Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.
Héros en fuite
Chapitre 9)Sujets de frayeur
Adrien entendit soudain sonner au portail, il avait bien cru percevoir des sirènes de police passant dans la rue, mais elles s'étaient éloignées. Il avait donc conclu, visiblement à tort, que la menace était écartée pour le moment, qu'ils avaient un peu plus de temps pour gagner la confiance de Marinette et surtout, surtout, pour lui laisser le temps de retrouver un peu la mémoire.
C'était de loin ce qui lui importait le plus pour l'heure, que sa partenaire et amie commence à se souvenir de qui elle était.
Hélas, visiblement ses prières ne devaient pas avoir été entendues, il y avait du monde à l'entrée de la propriété. Il était probablement vain d'espérer qu'ils allaient passer leur chemin si personne ne leur répondait.
Plagg vola discrètement jusqu'à la rue, et revint porteur de mauvaises nouvelles.
- Il y a des policiers devant le portail.
Adrien soupira, il ne manquait plus que cela, que la police vienne fouiller les lieux. Cela était vraiment mauvais signe, d'autant plus que personne n'aurait du se douter qu'ils puissent se dissimuler dans cet endroit.
Il avait pu cacher les traces de leur passage, il le pouvait encore, mais il ne pouvait pas les rendre invisibles, pas sans perdre encore du temps de vie.
Tikki avait été très claire à ce sujet, elle s'y refusait absolument, leurs vies n'étaient plus en danger, il était inconcevable aux yeux de la kwami rouge et noir d'utiliser les pouvoirs combinés sans qu'il y ait danger mortel.
Adrien comprenait et respectait sa décision, mais cela ne le mettait pas moins dans une position vraiment inconfortable.
Il leur fallait partir au plus vite, trouver comment quitter la région, et surtout où aller par la suite.
Il grimpa vers la chambre de Marinette. Puisqu'il ne pouvait plus se permettre d'utiliser les pouvoirs combinés, il allait devoir redevenir Chat Noir, fuir au nez et à la barbe des policiers, en emportant son amie. Ce n'était pas la meilleure des choses à faire, mais il n'avait pas le choix.
Il avait conscience que cela n'allait pas servir sa cause, que l'on allait sans doute l'accuser d'enlèvement...
- Plagg ! Transforme moi ! Lança t'il avant d'arriver à l'étage.
Le kwami noir fit ce qu'il lui demandait et se glissa dans la chevalière, le transformant avec sa rapidité habituelle.
Par la porte qu'elle venait d'entrouvrir, Marinette, alarmée par le bruit de la sonnette, assista, médusée, à la transformation. Elle referma vivement la porte et s'y adossa.
La situation était encore pire qu'elle ne l'imaginait.
Le type pas clair en costume noir et le garçon qu'elle commençait à trouver sympathique ne faisaient qu'un !
Elle ne savait plus ni que faire, ni que penser, Adrien, si tel était vraiment son nom, la menait bel et bien en bateau.
Elle se demandait également ce que pouvait bien être l'étrange petite créature noire qu'elle avait vu voltiger et disparaître.
Le cœur battant à tout rompre, elle entendit Adrien frapper à la porte.
Trop pris lui même par ses propres soucis, il n'avait pas remarqué qu'elle regardait un instant plus tôt, et avait donc assisté à la transformation.
- Marinette ! Nous devons partir ! Cet endroit n'est plus un lieu où tu serais en sécurité.
Comme la porte ne s'ouvrait pas et qu'il se doutait que les policiers n'allaient pas rester dans la rue, il frappa à nouveau, un peu plus fort.
Pourquoi ne répondait elle pas ? Elle ne pouvait pas dormir, cela ne faisait que quelques minutes qu'elle était montée. Elle ne pouvait pas non plus avoir réussi à s'enfuir à nouveau.
Mais, si il lui était arrivé quelque chose ?
Paniqué il ouvrit la porte, obligeant Marinette à reculer.
La jeune fille le considéra avec angoisse, avant de s'emparer d'une chaise, qu'elle brandit comme une arme, afin de le tenir à l'écart.
Le meuble léger ne pesait guère, ce qui permit à Marinette de le lever assez haut pour frapper celui qui venait d'entrer et en qui elle n'avait aucune confiance.
Adrien parvint à esquisser en partie le coup, la chaise le toucha au bras, qu'il avait levé en mesure de protection, instinctivement.
Il recula, même si cela ne l'avait pas blessé physiquement, être ainsi attaqué par son amie l'ébranlait mentalement.
- Allez-vous en ! Cria Marinette. Laissez moi ici et partez ! La police est venue me sauver. Vous avez perdu.
Elle vit les yeux verts s'écarquiller, l'autre était visiblement choqué par ses propos. Plus que jamais il semblait au désespoir. Était-ce parce qu'il était sur le point de perdre sa proie, ou y avait il une autre raison ?
Adrien baissa la tête une seconde, accablé par la douleur et le chagrin.
Marinette avait raison, il avait perdu... il valait mieux qu'il fasse ainsi qu'elle le lui demandait, qu'il prenne la fuite, seul.
Il bondit vers la fenêtre, l'ouvrit, s'y jucha et se retourna vers elle. Elle aussi s'était tournée vers la fenêtre, les mains toujours crispée sur la chaise qu'elle avait attrapé, ses yeux bleus rivés sur lui. Elle semblait terrifiée, désorientée, elle était vulnérable...
Non ! Il ne pouvait pas l'abandonner, pas alors qu'elle ne se souvenait de rien, par sa faute. Même s'il s'agissait de vrais policiers. Que deviendrait elle ? Ils allaient la ramener chez elle, la rendre à ses parents, et après ? Elle ne serait pas en sécurité, privée de mémoire et de son miraculous, puisque ce dernier était toujours en sa possession, et qu'il n'était pas plus envisageable de le lui rendre pour le moment.
Il tendit la main vers elle, implorant.
- Marinette, je t'en prie... viens, fais moi confiance...
Il savait que s'il partait maintenant, il ne la retrouverait jamais. Il était incapable de s'y résoudre. Il ne voulait pas non plus la forcer, l'entraîner de force. Il voulait qu'elle choisisse de venir librement.
En bas les policiers venaient de passer le portail et couraient vers la maison, ils ne manquèrent pas de le voir, il faisait une cible parfaite, ainsi immobile dans l'encadrement de la fenêtre, accroupi, leur tournant le dos. Il le savait, il savait qu'il serait plus prudent pour lui de fuir au plus vite, mais il ne pouvait s'y résoudre.
Un policier s'arrêta et tira son arme, visant le criminel que toutes les forces de police recherchaient depuis plusieurs jours, le meurtrier de Ladybug et d'un innocent. Il savait que son tir serait considéré comme justifié, mais malgré tout, il ne parvint pas à tirer sciemment sur un homme qui lui tournait le dos. Il visa donc à côté, et fit feu. La balle passa à quelques centimètres de la tête de Chat Noir, le bruit de la détonation résonna, faisant sursauter les deux adolescents. Adrien tourna la tête, fixant avec tristesse celui qui venait de tirer. Il ne pouvait lui en vouloir, il ne faisait que son devoir, mais c'était tout de même terriblement douloureux de savoir qu'on hésiterait pas à faire usage d'arme à feu contre lui.
Marinette avait le cœur qui battait de plus en plus vite. Un policier avait tiré sur le garçon en noir ! Il l'avait manqué, mais il y aurait sans doute d'autres tirs. Pourquoi Adrien ne prenait il pas la fuite ? Pourquoi lui tendait il encore la main ? Pensait il vraiment qu'elle choisirait de venir avec lui, maintenant que la police était là, qu'elle était enfin sauvée ?
Si oui, alors, il était encore plus fou qu'elle ne se l'était imaginé.
- Pourquoi est-ce que tu ne prends pas la fuite ! Lui cria t'elle.
En bas les policiers s'efforçaient d'ouvrir la porte d'entrée, qui ne les retiendrait pas longtemps et elle le savait, tout comme Adrien et les kwamis.
- Parce que si je pars sans toi, j'aurai vraiment tout perdu... répondit Adrien. Tu es tout ce qui me reste Marinette. Cela m'est égal d'aller en prison, du moment que tu es en sécurité... si tu crois l'être, alors, d'accord, faisons comme ça, restons ici.
- Je ne vois pas ce qui pourrait m'arriver, la police est là.
Adrien eut un sourire amer. La police ne pourrait rien contre le Papillon, pas plus qu'elle n'avait été efficace contre les akumatisés.
- Notre ennemi est bien plus redoutable qu'un escadron de police Marinette. Je suis le seul encore en mesure de lui faire face.
- Notre ennemi ? Quel ennemi ? Je ne comprends rien à tout cela !
- Et moi, je n'ai pas le temps de t'expliquer. Répondit Adrien, tandis qu'une balle s'écrasait contre un mur, non loin de lui.
Il ferai sans doute mieux de se retourner lentement et de lever les bras, avant qu'on ne lui tire vraiment dessus...
Devant la gravité de la situation, Tikki décida d'intervenir, quittant l'abri de la poche d'Adrien elle vola jusqu'à Marinette.
- Marinette, je sais que tu as peur et que tu es perdue, mais tu peux lui faire confiance, il est ton ami. Dit elle doucement.
Marinette considéra la drôle de bestiole qui flottait devant elle. Elle n'avait pas la moindre idée de ce que c'était, mais cela avait l'air assez gentil, avec ces grands yeux et ce petit corps bizarre. Si elle lui disait d'avoir confiance, elle devait avoir de bonnes raisons.
Par dessus tout, une troisième balle venait d'être tirée et Adrien ne bougeait toujours pas, il offrait vraiment une cible parfaite, si elle ne se décidait pas, il finirait par être touché, à cause d'elle.
Elle ne voulait pas avoir sa mort sur la conscience.
Tant pis pour la logique et la sécurité ! Elle allait le suivre.
Elle lâcha la chaise, s'élança dans sa direction et prit la main qu'il lui tendait, juste à temps, les policiers venaient de réussir à passer la porte d'entrée, ils seraient très vite à l'étage.
Adrien enlaça le corps mince de son amie, un peu surpris malgré tout.
- Tu es certaine que c'est ce que tu veux ? Souffla t'il.
- Je suis certaine que je ne veux pas avoir ta mort sur la conscience idiot de chat ! Répondit Marinette.
Adrien sourit, malgré la gravité de la situation. Elle venait de l'appeler idiot de chat, il y avait encore de l'espoir, elle se souvenait au moins de cela. Il déplia son bâton et prit son élan. Avant que les policiers ne puissent revenir de leur surprise il avait déjà filé, emportant avec lui la jeune fille aux cheveux noirs.
Les policiers ne purent que constater la chose. Chat Noir avait réussi à leur filer entre les doigts et il avait visiblement un otage, une jeune fille.
Marinette n'avait pas réussi à réprimer un cri d'angoisse tandis qu'ils survolaient le jardin et atterrissaient sur un toit, avant de s'élancer pour en gagner un autre. Elle manquait clairement d'expérience en matière de déplacement de ce genre, et elle n'avait aucune intention de s'y faire. Ses cris saluèrent leur fuite pendant plusieurs minutes, avant qu'elle ne parvienne à se maîtriser assez pour ne plus hurler à voix haute. Elle n'en continua pas moins à crier, mais dans son fort intérieur.
Les policiers, qui ne manquèrent pas de l'entendre crier se méprirent sur les causes de ces cris. Ils les attribuèrent à la peur que lui inspirait Chat Noir, son vil ravisseur.
Certains d'entre eux, qui étaient en charge de famille, compatirent avec elle et ses proches, qui devaient être au désespoir depuis que leur fille avait été enlevée par ce monstre.
Des recherches furent immédiatement entreprises afin d'identifier la captive du meurtrier en fuite et de retrouver sa famille afin de les prévenir de la situation dans laquelle elle se trouvait.
Savoir qui elle était et comment elle avait bien pu se retrouver entre les griffes de Chat Noir devint un objectif capital pour les forces de police.
Chat Noir étant originaire de Paris, les recherches s'orientèrent tout naturellement vers cette ville et les régions limitrophes.
Ignorant tout cela, et le désordre qu'allait entraîner ces recherches, Adrien et Marinette continuaient à fuir la ville où ils avaient passé quelques jours.
À suivre
