DECLARATION
Voilà maintenant six mois que je vis en colocation avec Charly et c'est le rêve. On n'a jamais été aussi proches que depuis qu'on habite ensemble. Mais, je suis un peu perdue : est-ce que c'est normal d'observer Charly quand lui ne me voit pas ? Je ne comprends pas non plus pourquoi je frissonne dès qu'il m'embrasse sur la joue ou qu'une de ses mains se pose sur moi. Je rougis dès qu'il m'adresse son sourire charmeur. Je ne comprends plus, ça n'était pas comme ça avant.
Et puis, un jour où Charly est rentré plus tard que d'habitude et je me suis mise en colère. J'étais vexée de penser qu'il pouvait passer du temps avec quelqu'un d'autre. Et là, j'ai compris : j'étais jalouse. Mais jalouse de quoi et pourquoi jalouse ? Il a fallu que je me rende à l'évidence : j'étais amoureuse de Charly Weasley, folle amoureuse de ce grand rouquin, de ses yeux azurs qui savent être taquins, de ses tâches de rousseur qui lui donnent l'impression d'être bronzé, de ses bras puissants, de son torse (et quel torse !), de sa gentillesse, de sa tendresse, de tout. Depuis quand, je ne sais pas, depuis mon départ sûrement et il m'a fallu plus de 6 mois pour m'en apercevoir.
Et à partir de ce moment là, j'ai conclu un pacte avec moi même : il ne devra jamais savoir. Son amitié est ce que j'ai de plus important au monde et je ne prendrai jamais le risque de la détruire. Alors non, je ne lui dirai pas.
Mais être amoureuse de son colocataire peut s'avérer problématique. Comme par exemple au moment où Charly prend sa douche et ressort simplement vêtu d'une serviette sur les hanches, je dois alors me faire violence pour ne pas rougir et ne pas le détailler de la tête au pied. Combien de fois j'ai imaginé faire glisser cette serviette pour voir jusqu'où descend cette petite traînée de poils roux. Oh non, ça recommence ! Il faut que je me calme, ça passera avec le temps. Après tout je n'ai que 16 ans, c'est juste un amour d'adolescent, ça passera. Ca passera.
Une exclamation du grand rouquin me fait sortir de mes pensées. Il est à croquer. NON pas de ça. Voilà, il se plaint que je ne l'écoute pas. Je souris devant son air boudeur et il reprend son récit. Il me raconte comment il a maîtrisé un bout de feu chinois et il mime tour à tour son rôle et le dragon. Il se tient devant moi, accroupi sur la table du salon en train d'imiter le dragon. C'est trop pour moi et je pars dans un fou rire. Charly se redresse et se place devant moi, me dominant de toute sa stature.
''Est-ce que tu te moques de moi ?''
''Non …. je … te …jure …que …non !''
J'arrive à peine à parler tellement je ris.
''Tu vas voir...''
Je me relève pour lui échapper et je place le canapé entre nous deux.
''Charly, je te jure que je ne me moquais pas de toi !''
Il enjambe le canapé. S'en suit une course poursuite dans le salon mais il finit toujours par m'attraper. Il me soulève et me bloque sur le canapé. Il se met à me chatouiller, j'essaie de me libérer mais il se met à califourchon sur moi et attrape mes poignets d'une seule main.
Nous arrêtons de rire, il me fixe d'un regard que je ne lui ai jamais vu. Nos visages sont proches, trop proches. Embrasse-moi Charly. Il se rapproche. Embrasse-moi.
Je sens ses lèvres se poser sur les miennes, elles sont douces et chaudes. Pendant quelques secondes je reste passive, je n'en reviens pas : Charly est entrain de m'embrasser. Il libère mes mains et je les remonte jusqu'à sa nuque. Notre premier baiser doux et passionné. Je n'ai jamais rien ressenti de pareil.
Mais Charly se recule déjà et je grogne de mécontentement. Il ne sourit pas, il a l'air … triste. Oh mon dieu, est-ce que j'embrasse si mal que ça !
''Je suis désolé, j'aurais pas dû faire ça. Je sais que tu me considère comme ton grand frère et j'aurais pas dû. Je comprendrais que tu ne veuilles plus me parler après ça. J'aurais pas dû.''
Est ce qu'il le fait exprès ? Il n'a pas remarqué que j'avais pris part au baiser ou quoi ! Il ne me laisse pas en placer une. Je l'empêche de se relever en maintenant la pression derrière sa nuque. Il me regarde avec des yeux pleins d'interrogation.
''Ca fait longtemps que je ne te considère plus comme un grand frère Charly.''
A ces mots, je l'attire vers moi et l'embrasse.
''Je t'aime ma puce.''
J'ai l'impression que mon cœur va exploser.
''Je t'aime mon ange.''
''Mon ange ?''
''Ca ne te plait pas ?''
Il acquiesce avant de m'embrasser encore et encore. Il quémande l'entrée de ma bouche que je lui accorde sans délai. Et tout ce que j'ai pu vivre n'est qu'une farce face aux sensations qui déferlent en moi. C'est comme si je brûlais de l'intérieur, comment est-ce qu'il arrive à faire ça ?
Je me cambre sous lui lorsqu'il s'attaque à mon cou. Ma respiration s'accélère lorsqu'il trouve le lobe de mon oreille. Je sens sa main remonter le long de ma cuisse et je me raidis, simple mouvement instinctif, je n'ai pas abandonné tous mes anciens réflexes. Charly enlève sa main et se recule. Moi, je n'ose même pas le regarder, je me maudis intérieurement. Il doit être déçu.
''Pardon.''
Il relève mon menton pour me forcer à le regarder et je ne vois pas de la déception ou de la colère, juste un sourire bienveillant.
''Ne t'excuse jamais pour ça. Je préfère que tu me dises que tu n'es pas prête plutôt que tu fasses des choses que tu vas regretter. ''
Il dépose un baiser sur mon front et m'aide à me relever.
'' Il est tard, on ferait bien d'aller se coucher.''
Comme un parfait gentleman, il me raccompagne jusqu'à ma chambre et me souhaite la bonne nuit avant de déposer un chaste baiser sur mes lèvres. J'entre dans ma chambre et je ne peux pas m'empêcher de sourire. Charly Weasley m'a dit qu'il m'aimait !
Je me couche mais une fois dans mon lit, je me sens seule. Quelle idiote je fais, l'homme que j'aime est juste à côté et moi je reste dans ma chambre. Je me relève et je me dirige vers la sienne. Je frappe trois petits coups. Pas de réponse, il doit déjà être entrain de dormir. J'ouvre doucement la porte. Charly est allongé dans son lit, prêt à s'endormir.
''Ma puce, qu'est-ce qui se passe ? Ca va ?''
''Oui, je voulais juste… dormir avec toi.''
Je rougis et je triture mes mains. Il me fait signe d'approcher et ouvre les couvertures.
''J'ai vraiment bien fait de te prêter mon tee shirt, tu es à croquer dedans.''
Je sens mes joues commencer à chauffer. Je me glisse dans les couvertures et je me blottis contre son torse alors qu'il enroule ses bras autour de moi. Je me sens tellement bien, en sécurité dans ses bras. Je relève la tête et l'embrasse une dernière fois avant de m'endormir. Je ne pourrais plus jamais me passer de lui, de ses bras, de ses lèvres, jamais.
