Bonjour/Bonsoir mes lecteurs ! Mes excuses les plus sincères car vous le valez bien déjà et puis car ma lenteur n'a jamais été aussi phénoménal. A vouloir tarder de poster, et bien j'ai été occupés avec les cours qui ont repris. J'ai pris en compte quelques commentaires sur les fautes que j'ai pu faire dans le précédent chapitre (qui est donc modifié) en espérant que celui-là en ait moins.
Comme vous le savez déjà, je n'aurais sûrement pas (bien que j'essaye) une publication régulière, mais l'histoire n'est pas abandonnée (bonne nouvelle?)
Fini le blabla, et passons à la lecture of course.
Merci beaucoup à :
- Alaudi Kyoya-chan (favoris + follow)
- ItzMy01 (favoris + follow)
- FleuredAutomne (follow)
- iWomanXxZooe (favoris)
- missbooking (follow me, follow et favoris) (ah oui le pack complet!)
Je suis conquise (oui oui oui!)
Chap 9 : Interrogation
L'agent de police nous dévisage, Deadpool en premier, les doigts pianotant joyeusement un piano inexistant sur la table, et ensuite moi, qui ne le lâche pas du regard non plus. Ce n'était pas son regard de policier-bientôt-à la-retraite-donc-vos-affaires-de-jeunots-vous-les-gardez-pour-vous qui allait me faire frémir de peur. Il met un terme à notre bataille silencieuse pour finalement reprendre son bloc-notes traînant sur la table en métal. Il prend son stylo accroché à la poche de sa chemise et se met à noter. Le policier sirote bruyamment son café pour m'agacer, et effectivement ça a son effet sur ma personne.
Depuis que la troupe nous a embarqués dans cette salle d'interrogatoire, cet homme n'a pas prononcé une autre phrase après sa question qui était de savoir ce qu'il s'était passé. Évidemment, nous l'avons tourné en bourrique, on est pas des idiots finis pour raconter tout ce qu'on savait sur l'histoire. Deadpool et moi-même, nous lui avons donné des idées farfelues et le plus drôle c'est qu'il nous laisse déverser des conneries. Son silence ne nous disait rien sur ce qu'il en pensait par contre. Soit il veut voir jusqu'où nous irons dans notre blague, soit ça le désintéressait tout court. Mais cela a vite tourné court. Ça doit déjà faire plus de 2h qu'ils nous marinent dans cette salle maussade, j'ai juste l'envie irréprochable de m'endormir la tête à l'envers ou de voir l'étendue de ma puissance en brisant la vitre teintée derrière nous. Je penche pour la première, tisser une toile et me tenir suspendu dans le vide c'est plutôt pas mal. Je le fais souvent dans ma chambre et en centre-ville, et j'ai toujours aimé faire ça.
Wade aussi semble s'ennuyer, lui de nature si énergétique je vois presque son âme s'évaporer à travers sa bouche. Le voilà à présent, se balançant sur sa chaise, les deux pieds levés alors que ces jambes se relaxent en longueur et sans gêne sur la table. Personne n'est intervenue durant notre interrogatoire, on n'a même pas eu le droit au jeu du méchant et du gentil flic. Tout laisse à croire qu'ils veulent juste nous retenir dans cette salle. L'homme qui nous garde n'est pas bavard mais ces deux collèges postés dans une autre salle sont quant à eux plus bavards à mon plus grand plaisir. Je les écoute discuter, l'un expliquant que le dossier est vide alors que l'autre lui indique que c'est juste la mauvaise manière de nous faire cracher le morceau.
'' - Alors, je reprends votre histoire : votre remue-ménage a pris forme depuis cette question de carotte ? ''
Je hoche la tête le plus sérieusement possible. Mon Dieu, cet enfant parle à nouveau.
'' - Il parle, '' sort Wade, abasourdi.
'' - J'ai jamais aimé les carottes à la vapeur, même avec un peu d'herbe ça passe mal. Les carottes en salade par contre, un régal ! ''
'' - Il a parlé, '' répète-t-il.
Nous nous arrêtons pour le regarder.
'' - Il va pas bien votre ami ?''Demande le policier faussement soucieux.
'' - On n'est pas amis, je vous l'ai déjà dit. Je me sens vachement écouté maintenant. Notez-le. ''
Le policier roule des yeux, et passe sa main dans ses cheveux gris pour les amener en arrière. Puis il note ma phrase, ou alors mon arrogance. Bon bah au moins, il m'a entendu c'est déjà ça. D'humeur taquine, Deadpool l'en empêche en lui volant son stylo bic. J'aurais fait pareil, le grincement de la pointe sur le papier était infernal. C'est impossible d'écrire aussi appuyé contre du papier, j'entends même le papier pleurer.
'' - On est meilleurs amis, reformule Deadpool en craquant le stylo en deux. Pour revenir à l'histoire de la carotte, moi aussi j'aime beaucoup les carottes. Ça nous fait pleins de points en commun. Mais passons mon Spidey me rend toute chaude avec ce regard revolver. Donc, je connaissais pas l'amour alimentaire jusqu'à ce que je regarde le film là...euh l'héroïne en lapinou et l'autre type, en renard rebelle. ''
'' - Zootopie. ''
'' - ZOOTOPIE. Oui. Donc en sortant de la séance, j'étais tout content, je sautais de joie avec ma licorne sous le bras, et puis j'ai eu l'irrésistible désir de me touch...ah non, mauvaise séance, j'avais envie d'essayer le régime des femmes avec le jus de carotte. ''
'' - Donc il s'est empressé de voler la moto de Captain America mais le bolide était trop puissant donc mon faux ami a pris le bus. ''
Il lève le doigt en l'air comme si l'ampoule vient de s'éclairer dans sa tête.
'' - J'ai effectivement pris le bus ensuite, les bobos étaient trop bobos pour moi donc l'envie d'une carotte m'est passée. Spidey était passé par là, je l'ai interpellé et on a mangé indien. ''
'' - Chinois. ''
'' - OK, mon curry était en faite des nouilles sautées. C'était délicieux. ''
'' - Dégueulasse, une souris se tortillait dedans. ''
Je croise les bras, ne lâchant pas du regard le policier qui désespère au fur et à mesure que notre histoire aussi longue soit-elle reprenait. Wade me jette un regard pour voir si j'ai l'air de rigoler, je n'affiche rien du tout mais au fond, je suis mort de rire.
'' - Et elle chantait la macarena ? '' Me propose Wade.
'' - Exactement, et elle le dansait pour réchauffer ton plat cuisiné par des aliens tout droit sorti de l'univers du dieu du tonnerre. Et qui se nomme Thor. ''
Deadpool m'interpelle en me posant une main virile sur l'épaule. Je peux même voir son aura masculine remplir l'atmosphère.
'' - J'adore ton imagination. ''
'' - Merci l'ami. Faux ami, pardon. ''
Je lui rends son geste en posant moi aussi ma main sur son épaule. Nous nous mettons à rire oubliant rapidement qu'on n'est pas tout seul dans cette salle. Et cette personne se fait entendre en frappant les deux paumes de sa main sur la table. Le contenu de son café se déverse au sol et les jambes de Deadpool tressautent à cause des vibrations.
'' - ASSEZ ! Vous me prenez vraiment pour un imbécile, ma parole ! Toi SM machin et ton ami, le rigolo ! ''
'' - Spider-man, vraiment. S'il-vous plaît, j'y tiens beaucoup. ''
'' - SM, par hasard... ''
'' - Non, ne commence pas, lui dis-je. Je ne veux même pas avoir cette conversation avec toi, piscine morte. ''
Le policier plisse les yeux en se pinçant l'arrête du nez. J'en profite pour me relever de ma chaise et lui donne un coup de poing amicale, sans force au niveau du torse. Or, il agrippe mon bras aussitôt, et le plaque contre la table. Il ne fait pas attention à son badge qui tombe tandis qu'il me sort des menottes de sa ceinture. Deadpool récupère l'objet en essayant tant bien que mal d'épeler son nom de famille.
'' - Trop russe pour moi, je m'avoue vaincu ! ''
'' - Je vous interdis de me toucher, ajoute-il en le reprenant de ses mains. Et ça vaut pareil pour mes affaires. ''
'' - Je voulais juste être gentil, mais si le monsieur préfère se morfonde en grognant. ''
'' - Essayez le tai-chi. C'est mémé Cheng qui me l'a dit. Ça sonne trop cliché ? OK, on va garder son anonymat pour l'appeler mémé Shi. Comme tai-chi mais Shi, vous avez compris ? Et elle m'a appris ça, la libération du lion sacré. ''
Il illustre ses propos en nous montrant une drôle de pose, les bras tendus, et les jambes écartées.
'' - Vous voulez la jouer comme ça très bien, je vais vous dire ce qu'on a sur vous. On a des témoins qui affirment vous avoir vu vous battre avec un mec déjanté comme vous, voire barjot. Un bus fou qui descend toute la ville, puis explose et on vous retrouve que vous. Où est l'autre ? ''
'' - Vous vous adressez à la mauvaise personne, on sait rien et on cherche aussi à comprendre je vous signale. C'est pas en nous gardant enfermé que vous allez résoudre quoi que ce soit. ''
Deadpool se contente de hocher la tête et rajoute :
'' - Un coup monté du Pape lui-même. Et là, c'est le souffle du singe ! ''
Je m'apprête à prendre la relève quand l'homme m'arrête.
'' - C'est Jésus, c'est ça ? ''
'' - Raptor Jésus '', reprenons Wade et moi-même en chœur.
'' - Vous êtes pas croyable. Et si James Armstrong et Pamela Anderson ne veulent pas révéler leur vraie identité ce seront leur emprunte qui s'en chargera. ''
Il récupère son gobelet vide et ouvre la porte. Avant de sortir, il pointe un doigt vers nous. Deadpool l'ignore en réunissant le chakra qui est en lui pour une nouvelle figure animale.
'' - Et vous restez là. ''
'' - Avec les 18 agents qui parcourent le commissariat et vos deux copains qui parlent de la bouffe à la cafétaria, on a pas vraiment le choix. ''
Je me retourne sur ma chaise et regarde un point fixe derrière la vitre teintée. Je peux facilement voir l'agent dans l'autre salle, déstabilisé par mon regard qui attrape le sien. Encore une histoire de super-pouvoir utile.
'' - Et oui, je peux vous voir et pour répondre à votre question non, mon costume n'est pas en latex. Et c'est sûrement pas le cas de votre mère. Oups, c'est sorti tout seul. ''
Je me retourne, fier de moi et ignore le grabuge qui s'installe. Pas une minute ne s'est écoulée que le policier fait irruption. Le visage crispé, une veine apparente, il lève le poing en l'air et cherche à m'atteindre à l'autre bout de la salle. Sa voix grave se met à cracher des insultes en retour mais ses collègues le retiennent avant qu'il ne balance son poing dans mon dernier œil valide. Alors qu'ils le sortent pour le calmer, je l'entends crier de plus belle se faisant entendre dans tout le commissariat. Un autre silence s'abat sur nous, un silence remarquablement calme sans policiers pour cette fois.
'' - Ils auraient pu te passer de la glace pour ton œil au beurre noir. ''
'' - Oui, ils auraient pu. ''
'' - Si on avait été à mon appart, je t'aurais passé mon sac de petits poils congelé. ''
Deadpool se rassoit à mes côtés.
'' - Merci Dead', j'apprécie. ''
Nous restons là quelques minutes, une heure, deux heures je ne sais pas, sous la lumière artificielle. Plus aucune visite, même pas un policier pour nous proposer à boire. Mon œil a furieusement enflé, je le sens grossir et le vois aussi avec la vitre qui me renvoie mon reflet sombre. Je ressemble au Peter d'i ans, le petit gars qui se prenait que des raclées par la même personne. J'ai du mal à me reconnaître, de m'identifier dans cet état. Un œil plus gros que l'autre, le visage crasseux et les joues rouges à cause des blessures. J'ai presque pitié pour moi, je n'ai plus mon costume ni mon masque. Au chômage précaire, à cet âge là c'est dur à encaisser.
'' - Wade, tu as vu l'église ? ''
'' - Bien sûr mon ange en sucre tombé du ciel trop tôt. ''
'' - OK, tu ne l'as pas vu. Pendant notre trip dans la voiture, on est passé devant une église. Je crois bien que c'est là-bas que se situe leur ''stock'' comme pour Emi, si elle s'est jouée de nous, son pote musclor et le blond de l'entrepôt dont je n'ai pas demandé le nom. ''
Deadpool se met alors à tambouriner, ses frappes s'intensifient contre la vitre épaisse. Avec aisance, je casse mes menottes et viens le rejoindre pour mieux voir le travail du musicien en action.
'' - Explique-moi intelligemment ce que tu es en train de faire. ''
'' - Ça se voit pas ? J'essaye de nous sortir de là. Ce n'est pas parce qu'on est dans une fiction qu'on va s'en sortir sans passer par le niveau difficulté. ''
'' - D'accord... Alors tu m'en voies navré de t'apprendre qu'on est dans la vraie vie et que la porte est déjà déverrouillée. ''
'' - Hein ?! ''
J'ouvre la porte sous son regard ébahi. Avant qu'il ne franchisse le seuil je lui donne un coup à la tête.
'' - Aïe ! Pourquoi t'as fait ça ! J'ai rien fait ! ''
'' - Figure-toi que tu m'as mise la musique dans la tête. ''
Il marmonne dans sa barbe et continue sa route un poil trop courte pour moi. Wade se cogne la tête tout juste avec une autre personne devant lui, nous sursautons en même temps en le voyant si proche de nous. Étrange car je ne l'ai pas senti venir. Dés lors, je me concentre pour analyser le commissariat en détail. Mon champ traverse les objets, les murs et les pièces, je visionne la présence de plusieurs individus éparpillés dans des couloirs, des bureaux et autres parts mais aucun d'eux ne bouge. En élargissant ma vision, je peux sentir les voitures circuler et le monde tourner normalement à l'extérieur. Les policiers sont assis ou debout à attendre, regardant le vide devant eux. De plus en plus bizarre. J'ai peut-être pris un gros coup sur la tête mais il est sûr que quelque chose à l'intérieur cloche et nous sommes les seuls à pouvoir réagir et parler.
Malgré nos costumes déchirés et nos blessures, nous nous mettons en garde rapprochée, prenant la pose la plus assurée qui nous vient à l'esprit. Nous nous attendons à ce que le policier soit aussi surpris de nous pour faire le premier mauvais pas, c'est-à-dire prendre son arme de service. Mais lui aussi reste figé. Pas de main qui bouge, pas d'onomatopée sortant de sa bouche ni de tir. L'homme reste planté devant nous et étrangement ce visage m'est familier...
'' - Attends, mais c'est... ''
Oui, c'est bien lui. . Le fameux journaliste à qui j'offre mes prestations pour un petit salaire. Deux stylos tout frais préparés et accrochés à sa chemise, et un gobelet contenant un liquide encore chaud. Comment je le sais ? Deadpool vient de mettre son doigt dedans pour y goûter. Le malheureux semble s'être brûlé le doigt et la langue.
'' - Du café noir. Trop noir. Pourquoi ? Il broie du noir ? Il aime l'humour noir ? Sa chienne est noire ?''
Je fronce les sourcils mais ne soulève pas l'ambiguïté de la dernière question.
'' - Trop de questions, et après, tu te demandes pourquoi t'as à un mal de tête. ''
'' - Ouais, ajoute-t-il en se grattant la tête. Direction la Mecque alors !''
'' - C'est une église et non. ''
'' - Non ? NON ? ''
Je reviens devant Jameson. Et dire que je lui offre les plus belles photos de Spider-man, les plus merveilleuses poses que je peux faire sous mon objectif. Je me mets aux petits soins pour lui mais ce gars n'a jamais apprécié tous les efforts que je fais. Ce serait bête de partir comme ça alors que le journaliste est juste devant moi, inoffensif. Il a fait tout ce chemin pour rencontrer Spider-man, les nouvelles se propagent rapidement. Je peux déjà l'entendre me crier dessus ou d'écrire encore un article sur les dangers d'un Spider-man aux alentours. Tout cela surmonté d'un excellent titre racoleur pour écouler le stock des Daily Burgle.
'' - Je croyais que tu étais le gentil. ''
'' - Je le suis toujours. ''
'' - Alors pourquoi j'ai la sensation que tu vas faire lui faire du mal ? ''
Je me laisse un temps de réflexion avant de détourner le regard.
'' - En effet, avoué-je. Juste une moustache avec un marqueur noir, mais si Deadpool me fait la remarque, ça doit être très mauvais. Allons-nous en. ''
Nous parcourons le couloir à la même allure jusqu'à atteindre la pièce centrale du commissariat. Presque la totalité des agents étaient sur les lieux, entre les bureaux et les autres criminels attendant leur audition sagement assis à leur chaise, il y a de quoi faire une fête. Deadpool est le premier à s'incruster dedans, aillant remarqué un homme tenant nos prélèvements de sang et des papiers avec nos empreintes. Il est si concentré dessus qu'il n'a pas l'air de surpris de voir que personne ici aussi ne bouge. Mal à l'aise, je le suis. D'un pas lent, je traverse les hommes statues et me pose à ses côtés. Wade détruit toutes traces de notre présence et me passe des vêtements qu'il vient de prendre d'une personne sans rien demander. Sous mes yeux et ceux des autres parce que ça compte aussi, il se déshabille.
'' - Tu ne crois pas qu'on devrait un peu s'inquiéter de la situation-là ? Tu trouves pas qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond ? ''
'' - Ils doivent jouer à 1, 2, 3 soleil. ''
'' - Quelle efficacité inégalable, Deadpool, '' répliqué-je avec un sourire taquin.
Voyant que je ne bouge pas, il me prend la casquette et me la met lui-même sur la tête. Je plisse des yeux et décide qu'il vaut mieux que je porte autre chose qu'un costume déchiré. Je me change à la vitesse d'un escargot, les muscles de mon corps se sont alourdis j'en grince des dents. Pour passer un bras à un autre dans les manches, il me faut un moment. Un long moment car Deadpool s'éclipse, sûrement a-t-il trouvé la remise où les armes sont stockées.
En l'attendant je me cale sur un bureau, l'ennui fait vite son apparition que je ne peux pas tenir deux secondes sans rien faire. Je m'avance vers un agent, la bouche entrouverte, le visage en rage. Il pointe fermement son index sur le bureau de son collège dont le stress se lit sur son visage. Avec tous les papiers qu'il laisse traîner sur sa table, je pense avoir ma petite idée de l'histoire entre ces deux gars.
Au même moment, les policiers se mettent à bouger. Mécaniquement, ceux qui portent une arme la sorte et la pointent sur moi. Ce qui me paraît normal après tout, je m'évade et je vole des habits, non je comprends leur geste en temps normal, mais à présent, il y a pas moyen que ces gens sont dans leur état normal. Le regard vide, et l'absence total de présence me laisse perplexe quant aux événements qui vont suivre. Et Deadpool n'est pas encore arrivé, jamais là quand on a besoin de lui. Je pourrais éviter certaines balles, mais pas assez vite pour fuir sans en prendre au moins une dans une jambe.
Une porte s'ouvre à la volée et un homme entre, le pas claquant le sol de ses bottes de cow-boy. Il est l'image parfaite du shérif dans les westerns : le long chapeau, le long manteau et la cigarette fumante au bout des lèvres. À part qu'il n'a pas d'étoile donc ce n'est pas le parfait shérif. Soulevant son chapeau, j'aperçois son visage. Sans cacher mon dégoût face à mon voleur de sang, je le regarde s'approcher, se frayant un chemin jusqu'à se tenir devant moi. Un souffle nous sépare, et puisqu'il mesure une tête de plus que moi, il me regarde de haut, exagérant avec plaisir son geste. Comment oublier cet homme et son sourire narquois, et puisqu'il s'est de nouveau déplacé pour me revoir, les bonnes manières s'imposent.
'' - Je ne vous aime pas, mais j'aimerai mettre un nom sur votre tête. ''
'' - Aurélien, Clovis, Alexandre, Benoît, Jacques. Choisissez celui qui vous convient le mieux, mon garçon. ''
Il pose ses deux mains sur mes épaules, me laissant dans une gêne très inconfortable. Il m'encourage à lui répondre, aucune alternative ne m'est proposée de toute manière.
'' - Vous avez un fétichiste sur les noms français ou la France ? Edith Piaf, la baguette, béret, la marinière, Tour Eiffel tout ça, tout ça ? ''
Ses mains se serrent et écrasent mes épaules. Il fallait bien que je pose la question, pourtant son visage ne montre aucun signe de contrariété, il a l'air plutôt de s'amuser de mon répondant. Ah oui c'est vrai qu'il aime ça.
'' - Vous avez une tête de Boris...Non, j'ai mieux, repris-je. Georges, vous allez bien Georges ? ''
Quelque chose en lui craque, j'aperçois de la joie enfin pas exactement, on dirait une bonne surprise qui l'a pris au dépourvu. Georges relâche mes épaules, mais pas le temps pour souffler et chanter Libéré Délivré qu'il me prend dans ses bras. J'aurais mieux fait de me battre contre des policiers zombifiés. Si seulement je n'étais pas tenu en joue. Où es-tu DEADPOOL ?
'' - On aurait pu faire de grande chose, Spider-man. Vous êtes du mauvais côté du camp, il n'est pas trop tard pour nous rejoindre. ''
'' - Nan, il y a pas de « on aurait pu » et prenez pas cette voix, surtout pas avec cette mauvaise interprétation de l'accent français. Me regardez pas comme ça, ça me donne un mauvais sentiment. ''
Je refuse de détourner le regard, mais cette fixation qu'il a sur moi me met franchement mal à l'aise. Il n'est pas prêt à me lâcher non plus avec ce regard plein de significations. Oh.
Merde...vraiment ?
'' - Vous avez tout pour vous, '' admet-il satisfait en caressant mes cheveux.
Soudain, l'air se fend et j'évite de peu de prendre un katana en plein vol. Avec agilité, je m'écarte et retombe sur mes deux jambes à côté de deux policiers. À ma surprise, George l'a évité avec une extrême agilité que je donnerai à un danseur étoile. Lui aussi retombe au même moment que moi, à une distance raisonnable cette fois. Nos regards se croisent, il tente de m'attraper mais Deadpool fonce sur lui. Par la force brute, il l'envoie cogner contre un mur faisant tomber des portraits de policiers accrochés. Je n'ai pas le temps de suivre leur combat que quatre policiers se saisissent de mes bras pour me retenir. D'une pirouette à l'envers, je bouscule leur équilibre et je les heurte deux têtes entre elles, et balance le reste par-dessus les bureaux.
Les habits que je porte retiennent énormément mes mouvements, quand j'essaye de porter un coup fatal je suis parfois trop lent que ma cible m'échappe. Je dois faire le boulot deux fois au lieu d'une. Mes combattants à terre, je m'apprête à résister à une prochaine pluie de balles des autres agents ou d'un mouvement synchro d'une troupe de policiers à la conscience absente, mais je suis toujours en place et rien n'a bougé. Les policiers se tiennent à leur position, mais je perds mes mots en voyant que chacun porte leur arme à leur tempe. Je n'ai qu'à tourner sur moi-même pour voir l'étendue des conséquences si un seul ordre était donné. Les pistolets qui s'enclenchent, la balle qui se loge dans les têtes respectives et une série de corps ensanglantés tombant au sol comme des dominos. Une scène macabre dont je serais un simple spectateur impuissant, jamais je ne pourrais me pardonner.
Je ne vois même pas venir Georges qui se tient derrière moi, un katana sous ma gorge. Deadpool est agité devant moi, ne savant pas quoi faire non plus alors il range son katana et lève les mains.
'' - Ma petite toile, garde ton calme. ''
'' - Mais je suis calme, Deadpool. C'est toi qui paniques !''
'' - Je ne panique pas, je suis sous pression ! ''
'' - Mais bon sang ! C'est pareil ! ''
Deadpool prend le risque et fait un pas vers nous. Autour, le bruit des chiens qui arment les balles dans le canon cassent l'aplomb de la situation. Je ne veux même pas savoir ce qu'il va se passer au second pas. Georges cale sa tête sur mon épaule, son souffle chaud au creux de mon oreille me fait frissonner.
'' - Peux-tu vivre avec une dizaine de morts sur la conscience, Spider-man ? '' Murmure-t-il.
'' - Qu'est-ce que vous voulez ? ''
'' - Ton acolyte dérangé et toi. ''
'' - Je suis pas dérangé ! Je suis drôle, rude et violent mais pas dérangé ! ''
Je jette un coup d'œil à Deadpool, lui mimant d'arrêter. Sa peau fissurée et craquelé est à la vue de tous, il soutient mon regard à la recherche d'un signal pour contre-attaquer mais je ne peux pas lui en donner un, pas avec toutes ces victimes possibles.
'' - Personne ne sera blessé si vous nous suivez gentiment. ''
'' - Très bien, mais vous relâchez ces personnes. ''
D'un claquement de doigts, les policiers s'évanouissent et tombent. Est-ce qu'il est une sorte d'homme psychique ? George abandonne le katana et à mon étonnement Deadpool ne se rend pas aussi aisément, il surgit d'un côté et lance son poing. George prévoit le coup et l'évite avec cette même légèreté. Tout se passe si vite que je n'ai pas le temps de crier à Deadpool d'arrêter ou de l'écarter du potentiel danger. George attrape son arme à feu avant et lui tire sous le menton. La balle le traverse et ressort au-dessus de sa tête.
J'ai beau me dire qu'il ne peut pas mourir, une partie de moi a l'impression que ce sera la dernière fois que je le verrais vivant. Son sang m'éclabousse alors que mon ami s'écroule sans vie une seconde fois.
'' - Les dérangés ne réfléchissent jamais et foncent dans le tas, toi au moins tu es intelligent. Ne t'inquiète pas, il va survivre.'' me dit-il.
Je le sais déjà mais maintenant je me demande si j'ai fait le bon choix.
