Non, ceci n'est pas un nouveau chapitre.

...

Non j'déconne! Place au chapitre. On se retrouve en bas.

DIL.

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Bien qu'il soit arrivé à Hermione de dîner dans de grands restaurants, avec ses clients ou même, à l'occasion, pour un anniversaire, elle devait avouer qu'elle n'aurait jamais rêvé de souper au Chaudron d'Or.

Le Chaudron d'Or était tenu par un couple relativement jeune, et la qualité de leurs aliments, qu'ils allaient chercher en personne aux quatre coins du monde, attirait une clientèle de la plus haute et riche société. La liste d'attente pour avoir une table dépassait les six mois. Ce n'était pas étonnant que Lucius et Narcissa aient décidé qu'elle et Drago auraient leur premier rendez-vous public ici.

Trois mois avaient passé depuis la remise en état de sa garde-robe, et elle ne s'habituait toujours pas aux regards appréciateurs que l'on promenait en permanence sur elle. Ce soir, elle était vêtue d'une robe noire simple, mais d'une grande élégance.

Hermione inspira longuement, puis pénétra dans l'entrée du restaurant, éblouie par les candélabres qui brillaient de mille feux et par le sol de marbre. Bien que l'ensemble soit magnifique, il s'en dégageait une impression de lourdeur qui l'écrasait. Elle approcha du maître d'hôtel, qui se tenait derrière une réception en bois verni, et il l'accueillit d'un sourire.

-Mademoiselle Granger. Que puis-je faire pour vous ?

Qu'on la reconnaisse, Hermione en avait l'habitude. Aussi n'y prêta-t-elle pas attention et répondit simplement :

-Bonsoir. La réservation pour deux a du être faite au nom de Malefoy ?

-Effectivement, rétorqua-t-il.

S'il était surpris qu'elle vienne dîner avec un Malefoy, il n'en montra rien, et se contenta de répondre,

-Monsieur Malefoy est déjà arrivé. Veuillez me suivre.

Il la délesta de son manteau avant de la conduire dans une grande salle d'une centaine de tables, toutes pleines, et la conduisit au fond, vers le balcon qui surplombait le Chemin de Traverse. Là, une tablée romantique pour deux, avec bougies et vin hors de prix, l'attendait. Drago Malefoy s'y trouvait déjà, sirotant un verre de vin avec une expression d'ennui élégante sur le visage, vêtu de robes de sorcier émeraude. Malgré sa haine pour l'héritier, Hermione devait reconnaître qu'il était d'une beauté à couper le souffle. Il sourit à Hermione en la voyant arriver, même si ses yeux demeuraient froids, et se leva pour l'accueillir. Il alla jusqu'à tirer son fauteuil pour elle, et elle répondit par un petit sourire glacial de remerciement. Le maître d'hôtel leur donna les menus, et se retira discrètement. Hermione leva discrètement sa baguette et conjura d'un informulé une bulle de discrétion, afin que l'on ne puisse écouter leur conversation.

-Granger, finit par dire Malefoy en s'asseyant face à elle. Du vin ?

-Merci.

Il y eut un long silence, puis Hermione décida d'engager la conversation. Après tout, s'ils étaient là, c'était pour convaincre le public d'une éventuelle romance. L'idée lui donnait envie de vomir.

-Je ne comprends pas comment tu as pu réserver une table, étant donné la longueur de la liste d'attente, dit-elle pensivement.

Malefoy eut un sourire malicieux en la dévisageant.

-Les propriétaires doivent un petit service à mon père. En guise de remboursement, nous pouvons réserver quand nous le désirons.

-Je vois, railla-t-elle sèchement. Encore un pauvre innocent qui a été piégé par du chantage ?

Il ricana doucereusement.

-Nous n'avons heureusement pas besoin de faire chanter toutes les personnes que nous croisons, Granger. Il n'y a que toi à l'heure actuelle.

-Parce que je suis la seule à ne pas aller dans votre sens, c'est cela ? La seule qui ne soit pas intéressée par ton argent, ton rang, ta beauté ?

Il pencha la tête légèrement sur le côté, la regardant avec un intérêt renouvelé.

-Tu reconnais donc que je suis beau, Granger ?

Elle rougit et faillit s'étouffer sur sa gorgée de vin. Elle n'avait jamais dit cela ! Ou plutôt si, mais pas dans ce sens. Elle l'avait dit avec mépris, pas...pas...

-Ne t'en fais pas, Malefoy, finit-elle par déclarer, les quelques qualités physiques que tu peux posséder sont largement dépassées par ta méchanceté, ton racisme et ton manque de discernement.

-Mais je suis beau, répéta-t-il avec un sourire moqueur aux lèvres.

-Pour l'amour de Merlin, Malefoy ! C'est tout ce que tu as retenu ?

-Disons que pour une fois qu'un compliment à mon encontre sort de ta bouche, Granger, je vais le savourer. J'enverrai une petite carte à Weasley pour le lui raconter. Cher Weasley, dicta-t-il d'une voix traînante, je t'envoie cette carte pour t'informer que ton ex me trouve à son goût. Il lui tarde de m'avoir dans son lit. Je gagne et tu perds, comme d'ordinaire, Weasley.

-Si tu fais quoi que ce soit de ce genre, je m'en vais, Malefoy, claqua-t-elle sèchement. Ron est intouchable, tu m'entends ? Si tu t'amuses à le torturer de cette manière, je te préviens que accord ou non, rumeur ou non, je m'en irai.

Le sourire de Malefoy se fana aussitôt et il se pencha vers elle, glacial.

-Je ne te le conseille pas, Granger.

-Alors, répliqua-t-elle sur le même ton, laisse Ron en-dehors de tout ceci.

Il se redressa lentement, la fixant avec attention, puis finit par hocher la tête brièvement. Hermione soupira, rassurée.

Ils commandèrent leur repas, pour Malefoy un bœuf bourguignon et pour Hermione du saumon fumé, et dînèrent dans un silence presque religieux. Après le repas, Malefoy jeta sa serviette sur la table, et la fixa. Essuyant ses lèvres avant de boire une gorgée de blanc, Hermione finit par souffler, vaincue.

-Quoi, Malefoy ?

Il eut un petit rictus.

-Tu es...presque jolie, ce soir, Granger. Comme quoi, ma mère peut faire des miracles.

-Et pourtant tu n'as rien du Christ, marmonna-t-elle avant de répondre avec lassitude : Malefoy, je crois que nous avons déjà établi que j'étais presque jolie, presque intelligente, presque une sorcière, presque ci et presque là.

-C'est vrai, acquiesça-t-il, sauf pour un point. Tu es très intelligente, Granger, le presque n'a rien à faire là-dedans. J'ai toujours reconnu cela, même si je ne t'aime pas.

-Mais je demeure toujours presque pour tout le reste, n'est-ce pas ? Tu estimes que mon sang est souillé. Je suis née-moldue, presque une sorcière. Voilà ce que tu penses.

-Je ne vais pas faire semblant, Granger. Tu as toujours connu mon point de vue à cet égard.

-Ton point de vue est faussé, Malefoy. Je suis une sorcière, que tu le veuilles ou non. Prenons les Cracmols, par exemple. Eux sont presque des sorciers, comme tu dis. Ils ne sont pas admis à Poudlard et ont du mal à s'intégrer dans le monde magique. Mais moi, j'ai été à Poudlard. J'ai aidé à combattre Voldemort. Je suis avocate magique. Que te faut-il de plus ?

Il l'avait écouté attentivement, et répondit enfin,

-Certes, Granger. Mais tu ne peux pas oublier cette part moldue en toi.

Elle soupira, se massant les tempes.

-Tu n'outrepasseras jamais cette haine des nés-moldus, n'est-ce pas ?

-Tout juste.

-Mais pour le mariage. Mes parents seront bien obligés d'y assister.

-Si je suis capable de baiser une Sang-de-Bourbe, je serai bien capable de côtoyer tes fichus parents une journée ou deux.

Elle se leva d'un bond, comme giflée, visage pâle.

-Ne t'en prends pas à mes parents, Malefoy, je ne plaisante pas. Et d'ailleurs, arrête de parler de moi comme d'un objet, ou d'une prostituée. Je n'en suis pas une.

-Assis, commanda-t-il le regard noir. Cesse de te donner en spectacle.

Elle se rassit lentement, alors que les desserts arrivaient.

-Je ne vois pas en quoi le fait d'évoquer des relations sexuelles te dérange, finit-il par ajouter. Nous en aurons, Granger.

-Ah, oui, parlons-en, de l'héritier que je suis supposée te faire, grinça-t-elle. Ton adorable petit bébé au sang sali par sa mère.

-Ne te préoccupe pas de cela.

-Alors cesse de parler de me baiser, Malefoy. Rien que l'idée me rend malade.

Il lui décocha un grand sourire goguenard.

-Pas moi.

Elle cligna lentement des yeux. Que devait-elle comprendre ? Préférant abandonner le sujet, puisqu'elle allait réellement finir par être malade, elle enchaîna sur autre chose.

-Y a-t-il une date pour le mariage ?

-A vrai dire, il faudra voir cela avec ma mère, répondit-il d'une voix désintéressée. C'est elle qui...

-Drago, chéri !

La mâchoire de Hermione se contracta tandis que la voix douce et cristalline d'Astoria Greengrass atteignit ses oreilles. La superbe sirène, amante de Malefoy, approcha leur table en ondulant des hanches, tandis que la plupart des hommes dans le restaurant la dévoraient du regard au grand déplaisir de leurs épouses. Elle pénétra dans la bulle de discrétion entourant leur table et se pencha vers Drago, ses lèvres pécheresses frôlant la joue rasée de près de son amant. Hermione allait lui dire d'aller au Diable, et d'amener Malefoy avec elle, mais ce dernier prit les devant en foudroyant Astoria d'un regard givrant.

-Je suis ici avec Granger, en rendez-vous officiel, Astoria. Tu ne peux pas te permettre d'arriver et de m'embrasser comme si nous sortions ensemble.

-Parce que ce n'est pas le cas, sans doute ?

-Tu connais la situation, Astoria. Permets-moi de t'assurer que si tu outrepasses les droits qui te sont accordés dans ce cadre, je t'écarterai moi-même de ma vie.

Astoria plissa les lèvres, visiblement furieuse, et décocha une œillade mortelle à Hermione, comme si ce rejet était de sa faute. Hermione se contenta de hausser un sourcil désintéressé, avant de finir son verre.

-Sang-de-Bourbe, siffla Astoria.

-Green-garce, la salua en retour Hermione en contemplant ses ongles.

-Drago, défends-moi, se plaignit Astoria en se tournant vers son amant.

-Si tu veux te défendre, fais-le toute seule. C'est toi qui as commencé, rétorqua Drago. Maintenant, laisse-nous, Tori.

Astoria sembla gonfler sous la fureur, et fit sèchement demi-tour pour rejoindre la table où elle dînait avec ses parents et sa sœur aînée, Daphné. Hermione roula des yeux.

-Je ne l'ai pas fait pour toi, précisa Drago en surprenant son geste.

-Je n'en doute pas, répliqua-t-elle d'une voix cassante. Maintenant que nous avons terminé...

-...je te raccompagne chez toi, te laisse sur le pas de ta porte avec un baise-main, et je t'invite à un prochain repas, dit-il.

-Certainement pas. Reste loin de chez moi, Malefoy.

-Comme si je voulais approcher le lieu que tu appelles « maison ». Toutefois, sois assurée que les paparazzi ont déjà flairé la piste de notre rendez-vous romantique et nous suivront. Je ne peux décemment pas te laisser entrer seule. Je suis supposé te séduire, je te le rappelle.

A la notion de séduction, ils se sourirent tous deux, trouvant cette idée ridicule l'un comme l'autre. Gênée de l'instant de complicité, Hermione détourna le regard, rosissant légèrement. Drago se leva, lui tendit un bras qu'elle saisit, et ils quittèrent le restaurant. Une fois arrivés sur le Chemin de Traverse, Hermione les fit transplaner tous les deux.

Lorsqu'ils atterrirent devant son appartement londonien, côté moldu, un second « crac » sonore résonna dans la nuit. Drago se pencha vers elle et murmura à son oreille,

-Je te l'avais bien dit.

Elle sourit doucement, et se tourna vers sa porte.

-Merci pour cette agréable soirée...Drago, déclara-t-elle d'une voix forte et claire.

-Le plaisir fut tout pour moi, Hermione.

Il se pencha et lui baisa la main, posant ses lèvres à même la peau. Le baiser dura au-delà de ce qui était convenable, et elle se prit à frissonner au contact de ses lèvres chaudes. Étonnant. Elle se les était toujours imaginées aussi glaciales que le personnage. Il surprit son trouble et lui fit un clin d'œil insolent. Hermione serra les dents, se prêtant au jeu en évitant de l'insulter ou de le gifler, puis il se redressa et reprit :

-Permets-moi de t'amener déjeuner dans la semaine.

-C'est d'accord. Mercredi midi, je serai disponible.

-Alors, à mercredi.

-Oui.

Il transplana et elle pénétra dans son appartement, fatiguée et dégoûtée. Elle en avait vraiment, vraiment marre de Malefoy.

Drago arriva directement dans sa salle de bains, la chaleur de la peau de Hermione imprégnant encore ses lèvres. Furieux contre lui-même, il regarda son entre-jambe d'un œil critique, avant de se déshabiller et d'entrer dans l'énorme cabine de douche. Il alluma le jet froid, et tenta de se débarrasser de son excitation incompréhensible. Ce n'était qu'un baise-main, par tous les disciples de Merlin !

-Hermione ?

Hermione releva la tête de ses documents si rapidement que son cou protesta. Se massant la nuque, elle regarda Ron, qui se tenait à la porte de son bureau, l'air profondément malheureux. Elle réprima un sanglot. S'il savait à quel point elle souffrait de la situation, elle aussi...

Il entra et ferma la porte, et Hermione soupira, avant de murmurer :

-On s'était mis d'accord pour ne plus se voir, Ron...

-C'est trop dur, claqua-t-il d'une voix tremblante. Je suis fou de toi, Hermione. Je ne peux pas...cela fait trois mois !

-Toi aussi, tu me manques, murmura-t-elle doucement. Mais, Ron, comment veux-tu que nous fassions ? Je ne peux pas tromper Malefoy.

-A partir du mariage, peut-être. Mais jusque là...

-J'essaie de m'habituer sans toi, Ron ! Ce n'est déjà pas facile. Je t'en supplie, ne rends pas les choses plus...

-Granger ?

Ils se tournèrent tous deux vers la porte qui s'était ouverte lorsqu'ils parlaient, sans qu'ils ne s'en rendent compte. Drago Malefoy s'y tenait, impressionnant, imposant de par sa haute stature glaciale.

Et il avait l'air furieux.

Hermione se souvint alors, désemparée, que nous étions mercredi...et qu'elle devait déjeuner avec l'ancien Mangemort.

-Je...

Il lui décrocha un regard d'une telle fureur et autorité mêlées qu'elle se tut malgré elle, et il se tourna vers Ron, son visage congestionné de mépris. Ron n'était pas impressionné : il tremblait de rage.

-Ordure, murmura Ron d'une voix colérique. Espèce de salopard. Je vais te tuer pour ce que tu as osé nous faire...

-Alors, qu'attends-tu ? se moqua Malefoy. Ou le petit Ronnikins a-t-il besoin de maman ou de Granger ou de Potter pour lui tenir la main, encore une fois ?

Poussant un rugissement de rage, Ron se jeta sur son rival et abattit son poing sur le beau visage dédaigneux. Malefoy répliqua aussitôt, sans même sortir sa baguette, en enchaînant un coup de poing au visage de Ron, puis un au ventre, et l'instant d'après, ils roulaient à terre, se battant, alors que Hermione, abasourdie, contemplait le spectacle.

Les employés de l'étage s'agglutinèrent autour du bureau de Hermione, et celle-ci revint enfin à elle, sortant sa baguette et d'un informulé envoyant Malefoy d'un côté de la pièce, et Ron de l'autre.

-Cela suffit, hurla-t-elle. Mais regardez-vous !

Malefoy arborait une coupure à la lèvre qui saignait sur sa chemise blanche, et Ron avait le nez visiblement cassé, et ce qui promettait un bel œil au beurre noir.

Et comme il y avait un public devant la porte, Hermione devrait défendre l'un ou l'autre. Son cœur coula dans sa poitrine, d'autant que Malefoy la regardait avec un rictus moqueur, connaissant parfaitement son train de pensée. Et, malgré son envie de courir à Ron, elle savait qu'elle devrait prendre le côté du blond, pour le bien de leur accord. Inspirant vivement et espérant, suppliant intérieurement que Ron lui pardonne, elle se dirigea vers Malefoy et dit,

-Ron, tu n'as aucun droit de venir jouer les ex jaloux ici. Et toi, Drago, tu n'as pas à le provoquer ! Et vous, s'adressa-t-elle à la foule, le spectacle est terminé !

Ron la regardait avec tant d'accusation au fond des yeux qu'elle se sentit chavirer. Malefoy, jouant le chevalier armé de blanc, attrapa sa main pour la stabiliser, et l'attira contre lui. Elle voulut se débattre, mais un seul regard de son ennemi et futur mari l'en dissuada.

-Ron, murmura-t-elle faiblement, rentre chez toi, s'il te plaît, et ne reviens plus ici.

Elle tira Malefoy vers la sortie, main toujours dans la sienne sans qu'elle s'en aperçoive, larmes aux yeux, ignorant les yeux de Ron dans son dos. Malefoy la suivit docilement, mais tourna la tête vers son rival, et avec un rictus moqueur, forma de ses lèvres les mots :

« Je gagne, et tu perds. »

Puis, il suivit Hermione vers la zone de transplanage, sachant pertinemment qu'il allait passer un mauvais quart d'heure avec la jeune femme, mais chaque instant en vaudrait la peine : il venait d'asseoir publiquement son autorité sur Weasley. Hermione l'avait défendu, lui, certes à contrecœur, mais ce qui importait était l'avis du public.

Et il adorait cela.

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Tadam!

Alors, premier affrontement entre Ron et Drago...il y en aura sans doute d'autres, et premier rencard entre nos deux héros. Qu'en pensez-vous?

Bises et à très vite.

DIL.