Ma santé n'est pas au beau fixe ces dernières semaines alors j'ai du mal à écrire, à part les lemons, parce que cela ne me demande pas beaucoup de réflexion. J'ai de l'avance sur les chapitres lemonesques mais pas sur les autres.

Le chapitre ci-dessous a été assez laborieux à écrire car il est assez différent de ce dont j'ai l'habitude. Je ne sais pas quoi en penser, donnez-moi votre avis.

Une fois de plus, merci à ma super-bêta Dragsou qui m'a donné des idées pour le compléter.


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La traque

Le mois de mai touchait à sa fin et les choses étaient redevenues comme avant entre Harry et Snape. Ils n'évoquaient jamais ce qu'ils s'étaient dit le dimanche après la commémoration, l'ancien professeur était toujours aussi strict au travail et à l'entraînement, et ils continuaient leurs jeux sexuels. Mais de petites choses avaient changé.

Quand ils prenaient le thé, ou à la toute fin de la journée, Harry s'asseyait souvent aux pieds de son mentor pour poser la tête sur ses genoux pendant que ce dernier lui caressait les cheveux. C'était devenu un rituel, l'un des rares moment où Snape se permettait de montrer un peu de tendresse. Il acceptait aussi de plus en plus souvent que son apprenti reste dormir avec lui, à la plus grande joie de ce dernier.

Un matin, chose rare, Harry se réveilla le premier. Il frotta sa mâchoire rugueuse d'une barbe naissante avant de se tourner sur le côté pour contempler le profil de son amant. Même dans le sommeil, le visage de ce dernier n'était pas parfaitement détendu. Ses traits restaient légèrement crispés, comme s'il avait trop longtemps été sur ses gardes pour relâcher sa vigilance. A moins que ce ne soit à cause de tous les souvenirs qui le hantaient.

Alors que l'homme au visage sévère commençait à ouvrir les yeux, Harry posa la main sur sa joue pour la caresser.

— C'est bizarre, murmura-t-il.

— Mais encore ? demanda Snape d'une voix pas tout à fait réveillée.

— Vous n'avez jamais de barbe le matin et je ne vous ai jamais vu vous raser. Vous avez toujours été comme ça ou cela fait partie des transformations que vous avez pratiqué sur vous quand vous êtes devenu Corvus Prince ?

— Ni l'un ni l'autre.

Snape hésita avant de poursuivre.

— Je ne vieillis plus, depuis ma résurrection. Entre-autres conséquences, ma barbe et mes cheveux ne poussent plus.

— Vous êtes immortel alors ?

— Non plus, je mourrai de nouveau un jour. Mais les seuls changements que je peux subir en attendant sont ceux que je décide de m'infliger, comme lorsque j'ai transformé mon apparence.

— Vous allez donc artificiellement vous vieillir au fil des ans pour qu'on ne remarque rien ?

— Cela ne sera pas nécessaire, marmonna le serviteur de l'ombre pour lui même en se levant.

— Qu'avez-vous dit ? demanda Harry en le suivant.

— Il est temps de nous préparer, nous n'avons plus le temps pour ces bavardages, Potter.

Ce weekend-là, Snape avait prévu un programme d'entraînement spécial : une chasse à l'homme. Contrairement à son habitude, cette fois Harry ne serait pas le chassé, mais le chasseur. Il disposait de 48h pour retrouver Polaris Bearer qui s'était portée volontaire pour jouer le rôle de la proie.

L'opération était organisée en partenariat avec Giovani Cagliostro, le mentor de Polaris, célèbre lui-même pour avoir réussi à s'enfuir d'entre les mains de la Camorra Nerra, la plus dangereuse des organisations de mages noirs italiens. Snape quant à lui suivrait Harry tout du long de sa traque sans intervenir afin de l'observer.

Heureusement pour Harry, Polaris devait respecter quelques règles : elle n'avait pas le droit de quitter la Grande-Bretagne et, une fois arrivée au lieu de son choix, elle avait pour instruction d'y installer son campement et de ne plus transplaner, à moins qu'elle repère son poursuivant. A part ça, tous les coups étaient permis. Snape et Cagliostro avaient laissé entendre qu'ils ne seraient pas regardants sur la légalité des moyens employés, du moment qu'ils n'entraînaient pas mort d'homme.

La poursuite d'un fugitif n'avait rien de palpitant : il s'agissait d'un travail d'enquête long et minutieux. Harry commença par éplucher le dossier de Polaris au Bureau des Aurors et par rassembler toutes les informations qu'il pouvait trouver sur elle afin de deviner où elle pouvait bien se cacher, ce qui lui prit toute la matinée.

Il interrogea également Faunus Chourave qui était désormais son petit-ami, mais ce ne fut pas facile : ce dernier ne savait pas qu'il s'agissait d'un entraînement. Harry devait réussir à lui soutirer des informations sans qu'il croit que la jeune femme avait des ennuis, sinon il risquerait de vouloir la protéger ou au moins de s'en mêler. Mais Faunus avait suivi les mêmes cours que Harry et il se rendit compte de la manoeuvre.

Harry n'avait pas le droit de lui dire la vérité, alors il inventa un mensonge.

— Je suis sur les traces d'un ancien partisan de Voldemort spécialisé dans l'invocation d'Inferi.

En effet, Polaris et Cagliostro étaient chargés de détecter et nettoyer les nids de ces morts-vivants.

— J'ai déjà discuté avec Cagliostro et il m'a dit que Polaris avait peut-être remarqué des choses supplémentaires sur les lieux où ils sont intervenus, c'est pour ça que je dois la voir de toute urgence. Mais personne ne sait où elle est partie pour le weekend.

Faunus avait l'air sceptique, cependant il lui faisait confiance, aussi lui donna-t-il la liste des endroits où, à sa connaissance, elle était susceptible d'aller.

En sortant du Ministère, Harry remarqua que Snape était de mauvaise humeur.

— Que se passe-t-il ? lui demanda-t-il.

— Votre interrogatoire était un désastre, Chourave aurait normalement dû se braquer et ne rien vous dire. Il n'a parlé que parce que vous êtes le « Sauveur », au dessus de tout soupçons, j'espère que vous vous en êtes rendu compte ?

— Oui. En même temps, vous dites toujours que je dois utiliser tous les atouts à ma disposition, et dans le cas présent, ma réputation en est un, non ? demanda Harry, taquin.

— Vous vous reposez beaucoup trop sur vos lauriers, une fois de plus ! Votre réputation ne fera pas toujours le travail à votre place et un jour l'un de vos ennemis profitera de votre suffisance pour vous piéger.

A la grande surprise de Snape, Harry réagit à ses remontrances en éclatant de rire, ce qui l'énerva encore plus.

— Suffisant et complètement inconséquent ! J'essaye de vous apprendre à rester en vie, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, il n'y a rien de drôle là-dedans.

— C'est juste, expliqua Harry en tentant de se calmer, c'est juste que cela m'a rappelé vos tirades à Poudlard, quand vous m'accusiez de profiter de ma célébrité. Le bon vieux temps. Bon, sauf que cette fois c'est vrai, je n'aurais pas obtenu ces informations sans elle, alors qu'à l'époque je n'avais aucun des privilèges dont vous m'affubliez.

— Ah oui ? Et la centaine de points qu'Albus vous a accordé à la fin de votre première année, volant la coupe à ma Maison alors que mes élèves s'étaient efforcés de travailler sérieusement et de respecter le règlement, eux ? Et toutes les fois où vous n'avez pas été renvoyé malgré vos infractions et la mise en danger de vos camarades ? La liste est tellement longue que j'en aurais pour des heures à l'établir.

— Je vous rappelle que j'avais un mage noir aux fesses !

— Oseriez-vous affirmer honnêtement que toutes les fois où vous avez enfreint le couvre-feu ou fait quelque chose de dangereux étaient en rapport avec lui ?

— Oui ! Non… d'accord, j'ai fait quelques conneries, comme tout le monde, mais si on enlève ce qui est en rapport avec Voldemort, je suis sûr qu'on arrive à un nombre tout à fait dans la moyenne des autres élèves.

— Sauf que ces derniers étaient punis pour leurs incartades, ils n'avaient pas carte blanche contrairement à vous.

— Mais j'ai été puni ! Je ne pense pas que vous ayez oublié le nombre incalculable d'heures que j'ai passé en votre charmante compagnie lors des retenues que vous me distribuiez avec tant de générosité. Mais si vous pensez que je n'ai pas été suffisamment puni, ajouta-t-il avec un regard entendu, je suis sûr que cela peut se rattraper.

— Arrêtez un peu de penser avec votre queue, Potter, vous avez du travail. Nous sommes arrivés à la zone de transplanage.

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Harry se rendit dans la maison de Polaris et de ses parents. Il prépara mentalement différent scénarios pour les interroger sans répéter le même fiasco qu'avec Faunus, mais il comprit à leur attitude quand il se présenta qu'ils l'attendaient. Ils étaient également légèrement fébriles, mais pas comme des parents qui s'inquiètent pour leur fille, non, plutôt comme des acteurs sur le point d'entrer sur scène. Harry en déduit qu'ils étaient au courant de l'opération.

Il leur posa cependant ses questions comme si de rien n'était. Quand ils prétendirent qu'elle aimait beaucoup le sud de l'Angleterre et les collines du Pays de Galles, il comprit quel rôle leur avait été attribué : celui des parents qui mentent pour couvrir leur enfant en fuite. En effet, Faunus lui avait parlé de leur projet de vacances en mer du Nord et il avait lui-même remarqué pendant leur formation qu'elle était passionnée par les créatures magiques maritimes, même si elle avait un don avec tous les êtres et animaux.

La fouille de la chambre apporta plus d'informations : Harry y trouva les photos et les noms de plusieurs amis et cousins proches de Polaris. La jeune femme était très organisée, elle rangeait ses vêtements par saison, ce qui permis à Harry de constater que l'étagère hivernale semblait avoir été vidée d'une partie de son contenu alors qu'on était presque en juin. Il était embarrassé de mettre ainsi le nez dans les affaires personnelles d'une de ses collègues, mais elle avait préparé l'opération : s'il y avait des choses qu'elle ne voulait pas qu'il voit, elle les avait probablement mises à l'abris.

Avant de partir, Harry fit le tour du reste de la maison. Une photo sur un mur du salon attira son attention : on y voyait Polaris, enfant, en compagnie de selkies sur un rocher entouré d'une mer grise. Il entraîna alors Monsieur et Madame Bearer dans la cuisine où il leur demanda de remplir un formulaire administratif pour certifier qu'ils avaient bien reçu sa visite ce jour et que la fouille n'avait occasionné aucun dégât. Tandis qu'ils étaient penchés sur les nombreux feuillets, il s'exclama :

— Mince, j'ai oublié mon calepin à côté, je reviens tout de suite.

Il les abandonna alors en compagnie de Snape sans leur laisser le temps de protester et se précipita dans le salon où il dupliqua rapidement la photo des selkies à l'aide d'un Gemino. Il glissa le double à l'intérieur de sa robe d'Auror et en sortit son calepin avant de rejoindre les autres.

Quelques minutes plus tard, ils étaient dehors et Snape lui demanda :

— La diversion avec les formulaires s'est avérée efficace, mais vous avez eu de la chance : la typographie était tout à fait fantaisiste, si l'un d'eux avait travaillé dans l'administration, il s'en serait tout de suite aperçu. Maintenant, je suis curieux de savoir quel était votre but.

Harry sortit la photo en expliquant :

— Ils ont fait trop d'efforts pour ne pas parler de la mer pour que ce soit innocent, je pense que c'est une piste, mais je ne voulais pas qu'ils se rendent compte que je suis dessus car ils pourraient avoir un moyen de la contacter.

— Pas mal.

L'instinct de Harry le poussait vers la mer du Nord mais Snape attendait de lui qu'il procède avec méthodologie, aussi passa-t-il le reste de l'après-midi à rendre visite aux proches de Polaris en s'assurant que celle-ci n'était pas dans les parages grâce au sortilège Hominum revelio. Il ne s'attarda pas, excepté chez son cousin Mizar. D'après l'album photo trouvé dans la chambre de Polaris, ils avaient souvent passé leurs vacances ensembles quand ils étaient plus jeunes.

Harry hésita à lui mettre la pression en lui faisant croire que Polaris était en danger, car il était tard et il commençait à être fatigué. Mais il trouvait cela cruel de l'inquiéter pour rien, aussi concocta-t-il une histoire plus joyeuse. Il prétendit qu'il aidait Faunus à organiser le voyage qu'il avait prévu de faire en mer du Nord avec la jeune femme et, que pour cette raison, il voulait savoir où elle était déjà allée et quels endroits elle préférait.

D'après Mizar, elle connaissait assez bien toute la côte est de la Grande-Bretagne, mais les deux endroits qu'elle appréciait le plus étaient les Orcades et Whitby. Il suggéra les Shetlands comme destination car elle n'y était encore jamais allée.

La fin de la journée se déroula à la grande bibliothèque du Ministère. Harry consulta une nouvelle fois la fiche des emprunts de Polaris. Lorsqu'il l'avait lu la première fois le matin, il n'avait pas pu en tirer grand chose car Polaris était un rat de bibliothèque du même acabit que Hermione. Mais à la lumière de ses dernières découvertes, un titre lui sauta aux yeux : le Guide complet des Êtres de l'Eau : langage et coutumes de Dylan Marwood, qu'elle avait emprunté plusieurs fois depuis le début de l'année. La dernière remontant à quelques jours, juste après qu'elle ait accepté de participer à l'opération, et elle ne l'avait pas encore rendu.

La bibliothèque possédait heureusement plusieurs exemplaires du guide de Marwood et Harry pu le lire à son tour. Il consulta également les fiches des selkies au Département de contrôle et de régulation des créatures magiques : il n'y en avait pas de recensées près de Whitby, mais une importante communauté vivait dans le Scapa Flow, une baie au milieu des Orcades. Ce n'est qu'après avoir soigneusement étudié la géographie des lieux jusqu'à minuit passé qu'il s'autorisa à rentrer chez lui pour une courte nuit de sommeil.

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Deux sorciers se tenaient au bord des falaises de l'île de Hoy, contemplant les eaux subartiques du Scapa Flow dans la lumière de l'auror. Leurs silhouettes, respectivement bleu canard et indigo, se détachaient sur le fond de pierre grise et d'herbe jaunâtre.

— Fait froid, grommela Harry en se jetant un énième sort de réchauffement.
Son mentor ne prit pas la peine de répondre.

— Quand faut y aller, faut y aller, reprit le plus jeune en enfourchant son fidèle Eclair de Feu et en brandissant sa baguette… mais au fait, comment allez-vous faire pour me suivre une fois que je serai désillusionné ?

Snape sembla réfléchir quelques secondes avant de donner sa réponse :

— Voici l'occasion de vérifier si certaines de mes théories sont justes. Concentrez-vous sur l'idée suivante : vous avez besoin - il insista sur ce mot - que je sache où vous êtes. Bien, maintenant envolez-vous et faites quelques tours en pensant à autre chose.

Harry obéit alors que Snape fermait les yeux. Quand il redescendit, il décela derrière le masque d'impassibilité de son mentor les traces discrètes de la satisfaction.

— Le test est concluant. Le lien m'indique votre localisation.

Harry fronça les sourcils : il espérait que cela ne fonctionnait que tant que ce serait nécessaire, il n'avais pas vraiment envie que Snape sache en permanence où il était. Pas qu'il ait quoi que ce soit à lui cacher, contrairement à leurs années à Poudlard, mais il tenait à garder un minimum d'intimité. Il n'avait cependant pas le temps de réfléchir plus avant à la question : il avait toujours une mission à accomplir.

Snape lui avait dit qu'il n'avait pas besoin de balai, qu'il avait un autre moyen de voler. Harry se doutait de quoi il s'agissait, aussi ne fut-il pas surpris de voir l'ancien Mangemort s'élever dans les airs, enveloppé dans une fumée noire, comme il l'avait fait au début de la bataille de Poudlard, comme Voldemort le lui avait probablement appris.

Il n'était pas ravi que son mentor, amant et serviteur se serve autant de magie noire : elle était réputée corruptrice, et plus pragmatiquement, s'il était découvert par leurs collègues, il risquait de sérieux ennuis. Le défenseur de la lumière se tut néanmoins : il savait pertinemment que Snape lui rirait au nez s'il lui faisait part de ses appréhensions. S'il y avait une chose dont le sombre Auror se fichait plus que des lois sur la magie noire, c'était de son propre bien-être.

Mais bien vite la silhouette brumeuse perdit ses sombres couleurs grâce à un sort de désillusion et Harry se fondit de même dans son environnement. Il commença par survoler la côte de Hoy, par acquis de conscience. L'île était peuplée et éloignée des fonds marins de la baie fréquentés par les selkies alors il y avait peu de chances que Polaris soit dans le coin. Il jeta néanmoins le sortilège de Révélation de Présence humaine à intervalles réguliers. Il l'avait travaillé intensément sous la houlette de Snape jusqu'à ce qu'il soit extrêmement difficile à détecter par ses cibles. A sa connaissance, Polaris n'était pas une spécialiste des sorts de détection, aussi avait-il bon espoir que le niveau de subtilité qu'il avait réussi à atteindre suffirait.

Une fois Hoy expédiée, il inspecta minutieusement les petites îles de Cava et Fara qui étaient de bonnes candidates : il avait déduit de ses recherches que la photo avec les selkies avait été prise sur l'une d'elles. Mais les deux étaient vides de toute présence humaine. L'île voisine de Flotta était à exclure : elle abritait un terminal pétrolier, chose qui faisait irrémédiablement fuir les selkies.

La matinée et le début de l'après-midi s'écoulèrent sans que Harry détecte d'autres présences que celles de quelques pêcheurs et touristes moldus. Lors de leur pause déjeuner, Snape avait été d'une humeur exécrable, se plaignant de la lenteur de Harry. Il fallait dire que depuis quelques heures, un fort vent d'ouest s'était levé, rendant le vol particulièrement difficile, et les deux hommes étaient fourbus.

Enfin, sur l'île de Hunda, Harry repéra une présence sorcière. Elle provenait d'une grotte creusée dans le flanc de la falaise qui lui rappela de mauvais souvenirs. Il espérait que Polaris n'avait pas eu le mauvais goût de peupler sa planque avec quelques uns des Inferi qu'elle était censée détruire. Tous les coups étaient permis après tout. Harry chassa l'idée d'un revers de main mental : la jeune fille n'avait pas froid aux yeux mais elle préférait indubitablement les créatures vivantes. Non, c'était des selkies qu'il devait se méfier.

Plongé dans ses considérations, Harry ne se rendit compte de la présence d'un sortilège d'alerte que lorsqu'il fut trop tard. Il se mit alors à courir en jetant des Stupefix devant lui, à l'aveuglette, pour empêcher sa proie de transplaner. Sa méthode fut suffisamment dissuasive car quand il l'aperçut enfin, elle n'était pas en train de disparaître mais de plonger dans un lac intérieur.

Il s'approcha du bord avec réluctance : de nouveau les souvenirs de la caverne qui avait abrité le médaillon de Serpentard l'envahissaient et le faisaient frémir. A côté de lui, Snape réapparut et le regarda d'un air impatient. Alors Harry se débarrassa prestement de ses vêtements dont il sortit la branchiflore qu'il avait apporté en prévision de ce genre de situation, puis il l'avala et plongea, suivi de près par son mentor.

Alors qu'il s'enfonçait doucement dans les ténèbres et que la morsure de l'eau glacée s'atténuait progressivement grâce à la transformation que la plante magique opérait sur son organisme, Harry ne put empêcher la terreur de lui comprimer la poitrine. Il sentit des doigts décharnés tenter de s'emparer de lui et il se débattit, donnant des coups de pieds à un corps derrière lui. Le corps en question fut bientôt éclairé d'un Lumos, révélant le visage furieux de Snape, et Harry vit qu'il n'avait été frôlé que par quelques algues. Il alluma sa propre baguette et retourna à son exploration.

Le lac s'enfonçait profondément dans la roche, formant un puits, ou un tunnel, Harry ne savait pas trop car il avait du mal à situer où étaient le haut et le bas. Il avança pendant un temps qui lui parut interminable avant de finalement atteindre une sortie. Devant lui s'étendaient les fonds marins de Scapa Flow.

Il ignorait par où s'était enfuie Polaris mais il avait une idée de comment la retrouver. En effet, il se rappelait fort bien depuis la deuxième tâche du Tournoi des Trois Sorciers que les selkies appréciaient la musique. Aussi, d'un sortilège informulé, il provoqua une douce mélodie qui se répandit dans les ondes alentours. Le jeune Auror se désillusionna à nouveau, non sans avoir fait signe à Snape d'en faire autant, et il se dissimula derrière quelques rochers pour plus de sûreté.

Harry n'eut pas longtemps à attendre : au bout de quelques minutes à peine, un selkie apparut alors que la mélodie étaient en train de s'achever. L'être de l'eau chercha son origine, mais ne la trouvant pas, il repartit déçu d'où il était venu. Harry nagea à sa suite, laborieusement : même si ses mains et ses pieds étaient palmés, il ne pouvait rivaliser avec un être doté d'une queue de poisson. Heureusement que ce dernier ne se pressait pas particulièrement.

Bientôt, ils atteignirent l'épave rouillée d'un navire qui avait de toute évidence été transformé en village sous-marin par les selkies. Harry eut peur de devoir la fouiller entièrement car elle était immense : il s'agissait d'un croiseur allemand datant de la Première Guerre Mondiale. Il vit alors Polaris, qui s'était métamorphosée en sirène, près de la proue. Elle semblait prise dans une conversation houleuse avec un groupe de selkies. Harry s'approcha discrètement : il supposa, d'après les gestes des uns et des autres, que les résidents du navire lui en refusaient l'accès.

Le groupe avait l'air d'être proche d'arriver à un accord aussi Harry décida de passer à l'action : il lança un Stupefix en direction de sa cible. Hélas, un aiglefin se trouvait sur le chemin du sortilège et fut frappé à sa place. Aussitôt, les selkies furent en état d'alerte et se précipitèrent vers lui en brandissant leurs armes de pierre.

Harry n'était pas aussi effrayé qu'il l'avait été quatre ans plus tôt, il pensait connaître suffisamment de sorts de combat informulés pour se défendre, même sous l'eau. Mais en même temps, il ne pouvait pas se permettre de blesser l'un des êtres de l'eau : cela créerait un incident diplomatique, et comme il ne parlait pas la langue aquatique, il ne pouvait pas tenter de négociation. A la place, il s'entoura d'un tourbillon de vagues qui repoussa ses attaquant.

Pendant ce temps, Polaris s'enfuyait à nouveau et elle nageait vite grâce à sa queue de sirène. Harry tenta alors une chose dont il n'était même pas sûr qu'elle puisse marcher dans l'eau : il transplana. Il réapparut juste devant sa collègue et la stupéfixa immédiatement. Il voulut effectuer une pirouette aquatique pour fêter sa victoire. Cependant, dans sa tentative de pirouette, une douleur atroce le prit au ventre et il se mit à cracher du sang. La dernière chose qu'il vit avant de perdre connaissance fut la troupe de selkies qui l'encerclait.

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— Il a quand même réussi à trouver Pola et à l'immobiliser, de mon point de vue c'est lui qui a gagné le défi, déclara une voix chantante et rapide.

— Mais il serait mort si les selkies et moi n'avions pas été là, répliqua une autre voix, celle grave et mordante de Snape.

Harry ouvrit péniblement les yeux. Il s'attendait à découvrir le décor blanc d'une infirmerie autour de lui, chose dont il avait une grande habitude. A la place, son regard se posa sur les murs en bois d'une petite cabane de pêcheur. Mathilda Wrenwax, la médicomage du Bureau des Aurors, était néanmoins présente et s'approcha alors de lui pour l'examiner.

— Qu'est-ce qui s'est passé ? voulu demander Harry.

A la place, il cracha des caillots de sang, quelques morceaux d'algues et d'autres choses indéfinissables. La soignante comprit malgré tout sa question.

— Vous avez voulu transplaner dans l'eau ET sous l'action d'une branchiflore, deux choses fortement contrindiquées. Vous avez perdu un morceau d'estomac dans l'opération. Vous êtes un cas d'école à vous tout seul, Monsieur Potter, je vais peut-être écrire une thèse à votre sujet.

— Je vois que vous avez fini votre petite sieste, intervint Snape.

Son ton méprisant était de mauvais augure : Harry avait souvent constaté qu'il était le premier symptôme d'une colère froide.

— Hey, Harry, ça va mieux ? demanda Polaris qui surgit près du lit à ce moment-là. Tu nous a fichu une sacré frousse.

Cagliostro s'approcha à son tour et Harry se sentit oppressé par la présence d'autant de personnes autour de son lit. Heureusement, Wrenwax s'en rendit compte, et comme Pomfresh en son temps, elle chassa vertement les importuns.

Dans l'heure qui suivit, Harry réussit à reconstituer les événements : après sa perte de connaissance, les selkies l'avaient protégé des requins attirés par l'odeur du sang pendant que Snape réanimait Polaris. Ensuite tout ce petit monde l'avait ramené sur la terre ferme. Il n'était pas prudent de le transplaner dans son état, alors Polaris avait alerté Cagliostro avec qui elle était en contact, lequel avait fait venir la médicomage. Pendant ce temps, Snape s'était efforcé de le stabiliser à l'aide des quelques potions de soin qu'il avait toujours sur lui.

A ce moment là du récit, Polaris avait jeté un drôle de regard au soi-disant Auror canadien mais n'avait rien dit. Harry profita que les deux seniors recommençaient à se disputer au sujet du gagnant - chacun pointait les erreurs de son apprenti et le disait indigne de la victoire - pour discuter avec elle discrètement :

— Que s'est-il passé d'autre ?

— Prince était bizarre, répondit-elle. Quand il m'a réanimée, il avait un de ces regards... j'ai cru qu'il était devenu fou et qu'il allait tuer tout le monde. Ensuite, quand il te soignait, il n'avait pas l'air bien, il était pâle comme la mort et il semblait avoir du mal à tenir debout. Je ne sais pas s'il avait peur d'avoir des ennuis ou s'il tient à toi, je pencherais pour la première solution vu qu'il te parle toujours comme à du poisson pourri, mais il ne voulait vraiment pas que tu meurs. Vraiment pas. C'en était effrayant.

Peu après, Cagliostro et son apprenti annoncèrent leur départ. Polaris vint dire au revoir à Harry, qui ne pourrait pas transplaner avant le lendemain :

— Mis à part ton petit accident de transplanage, c'était rigolo comme entraînement. J'espère qu'on remettra ça, petit Prince.

Elle ponctua sa phrase en volant un baiser sur les lèvres du jeune homme alité et s'en alla. Harry en fut fort embarrassé. Un ricanement s'éleva de l'autre bout de la pièce. Evidemment, Snape l'avait vu.

— Vous savez, vous n'êtes pas obligé de vous foutre de ma gueule à chaque fois qu'une occasion se présente, déclara-t-il, vexé.

— Vous ne voudriez quand même pas me priver de ma principale source d'amusement, cela contreviendrait à votre noble sens du sacrifice. Avouez tout de même que la situation est cocasse : vous rougissez pour un simple petit baiser, alors que vous n'êtes pas exactement ce qu'on pourrait qualifier de vierge effarouchée.

— Ce n'est pas pareil ! D'habitude, on me demande un minimum mon avis.

Snape ne répliqua pas. La question de la contrainte - la véritable, pas celle mise en scène lors de jeux - ne le faisait pas particulièrement rire.

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Mardi matin, un Harry parfaitement remis se tenait dans le bureau de Gawain Robards. Vu ce qu'il subissait présentement, il n'aurait pas été contre quelques jours de convalescence supplémentaires, mais Wrenwax avait bien fait son travail. Polaris était assise à côté de lui et n'en menait pas large elle non plus. En revanche, Snape et Cagliostro, qui les encadraient, se souciaient visiblement des remontrances de leur chef comme de leur première dissection de grenouille.

— Vous êtes censés être l'élite ! Le dernier rempart entre nos compatriotes et les hordes de mages noirs qui les menacent ! Qu'est-ce qui vous a pris d'organiser cette compétition aussi stupide que dangereuse ? invectiva-t-il les deux séniors.

— Quant à vous, ajouta-t-il à l'intention des juniors, vous êtes des adultes maintenant, vous devriez être capable de reconnaître des ordres déraisonnables. Je ne vous encourage pas à l'insubordination, mais quand même, j'aurais cru que la guerre vous aurait appris les dangers de l'obéissance aveugle.

Harry pensait que Robards partait un peu loin dans l'hyperbole : il n'y avait pas beaucoup de rapports entre accepter de se mettre en danger pour essayer de devenir meilleur et accepter de persécuter des innocents. Mais il n'en dit rien et son chef tourna à nouveau son ire vers ses subalternes les plus âgés.

— Je vous ai laissé libre de planifier vos entraînements à votre convenance parce que je vous croyais assez raisonnables pour transmettre vos compétences à vos apprentis en toute sécurité, pas pour que vous les fassiez barboter en mer du nord et s'entretuer. Vous imaginez les conséquences si la Gazette avait annoncé que le Survivant avait finalement été mangé par des poissons ?

Robards fixa les deux seniors en les mettant au défi de le contredire, mais ces derniers avaient l'habitude des chefs colériques et savaient qu'il valait mieux se taire en attendant que l'orage passe. Face à leur silence, le vieil Auror reprit la parole :

— Bon, maintenant, racontez-moi : comment se sont-ils débrouillés ? Qui a gagné ? Je veux un débriefing complet.

Une heure plus tard, et sans que Snape et Cagliostro aient réussi à s'accorder pour déterminer un vainqueur, ils furent libérés. Leurs collègues les attendaient, avides eux aussi de savoir ce qui s'était passé. Harry eut l'impression de revenir à Poudlard au lendemain de l'une de ses aventures, quand tout le monde l'observait comme une bête de foire. Mais Snape lui évita d'avoir à répondre aux questions, laissant cette tâche à Polaris et à son mentor volubile, en lui collant une montagne de paperasse entre les pattes :

— Puisque vous êtes incapable de transplaner correctement et de nous épargner les ennuis, il me semble plus sage de vous faire revenir à des activités à votre portée. Bien que j'ai encore des doutes sur votre capacité à écrire lisiblement. Je veux que ces dossiers soient finis d'ici demain, peu m'importe combien de temps cela vous prendra.

Harry rentra très tard chez lui ce soir là, ainsi que le lendemain et le surlendemain. Vendredi, cependant, Snape tomba à court de travail administratif à lui confier et il fut contraint de l'emmener enquêter avec lui sur le terrain.

Ils se rendirent à Godric's Hollow où une vieille femme, Jessica Fletcher, avait été assassinée. Revenir sur les lieux du terrible drame qui avait changé leur vie à tous les deux presque dix-huit ans auparavant les mettait sur les nerfs, mais ils interrogèrent les voisins avec professionnalisme. Ces derniers affirmèrent avoir vu des Mangemorts rôder autour de la maison de la victime.

Snape avait l'air dubitatif, mais Harry ne voulait pas subir ses moqueries en demandant simplement pourquoi, aussi réfléchit-il à la question tandis qu'ils inspectaient les lieux du crime. Il passa en revu ce qu'il savait sur le mode d'action de ses ennemis et la réponse le frappa :

— La Marque des Ténèbres n'a pas été lancée au-dessus de la maison !

— Cinq points pour Gryffondor, le railla son mentor. Je me demandais quand est-ce que vous vous en rendriez compte.

— Alors ce meurtre n'aurait rien à voir avec les Mangemorts ?

— Cela m'étonnerait beaucoup en effet. Non pas à cause de l'absence de la Marque : des tas de raisons pourraient l'expliquer, comme une retraite précipitée. Mais il y a d'autres éléments qui rendent leur présence dans cette affaire invraisemblable, j'espère que vous saurez m'en citer au moins une ?

Harry chercha intensément, sans succès. Il avait la désagréable impression d'être revenu en cours, quand Snape faisait exprès de lui poser des questions dont il savait pertinemment qu'il n'avait pas la réponse. Non sans l'avoir gratifié d'un sourire narquois, son mentor lui expliqua :

— Tout d'abord, si vous aviez pris le temps de lire soigneusement le dossier de Madame Fletcher, vous sauriez qu'elle n'avait rien ni pour attiser la haine des Mangemorts, ni pour les intéresser.

Harry se retint de lui faire remarquer qu'il n'avait eu le fameux dossier que dix minutes entre les mains avant qu'ils ne transplanent, il savait depuis longtemps que lorsque son ancien professeur était de mauvaise foi, répliquer ne servait à rien.

— Elle est d'une famille respectable au sang-pur, poursuivit Snape, mais pas suffisamment ancienne ou riche pour posséder quelque trésor qu'ils auraient pu convoiter. Elle n'a jamais émis d'opinion politique et c'était une sorcière tout ce qu'il y a de plus banal.

Snape jaugea Harry d'un air supérieur quelques instants avant de reprendre son exposé.

— Maintenant, est-ce que vous sauriez me dire combien de Mangemorts sont encore en liberté ?

Cette fois, Harry avait la réponse : il continuait à suivre attentivement tout ce qui concernait les anciens serviteurs de Voldemort, quitte à passer par Shacklebolt pour avoir accès aux informations.

— Huit, sans vous compter vous et Malfoy, évidemment.

— Neuf pour être exact, mais Marugold a disparu en Inde il y a plusieurs années. Je pense qu'il a fait défection, à moins qu'il ne soit mort lui aussi. Les huit qui nous restent sont soit des pleutres, soit des suiveurs. Ils se planquent certainement dans je ne sais quel trou à rat et la probabilité qu'ils soient impliqués dans cette affaire est moins élevée que celle de vous voir un jour réussir la préparation du Veritaserum. Si le meurtre n'avait pas été commis à l'aide du sortilège de mort, il relèverait de la Brigade de police magique.

— Pourtant les voisins sont tous persuadés d'avoir vu des Mangemorts.

— Plusieurs sorciers sont également persuadés d'avoir vu le Seigneur des Ténèbres à Gringotts la semaine dernière. C'était seulement un vampire revêtu d'une cape noire qui réglait un contentieux au sujet de son compte en banque. Les gens voient souvent ce qu'ils ont envie de voir et encore plus souvent ce qu'ils ont peur de voir.

Ils reprirent la fouille qui ne fut guère concluante. Il n'y avait traces ni de lutte, ni d'effraction. Chez les Moldus, on pensait dans ce cas que l'assassin était connu de la victime, mais avec la magie, tout était possible, et ils n'avaient pour le moment aucune piste.

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Ce soir-là, ils rentrèrent au 221B Chemin de Traverse ensemble et, tout naturellement, Harry suivit Snape au quatrième étage. Ce dernier lui barra l'entrée de son appartement de son bras.

— Qu'est-ce que vous voulez encore, Potter ?

— Il n'y a pas d'entrainement ce soir ?

— Comme je l'ai clairement indiqué dans la dernière mise à jour de votre emploi du temps, non. Je ne suis pas d'humeur. Déguerpissez.

Harry s'approcha de lui et murmura d'une voix qu'il voulait séductrice :

— Que diriez-vous alors de me donner une autre leçon ?

— Pourquoi donc me préoccuperais-je de vous satisfaire alors que vous ne me fournissez que des problèmes ? répondit son mentor d'un air dédaigneux.

— Vous pourriez me punir pour les soucis que je vous cause et user de moi selon votre bon plaisir, uniquement pour votre propre plaisir, mon Prince. Je mérite un châtiment et vous une récompense, vous ne croyez pas ?

Snape examina la proposition puis s'écarta finalement de la porte pour laisser passer son apprenti.

— Déshabillez-vous, lui ordonna-t-il tout en se dirigeant vers la cuisine.

Il revint quelques minutes plus tard avec un plateau à thé ne comportant qu'une seule tasse.

— Mettez-vous à genoux à côté de la table et servez-moi. Je ne veux pas entendre le moindre son sortir de votre bouche.

Harry s'efforça d'imiter les gestes élégants de son mentor mais sa position basse ne lui facilitait pas la tâche. Il réussit cependant à ne pas renverser la moindre goutte et en tira autant de fierté que s'il avait parfaitement exécuté un nouveau sort.

Le jeune homme se mit ensuite dans la posture d'attente que Snape lui expliqua : assis sur les talons, les cuisses largement écartés pour dévoiler ses parties intimes, les mains dans les dos et la tête baissée. Ce n'était pas très confortable, les muscles et les articulations des jambes le tiraillaient. Il ne pouvait voir que le bas de la robe de son mentor et l'entendre siroter son thé tranquillement.

Au bout d'un temps qui lui parut interminable, ce dernier reposa sa tasse et fit disparaître le plateau d'un coup de baguette.

— Maintenant que je suis assez calme pour envisager une autre punition pour vous que l'éviscération, nous allons voir quel plaisir je peux tirer de vous. Approchez.

Snape se débarrassa de sa redingote et ouvrit son pantalon pour sortir son sexe encore flasque. Il invoqua ensuite un fouet de corde noire aussi luisante qu'un serpent mortel et caressa la joue de Harry avec son manche.

— Placez-vous à quatre-pattes. Je veux que votre croupe soit la plus haute possible pendant que je possèderai votre bouche.

Harry s'exécuta et se mit à lécher le pénis de son amant qui durcit rapidement. Il joua longuement avec de la façon que Snape affectionnait le plus, activant sa langue et ses lèvres sur toute la longueur de la colonne de chair. Lorsqu'il la prit enfin à pleine bouche, le fouet s'abattit sur son dos une première fois.

Son sursaut incontrôlé le précipita vers l'avant et le membre turgescent vint buter au fond de sa gorge, lui arrachant un hoquet. Il s'efforça de déglutir, avalant quelques gouttes de pré-sperme au passage.

Le second coup lui lacéra le haut des fesses. Ses papilles étaient saturées par le goût salé du maître des potions, il le savourait, s'en délectait.

Le troisième coup l'atteignit au creu des reins. Son nez, chatouillé par les poils pubiens, était plein de son odeur. Il ferma les yeux pour mieux sentir sa présence à travers ses différents sens.

Le quatrième coup fut si fort, mordant profondément la peau sensible de ses hanches, qu'il vacilla sur ses genoux. Mais il continua à sucer goulument la queue de Snape, l'aspirant, l'avalant, se remplissant de sa masse imposante.

Le cinquième coup l'effleura comme une tendre caresse et le fit frissonner. Il entendait les gémissements rauques de l'homme qu'il honorait et c'était pour lui la plus suave des musiques.

La douleur reflua et il perdit le compte des coups de fouet comme la notion du temps. Dépossédé de son propre corps, il n'était plus qu'une bouche dévouée qui s'efforçait de satisfaire le maître qu'il s'était choisi.

En cet instant, il existait uniquement pour le servir et tout ce qui venait de lui l'emplissait de joie. Il cherchait le contact du fouet brûlant qui n'était plus un instrument de torture mais un lien qui l'unissait à cet homme qui s'était sacrifié pour lui et les zébrures qui ornaient son corps étaient des marques d'appartenance. Snape prenait la peine de le punir, de s'occuper de lui, et c'était un merveilleux cadeau.

Harry le remercia en redoublant de zèle. Ce n'était pas une simple fellation qu'il procurait à Snape mais un acte d'adoration. Dans le monde fantasmagorique qu'il rejoignait lors de leurs jeux, l'ancien Mangemort était un dieu terrible et lui son orant.

Il sentit que celui-ci approchait de la délivrance et il le prit le plus profondément qu'il put, repoussant les limites de son inconfort pour unir le plus étroitement possible leurs deux chairs dans ce baiser impudique. Alors Snape déversa sa semance en lui et il l'avala avec dévotion. Il avait accompli son service religieux et il en recueillait le fruit.

Une fois qu'il eut tout absorbé, il s'aperçut que le fouet avait cessé de siffler depuis un moment et reposait par terre, abandonné. Snape lui caressa doucement les cheveux et il vint se blottir contre sa jambe, la tête posée sur ses genoux, comme il aimait tant le faire. Un silence confortable s'installa entre eux jusqu'à ce que Harry demande d'une voix pleine d'espérance :

— Est-ce que je suis pardonné ?

— Vous êtes vraiment impossible. Votre obstination à risquer votre vie dans des actions imprudente est sans doute la chose la plus horripilante que j'ai jamais rencontrée, ce qui n'est pas peu dire. Mais j'admets que vous avez quelques talents qui compensent. Un peu. Suffisamment en tout cas pour que je vous considère comme prêt pour ce que je vous prépare.

— Qu'est-ce donc ?

— Je ne veux pas vous gâcher la surprise, ni me priver de vous voir trépigner d'impatience et de curiosité. Vous en saurez plus la semaine prochaine.

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Dans le prochain chapitre, "Les chats et la souris", Harry recevra sa surprise pleine de lemon et il apprendra à différencier les couteaux et les fourchettes.