Bonsoir, bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau chapitre que je publie enfin!
Mes rythmes de parution ne vont pas s'améliorer, mais je peux vous assurer que cette fic n'est toujours pas et ne sera pas abandonnée. J'ai juste une vie plutôt prenante.
De plus, soyez heureux et fiers: le prochain chapitre étant déjà écrit, je le publierai dans la semaine!
Celui ci est davantage une sorte de "bonus" qui permet de voir le point de vue de d'autres personnage qu'un qui fasse avancer l'histoire.
En vous remerciant pour vos reviews, je vous souhaite une bonne lecture et un bananier 2016!
Le vieux directeur était seul à son bureau ce soir là. Ses yeux fatigués n'en pouvaient plus de se poser sur les paperasses qui encombraient la pièce, recouvrant les tables en une neige froide d'obligations, de problèmes et de devoirs... Il en avait assez fait pour aujourd'hui. Il éteignit les bougies d'un geste et emprunta la petite porte dans un recoin de la pièce qui menait à ses appartement privés. Il passa une longue robe jaune dont les pois roses, rouges et bleus semblaient une insulte au bon goût, piocha un bonbon au citron dans une petite boîte métallique moldue, et s'accorda enfin du temps pour remettre ses idées en place. Une personne en particulier occupait son esprit, deux en fait. Minerva et le jeune Harry. Minerva... Depuis combien de temps déjà la connaissait-il? Il avait été son professeur de métamorphose alors qu'elle était étudiante à Poudlard. Il avait trouvé en elle une alliée, presque une fidèle, fiable et prête à le souvenir non pas seulement parce qu'il était le "héros" qui avait triomphé de Grindwald. Elle était l'une de ces personnes qu'il aurait du mal à sacrifier. Même si en définitive, le plus grand bien, celui de la majorité prévalait.
Et maintenant, elle s'opposait à sa volonté. Ce n'était pas nouveau, non, et souvent Minerva avait eu raison, par le passé, de lui opposer son propre jugement, de l'aider à ne faire aucune erreur. Il ne comptait plus le nombre de fois où il lui avait sauvé la vie et celles où elle lui avait rendu la pareille.
Harry... Albus ne lui avait jamais vraiment parlé, mais savat pourtant de lui presque tout. Les parents du Survivant étaient passés par Poudlard et avaient été de valeureux membre de l'ordre. Ils avaient été jusqu'au bout pour lui. Et c'était lui, Dumbledore, qui avait mis en sûreté Harry après la nuit de cauchemar où ils avaient tout deux perdu la vie. C'est lui qui avait jeté les sorts destinés à assurer que personne ne retrouvait l'enfant avant qu'il doive entrer à Poudlard, lui encore qui avait demandé à Mrs Figg de s'installer à Privet Drive et de lui signaler toute chose étrange qui pourrait survenir.
Il est vrai que ce que Minerva lui avait révélé sur les traitements que Harry subissait ne lui était pas totalement inconnu, même si il n'aurait pas pensé que les choses puissent prendre une telle ampleur... C'était la famille du garçon après tout.
Non, le directeur n'était pas sans coeur. Mais Harry n'avait que quelques mois à vivre chez ses tuteurs avant de finalement arriver au siège de son pouvoir protecteur, à Poudlard. Il avait survécu dix ans; il pouvait le faire plus longtemps. Il était vital que la protection de sa mère puisse être exploitée au maximum. Certaines rumeurs, d'anciennes voix se faisaient entendre, et le vieux héros le sentait. Des événements se tramaient dans l'ombre, avec une subtilité inouïe.
Ainsi, les intentions de Minerva, quoiqu'excellentes, étaient extrêmement malvenues. Sans la protection magique de Lily, il était évident que les moldus n'auraient jamais pu être, ou du moins demeurer les tuteurs du Survivant. Mais le fait est que cette protection existait. De plus, même si cette pensée était assez horrible, un Survivant ayant grandi dans la solitude, maltraité, s'attacherait d'autant plus facilement à la figure de bienveillance que lui, le directeur pourrait incarner. C'était horrible, mais nécessaire. Peut-être pourtant que ce ne serait pas lui, le protecteur, mais Minerva, puisqu'elle avait déjà tissé des liens avec l'enfant. L'important n'était pas l'identité de la figure à laquelle s'acrocherait l'enfant, l'important était qu'il serve la lumière et que lui, Dumbledore, aie un moyen de guider le héros.
Le vieux directeur soupira en se mettant au lit. Dans une autre vie, il aurait été heureux d'aider Minerva à obtenir la garde de l'enfant. Dans un autre monde...
La nuit était tombée sur Poudlard. Le maître de potion, éreinté, se retira dans sa chambre, un ancien cachot au plus bas niveau de l'une des tours pour se reposer enfin. Les vacances... Oui, c'était les vacances d'Avril, mais ce n'étaient pas des vacances pour tout le monde. Tandis que les élèves courraient insouciamment dans les couloirs, jouaient au quiditch, essayaient de trouver l'amour dans l'école de sorcellerie ou révisaient, lui ne pouvait pas se relâcher un instant.
Il avait bien sûr dû effectuer ses tâches de professeur de Poudlard, à savoir corriger les centaines de copies rédigées par des élèves qui considéraient les potions comme une perte de temps ce qui faisait par là même que donner des cours à ce ramassis d'imbécile était totalement inutile. Seules quelques uns sortaient du lot, des enfants intelligents et véritablement curieux, et ceux là lui donnaient une bonne raison de continuer ses efforts. Il ne l'aurait admis que sous la torture, mais il était fier de Leila Monson, une ancienne poufsouffle qui venait de décrocher le titre de maître potioniste, tout comme il ne dirait jamais quels espoirs il avait pour quelques uns de ses élèves de troisième année... Il avait donc corrigé des copies, mais avait aussi dû, en parallèle, produire de la potion tue-loup en quantité pour Dumbledore, et renouveller les réserves de celui-ci (comment faisait il pour être toujours à cours de polynectar et autres?). Il avait dû cultiver ses relations avec certains des anciens mangemorts, en rédigeant des lettres qui se devaient de suinter l'hypocrisie et la flatterie à un tel point que les destinataires penserait qu'il était sincère, car nul simulateur ne se serait donné la peine d'aller si loin. Après cela il avait été déjà la fin de l'après midi, alors il était sorti, avait fait un saut aux cuisines pour manger rapidement, puis avait commencé sa ronde dans le château pendant le repas du soir, pour s'assurer que nul élève ne profitait de ce moment où chacun mangeait pour préparer un mauvais coup ou chercher les sujets des examens qui aprochaient dans le bureau de l'un des professeurs.
À la volière, il rencontra le professeur Mc Gonagall qui envoyait un hibou, et bien que sa présence fût incongrue en ces lieux, il ne fit aucun commentaire. Le professeur Mc Gonagall... Ils avaient beau être collègues, il ne pouvait se résoudre à l'appeller Minerva. Le souvenir de ses années à Poudlard était encore trop vif. Contrairement à l'habitude, la vieille sorcière ne chercha pas à le confronter sur les points qu'il avait injustement enlevés à Gryffondor le jour même, et se contenta d'un léger hochement de tête en guise de salutation. Il avait l'impression que quelque chose la préoccupait, mais il ne lui demanda rien. Ils n'avaient parlé sérieusement qu'en de rares occasions, la première en date ayant été le fameux soir de la chute de Voldemort... Il laissa glisser le souvenir hors de son esprit, et constatant que quelques minutes s'était écoulées il quitta la pièce en silence, avec un dernier hochement de tête. Il espérait que ça irait pour sa collègue, il ferait attention dans les jours à venir. Ils avaient beau, devant les élèves et le reste du monde, prétendre se haïr, leur relation était bien plus complexe. Pour l'instant, quoi qu'il en soit, il avait du travail.
Il se dirigea vers ses bureaux, rangea ses notes, ferma soigneusement son armoire à potions et s'apprêtait à quitter la pièce lorsqu'un papier attira son attention, ses couleurs vives détonant sur les parchemins.
"Bon pour du shampoing spécial cheveux gras, fourniture à volonté, valable dans la boutique S&S (Sorcier & Sexy, une succurcale de G. Lockart). Offert par messieurs Weasley et Weasley".
Rogue renifla, jugulant son agacement, et résista à la pulsion qui lui commandait de réduire l'insolent papier en cendres, et se contenta de le plier soigneusement avant de le glisser dans sa poche. Une enfance dans les faubourgs de Londres lui avait appris à ne pas gaspiller une opportunité. Et il était indéniable que les vapeurs des potions donnaient à sa chevelure un aspect un peu trop luisant plutôt que reluisant. Il était lamentable que même à présent qu'il était un homme d'âge mûr, on continue à se moquer ainsi de son apparence, mais il avait vécu pire. En attendant, même si il n'était pas vraiment dans le besoin il ne roulait pas sur l'or pour autant, alors autant profiter de ce qu'on lui avait si généreusement offert. Et après tout, l'argent que les jumeaux dépenseraient pour son shampoing ne serait pas employé à des fins plus honteuses.
Severus se dirigea enfin vers les dortoirs des Serpentard, pour sa veille habituelle. Celle ci ne lui était imposée que par lui même. On pouvait dire ce qu'on voulait sur Rogue, sur les points qu'ils enlevait injustement, et sur le tyranisme dont il faisait preuve dans ses cours, mais si les Serpentards lui vouaient une si grande loyauté ce n'était pas à cause de ses liens avec les mangemorts. Pas uniquement. Non, Rogue était respecté dans sa propre maison pour ses efforts pour l'union des Serpentards, souvent seuls face aux autres maisons, mais aussi pour l'aide et le support qu'il offrait à tous ceux qui le demandaient ou qui en avaient simplement besoin, au sein de sa maison.
Les élèves ignoraient pourquoi le professeur prêtait tant d'attention aux brimades, maltraitances diverses et intimidations perpétrées dans l'école, mais savaient que le professeur était quelqu'un de confiance, quoique qu'innaccessible.
Et Severus, lui, était toujours quelque part celui que quelqu'un avait essayé de sauver, même si à la fin il avait tout gâché. Et il fallait que quelqu'un puisse sauver ceux qui en avaient besoin. Ce n'était pas de la générosité. C'était simplement laisser une chance à ceux qui n'en auraient jamais. Et c'était égoïste aussi. Il faisait ça pour se sauver quelque part.
Levée aux aurores, Pétunia se leva et effectua les tâches quotidiennes nécessaires au bon fonctionnement de la maisonnée, seule, puisque Harry, le fils de Lily, était assis sur le perron, attendant Mc Gonagall, son professeur de Poudlard personnel ou qui que soit la femme pour l'enfant. De la fenêtre, Pétunia l'observa lorsqu'il aperçut la femme et lorsqu'ils partirent tous les deux, osant à peine s'avouer que ce qu'elle voyait était douloureux. Pourquoi, après tant d'années, voir que d'autres avaient ce qu'elle n'aurait jamais la faisait toujours autant souffrir. Pourquoi Lily et pas elle? Pourquoi la magie lui avait pris sa soeur et pourquoi avait il fallut qu'après ça elle devienne encore plus "merveilleuse" tandis qu'elle, Pétunia, pouvait faire tout ce qu'elle voulait, avoir les meilleures notes, se comporter comme un ange à la maison, ne jamais poser de problèmes, sans que pour ses parents cela ne soit autre "qu'attendu"? Es ce que ses parents l'auraient aimé si elle aussi, elle avait pu être une sorcière? Peut-être pas. À vrai dire, elle ne pouvait pas vraiment en vouloir à Lily. Lily était extraordinaire de toute façon. Mais Lily l'avait abandonnée. Avec la magie, Pétunia aurait pu la suivre, et même si elle avait perdu tout le reste elle aurait eu quelque chose. Au lieu de ça, tout son comportement d'enfant modèle ne lui avait offert que ça: une maison en banlieue, un mari et un fils. Bien sûr, c'était déjà plus que ce qu'avait beaucoup de gens. Elle adorait son fils, et elle aimait sincèrement son mari. Mais savoir qu'il existait un autre monde, quelque chose de plus, la rendait insatisfaite. Ou peut-être était-ce les regrets? Pourquoi avait-elle traité Lily comme ça? Traitait elle Harry ainsi seulement par jalousie, parce qu'il avait une chance à laquelle elle n'avait pas eu droit?
Non, il ne fallait pas penser ainsi. Harry était un monstre, tout comme sa soeur, James, et l'espèce de chose boutonneuse que Lily appellait "Sevie". Et elle, Pétunia, n'avait jamais souhaité être comme eux.
La vieille sorcière aux robes émeraude, Mc Gonagall, lui rappellait juste trop de mauvais souvenirs.
L'expression de son neuveu lorsqu'elle était venue le chercher... Etait elle vraiment une tante si horrible que ça?
Non.
Elle était juste et le monstre était un ingrat.
Penser autrement serait remettre en question toute sa vie.
Pétunia secoua la tête et se replongea dans la préparation du petit déjeuner de son fils unique, en souriant en pensant à son bon appétit.
Voili voilou, j'espère que vous avez aimé et je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouveau chapitre!
Puisse le poulpe étoilé et ses superbes tentacules vous montrer les voies.
Bisous, Kuro (Il est 5 h du matin, je fais des bisous si je veux!)
(quitte à perdre toute crédibilité)
(merci de continuer à me suivre malgré l'aléatoirité de mes publications les enfants)
