Notes : légers spoilers venant du livre AFFC. Aucune idée à savoir s'il seront dans la cinquième saison ou non. Comme ces spoilers ne concernent pas la relation entre Brienne et Jaime mais sont nécessaires pour mon histoire, je les laisse mais ne vous précise pas de quoi il s'agit, comme ça, vous ne les verrez peut-être pas :).
Le serment.
Brienne, dont le visage exprimait la confusion et l'angoisse, suivit le régicide qui l'entraînait à grands pas à travers le bosquet en bordure de l'auberge. Le lion n'avait pas lâché son poignet et ne ralentit pas le rythme malgré les branches entravant leur progression.
_ «Jaime, où m'emmenez-vous? bredouilla la jeune femme.
L'homme ne lui répondit pas, raffermissant sa prise sur le bras de la géante et accéléra la cadence. La brise les saisit lorsqu'ils débouchent à la lisière d'un coteau surplombant le village.
_ «Je ne comprends pas.» marmonna Brienne.
Le lion relâcha sa poigne et observa en silence le panorama qui s'offrait à leurs yeux.
_ «Sommes-nous venus ici pour admirer le paysage, Ser?» s'enquit la jeune femme. « J'ai bien peur que de nuit, la vue ne soit à son apogée.»
Le régicide se tourna vers elle avec un sourire.
_ « Je crains que ma personne n'ait déteint sur vous, ma Lady. Vous ne cessez d'ironiser.»
La géante pinça les lèvres et fronça les sourcils, ce qui accentua le sourire du lion.
_ «Ne vous tracassez pas tant Brienne, je puis vous assurer que la faveur a été retournée.» ajouta-t-il avec un clin d'œil. «Je voulais juste m'assurer d'être seul avec vous, sans oreilles importunes pour vous parler.»
La jeune femme redressa la tête. Elle remarqua que le ton du régicide s'était fait plus sombre, de même que son expression. Elle hocha le menton, signalant à l'homme qu'elle était à l'écoute.
_ « Si j'ai accepté la requête de la reine, c'est pour une raison bien précise.» entama le lion. «Mon unique condition était que l'on me cède les pleins pouvoir de décision concernant le meurtre de mon père, Twyin Lannister.»
Il marqua une pause puis observa la jeune femme
«Comme je vous l'ai déjà dit, mon petit frère Tyrion à assassiné l'homme lors de sa fuite pour laquelle j'ai secrètement œuvré. Hors mon cadet à récemment été aperçu sur la côte . Je n'ai nulle intention de le voir capturer mais si cela arrivait...»
_ «Vous risqueriez de tomber pour son évasion.»
Le lion la dévisagea et Brienne nota qu'il avait l'air froissé.
_ «Je me fiche bien que l'on découvre que je suis instigateur de la libération qui a coûté la vie à notre père, je suis responsable de ce meurtre à ma manière. D'autant plus, je doute fort que Tyrion, ce gnome borné que j'apprécie malgré tout, ne m'implique dans sa chute. Mon frère a toujours eu ce sens pour les causes justes vous savez... et il semblerait que j'aie récemment développé un faible pour ce genre de personnes...»
_ «Vous voulez lui sauver la vie!» réalisa Brienne, lui coupant la parole.
Le chevalier porta le regard sur les lueurs parsemées provenant des chaumières en contrebas.
_ «Si ma sœur à le malheur de remettre la main sur mon frère, celui-ci n'en réchappera pas. Elle l'a toujours détesté, elle lui imputerait tous les crimes du monde y compris les siens si elle pouvait, comme l'a fait notre père. Ils lui ont toujours reproché d'être né moitié homme et d'avoir tué ma mère en couche. J'imagine qu'il s'agit plutôt du fait qu'il soit né laid, boiteux et pourtant bien plus intelligent que le reste de sa famille...»
Jaime se retourna vers Brienne.
«En m'assurant pleine autorité sur son jugement, si jugement il y a un jour, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour permettre à Tyrion de continuer à se battre pour vivre et leur prouver à quel point ils se trompent.»
Brienne observa le chevalier avec compassion tandis qu'il se confiait à elle.
_« Cersei croit que je souhaite plus que tout cœur étriper le meurtrier de notre père.» laissa-t-il échapper avec un rire triste. «Voilà ce qu'est la vie d'une famille pourtant si riche qui ne connaît que manipulation et traîtrise, on devient tous plus sournois les uns que les autres et on se vautre dans l'hypocrisie et la débauche»
_ «Vous avez tord, Jaime.» L'interrompit la jeune femme. L'homme la fixa, surpris. «Vous et Tyrion, vous vous ressemblez plus que vous ne semblez le croire. Vous faites passer votre peuple et votre famille avant vous-même.»
Le lion médita un instant puis sourit légèrement.
_ «Peut-être est-ce le cas aujourd'hui. Vous y avez beaucoup contribué Brienne, vous m'avez fait prendre conscience de beaucoup de choses.»
_ «Je vous ai juste fait comprendre que vous étiez un imbécile arrogant à l'ego démesuré, rien de plus. Ce que vous êtes aujourd'hui, vous l'étiez déjà auparavant. N'oubliez pas, qui a été blâmé durant tant d'années pour avoir voulu sauver son royaume?»
_ «Aerys...» souffla le régicide .
Brienne hocha le menton. Le lion observa à nouveau le spectacle de la nuit tombante qui s'offrait à leurs yeux puis posa sa patte valide sur l'épaule de la jeune femme.
_ «Il n'empêche, Brienne, malgré la tête de mule incorrigible que vous êtes, votre tronche bougonne et nos malheureuses aventures...»il regarda son moignon, « Vous ne m'avez jamais laissé tomber, vous m'avez fait prendre conscience d'une nouvelle dimension de la loyauté et de l'amitié.»
_ «Nous sommes amis?» s'exclama la jeune femme en se tournant vers lui., les yeux embués de larmes.
_ «Parce que vous en doutiez?» répondit le lion tandis qu'il raffermissait sa pression sur l'épaule de la géante.
Avant que le chevalier n'ait eu le temps de réagir, la jeune femme l'attrapa brusquement par les épaules et l'attira à elle, le serrant avec force entre ses bras. Stupéfait, le régicide n'opposa aucune résistance. Quelques instants plus tard ses bras vinrent se poser à leur tour dans le dos de la pucelle. Elle avait fourré son nez dans son épaule et il la sentit tressaillir contre lui. Il comprit alors que la jeune femme était en train de pleurer. Son cœur se serra dans sa poitrine. C'était la première véritable fois que la guerrière se laisait aller devant lui, peut-être même la première fois de toute sa vie. Pauvre âme que les épreuves de la vie avait forcé à devenir solitaire endurcie et sans ami. Il serra à son tour la jeune femme contre lui et posa son menton sur son épaule, l'avantage d'avoir affaire à une femme un peu plus grande que lui.
La g"ante renifla et s'essuya les yeux d'un revers de la main.
_ «Je suis désolée.» bredouilla-t-elle, embarrassée.
Elle tenta de s'écarter mais le lion la maintint contre lui. Il avait fermé les yeux et soupira doucement. Sa barbe chatouillait la joue de la jeune femme.
_ «Jaime?»
_ «Il n'y a pas de honte à pleurer Brienne, cela arrive même aux plus grands rois.»
_ «Je ne pleurais pas.»
_ «Ça c'est ma tête de mule!» s'amusa le lion.
La jeune femme essaya de se dégager une nouvelle fois mais l'étreinte de l'homme ne faiblit pas.
_ «Jaime, votre sœur va vous attendre… De plus, elle doit probablement vous manquer.»
Le régicide s'écarta brusquement, comme piqué à vif. Son visage affichait une expression outrée. La jeune femme se sentit paniquer, elle n'aurait pas dû aborder ce sujet avec le lion.
_ «Est-ce vraiment ce que vous pensez?» l'interrogea le chevalier, visiblement en colère.
_ «Vous savez ce que je pense de votre affaire avec… ne me forcez pas à le dire, Jaime. Mais je suis votre amie, vous l'avez dit vous même. Aussi, en tant qu'amie, je m'inquiète pour votre bonheur.» répondit Brienne, plus droite qu' un tronc d'arbre.
_ «Idiote !» murmura l'homme dépité avant de saisir la jeune femme entre ses bras et de la presser avec ferveur contre lui. «Ne me parlez plus de Cersei, je ne veux même plus entendre un mot à son sujet, rien que l'évocation de son nom éveille à chaque fois en moi colère et dégoût. Ne gâchez plus les bons moments qu'ils nous restent.
Brienne, interdite, n'osa plus bouger, elle demeura rigide, les bras tendus le long du corps. Le lion avait pressé sa joue contre la sienne et sa main gauche était remontée contre l'omoplate de la jeune femme, le bras droit posé dans le creux de son dos. La géante sentit son cœur s'emballer si fort qu'elle prit peur que le chevalier ne puisse le sentir au travers de ses vêtements. La barbe de l'homme taquinait sa peau à nouveau et Brienne se vit rougir si fort qu'elle craignit que la chaleur se dégageant de ses joues ne la fasse se consumer spontanément. Sa poitrine lui criait douloureusement son désespoir. Elle n'avait qu'un désir, s'enfouir dans l'étreinte du régicide et ne plus la quitter. Pourtant, elle restait là, incapable du moindre mouvement. Involontairement, ses épaules se mirent à trembler.
_ «J… Je...»
La main gauche de Jaime effectua une caresse circulaire sur son épaule.
«Chhhhh...» murmura-t-il d'un ton rassurant.
Elle sentit le museau du lion se déplacer avec tendresse contre sa joue, son souffle chaud dans son cou. Les cheveux et la barbe dorés du chevalier lui chatouillèrent le visage. La jeune femme déglutit avec peine, son cœur se trouvait aux frontières de l'état de choc. Délicatement, l'homme effleura de ses lèvres la peau parsemée de son de la géante. Un frémissement s'empara du corps de la guerrière, sa peau réagissant instantanément aux multiples contacts. Le chevalier continua peu à peu sa progression, déposant de simples baisers aériens le plus délicatement possible le long de la mâchoire de la jeune femme.
Dans l'esprit de Brienne, les pensées s'affolèrent. Que se passait-il? Que faisait-il? Pourquoi le faisait-il? était-ce bien en train de se produire? était-elle encore en train de rêver? N'aurait-il pas dû faire ça avec sa sœur? Non, surtout pas avec sa sœur! Pourquoi avait t-elle-la sensation que ses jambes ne voulaient plus la soutenir? Pourquoi sa peau se hérissait sur ses bras et dans son cou, lui occasionnant une salve de frissons de son bassin jusqu'au sommet de son crâne? Toutes ses réflexions bouleversantes s'évanouirent brusquement lorsque les lèvres du chevalier se posèrent délicatement sur les siennes. À cet instant, la jeune femme se retrouva dans l'incapacité d'avoir la moindre pensée rationnelle.
Brienne n'effectua pas le moindre mouvement à son contact. Lorsque le lion finit par déposer un chaste baiser sur la bouche charnue de la jeune femme, l'accès lui resta interdit par la barrière crispée de ses lèvres tandis qu'elle demeurait figée, sans réaction. Pourtant, il pouvait la sentir fébrile entre ses bras, lui envoyant des signaux contradictoires. Il s'écarta alors légèrement. La jeune femme parût regagner ses esprits et cligna plusieurs fois des yeux. Elle le dévisagea de ses grands yeux bleus. Fichtre! Il pourrait rester des heures à contempler ce regard dont les prunelles semblaient s'être assombries dans l'obscurité.
_ «Pardonnez-moi Brienne, je ne voulais pas vous offenser.» chuchota-t-il d'une voix désolée.
Alors qu'il se détournait, la géante le rattrapa par la manche puis retira précipitamment ses doigts comme si elle avait commis l'irréparable. Le lion la dévisagea, interrogateur.
_ «Est-ce quelque chose que les amis font?» demanda soudainement Brienne, les joues en feu et les mirettes évitant les siennes.
Jaime laissa échapper un rire et secoua la tête. Il sourit à nouveau et contempla la femme qui se tenait à quelques centimètre de lui.
_ «Une certaine catégorie d'amis seulement.»
_ «Avez-vous beaucoup de ces amis?» interrogea timidement la pucelle, ses yeux plongeant avec un intérêt nouveau sur ses propres chaussures.
_ «Plus aucun actuellement.» murmura le chevalier, le ton fiévreux.
Il porta alors les doigts de sa main gauche au visage de la guerrière et relèva doucement son menton, l'obligeant à redresser les yeux. La jeune femme mordilla nerveusement ses lèvres sous le regard du régicide dont les pupilles s'élargirent instantanément. Le faible espace qui les séparaient se trouvant à présent inexistant, la géante balbutia.
_ «Je… je… je n'ai jamais...»
_ «Taisez-vous et laissez-moi vous montrer...» murmura Jaime, sa bouche s'emparant à nouveau de celle de Brienne.
Il enveloppa la jeune femme de ses bras et cette fois, celle-ci remonta les mains le long de son corps. Ses lèvres s'entrouvrirent timidement, permettant au lion de venir en explorer lentement les contours. Les doigts de la guerrière agrippèrent soudainement la chemise du chevalier, une nouvelle salve de frissons et de chaleur parcourant son corps. Le cœur de Jaime cognait rapidement et résonnait contre la poitrine de Brienne. Celle-ci, bien que traversée par les doutes mêlés à des vagues de désir ne peut retenir un gémissement lorsque la langue du régicide pénètra la barrière de ses lèvres et l'invita en une valse enivrante. Premièrement hésitante, la jeune femme s'acclimata timidement avant d'être, à son plus grand étonnement, entraînée par l'instinct. Ses mouvements se firent plus sûrs, plus charnels. Ses lèvres rendirent avec ardeur le baiser offert tandis que ses mains escaladaient les flans du lion pour finir par se nouer derrière son cou. Leurs corps se pressèrent plus fort, cherchant la chaleur de l'autre.
Le chevalier gémit et rompit le baiser. Il était loin de se douter de la ferveur et du désir que provoquerait en lui ce contact pourtant si anodin avec sa sœur. Son front était en sueur, il pouvait sentir son sang battre à ses tempes, son cœur tambourinait et brûlait comme un feu grégeois et plus bas encore, son appétit avait pris forme sans qu'il ne puisse le dompter. Il espérait malgré tout que la jeune femme se soit aperçue de la chose. À posteriori, oui. D'abord transportée par leur baiser, Brienne reprit son souffle, le front reposant contre celui du lion. Soudain son regard s'agrandit et sa bouche se figea en forme de «o». Il put voir les joues de la jeune femme prendre une teinte plus rouge que précédemment. En souriant, il déposa un léger baiser sur le nez de la guerrière.
_ «Voyez ce que vous provoquez, femme? Quelques soient vos actions, il y a toujours une partie de moi qui ne reste pas indifférente.» Un rictus s'était formé sur ses lèvres. «Mais n'ayez crainte, celle-ci n'attaque pas tant que je ne lui en donne pas l'ordre.»
L'expression stupéfaite de Brienne se transforma alors en rire. Ses yeux devinrent pétillants tandis qu'un son cristallin comme il n'avait jamais entendu auparavant, s'éleva de sa gorge.
_ «Vous alors! Imbécile! En tout cas vous savez mettre une damoiselle à l'aise!» Elle avait dit cela avec tant d'ironie que le chevalier se mit à rire lui aussi tandis qu'ils se tennaient toujours enlacés.
_ «Pour une Lady ayant été élevée parmi la bidasse, j'ai pensé que cela serait bien adapté.»
_ «Ne pensez pas trop, Ser. Je ne voudrais pas que vous vous fassiez mal.»
Toujours en s'esclaffant, Jaime réalisa qu'il se sentait heureux. Plus heureux qu'il ne l'avait été ces quinze dernières années, au moins. Soudain le regard de la jeune femme se ternit tandis qu'elle échappait à son étreinte.
_ «Jaime...»
Le chevalier, la dévisagea, incrédule.
_ «Pourquoi avez-vous fait cela? Pourquoi…moi? Enfin, vous savez. Je suis tellement... laide et vous êtes si...»Elle s'interrompit, désabusée.
Le lion posa sa patte valide sur la joue de la jeune femme.
_ «Brienne! Ne dites plus jamais ça! Je vous l'interdis.»
À cet instant, il haït son moignon qui l'empêchait de saisir le visage de la Pucelle à deux mains.
_ «Vous êtes de loin la plus belle personne que j'aie jamais rencontrée. Seuls les ignorants et les gens futiles peuvent penser comme cela, exactement comme ils l'ont toujours fait avec mon frère.»
Du pouce, il caressa la mâchoire de la jeune femme.
_ «Vous n'êtes pas laide, vous avez peut-être un physique atypique et un caractère de cochon, mais à mes yeux, c'est ce qui vous rend vous et votre personnalité, ce que vous êtes et ce qui me plaît. »
La guerrière lui adressa un regard brouillé de larmes. Elle pouvait soulever des charges qu'un homme normal ne pourrait parvenir à bouger, elle pouvait vaincre le Limier en duel, battre le régicide à l'épée et pourtant, elle ne pouvait faire face à un discours élogieux. Elle dissimula son visage entre ses mains en sanglotant de plus belle. Jaime l'attira à lui, lui caressant les cheveux et déposant de délicats baiser sur son front. La jeune femme se sentait si faible et pourtant si légère. Elle ne parvint pas à s'en empêcher et s'autorisa une seconde fois à laisser aller ses émotions sur l'épaule de son compagnon, cet homme qu'elle avait appris à aimer alors que tout les opposait et qui était devenu la personne pour laquelle elle donnerait sa vie.
_ «Qu'est-ce que cela fait de nous?» susurra Jaime à son oreille. «Une géante bornée au physique hors norme et un manchot imbécile à la langue bien pendue. Quel paire merveilleuse nous formons là, ne trouvez-vous pas?»
Brienne laissa échapper un petit rire étranglé entre deux sanglots. Jaime la serra plus fort contre lui.
_ «Promettez- moi une chose, Brienne.»
_ «Ser?»
_ «Alors ça fera deux choses: ne m'appelez plus Ser et promettez-moi que nous nous reverrons.»
La jeune femme releva la tête.
_ «Je vous le promets à condition que vous en fassiez de même.»
Le chevalier passa la main dans les cheveux de la jeune femme, les yeux plongés dans les siens.
_ «Je vous en fait la promesse. Pour le serment fait à Lady catelyn.» Il s'interrompit un instant. «Et pour vous.»
Les deux jeunes gens s'enlacèrent à nouveau, partageant une dernière étreinte alors que la lune à présent visible, les illuminait faiblement.
OoOOOOoooooooo
L'automne tirait sur sa fin, le temps était frais mais ensoleillé. Sur le bord de la route, une couple de voyageurs se partageait une collation. Leurs chevaux paissaient tranquillement attachés à un arbre un peu plus loin. Les deux compagnons avaient traversé les monts en direction des Eryie. Sur le trajet, ils avaient croisés avec inquiétude un nombre croissant de bandits et de vagabons pendus. Dans un village on leur avait appris qu'une femme régnait sans cœur sur la région. Pourtant malgré la tension grimpante, c'était avec l'esprit léger que Brienne dégustait son pain avec Pod. Les deux jeunes gens avait bien voyagé et leur chevaux étaient fatigués. Ce midi là, après avoir croisé un énième pendu dans son arbre, il s'étaient arrêté sur le chemin pour déjeuner.
Brienne, perdue dans sa rêverie n'entendit pas Pod l'interpeller pour lui passer un gros morceau de fromage. Elle repensait à ce dernier moment ou elle avait posé les yeux sur Jaime. Paré de son armure flamboyante et de sa cape d'ivoire, ses soldats patientant sur leurs destriers, il les avait fait attendre et s'était tenu face à elle. Il avait ensuite jeté un œil à Oathkeeper.
_ «Je n'aurais pu la confier à meilleur gardien. Chérissez-la bien comme vous l'avez fait jusqu'à présent.
La pucelle avait hoché la tête puis l'avait contemplé une dernière fois.
_ «Au revoir, Jaime.»
L'homme avait incliné le menton puis s'en était allé. Elle l'avait regardé partir sur sa monture, accompagné de ses hommes. Au loin, il s'était retourné pour lui lancer un dernier regard. La main de la jeune femme s'était posée sur la garde d'Oathkeeper tandis qu'elle avait sourit timidement.
Peu importe les dangers qui les guettaient aujourd'hui, Brienne avait un nouveau serment à tenir. Et c'était ce dernier qui lui conférait à présent le quintuple de la foi nécessaire pour avancer et retrouver Sansa et Arya Stark: Celui de revoir Jaime Lannister et de reprendre là où ils s'étaient arrêtés.
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FIN
de la 1ère partie.
Des curieux pour une suite ?
