Disclaimer : Tout appartient à Tolkien, sauf quelques OCs.
Désolée pour cette longue attente, je n'arrivais pas à rédiger ce chapitre. Un petit blocage qui arrive parfois.
Les textes en italique sont de l'elfique ou de l'orquien, mais il ne sera pas nécessaire de préciser de laquelle de ces langues il s'agit lorsqu'un personnage parle.
Il y aura un petit clin d'œil à Daenerys Targaryen. Ceux qui ont vu la saison 3 de Game of Thrones le trouveront. Mais une autre référence à la série se trouvera dans les dialogues. Bon, en fait, un gros morceau de ce chapitre est inspiré de Game of Thrones, et même de la saison 4. Mais ça ne peut pas compter comme un spoiler, si ?
Chapitre VIII
PoV Aeluin
Après qu'Idril ait fait mine de vouloir le tuer, il s'était dépêché de rejoindre Vertbois. Pendant quelques jours il avait erré entre les arbres jusqu'à ce que la patrouille menée par Legolas ne le trouve.
-Que faites-vous ici, Aeluin ?
-C'est Idril.
-Qu'est-ce qu'elle a encore fait ?
Le mercenaire se retint d'éclater les dents du prince et respira un bon coup.
-Elle est morte.
-Quoi ?
A l'évidence, le fils de Thranduil ne s'était pas attendu à ça. On lui aurait dit que la «honte des Elleths», comme l'appelait son père, avait offert une pinte de bière à un Troll, il n'aurait pas réagi. Et naine, la bière. Mais là, se dire que la jeune Elfe était morte… C'était un choc. Mais s'il était décontenancé, Aeluin était effondré ! Le mercenaire avait du mal à cacher ses émotions en cet instant.
-Comment pouvez-vous en être sûr ?
-Nous étions pourchassés par un Orc…
-UN Orc ? Vous, deux assassins professionnels, qui supportez un Nain depuis plus de cent ans, fuyez devant un seul Orc ?
-Si vous l'aviez vu, vous sauriez de quoi je parle. Idril a voulu faire diversion, et a même essayé de me pourfendre si j'osais rester !
-Je ne sais pas pourquoi, ce n'est pas étonnant… Mais comment pouvez-vous savoir qu'elle a été tuée ?
-Ma cousine avait peut-être une fierté insupportable, mais dans ces conditions, si elle ne savait pas qu'elle allait mourir, elle ne m'aurait pas fait partir. Une fois elle a eu un doute, au début de notre carrière. J'avais des ennuis, et elle est venue me sauver. Et défier un Troll des montagnes toute seule, pour une débutante, c'était dur. J'étais blessé, mais encore apte au combat. Seulement, elle n'a pas voulu que je l'aide. Jamais je n'oublierai les mots qu'elle m'a adressés en croyant la fin proche : «Aeluin, va-t-en, je ne veux pas que tu vois ce qui va arriver». C'était la même lueur dans ces yeux en combattant l'Orc.
Legolas, qui n'aimait pas beaucoup la mercenaire, ressentit néanmoins un élan de sympathie envers celle qui avait donné sa vie pour celle d'un être cher.
-Suivez-nous, Aeluin, vous raconterez ça au roi. Il avisera.
PoV Idril
Il fallut encore une semaine avant d'atteindre le Mont Gundabad. En voyant le sommet nordique droit devant elle, Idril sentit la tension monter d'un cran. D'ici peu, son destin serait scellé. Maintenant, l'ampleur des choses s'imposait à elle. Accrochant à son visage une expression de parfaite indifférence, elle suivit Azog jusqu'à l'entrée du royaume Orc, gardée par deux soldats à l'air patibulaire. Curieusement, ils ne firent aucun commentaire sur la présence de l'Elfe. L'Orc pâle devait avoir une certaine importance pour que les gardes ne l'empêchent pas de faire entrer une ennemie. Un serviteur vint prendre les wargs (Idril pensa qu'il s'agissait d'une sorte de palefrenier), puis l'Elfe et l'Orc gravirent plusieurs escaliers et traversèrent de nombreux couloirs avant d'arriver à la salle du trône.
Le roi y était assis. Sur sa tête aux rares cheveux noirs brillait une grossière couronne d'or. A ses pieds était étendue une peau de warg. Debout à côté de lui, un autre Orc observait les alentours, comme un rapace cherchant sa proie. Il n'y avait personne d'autre.
Azog dit à Idril de rester où elle était et s'inclina devant le roi. Celui-ci le salua et l'invita à faire son rapport. L'Orc pâle mit en pratique un talent de comédien jusque là insoupçonné et raconta à son souverain le mensonge que lui et Idril avaient préparé entre deux leçons d'orquien. Une fois le récit fictif terminé, le roi se retint d'exploser de colère.
-J'espère pour toi que cette prisonnière en valait la peine. Amène-la !
Azog fit signe à Idril d'avancer. La jeune Elfe approcha jusqu'à arriver au même niveau que son compagnon. Pendant quelques secondes, le roi la détailla de haut en bas, et la lueur dans ses yeux ne rassura pas du tout la mercenaire.
-C'est donc elle… Pas mal, en effet. Tu as dû bien t'amuser pendant le voyage.
Azog serra les dents, et Idril eut une expression de totale incompréhension.
-Tu as dit qu'elle savait se battre, enchaîna le roi, mais où excelle-t-elle le plus ? Dans une arène, ou sous les draps ? Qui est la plus douée, entre la combattante et l'amante ?
-La première option est indiscutable, alors que la deuxième relève du privé.
Le roi et son conseiller sursautèrent. En effet, ce n'était pas Azog qui avait parlé, mais l'Elfe, dont la voix frémissait d'un accent peu compatible avec la langue orquine.
-Tu parles notre langue ?
-Pas très bien, mais assez pour comprendre le sujet d'une conversation et saisir le sens des répliques. Mais mon accent n'est pas formidable non plus.
Devant l'air ébahi du roi, Azog faillit éclater de rire. Mais le souverain se reprit et s'adressa à la jeune Elfe en langage commun :
-Puisque tu sembles si sûre de toi, je vais te donner une leçon, ma belle. Tu combattras mon champion dans l'arène. Ce sera un duel à mort. Si tu survis, tu pourras choisir de partir ou de rester. Dans ce jeu, tu gagnes ou tu meurs.
-Qu'il en soit ainsi.
Azog rendit ses armes à la jeune Elfe et tous se rendirent à l'arène. Elle aperçut son adversaire : grand, musclé, il portait une armure et était armé d'une lourde épée. Les Orcs comptaient sur la force, et elle sur l'agilité. Son adversaire était bien plus lourd qu'elle, et son armure le gênerait. De plus, il avait les poignets nus et le cou non protégé. «L'imbécile», pensa la jeune Elfe en fermant haut son col et en enfilant ses protections normalement utilisées pour le tir à l'arc. Azog à côté d'elle semblait inquiet.
-C'est le champion du roi, il n'a jamais été vaincu.
-Alors la défaite n'en sera que plus cuisante. J'ai tiré des leçons de mes erreurs. Crois-moi, j'ai déjà une stratégie pour que ce combat soit court et tourne en ma faveur.
-Sois prudente.
Et ne se souciant pas que l'on puisse les voir, il l'embrassa. Elle lui rendit son baiser et il partit s'asseoir dans les gradins. Le conseiller, Snaghâsh, se plaça au centre de l'arène et présenta le combat.
-Ici vont s'affronter Orcobal, champion du Roi Balcmeg premier du nom, et Idril, guerrière Elfe.
Sous les acclamations du public, Snaghâsh se retira et s'assit près du roi, lançant un regard mauvais à Azog, signifiant «ton amie va se faire massacrer». Le roi n'avait même pas ordonné le début du combat que les paris étaient lancés, la quasi-totalité en faveur d'Orcobal. Finalement, le souverain déclara que le duel pouvait commencer. Idril s'était déjà mise en garde, et heureusement car son adversaire lui avait foncé dessus. Elle esquiva le premier coup de la lourde lame qui frappa le sol. La jeune Elfe remarqua que même s'ils étaient sous une montagne, l'arène était recouverte d'une fine couche de sable blanc-grisâtre. Elle se dit alors que ça pourrait lui être aussi utile qu'une arme.
Orcobal leva à nouveau son épée, et Idril en profita pour lui jeter du sable dans les yeux. Son adversaire désormais vulnérable jurait dans sa langue. L'Elfe, qui n'avait pas encore appris les insultes orquines, n'avait rien compris. Il aurait été facile alors de le décapiter, mais elle voulait d'abord jouer, et marquer les esprits. Elle abattit sa main gauche comme un hachoir sur le poignet droit de son adversaire, avec une telle force et sur un point bien précis, qu'il en lâcha son arme. Un coup de genou dans l'abdomen lui coupa le souffle, et il se courba légèrement. Alors elle dégaina un poignard qu'elle n'utilisait qu'en cas d'urgence : aussi fin et tranchant qu'une lame de rasoir, large d'un pouce, s'il était vite enfoncé dans la chair et tout de suite retiré, la victime ne ressentirait la douleur qu'une dizaine de secondes plus tard. Vive comme un serpent, Idril frappa l'intérieur des deux poignets et fit une fine entaille à la carotide. Ce dernier geste avait été aussi minutieux que celui d'un barbier. Ensuite de quoi, elle recula prestement et cracha devant l'Orc.
-Attrape-moi si tu peux, le provoqua-t-elle.
Orcobal hurla de rage, reprit son épée et courut à la suite de l'Elfe qui s'amusait à faire des pirouettes et à l'esquiver de tous les côtés en riant comme une enfant. Il n'entendit pas les cris paniqués de la foule. Rapidement affaibli, le champion du roi s'écroula au bout de deux minutes dans la mare noire comme du goudron de son propre sang. Idril avait frappé juste. Lorsque les artères du poignet étaient ouvertes, la victime mourait rapidement. De plus, elle avait touché les deux poignets et percé la carotide, pour finir par le faire courir. Le rythme cardiaque, et donc le début de sang, avaient considérablement accéléré.
Un silence pesant s'était installé dans les gradins. Idril avança vers le roi, pataugeant dans le sang avec un bruit humide et poisseux. Balcmeg, les yeux écarquillés par la terreur, fixait la jeune Elfe qui le gratifiait d'un sourire sadique.
-Il me semble, Altesse, que j'ai gagné le combat. Vous aviez raison, on gagne ou on meurt.
-En effet, Idril, tu as gagné, et un roi doit tenir sa promesse. Tu es libre.
-Parfait. Je crois que je vais rester un peu ici, si vous le voulez bien…
-Altesse, chuchota Snaghâsh à l'oreille du roi, c'est une mauvaise idée.
-Elle pourrait être utile, répondit le roi. De plus, elle appartient à Azog, je n'ai donc aucun droit sur elle.
Le roi se tourna vers l'Orc pâle qui était soulagé de l'issue du duel.
-Azog, dit-il tout haut, ta prisonnière a gagné le combat, mais il t'appartient de décider de son sort. Que choisis-tu ?
-Je lui laisse la vie. Et le choix de rester si elle le souhaite, ou de partir si elle veut rejoindre les siens.
-Que veux-tu, Idril ?
-J'ai déjà choisi, je reste.
-Alors que ta vie ici te soit agréable.
Le roi se leva et partit, imité par tous les autres. Azog sauta des gradins et serra Idril dans ses bras. Se moquant complètement des centaines de personnes autour d'eux, ils s'embrassèrent passionnément. Si beaucoup affichèrent leur dégoût, certains amis de l'Orc pâle sifflèrent d'admiration. Mais une chose était sûre : par son exploit dans l'arène et sa relation avec Azog, Idril était intouchable.
Orcobal est, dans La Chute de Gondolin (1916-1917) le principal champion des Orcs, tué par Echtelion au Premier Age. Balcmeg est aussi un Orc du Premier Age, cité dans le même texte, et dont le nom signifie «cœur de malheur». Quant à Snaghâsh, c'est une contraction de Snaga (esclave) et de Ghâsh (feu).
La douleur tardive du coup de poignard est inspirée de la mort de l'Impératrice Elisabeth d'Autriche (Sissi), qui fut assassinée par un coup de lime, croyant au départ n'avoir reçu qu'un coup de poing dans le ventre.
Il est possible que certaines informations sur l'écoulement du sang soient fausses, car je me suis renseignée sur des forums, où l'on peut lire plein de bêtises, et j'en ai tiré mes propres conclusions. Reviews ?
