se tourna vers la source de la voix.
C'était Kate. Voyant que tout le monde la regardait, elle baissa les yeux et sembla soudain absorbée par la contemplation de ses chaussures –très belles chaussures.
Edward, quant à lui, arborait un air triomphant.
- Vas-y, Kate, raconte nous tout.
Cette dernière leva la tête. Son regard papillonna entre moi, Edward et Tanya, puis, se replongeant dans l'admiration de ses escarpins, elle nous expliqua :
- Je t'ai entendu parler au téléphone avec April.
- Kate, tu...
- Tu lui demandais si elle avait réussit, si ça avait marché...
- Tais-toi !
-... et elle te répondait que Mike avait embrassé Bella...
- Kate, je te promet que...
- ... et tu lui disais que tu aurais du mal à lui ravir Edward après.
Tanya poussa un hurlement de rage qui me fit grimacer. Pendant tout ce temps, Kate n'avait pas daigné de lever les yeux. La vampire blonde bougea, trop vite pur que je le vois. Le temps que je cille, Edward se trouvait devant moi, à moitié accroupis, en position d'attaque, et Tanya était immobilisé par Emmett et Jasper.
Enfin, Kate ficha ses yeux dans les miens et m'adressa un regard suppliant :
- Désolée de ne pas l'avoir dit plus tôt, Bella, mais tu comprends, Tanya est ma sœur...
- Excuses acceptées, articulais-je.
J'accompagnai mes paroles d'un sourire pour bien lu montrer que je ne lui en voulais pas.
Tanya réussit à force de se débattre à se dégager de l'emprise d'Emmett et de Jasper. Pendant un instant de panique, je crus qu'elle allait se jeter sur moi. Edward dût en arriver à la même conclusion, car il poussa un grognement guttural qui n'avait rien – mais vraiment rien – d'amical.
Avec un hurlement de rage, Tanya se détourna de moi et sortit en trombe de la villa.
- Ou est-elle allée ? demanda Carmen à Edward.
Dans ses prunelles mordorées, on lisait le choc ainsi que l'indignation devant le comportement de sa sœur.
- Elle retourne à Denali, expliqua mon amoureux.
Carmen hocha la tête.
- Nous ferions mieux de la rejoindre, murmura-t-elle.
- Laissez lui d'abord le temps de se calmer, conseilla Alice.
- D'accord.
Maintenant que Tana était partie, que l'affaire était résolue, je sentais la fatigue me rattraper. J'étouffai – mal – un bâillement.
- Je ramène Bella chez elle, dit aussitôt Edward. Attendez que je sois revenu pour faire vos valises.
- Bien sûr, murmura Eléazar.
Aussitôt, Edward le fit grimper sur son dos. Il paraissait prêt à partir, puis il se détourna.
- Prévenez April que son plan a échoué, dit-il. Ce serai dommage qu'elle se fasse de faux espoirs.
Alice sauta sur ses pieds.
- Je m'en charge, dit-elle d'une voix belliqueuse.
- Je t'accompagne, renchérit Rosalie sur le même ton.
Je n'eu pas le temps de les voir partir – Edward fonçait déjà à travers les arbres.
Voilà le POV Edward promis au chapitre précédant. On espère que vous avez apprécié. Le passage décrivant les sentiments d'Edward a été le plus difficile à écrire, mais Abyss s'en est bien tirée !
Dites nous ce que vous en pensez, ce chapitre est très important pour nous !
Pas de date pour le prochain chapitre, qui est aussi dur à écrire, mais on vous promet de faire vite.
Abyss et Tara
