El Síndrome de Estocolmo

Le Syndrome de Stockholm

Note de la traductrice : Bien le bonjour à tous! :D J'espère que vous n'êtes pas traumatisés par le chapitre précédent u.u' C'est à présent que commence véritablement l'histoire, si je puis dire... Alors enjoy, et bonne lecture! ;p


Note de l'auteur : Désolée pour le terrible retard que j'ai pris mais voici enfin le chapitre suivant. Quand même! xD

Merci beaucoup à tous pour vos commentaires, ils m'ont fait plaisir. Ce chapitre ne sera pas si choquant que le précédent (ce serait bien difficile, de toutes façons) mais est nécessaire pour que l'histoire avance.

Si vous me laissez de bons commentaires, je prendrai mon courage à deux mains pour continuer d'écrire malgré l'université qui me prend tout mon temps xD Je vous fait confiance!

Lisez!


Chapitre IX :

Après qu'Edward avait perdu connaissance, de nombreuses choses s'étaient passées. Après s'être servi à volonté du pauvre corps du garçon, l'homonculus avait récupéré son aspect habituel. Cela lui prit un peu de temps pour retrouver son souffle et se remettre du plaisir de cet orgasme si intense. Mais lorsqu'enfin il se leva et se rhabilla, il se sentait mieux que jamais. Toutes ses inquiétudes avaient disparu d'un coup puisque, enfin, il avait prouvé que la souffrance de ce gamin ne le gênait pas le moins du monde. Satisfait, il arracha au sol le corps inerte d'Edward et le couvrit de ce qu'il restait de ses vêtements. Et, sans trop d'égards, il s'éloigna de la scène du crime, le garçon dans les bras.

Tandis qu'il empruntait le chemin inverse de celui qu'il avait pris auparavant dans ce bois, son sourire était de plus en plus enchanté. Cela ne paraissait pas le gêner qu'Edward saignât en abondance à divers endroits. Qu'est-ce qu'il en avait à faire? Envy était simplement content. Content parce qu'il avait gagné la partie : ce foutu Colonel était mort, il avait le garçon en son pouvoir et avait tiré le meilleur coup de toute sa vie. Que pouvait-il demander de plus?

Il sortit du bois sous la lueur du ciel nocturne et arriva à l'endroit où il avait garé la voiture un peu plus tôt. Les traces des pneus sur le sol poussiéreux pouvaient se voir aisément; l'homonculus s'appliqua de ce fait à les effacer avec ses pieds. Ses mouvements étaient nonchalants, presque insouciants, pas vraiment en accord avec le fait qu'il eût un blessé dans les bras. Il se dirigea vers le fleuve et observa quelques instants les eaux déchaînées s'écouler. Aucune trace de la voiture. En le constatant, la folle idée de jeter Edward à l'eau pour le voir se noyer lui vint à l'esprit, mais il comprit ensuite le peu d'intérêt que cela présentait : il pouvait profiter encore bien plus de ce corps meurtri.

Il s'éloigna du fleuve et du bois. Marchant perpendiculairement à la route, bientôt, une forme obscure apparut face à lui : une usine. En y prêtant un peu attention, n'importe qui aurait pu remarquer que c'était un lieu vieux et abandonné, chose évidente au vu de l'état délabré de la structure. Envy se dirigea directement dans cette direction et passa les portes métalliques entrouvertes. Il traversa l'espace qui séparait celles-ci de la porte principale de l'édifice en deux enjambées et laissa Edward tomber au sol sans la moindre considération. Le garçon ne broncha même pas, et l'homonculus attrapa le cadenas qui maintenait la porte fermé et le brisa d'un coup. Ensuite, il ouvrit les lourdes portes comme si elles avaient été faites de papier et reprit le garçon pour s'enfoncer dans l'obscurité de l'intérieur du bâtiment.

A l'intérieur de cet énorme bâtiment industriel se trouvait une espèce de labyrinthe de grands conteneurs métalliques rectangulaires qui occupaient presque tout l'espace. Mais malgré cela, Envy s'aventura dans ce lieu comme s'il le connaissait comme sa poche. Ici, l'air était froid et sentait l'humidité et la rouille.

Finalement, celui aux yeux violets s'arrêta face à une pile quelconque de trois de ces lourds conteneurs, près du mur du fond de la salle. Il laissa à nouveau Edward tomber au sol et commença à tâter, à la lueur de la lune qui filtrait d'une grande fenêtre sale, le mur rouillé du conteneur. Ses mains trouvèrent la plaque coulissante et l'écartèrent sans difficulté. L'intérieur de ce conteneur en particulier était vide, excepté le fait qu'il s'y trouvât ce qui paraissait être une écoutille, au sol. Il se dirigea vers elle et prit de ses deux mains la poignée en forme de roue. Appliquant une force considérable, il parvint à la tourner et à l'ouvrir, laissant voir un trou obscur comme la gueule d'un loup avec une petite échelle sur un des côtés. Il ressortit pour le garçon, puis le conduisit à l'écoutille et, après s'être assuré que la plaque était à nouveau bien à sa place, il le chargea sur son épaule et descendit l'échelle.

Quand ils arrivèrent au bas de cette dernière, et lorsqu'Envy eut appuyé sur un bouton sur le mur pour que la lumière envahisse le lieu, ils se retrouvèrent pour la première fois dans la cachette de l'homonculus. Ce lieu n'était rien d'autre qu'un ancien bunker souterrain abandonné qui n'apparaissait pas sur les plans de l'usine. Il avait été construit quelques années auparavant par un patron excentrique qui avait finalement déposé le bilan, le perdant en même temps que l'usine. Quelques temps après, et pour des raisons qu'il n'y avait pas besoin de mentionner, Envy avait découvert cette cachette et l'avait transformée en un repaire secret. Là, pensa-t-il, le garçon et lui seraient à l'abri de tout et de tous, puisque même les autres homonculi ne connaissaient pas l'existence de cet endroit. Enfin, Envy, lui, serait à l'abri; pour Edward, ce serait bien différent.

Il traîna le corps inconscient du garçon au travers d'une série de corridors étroits et peu illuminés jusqu'à une porte métallique vieille et rouillée. Derrière elle se trouvait une petite pièce carrée pourvue seulement d'un lit crasseux, de toilettes dégoûtantes et d'une ampoule qui pendait au plafond.

Une cellule. Le nouveau « foyer » d'Edward Elric.

Ce fut là que l'abandonna l'homonculus, sur le vieux matelas, enroulé dans ses vêtements. Nu face au froid de cette sorte de cubiculum. Il le contempla pendant de longues minutes, émerveillé par la façon dont le matelas sale se teintait du sang d'Edward. Le sien bouillonnait dans ses veines face à un tel tableau de fragilité, de misère et de douleur. Il ressentit une soudaine envie de le prendre à nouveau sauvagement. Mais cette fois-ci, il put se contrôler. Il avait tout son temps, se dit-il. Du temps bien plus qu'il n'en fallait pour s'amuser avec le fils de Hohenheim. Mais pour l'instant, il avait d'autres choses à faire.

Après avoir fermé à clef la chambre du blond, il commença à s'éloigner de cet endroit. S'il allait garder prisonnier là le gamin pendant pas mal de temps, il y avait quelques petites choses qu'il devait obtenir. Et également d'autres qu'il devait vérifier. Il fit ainsi le chemin inverse, prenant bien garde de ne pas laisser la moindre piste ou trace, et se rendit en ville, en pleine nuit. Étant donné le fait qu'il n'avait plus de voiture, il courut pour arriver jusque là-bas, ce qui ne lui demanda pourtant pas trop d'efforts. Lui n'était pas comme ces humains pathétiques : il était un homonculus. Malgré tout ce qui s'était passé les deux derniers jours, il lui restait encore suffisamment de forces pour continuer son jeu.

Lorsqu'il arriva en ville, il faisait déjà jour. Il se transforma en un homme quelconque et entra dans une cabine téléphonique pour passer un appel. Quelques minutes après, il sortit et se rendit jusqu'à la zone industrielle de la ville. Il avait fixé là-bas un rendez-vous avec Shou Tucker, l'alchimiste tisseur de vie. Pourquoi? Eh bien, parce que lui seul serait capable de fournir à Envy ce qu'il cherchait. Lorsque l'homonculus arriva à son usine, Tucker l'attendait avec son habituel imperméable, recouvrant la honte de son péché. Silencieusement, les deux hommes se rendirent dans le sous-sol où se trouvait le laboratoire de l'alchimiste. Une fois là-bas, à l'abri des oreilles indiscrètes, ils parlèrent.

« Oh, Envy... Je... Je ne m'attendais pas à vous voir par ici... » souligna Tucker avec nervosité. L'appel de l'homonculus l'avait surpris car cela faisait pas mal de temps que les siens n'étaient pas entrés en contact avec lui. Et, normalement, lorsque les homonculi requéraient ses services, les choses se compliquaient pour lui. « En quoi puis-je vous être utile?

- Comme si je devais t'informer de tout ce que je fais, Tucker », lui répondit l'autre avec mépris, ayant déjà repris son aspect habituel. « J'ai besoin d'une chimère.

- Une chimère? » Fit Tucker, surpris. « Quel genre, de chimère?

- Eh bien, une qui sache faire des tâches ménagères, comme faire le ménage, servir les repas, ou réaliser les premiers soins. Des choses du genre. Tu en as, des comme ça?

- Une chimère majordome? » L'homme ne pouvait pas comprendre pourquoi Envy désirait quelque chose comme ça, même si la peur ne lui permettait pas de lui poser une telle question.

« Plus ou moins », répliqua Envy. Il savait que Tucker ne le comprenait pas, mais il ne s'en souciait guère, tant qu'il lui donnait ce qu'il était venu chercher. « Réponds, tu en as une du genre ou pas? Je me fiche qu'elle sache parler ou non, mais il est indispensable qu'elle sache reconnaître son maître et lui soit totalement fidèle.

- Euh.. Eh bien oui, j'en ai une comme ça... » bégaya-t-il. Il conduisit Envy jusqu'à une cage et lui montra son contenu : un être humanoïde, haut comme un enfant d'une dizaine d'années, couvert de poil et avec un visage canin. « Celle-ci pourrait vous être utile, maître. Elle n'est pas très intelligente mais est capable de se rappeler de tout ce que vous lui ordonnez et de le faire systématiquement. Elle pou-pourra faire ce que vous désirez qu'elle fasse et ne répondra qu'à celui qu'elle reconnaîtra comme son maître.

- Elle servira », estima celui aux yeux violets. « Je l'emporte. » Il souleva la cage en l'air et la prit dans ses bras, se dirigeant vers la sortie. Néanmoins, avant de quitter le sous-sol, il revint à nouveau vers Tucker. « Et que cela reste entre nous, Tucker. » Ses yeux brillèrent d'une lueur à glacer le sang. « Si tu racontes à qui que ce soit que je suis venu ici, le reste des homonculi inclus, je te tuerai. »

Et Tucker fut certain qu'il le ferait. Et d'une façon terriblement douloureuse, à n'en pas douter. Bien après qu'Envy fût parti, emportant sa camionnette en même temps, il sentait la peur couler dans ses veines. C'était un être venu directement de l'Enfer, il en était sûr. Malheureux celui qui était l'objet de sa haine.


Il se réveilla dans une pièce très blanche. L'unique son qu'il était capable d'entendre était celui continu et désagréable du sifflement d'une machine non loin du lit dans lequel il se trouvait. Il eut pas mal de difficultés à se situer et à vérifier là où il se trouvait et pourquoi il s'y trouvait. Et les images lui revinrent d'un coup : Edward, l'homonculus, le revolver, le sang, le cri du jeune alchimiste, la douleur et l'obscurité... Il se redressa d'un coup, terrifié face à ce soudain et horrible souvenir. Ce n'avait pas été un cauchemar, tout avait vraiment eu lieu.

Une douleur poignante parcourut le torse et le dos du colonel Roy Mustang. Il inspecta son corps, comme surpris d'être capable de ressentir quelque chose. Il constata avec surprise qu'il respirait; son cœur battait à toute vitesse dans sa poitrine et ce sifflement se fit plus rapide. Il était en vie.

Après avoir reçu cette balle dans la poitrine, il n'avait pas tardé à perdre conscience, victime d'une perte de sang trop importante. Il se rappelait à présent ses dernières pensées dédiées exclusivement à Edward, plaignant son triste destin. Se haïssant pour ne pas avoir été capable de l'aider. Et il hurla.

Il cria de douleur et de consternation. Il cria de rage, de haine, de peur. Lorsque les infirmières arrivèrent, Roy s'était levé de son lit et avait arraché l'intra-veineuse. Il était complètement incontrôlable et était devenu violent. Il ne laissait personne l'approcher et ses plaies s'étaient ouvertes, teintant ses bandages. L'intervention d'un infirmier et du sous-lieutenant Breda et de l'adjudant Falma fut nécessaire pour le maintenir et lui administrer un calmant. Roy sombra à nouveau dans un sommeil peuplé d'atroces cauchemars.

Lorsqu'il se réveilla à nouveau, il n'était plus seul dans la chambre : le lieutenant Hawkeye et le sous-lieutenant Havoc s'y trouvait avec lui. Une autre chose avait changé : il était attaché au lit par des lanières en cuir, comme si les médecins avaient craint qu'il redevînt violent.

« Vous vous réveillez enfin, Colonel », fit Havoc. Son ton de soulagement était plus que palpable. « Vous nous avez tous inquiétés. On craignait que vous ne vous en sortiez pas.

- Où suis-je? » Fut la réponse de Roy, qui était encore désorienté à cause des médicaments. La douleur dans son torse était presque insupportable et respirer était pour lui une véritable épreuve.

« A l'hôpital militaire de Central City », répondit le lieutenant avec son habituelle attitude impassible, même si une once de soulagement se montrait derrière ses yeux cannelle. « Comment vous sentez-vous, Colonel Mustang?

Mais Roy ne répondit pas à sa question, en fait, il ne semblait que l'écouter à moitié.

« Et où... Est Edward Elric? » demanda-t-il avec difficulté, le regard perdu dans le vide, très loin de cette chambre blanche.

Jean et Riza échangèrent un rapide et inquiet regard. Ce fut elle qui prit la parole, et son attitude n'était plus si impassible.

« En vérité... Nous ne savons pas. » Roy demeura silencieux, car il n'avait pas la force de discuter, mais ses yeux se fermèrent douloureusement. « Mais nous le cherchons activement. Il est à ce moment même la priorité de tous les soldats de Central, bien plus que Scar même.

- Oui, Colonel, vous verrez qu'il ne tardera pas à réapparaître. Cet homonculus ne pourra plus le cacher encore longtemps », intervint Havoc, essayant d'apporter un peu d'espoir à son supérieur.

« Longtemps? Combien de temps suis-je resté inconscient? » Roy avait rouvert les yeux et ses iris noirs et perçants semblaient vouloir transpercer le sous-lieutenant.

« Eh bien... Euh... En fait, Colonel... » Le soldat comprit par la suite qu'il avait fait une gaffe. Il était très nerveux et se tortillait les mains avec rapidité. « Vos voisins ont appelé les secours parce qu'apparemment, il y avait eu pas mal de vacarme, et du feu, et des cris... C'est ce qui vous a sauvé, parce que si l'ambulance était arrivée ne serait-ce qu'une seule minute plus tard, vous seriez mort à cause de la perte de sang. Heureusement, ils ont pu vous amener ici et vous opérer d'urgence. L'intervention était risquée : la balle était passée à moins de deux centimètres du cœur. Mais après l'opération... Eh bien, vous êtes tombé dans le coma et on ne pensait pas que vous seriez capable de vous en sortir, mais vous avez réussi et maintenant vous êtes réveillé et...

- Combien de temps ai-je passé dans ce maudit hôpital, Sous-lieutenant? » cria finalement le brun, incapable d'écouter davantage de balivernes. Ses plaies le lancèrent à nouveau et un gémissement de douleur échappa à ses lèvres tandis qu'il essayait de se recroqueviller sur lui-même, mais les lanières l'en empêchèrent.

« Colonel! » s'exclama immédiatement Riza Hawkeye. « S'il vous plaît, Colonel, ne faites pas trop d'efforts, vos plaies pourraient se rouvrir. Vous êtes encore très faible...

- Répondez-moi... C'est un ordre... » haleta-t-il.

Riza et Jean se regardèrent à nouveau. Finalement, le lieutenant soupira avec peine et soutint fermement le regard de Roy. Il se trouvait dans ces yeux généralement sérieux un terrible chagrin et une grande compassion.

« Cinq jours.

- Cinq... Jours? » Les yeux de Roy s'ouvrirent en grand. « Cinq jours et vous ne l'avez toujours pas trouvé?

- Nous avons fait notre possible, Colonel, nous pouvons vous l'assurer », se risqua à déclarer Havoc. « Je vous ai déjà dit que tous nos hommes étaient sur cette affaire. Nous avons passé toute la ville au peigne fin et ses alentours dans un périmètre de trois kilomètres. Nous avons dans un premier temps facilement retrouvé sa trace, mais ce fut tout aussi simple de la perdre...

- Nous avons trouvé votre voiture dans un quartier résidentiel des alentours », expliqua Hawkeye. « Nous pensons que le suspect l'a utilisée pour fuir le lieu du crime avec Edward puisque... » Elle hésita un instant, mais continua finalement, essayant de faire en sorte que sa voix ne la trahît pas. « … Puisque nous avons trouvé des traces de sang dans la voiture qui est sans aucun doute celui d'Edward. Nous avons aussi découvert qu'il avait changé de véhicule et nous avons suivi la piste. Nous avons cherché cette voiture partout pour finalement la trouver échouée sur l'une des rives du fleuve. Il est presque impossible de savoir d'où on l'a faite basculée parce qu'à cette époque de l'année, le fleuve est si tumultueux qu'il pourrait avoir traîné le véhicule sur plusieurs kilomètres. Nos hommes sont en ce moment même en train de sonder le fleuve de haut en bas à la recherche d'une piste, mais pour l'instant, ils n'ont rien trouvé. »

Les trois demeurèrent ensuite silencieux. Les poings de Roy, serrés avec force, tremblaient sur les draps. Une grande partie de lui voulait crier à nouveau et pleurer à n'en plus pouvoir. Il voulait se soulager de toute la culpabilité et de la peur qui l'accablaient à cet instant. Sortir de cet hôpital et se joindre aux recherches du jeune blond. Mais il y avait une autre partie de lui, totalement froide et rationnelle, qui lui disait que ce n'était pas le moment pour se montrer si faible, qu'il devait garder son calme pour être sur pied dès que possible et laisser le travail entre les mains des autres. Dans ces conditions, il ne pourrait être d'aucune aide. Il devait se comporter comme le Colonel qu'il était. Mais cette partie de lui était si insignifiante...

« Augmentez le périmètre de recherche de dix kilomètres, sans plus tarder! » Havoc, qui s'apprêtait à parler, s'en garda, terrifié. « Fouillez encore une fois la ville d'Est en Ouest, n'épargnez pas une seule maison. Inspectez tout le fleuve à la recherche de plus de pistes. Focalisez-vous sur les complexes industriels et sur ce type de bâtiments ou d'entrepôts que vous trouverez aux alentours, même s'ils sont abandonnés ou ruinés; ceux-ci seraient les meilleurs endroits pour se cacher.

- Oui, mon colonel!

- Et maintenant, sous-lieutenant Havoc, je veux que vous alliez chercher le Commandant Armstrong et que vous lui demandiez de venir me voir dès que possible. Dites-lui que j'ai un travail pour lui, et qu'il soit discret.

- Oui, mon colonel! » Et Jean sortit de la chambre.

Roy soupira juste après. Son corps lui faisait mal sous le coup de cette soudaine agitation pour donner des ordres et à présent, il était épuisé.

« Vous pouvez me détacher, Lieutenant. Je n'irai nulle part », fit-il à voix basse, les yeux fermés par la fatigue.

« Pas encore, mon Colonel. » La réponse négative du lieutenant attira l'attention de l'alchimiste. Mustang regarda la jeune femme et vit qu'elle était nerveuse, mais une expression de détermination était peinte sur son visage. « Avant vous devez... Me racontez ce qu'il s'est passé cette nuit-là, chez vous. »

Roy s'attendait à quelque chose comme ça, mais au final, il avait bien un témoignage à fournir. Mais il ne se sentait pas les forces de revivre tout ce qui s'était passé. Le raconter serait comme le vivre à nouveau et il ne savait pas s'il y était préparé.

« Je sais que ce n'est pas facile pour vous, mon Colonel, et je ne vous le demanderais pas si ce n'était pas absolument nécessaire. Mais peut-être que votre témoignage apportera un peu de lumière à cette affaire...

- C'est bon, je vais tout vous raconter », accepta le brun avec résignation.

- Attendez », le retint Riza. « Peut-être faudrait-il que quelqu'un d'autre soit présent pour vous écouter. Cela vous éviterait d'avoir à le répéter plus tard.

- Vous voulez dire... Qu'il est ici? » se lamenta Roy.

- Oui... Alphonse Elric se trouve dans la sale d'attente. Il est arrivé ici il y a quatre jours et n'a pas bougé d'un pouce », l'informa-t-elle, un peu anxieuse. « Son amie, Winry Rockbell, est aussi ici. Ils sont venus de Resembool dès qu'ils ont été au courant. Alphonse a refusé de bouger d'ici tant qu'il ne vous aurait pas parlé.

- J'en étais sûr... Ça ira, lieutenant Hawkeye, dites à Alphonse et à son amie qu'ils entrent », lui demanda-t-il, résigné. « Mais avant... Faites-moi le plaisir de me détacher tout de suite », ajouta-t-il, se sentant quelque peu honteux vis-à-vis de sa position.

Et c'est ce que fit Riza. L'atmosphère qui régnait dans la chambre devint bien plus tendue lorsque les deux adolescents entrèrent, accompagnés du lieutenant. Riza s'assit dans un coin et se tint prête à prendre des notes sur un cahier. Alphonse et Winry se dirigèrent près du lit de Roy. Elle, pleurait silencieusement.

« Colonel Mustang, j'ai besoin d'une explication. Où est mon frère? C'est vrai que c'est cet homonculus, Envy, qui le détient? » Il n'y avait aucune expression sur le visage métallique du garçon, mais sa voix révélait à quel point il était inquiet. Roy était certain que s'il le pouvait, le garçon serait en train de pleurer à cet instant.

« Je suis désolé, Alphonse, crois-moi, je suis désolé. Je ne voulais vraiment pas que ça se passe comme ça... » Les poings de Roy se crispèrent. L'amertume teintait sa voix. « L'homonculus a attaqué ton frère par deux fois, la seconde alors qu'il était sous ma protection, mais même ainsi, il a réussi à me berner... Et à l'emporter. Envy a kidnappé Edward, je crains que ce soit vrai. »

Et il leur raconta toute l'histoire depuis le début. Ce fut dur, et il y eut des moments de silence tendu tandis que Roy essayait de trouver les paroles adéquates. Winry ne put plus s'empêcher de sangloter de manière audible, se blottissant contre le torse métallique du cadet des Elric. Du coin où elle se trouvait, Riza serrait sa plume avec tant de force qu'elle finit par la priser, devant la remplacer. Le colonel évita de mentionner les parties les plus embarrassantes du récit pour éviter que la souffrance des deux enfants ne fut accrue et, bien sûr, la sienne également. Il ne mentionna pas non plus les dernières paroles de l'homonculus :

« Et pendant le peu qu'il lui reste à vivre, je m'assurerai qu'il souffre au possible. Je le torturerai physiquement et psychologiquement, je détruirai son âme et son corps jusqu'à ce que son existence soit réduite à un corps vide qui respire. Je le ferai souffrir jusqu'à ce qu'il me supplie à genoux de le tuer. Je l'enfermerai dans la plus profonde et froide obscurité, isolé de tout et de tous. Et je me divertirai avec lui, avec son corps. Oh oui, soyez-en sûr, je le ferai. Je le violerai maintes et maintes fois, tous les fois que je le désirerai et lorsqu'il m'en viendra l'envie. Il fera tout ce que je lui ordonne et nous nous amuserons en faisant toutes les choses que vous pouvez imaginer... Et d'autres encore qu'on ne peut même pas se risquer à imaginer. Que pensez-vous de cela? Le petit Edward vivra un enfer à vie jusqu'au jour où je m'ennuierai de lui et déciderai de le tuer. Et lorsque ce moment arrivera, je m'assurerai que ce soit une mort lente et très douloureuse. »

C'était bien trop pour lui. Lorsqu'il parla, personne ne l'interrompit. Comme il s'y attendait, à mesure qu'il se confiait, il ressentait à nouveau toute la douleur et revivait chaque souvenir, chaque image, chaque pensée. Mais tandis qu'il parlait, il sentait également un léger soulagement, comme s'il déversait sur les autres une partie du poids que lui, devait soutenir sur ses épaules. Cependant, c'était un soulagement passager, puisqu'à aucun moment il ne pouvait oublier qu'il avait été celui qui avait permis à l'homonculus d'enlever Edward.

« Ne vous en voulez pas, Colonel », lui dit Alphonse lorsqu'il eut terminé son terrible récit. « Vous n'avez pas à vous reprocher ce qu'il s'est passé. Vous avez essayé de faire votre travail et...

- S'il te plait, Alphonse, ne m'excuse pas. Si je ne m'étais pas laissé tromper, rien de tout ça...

- Même si vous aviez pu le sauver cette fois, Envy serait revenu tôt ou tard. Les homonculi sont comme ça, ils reviennent toujours. La faute nous incombe à nous seuls, parce que nous poursuivons le même objectif qu'eux. » Comme toujours, Alphonse était l'image même de la bonté et du sacrifice. Cet enfant n'aurait jamais été blessant envers Roy, même alors que rejeter la faute sur le Colonel aurait signifié un soulagement pour son âme malmenée. « Si mon frère n'était pas si entêté à chercher cette maudite Pierre Philosophale pour que nous récupérions nos corps... » Ses poings se serrèrent avec force. Il était seulement capable de s'accuser lui-même.

« Al... » murmura Winry entre deux sanglots, observant la triste armure qui tremblait de douleur.

« L'unique coupable ici est ce monstre nommé Envy », intervint finalement Hawkeye. Elle ferma d'un coup son cahier et se mit debout, contrôlant difficilement sa rage. « Nous ne pouvons pas rester ici à nous consoler les uns les autres. Nous devons trouver Edward. »

Roy observa fixement la jeune femme. Il la connaissait depuis bien longtemps, mais la force et la détermination du lieutenant ne cessaient de le surprendre. Une force qui, à plusieurs reprises, l'avait empêché lui, de baisser les bras.

« Oui, vous avez raison », admit Alphonse d'un ton plus encourageant. « Nous le trouverons si nous travaillons main dans la main! »

Et par ce mot d'ordre optimiste, ils se motivèrent tous pour trouver l'alchimiste. Même si, au fond, ce n'étaient rien de plus que des mots vides qui cherchaient à les réconforter et que tous en avaient conscience. Ils n'était pas des enfants qui croyaient encore aux contes de fées; ils savaient que parfois, il ne suffisait pas de souhaiter les choses pour les obtenir. Ce n'était pas en le voulant seulement qu'ils pourraient trouver Edward Elric.

Et, qu'était-il advenu du jeune alchimiste pendant ces cinq jours?


Lady Lileni

Traduction : White Assassin