Chapitre 9 : Epouvantard de poche
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Severus mordit sans entrain dans sa tartine. L'animation dans la Grande Salle ne l'atteignait pas. Il ne détestait pas les matchs de Quidditch, il ne voyait juste pas ce qui pouvait exciter autant ses camarades. D'autant que c'était un jour de dilemme pour les Serpentards : qui encourager ? La maison des Lions, qu'ils exécraient traditionnellement ? Ou celle du Né-Moldu Ted Tonks - au risque de s'attirer les foudres de Bellatrix Black, lorsqu'elle reviendrait à l'école ?
Bellatrix n'avait jamais été… gérable, mais comparé au jour où on lui avait annoncé son renvoi provisoire … Elle avait fait promettre à tous les Serpentards sur lesquels elle avait pu mettre la main, de faire vivre un enfer aux Nés-moldus et à leurs amis, pendant son absence. Rodolphus avait bien entendu mis un point d'honneur à poursuivre la tâche de sa fiancée, et il n'était pas le seul. Les préfets ne savaient plus où donner de la tête (leurs pièges devenaient de plus en plus subtils…). Le renvoi de Bellatrix avait été un avertissement suffisant pour certains élèves, mais la présence de la sorcière et la crainte qu'elle inspirait aux membres de sa propre maison semblait toujours planer sur leur table.
Officiellement, la benjamine Black s'était séparée de son Sang-de-Bourbe de petit ami, mais personne n'était convaincu par son retour dans le rang. Bien sûr, en tant que préfet, Lucius était responsable de la sécurité d'Andromeda, mais comme toujours, il avait laissé les sœurs Black s'autogérer. Theodora et Lucius répugnaient trop à réprimander leurs amis Mangemorts pour être crédibles.
Severus observa Narcissa. C'était la seule Legilimens de la table qui puisse rivaliser avec lui. Et c'était dire beaucoup. Elle était subtilement redoutable. Par exemple, lorsqu'elle menaçait sa sœur aînée, elle n'avait ni besoin d'élever la voix, ni de pointer sa baguette sur elle. Elle tenait en respect ses sœurs, et Severus savait que c'était ce genre de coercition tacite qui était le plus difficile à obtenir. Mais tout le monde persistait à sous-estimer la sorcière blonde. Sa tragédie était d'être trop belle pour être prise au sérieux par quiconque. A l'exception de Lucius, peut-être.
Le préfet en question s'assit à côté de lui et lui demanda le jus de citrouille.
- Bien dormi ?
- Avery ronfle toujours autant, dit Severus négligemment.
- Ton Polynectar est près ?
- Tu sais, entre la dernière fois que tu me l'as demandé et maintenant, la recette n'a pas changé : il faut toujours un mois pour que la potion soit prête…
- On en a besoin aujourd'hui.
- On trouvera autre chose pour le match, ne t'inquiètes pas… Mulciber a toujours cette idée de…
Il s'interrompit, parce qu'il était presque certain que Sirius Black les écoutait. Il agissait comme un véritable chien de garde (il ignorait à quel point il était proche de la vérité…) avec la plus jeune de ses cousines. Lucius avait suivi son regard :
- Dommage que Black ne soit pas sur un balai… un accident est si vite arrivé…
Severus hocha la tête d'un air absent. Lily venait d'entrer dans la Grande Salle.
Il avait eu le plus grand mal à faire croire à Lord Voldemort, que son intérêt pour la sorcière était de la stricte curiosité ou du désir. Le fait qu'il ait du mentir à son maître l'avait forcé à admettre à lui-même qu'il ressentait beaucoup plus pour elle qu'il ne le laissait paraître. Mais si le Seigneur des Ténèbres comprenait qu'elle avait de l'importance pour lui, qu'elle était son talon d'Achille… il devait jouer dans l'entre-deux : s'intéresser assez à elle pour la rendre intouchable (Voldemort ne risquerait pas de perdre un de ses plus fidèles lieutenants de Poudlard) et assez peu pour que son maître ne tente pas de l'endurcir, en éliminant son point faible.
Lily avait eu dix-sept ans cette semaine. Il avait voulu lui envoyer un message. Mais c'était impossible. Il était Mangemort. Il avait fait son choix.
- Vous pouvez déjà vous diriger vers le stade, dit joyeusement le directeur depuis sa chaire dorée. Le match commence dans vingt-minutes.
- On ralentit le match autant que possible, Gryffondors et Poufsouffles confondus… disait Lucius aux autres.
Severus avala d'une traite le reste de son jus de citrouille. Les Maraudeurs riaient bruyamment à la table des Gryffondors, visiblement à une blague de Basile Stebbins.
Un instant, il envia leur rire.
Mais il chassa rapidement cette pensée. Rira bien qui rira le dernier…
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Les Poufsouffle avaient pris beaucoup d'avance, près de quatre-vingts points (James Potter, le meilleur marqueur des Gryffondors avait été percuté par un Cognard lors de la sixième minute de jeu), mais depuis une demi-heure, le match n'avançait plus.
Ted Tonks manqua tomber deux fois de son balai, et quand Jessica et Marshall Abercrombie, les deux batteurs de Poufsouffle, eurent également des problèmes de stabilité, Lily eut la certitude que c'est l'œuvre d'un élève, Mangemort ou sympathisant. Le problème ? Qui. Certains se cachaient bien dans les maisons qu'on n'associait pas traditionnellement à l'idéologie du sang-pur…Mais, tout de même, les Serpentards avaient statistiquement plus de chance d'être les responsables...
- Si les responsables n'arrêtent pas leur petit numéro d'ici dix minutes, je jure que je m'en charge, grommela Lily à Alice.
Toutes les deux peinturlurées de rouge et or, elles observèrent James Potter (visiblement rafistolé par Mrs Pomfresh) foncer avec le Souaffle à travers le terrain, évitant un, puis deux Suiveurs de l'autre équipe. Sa silhouette filiforme et son caractère casse-cou faisait qu'il n'hésitait pas une seconde à se faufiler entre deux batteurs, dans un espace tellement étroit que personne (aucune personne saine d'esprit) n'aurait tenté de s'y glisser. Il n'avait peur de rien…Oui, ça définissait bien Potter. Il n'avait pas peur.
- Et dix points pour Gryffondor, fit la voix de Chiara Figg. Ce qui nous fait cent-vingt points pour Poufsouffle, contre quatre-vingt-dix pour Gryffondor… Allez les gars !
Quand l'Etoile Filante 307 de Claire McDonald fut secoué de soubresauts parfaitement anormaux, et qu'encore une fois, aucun professeur n'intervint, Lily tira la manche de Remus.
- Tu me suis ? On va faire notre rôle de préfets…
Le loup-garou semblait avoir attentivement suivi la situation, et acquiesça.
- Tu as réussi à trouver qui lance ces sorts ? Avec tous ces étendards, pas moyen de voir qui…
- Je ne compte pas viser quelqu'un en particulier, seulement déconcentrer cette personne assez longtemps pour que le match reparte… ça va devenir dangereux si le lanceur perfectionne ces sorts…
- Et ton idée est… ?
Elle lui fit un grand sourire innocent. Ooooh, mauvais signe.
- Accio Gecko ! prononça-t-elle avec une voix bien trop douce.
- « Accio Gecko » ? fit-il incrédule.
- Tu vas voir.
En effet, quelques minutes plus tard, Remus vit un minuscule objet fondre sur eux depuis les hautes tours du château. Une boîte d'allumettes décorée d'un lézard grimaçant atterrit dans la paume tendue de Lily.
Remus lui adressa un regard intrigué.
- Ceci, mon ami, est petit, mais puissant.
- Tu vas m'expliquer ?
- Constate plutôt.
Un sortilège de Lévitation plus tard et la petite boîte filait vers les gradins des Serpentards.
Les hurlements qui y retentirent rapidement lui apprirent que ça avait marché.
- Un simple sort d'élargissement sur une boîte, de quoi convaincre son hôte d'y rester, et tu as un Epouvantard portatif.
Remus la regardait, incrédule.
- Un Epouvantard ? En boîte ?
- C'était ça ou le laisser dans la malle d'Hildegarde, dit-elle sur le ton de la conversation.
- Heu… Lily ? Ton ami Epouvantard semble avoir été légèrement éprouvé…
Lily se mit sur la pointe des pieds, et grimaça.
- En quoi une demi-limace peut-elle effrayer qui que ce soit ?
- Je crois qu'il a essayé de faire peur à deux personnes à la fois…
- Affligeant…
Mais la répulsion que suscita l'animal chez le lanceur de sorts sembla tout aussi efficace que la peur, car bientôt les membres des deux équipes retrouvèrent leurs aises dans les airs, et le match reprit de plus belle. Remus et Lily s'installèrent entre les tribunes de Serpentard et de Gryffondor, de façon à pouvoir intervenir de nouveau, mais en l'absence d'autres incidents, ils profitèrent du match comme les autres, et hurlèrent leur joie aussi fort que les autres, quand Gulliver Bibine attrapa le Vif d'or.
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Les Gryffondors remontaient la pente qui montait vers le château, euphoriques.
Sirius et Peter chantaient à s'en casser la voix « Potter est un frimeuuuur ! Mais il a fait un malheeeeeur ! Bibine n'a pas de copiiiiiine ! Mais son adresse est diviiine ! On n'a pas de rime pour Stebbiiins ! Mais on l'aime bien quand mêêêêêmeuh ! »
Sans doute pour reposer leurs oreilles à tous, Remus tenta de raconter aux Maraudeurs (entre deux couplets) leurs aventures dans les gradins.
- Elle est encore plus vicieuse que moi ! dit James émerveillé.
- C'est un compliment, Potter ? fit la voix de Lily un peu devant eux.
- Oui ! rirent en cœur Peter, Remus et Sirius.
Alice lui donna un petit coup de coude et lui jeta un regard amusé... Lily l'attrapa par les épaules et puis ouvrit théâtralement la marche.
- En avant, Gryffondoooors ! C'est parti pour la fiestaaaa !
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Les Gryffondors savaient faire la fête. Le Choixpeau devrait vraiment rajouter ça à sa liste des raisons d'espérer être admis chez les Lions. Bon, ça ferait un peu pagaille parmi les valeurs ancestrales, mais…
Sirius, Peter et James avaient tout prévu en cas de victoire : les cuisines de Poudlard avaient clairement fait des folies, vu le nombre d'allers-retours que les garçons durent faire pour acheminer tous les petits fours, des cuisines à la Salle commune (« On ne va quand même pas vexer ces petits elfes… »). Pour les friandises d'Honeyduck et les trois tonneaux de Bièraubeurre, par contre… Lily soupçonnait depuis longtemps que les Maraudeurs connaissaient un moyen de se rendre à Pré-au-lard, mais vu le peu de temps qui s'était écoulé entre la fin du match et les célébrations, elle aurait plutôt parié sur une cachette personnelle, installée dans le château, voire dans la Tour des Gryffondors… Elle en toucherait un mot à Remus…
On débattit sur les rimes possibles à Stebbins - débat spirituel s'il en est – ce qui se conclut par un « Cherchons plutôt des rimes avec son prénom ! » et l'élaboration d'un nouveau couplet :
- « Basile est pas toujours habiiiiiiiile ! Mais il ne manque pas de styyyyyyyle ! »
- Black ! La ferme ! fit à un moment Emmeline Vance, suscitant des rires, mais aussi (autant pour le fanclub du sex-symbol des Gryffondors…) beaucoup de murmures d'approbation.
Gulliver, qui était le héros de la soirée, eut l'honneur d'ouvrir le premier tonneau de Bièraubeurre. Lily fut servie dans les premières (dans le cas du service d'alcool, la galanterie était-elle vraiment désintéressée ? lui chuchota sa voix de préfète à l'oreille. Lily choisit de l'ignorer. Elle avait bien le droit de se détendre, de temps en temps…).
Elle s'apprêtait à boire, mais son bras refusait catégoriquement d'approcher le gobelet de sa bouche. Elle tenta une nouvelle fois, puis comprit ce qui l'arrêtait.
- STOP ! Que personne ne boive ! cria-t-elle à la cantonade.
- Qu'est-ce qui t'arrive, Evans ? rit Sirius. Déjà pompette ?
Il s'apprêtait à reporter son verre à sa bouche, mais elle lui arracha des mains.
- Hé ! protesta-t-il.
- Elle est empoisonnée, espèce d'idiot!
Plusieurs personnes la regardèrent en souriant, comme si elle avait juste voulu faire une blague compromettant la consommation d'alcool de Sirius … Mais Potter la regarda très sérieusement. Lily secoua devant son nez le minuscule lys qu'il lui avait offert pour son anniversaire. Il réagit immédiatement.
- Faites ce qu'elle dit, ne buvez rien... Doyle, tu veux bien aller chercher Alastor Maugrey ? Il doit faire une ronde du côté du troisième étage… (Lily soupira intérieurement : pourquoi n'était-elle pas étonnée qu'il ait mémorisé toutes les rondes des Aurors ?). Si cette Bièraubeurre est clean, je vous promets qu'on s'excusera bien gentiment…
La tension montait dans la Salle Commune à chaque minute qui passait. Peter se proposa comme cobaye pour que la fête puisse reprendre, mais la plaisanterie tomba à plat. Doyle revint un quart d'heure plus tard avec Maugrey… et le professeur McGonagall. La directrice ne commenta pas l'état de la salle commune. Elle se dirigea, comme l'Auror, vers le tonnelet. Maugrey renifla longuement l'un des verres.
- Belladone, diagnostiqua-t-il.
- Pourquoi ce nom me rappelle-t-il quelqu'un ? grogna Sirius.
- Où vous êtes-vous procuré ces boissons ? Et ne me répondez pas « à la cuisine » ! dit McGonagall.
Potter resta muet. Remus dit qu'il les avait commandées aux Trois Balais (ce qui n'était qu'un demi-mensonge).
- Je vous rappelle qu'apporter de l'alcool dans l'enceinte de l'école est interdit. Je pensais qu'un Préfet s'en souviendrait.
Lily prit un air coupable similaire à celui de Remus. Maugrey et McGonagall les fixèrent avec un air déçu, qui leur fit mal.
- Vingt-points de moins pour Gryffondors. J'espère que cet incident vous aura donné une leçon. Vous imaginez-vous ce qui se serait passé si vous aviez tous bu de cette… chose ?
Lily se retint de lui dire qu'elle portait toujours sur elle un bézoard, un réflexe qu'elle et Severus avaient pris en première année, quand ils avaient commencé à expérimenter des Potions qui n'étaient pas au programme, et qu'ils les avaient testé sur eux-mêmes, inconscients qu'ils étaient.
La directrice fit mine de repartir vers le Portrait, l'air sévère, et les trois tonneaux lévitant devant elle, mais Lily aurait juré qu'elle lui avait glissé un « Faites au moins en sorte qu'il ne reste pas de papiers par terre demain matin, Miss Evans… ».
Un long silence suivit la sortie de la directrice de leur maison. Tout le monde regardait les Préfets.
- McGonagall et Maugrey trouveront les coupables, dit Lily d'une voix assurée. Si vous voulez, je ferais le goûteur … Allez ! Vous n'avez jamais fait une fête sans alcool ?
Des sourires timides réapparurent sur certains visages. Le regard de Lily croisa celui de James. Ils se comprirent. Aucun d'eux ne relâcherait sa surveillance. Vigilance constante. Mais pas question non plus de gâcher le semblant de bonne humeur de la Tour…
- Ladies ! s'exclama alors Sirius, en montant sur une table. Qui veut voir un strip-tease avec ma divine personne, comme invitée d'honneur ?
- Black, pitié ! s'écria Alice en riant de bon cœur.
- Frank, attention, je crois que j'ai repéré une intéressée !
Remus et Lily refusèrent en riant le strip-tease (ils ne savaient que trop bien que Sirius l'aurait sérieusement fait…), mais ils ne s'opposèrent à l'organisation d'un karaoké géant. Lily le regretta rapidement : les adolescents du monde magique ignoraient visiblement tout de la musique non-moldubecquesque… Et Sirius n'ayant pas particulièrement besoin d'être alcoolisé pour être exubérant, les Gryffondors allèrent se coucher au son des atroces miaulements (ce qui était plutôt cocasse pour un Animagus canin…) qui s'échappaient de sa gorge…
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Les regards noirs de ses camarades ne semblèrent pas alarmer Sirius le moins du monde, lorsqu'il s'assit le lendemain matin à la table des Gryffondors. Hildegarde et Alice le regardaient d'un air amusé.
- Quoi ? coassa-t-il.
C'était difficile de savoir si sa voix de gorge était due à son implication dans le karaoké magique de la veille, ou au sort que Lily lui avait envoyé vers trois heures du matin, lorsque plusieurs Gryffondors vraiment excédés étaient venus la supplier d'épargner cette torture à leurs oreilles …
- Rien, rit Alice.
Ce matin-là, la peau verte de Sirius ne rappelait que trop bien à Alice les effets secondaires de la transformation de James en chenille, un peu plus tôt dans l'année… Or, Alice soupçonnait sa meilleure amie d'être parfaitement capable d'arranger ça…
- Alors qu'est-ce que Frank t'a préparé? reprit Hildegarde.
- Je ne sais pas… Il sait que je ne suis pas très « chocolat dans une boîte en forme de cœur », mais il est de la vieille école… je parierai sur un dîner au restaurant, à Pré-au-lard.
- On a un nouveau week-end à Pré-au-lard ? demanda Lily en s'asseyant. Comment se fait-il que je ne sois pas au courant ?
- Peut-être parce que, contrairement au reste du commun des mortelles, tu boycottes le week-end de la Saint-Valentin depuis la troisième année? proposa Hildegarde.
- Ou parce que tu passes trop de temps à la Bibliothèque pour regarder le panneau d'affichage ?
- Ou parce que tu arrêtes de m'écouter dès que le nom de Frank sort de ma bouche ? fit Alice, pensive. Ce serait vexant…
- La … Saint-Valentin ? dit-Lily d'une voix blanche. Dans combien de jours ?
- Trois, répondit obligeamment Sirius. Mercredi, Jeudi, Vendredi…
- Oh non…
- Bravo, Sirius… commenta Hildegarde, en regardant Lily foncer hors de la Grande Salle, une tartine à la main.
- Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
- Dis-nous plutôt ce que vous allez faire ?
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Les signes que le jour de la Saint-Valentin approchait semblaient la poursuivre où qu'elle aille … Entre Flitwick, qui avait déjà décoré sa classe avec des couleurs pâles, et des bulles en forme de cœur qui explosaient au-dessus de la tête de ses étudiants avec des bruits de carillon, et Sirius qui avait distribué au déjeuner, de façon éhontée une fiche pour les « intéressées », l'école semblait s'être liguée contre elle…
Elle rejoignit la Salle commune, le jeudi soir, éreintée après quatre heures passées à la bibliothèque à la recherche de sorts de mises à distance. Alice disait qu'elle était excessive, mais par expérience, elle se méfiait.
Dans un coin, Sirius était en train d'établir son planning de rendez-vous sous le regard écœuré de Liv et Chiara. C'était offensant, la manière dont il acceptait toutes les demandes qui lui étaient faites, pour ensuite s'attaquer à son agenda comme un ministre bien appliqué… Elle l'entendit expliquer à Peter, tel un mentor à son adepte :
- Tu vois, là, j'ai déjà atteint mon quota de retenues du mois, dont il faut que mes rendez-vous du soir soient avec une Gryffondor, pour qu'on puisse rentrer à la Tour si Picott approche … Mmh… Emmeline Vance, par exemple- oui, je crois que je vais la choisir, elle.
- Franchement, Sirius ! soupira Lily, de mauvaise humeur. Peter, ne l'écoute pas, les filles préfèrent l'exclusivité…
- Bah quoi ? fit Sirius.
Sentant que le tempérament de Lily se rapprochait vraiment trop de ses limites, Remus intervint.
- Hé, la bombe de sexe, viens un peu par là…
- Remus ! dit-il d'un air enjôleur, je ne te pensais pas comme ça…
Le lycanthrope leva les yeux au ciel.
- Vous avez vraiment une très mauvaise influence sur moi…
- « Il n'y a pire eau que l'eau qui dort », chantonna Sirius.
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A deux jours de la fête de l'amûûûr, le dortoir des garçons de sixième année était tout sauf inactif.
- Alors, ton plan d'attaque de cette année ? demanda Sirius à James.
- Eh bien, j'avais pensé à emprunter à Hagrid ces petits…
- James, intervint Remus, très sérieusement. Arrête. Ce n'est pas comme ça que tu l'attireras.
- Les filles aiment le romantisme ! protesta James.
- Pas ton interprétation du romantisme, soupira-t-il. Le romantisme à-propos, pas les effusions de petits cœurs rose bonbon et les balades en barque…
- C'est-à-dire ?
- Que si tu continues comme tu le fais, le seul « oui » que tu obtiendras de Lily Evans, tu l'auras obtenu à l'usure. Est-ce que ça te satisferait ?
- Heu… non, convint-il. Ton conseil ?
- Laisse-la venir à toi, dit-il sagement.
- Mais justement, tu n'as pas écouté la fin de mon plan ! J'avais prévu un chemin de pétales de roses dans les couloirs, qui la mènerait droit à ma royale personne…
Remus inspira profondément pour ne pas frapper le sourire ingénu de James. Par Merlin, ce qu'il pouvait être innocent quand il s'agissait d'amour… Non, James Potter n'était jamais innocent. « Niais » en revanche…
- Ce n'est pas ce que je voulais dire. J'ai un plan bien plus machiavélique pour toi.
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Il faut vraiment que je fasse plus de scènes de Quidditch…
Merci à yucateca, Juliette54, MlleEnora, Amlie et les autres J pour vos reviews !
